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actualité politique nationale et internationale

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LES GHETTOS DE LA REPUBLIQUE

 
 
 André Gérin, député maire PCF de Vénissieux, publiait en février 2007 pendant la campagne pour les élections présidentielles aux éditions « Les Quatre Chemins » un livre dont le titre est « Les Ghettos de la République » dans lequel il soutenait la politique sécuritaire du ministre de l’intérieur de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy.
 Eric Raoult, député maire UMP du Raincy, écrivait la préface de ce livre.
 Je vous conseille vraiment la lecture du livre.
 Vous trouverez ci dessous dans son intégralité la préface d’Eric Raoult.  
 Les publications de ce livre et de cette préface sont terribles et cruelles aujourd’hui, après l’élection de Sarkozy, après la naissance et la victoire de la nouvelle idéologie du sarkozysme de gauche, après la formation des deux premiers gouvernements Sarkozy Fillon et la participation de six et de huit ministres socialistes dans ces gouvernements, mais ce sont aujourd’hui des documents d’histoire relatifs aux causes de cette victoire.
 
 Bernard Fischer
 
 
UN REBELLE DE LA REPUBLIQUE CONTRE LES GHETTOS DE LA REPUBLIQUE
 
 
 
 Ce livre est décapant, son sujet est détonnant, et son auteur est attachant.
 Oui, ce livre est véritablement décapant. Après tant d’ouvrages, de thèses et d’analyses sur la ville et les quartiers, Les Ghettos de la République feront sûrement date. C’est un texte « pied de nez » à toutes celles et tous ceux qui préfèrent la facilité du prêt à penser au vécu de ce boulot de maire qui n’est vraiment pas de « tout repos ».
 Ce livre se lit comme un reportage sur la vie d’un militant révolutionnaire qui parle des villes et de la sienne, Vénissieux, qu’il aime. Un militant qui a trop de défauts : il est sincère et surtout il récuse les discours convenus et la langue de bois au risque de se trouver en décalage avec son parti. Bref, ce livre qui plonge dans les réalités urbaines est clairvoyant et vrai. Il est désarmant de liberté et déroutant d’honnêteté.
 Ce livre est un écrit rebelle, car il refuse les tabous de la démagogie et de l’idéologie. Il a les couleurs de Vénissieux : bleu comme le ciel, blanc comme un livre, et rouge comme la révolution du peuple. Ce peuple d’une France populaire qui a su aimer sa terre, ses usines et ses quartiers.
 Ce n’est pas un manuel théorique, ce n’est pas le petit livre rouge, ce n’est pas un dossier de rénovation urbaine : c’est un écrit d’espoir et de respect pour les habitants de Vénissieux, et finalement pour nous tous.
 Le sujet est détonnant, car la crise urbaine qui a surgi dans l’actualité en novembre 2005 vient de loin. Les images de Vénissieux, voici vingt cinq ans, avaient étonné un nouveau président et marqué le début d’un septennat qui prétendait vouloir changer la ville en changeant la vie.
 Le drame du 27 octobre 2005 à Clichy sous Bois, qui a vu Zyed et Bouna, deux gosses électrocutés par peur de la police – elle même inquiète de cette jeunesse – a embrasé les banlieues. Incompréhension, malentendus et mauvaise interprétation de la situation ont suscité ce coup de colère et ces coups de folie.
 Les émeutes des banlieues auraient pu éclater dans beaucoup de cités et atteindre leur paroxysme à Vénissieux. Ce ne fut pas le cas. Aux Minguettes, le maire n’a pas commenté, ni récupéré ces dramatiques évènements. Il a su rester le maire de toute la population, sans être le leader des jeunes, ou le porte parole des victimes.
 Face à la presse, il a su se garder de cette surenchère médiatique simplificatrice qui gomme les progrès réalisés en vingt cinq ans et qui finit toujours par renforcer la stigmatisation.
 A l’épreuve de l’embrasement de novembre 2005, Vénissieux et la méthode Gérin ont tenu bon, les spectateurs passifs et résignés ont fait place à des citoyens actifs et vigilants. A l’image de nombreuses villes à quartiers, la violence ne s’est pas répandue sur Vénissieux. Tout au contraire, là où l’étincelle et la braise avaient beaucoup couvé, l’autorité d’un maire qui n’a pas sa langue dans sa poche a réussi à endiguer l’incendie qui s’est propagé dans nombre de quartiers et de cités. Aux Minguettes, les élus avaient de l’entraînement et c’est pour cette raison que tout n’a pas explosé comme ailleurs.
 En cela, Vénissieux souligne les failles de la réponse publique de Clichy sous Bois, où la dérive fut tout de suite dramatique et non maîtrisée, malgré toute la bonne volonté municipale.
 Livre décapant, sujet détonnant, André Gérin est aussi une personnalité attachante.
 C’est d’abord, chez cet homme, la poignée de main qui résume l’engagement. Elle est massive, franche, chaleureuse. Sa main est plus celle de Danton que de Robespierre : une main pour transmettre, pas pour juger.
 Son expérience de fraiseur chez Berliet, son engagement de militant communiste lui ont fait découvrir qu’on ne peut pas être maire avec « un livre sous le bras », lui qui est adepte d’une société « vivable » dans une République « durable ».
 Quand j’étais ministre de la ville de 1995 à 1997, il m’a accueilli dans sa ville de Vénissieux. Cette visite m’a beaucoup appris.
 Pendant cette période, certains maires de gauche m’accueillaient le poing tendu ou la main ouverte. André Gérin m’a pris par le bras pour m’expliquer comment il faisait pour qu’on parle moins des Minguettes et plus de Vénissieux. Avec son esprit de résistance, son côté combattif, ombrageux mais positif, il a imposé à sa ville un développement soutenu et hors norme. C’est cela qu’il voulait me montrer. La méthode Gérin existe et je l’ai rencontrée.
 André Gérin a compris que les voitures brûlées ne sauraient être banalisées, que les réalités de l’immigration étaient certes complexes, mais qu’il fallait les analyser sans complexe.
 Il a également compris qu’il fallait aborder l’insécurité et l’intégrisme avec un esprit ouvert mais aussi avec réalisme et fermeté. En prenant la République entre quatre yeux, sans s’abriter derrière une démocratie portée en bandoulière.
 André Gérin n’est pas un homme à virer sa cuti, ni a laisser les médias lui dicter ses choix. Il est plutôt du genre à se retrousser les manches et à refuser les démarches purement partisanes.
 André ou « Monsieur le Maire », pour ses concitoyens, Monsieur Gérin pour les préfets et les ministres, est un super collègue à l’Assemblée avec sa voix forte, ses paroles pures et dures et ses interventions solides.
 Son livre apprendra à mieux comprendre les villes et les quartiers. C’est un ouvrage humaniste, sans cliché, sans banalité, sans angélisme, écrit en toute sincérité.
 Je n’adhérerai pas au PCF pour autant, même si mon grand père y était ! Mais Les Ghettos de la République, est un très beau livre et son auteur est, comme on le dit chez Berliet, un « type très bien » !
 C’est un rebelle de la République qui s’insurge contre les ghettos de la République. 
 
 Eric Raoult
 Député Maire UMP du Raincy
 Préface du livre d’André Gérin
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