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actualité politique nationale et internationale

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LE CDH DE L ONU CONTRE URIBE

En Colombie, des ONG accusent l'Etat de "la plupart des violations des droits de l'homme"


LE MONDE | 26.09.08 | 15h07  •  Mis à jour le 26.09.08 | 17h21


BOGOTA CORRESPONDANTE


n Colombie, les violations des droits de l'homme restent "graves, massives et systématiques". Entre 2002 et 2007, 13 634 personnes sont mortes, victimes de la violence politique, rappelle un rapport rendu public mardi 23 septembre. "L'Etat est responsable de la plupart des violations des droits de l'homme, par action directe ou par tolérance - ou appui - aux groupes paramilitaires", est-il écrit dans le document élaboré par une coalition d'organisations de défense des droits de l'homme.

 

Sur la base des cas "élucidés", le rapport attribue la responsabilité de 17 % des assassinats et disparitions forcées aux agents de la force publique, 58 % aux paramilitaires, et 25 % à la guérilla. Tortures, enlèvements, arrestations arbitraires et déplacements de population viennent compléter le dramatique panorama du conflit colombien.


"Les chiffres tiennent compte des statistiques officielles et des données fournies par différentes organisations des droits de l'homme"
, explique un des auteurs du rapport, Alvaro Villarraga, membre de l'Assemblée permanente de la société civile pour la paix. Le rapport doit être présenté au Conseil des droits de l'homme des Nations unies qui, en décembre, se penchera sur le cas colombien. Selon M. Villarraga, "en Colombie comme sur la scène internationale, le drame des otages aux mains de la guérilla a accaparé l'attention de l'opinion publique et masqué la catastrophe humanitaire que connaît le pays".


Au pouvoir depuis 2002, le président Alvaro Uribe ne cesse de dénoncer les crimes commis par les guérilleros d'extrême gauche. Mais, tout aussi graves et beaucoup plus nombreuses, les atrocités des paramilitaires tendent à rester dans l'ombre du discours officiel. "L'augmentation des cas de violations des droits de l'homme attribuées aux militaires et aux agents de l'Etat - en hausse de 67 % par rapport à la période précédente - est également très inquiétante", juge M. Villarraga.

 


EN ATTENTE DE JUGEMENT

 


Selon le gouvernement, 31 000 miliciens ont déposé les armes entre 2004 et 2006, au terme du processus de négociations engagé avec les organisations paramilitaires. Le rapport rappel que seuls cent seize d'entre eux sont aujourd'hui poursuivis en justice, aucun n'a encore été condamné. Mais treize chefs paramilitaires ont depuis été extradés aux Etats-Unis pour trafic de drogue. L'un d'eux, Salvatore Mancuso, a, jeudi, été entendu - en vidéo conférence - par les magistrats de la Cour suprême. Il a avoué avoir eu des contacts avec quatre généraux de l'armée, à l'époque où il dirigeait les milices. Et, "contrairement a ce qu'affirme le gouvernement, les groupes paramilitaires n'ont pas été démantelés", souligne le rapport qui cite le chiffre de 9 000 hommes en armes. Le délégué de l'Organisation des Etats américains, Sergio Caramaña, vient de dénoncer pour sa part l'enrôlement de jeunes dans les milices d'extrême droite, en hausse dans plusieurs régions du pays.


Le gouvernement d'Alvaro Uribe présentera lui aussi un rapport au Conseil des droits de l'homme. Il mettra en avant la réduction du nombre des homicides et celui des enlèvements (passé entre 2002 et 2007 de 1 708 à 226 cas). Les succès remportés par l'armée colombienne contre la guérilla contribuent à la popularité du président Alvaro Uribe dans son pays, où il est crédité dans les sondages de 78 % d'opinions favorables.


Marie Delcas
Article paru dans l'édition du 27.09.08
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