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actualité politique nationale et internationale

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MEDIAS, POLICE, JUSTICE ET ASSOCIATIONS

La demi-solution du préfet pour les sans-papiers lillois
 
Seuls 28 dossiers pourraient être réexaminés si la grève de la faim s’arrête.
 
Par Haydée Sabéran
 
QUOTIDIEN : mardi 28 août 2007
 
Lille  de notre correspondante
 
Ils sont vingt et un, assis dans une salle du palais de justice de Lille, hier, en fin d’après-midi. Les policiers leur rendent leurs affaires, ils attendent que le Samu les emmène vers l’hôpital. Tous sans-papiers, la plupart se déclarent grévistes de la faim depuis 72 jours. Un homme grisonnant recrache du liquide dans un sac en plastique qu’il tient prêt, à portée de main. Un autre sort de la salle porté par deux personnes. Le juge des libertés et de la détention (JLD) vient de les remettre en liberté - c’est la cinquième fois pour certains d’entre eux. Ils ont l’air à bout. L’un craque : «Je m’en fous des papiers. Je serai fier de rentrer chez moi.»
 
«Impertinents».   Après une nouvelle tentative de la préfecture pour prolonger leur rétention à l’aéroport de Lesquin en vue de les expulser vers la Guinée, ou l’Algérie, ces vingt et un sont toujours expulsables. Le juge des libertés avait estimé que leur arrestation n’était pas légale et levé la détention. Le parquet avait fait appel, en réclamant qu’il soit suspensif, et la cour d’appel de Douai confirmé la détention.
Les avocats des sans-papiers, Olivier Cardon, Norbert Clément et Antoine Berthe ont plaidé le fait que la décision de la suspensivité aurait dû intervenir dans les quatre heures - et non seize heures plus tard - pour être légale, et ont été suivis par le JLD.
Le préfet, Daniel Canépa, a commenté cette décision hier soir en des termes qu’il qualifie lui-même d’ «impertinents» : «Il est assez curieux qu’un juge qui se fait réformer son jugement par une cour d’appel se retrouve trois jours plus tard avec le même problème à apprécier. Il faudrait que ce soit un autre juge.» Depuis le début de la grève de la faim, deux sans-papiers ont été expulsés vers le Maroc, et onze vers la Guinée. Hier, neuf Guinéens étaient en rétention au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), près de Roissy, et un autre à la gendarmerie de Roissy, selon Roland Diagne, porte-parole du Comité des sans-papiers (CSP 59). Une dizaine se cache dans Lille, une vingtaine est suivie à l’hôpital. Une autre dizaine, hospitalisés, aurait cessé leur grève dimanche, après avoir été approchés par une des six associations signataires d’un accord le 14 août avec la préfecture.
 
«Bienveillant».  Pendant que le JLD libérait les retenus de Lesquin, la Ligue des droits de l’Homme, et le Mrap discutaient avec le préfet d’un protocole de sortie de crise. Le préfet a évalué à 28, sur la soixantaine de grévistes, le nombre de personnes qui peuvent bénéficier d’un réexamen de dossier : quatorze parmi les grévistes, les dix de l’hôpital qui auraient cessé la grève, et quatre hospitalisés. Il exclut trois personnes qui encourent des poursuites pénales, 18 demandeurs d’asile et 7 non-nordistes. En échange de la fin de la grève, un examen «bienveillant» des 28 dossiers, en septembre, sans garantie de régularisation.
Jusque-là, les expulsions sont suspendues. Il leur demande aussi de passer par une des huit associations qu’il a désignées, mais pas par le CSP. Et si la grève de la faim continue ? «Là, je ne peux rien faire de plus», indique Daniel Canépa. C’est-à-dire qu’il expulsera, «si nécessaire». Y compris des gens qui apparaissent en grand état de faiblesse ? «Entre l’apparence et la réalité, il y a parfois un léger décalage. Ceci dit, je n’ai pas de compétence médicale. C’est aux médecins de juger s’il faudra les hospitaliser. »


http://www.liberation.fr/actualite/societe/274587.FR.php
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