actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
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"Les chiffres tiennent compte des statistiques officielles et des données fournies par différentes organisations des droits de l'homme", explique un des auteurs du rapport, Alvaro
Villarraga, membre de l'Assemblée permanente de la société civile pour la paix. Le rapport doit être présenté au Conseil des droits de l'homme des Nations unies qui, en décembre, se penchera
sur le cas colombien. Selon M. Villarraga, "en Colombie comme sur la scène internationale, le drame des otages aux mains de la guérilla a accaparé l'attention de l'opinion publique et
masqué la catastrophe humanitaire que connaît le pays".
Au pouvoir depuis 2002, le président Alvaro Uribe ne cesse de dénoncer les crimes commis par les guérilleros d'extrême gauche. Mais, tout aussi graves et beaucoup plus nombreuses, les atrocités
des paramilitaires tendent à rester dans l'ombre du discours officiel. "L'augmentation des cas de violations des droits de l'homme attribuées aux militaires et aux agents de l'Etat - en
hausse de 67 % par rapport à la période précédente - est également très inquiétante", juge M. Villarraga.
EN ATTENTE DE JUGEMENT
Selon le gouvernement, 31 000 miliciens ont déposé les armes entre 2004 et 2006, au terme du processus de négociations engagé avec les organisations paramilitaires. Le rapport rappel que seuls
cent seize d'entre eux sont aujourd'hui poursuivis en justice, aucun n'a encore été condamné. Mais treize chefs paramilitaires ont depuis été extradés aux Etats-Unis pour trafic de drogue. L'un
d'eux, Salvatore Mancuso, a, jeudi, été entendu - en vidéo conférence - par les magistrats de la Cour suprême. Il a avoué avoir eu des contacts avec quatre généraux de l'armée, à l'époque où il
dirigeait les milices. Et, "contrairement a ce qu'affirme le gouvernement, les groupes paramilitaires n'ont pas été démantelés", souligne le rapport qui cite le chiffre de 9 000 hommes
en armes. Le délégué de l'Organisation des Etats américains, Sergio Caramaña, vient de dénoncer pour sa part l'enrôlement de jeunes dans les milices d'extrême droite, en hausse dans plusieurs
régions du pays.
Le gouvernement d'Alvaro Uribe présentera lui aussi un rapport au Conseil des droits de l'homme. Il mettra en avant la réduction du nombre des homicides et celui des enlèvements (passé entre
2002 et 2007 de 1 708 à 226 cas). Les succès remportés par l'armée colombienne contre la guérilla contribuent à la popularité du président Alvaro Uribe dans son pays, où il est crédité dans les
sondages de 78 % d'opinions favorables.
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