actualité politique nationale et internationale
Par FISCHER
Francine Blanche (responsable confédérale immigration CGT) : on pourrait lancer des dizaines de grèves mais on ne veut pas le faire !
www.le-militant.org
"Ca bouillonne de partout. On aurait pu mettre des dizaines d'entreprises en grève. On ne le fait pas, parce qu'on pense qu'il est temps de se mettre autour d'une table et de régler la situation
pacifiquement."
Cette déclaration de Francine Blanche, qui dirige pour le Bureau confédéral de la CGT les questions d'immigration et de travailleurs sans-papiers, faite à l'Humanité du 18 septembre à l'occasion
de l'occupation du restaurant la Tour d'Argent, aurait pu être faite sur beaucoup d'autres sujets que celui du combat pour la régularisation des travailleurs sans papiers. Oui ça bouillonne -mais
ce ne sont pas forcément les journées d'action syndicale qui permettent de s'en rendre compte car la déconnexion est croissante entre le mouvement des salariés et ce type de "journées"-, et oui
les directions syndicales n'ont aucune envie de faire ce qu'elles pourraient faire : étendre et généraliser les mouvements.
Faisons nous un instant l'avocat, non du diable, mais de Francine Blanche et à travers elle de la direction de la CGT. On pourrait arguer que ce genre de déclaration vise en fait à dire aux
patrons et au gouvernement : attention, vous feriez mieux de négocier et de lâcher du lest maintenant car nous avons des bataillons de réserve prêts à monter au combat. Mais si l'on y regarde de
plus prés, ce n'est pas ça. Parce que les dizaines d'entreprises qui bouillonnent ne sont pas celles dont les travailleurs sans-papiers feraient l'objet de la négociation "pacifique" "autour
d'une table", mais seraient laissées de côté : ce qui est réellement proposé au gouvernement par Francine Blanche, c'est de négocier sur les seuls dossiers déjà déposés, dont le nombre est bloqué
à 1000, alors que ce sont des milliers de sans-papiers qui frappent à la porte de la CGT. D'un côté, la CGT se présente comme le syndicat des sans-papiers et c'est très bien, mais de l'autre, la
direction de la CGT empêche la CGT d'être le syndicat de tous les sans-papiers !
C'est cette situation intenable qui nourrit craintes et interrogations et fait le terreau de la division. Les occupants de la Bourse du travail de Paris ne sont pas des antisyndicaux et autres
provocateurs (sinon cela fait longtemps que la direction de la CGT aurait eu les moyens de les expulser physiquement) mais sont bel et bien des travailleurs qui demandent au syndicat de jouer son
rôle.
Alors qu'est-ce qui retient Francine Blanche de lâcher la bride aux dizaines d'entreprises dont elle parle ? La crainte d'une situation incontrôlable qui ferait soi-disant le jeu du gouvernement
en fin de compte ? Allons donc, à l'étape présente, le gouvernement refuse, précisément, de "se mettre autour d'une table" pour "régler la situation pacifiquement", parce qu'il ne veut pas
régulariser. Ne pas vouloir étendre la lutte revient donc à ne pas même vouloir gagner sur les dossiers actuellement défendus par la CGT, au nom desquels se fait ce refus d'extension ! Pour
gagner sur les 1000, il faut des milliers dans la bagarre.
Les grèves de sans-papiers ont déjà infligé une première défaite politique, morale, et médiatique, au gouvernement (ce qui est à mettre au compte de tous les militants CGT qui ont organisé ces
grèves). Mais elles n'ont arraché que peu de régularisations. Mettre toutes les forces dans la bataille, en les centralisant contre le gouvernement et sans se disperser, est la seule voie pour
gagner. Mais cela conduirait à infliger une sérieuse défaite à ce gouvernement, à Hortefeux, à Sarkozy, ouvrant ainsi une brèche pour d'autres luttes. Ce serait la voie du combat et de l'unité,
la voie de la victoire, et pas la voie du "dialogue social". Est-ce pour cela que la direction confédérale ne veut pas aller dans cette voie, et donc refuse à la CGT le droit et le pouvoir de
gagner ?
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog