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actualité politique nationale et internationale

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PACE, CASEY ET FALLON CONTRE PETRAEUS

Les chefs militaires américains divisés sur l'Irak
LE MONDE | 10.09.07 | 09h00  •  Mis à jour le 10.09.07 | 11h02
New York, correspondant

 Au sein de l'armée américaine, de profondes divergences opposent les "hommes de terrain" en Irak au plus haut échelon militaire. D'un côté : le général David Petraeus, commandant en chef des forces alliées en Irak, et le général Raymond Odierno, chef des forces américaines sur place. De l'autre, les généraux Peter Pace, chef de l'état-major interarmées, George Casey, chef d'état-major de l'armée de terre, ainsi que l'amiral William Fallon, chef du Centcom (commandement central, qui supervise les opérations en Irak et en Afghanistan) et supérieur direct du général Petraeus.
 
Ces divergences portent sur la dimension et le rythme d'un retrait militaire d'Irak. Le général Petraeus accepte de retirer une brigade (4 000 soldats) en janvier 2008, pour arriver au chiffre de 5 000 hommes en moins en avril, sur les 168 000 actuellement présents. Il refuse de s'engager au-delà sans qu'une nouvelle "évaluation" de la stabilisation de l'Irak soit effectuée, au printemps 2008.
Le général Casey, lui, souhaite ramener la présence américaine de vingtbrigades aujourd'hui à dix d'ici à la fin 2008. L'amiral Fallon aurait proposé au président Bush de redéfinir la mission en Irak et de réduire radicalement l'engagement, au quart de son niveau actuel, en 2010. Un changement d'attitude qui aurait, selon le Washington Post, déclenché la semaine dernière une violente dispute, notamment entre les généraux Petraeus et Fallon, lors d'une vidéoconférence organisée à la Maison Blanche en présence du président Bush.
Les généraux "de terrain" plaident pour que l'envoi de renforts militaires ("surge") préserve toutes ses chances de succès. La baisse actuelle du niveau d'insécurité en Irak est si aléatoire, plaident-ils, qu'une réduction de la présence militaire américaine pourrait tout remettre en cause. Leur hiérarchie considère au contraire que plus les "boys" opèrent en direct, plus cela rend improbable l'émergence d'un gouvernement irakien assumant le maintien de l'ordre, ce qui est l'objectif affiché des Etats-Unis.
 
RÉORGANISATION
 
Mais, derrière ce débat, se profilent des enjeux plus vastes. "L'armée, explique Anthony Cordesman, du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), est engagée dans un processus général de réorganisation." L'état-major craint que celui-ci soit durablement affecté par le maintien d'un contingent important en Irak. Ses craintes se concentrent sur trois plans.
Premier enjeu : le niveau qualitatif de la troupe, un aspect qu'il juge essentiel compte tenu de la réorganisation envisagée, laquelle fait davantage place à la matière grise qu'au muscle. Très élevé avant l'intervention, ce niveau baisse constamment. Plus de 90 % des recrues avaient terminé leur scolarité en 2002; elles ne sont plus que 80 %. Le nombre des recrues dérogeant aux critères d'admission dans l'armée est passé de 4 300 en 2004 à 8 000 en 2006, et la part des détenteurs d'un casier judiciaire y a quadruplé. Dans l'artillerie, l'armée de l'air, la police militaire, le génie, le renseignement et les transports, le niveau moyen de formation des officiers est désormais "inférieur au seuil critique" requis.
Deuxième enjeu : les réserves d'hommes disponibles. La règle voulait que le soldat américain reste un an en Irak, puis rentre pour deux ans aux Etats-Unis. L'armée est désormais obligée de maintenir des hommes quinze mois en Irak, et souvent de les y renvoyer précocement. De plus, la préparation des volontaires s'amoindrit. Elle est souvent ramenée à dix jours d'entraînement réel au combat.
Troisième enjeu : la modernisation de l'armée. La peur d'un "piège" irakien, mobilisant durablement ses ressources, fait craindre un rapide vieillissement technologique qui empêche l'armée d'assumer ses missions "globales". Le secrétaire à la défense, Robert Gates, se disait récemment "très préoccupé par toute l'énergie" consacrée à l'Irak, craignant qu'un "surengagement consume" l'armée et la "distraie des autres choses".
 
Sylvain Cypel
 
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