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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 20:03


http://www.frontsyndical-classe.org/article-face-a-la-crise-nicolas-sarkozy-mise-sur-les-syndicats-38816180.html


Face à la crise, Nicolas Sarkozy mise sur les syndicats (Reuters)

Face à la crise et à la montée du chômage en France, Nicolas Sarkozy mise sur les relations inédites qu'il a établies avec les grandes centrales syndicales pour désamorcer les tensions sociales.

Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, l'Elysée est devenu le centre névralgique du processus de décision, sous la houlette du très influent conseiller social du chef de l'Etat, Raymond Soubie .

Rompant avec les habitudes de ses prédécesseurs, le président avait reçu les partenaires sociaux dès les premiers jours de son quinquennat, en mai 2007, pour leur proposer de les associer à l'élaboration d'une série de réformes.

Il a multiplié depuis les rencontres avec les dirigeants de la CFDT, de la CGT, de FO, de la CFE-CGC et de la CFTC, séparément, ensemble ou lors de sommets sociaux.

"On n'a jamais vu un président de la République consulter aussi souvent les organisations syndicales en France", souligne Guy Groux, du centre de recherches politiques de l'Institut de sciences politiques de Paris, le Cevipof.

"Il y a une sorte de désacralisation des rapports entre le président de la République et les directions syndicales, ce qui est incontestablement nouveau", ajoute-t-il.

Les responsables syndicaux font état d'échanges "directs" et "sans protocole" avec Nicolas Sarkozy.

Dans un livre qui lui a valu d'être un temps en froid avec l'Elysée, le patron de la CFDT, François Chérèque, raconte les tentatives du chef de l'Etat d'établir une connivence, lors de déjeuners au restaurant ou à sa résidence de la Lanterne.

RAPPROCHEMENT AVEC LA CGT

Mais c'est sans doute avec le leader de la CGT, Bernard Thibault, que Nicolas Sarkozy appelle par son prénom, selon un ministre, que le rapprochement a été le plus spectaculaire.

"Il y a toujours des relations très confiantes avec la CFDT. Mais on a instauré pour la première fois des relations de même nature avec la CGT", explique Raymond Soubie.

Quand ce n'est pas avec Nicolas Sarkozy, c'est avec son conseiller social que les dirigeants syndicaux traitent.

Ce dialogue continu n'a pas empêché le bras de fer de fin 2007 sur la réforme des régimes spéciaux de retraite ou les accusations de trahison de la parole gouvernementale lors de celle de la semaine de 35 heures, début 2008.

Mais à mi-mandat, s'il y a un front sur lequel Nicolas Sarkozy semble pour le moment gagner son pari, c'est celui-là.

Les dirigeants des grandes centrales syndicales disent certes ne pas être "dupes" de ce qui participe à leurs yeux de la stratégie de communication du chef de l'Etat.

Ils n'en apprécient pas moins qu'il ait repris l'idée de la CFDT d'un Fonds d'investissement social, celle de la CGT d'états généraux de l'industrie, ou obtenu que l'Organisation mondiale du travail soit désormais invitée aux sommets du G20.

Les syndicats ont aussi été associés à la mise en oeuvre de l'extension du chômage partiel, pour éviter les plans sociaux, ou au traitement local des restructurations industrielles.

Quitte à crier à la récupération en faisant valoir qu'ils n'ont pas attendu le gouvernement pour signer des accords de chômage partiel dans des entreprises touchées par la crise.

PLUS DURE SERA LA SORTIE DE CRISE

La CGT n'a dit mot lors de la désignation du patron de Veolia Henri Proglio pour prendre la tête d'EDF, si ce n'est pour espérer que son arrivée permettra d'assainir le climat social dans l'entreprise.

Le fait qu'Henri Proglio ait de bonnes relations avec les syndicats a été "un élément" de la décision, confirme l'Elysée.

Les grandes centrales ont-elles indirectement rendu service au chef de l'Etat en canalisant l'expression des salariés lors des journées de manifestations de janvier, mars et mai ?

Une thèse rejetée par François Chérèque : "Je sais très bien que certains essayent de distiller l'idée dans l'opinion qu'on aurait organisé des manifestations pour empêcher les gens de se révolter. C'est une galéjade", a-t-il dit à Reuters.

Le président de la CFE-CGC, Bernard Van Craeynest, n'est cependant pas loin de penser qu'il y a "une forme de cogestion des risques d'explosion liés à la crise".

Raymond Soubie se félicite, lui, de ce que les syndicats aient eu "depuis le début de la crise un comportement totalement responsable" et qu'ils aient "condamné les extrémistes".

"Il faut comprendre que les syndicats ont besoin d'occuper le terrain contestataire. C'est une de leurs missions et s'ils ne l'occupaient pas, d'autres le feraient", souligne-t-il.

L'Elysée et la plupart des dirigeants syndicaux n'en récusent pas moins toute idée de "cogestion", terme qui renvoie aux relations entre patronat et syndicats allemands et reste tabou dans le monde syndical français, où il est associé à celle de compromission avec le pouvoir politique.

Tous s'accordent en tout cas à prédire une sortie de crise plus dure à gérer pour le chef de l'Etat que la crise elle-même.

Nicolas Sarkozy "en est conscient, j'en ai discuté avec lui", souligne le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, dont le témoignage recoupe celui d'autres dirigeants.

"La crise calme les ardeurs et il y a en France un système d'amortisseurs sociaux qui fonctionne", estime pour sa part un ministre. "Mais quand les bonus flamberont et quand la bourse remontera, les syndicats retrouveront leur vigueur."



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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 19:43


Audience du 30 octobre devant la Cour d’Appel de Paris

Par Mohamed Tehrani, Paris, 4 novembre 2009

L’un des agresseurs de Ginette Hess Skandrani, Ruben Colleu, condamné pour violence aggravée commise en réunion et avec armes, le 25 octobre 2006 au domicile de la victime, à deux ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis, et à 10000 euros à titre de D.I en réparation du préjudice, avait fait appel du jugement prononcé le 3 février 2009.

Ruben Colleu, toujours en fuite en Israël, n’était pas présent à l’audience du 30 octobre. Il a été défendu par deux avocats particulièrement hargneux.

Madame Skandrani est intervenue en demandant pourquoi Colleu n’était pas présent devant la cour d’appel  alors qu’il a fait appel du jugement,  prétendant n’avoir pas été présent dans l’appartement lors de l’agression.  Elle a également réfuté les accusations d’antisémitisme proférées contre elle, en disant qu’elle a défendu bien des causes  mais n’a jamais subi ce genre de ratonnade. Elle se souvient d’avoir été agressée par deux individus : Jordan Benhamou et Mike Sfez qu’elle a reconnu, mais elle a entendu, lorsqu’elle était à terre, la vue voilée par le sang,  plusieurs voix différentes.

Maître Missamou,  l’avocat de Madame Skandrani, a prouvé la matérialité des faits en se basant sur  les déclarations de Mike Sfez, un  des  agresseurs  qui l’avait dénoncé Colleu en certifiant sa présence dans l’appartement.

Les deux avocats dont nous n’avons pas retenu les noms ont été particulièrement virulents  en justifiant la haine des agresseurs contre Madame Hess Skandrani.

Concernant le  défaut de présentation de Colleu devant la justice française, le premier avocat a  dit qu’il faisait son service militaire en Israël  durant trois ans et ne pouvait de ce fait se libérer. Il a justifié que son client ne maîtrisait pas les procédures judiciaires et qu’il a également un casier judiciaire vierge. Il a agi sur un coup de tête donc il ne pouvait s’agir de préméditation.

Il a fait une ébauche concernant la personnalité de Colleu Ruben, qui a  « émigré  en Israël afin de vivre pleinement son projet. II effectue son service militaire de trois ans  et il a eu l’autorisation du magistrat instructeur afin de réaliser son projet au cours de la procédure ».

Il a tenté de justifier l’agression, « tout en la condamnant » par plusieurs raisons : il faut essayer de comprendre ces jeunes car ils s’imaginaient par leur action venger six millions de morts.  Il explique le lien de parenté de Colleu avec la déportée de Bordeaux Madame Benzazon  et fait le lien avec l’affaire llan Halimi février 2006. Il a voulu venger la mort d’Ilan Halimi par cette agression en  octobre 2006 (sic).

Pour expliquer cette agression, le deuxième avocat a fait une recherche sur Internet  et  il a découvert que Madame Hess Skandrani  « publiait sur plusieurs sites négationnistes, elle n’arrêtait  pas de nous provoquer par ses propos concernant lsraël ».

Le Président du tribunal a recadré l’avocat lui précisant que ces faits n’avaient rien à voir avec l’affaire, mais celui-ci a poursuivi.

Il a expliqué au tribunal l’exclusion de Ginette Hess Skandrani des Verts par son opposition à la loi Gayssot, ses publications dans l’AAARGH  et la Plume et l’enclume, son lien avec Dieudonné et sa participation à la liste antisioniste.

Il a également fait référence au procès du 27 octobre dernier pour publication d’informations contenant le nom d’un mineur.

Maître Missamou, l’avocat de Ginette Hess Skandrani a rappelé avec justesse que l’affaire devant la dix septième chambre correctionnelle du 27 octobre, n’avait rien à voir avec cette affaire car Ruben Colleu n’avait pas porté plainte pour cette affaire.

Il a plaidé la confirmation de la peine et a rappelé les traumatismes liés à l’agression avec des certificats médicaux à l’appui.

Concernant Colleu, il a plaidé son défaut de présentation devant la justice française.

Il y a eu également  préméditation, car la descente chez Madame Hess Skandrani avait été décidée entre les quatre agresseurs en réunion rue des Rosiers.

Le procureur dans ses réquisitions n’imaginait pas autant de haine en France, des individus, peut-être manipulés, agressent lâchement une femme âgée.

Il a rappelé que Ruben Colleu n’a pas fait le minimum afin de se présenter devant la justice.

En conséquence, le procureur a demandé une requalification des faits car il y a eu des violences aggravées sur la victime et il y a une complicité au moments des faits dans l’appartement (présence confirmée par les déclarations de Mike Sfez)

Le délibéré aura lieu le 20 novembre.




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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 20:17

Attention : piratage informatique

Mi-septembre, suite au piratage de mon adresse gmail, mon blog « France-Irak Actualité », (http://www.gmunier.blogspot.com), a été supprimé. Reste à savoir exactement par qui. Les 67 articles qui y étaient disponibles depuis 2006 ne sont plus accessibles que « en cache », article par article.

L’escroc, ou l’organisme, résidant vraisemblablement en Grande-Bretagne s’est introduit, je ne sais comment, dans mon adresse courriel et en a modifié le code secret. Résultat : je ne pouvais plus accéder, ni à ma boîte aux lettres, ni à mon blog. Il a ensuite adressé, en se faisant passer pour moi, un message aux adresses inscrites dans mon carnet d’adresses, demandant de m’envoyer d’urgence mille cinq cent dollars par Western Union, en racontant que j’étais bloqué à Londres sans le sou, suite à la perte de ma carte bleue. Pas très intelligent, car je ne vois pas pourquoi j’aurais écrit en anglais à des amis ou connaissances résidant en France, et leur aurais réclamé des dollars, la monnaie utilisée étant la Livre, voir l’Euro. L’adresse indiquée pour le versement - Kensington High Street à Londres - était probablement une boîte aux lettres, car l’individu ne s’intéressait, apparemment, qu’au code de
transfert de l’argent.

J’ouvrirai prochainement un nouveau blog sur un autre hébergeur.

Gilles Munier




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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 20:04

http://www.contreinfo.info/article.php3?id_article=2865


http://www.comite-valmy.org/spip.php?article406

Le déclin précipité de l’hégémonie américaine, par Michael T. Klare

Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes. La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant. Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. »

Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael Klare en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan. A ce catalogue il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël. Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Par Michael T. Klare, TomDispatch, 26 octobre 2009

Note à l’attention de la CIA : Vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité.

Trêve de plaisanterie. Passons maintenant à la version sérieuse de ce qui précède : En Novembre 2008, le National Intelligence Council (NIC), une branche de la Central Intelligence Agency, a publié le dernier rapport d’une série de publications futuriste, destinées à défricher le terrain pour la future administration Obama. Cette consultation de boule de cristal analytique s’est conclue par un rapport intitulé « Tendances mondiales 2025 », où l’agence prédit que l’hégémonie américaine tendrait à disparaître progressivement au cours des 15 prochaines années - parallèlement à la montée de nouvelles puissances mondiales, en particulier la Chine et l’Inde. Ce rapport examinait de nombreux aspects de l’environnement stratégique du futur, mais sa conclusion la plus remarquable - et qui a fait les unes - était celle d’une érosion à long terme de la domination américaine et de l’émergence de nouveaux concurrents mondiaux. « Bien que les États-Unis puissent rester l’acteur le plus puissant [en 2025] », constatait sans ambages cette étude, la « puissance relative - même dans le domaine militaire - diminuera et les moyens d’actions des USA seront plus limités. »

Ce rapport, appartient déjà au passé. Aujourd’hui, quelques 11 mois plus tard, les choses ont déjà changé. Ces prédictions futuristes devront être adaptées aux réalités rapidement changeantes de la situation actuelle. Bien qu’ayant été publié après le début de la crise économique mondiale, ce rapport a été rédigé avant que cette crise n’atteigne son maximum. Il affirmait donc que le déclin de la puissance américaine serait graduel, s’étendant au-delà de l’horizon de 15 ans qui était celui de l’étude. Mais la crise économique et les événements qui l’ont accompagné ont radicalement bouleversé ce calendrier. À la suite des énormes pertes subies par l’économie américaine durant l’année écoulée, et d’un redémarrage surprenant de l’économie chinoise, la transition des pouvoirs que ce rapport prévoyait s’est accélérée. Lorsque l’on examine les faits, cette année 2025 est déjà là.

De nombreux évènements prévus par le « Global Trends 2025 » se sont en fait déjà déroulés. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine - désignés collectivement par l’acronyme BRIC - jouent déjà un rôle beaucoup plus actif dans les affaires économiques mondiales, alors que le rapport prévoyait que cela ne serait le cas que dans une décennie ou deux. Dans le même temps, la position mondiale dominante auparavant monopolisée par les Etats-Unis avec l’aide des grandes puissances industrielles occidentales - le Groupe des 7 (G-7) - s’est déjà affaiblie à un rythme remarquable. Les pays qui autrefois demandaient conseil aux États-Unis sur les grandes questions internationales ignorent maintenant les recommandations de Washington et développent au contraire leurs propres réseaux politiques autonomes. Les États-Unis sont de moins en moins enclins à déployer leurs forces armées à l’étranger alors que les puissances rivales augmentent leurs propres capacités militaires et que les acteurs non étatiques recourent aux tactiques « asymétriques » pour contrecarrer l’avantage de la puissance de feu conventionnelle dont disposent les États-Unis.

Personne ne semble le dire haut et fort - pour le moment - mais exprimons les choses crûment : après que moins d’un an se soit écoulé sur les 15 années qu’analysait le rapport de la CIA, la période de la domination incontestée de l’Amérique sur le monde est arrivée à son terme. Cela pourra prendre une décennie ou deux (ou trois) avant que les historiens ne soient capables de porter leurs regards en arrière et de se prononcer avec certitude sur « le moment où les Etats-Unis ont cessé d’être la puissance dominante de la planète et ont été forcés de se comporter comme un acteur majeur parmi d’autres dans un monde où existent plusieurs grandes puissances rivales. » Cependant, pour les esprits observateurs, les indices de cette grande transition sont déjà visibles.

Six étapes vers un destin de nation ordinaire

Voici la liste de six événements récents qui indiquent selon moi que nous sommes entrés en « 2025 » dès aujourd’hui. Tous les six ont été rapportés par les médias ces dernières semaines, bien qu’ils n’aient jamais été mis en perspective tous ensembles. Ces six évènements (ainsi que d’autres, semblables) forment un motif : ils dessinent une nouvelle ère en formation.

Lors du sommet économique mondial de Pittsburgh, les 24 et le 25 septembre, les dirigeants des grandes puissances industrielles, le G-7 (G-8 si l’on inclut la Russie) ont accepté de transférer la responsabilité de la supervision de l’économie mondiale à un groupe plus vaste, plus ouvert : le Groupe des 20 (G-20), incluant la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie, et d’autres pays en développement. Bien que des doutes aient été soulevés quant à la capacité de ce groupe élargi à exercer un leadership efficace au niveau mondial, il ne fait aucun doute que cette transformation signale un déplacement de la puissance économique dans le monde, de l’Ouest en direction de l’Est et le Sud. Ce déplacement entérine une baisse considérable de la prééminence économique américaine.

« La véritable signification du G-20 n’est pas celle d’un passage de relais du G-7/G-8 mais du G-1 : les États-Unis », a écrit dans le Financial Times Jeffrey Sachs de l’Université de Columbia. « Durant les 33 années du Forum économique du G-7, les États-Unis ont impulsé les décisions économiques les plus importantes. » Le déclin du leadership américain au cours de ces dernières décennies a été obscurci par l’effondrement de l’Union soviétique et par l’avance initiale acquise par les USA dans les technologies de l’information, note également Jeffrey Sachs, mais on ne peut plus désormais se méprendre sur cette transition du pouvoir économique des Etats-Unis en direction de la Chine et des autres locomotives des économiques émergentes.

Selon la presse, les rivaux économiques de l’Amérique ont tenu des réunions secrètes (mais pas tant que cela) afin d’étudier une réduction du rôle du dollar US - qui perd de sa valeur - dans le commerce international. Jusqu’à présent, l’utilisation du dollar comme devise internationale procurait aux États-Unis un avantage économique important : ils pouvaient simplement imprimer des dollars pour faire face à leurs obligations internationales alors que les autres pays doivent convertir leurs propres devises en dollars, ce qui entraîne souvent des surcoûts significatifs. Désormais, nombre de grands pays exportateurs - dont la Chine, la Russie, le Japon, le Brésil et les pays pétroliers du golfe Persique - envisagent l’utilisation de l’euro, ou d’un « panier » de monnaies pour leurs échanges commerciaux. S’il est adopté, un tel plan accélérerait la chute vertigineuse du cours du dollar et éroderait encore davantage l’influence américaine sur les affaires économiques internationales.

L’une de ces rencontres aurait eu lieu cet été lors d’un sommet des BRIC. Alors qu’il ne s’agissait que d’un concept il y a un an, lorsque le terme de BRIC a été inventé par l’économiste en chef de Goldman Sachs, le groupe des BRIC est devenu une réalité en juin lorsque les dirigeants des quatre pays ont tenu une session inaugurale à Iekaterinbourg, en Russie.

Le fait même que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine aient choisi de se constituer en groupe a été considéré comme significatif, car ces pays rassemblent conjointement environ 43% de la population mondiale et devraient représenter 33% du produit intérieur brut mondial d’ici 2030 - à peu près autant que les États-Unis et l’Europe occidentale à cet horizon. Bien que les dirigeants du groupe BRIC aient décidé à ce stade de ne pas former un organe permanent comme le G-7, ils sont convenus de coordonner les efforts visant à développer des alternatives au dollar et à réformer le Fonds Monétaire International, pour que les pays non occidentaux y disposent d’une voix plus forte.

Sur le front diplomatique, les efforts de Washington pour obtenir le soutien d’une pression internationale accrue sur l’Iran afin qu’il mette un terme à son programme d’enrichissement d’uranium ont été rejetés par la Russie et la Chine. Un mois après que le président Obama ait annulé le projet de déploiement d’un système anti-missiles en Europe orientale, souhaitant apparemment obtenir le soutien russe sur une position plus dure envers Téhéran, les hauts dirigeants russes ont clairement indiqué qu’ils n’avaient aucune intention de cautionner un renforcement des sanctions contre l’Iran. « Les menaces, les sanctions et les pressions dans la situation actuelle, nous en sommes convaincus, seraient contre-productifs », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey V. Lavrov, après une réunion avec le secrétaire d’État Hillary Clinton à Moscou le 13 octobre. Le lendemain, le Premier ministre russe
Vladimir Poutine déclarait que la menace de sanctions était « prématurée ». Étant donné les risques politiques qu’a pris Obama en annulant le programme de bouclier anti-missiles - une mesure largement condamnée par les Républicains à Washington - le refus rapide de Moscou de coopérer avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire iranien ne peut être interprété que comme un signe supplémentaire du déclin de l’influence américaine.

On peut tirer exactement la même conclusion après la réunion de haut niveau qui s’est tenue à Pékin le 15 octobre entre le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Rahimi. « Les relations sino-iraniennes ont connu un développement rapide, depuis que les dirigeants des deux pays ont de fréquents échanges et que la coopération dans le commerce et l’énergie s’est élargie et approfondie », a déclaré M. Wen, au Palais du Peuple. Intervenant à un moment où les États-Unis sont engagés dans une campagne diplomatique vigoureuse pour persuader la Chine et la Russie, entre autres, de réduire leurs liens commerciaux avec l’Iran, en prélude au renforcement des sanctions, cette déclaration chinoise ne peut être considérée que comme une nette rebuffade en direction de Washington.

Les tentatives de Washington pour obtenir un soutien international à l’effort de guerre allié en Afghanistan ont également rencontré des réponses étonnamment décevantes. Pour preuve, la manifestation de soutien réticent à l’effort de guerre américain du Premier ministre britannique Gordon Brown lorsqu’il a annoncé le 14 octobre que la Grande-Bretagne enverrait davantage de troupes pour renforcer le contingent britannique dans ce pays - mais seulement 500 de plus, et seulement si d’autres nations européennes augmentaient leur participation militaire, chose qu’il sait sans doute hautement improbable. Jusqu’à aujourd’hui, ce minuscule contingent provisoire représente le total des troupes supplémentaires que l’administration Obama a été en mesure d’obtenir de ses alliés européens, et ce en dépit d’une campagne diplomatique soutenue pour le renforcement de la force combinée de l’OTAN en Afghanistan. En d’autres termes, même l’allié le plus fidèle et docile des USA en Europe ne semble plus disposé à supporter le poids de ce qui est largement perçu comme une couteuse et épuisante aventure militaire américaine dans le Grand Moyen-Orient.

Enfin, en un geste dont la portée symbolique est frappante, le Comité International Olympique (CIO) a choisi d’ignorer Chicago (de même que Madrid et Tokyo) et désigné Rio de Janeiro pour la tenue des Jeux Olympiques d’été de 2016. C’est la première fois qu’une nation sud-américaine se voit décerné cet honneur. Avant le vote, Chicago était considérée comme un candidat sérieux, surtout depuis que Barack Obama, qui y a habité, s’était personnellement déplacé à Copenhague pour faire pression sur le CIO. Néanmoins, à la surprise générale, Chicago a non seulement perdu, mais a été éliminée dès le premier tour de scrutin.

« Le Brésil est passé d’un pays de deuxième classe à un pays de première classe, et aujourd’hui, nous commençons à être considéré avec le respect que nous méritons », a déclaré le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, lors d’une célébration de la victoire à Copenhague après le vote. Durant ce processus de décision des Olympiades les États-Unis se sont vus sans ménagement et ostensiblement rétrogradés du rang de seule superpuissance à celui de compétiteur malchanceux, et ce moment symbolisait l’entrée de la planète dans une nouvelle ère.

Devenir un pays ordinaire

Ce ne sont que quelques exemples de développements récents qui me laissent penser que les jours de l’hégémonie américaine sont déjà arrivés à leur terme, des années plus tôt que les services de renseignement américain ne l’avaient prévu. Il est de plus en plus clair que d’autres puissances - même parmi nos plus proches alliés - poursuivent une politique étrangère de plus en plus indépendante, quelles que soient les pressions que Washington tente d’exercer.

Bien sûr, rien de tout cela n’implique que les États-Unis ne pourront pas conserver pendant un certain temps encore la plus puissante économie au monde et, en termes de capacité de destruction, la plus puissante force militaire. Néanmoins, il ne fait aucun doute que l’environnement stratégique dans lequel les dirigeants américains doivent prendre des décisions critiques, lorsque les intérêts nationaux vitaux sont en jeu, a changé de façon spectaculaire depuis le début de la crise économique mondiale.

Plus significatif encore, le président Obama et ses principaux conseillers commencent à contrecœur à remodeler la politique étrangère américaine en ayant à l’esprit cette nouvelle réalité mondiale. Cela paraît évident, par exemple, dans la décision de l’administration de réexaminer la stratégie américaine en l’Afghanistan.

C’est seulement en mars que le président a adopté une nouvelle stratégie de contre-insurrection en Afghanistan, consistant en un renforcement de la présence américaine sur le terrain, accompagné d’un engagement de longue durée pour gagner les cœurs et les esprits dans les villages où les talibans ont réapparu. C’est sur cette base qu’il a limogé le commandant en chef en Afghanistan, le général David D. McKiernan, pour le remplacer par le général Stanley A. Mc Chrystal, considéré comme un partisan plus résolu de la contre-insurrection. Toutefois, lorsque Mc Chrystal a présenté à Obama la facture de cette stratégie - 40 000 à 80 000 soldats supplémentaires (en plus des 20.000 et quelques renforts récemment déployés) - nombreux sont ceux qui ont pâli dans la garde rapprochée du Président.

Un tel déploiement coûtera non seulement des centaines de milliards de dollars au Trésor, ce qu’il peut difficilement se permettre, mais la pression exercée sur l’armée et le Corps des Marines peut devenir presqu’insupportable après ces nombreuses années de déploiements multiples et répétés et de stress en Irak. Ce prix serait plus tolérable, bien sûr, si les alliés de l’Amérique acceptaient de prendre une plus grande part de cette charge, mais ils sont de moins en moins disposés à le faire.

Les dirigeants de la Russie et la Chine ne sont sans doute pas entièrement mécontent de voir les États-Unis épuiser leurs ressources financières et militaires en Afghanistan. Dans ces circonstances, il n’est guère surprenant que le Vice Président Joe Biden, entre autres, préconise un nouveau tournant dans la politique américaine, avec une stratégie moins coûteuse de contre-terrorisme - plutôt que de contre-insurrection - qui viserait pour partie à démanteler Al-Qaïda au Pakistan - à l’aide de drones et des forces spéciales - au lieu de mobiliser de nombreuses troupes américaines (tout en laissant le niveau des forces en Afghanistan relativement inchangé).

Il est trop tôt pour prédire sur quoi va déboucher cette réévaluation par le président de la stratégie américaine en Afghanistan, mais le fait qu’il n’ait pas accepté immédiatement le plan Mc Chrystal et ait laissé libre cours à Joe Biden pour défendre sa position suggère qu’il puisse finir par comprendre ce qu’il y aurait de déraisonnable à accroitre les engagements militaires américains à l’étranger au moment où la prééminence mondiale des USA est sur le déclin.

On perçoit cette prudence d’Obama dans autres décisions prises récemment. Bien qu’il continue d’affirmer que l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran est inadmissible et que l’utilisation de la force pour l’en empêcher reste une option, il a clairement fait en sorte de réduire au minimum la probabilité que cette option - qui pourrait également être compromise par des « alliés » récalcitrants - soit jamais utilisée.

Par ailleurs, il a donné une nouvelle impulsion à la diplomatie américaine, en cherchant l’amélioration des liens avec Moscou et en permettant que soient repris les contacts diplomatiques avec des Etats précédemment considérés comme parias, tels la Birmanie, le Soudan et la Syrie. Cela reflète également la réalité de notre monde en évolution : la posture du « je vaux mieux que toi » et de l’intimidation adoptée par l’administration Bush envers ces pays et d’autres durant près de huit ans n’a que rarement permis d’obtenir quoique ce soit. On peut se représenter cela comme la reconnaissance implicite que les États-Unis sont descendus de leur statut de « superpuissance unique » de la planète à celui de pays ordinaire. C’est après tout ce que font les pays ordinaires : ils engagent des pourparlers diplomatiques avec les autres pays, qu’ils aiment ou non leurs gouvernements actuels.

Bienvenue donc, dans le monde de 2025. Il ne ressemble plus à celui de notre passé récent, lorsque les États-Unis dépassaient de la tête et des épaules toutes les autres nations, et ne convient qu’assez mal aux fantasmes de puissance mondiale nés à Washington depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Mais c’est la réalité.

Pour beaucoup d’Américains, la perte de cette prééminence pourrait provoquer de l’inconfort, voire du désespoir. Mais d’un autre côté, il convient de reconnaitre les avantages qu’il y a à être un pays ordinaire, comme n’importe quelle autre nation : personne ne s’attend à ce que le Canada, la France ou l’Italie envoient 40 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, en plus des 68 000 qui y sont déjà et des 120 000 hommes en Irak. Personne non plus ne s’attend à ce que ces pays consacrent 925 milliards de dollars sur l’argent des contribuables à cette fin - ce que coûtent ces deux guerres, selon le National Priorities Project.

Une question demeure : Combien de temps encore persistera à Washington le sentiment que les Américains peuvent se permettre de financer leur rôle mondial, avec le maintien de bases militaires sur une bonne partie de la planète et la poursuite de guerres lointaines au nom de la sécurité mondiale, alors que l’économie américaine perd autant de terrain face à ses concurrents ? Tel est le dilemme auquel le président Obama et ses conseillers doivent se confronter dans ce monde transformé de l’année 2025.



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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 19:46

http://www.blog.mondediplo.net/2009-11-02-2-novembre-1917-la-declaration-Balfour


http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Alain_Gresh.021109.htm

2 novembre 1917, la déclaration Balfour

Alain Gresh

Il y a 92 ans, le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique adoptait la déclaration Balfour, un texte qui est à l’origine du conflit palestinien. Pour en comprendre les enjeux, voici un extrait du chapitre 2 de Israël-Palestine, vérités sur un conflit (Fayard, 2001 et 2007).

Le conflit se noue (1917-1939)

Un monde s’effondre. La première guerre mondiale entre dans sa dernière année. Des empires séculaires, celui des Ottomans – le turc –, l’empire austro-hongrois, n’y survivront pas. La Russie tsariste est déjà morte et les bolcheviks s’apprêtent à prendre le Palais d’hiver et à instaurer un régime dont la durée de vie coïncidera avec ce que les livres d’histoire désignent comme le XXe siècle. Nous sommes le 2 novembre 1917 et lord Arthur James Balfour, ministre du puissant empire britannique, met la dernière touche à sa lettre. Hésite-t-il un instant à y apposer son paraphe ? Est-il saisi d’une sombre prémonition ? Sans doute pas, car le texte, plus connu sous le nom de « déclaration Balfour », a été longuement débattu par le gouvernement de Sa Majesté. Celui-ci déclare qu’il « envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif ». La déclaration qui, dans une première version, évoquait « la race juive », précise que, pour la réalisation de cet objectif, « rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays ». Comment créer un foyer national juif sans affecter les populations locales arabes ? Cette contradiction, la Grande-Bretagne ne pourra jamais la résoudre et elle sera à l’origine du plus long conflit qu’ait connu le monde contemporain.

La lettre de Balfour est adressée à lord Walter Rothschild, un des représentants du judaïsme britannique, proche des sionistes. Qu’est-ce que le sionisme ? J’y reviendrai dans le prochain chapitre. Bornons-nous pour l’instant à dire que ce mouvement réclame « la renaissance nationale du peuple juif » et son « retour » sur la terre de Palestine. La déclaration Balfour répond à plusieurs préoccupations du gouvernement de Londres.

Alors que la guerre s’intensifie sur le continent, il s’agit de se gagner la sympathie des juifs du monde entier, perçus comme disposant d’un pouvoir considérable, souvent occulte. Cette vision, ironie de l’histoire, n’est pas éloignée de celle des pires antisémites qui détectent, partout, « la main des juifs ». Le premier ministre britannique de l’époque évoque dans ses Mémoires la puissance de « la race juive », guidée par ses seuls intérêts financiers, tandis que Lord Balfour lui-même avait été le promoteur, en 1905, d’un projet de loi sur la limitation de l’immigration en Grande-Bretagne, qui visait avant tout les juifs de Russie. Mark Sykes, un des négociateurs des accords qui partagèrent le Proche-Orient en 1916, écrivait à un dirigeant arabe : « Croyez-moi, car je suis sincère lorsque je vous dis que cette race [les juifs], vile et faible, est hégémonique dans le monde entier et qu’on ne peut la vaincre. Des juifs siègent dans chaque gouvernement, dans chaque banque, dans chaque entreprise. »

La déclaration Balfour s’adresse particulièrement aux juifs américains, soupçonnés de sympathie pour l’empire austro-hongrois, et aux juifs de Russie, influencés par les organisations révolutionnaires qui ont renversé le tsar au printemps 1917. Nombreux sont favorables à ce que la Russie signe une paix séparée. Londres espère éviter ce « lâchage ». Balfour évoque même la mission qui serait confiée aux juifs en Palestine : faire que les juifs du monde se comportent « convenablement » ! Ce calcul échouera puisque, dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, les insurgés bolcheviks s’emparent du pouvoir à Petrograd et appellent à la paix immédiate.

Mais la Grande-Bretagne, en confortant le mouvement sioniste, vise un objectif plus stratégique, le contrôle du Proche-Orient. Le dépeçage des vaincus est négocié entre Paris, Londres et Moscou, alors même que la victoire n’est pas acquise. En 1916, sont signés entre Paris et Londres, puis ratifiés par le tsar, les accords connus sous le nom de Sykes-Picot (Mark Sykes et Georges Picot sont deux hauts fonctionnaires, l’un britannique l’autre français) qui définissent les lignes de partage et les zones d’influence au Proche-Orient. Pour Londres, la Palestine « protège » le flanc est du canal de Suez, ligne vitale entre les Indes, le fleuron de l’empire, et la métropole. Le parrainage accordé au sionisme permet au gouvernement britannique d’obtenir un contrôle total sur la Terre sainte.

Mais les Britanniques ne se sont pas contentés de promesses au mouvement sioniste, ils en ont fait aussi aux dirigeants arabes. Le calife ottoman (il exerce son autorité sur les territoires arabes du Proche-Orient et il est « le commandeur des croyants ») s’est joint en 1914 à l’Allemagne et à l’empire austro-hongrois. Il a même lancé un appel à la guerre sainte contre les infidèles. Pour riposter, Londres suscite une révolte des Arabes contre l’empire ottoman, animée par un dirigeant religieux, le chérif Hussein de La Mecque. En échange, Hussein obtient l’engagement britannique d’appuyer l’indépendance des Arabes. Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient... Comment, en effet, concilier l’indépendance arabe et la création d’un foyer national juif ? La révolte arabe deviendra célèbre dans une version bien déformée forgée par un des agents britanniques qui y jouèrent un rôle capital, Thomas E. Lawrence, dit Lawrence d’Arabie. Ce récit, « Les Sept piliers de la sagesse », sera porté au cinéma par David Lean et Peter O’Toole dans le rôle de Lawrence.

Le Proche-Orient sera donc partagé entre la France et la Grande-Bretagne. Créée en 1920, la Société des Nations (SDN), l’ancêtre des Nations unies, ne regroupe alors que quelques dizaines d’Etats, pour l’essentiel européens. Elle invente le système des « mandats » que la charte de la SDN définit comme suit : « Certaines communautés, qui appartenaient autrefois à l’Empire ottoman, ont atteint un degré de développement tel que leur existence comme nations indépendantes peut être reconnue provisoirement, à la condition que les conseils et l’aide d’un mandataire guident leur administration jusqu’au moment où elles seront capables de se conduire seules. » Ainsi des peuples considérés comme « mineurs », auraient besoin de tuteurs pour accéder, un jour peut-être, à la majorité…

Le 24 juillet 1922, la SDN octroie à la Grande-Bretagne le mandat sur la Palestine. Le texte prévoit que la puissance mandataire sera « responsable de la mise à exécution de la déclaration originairement faite le 2 novembre 1917 par le gouvernement britannique et adoptée par [les puissances alliées], en faveur de l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif ». Les fils du chérif Hussein, étroitement contrôlés par Londres, s’installent sur les trônes d’Irak et de Transjordanie (pays créé par les Britanniques à l’Est du Jourdain), tandis que les territoires libanais et syrien tombent dans l’escarcelle de la France. L’Egypte, formellement indépendante depuis 1922, reste sous occupation britannique.

Tous les acteurs du drame palestinien sont en place : la puissance dominante, la Grande-Bretagne, qui souhaite maintenir son contrôle sur une région stratégique, riche en pétrole dont le rôle économique et militaire grandit ; le mouvement sioniste, fort de son premier grand succès diplomatique, et qui organise l’immigration en Palestine ; les Arabes de Palestine, que l’on ne désigne pas encore sous le nom de Palestiniens, et qui commencent à se mobiliser contre la déclaration Balfour ; enfin, les pays arabes, pour la plupart sous influence britannique et qui vont s’impliquer graduellement dans les affaires palestiniennes.





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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 19:01

http://fr.news.yahoo.com/4/20091103/tts-france-taxe-professionnelle-ca02f96.html


Sarkozy tance Raffarin sur la taxe professionnelle (Reuters)

Nicolas Sarkozy et François Fillon ont réaffirmé chacun de leur côté mardi que la réforme de la taxe professionnelle devait être votée cette année, malgré les remous qu'elle suscite au sein de l'UMP.

Evoquant le sujet lors de la réunion hebdomadaire des dirigeants du parti, le chef de l'Etat s'en est pris à l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait dénoncé dans une tribune cosignée avec 23 autres sénateurs UMP une réforme "ni claire, ni juste, ni conforme à (leurs) convictions".

"Votre démarche n'est pas formidable. Vous n'avez averti personne, ni moi, ni le Premier ministre, ni le secrétaire général (de l'UMP). Elle ne sert pas notre camp", a-t-il dit, selon un participant à la réunion.

"Les réformes, c'est difficile. Il faut rester unis (...) Ce n'est pas une tribune qui infléchira ma décision", a-t-il ajouté.

Selon un autre participant, Nicolas Sarkozy a souligné qu'il était tout à fait ouvert à des discussions sur les modalités "mais réaffirmé sa détermination sur la suppression de la taxe professionnelle et sur son calendrier, à savoir le budget 2010".

"Tout cela a été dit sans élever la voix et Raffarin était plutôt mal à l'aise", a-t-il rapporté.

Cité par un troisième participant, Jean-Pierre Raffarin s'est défendu de mener une fronde des sénateurs contre la taxe professionnelle, assurant que "sa volonté était de peser sur le débat et qu'il y avait matière à trouver une solution".

Dans la soirée, l'ancien Premier ministre a cependant déclaré sur son blog (www.carnetjpr.com) qu'il avait bien une divergence avec le chef de l'Etat sur la décentralisation et qu'il assumait ses convictions "sereinement".

"PERSONNE NE PEUT SERMONNER PERSONNE"

Jean-Pierre Raffarin s'en prend dans un texte très court aux auteurs des fuites sur la réunion de l'Elysée et récuse l'idée qu'il a été "sermonné" par Nicolas Sarkozy.

"Ce n'est pas ma conception du dialogue au sommet de l'Etat. Personne ne peut sermonner personne, parce que chacun doit respecter chacun", écrit-il.

"Ma lecture de cette réunion n'est pas celle d'un sermon mais celle d'un constat réciproque d'une divergence quant à la décentralisation", ajoute le sénateur, estimant que "le 'bavard' qui a communiqué à la sortie de la réunion a le récit partial et partiel."

Le Premier ministre François Fillon a pour sa part tenu, devant les députés UMP, le même discours de fermeté que le chef de l'Etat sur une réforme déjà votée par l'Assemblée nationale.

"Il faut la voter avant la fin de l'année, c'est capital, le monde économique l'attend", a-t-il dit selon Jean-François Copé, le président du groupe. "Le débat est légitime mais le calendrier doit être impérativement respecté", a-t-il ajouté.

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a lui invité le gouvernement à écouter ce que la Chambre haute avait à dire sur une réforme qui, dit-il, ne peut être votée telle quelle.

"Je pense que le gouvernement a besoin, dans le cadre du projet de loi de Finances, de conduire cette réforme mais qu'il ne peut pas la conduire n'importe comment, que le gouvernement doit écouter le Sénat", a-t-il déclaré sur Europe 1.

"Je pense qu'en l'état, la réforme ne sera pas votée", a-t-il poursuivi, ajoutant que quand le Sénat aura été entendu sur ses craintes, "je crois qu'une majorité pourra se dégager".

"Les parlementaires sont d'accord dans leur majorité pour qu'on remplace la taxe professionnelle, qui est anti-économique pour les entreprises. Par contre, ils veulent que la contribution économique territoriale qui va la remplacer apporte un certain nombre de garanties aux collectivités territoriales", a expliqué le président du Sénat.



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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 21:06


http://www.questionscritiques.free.fr/edito/Independent/John_Lichfield/Jean_Sarkozy_clan_La_Defense_EPAD_231009.htm

 

 http://www.palestine-solidarite.org/analyses.John_Lichfield.231009.htm

The Independent

L'État, c'est moi: Le culte Sarko

John Lichfield

A mi-parcours de son mandat, les moyens impérieux du président provoquent un tollé croissant. Jeudi soir, Sarkozy et son fils ont été contraints à  opérer une reculade humiliante pour regagner la confiance du public.

Jamais auparavant, l’annonce faite par un étudiant de 23 ans, selon laquelle il retire sa candidature à un emploi, a causé une telle vague d'étonnement et de soulagement. Jeudi soir, Jean Sarkozy, le fils du président français, a abandonné son rêve de prendre la direction politique de l'immense parc de gratte-ciel de La Défense à la périphérie ouest de Paris.

L’annonce faite par ce jeune homme aux actualités télévisées a mis fin à une bataille d’héritage politique qui a semblé, ces derniers jours, avoir opposé le clan Sarkozy à presque toute la France, depuis la presse et le public, jusqu’au propre parti du Président et au Premier ministre.

Cette affaire confuse et absurde des ambitions politiques à cent à l’heure du « Prince Jean » - en même temps que toute une série de faux-pas, d’accidents et de confusions – a ébranlé la confiance du peuple français dans leur président hyperactif et volontaire. Le revirement de jeudi soir, bien que manœuvré avec élégance par le jeune Sarkozy, est peut-être arrivé trop tard pour réparer les dégâts.

Interrogé pour savoir si le chef de l'Etat avait joué un rôle dans cette décision, Jean Sarkozy a déclaré au journal du soir de France 2 : « Si vous me demandez si j'ai parlé au président, la réponse est ‘non’. Si vous me demandez si j’ai parlé à mon père, la réponse est ‘oui’. »

Dans une quinzaine de jours, Nicolas Sarkozy arrivera à mi-parcours de son quinquennat. Il n'existe aucune alternative sérieuse contre lui, tant à gauche qu’au sein de sa propre famille politique, le centre-droit. Sa gestion de la récession mondiale a été raisonnablement agile en France et influente à l'étranger. Son programme de réformes tant vanté s'est avéré être progressif et prudent, plutôt que révolutionnaire, mais loin d'être absurde.

Néanmoins, avec la moitié de son mandat restant à courir, l’image publique du Président Sarkozy, soigneusement construite comme celle d’un homme politique français d'un « autre » type - un homme qui gouverne dans l'intérêt des gens ordinaires, pas des élites ou des intérêts particuliers ; un homme qui comprend la réalité de la vie des « gens qui se lèvent tôt » -, risque de s’écrouler.

Le conseil général des Hauts de Seine, à l'ouest de Paris, dominé par la clique du président, devait entériner jeudi dernier la tentative de Jean Sarkozy pour devenir le leader politique de l'organisme[l'EPAD] qui gère La Défense , le plus grand parc d’affaire d’Europe. Jusqu'à jeudi soir, toute suggestion que ce fut une mauvaise idée dans une République qui (en théorie) a guillotiné les privilèges aristocratiques par héritage, il y a plus de 200 ans, avait été rejeté par le président Sarkozy comme étant une attaque ignoble contre sa famille.

Jean est le second fils du premier des trois mariages du président. Il redouble, pour la deuxième fois, sa deuxième année de droit. Le président a insisté sur le fait que la fulgurante ascension de Jean, pour devenir le leader de la droite, l'année dernière, au sein du conseil général des Hauts de Seine et convoiter la direction de La Défense, peut s'expliquer entièrement par le pur processus démocratique et les capacités extraordinaires de son fils.

Dans un pays où les jeunes gens se débattent pour trouver un emploi et, lorsqu’ils en trouvent un, doivent se démener pour être pris au sérieux, la clameur de protestation de colère a pris une proportion gigantesque. Pour la première fois depuis son élection en mai 2007, sous la pression croissante de son propre camp, le président Sarkozy a été contraint jeudi soir à opérer une reculade publique humiliante.

Vendredi après-midi verra aussi la fin du procès Clearstream dans lequel l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin est accusé d’avoir répandu des mensonges pour détruire, en 2004, les chances de M. Sarkozy d’accéder à la présidence. Quels que soient les tenants et les aboutissants de cette affaire, Clearstream est devenu également le procès du style narcissique et du jugement politique discutable du président Sarkozy. Après avoir fait tout son possible pour s'assurer que M. de Villepin soit poursuivi en justice, le Président a dit à la télévision, juste avant le début des audiences, il y a trois semaines, que son ancien collègue était « coupable ». Plus tard, il a « regretté » avoir fait ce commentaire au sujet de ce procès, mais il a refusé de retirer ses propos ou de présenter ses excuses.

« Le style actuel du gouvernement français est plus proche de celui de Poutine que de celui de de Gaulle », « Le culte de la personnalité autour de Sarkozy ... la centralisation du pouvoir, nous emmènent vers un stalinisme de droite », « En ce qui me concerne, une page a été tournée. Je ne peux plus supporter, directement ou indirectement, un tel abus de pouvoir ».

On pouvait trouver ces commentaires (et beaucoup d'autres semblables) dans un forum en ligne du journal le plus respecté de France, Le Monde. Ces contributeurs n’étaient pas des harceleurs anti-Sarkozy de gauche ou d’extrême droite. Ils revendiquaient tous leurs appartenance à l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire) de Sarkozy. Bon nombre de parlementaires représentant l'UMP ont été, pendant des jours, dans la révolte en privé contre M. Sarkozy – contre le prince Jean et d'autres sujets. Même le Premier ministre, François Fillon, qui est d’une patience à toute épreuve, aurait envisagé de quitter le gouvernement. Officiellement, M. Fillon, en grande partie marginalisé par la cupidité compulsive du Président pour le feu des projecteurs, soutient M. Sarkozy sans réserve. En privé, selon le journal d'investigation Le Canard Enchaîné, M. Fillon a parlé de l'affaire Jean Sarkozy comme d’une « erreur énorme ... une de
celles qui donne une image catastrophique de Nicolas Sarkozy en France et à l'étranger. »

Ainsi que M. Fillon l’a fait remarquer (selon Le Canard), le calendrier de la saga du Prince Jean a été doublement et triplement dévastateur. Bien que la France ne soit pas tombée aussi rapidement et aussi profondément dans la récession que la Grande-Bretagne, la souffrance économique continue de se répandre et pourrait durer plus longtemps. Dans le même temps, les troupes mêmes de M. Sarkozy, à droite, commencent à s'interroger sur la direction dans laquelle leur « hyper président » conduit le pays.

Après avoir promis de débarrasser la France des valeurs prétendument décadentes de l’élite de la gauche libérale post soixante-huitarde, M. Sarkozy a récemment nommé au poste de ministre de la Culture un homme qui, aux yeux de nombreux conservateurs français, représente précisément ces valeurs. Le fait que Frédéric Mitterrand, le neveu de l'ancien président, ait été choisi malgré son homosexualité déclarée est à l'honneur de M. Sarkozy (bien qu'il ait été choisi parce qu'il était un ami de Carla Bruni-Sarkozy et parce que la capture de tout Mitterrand serait une source de gêne pour la gauche).

L’orientation sexuelle de M. Mitterrand n'est pas quelque chose que la France profonde peut avaler facilement. Le scandale au début du mois sur le livre de M. Mitterrand, décrivant ses expériences de touriste sexuel en Thaïlande, a provoqué un mélange étrange et assez dangereux de colère et de réjouissance au malheur de l’autre dans la droite française.

Certains des choix sociaux et économiques de M. Sarkozy provoquent également la confusion et la gêne dans ses propres rangs. Son haut-commissaire contre la pauvreté, Martin Hirsch, une autre nomination piquée à la gauche, a fait adopter un nouveau système plus généreux d’allocation pour les chômeurs de longue durée, en particulier les jeunes chômeurs.

Ceci est peut-être justifié, mais ce n'est pas ce que le candidat Sarkozy avait promis en 2007 quand il a parlé d'abandonner la « culture de l’assistanat » et de promouvoir une France qui « travaille plus pour gagner plus ». La droite a également été perplexe quant à la conversion de M. Sarkozy à la cause radicale écologiste (une nouvelle taxe carbone) et à sa promotion de l’idée selon laquelle le PIB devrait être abandonné, en tant que principe de mesure des résultats politiques et économiques, en faveur d'un indice national du « bonheur ».[1] Une fois encore, ces idées ne sont pas complètement stupides. Cependant, elles s’accordent mal avec un président qui a promis d’aller chercher la croissance avec ses « dents » et qui promet encore qu'il ne va pas augmenter les impôts.

Un éditorial féroce du commentateur de droite Yves de Kerdrel, paru dans Le Figaro, journal qui soutient Sarkozy, a accusé le président d’avoir capitulé devant les vérités de l’ancienne gauche française, même si la France n'avait plus de gauche cohérente. En se pliant aux exigences des groupes de pression habituels et en permettant le « laxisme » dans les finances de l'Etat, cet article laissait entendre que M. Sarkozy risquait de devenir un autre Jacques Chirac.

Lorsque ces questions sont examinées de manière officieuse, certains parlementaires UMP jètent le blâme sur les assistants, prétendument enclins au populisme, du Président Sarkozy à l'Elysée. Certains d'entre eux accusent Carla Bruni. Ils laissent entendre que la première dame, une égérie autoproclamée de la gauche caviar, a brouillé les vrais instincts de M. Sarkozy. L'arrivée de Carla Bruni, fin 2007, lorsque le président semblait patauger après l'effondrement de son second mariage, a remodelé – littéralement – M. Sarkozy à certains égards.

La première dame a conçu un régime alimentaire et un programme de remise en forme qui a rendu le Président encore plus mince et affamé que jamais. (Cela a été dénoncé publiquement par certains de ses amis à la suite de son étourdissement en juillet dernier, durant un jogging.) La première dame a également conçu un cours accéléré d'études d'été pour un mari qu'elle considérait comme culturellement analphabète. Sur le plan politique, son influence est réelle, mais limitée. Elle a quelques influences sur les droits de l'homme et les questions culturelles, telles que le choix de Frédéric Mitterrand. Cependant, des sources au sein de l’UMP disent qu'on ne doit pas lui faire porter le chapeau pour l'incohérence visible du président sur les sujets économiques, qui laissent Mme Bruni-Sarkozy totalement froide.

En vérité, la « Sarkonomie » a toujours été un code plutôt confus, prenant des idées à gauche et à droite, mélangeant libéralisme et protectionnisme, une attitude économique à l’anglo-saxonne avec le dirigisme français classique. Après presque deux ans et demi au pouvoir, les contradictions de l'approche de Sarkozy commencent à apparaître.

Ses réformes de l’université et des droits à la retraite dans le secteur public étaient nécessaires et utiles, mais beaucoup plus limitées que ce que la propagande du gouvernement ou de l'opposition a essayé de suggérer. Les réformes de l'éducation et des services de santé ont à peine commencé.

Les allégements fiscaux en faveur des riches, dans les deux premiers mois de sa présidence, n'ont pas produit le boom économique promis, mais, au contraire, ont plongé les finances de l'Etat encore plus loin dans le rouge. (Ces chiffres ont été commodément noyés dans plus d'encre rouge par la récession.)

Pendant une grande partie de sa présidence, ces confusions et ces incohérences ont été cachées par la personnalité énergique et volontaire de M. Sarkozy. Après avoir plongé dans les sondages au début de 2008, il est remonté grâce à sa solide performance en tant que président de l'UE l'an dernier et à son rôle dans la coordination de la réaction mondiale face à la récession. Ces derniers jours, sa cote de popularité a replongé à 39 pour cent.

La puissance de la personnalité de M. Sarkozy – son refus de tolérer la contradiction même de la part de ses plus proches amis et alliés – a maintenant été révélée comme une source de grande faiblesse. Aucun de ses ministres ou proches collaborateurs n’a osé suggérer au président que permettre à son fils inexpérimenté de 23 ans d’être propulsé à la tête de La Défense pourrait être considéré comme une insulte dans un pays qui vénère officiellement l’Egalité. Même Mme Bruni-Sarkozy, selon des sources UMP, n'avait pas pu, ou voulu, soulever cette question avec son mari. « Il ne comprend absolument rien à Jean », a expliqué un député UMP. « C'est le syndrome classique du père divorcé. » Jean Sarkozy, et son frère aîné, Pierre, étaient des nourrissons quand Nicolas a quitté leur mère pour vivre avec la future Cécilia Sarkozy en 1988.

Jean a été élevé en grande partie par sa mère, Marie-Dominique Culioli, issue de l’un des clans d'affaires et politiques corses entremêlés qui sont influents depuis longtemps dans les Hauts de Seine. « Jean est bien le fils de son père », a déclaré un commentateur politique. « Mais il est aussi corse. Très corse. » Les centaines de millions d'euros de loyers et d’impôts générés par La Défense ont longtemps facilité la politique de droite dans les Hauts de Seine - et au-delà.[2]

Les opinions diffèrent sur celui qui a eu l'idée de catapulter Jean à la direction politique de l'organisme qui supervisera le projet d'extension du ghetto de gratte-ciel, et ses bénéfices, dans la prochaine décennie. Certains députés UMP estiment que la véritable force motrice dans cette affaire a toujours été Sarkozy Junior lui-même - pas nécessairement avec les intérêts supérieurs de son père clairement à l'esprit.

« Il est exaspérant et inquiétant que le Président ne puisse pas voir le mal qu'il se fait à lui-même, » a dit un député UMP avant l'annonce de jeudi soir. « Il faut se rappeler que Sarkozy a été élu comme un homme qui éliminerait les obstacles à la réussite en France, les obstacles réels, mais invisibles, les barrières psychologiques ».

Une grande partie du programme de Sarkozy a toujours été de modifier l'esprit de la France, tout comme Margaret Thatcher – consciemment ou inconsciemment – a transformé l'image que la Grande-Bretagne avait d’elkle-même. Il a promis de faire de la France un pays véritablement égalitaire basé sur le mérite, pas un pays gouverné par et pour une petite élite parisienne. Au lieu de cela, à la moitié de son mandat, il est en danger d'être vu, même par ses partisans, comme un hypocrite - un empereur qui s'occupe des siens.

Jeudi soir, pour la première fois, la France s’est dressée avec succès pour défendre ses propres valeurs contre celles de M. Sarkozy. Score : République française = 1 ; Empereur Nicolas 1er = 0.

Notes:

[1] Le BNB ou « Bonheur National Brut » est une idée qui fait son chemin. C’est ainsi que le petit Etat du Bhoutan mesure le progrès. L’ancien chef économiste de la Banque d’Angleterre, Micha Panic, a écrit un essai très intéressant à ce sujet : L’Europe a-t-elle besoin de réformes néolibérales ? Cambridge Journal of Economics, 2006.

[2] On pourra lire avec intérêt l'essai de Thierry Meyssan sur le site du Réseau Voltaire : Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 21:12

UN NOUVEL ART DE MILITER

TROIS JOURS DE DEBATS // CONCERTS // EXPOSITIONS autour du livre de Sébastien Porte et Cyril Cavalié

« Un nouvel art de militer » (Editions Alternatives)

http://www.un-nouvel-art-de-militer.info

les jeudi 5, vendredi 6 et samedi 7 novembre 2009 à LA PETITE ROCKETTE

Zone d’autonomie temporaire autogérée

http://www.lapetiterockette.com

6 rue Saint-Maur, 75011 Paris Métro Voltaire (ligne 9) Tél 01 43 67 66 34

SAMEDI 7 NOVEMBRE DE 18 HEURES A 21 HEURES 30 DEBAT

“Les collectifs : quelle place dans un combat pour un monde meilleur ?”

Interventions attendues : tous les collectifs, avec RESF, la Brigade activiste des clowns, les Cercles de silence, l’Appel et la Pioche, Votre nouveau visage, Ré-actions-citoyennes, La France qui se lève tôt, Sauvons les riches, les Manifs de droite, le Pavé en mousse…

L HUMOUR NOUVELLE ARME DE PERSUASION MASSIVE ?

Peut-on sérieusement se battre en faisant le clown ?
Un clown peut-il faire rire et réfléchir à la fois ?
Le rire est-il un aiguillon ou un écran pour la pensée ?
Le second degré est-il soluble dans la rhétorique de la contestation ?
Une action qui fait rire un ministre est-elle une action réussie ?
Etre une bande de copains qui s’éclate aide-t-il à être efficace ou éloigne-t-il des objectifs ?
Les clowns ont-ils une idéologie ?

LA DESOBEISSANCE NON VIOLENTE FORCE ET LIMITES D UNE TACTIQUE

Jusqu’où peut-on aller dans la désobéissance aux règles ?
La violence envers des objets matériels est-elle déjà une violence ?
Peut-on être violent sur certaines actions et non-violent dans d’autres, désobéissant le week-end et respectueux de l’ordre établi le reste de la semaine ?
La désobéissance civile non-violente peut-elle se pratiquer à la carte ?
Un bon militant doit-il passer par la case commissariat ?
Une action où les flics se tiennent coi vaut-elle mieux qu’une action qui dégénère ?
Pourquoi cette vieille animosité envers les représentants des forces d’ordre ?
Les collectifs sont-ils réellement exempts de toute forme d’autorité ?

LES COLLECTIFS AVANT GARDE OU GARDE FOU DE LA REVOLUTION ?

Les collectifs sont-ils des éponges pour absorber les colères ou bien des armes pour les aider à se projeter ?
Les jeunes d’aujourd’hui sont-ils plus dociles ou plus rebelles que ne l’étaient leurs parents ?
Une action qui aboutit à une loi contribue-t-elle à transformer le système ou l’aide-t-elle au contraire à s’adapter pour mieux asseoir sa domination ?
Commentez cette citation d’un militant autonome : « Les milieux militants sont le mouroir où viennent traditionnellement s’échouer tous les désirs de révolution. »
La démocratie post-moderne accouchera-t-elle d’un peuple de moutons ?

DES FROTTEMENTS AVEC LES ZONES DE POUVOIR

Existe-t-il un militantisme apolitique ?
Les hommes politiques ont-ils leur place au côté des collectifs ?
Doit-on soutenir un combat quand on soupçonne ceux qui s’y associent de le faire par ambition personnelle ?

TANT DE CAUSES A DEFENDRE ET DE COMBATS A MENER
COMMENT MILITER AUJOURD HUI ET AVEC QUELLE EFFICACITE ?

Sert-il encore à quelque chose de marcher et s’égosiller dans les manifs ?
La lutte des classes est-elle toujours valable comme grille de lecture des rapports sociaux ?
Les syndicats ont-ils encore un rôle à jouer ?
De la légitimité par le nombre : l’action requiert-elle un effectif minimal pour être crédible devant l’opinion et les autorités ?
L'activisme doit-il se professionnaliser ?

POUR CONCLURE

Les collectifs font-ils trembler le pouvoir ?
Les collectifs font-ils partie de la société du spectacle ?
Comment fédérer les luttes ? Et qui veut les fédérer vraiment ?


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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 20:37


http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4727


Rassemblement pour faire entendre le refus de l’expulsion : jeudi 5 novembre à 17 heures à Paris Métro Place de la République, sortie terre-plein central

CONTRE L'EXPULSION DE LA COORDINATION DES INTERMITTENTS ET PRÉCAIRES

La mairie de Paris menace d'expulser la coordination des locaux du 14 quai de Charente (Paris 19). Ce lieu est devenu un espace crucial pour l’action, la réflexion et les fabrications mises en oeuvre par celles et ceux qui l’utilisent comme point d'appui à des luttes qui s’opposent à l’individualisation libérale, à la concurrence de tous contre tous. Dans un contexte de remise en cause générale des garanties collectives existantes, la décision d’expulser la Coordination des Intermittents et Précaires s’inscrirait clairement si elle avait lieu dans la lignée des offensives anti sociales en cours.

S'en prendre au 14 quai de Charente, c'est attaquer une expérience de création de solidarités concrètes née d’un mouvement socio politique , le mouvement des intermittents et précaires en 2003. Expulser, ce serait détruire un modèle d'action collective qui s’est construit sur le refus du rôle de simple figurant dans le « dispositif d'accompagnement social » de l’État, c’est à dire d'un système qui entretient la précarité pour mieux atomiser les individus et leurs luttes.

L'EXPULSION : UNE CONCEPTION DE L'AMÉNAGEMENT URBAIN ?

La Mairie motive cette expulsion par l'aménagement de la ZAC Claude Bernard au coeur d’un « secteur d’aménagement Paris Nord Est » de 200 hectares. Dans les années à venir, ce « secteur Paris Nord Est » devrait accueillir 2 lignes de tramway, une gare RER, 590 000 m2 d’activités économiques (pour 25 000 hypothétiques emplois nouveaux), 600 000 m2 de logements (15 000 habitant-e-s) et 110 000 m2 d’équipements publics. Ce gigantesque projet urbain fait la part belle aux bureaux, logements privés et « intermédiaires » réservés aux classes moyennes et aisées. La Mairie, dont la logique d’aménagement urbain est exclusivement marchande, n’a évidemment pas prévu d’espaces pour le développement d'activités sociales autonomes, de pratiques d'éducation populaire et d’entraide. On nous signifie donc qu’il n’y aurait plus de place pour la maison des précarités que la coordination a progressivement fait vivre en ces lieux.

UN LIEU UNIQUE, À PRÉSERVER

Toutes les expériences, les choix de vie, les croisements, les pratiques et les rencontres permises par l'existence du 14 quai de Charente en ont fait un lieu d'auto-organisation. C'est là son originalité, son intérêt pour celles et ceux (individus et collectifs) qui le font vivre.

Des permanences de défense des droits sociaux à une Université ouverte, une cantine, une bibliothèque, nombreuses sont les activités gratuites ou à prix libre qui prennent place en ces lieux.

Voilà pourquoi nous n'acceptons pas les deux fausses propositions de « relogement » qui nous ont été faites. La première visait à réduire l'espace social qui s'est créé à ce qu'il n'a jamais été : un simple bureau d'information, un supplétif des organismes sociaux défaillants, la seconde était soumise à la réalisation d’un contrat d’objectif incompatible avec l’autonomie de la CIP.

La Ville finance des projets coûteux et élitistes tels le 104 rue d’Aubervilliers ou la future Halle Pajol. Paris a les moyens de concéder aux précaires des lieux d’organisation et d’activités.

Empêchons la mise à mort de cette expérience de mise en commun, de fabrication et de partage de ressources.

DANS CETTE VILLE DE RICHES OÙ VIVENT TANT DE PAUVRES, NOUS AVONS BESOIN DE LIEUX POUR HABITER LE MONDE

ICI OU AILLEURS, LE 14 QUAI DE CHARENTE DOIT VIVRE !

PAS D’EXPULSION SANS UN RELOGEMENT QUI PERMETTE LE MAINTIEN ET LE DÉVELOPPEMENT DES ACTIVITÉS EN COURS



 

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 20:27


Mon principal moyen d’expression électronique est mon blog personnel.

 

Ce blog personnel, c’est une auto définition, est un média d’information générale relatif à des questions internationales et à des questions de politique intérieure française. Dans les questions internationales, il y a les questions de solidarité internationale. Dans les questions de solidarité internationale, il y a la solidarité pour la Palestine. Pour des raisons de temps, si vous consultez mon blog personnel, vous trouverez une moyenne de deux messages par jour, une moyenne de soixante messages par mois. Parmi tous ces messages, vous trouverez une moyenne d’une dizaine de messages pour la Palestine.

 

Il y a au moins une dizaine de sites d’information et de solidarité pour la Palestine, dont les meilleurs et les plus importants sont les sites officiels palestiniens, et quand on consulte ces sites on trouve une dizaine de messages par jour, plusieurs milliers de messages par mois, cette quantité est très nettement supérieure à toute capacité de lecture et de diffusion personnelle.

 

Dans la dernière période, je choisissais en particulier la diffusion des messages relatifs au rapport Goldstone.

En effet, de mon point de vue, l’existence et la publicité pour ce rapport me semblait particulièrement importante pour plusieurs raisons.

 

Premièrement, il pose la question de l’ONU, des relations entre l’ONU et Israël, de la non application des résolutions de l’ONU par Israël.

 

Deuxièmement, je me souviens des premières réactions il y a plusieurs mois au moment de la désignation de Goldstone par Ban Ki Moon comme président de la commission d’enquête selon lesquelles la nomination d’un sioniste, d’un juge israélien d’origine sud africaine comme président de la commission d’enquête était un scandale. Et pourtant, il faisait son rapport.

 

Enfin, la principale raison est la suivante et les medias n’en parlaient pas. Le premier passage du rapport Goldstone devant le comité des droits de l’homme de l’ONU et la demande de refus et de report de l’examen du rapport par l’autorité palestinienne intervenait une semaine après la conclusion d’un accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas, ils prévoyaient la signature de cet accord le 15 octobre et la capitulation de l’autorité palestinienne à Genève provoquait la rupture de cet accord.

 

Il y a la question des convois pour Gaza, il y a la question de la double infiltration du mouvement de solidarité pour la Palestine en France par les sionistes et par l’extrême droite, il y a certainement beaucoup d’autres questions mais, de mon point de vue, ce sont des questions secondaires.

 

C’est un point de vue totalement personnel et subjectif, donc totalement contestable.

 

Bernard Fischer

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