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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 20:28

http://www.europalestine.com/spip.php?article4367


Vote historique des syndicats britanniques en faveur du boycott d’Israël

Dans une décision historique, les syndicats britanniques ont voté à une écrasante majorité la décision de mettre en œuvre un mouvement de masse pour boycotter, désinvestir et sanctionner Israël jusqu’à l’obtention d’un accord négocié fondé sur la justice pour les Palestiniens.

Communiqué du 17 septembre 2009

"La motion a été votée lors du TUC (Trade Union Congress) au Congrès Annuel 2009 de Liverpool ce jeudi, par des syndicats représentants 6,5 millions de travailleurs anglais.

Hugh Lanning, président de la Campagne de Solidarité avec la Palestine, a déclaré : « Cette motion est le point culminant des motions passées dans les congrès syndicaux cette année, à la suite des violences lors de la guerre sauvage d’Isarël contre Gaza, et reflète la montée massive du soutien en faveur des droits des Palestiniens. Nous avons travaillé avec les TUC pour développer une campagne massive de boycott des produits israéliens, en particulier les produits agricoles qui sont produits dans les colonies israéliennes illégales, dans la Cisjordanie palestinienne ».

De plus, la motion engage le Conseil Général des TUC à faire pression sur le gouvernement britannique pour qu’il mette un terme aux ventes d’armes à Israël, et qu’il soutienne les mouvements pour la suspension des accords économiques entre l’Europe et Israël. Les syndicats ont aussi encouragé le désinvestissement des entreprises qui profitent des 42 ans d’occupation israélienne à Gaza et en Cisjordanie.

La motion a été présentée par l’Union des Compagnies de Pompiers. Les syndicats les plus importants de Grande-Bretagne, dont Unite, le syndicat du secteur public, et UNISON, qui représente les travailleurs des services de santé, ont voté en faveur de la motion.

La motion a également condamné les déclarations de l’Hisradrut, le syndicat israélien, qui soutient la guerre d’Israël contre Gaza qui a tué 1450 Palestiniens en trois semaines, et a appelé les TUC à revoir leurs relations avec l’Histadrut.

Les syndicats britanniques rejoignent ainsi ceux d’Afrique du Sud et d’Irlande dans leur vote pour qu’une campagne massive de boycott soit utilisée comme outil capable de ramener Israël dans la droite ligne du droit international, et l’obliger à respecter les résolutions de l’ONU qui encouragent justice et égalité pour le peuple palestinien."





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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 20:18

http://europalestine.com/spip.php?article4371


Afghanistan : la justice tranche en faveur de la liberté d’expression politique

Les juges de la dix septième chambre correctionnelle de Paris ont rendu jeudi un jugement déboutant le ministère de la Défense, qui attaquait l’association CAPJPO-EuroPalestine pour ses articles sur l’Afghanistan.

Me Antoine Comte, avocat de la défense, se félicite de cette décision de justice qu’il qualifie de "grande avancée pour la liberté d’expression politique".

Les juges ont en effet rejeté l’ensemble des accusations portées contre notre association, faisant valoir que nous avions exprimé "des opinions légitimes dans un contexte de débat politque d’intérêt général".

Considérant l’accusation d’"apologie de crimes de guerres", le jugement souligne que "Le contexte, comme notamment le titre et la fin de l’article (incriminé ndlr), permettent clairement de comprendre que son auteur ne souhaite nullement en réalité « la multiplication des embuscades » ni ne les justifie. En effet, la prévenue déplore qu’il ait fallu attendre la mort de soldats français pour que « la presse française, honteusement silencieuse sur cette guerre » précédemment, amorce « un léger changement de ton » et commence à expliquer que « le peuple afghan supporte de moins en moins l’occupation militaire de son pays ». Elle précise avec une ironie certes provocatrice, que ces embuscades ne seraient souhaitables que « de ce point de vue » à savoir « si elles aident à l’éveil des consciences et de la mobilisation, ici en France, contre la sale guerre ».

Le texte se termine par une exhortation explicite en faveur du départ des troupes d’Afghanistan, ce qui confirme que la prévenue ne souhaite aucunement que les embuscades s’y perpétuent.

Il en est de même du passage contenu dans l’article de 22 août 2008 : « En fait de lutte contre le terrorisme, nos gouvernements font tout, en semant la terreur, pour qu’elle se développe dans le monde entier. Et si des attentats se produisent ensuite ici, en France, nous saurons qui remercier ».

L’auteur ne justifie ici aucun acte terroriste, au contraire, la prévenue dénonce les « mensonges sur la nécessité d’envoyer des troupes en Afghanistan » et la politique des gouvernements qui, en fait selon elle, ne lutte pas contre le terrorisme, mais provoquerait plutôt à sa propagation dans le monde et en France.

Ainsi l’infraction n’apparaît pas constituée.

Sur le "délit d’injures", invoqué par Hervé Morin, ministre de la défense, les attendus du jugement indiquent :

"Ni l’expression « sale métier » contenue dans le titre de l’article du 20 août 2008, ni la phrase selon laquelle les « pilotes de nos Mirage sèment la mort sans prendre de risques depuis des années déjà » ne sont injurieuses envers les armées de la France. Contrairement à ce qu’il est soutenu en défense, cette dernière phrase ne contient pas l’imputation de faits précis diffamatoires, mais ces propos ne doivent s’analyser que comme l’expression d’une contestation très vive de la politique française en Afghanistan. La prévenue a en effet expliqué tant aux enquêteurs qu’à l’audience ses convictions et prises de position, particulièrement fermes à cet égard, indiquant notamment qu’elle déplorait qu’on forme des soldats pour « larguer des bombes sur des populations qui ne nous ont rien fait » au lieu de « défendre le territoire national », ce qui devrait, de son point de vue, être la seule fonction de
l’armée.

Les termes « sinon semer le chaos faire marcher le commerce des armes » ne sont également que l’expression de cette opinion générale antimilitariste. L’auteur indique juste auparavant que « personne (…) n’a réussi à expliquer ce qu’allaient faire les troupes françaises en Afghanistan », ce qui selon la prévenue, se comprendrait puisqu’il n’y aurait justement aucune justification valable à cette présence.

Si la présidente de l’association a ainsi exprimé son point de vue en termes vifs, elle n’a cependant pas excédé, en l’espèce, les limites autorisées de la liberté d’expression consacrée par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales, d’autant que les propos s’inscrivent dans un débat d’intérêt général sur l’engagement militaire français en Afghanistan et tendent à critiquer la politique gouvernementale – ce qui entre manifestement dans le champ du débat démocratique – sans s’attaquer à des personnes, ni même à l’armée en général."

Le lobby israélien, qui avait expréssément demandé au gouvernement d’engager des poursuites contre nous sur ce thème, a visiblement sous-estimé l’attachement aux valeurs démocratiques d’un nombre significatif de magistrats.



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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 20:07

http://www.liberation.fr/politiques/0101592093-hortefeux-n-est-pas-raciste-selon-georges-freche


«Hortefeux n'est pas raciste»… selon Georges Frêche

La semaine dernière, des propos du ministre de l'Intérieur relayés sur Internet avaient provoqué un tollé, la gauche dénonçant un dérapage raciste. Polémique «ridicule» pour le président de Languedoc-Roussillon.

Le président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche (ex-PS), vole au secours de Brice Hortefeux en estimant que le ministre de l'Intérieur «n'est pas raciste», dans un entretien samedi au quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France.

La polémique est «ridicule», balaie-t-il: «J'ai entendu ses propos et je n'y trouve rien d'extraordinaire. Aujourd'hui, on demande à tous les hommes politiques de faire de la langue de bois sous peine d'être cloué au pilori. Hortefeux n'est pas raciste!»

La semaine dernière, des propos de Brice Hortefeux –«Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes»- relayés sur Internet ont provoqué un tollé, la gauche dénonçant un dérapage raciste. Une phrase prononcée alors qu'il posait avec un militant UMP de père algérien, lors du camp d’été du parti présidentiel à Seignosse.

Georges Frêche avait, lui, été exclu du PS en janvier 2007 après des propos controversés sur le nombre de joueurs noirs en équipe de France de football et sur les harkis.

(Source AFP)




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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 18:07

Contre l’isolement et l’orientation traître des directions syndicales, les travailleurs en lutte doivent se coordonner au niveau national !

Petite « reprise » ne rime pas avec sortie de crise !

Le PIB (Produit Intérieur Brut) des pays de l’OCDE (pays développés) s’est stabilisé au deuxième trimestre par rapport au premier. Il n’en a pas fallu davantage pour que les politiciens et les médias tentent de nous faire croire que la crise touchait à sa fin ! Mais il n’en est rien : les chiffres du deuxième trimestre s’expliquent principalement par l’énorme effort budgétaire des États, qui ont renfloué au maximum les banques et les entreprises pour enrayer la chute de l’activité. Cela a permis aux grands groupes de limiter les pertes, mais aussi de donner des bonus et des primes à leurs patrons et à leurs plus hauts cadres. Mais ces résultats à court terme, qui n’ont d’ailleurs pas empêché plusieurs millions de licenciements dans le monde, ne sauraient cacher la montagne de dettes publiques qu’ils ont coûtée… et dont la note sera de toute façon, tôt ou tard, payée par les travailleurs.

De plus, la politique de sauvetage du système financier a des limites : les banques centrales, malgré des taux d’intérêt proches de zéro et une très forte injection de liquidités, n’arrivent pas à entraver le spectre de la déflation (baisse des prix), manifeste au Japon (qui a déjà connu la déflation dans les années 1990). Les liquidités injectées n’ont pas relancé le crédit (les banques utilisent les liquidités de la Banque centrale pour éponger leur dette, ce qui limite l’offre, et les entreprises font face à leur problème structurel de rentabilité, ce qui limite la demande). Les investissements ne sont donc pas réellement repartis à la hausse et tout le monde s’accorde pour pronostiquer une persistance, voire une aggravation des taux de chômage, qui ont fortement augmenté partout dans le monde depuis plus d’un an.

Cela démontre l’incapacité des politiques keynésiennes de relance (budgétaire et monétaire). En voulant substituer la dette publique à la dette privée (cette substitution ne pouvant de toute façon pas être totale vu l’ampleur de l’endettement privé), les politiques de « relance » ne font que prolonger la fuite en avant, faire naître d’autres bulles (ce qui se manifeste aujourd’hui par une remontée de la bourse, mais aussi une nouvelle bulle sur certaines matières premières), qui préparent des crises encore plus grandes. Car il n’y a pas d’autre solution que d’épurer la dette globale.

Dans cette situation, deux scénarios sont possibles : le plus probable est que les États seront contraints d’augmenter les impôts et de faire payer les travailleurs pour rembourser la dette (ce qui aura un effet récessif prolongé, en plombant la consommation). L’autre scénario, si la fuite en avant se poursuit trop longtemps, c’est le spectre de l’hyperinflation (hausse des prix), seule solution pour des États superendettés d’éviter la faillite (mais il est possible que les plus faibles d’entre eux s’effondrent malgré tout). Cette hyper-inflation éliminerait la dette publique, mais avec des conséquences incontrôlables (comme l’explosion du coût des importations)… Deux scénarios qui, dans tous les cas, rendent impossible une sortie de crise rapide.

Partout dans le monde, une « thérapie de choc » pour faire payer la crise aux travailleurs

Il n’y a pas de bonne solution pour les travailleurs dans le cadre du capitalisme. Le 30 juillet, une étude Natixis dirigée par Patrick Artus, a dit clairement les choses, de façon involontairement cynique : « Cet ajustement (baisse du PIB inévitable) peut se faire soit de manière inégalitaire : le taux de chômage monte énormément et les salariés qui gardent leur emploi n’ont pas de baisse de salaire ; soit de manière égalitaire, en baissant les salaires de tous en proportion de la baisse du PIB, de manière négociée, en contrepartie de créations d’emplois. » Les travailleurs seront donc de toute façon mangés, que ce soit à la sauce du chômage ou à celle de la déflation salariale — probablement en fait avec une combinaison des deux.

C’est ce que l’on peut d’ores et déjà constater aux États-Unis. Au deuxième trimestre, la production a baissé d’1,7% par rapport au premier, mais le nombre d’heures travaillées de 7,6%, ce qui signifie une hausse de la productivité du travail de 6,4%. Cela s’explique non seulement par un plus grand nombre de licenciements et de suppressions d’emplois dans les secteurs à forte main-d’oeuvre (et productivité moindre), comme le bâtiment frappé de plein fouet par la crise du crédit, mais aussi par une forte intensification du travail, imposée aux travailleurs sous la pression du chômage. Cette hausse de la productivité est allée intégralement dans la poche des patrons puisque les salaires ont augmenté de seulement 0,2%. Compte tenu de l’inflation, cela signifie que le revenu réel des salariés occupés a baissé d’1,1%. Voilà la signification de la « reprise » : une forte accentuation du degré d’exploitation et un
appauvrissement absolu du prolétariat !

En Allemagne, les licenciements de masse ont été jusqu’à présent évités, grâce aux mesures de réduction du temps de travail et de chômage partiel, lequel touchait 1,4 million de salariés en mai dernier (contre 180 000 en France). Mais cela ne peut durer qu’un temps. Malgré la stabilisation du deuxième trimestre, le PIB de 2009 sera en baisse d’environ 6% par rapport à celui de l’an passé, la production industrielle ayant même un niveau de 25% inférieur. De plus, l’effet du plan de relance de 80 milliards d’euros sur deux ans ne suffira pas à pallier la baisse de la consommation américaine et donc la chute des exportations, secteur moteur de l’économie allemande (47% du PIB, contre 27% en France). C’est pourquoi un rapport intitulé « Propositions pour une politique industrielle durable », commandité par le ministre allemand de l’Économie, énonce des mesures brutales que les patrons exigent pour faire face à la crise : « soulagement fiscal des entreprises », « réduction des coûts salariaux » et « flexibilité accrue du marché du travail », réduction de la protection vis-à-vis des licenciements, réduction du versement du salaire en cas de maladie et abandon des propositions de salaire minimum garanti… C’est cette politique que devra mettre en oeuvre, d’une façon ou d’une autre, le gouvernement qui sortira des législatives du 20 septembre, qu’il soit une nouvelle mouture de la coalition CDU-SPD ou que celle-ci vole en éclats. Cela ne fera d’ailleurs que prolonger et aggraver les attaques subies par les travailleurs : depuis dix ans, et « grâce » principalement au gouvernement social-démocrate de Schröder, les salaires ont été bloqués et les inégalités ont explosé. Entre 1998 et 2008, les coûts salariaux unitaires ont progressé de 4,4% (contre 19% en moyenne dans la zone euro). La part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de 4,1 points entre 2000 et 2007 (contre 0,8% en France sur la même période).

Partout dans le monde, la crise révèle mieux encore que les périodes de croissance l’absurdité du système capitaliste : les moyens de production inutilisés et la masse de chômeurs permettraient de produire rationnellement pour la satisfaction des besoins de tous, mais la logique de la rentabilité capitaliste s’impose aujourd’hui comme une « thérapie de choc » internationale pour sauver le système, aux dépens des conditions de travail et de vie des travailleurs. Dans le même temps, les guerres et occupations néocoloniales de l’impérialisme se poursuivent (Irak, Afghanistan, Afrique…) et, en organisant un coup d’État au Honduras, l’impérialisme nord-américain répond à la fragilisation de son hégémonie internationale en accroissant tout particulièrement sa pression contre les peuples d’Amérique latine… Tout cela ne peut que renforcer les raisons de combattre pour en finir avec ce système inhumain…

La situation en France

En France, le chômage partiel dans l’automobile est en recul (avec même, dans certains cas comme chez PSA Mulhouse, un retour de la surexploitation par des semaines à rallonge), mais les licenciements d’intérimaires et ceux liés aux fermetures d’entreprises continuent. Profitant de la défaite des mobilisations du premier semestre, qui l’ont renforcé politiquement, le gouvernement a fait passer ou annoncé cet été de nouvelles attaques : adoption définitive de la loi Bachelot contre l’hôpital public et de la loi de mobilité dans la Fonction publique qui autorise les licenciements, extension du travail du dimanche (sans compensation dans les zones touristiques), régionalisation du financement de la formation professionnelle publique (étape vers sa privatisation), transformation de la poste en société anonyme dès le 1er janvier 2010 (préalable là aussi à sa privatisation pure et simple), préparation d’une « taxe carbone »
pesant avant tout sur les ménages populaires, projet de supprimer le droit de partir à la retraite à 60 ans et, pour les femmes, mise en cause des droits à une retraite anticipée dus à la maternité…

En même temps, le gouvernement mène tambour battant sa politique répressive contre celles et ceux qui résistent à sa politique : emprisonnement de Gérard Jodar, président de l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités) et poursuites contre 27 autres syndicalistes de l’USTKE engagés dans un conflit contre la compagnie aérienne Aircal et qui s’étaient réfugiés le 28 juin dans deux avions sur l’aérodrome de Nouméa pour se protéger d’une charge policière (cf. ci-dessous notre article sur la Kanaky) ; licenciements d’électriciens et gaziers grévistes ; condamnation collective (sans la moindre preuve individuelle) de six salariés de Continental accusés d’avoir saccagé la sous-préfecture de Compiègne ; procès contre de nombreux autres syndicalistes, travailleurs et jeunes mobilisés au printemps ; multiples attaques et provocations contre les habitants des quartiers populaires, notamment les jeunes… Le gouvernement cherche même à utiliser la grippe A pour renforcer le pouvoir patronal : une circulaire terrifiante indique qu’en cas de passage en phase 5B ou 6 de la pandémie, l’employeur pourrait « adapter l’organisation de son entreprise et le travail des salarié ». Le volume horaire de travail ou le nombre de tâches à effectuer pourrait, par exemple, augmenter « par décision unilatérale de l’employeur ». Et de préciser entre parenthèses que « le refus du salarié, sauf s’il est protégé, constitue une faute pouvant justifier le licenciement ». Circulaire manifestement en contradiction avec le droit du travail actuel, mais qui indique clairement vers quoi on se dirige…

Du côté des travailleurs, le besoin et la volonté de résister se heurtent au bilan du premier semestre : le puissant cycle de luttes, porté par une mobilisation de masse dès le 29 janvier et par le souffle de la grève générale antillaise, a débouché sur une nouvelle série de défaites, due avant tout à la stratégie de trahison des directions syndicales (cf. nos articles de bilan dans le précédent numéro). Cela pèse fortement sur le moral des travailleurs, tout particulièrement dans le secteur public ou semi-public qui composait encore la grande majorité des cortèges en début d’année, et il est peu probable que cet automne soit marqué par des mobilisations comparables. En revanche, on peut pronostiquer que les luttes de travailleurs du privé contre les licenciements vont se poursuivre : l’entrée en lutte du prolétariat industriel en réponse à la crise, qui a été l’un des traits marquants du premier semestre, peut devenir désormais centrale dans la lutte de classe en France. Pour les militants du mouvement ouvrier, la tâche principale est de contribuer à ces luttes et d’aider à leur coordination nationale. Les directions syndicales persistent et signent dans leur refus d’affronter patronat et gouvernement

Cela s’oppose frontalement à l’orientation des directions syndicales (liées les unes au PS bourgeois, les autres aux réformistes sans avenir du PCF ou du PG) : elles ont laissé ces luttes isolées les unes des autres depuis le début de l’année, boycotté la manifestation appelée par les travailleurs de New Fabris le 31 juillet à Châtellerault, refusé de soutenir les travailleurs de Continental poursuivis devant les tribunaux…

Les bureaucrates syndicaux assument d’ailleurs clairement leur politique. Pour François Chérèque (CFDT), la convergence des luttes n’est ni possible, ni souhaitable : « Entre l’enseignant qui fait sa rentrée dans une classe surchargée, l’infirmière qui va devoir gérer une épidémie de grippe A et des salariés qui se retrouvent en chômage partiel, qu’est-ce qui est unificateur ? »

La direction de la CGT est sur la même longueur d’ondes : Maurad Rhabi, bras droit de Thibault, a déclaré dans Le Parisien du 25-26 juillet : « Il n’y aura pas de grève générale. Le grand soir, c’est dans les livres. » Mohamed Oussedik, un autre bureaucrate de la CGT, a affirmé que la généralisation des luttes est contraire à l’intérêt des salariés. Quant à Thibault, il a affiché sa complicité avec Chérèque à l’université d’été de la CFDT et les deux confédérations appellent ensemble à la prétendue journée de mobilisation internationale, sans appel à la grève, organisée le 7 octobre par la CSI (Confédération syndicale Internationale) pour le « travail décent »… et la collaboration des travailleurs à la « bonne gouvernance » des États et des patrons.

Quant à la direction de FO, elle propose d’appeler à une « grève inter professionnelle de 24 heures », mais, en l’absence de perspective, sans volonté de rompre avec le gouvernement et de l’affronter, sans plan pour aller jusqu’au bout par la construction d’un mouvement d’ensemble débouchant sur une véritable grève générale, sans le moindre effort pour coordonner les luttes à tous les niveaux… on ne peut que retomber dans la logique des « journées d’action » espacées qui, au premier semestre, ont fait une fois de plus la preuve de leur inefficacité. Au demeurant, contrairement au début de l’année, l’unité des directions syndicales n’est plus qu’une fiction aujourd’hui.

Cependant, cette politique des bureaucrates comporte un risque majeur : comme l’écrit Le Monde, « sans perspective claire de mobilisation nationale, les syndicats sont confrontés au même défi que le gouvernement : le risque d’embrasement d’un conflit local ». C’est d’autant plus vrai que les directions syndicales ont grillé une de leurs cartouches essentielles en décrédibilisant leur propre tactique des journées d’action espacées et auraient donc plus de mal que naguère à canaliser par ce biais dans un cadre traditionnel une explosion sociale de niveau national. En outre, leur politique se heurte à une résistance et à une colère croissantes à la base des syndicats : Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental à Clairoix, en est devenu le symbole médiatique en dénonçant à la radio l’orientation de Thibault et en le traitant de « racaille ». Mais surtout, de nombreuses prises de position de syndicats locaux de la CGT en faveur de la convergence des luttes et d’un mouvement d’ensemble coordonné montrent que la montée en puissance d’une contestation radicale des directions syndicales est à l’ordre du jour.

Pour les révolutionnaires et les diverses organisations qui se réclament de l’anticapitalisme, l’intervention immédiate dans la lutte de classe se concentre sur une double tâche prioritaire :

Coordonnons et centralisons les luttes contre le patronat et le gouvernement !

Comme l’explique à juste titre la direction du NPA, il s’agit d’abord d’aider les travailleurs à coordonner leurs luttes contre les licenciements, en soutenant toutes les initiatives allant en ce sens (comme le comité de résistance ouvrière de la Meuse, la manifestation appelée par les New Fabris le 31 juillet, la rencontre d’équipes syndicales combatives à Blanquefort le 5 septembre…) et en investissant les cadres qui peuvent y contribuer (telle la manifestation nationale du 17 septembre, certes appelée par les fédérations CGT de la métallurgie, de la chimie et du textile sans base revendicative claire et sans volonté d’impulser une mobilisation de masse, mais dont se sont immédiatement saisis les collectifs de travailleurs des principales entreprises en lutte). Il est juste également de préparer les marches régionales appelées par les états généraux contre le chômage et la précarité et de constituer partout des «
collectifs de préparation », comme le propose la direction du NPA.

Mais il faut aller plus loin en continuant à combattre pour une manifestation nationale contre les licenciements — objectif défendu au premier semestre par des organisations comme le POI et le NPA, mais dont la direction du NPA ne parle plus ni dans ses notes de rentrée, ni dans son projet de résolution pour le Collectif politique national (CPN) des 19-20 septembre, ni dans le journal Tout est à nous !

Pourtant, nous ne pouvons en aucun cas nous contenter de l’appel aux marches régionales contre le chômage et la précarité, même s’il reçoit beaucoup de signatures d’organisations. Nous ne pouvons pas non plus nous contenter de « collectifs de préparation » qui se réduiraient aux représentants de ces organisations. Nous devons au contraire concentrer tous nos efforts pour construire des collectifs de lutte en priorité dans les entreprises, qui développeraient l’auto-organisation des travailleurs et se fédéreraient en un véritable collectif national contre les licenciements. Celui-ci rassemblerait les délégués des entreprises en lutte, intégrant les syndicats combatifs, et pourrait élaborer une orientation alternative à celle des directions syndicales. Il aurait alors la légitimité pour appeler à la manifestation nationale contre les licenciements, non comme une nouvelle « journée d’action », mais comme une véritable
initiative politique permettant d’affronter le patronat et le gouvernement en centralisant les luttes actuellement dispersées. Cela contribuerait de façon décisive à faire avancer les conditions d’une nouvelle montée des luttes qui remettrait à l’ordre du jour la grève générale.

Construisons enfin le courant intersyndical de lutte de classe dont nous avons besoin pour affronter les bureaucrates dans nos syndicats !

De manière indissociable, il faut constituer enfin un courant organisé dans les syndicats, capable d’agréger les militants et équipes qui agissent avec une orientation de lutte de classe, incluant le combat contre l’orientation des bureaucrates, pour la réappropriation des syndicats par les travailleurs. Un tel courant intersyndical, qui défendrait ses positions dans les AG et les instances des syndicats (tout en combattant pour la démocratie ouvrière en leur sein), ne saurait être une émanation pure et simple de telle ou telle organisation politique d’extrême gauche, mais devrait regrouper les militants et équipes de lutte de classe au-delà des différentes sensibilités politiques.

L’objectif d’un tel courant, défendu depuis plusieurs années par certaines organisations, a été adopté également au congrès de fondation du NPA (et avant par la LCR) et des militants en expriment ouvertement l’impérieux besoin, mais un certain nombre de ses dirigeants et cadres renâclent, comme on a pu le constater aux réunions de l’université d’été où cette question a été abordée… Les uns craignent une répression de la part des bureaucrates, alors que l’isolement et la dispersion des militants lutte de classe constituent en fait le plus grand facteur de risque à cet égard, si du moins on ne se résout pas à faire profil bas... D’autres avancent des soucis tactiques en considérant que les conditions ne seraient pas encore mûres et qu’il faudrait attendre indéfiniment l’émergence spontanée de structures radicales… Mais, à l’heure où les luttes du prolétariat industriel réapparaissent à un niveau significatif, au moment où les directions syndicales sont de plus en plus contestées par les militants et travailleurs combatifs, il serait irresponsable de continuer à tergiverser. Quel que soit leur syndicat, des centaines de militants syndicaux membres du NPA et d’autres organisations politiques, comme d’autres centaines de syndicalistes combatifs (certes souvent minoritaires dans leur structure), attendent une initiative forte pour lancer rapidement, sous une forme ou sous une autre, ce courant intersyndical de lutte de classe : ce sera un instrument décisif pour aider à la coordination des militants, des équipes et des travailleurs en lutte.

Gaston Lefranc et Ludovic Wolfgang

http://tendanceclaire.npa.free.fr



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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 19:14

http://fr.news.yahoo.com/4/20090917/tts-france-automobile-ca02f96.html


Manifestation de salariés de l'automobile devant la Bourse (Reuters)

Plusieurs milliers de salariés de la filière automobile ont exprimé leur exaspération devant les plans sociaux et le chômage partiel lors d'une manifestation devant l'ancienne Bourse de Paris.

Quelques dizaines de manifestants ont pénétré symboliquement dans l'enceinte du palais Brongniart, "symbole des actionnaires et du monde de la finance", pour y taguer des murs.

Venus pour la plupart d'entreprises "en lutte", à l'appel de syndicats CGT locaux, les manifestants étaient au nombre de 6.000, selon les organisateurs et de 2.700 selon la police.

"On en a ras-le-bol ! La classe ouvrière en a assez de s'en prendre plein les dents", a dit Xavier Mathieu, délégué CGT de l'entreprise Continental, devenue emblématique des mouvements de révolte de ces derniers mois face aux plans sociaux.

Outre les "Conti", le cortège comptait dans ses rangs des salariés de Renault, Goodyear, Michelin ou New Fabris, notamment.

Des participants ont assuré que cette mobilisation avait été imposée par la base, insatisfaite de la stratégie des confédérations syndicales.

"C'est une lutte de 'rouges' qui veulent une autre alternative syndicale, on a l'impression que personne ne nous aide", a dit à Reuters Manu Georget, délégué syndical d'EGP à Dreux (Eure-et-Loir), filiale de Philips.

Présent au passage du cortège, Olivier Besancenot, le leader du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), a vu dans la "première manifestation nationale" de ce type la convergence des luttes locales menées depuis le début de la crise.

"Nicolas Sarkozy, sa seule force depuis le départ, c'est diviser pour mieux régner, donc la seule réponse c'est l'unité de tous les secteurs du monde du travail", a-t-il dit aux journalistes.

"DURETÉ DES TEMPS"

Dénonçant les subventions accordées "aux gens qui se sont enrichis sur le dos de la crise", le dirigeant d'extrême gauche a estimé que les salariés de l'automobile étaient "pris pour des yo-yo", passant "du chômage partiel imposé aux heures supplémentaires imposées".

Xavier Reynauld, délégué syndical de Renault Le Mans, a réfuté l'idée selon laquelle cette manifestation était dirigée contre la direction de la CGT.

"Cette initiative a été lancée par la CGT depuis le début de l'année, ça fait un moment que nous y travaillons", a-t-il dit tandis que les manifestants scandaient "tous ensemble" ou fustigeaient les "patrons-voyous."

Xavier Reynauld a souligné que 150.000 emplois avaient été supprimés dans la filière automobile, dont 9.000 chez Renault.

De nombreux manifestants ont dénoncé une volonté de criminaliser l'action syndicale après la récente condamnation de six ouvriers de Continental pour le saccage de la préfecture de Compiègne, dans l'Oise.

D'autres manifestants ont évoqué les suicides chez Renault, au moment où France Télécom est confronté à une vague de 23 suicides depuis février 2008.

Le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, la chef de file des Verts, Cécile Duflot, le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, et le député PS Arnaud Montebourg ont défilé aux côtés des salariés marchant au son de tambours.




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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 19:03

http://www.frontsyndical-classe.org/article-36112270.html


"Tout d’abord je tiens à remercier les Amis de l’Humanité de nous avoir offert cette tribune pour parler de la lutte des 1120 travailleurs de Continental-Clairoix.

Cette lutte, démarrée le 11 mars dernier, n’est aujourd’hui malheureusement toujours pas terminée. Elle a pris un nouvel élan avec la condamnation de 6 d’entre nous par le tribunal de Compiègne à de lourdes peines. Cette condamnation infamante, qui vise à présenter comme des voyous les travailleurs qui défendent leur droit à la vie, est une basse vengeance de la part du gouvernement et de l’Etat pour les reculs que les travailleurs de Continental en lutte leur ont imposé, à eux et à nos patrons. Mais ce jugement est aussi une menace contre l’ensemble du mouvement ouvrier, ses militants et les travailleurs dans les manifestations et grèves du futur. En effet, ce jugement réinstaure la loi anticasseurs abrogée en 1981. En effet, alors qu’il y avait présents plusieurs centaines de manifestants, on a pris 6 salariés désignés par la direction de Continental, pour leur faire supporter, à eux six, l’ensemble des dégâts, évalués de façon totalement fantaisiste pour aboutir à des sommes considérables.

Nous savons que le public de la fête de l’Humanité, militants ou sympathisants communistes, militants ou sympathisants de gauche ou d’extrême gauche, syndicalistes, comprendront que ce combat contre la répression anti-ouvrière est notre combat commun et qu’il va falloir le mener ensemble au coude à coude. Il en va des droits des travailleurs et de la garantie des libertés publiques pour les luttes d’aujourd’hui et de demain.

Et je voudrais aussi en profiter pour faire en préalable une mise au point par rapport aux polémiques publiques, parfois vives et rudes, qui ont pu être rapportées ici ou là. Notre combat contre les licenciements est et a été un combat dur, où dès le départ nous avons eu à affronter les attaques d’un groupe très puissant, la multinationale Continental, 150 000 salariés dans le monde, avec à ses côtés le gouvernement, l’Etat, la justice, en France et en Allemagne. Nous avons pu bénéficier du soutien et de la sympathie de très nombreux travailleurs dans le pays. Nous avons eu également le soutien et l’appui de nombreux élus locaux communistes, socialistes, de gauche ou simplement attachés à la cause de notre combat. Et, face à la répression et au procès que voulait nous faire l’Etat, tous les partis de gauche et d’extrême gauche ont répondu présents quand nous les avons sollicités, en nous apportant leur soutien
public par la voix ou la présence de leurs dirigeants nationaux : parti communiste, parti socialiste, Lutte Ouvrière, NPA, parti de gauche et enfin les Verts. Et je peux vous dire que tous les travailleurs rassemblés dans nos assemblées générales et nos manifestations ont été très sensibles à ce soutien. Ce qui a été insupportable pour les 1120 travailleurs et tous les militants syndicaux des cinq confédérations syndicales représentées dans l’usine, c’est l’absence de réponse et le silence absolu de l’ensemble des dirigeants des confédérations CGT-CFDT-FO-CFTC-CFE-CGC à l’appel pressant que nous leur avions fait et refait par écrit. Et cela, alors que plusieurs d’entre nous risquaient, et risquent toujours dans l’appel que nous avons introduit, des peines de plusieurs années de prison ferme. Ce silence est d’autant plus incompréhensible et injustifiable que, de leur côté, les syndicats allemands, dont IG-BCE regroupant plus d’un million de syndiqués, nous ont apporté leur soutien constant, ce qui a été décisif dans l’issue de notre combat. Et cela malgré leurs divergences avec certaines de nos actions, y compris ce qui s’était passé à la sous-préfecture de Compiègne.

Voilà ce qui peut expliquer les tensions du passé. Ce que nous espérons, c’est que le rassemblement pour la défense des droits ouvriers et des libertés publiques pourra se mener, cette fois avec les confédérations syndicales, en plus des partis de gauche et des associations attachées aux libertés. Nous leur avons demandé une nouvelle fois, nous espérons encore une réponse positive.

Si la lutte des 1120 travailleurs de Continental a fait la une de l’actualité pendant plus de quatre mois, si des centaines de milliers de travailleurs dans le pays et au-delà l’ont suivie avec sympathie, c’est qu’il ne s’est pas passé de semaines sans que nous soyons mobilisés massivement, toujours à plus de 500, souvent à 800 et même à plus de 1000, pour réclamer notre dû. Oui, je le dis sans avoir la grosse tête, mais parce que c’est la vérité, nous sommes fiers d’avoir relevé le gant et d’avoir montré que les travailleurs pouvaient et savaient se battre face aux agressions patronales. La lutte des travailleurs de Continental est malheureusement restée isolée. Pourtant nous savions que seule une lutte commune, nous rassemblant par dizaines de milliers, et même beaucoup plus, pourrait être en mesure de mettre en échec les plans patronaux en leur imposant par la force, le seul moyen réaliste, l’interdiction des
licenciement collectif et la réquisition de la fortune amassée par les actionnaires pour garantir le salaire et l’emploi de tous. A chaque fois, nous avons tout fait pour tendre la main aux autres travailleurs.

Malheureusement nous avons été réduits au bout du compte à nos seules forces et nous avons dû fixer les objectifs maximums qu’une lutte de 1120 travailleurs pouvait obtenir. Et ces objectifs nous les avons atteints, à cent pour cent, et de cela aussi, je dois vous le dire, nous sommes fiers : pour l’emploi, nous avons obtenu le maintien de tous les contrats de travail pendant 27 mois au-delà des dates de licenciements prévus dans le plan de la direction, jusqu’en 2012. C’est à dire que nous avons contraint la direction internationale de Continental à respecter les engagements qu’elle avait pris en 2007. Nous avons obtenu que les salariés de plus de cinquante et un ans demi, soient amenés à la retraite par des garanties spécifiques. Et enfin, ce qui a fait le plus de bruit, mais qui n’était pas à la une de nos revendications, nous avons obtenu au titre de l’indemnisation, en plus du doublement de l’indemnité
conventionnelle, une prime de 50 000 euros pour tous les salariés, y compris pour ceux embauchés le jour de l’annonce de la fermeture de l’usine. Ce qui fait une moyenne de 80 000 euros par salarié et jusqu’à 100 000 pour les ouvriers de fabrication les plus anciens et 150 000 euros pour les techniciens et la petite maîtrise.

Pour en arriver là il a fallu beaucoup de ténacité et l’unité sans faille du personnel. Nous sortions d’une situation difficile, faite de chantage permanent à l’emploi. Dans un climat de démoralisation où la CFTC majoritaire et la CFE-CGC avaient signé un accord de retour aux 40 heures, en abandonnant les 35 heures en échange de la garantie de l’emploi jusqu’en 2012.

A l’annonce de la fermeture, le personnel se sentant trahi et voulant se battre, il nous est revenu à nous, la CGT, pourtant jusque-là minoritaire, de nous retrouver à la tête de la lutte. Mais nous avons refusé d’en faire une bagarre de boutique, conscients qu’il fallait, pour avoir une chance de succès, veiller à rassembler les 1120 salariés de l’usine dans un combat commun, quelle que soit leur étiquette et leur catégorie.

D’ailleurs sans cette démocratie totale et permanente, sans imposer que notre combat soit le combat de tous, jamais nous n’aurions pu arriver là où nous sommes parvenus.

De mars à juillet il y eut une assemblée générale du personnel tous les jours. C’est là où toutes les décisions ont été prises devant 600 personnes au minimum et jusqu’à 800 et 900 personnes, soit à chaque fois la majorité des salariés de l’usine. La direction a tout fait pour briser cette unité, en vain. Elle a même fini par tenter le tout pour le tout en fermant l’usine par un lock-out à partir du 22 avril. Rien n’y a fait, les assemblées générales quotidiennes ont continué. Mais pour que pour cette lutte soit l’affaire de tous, pour la diriger, l’organiser, la mise sur pied d’un comité de lutte a été proposée, réunissant syndiqués et non-syndiqués, élus par l’assemblée générale et sous son contrôle, s’engageant à proposer des actions, soumises à l’approbation de cette même assemblée.

Ce comité de lutte a réuni plus de 80 personnes, dont la quasi-totalité des responsables des syndicats y compris les cadres. Et c’est ainsi, sous la direction incontestée du comité de lutte, qu’a été construit une unité syndicale sans faille, au grand désespoir de la direction et du gouvernement, même s’il y eut, comme c’est normal, des divergences tranchées démocratiquement par les assemblées du personnel.

Et c’est grâce à cette organisation qu’ont pu être mis sur pied toutes les manifestations en particulier les plus délicates et les plus éloignées. Je ne vais pas les énumérer ce serait fatiguant et sans intérêt aujourd’hui.

Plus de trente au total. Un des moments le plus fort est d’avoir décidé de tendre la main à nos camarades allemands, car la fermeture de l’usine de Stöcken, 800 salariés, près de Hanovre en Allemagne avait été annoncée en même temps que celle de Clairoix. Les syndicats allemands nous ont répondu d’accord pour une manifestation commune à Hanovre contre les licenciements. Ils ont maintenu leur accord malgré les incidents à la sous-préfecture de Compiègne. Et plus de mille travailleurs de Clairoix, avec des banderoles franco-allemandes se sont rendus là-bas par train spécial, pour rejoindre près de quatre mille manifestants qui nous attendaient à la gare et affirmer ensemble la solidarité internationale des travailleurs par delà les frontières artificielles que nos dirigeants essayent de dresser entre nous. Les syndicats allemands, leurs fédérations, et la confédération DGB étaient présents ce jour là, pour la première manifestation internationale de ce genre depuis Renault Wilvorde en 1996. Malheureusement, il y avait des absents de marque, les fédérations et confédérations françaises.

Quant au prétendu saccage de la sous-préfecture qui avait eu lieu deux jours avant, cette explosion spontanée de colère était due au refus de l’Etat de tenir ses engagements de mettre sur pied une négociation tripartite, Continental-Etat-salariés, et au jugement honteux du tribunal de Sarreguemines qui déboutait les salariés en déclarant que Continental avait le droit de violer les lois. Mais il aura fallu cette colère pour que, moins de deux heures après, le porte-parole du gouvernement annonce la mise sur pied de la négociation promise depuis six semaines.

Il aura fallu encore bien des manifestations pour arriver au but. En particulier il aura fallu que nous allions à près de 700 occuper l’autre usine française de Continental pour avoir le rendez-vous pour une négociation avec la direction internationale du groupe à Hanovre et pour que s’enclenche le processus des reculs. La négociation nous l’avons imposée avec un réel rapport de force et c’est pourquoi la direction de Continental a accepté de donner satisfaction à nos revendications.

Dans l’accord signé par les trois parties, il y avait l’engagement réciproque d’abandonner toutes les poursuites engagées les uns contre les autres. Malgré cela et les promesses solennelles du ministère de la Justice, la procureure a requis des peines sévères et l’Etat s’est porté partie civile en réclamant de sommes énormes, et cela au nom d’une responsabilité collective qui n’existe pas dans la loi.

Ce qui gène le gouvernement c’est que la lutte des Continental a montré à tous les travailleurs de ce pays que la lutte paye, à partir du moment où elle est menée démocratiquement et avec détermination. Ils voudraient faire un exemple. Eh bien nous leur avons montré que nous ne lâchions pas prise, malgré les vacances et six mois de lutte, nous étions encore plus de 600, lundi dernier à l’assemblée qui a décidé d’agir pour soutenir notre appel et participé massivement à la manifestation à la Bourse à Paris le 17 septembre.

Certains nous reprochent de ne pas nous être pas battus pour l’emploi. C’est un grossier mensonge, l’emploi nous l’avons protégé pour 27 mois et pour 1120 salariés. Bien des salariés des entreprises, même à forte implantation syndicale, voudraient bien avoir cette garantie écrite que personne ne soit licencié avant 27 mois en particulier les centaines de milliers d’intérimaires qui ont été jetés à la rue du jour au lendemain depuis des mois. Ce ne sont pas les militants du terrain, confrontés avec cette dure réalité, qui vont nous dire le contraire. Ils font ce qu’ils peuvent, comme on dit, avec les moyens du bord.

Pendant notre lutte Continental a fermé deux autres usines en France, Rambouillet et Asnières en région parisienne. Les travailleurs n’ont pratiquement rien eu. Je suis un militant syndical depuis bien longtemps, je sais que faire face aux agressions patronales c’est très dur, et encore plus quand il faut se battre contre les licenciements. Renault a pu fermer Billancourt, l’ancienne citadelle ouvrière et ses 25 000 salariés, fief de notre syndicat, sans pouvoir l’empêcher.

Pour sortir de l’impasse et empêcher les licenciements, je ne crois pas qu’on puisse l’obtenir en réclamant au patronat et au gouvernement Sarkozy une autre politique industrielle. Les patrons continueront à mener celle qui leur rapporte le plus, mais il faudra leur arracher par la lutte l’interdiction réelle de tous les licenciements collectifs. Pour y arriver, il nous faudra briser l’isolement dramatique des luttes entreprise par entreprise, secteur par secteur, il nous faudra être nombreux, très nombreux, réunis dans une lutte commune, avec la détermination de la mener jusqu’au bout, jusqu’à la victoire. Car le seul argument que nos patrons comprennent, c’est la trouille que nous pouvons leur inspirer. C’est bien pourquoi d’ailleurs, aux côtés d’autres travailleurs, en particulier ceux du secteur automobile, avec les camarades de Goodyear qui sont à l’origine de cette initiative, et qui y viendront très nombreux, nous participerons à plusieurs centaines à la manifestation du 17 avril à la Bourse contre les licenciements et contre la répression anti- ouvrière, et pour l’arrêt des poursuites contre les 6 condamnés de Continental. Nous espérons que beaucoup nous y rejoindrons.

Et il est bien évident que face à la situation difficile à laquelle nous sommes confrontés, nous appelons à la solidarité sous toutes ses formes, y compris la solidarité financière pour nous aider à faire face aux demandes exorbitantes de l’Etat. Merci d’avance.

Vive la lutte et la solidarité de tous les travailleurs"

Xavier Mathieu

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 18:44

http://www.comite-valmy.org/spip.php?breve129


C’est décidément plus fort que nous : il nous est difficile de rester sereins face à la prometteuse pandémie de ce début de vingt-et-unième siècle. Non que nous soyons vraiment inquiétés par la gravité annoncée de la maladie. Non que sa menace nous détourne le moins du monde de nos occupations ni même de nos préoccupations habituelles ou impromptues. C’est le doute qui petit à petit envahit notre esprit. Et s’il ne s’agissait là que d’une terrifiante intoxication planétaire orchestrée par la classe techno-scientiste, mosaïque puissante faite des ténors de la médecine officielle, des responsables de la « santé publique », de patrons avisés de laboratoires pharmaceutiques et de dirigeants politiques sous influence ou calculateurs ? Paranoïa ? Jugeons-en !

Le 7 juillet s’est tenue à l’OMS la réunion d’un groupe consultatif bondé de dirigeants de Baxter, Novartis et Sanofi, trois des principaux acteurs de « big pharma ». Ce groupe, probablement plus que simplement consultatif, a recommandé la vaccination obligatoire à l’automne prochain aux États-Unis, en Europe et dans nombre d’autres pays, contre le virus H1N1 de la « grippe porcine ». L’OMS refuse de communiquer le compte-rendu de cette importante réunion. Un porte-parole de l’Organisation affirme même qu’il n’en existe pas de procès-verbal quand on a pourtant décidé de programmer la vaccination quasiment pour le monde entier ! Comment cela est-il possible sans que les élus et les dirigeants des pays démocratiques au moins s’en étonnent ? Un procès-verbal est ici indispensable, non pour vérifier sur le papier la recommandation de l’OMS, mais pour connaître les arguments qui la motivent. Nous ne savons toujours pas si le virus dont on parle tant a réellement été isolé, dûment répertorié, est observable avec certitude au microscope.

Pourquoi tant de mystère ? Nous savons depuis longtemps qu’il est difficile – et peut-être impossible – de déterminer le bon arbitrage entre la recherche de l’intérêt général et la poursuite d’intérêts lucratifs particuliers. L’OMS est censée incarner le premier ; les firmes susnommées portent les seconds sans conteste. Craint-on alors de révéler que la grippe dite porcine est avant tout un énorme marché pour des multinationales qui n’inventent plus grand-chose depuis des années ? Que la maladie n’est finalement pas si dangereuse sauf pour les personnes déjà fragilisées par d’autres causes ? Il est troublant de constater que les victimes du virus étaient toutes très vulnérables, comme toutes les victimes des grippes annuelles. Ne peut-on pas se contenter de vacciner les personnes vulnérables, en lieu et place des individus « indispensables à la nation » ? Dans le cadre du Règlement Sanitaire International, en cas d’urgence pandémique, du type prévu avec la deuxième vague plus meurtrière de propagation du virus H1N1, les directives de l’OMS ont un caractère fortement contraignant pour l’ensemble des 194 pays qui lui sont affiliés. L’OMS dispose de l’autorité pour obliger à la vaccination générale, d’imposer des quarantaines et de limiter les voyages. L’opacité entretenue par les protagonistes de « l’affaire de la rentrée » ne fait qu’accroître le doute.

Mais au fait, contre quoi va-t-on nous vacciner ? Dans un excès d’honnêteté, « big pharma » avoue que le vaccin massivement commandé par les autorités sanitaires de nombreux pays ne sera pas prêt avant la fin du mois d’octobre et que d’ici là le virus peut fort bien muter encore. Le cas échéant, le vaccin ne jouerait évidemment pas son rôle. Pire, il pourrait lui-même être très dangereux comme celui mis en circulation au Mexique au début de la « pandémie » et que Baxter, sans craindre le ridicule, justifie par une erreur de manipulation en laboratoire. Comme pour rassurer les firmes aventurières, la Secrétaire d’État à la santé des États-Unis, Kathleen Sebelius, a signé en juillet dernier un décret conférant une totale immunité aux fabricants de vaccins contre la grippe H1N1, en cas de poursuite judiciaire. De plus le programme accéléré – de sept milliards de dollars – pour la fabrication du vaccin ne prévoit pas de test de sécurité. Est-il encore permis dans de telles conditions de parler de santé publique ?

Ainsi, les enjeux de la pandémie débordent largement le cadre sanitaire. Ce qui se prépare en France nous éclaire mieux sur le prétexte que va constituer la grippe au retour de nos vacances. Une nouvelle est passée inaperçue : Le 3 juillet dernier, la direction générale du travail a publié une circulaire « relative à la pandémie grippale » afin de préparer les entreprises et les administrations à une propagation rapide du virus. À la lecture de la circulaire DGT 2009/16, on remarque rapidement qu’il n’y est pas seulement question de santé et de masques. En cas de pandémie grave, les conditions de travail des salariés risquent d’en pâtir. Une série de préconisations, à caractère exceptionnel, permettra aux employeurs de jouer sur la flexibilité de leur personnel.

« Il en va de la survie de l’économie nationale, des entreprises et de la sauvegarde de l’emploi » dit-on dans ce texte pour le moins opportuniste. En cas de passage en phase 5B ou 6 de la pandémie – ce que Roselyne Bachelot envisage dès septembre – l’employeur pourrait donc « adapter l’organisation de son entreprise et le travail des salariés ». Le volume horaire de travail ou le nombre de tâches à effectuer pourraient augmenter « par décision unilatérale de l’employeur ». Et de préciser au passage que « le refus du salarié, sauf s´il est protégé, constitue une faute pouvant justifier le licenciement ».

L’aubaine était trop belle ! Le pouvoir s’attendant à une rentrée difficile sur le plan social, le virus H1 N1 lui offre une occasion inespérée de faire diversion tout en durcissant les règles du contrôle social. En ce dernier point, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Il ne faut donc rien attendre du côté de l’apaisement vis-à-vis d’une menace sanitaire qui pourrait rester vague encore longtemps. Ensuite, il faudra trouver autre chose pour tenter de faire oublier qu’en France le mécanisme de l’ascenseur social est bel et bien grippé depuis des lustres.

Yann Fievet




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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 18:31

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/09/12/berlusconi-et-les-medias-ou-la-democratie-a-l-agonie-par-fabrizio-tonello_1239572_0.html


Berlusconi et les médias, ou la démocratie à l'agonie, par Fabrizio Tonello

LE MONDE | 12.09.09 | 14h25  •  Mis à jour le 12.09.09 | 14h25

Pour bien saisir la situation italienne, il faut se figurer un homme politique français qui soit à la fois propriétaire de TF1, de France 2 et de M6, capable de nommer ses fidèles à la tête de Radio France et du reste du service public. A cela il faudrait ajouter quelques bricoles comme Hachette, Le Point, Le Figaro et une fortune personnelle évaluée par Forbes à 6,5 milliards de dollars. Impensable ? A Paris, peut-être, mais pas à Rome.

Les lecteurs m'excuseront si je leur demande encore un effort d'imagination : il faut accepter l'idée qu'un milliardaire comme celui que je viens de décrire soit élu président de la République et que, depuis le palais de l'Elysée, il lance une rafale d'actions en justice contre les journaux de l'opposition, fasse disparaître de l'audiovisuel toute voix critique (même celles des comédiens) et, pour faire bonne mesure, déclenche une campagne de calomnies contre le directeur du quotidien des évêques dans le but de l'obliger à démissionner.

Si cela ressemble à un médiocre scénario, refusé par n'importe quel producteur de cinéma pour son manque de crédibilité, c'est parce que la réalité italienne défie l'imagination : quarante-huit heures n'étaient pas passées depuis la parution de l'article du directeur de La Repubblica, Ezio Mauro, dans ces colonnes (Le Monde du 3 septembre) que M. Berlusconi remportait un nouveau succès dans sa guerre personnelle contre la presse libre.

Le 3 septembre, Dino Boffo, le directeur d'Avvenire, le journal de la Conférence épiscopale italienne, démissionnait après une attaque par Il Giornale, titre appartenant à la famille Berlusconi. Cette attaque a été qualifiée de "dégoûtante" par le cardinal Bagnasco. Hélas, le cri d'alarme de M. Mauro - "L'homme le plus riche et le plus puissant d'Italie a décidé de déclencher l'offensive finale contre des journaux qui critiquent son exercice du pouvoir" - apparaît aujourd'hui parfaitement justifié.

A l'évidence, il y a un glissement du régime de M. Berlusconi vers une forme de démocratie "à la Poutine", où des élections sont organisées régulièrement, mais où le résultat est faussé d'avance par l'emprise de l'argent et par le contrôle strict des médias. Le fait que les deux seuls leaders dans le monde que M. Berlusconi compte comme ses amis personnels, après la fin du mandat de M. Bush, soient MM. Poutine et Khadafi n'a rien de fortuit.

Il éprouve une sympathie instinctive pour les leaders qui ne s'embarrassent pas de "formalités" et ne souffrent pas de "lenteurs" dans leurs décisions. Le premier ministre (et ancien président) russe et sa famille sont régulièrement invités dans les nombreuses villas du président du conseil italien.

Le côté bouffon de M. Berlusconi dans les rencontres internationales masque une réalité qui n'a rien d'amusant : depuis ses débuts en politique, en 1994, il a oeuvré pour consolider son emprise sur l'ensemble de la presse, de l'édition et de la télévision. On oublie trop facilement qu'en 1991 M. Berlusconi était devenu propriétaire de la plus grande maison d'édition italienne, Mondadori, en achetant un juge par le biais de son avocat Me Previti, lui-même condamné pour corruption dans cette affaire (jugement confirmé par la Cour de cassation en 2007).

M. Berlusconi a débuté en politique en tant que propriétaire de la totalité des chaînes nationales de télévision privée, une position qu'en France on ne lui aurait jamais permis d'acquérir. Ses trois chaînes ne se bornent pas à proposer des variétés, des promotions commerciales et des vieux films américains. Cela va bien au-delà : les journaux de Canale 5, Italia 1 et Rete 4 sont le fer de lance de la propagande de son parti, Forza Italia, maintenant rebaptisé Popolo della libertà. Les quotidiens Il Giornale, Il Foglio, Libero, comme l'hebdomadaire Panorama, attaquent sans relâche non seulement les leaders de l'opposition, mais également toute voix critique : les intellectuels, l'Eglise, la Commission européenne.

Après chaque victoire électorale, il a obligé la RAI, la chaîne publique, à changer les directeurs des chaînes et des journaux télévisés, qui sont désormais à sa botte. Seuls la troisième chaîne et son journal ont pu jusqu'ici garder une sensibilité "de gauche", mais sont également entrés, au mois d'août, dans le collimateur.

Ses avocats, qu'il a fait élire au Parlement et a parfois nommés ministres, ferraillent dans tous les tribunaux italiens depuis quinze ans : avant, pour le protéger des conséquences judiciaires de ses actions ; maintenant, pour réduire au silence tout opposant.

Ils ont donc assigné en justice L'Unita, le quotidien fondé par Antonio Gramsci en 1924, et La Repubblica, le journal indépendant de centre gauche qui, depuis le 14 mai, lui pose quotidiennement dix questions concernant les comportements qui ont attiré l'attention de la presse internationale (ce n'est pas tous les jours qu'un président du conseil en exercice est enregistré dans sa maison par une call-girl au moment où il lui dit : "Attends-moi dans le grand lit de Poutine.")

Le manque de solidarité envers L'Unita et La Repubblica de la part des autres grands journaux italiens démontre que la stratégie fonctionne : le reste de la presse traite l'affaire du bout des doigts.

On prête à M. Berlusconi l'intention de poursuivre en justice la presse étrangère qui a fait état de ses extravagances. La première cible est l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur, suivi d'El Pais en Espagne et de plusieurs quotidiens anglais.

Il y a une très large dose de mégalomanie dans tout cela : on voit difficilement un juge français ou anglais condamner des journalistes pour avoir posé des questions à un homme politique. Et à Paris, que l'on sache, le crime de lèse-majesté a été supprimé en 1832. Mais le côté folklorique du personnage et les bouffonneries dont il se rend responsable à chaque rencontre internationale masquent une emprise farouche sur le pouvoir.

Les attaques contre la presse n'ont pas vraiment pour but d'obtenir les dédommagements dont il est question dans les dossiers judiciaires : la stratégie vise à intimider les autres journaux indépendants avec la menace de batailles judiciaires qui vont durer des années et des années, comme ce fut le cas lors de la confrontation entre William Westmoreland et CBS au sujet de la guerre du Vietnam. L'affaire commença par un documentaire à l'écran en 1982 et ne prit fin qu'en 2001 avec la marche arrière du général : les procès civils en Italie avancent à une vitesse comparable.

De plus, au printemps, M. Berlusconi a demandé aux entrepreneurs italiens réunis en congrès de ne plus passer d'encarts publicitaires dans les pages de La Repubblica, au prétexte que le quotidien ose le critiquer. Là aussi, malheureusement, c'est la première fois en Occident qu'un homme politique tente de manipuler le marché pour étrangler un journal qui lui déplaît. Bien sûr, ce n'est pas encore le système Poutine employé pour se débarrasser des reporters gênants...

Thomas Jefferson, l'auteur de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis, aimait dire que "chaque homme a deux patries : la sienne et la France". Il serait donc temps d'ouvrir un débat dans la presse française, pour répondre à une question très simple : l'Europe de Jean Monnet, de Robert Schuman et d'Altiero Spinelli peut-elle tolérer que la démocratie agonise dans un des pays qui l'a créée, l'Italie ?

Fabrizio Tonello est professeur de science politique à l'université de Padoue, auteur de Il nazionalismo américano






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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 18:23

http://la-commune.over-blog.com/article-33625003.html


Nous accusons Kléber Mesquida, fossoyeur des Hauts Cantons :

D'avoir été le promoteur du projet CSDU de Tanarès, au profit de la pieuvre Sita-Suez

D'être le député, héraut du Parti Socialiste, qui a fait voter l'article 4 de la loi du 23 février 2005, imposant les "bienfaits" de la colonisation ; qui voulait, dans la foulée, déclarer "morts pour la France" des rebelles à la loi républicaine (appel de l'OAS, rue d'Isly, Alger, mars 1962) et ne pas avoir, depuis, fait son autocritique sur le sujet, comme la direction de son parti.

D'avoir signé l'appel du Conseil Général à voter oui au référendum du 29 mai 2005, de ne rien faire pour sauver les services publics dans la vallée et de ne pas tenir les promesses faites aux vigneron-ne-s en crise (démision collective des élu-e-s, qui devaient faire plus fort que celleux de la Creuse...!)

D'être un cumulard invraissemblable : député, premier vice-président du Conseil Général, maire, président de la Communauté de Communes, président des maires de l'Hérault, président du Parc Régional Naturel du Haut-Languedoc, président de ceci, chef de cela, etc., etc. Le tout en totale contradiction avec les directives et la charte de son parti.

De ne pas avoir voté contre la loi infâme de Sarkozy sur l'iimmigration, comme la très grande majorité des député-e-s socialistes et de pratiquer un absentéisme honteux au Palais Bourbon depuis au moins 2 ans.

D'être sourd à tous les appels : celui d'organiser les référendums d'initiative populaire sur la méga-décharge et sur l'éolien industriel ; celui de donner un accord à l'alternative de traitement des déchets par compostage rustique - conception anticapitaliste, à taille humaine, écologique et créatrice d'emploi

De se conduire en despote de droit divin à l'égard du monde associatif, interdisant tout mode d'expression démocratique, toute réunion dans un local communal, brimant par des fins de non recevoir, des prétextes fallacieux quiconque -groupe ou individu-e - représenterait une pensée différente de la sienne.

D'agir à l'encontre des intérêts de celleux qui l'ont élu en trompant leur confiance, d'être un super-menteur, d'assujettir tou-te-s les élu-e-s de proximité, de faire le jeu de la droite dure réactionnaire, en cassant la dynamique socialiste du "pays", d'avoir été absent lors de toutes les manifestation saint-ponaises et biterroises contre la guerre en Irak, contre le CNE, contre le CPE, d'avoir un orgueil démesuré et pour finir, de ridiculiser et de dénaturer les idéaux du parti socialiste par ses manières de faire et ses prises de position, qui se situent radicalement à l'opposé de celles de la social-démocratie.

Liste non-exhaustive...


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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 20:27

http://www.leparisien.fr/societe/injures-racistes-au-conseil-francais-du-culte-musulman-14-09-2009-638526.php


Injures racistes au Conseil français du culte musulman

Cela tombe plutôt mal pour Brice Hortefeux. La rencontre à laquelle le ministre de l'Intérieur et des cultes doit assister ce lundi soir devant le Conseil français du culte musulman (CFCM) s'est préparée sur fond d'injures racistes, entre deux hauts responsables de l'organisation. L'un d'entre-eux allant même jusqu'à déposer plainte avant de la retirer.

L'histoire se noue vendredi en fin d'après-midi. Il a été décidé la semaine dernière, après la polémique suscitée par les propos équivoques du ministre sur les Arabes devant les jeunes de l'UMP à Seignosse (Landes), que Brice Hortefeux assiste, ce soir, à la rupture du jeûne avec les membres du CFCM. Les principaux responsables mettent alors la dernière main à l'organisation de la soirée et il est surtout question de la place des convives à la table du ministre de l'Intérieur.

Le plan de table met le feu aux poudres

C'est le débat autour de ce plan de table qui aurait mis le feu aux poudres. Assani Fassassi, le secrétaire général de la fédération française des associations islamiques d'Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA), demande à ce que le Cheikh Moussa Touré, haut dignitaire de la communauté islamique africaine, soit installé à proximité du ministre.

Chems-Eddine Hafiz, représentant de la Grande mosquée de Paris au sein du bureau du CFCM et par ailleurs avocat de l'ambassade d'Algérie, s'y oppose. La discussion s'envenime. Hafiz se serait emporté et aurait insulté son collègue à trois reprises. «Des injures racistes, outrancières», selon plusieurs témoins de la scène.

«Mohamed Moussaoui (ndlr : le président du CFCM) a dû l'exclure de la salle pour calmer les choses», rapporte l'un des membres de la communauté. Devant la violence des propos, «Fassassi est allé déposer plainte», explique un de ses proches. La procédure est engagée au commissariat de police du 8ème arrondissement, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris.

Le lendemain, l'affaire prend encore plus d'ampleur. Toute la journée, les appels se multiplient pour convaincre Assani Fassassi de retirer sa plainte avant la venue du ministre. Des membres du CFCM, des responsables de la grande Mosquée de Paris se relayent au téléphone. Devant cette insistance, le secrétaire général de la FFAIACA finit par s'exécuter en fin de journée. «En contrepartie, les responsables de la Grande Mosquée de Paris l'ont assuré que des mesures disciplinaires seraient prises en interne», rapporte t-on dans son entourage.

Joint ce lundi matin au téléphone, Mohamed Moussaoui, le président du CFCM, nous a déclaré que «l'incident est clos», affirmant même que «les personnes en cause se sont réconciliées.» Sollicité par Le Parisien-Aujourd'hui en France, Chems-Eddine Afiz n'a pas souhaité répondre.

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