actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
Serge Goudard (Lyon)
A Gérard filoche et la revue Démocratie et Socialisme, à propos de la convention du 14 juin 2008 du Parti socialiste
Un silence intenable
Depuis les élections municipales et dans la perspective du prochain congrès national,
réapparaissent les projets de rassemblement de « la gauche » du Parti socialiste, …Mais où est cette « gauche » ?
Les positions adoptées face à la question de la Convention prévue en juin conduisent à s’interroger.
1 ) Première échéance : ce fut l’adoption d’un calendrier décidant la tenue d’une convention nationale le 14 juin et d’un congrès en novembre.
Ce que doit décider cette convention n’est pas secondaire, puisqu’il s’agit d’une nouvelle « /déclaration de principes/ », véritable carte d’identité du parti. Cette convention devra aussi
modifier les statuts. Est-ce la crainte d’un débat de congrès ? Ces deux textes seront adoptés
par une simple convention, quasi sans débats, les textes étant envoyés vers les fédérations le 6 mai et votés le 29 mai. Il n’y aura ni amendement national ni texte alternatif.
Or, face à ce projet, ce fut un accord quasi général. Benoît Hamon déclare : /« nous approuvons ce calendrier et cette méthode/ ». Jean –Luc Mélenchon l’accepte et son courant PRS n’en parle pas.
Une seule voix s’est opposée, celle de Marc Dolez et du courant FM : « /Forces Militantes refuse de cautionner une telle atteinte à la démocratie interne et appelle les militants à s’opposer
résolument à toute remise en cause des valeurs fondamentales et de la nature même du Parti socialiste/ ».
2) Le Monde a publié le 21 avril le projet de « déclaration de principes » à la veille de son adoption par les instances nationales du PS. Un article complémentaire montrait l’évolution par
rapport aux motions antérieures. Ainsi, la déclaration de 1990 faisait déjà allégeance à la
propriété privée des moyens de production en se déclarant « /favorable à une société d’économie mixte » /et en ne/ /méconnaissant pas/ « les règles du marché/ ». Mais on y évoquait encore les «
/espérances révolutionnaires/ »…et précisait que « /la faillite des sociétés bureaucratiques ne lui fait pas oublier que le capitalisme développe les inégalités/ ». On constatait que « /les
oppositions de classes et groupes sociaux n’ont pas disparu»/ et affirmait que « /les socialistes estiment qu’il ne peut exister de démocratie réelle dans la société capitaliste. C’est en ce sens
que le Pari socialiste est un parti révolutionnaire/». C’est l’abandon de ces éléments qui caractérise cette nouvelle déclaration, laquelle prône une économie « /mixte /» avec un «/secteur privé
dynamique/ » (sic).
Et ce projet se réclame de /« l’économie sociale de marché/ » (en y rajoutant l’écologie). C'est une référence explicite au traité européen de Lisbonne (signé malgré la majorité de Non au
référendum de 2005) qui a comme objectif « l’économie sociale de marché », c’est à dire le
capitalisme version allemande. Ce n’est pas rien. Or, ce texte, que les adhérents devront ratifier, a été adopté de manière quasi unanime. Emmanuelli et Hamon l’ont ratifié, et leurs sites sont
pour l’instant silencieux. Mélenchon n’a critiqué que le point européen, avalisant tout le reste.
Un seul, de nouveau, a rejeté ce texte quant au fond et à la forme : Marc Dolez qui, le 22 avril, constate qu’avec ce texte, /« le Parti Socialiste renonce à la socialisation, même progressive,
des moyens de production et d’échanges, et donc à tout autre mode d’organisation sociale » et officialise « la dérive social-libérale/ ».
A l’évidence, s’il n’y a pas de réaction organisée de militants, cette affaire va passer comme une lettre à la poste. Or c’est de l’alignement ouvert et explicite du PS sur le blairisme et
l’actuelle social-démocratie allemande dont il s’agit. Et tout le prochain congrès sera « cadré » par l’adoption de cette nouvelle « déclaration de principes ».
Dans cette affaire, que dit et que fait DS ? La résolution du 5 avril adoptée par le comité de rédaction de Démocratie et Socialisme informe qu’il sera présenté une résolution pour le Conseil
national du premier juillet, mais ne dit pas un mot de la Convention et de ses enjeux.
Le dernier numéro de la revue DS affirme, page 16 et sous ta plume, « qu’il existe une gauche du parti socialiste, hélas morcelée,…Mais cette gauche peut retravailler ensemble »…Ce même article,
critique les projets de modifications de statuts mais ne dit pas un seul mot de la
déclaration de principe ! Ce silence a-t-il un rapport avec le fait que figurent, parmi ceux que tu voudrais mettre « autour d’une table » pour rassembler « nos forces » des dirigeants tels que «
Henri, Benoît, Laurent… » ? Si telle est la raison, si DS se tait sur la Déclaration de
principes parce celle-ci est soutenue par « Henri, Benoît, Laurent.. », alors il faut dire que la gauche dont tu rêves est morte avant sa première tétée.
Ne vaudrait-il donc pas mieux que DS, sans attendre le 6 mai, engage le combat contre ce projet de déclaration ? Certains combats, faute d’avoir été menés à temps, ne se rattrapent jamais.
Cordialement
Serge Goudard
Le 25 avril
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