Mercredi 11 novembre 2009

Il y a 48 ans, les massacres du 17 octobre 1961 à Paris : La Seine aussi témoignera…

L'Algérie commémore aujourd'hui le 48e anniversaire des massacres du 17 Octobre 1961 à Paris, alors que l'Etat français continue d'opposer une fin de non-recevoir à l'exigence de reconnaître les crimes commis durant la longue nuit coloniale. Ce jour-là, plus de 80. 000 Algériens déferlaient sur les grandes artères parisiennes dans une marche pacifique, à l'appel des dirigeants de la Révolution algérienne, pour protester contre le couvre-feu imposé aux seuls Algériens par le préfet de police, Maurice Papon. Les manifestants, hommes, en majorité des ouvriers, femmes et enfants, étaient venus de Nanterre, Aubervilliers, Argenteuil ou Bezons ou dans les quartiers les plus miséreux de Paris comme la Goutte d'Or ou Ménilmontant, pour défendre leur dignité et leur liberté, "mises à mal par un décret dans une démocratie occidentale" , rappellent les historiens. "Cette manifestation pacifique se soldera, le 17 octobre et les jours qui suivront, par " plusieurs centaines de morts et autant de disparus et plus de 1.000 blessés alors que 14.094 Algériens furent arrêtés par la police française", témoigne Ahmed Arrad, ancien militant de la Fédération de France du FLN. Pour Ali Haroun, ancien dirigeant au niveau de cette structure, il y a eu "200 morts au minimum", parmi les manifestants. Haroun relève cependant "la difficulté d'avoir un chiffre exact des victimes de ces manifestations, car, dit-il, de nombreux Algériens comptaient parmi les disparus". Acteurs, historiens et chroniqueurs de presse de ces journées sombres sont unanimes à dénoncer le chiffre de 2 tués, annoncé quelques jours après, par Papon, qui avait commandité et suivi de très la répression. L'historien français, Jean Luc Einaudi, relève pour sa part, qu'"officiellement, les registres du service médico-légal ne signalent aucun mort pour la journée du 17 octobre 1961".

Il ajoute néanmoins, que "les cadavres acheminés vers la morgue étaient tout simplement jetés dans la Seine à partir des fenêtres du bâtiment abritant la morgue". L'historien rappelle que "cette pratique de noyade a été largement utilisée en 1958 lors d'un premier couvre-feu imposé à Paris sur les Algériens, arrêtés puis torturés au Vél d'Hiv". 48 ans après, cette tache sombre demeure toujours chez les rescapés du massacre, encore vivants. "Même les femmes et les enfants n'ont pas été épargnés puisque près de 1.000 épouses, mères et sœurs ont été interpellées ainsi que 500 enfants", témoigne Haroun.

De nombreuses associations aujourd'hui, en France même, n'oublient pas ces sombres évènements qu'elles commémorent régulièrement, par des rassemblements sur les lieux même du crime, mais aussi dans d'autres villes de France, où se sont déroulées aussi, des manifestations pacifiques similaires. Cette année également, elles sont 20 organisations françaises, des ONG, associations et partis politiques, a avoir appelé à un rassemblement aujourd'hui samedi au pont Saint-Michel à Paris, en hommage aux victimes. Ces organisations se rassembleront "pour exiger la reconnaissance officielle par la France de ces crimes d'Etat perpétrés par les forces de police", selon le texte de leur appel. Elles déplorent à cet égard, que "48 ans après, la France n'a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales" menées, en particulier en Algérie. Elles déplorent également le fait que "certains osent encore aujourd'hui continuer à parler des `'bienfaits de la colonisation' ' et des honneurs `'officiels' ' sont rendus aux criminels de l'OAS. Malgré un discours, parfois ambigu et contradictoire, sur le passé colonial de la France, la politique menée par le président Sarkozy témoigne d'une réelle volonté de sa réhabilitation" , selon le texte. Les signataires du texte, qui rappellent qu'"un certain nombre de collectivités locales ont baptisé des places à la mémoire des victimes du 17 Octobre 1961", appellent au "développement de ces lieux de mémoire ainsi que la mobilisation de la population" sur ces places, pour demander notamment l'accès effectif aux archives pour tous, historiens et citoyens et le développement de la recherche historique sur ces questions". La recherche de la vérité "s'impose pour cette période sombre de notre histoire comme elle s'est imposée pour la collaboration vichyste avec l'Allemagne nazie", relève une association basée à Lyon qui a appelé à un rassemblement aujourd'hui. "Ce n'est qu'à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la guerre d'Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd'hui nombre de citoyens ou de ressortissants d'origine maghrébine ou d'anciennes colonies", conclut-elle. En Algérie, le 17 Octobre baptisé, Journée de l'émigration, sera commémorée par différentes activités, notamment un hommage au philosophe français et fondateur du réseau des "porteurs de valises", Francis Jeanson, décédé en août dernier et une journée consacrée à des témoignages de moudjahidine, à l'APN, sur ces évènements.

L'histoire retiendra

Le 17 Octobre 1961 restera une date liée à la répression sanglante qui a suivie une manifestation pacifique de milliers d'Algériens sortis dans les rues de Paris pour protester contre le couvre-feu décrété par le préfet de police de l'époque, le sinistre Maurice Papon.

Préfet de police de Paris depuis 1957, Maurice Papon, qui a déjà exercé ses talents de tortionnaire à Constantine en tant qu'inspecteur général de l'administration en mission extraordinaire sous la IVème République, a appliqué dans la capitale française, des méthodes depuis longtemps en vigueur en Algérie

Il a décidé, avec l'aval des autorités politiques, d'imposer un couvre-feu aux seuls Algériens, poussant le FLN à organiser plusieurs rassemblements pacifiques en plusieurs endroits de Paris pour protester contre cette mesure raciste.

L'appel du FLN a été largement suivi par les Algériens qui étaient près de 30.000 à manifester ce jour-là, selon un très officiel rapport du conseiller d'Etat, D. Mandelkern, achevé en janvier 1998, qui indique que 14.000 personnes sont arrêtées puis détenues au palais des Sports, au parc des Expositions et au stade Courbertin, notamment, transformés en centre de détention.

Dans ces lieux, les Algériens sont parqués dans des conditions effroyables, battus et longtemps laissés sans soin, particulièrement ceux qui souffraient de blessures ou de maladies.

La barbarie des forces de police a atteint son paroxysme dans la nuit du 17 octobre et dans les prochains jours, au cours desquels une véritable chasse à l'arabe a été menée. Des enquêteurs et des historiens, se basant sur des rapports confidentiels, avancent le chiffre de près 200 manifestants frappés à mort, tués par balles et noyés dans la Seine après y avoir été jetés par des policiers.

Le nombre de disparus est également élevé. Le sort réservé à de dizaines d'algériens n'est pas connu jusqu'à présent, comme le signale l'historien Jean-Luc Einaudi. Ces massacres ont été prémédités et minutieusement préparés. Selon l'historien Olivier Le cour Grandmaison, dans une note datée du 5 septembre 1961 adressée au directeur du service de coordination des affaires algériennes et directeur de la police municipale, Papon avait ordonné que les manifestants les plus actifs soient "abattus sur place".

Pour justifier ces crimes, les policiers avaient avancé l'argument de la légitime défense, du fait des attaques dont ils auraient les cibles. Or, les forces de police n'ont essuyé aucun coup de feu, contrairement aux rumeurs colportées pour justifier le massacre au moment même où il se déroulait.

Les historiens et les chercheurs qui se sont penchés sur ces tragiques évènements sont unanimes à considérer qu'au regard du contexte de l'époque et de ses missions, Papon n'a pu agir sans l'aval de son supérieur hiérarchique, le ministre de l'Intérieur, Roger Frey qui deviendra plus tard président du Conseil constitutionnel.

"Qui peut croire, enfin, que le premier ministre, Michel Debré, n'ait pas été informé de cette mesure et du massacre perpétré en ces jours d'octobre 1961", s'est interrogé, dans un texte publié il y a plus de deux années, Olivier Le cour Grandmaison, estimant que "c'est donc en recourant à ce type de moyens que la toute jeune Cinquième République a organisé une répression sanglante" et "couvert des policiers après qu'ils eurent exécuté sommairement des personnes, organisé de nombreuses disparitions, pratiqué la torture dans la capitale et commis des actes inhumains pour des motifs politiques et raciaux".

48 années après ces massacres, de nombreuses ONG, associations et formations politiques ne cessent de réitérer leurs revendications dont, la reconnaissance officielle de ces crimes d'Etat.

La tâche est loin d'être aisée au moment où certains courants politiques et voix continuent à s'élever en France pour louer "les bienfaits de la colonisation" ou rendre les honneurs à des criminels de guerre.

"La France doit faire des excuses pour les crimes et atrocités commis contre le peuple Algérien" affirme le porte-parole du RND à Béchar

''La France doit faire des excuses pour les crimes et les atrocités commis contre le peuple algérien durant la période coloniale'', a déclaré hier, à Bechar le porte parole du parti du Rassemblement national démocratique (RND), M. Miloud Chorfi.

"Aujourd'hui, et 48 ans après les massacres du 17 Octobre 1961 à Paris, la France poursuit son silence sur les vérités historiques et sur les crimes qu'elle à commis contre les Algériens qui se sont révoltés pour le recouvrement de leur souveraineté' ', a indiqué M. Chorfi, en marge d'une rencontre régionale sur l'emploi des jeunes, organisée par sa formation politique.

''Elle (France) doit faire des excuses à ce peuple et mettre fin à son jeu de glorification des harkis et des mercenaires, et d'atteinte à la dignité du peuple algérien'', a-t-il ajouté.

Pour le représentant du RND, ''le peuple algérien n'oubliera jamais l'ampleur des massacres du 17 Octobre 1961 commis sous sanguinaire Maurice Papon et ses collaborateurs. ..''.

Le combat de Jean-Luc Einaudi face à Papon

Le 20 mai 1998, Jean-Luc Einaudi écrit dans Le Monde : " En octobre 1961, il y eut à Paris un massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Maurice Papon. " En juillet 1998, Papon porte plainte pour diffamation contre un fonctionnaire public. " Pour préparer sa défense, Jean-Luc Einaudi compte sur les documents officiels dont il a demandé communication, trois mois plus tôt, aux Archives de Paris. Le directeur des Archives de Paris a effectivement transmis sa demande au procureur de la République, assortie d'une mise en garde "sur l'opportunité de lui réserver [...] une issue positive" (12 février) ! C'était solliciter un refus."

Faute de pouvoir produire des documents écrits attestant de la responsabilité de la préfecture de police, dirigée par Maurice Papon en octobre 1961, l'historien sollicite le témoignage de deux conservateurs des Archives de Paris, qui acceptent et témoignent, l'un par écrit et l'autre à la barre, les 4, 5, 11 et 12 février 1999. Maurice Papon, présent, est défendu par l'avocat Jean-Marc Varaut, et fait témoigner en sa faveur entre autres l'ancien Premier ministre, Pierre Messmer, tandis que Jean-Luc Einaudi fait venir à la barre des témoins directs des événements de 1961. Le 26 mars 1999, Maurice Papon est débouté de sa plainte et l'historien relaxé au bénéfice de la bonne foi.

Deux archivistes sanctionnés pour avoir témoigné

Les deux archivistes qui ont témoigné expliquent ainsi la situation : " En charge des séries des archives judiciaires aux Archives de Paris, depuis vingt-cinq ans, nous avons effectivement accès aux documents dont Jean-Luc Einaudi a besoin pour assurer sa défense face à Maurice Papon, mais nous ne pouvons pas les lui communiquer puisqu'il n'a pas obtenu la dérogation nécessaire. La seule solution permettant de conjuguer le respect de la déontologie de notre profession et notre conscience de citoyen, est donc d'accepter d'être cités comme témoins.

Nous ne pouvions passer sous silence l'existence des documents dont nous avions assuré le versement, le classement et la conservation, sachant que, face à la thèse défendue par Maurice Papon, ces documents apportaient la preuve incontestable du massacre opéré à Paris par les policiers le 17 octobre 1961 et les journées et semaines suivantes. Nous taire eut été commettre une faute au regard du code international de déontologie des archives. Nous avons toujours considéré que notre mission de conservateurs du patrimoine était à la fois technique et politique."

Les deux fonctionnaires sont sanctionnés pour leur témoignage par une mise à l'écart complète, se voyant retirer par notes de service du directeur des Archives de Paris leurs activités et équipements de bureau, interdire tout contact avec le public, etc.

Horizons consacre un dossier spécial aux massacres du 17 Octobre 1961

Notre confrère le quotidien national Horizons a tenu à consacrer pour son édition d'aujourd'hui un spécial de 24 pages sur les massacres du 17 Octobre 1961 . " Il y a par moment dans l'histoire des peuples, des destins formidables. Cruels, mais ô combien héroïques ", souligne dans son éditorial consacré à cet évènement Mme Naâma Abbas, directrice générale du journal en faisant allusion à Fatima Bedar, cette enfant de 15 ans, violentée en cette journée du 17 octobre 1961 par les bourreaux de Maurice Papon et jetée dans les flots de la Seine. Aussi, l'on y retrouve dans ce dossier de notre confrère, à côté des analyses d'historiens algériens et de témoins, en exclusivité, un entretien avec Jean Luc Einaudi, l'éminent historien français qui avait témoigné en 1997 devant la cour d'assises de Bordeaux, sur le massacre d'Algériens du 17 octobre 1961, lors du procès de Maurice Papon pour son action de 1942 à 1944. A la recherche de preuves judiciaires du massacre d'Algériens du 17 octobre 1961, Jean-Luc Einaudi dépose le 8 février 1998 aux Archives de Paris une demande de dérogation pour accéder aux registres d'information du parquet.

http://www.elmoudjahid.com/accueil/histoire/44200.html




Par FISCHER
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Mercredi 11 novembre 2009

http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=6608#more-6608



Sortir de l’anticommunisme. Par Georges Gastaud

« Anti-totalitarisme »… totalitaire !

Ce serait comique si ce n’était si grave pour la liberté de pensée : c’est en effet au nom de « l’anti-totalitarisme » (!) que, sans presque jamais disposer du moindre droit de réponse, les défenseurs du communisme historique, et plus généralement, tous ceux qui continuent le combat de Babeuf et de Varlin, de Marx et de Lénine, de Manouchian et de Guevara, sont inlassablement cloués au pilori par les médias du Parti Unique Maastrichtien, très « laïquement » relayés par l’histoire officielle de l’école « républicaine » : concélébrée par les pontifes de la droite dure et de la fausse gauche, benoîtement servie par le chœur jamais las des « communistes repentis », la grand-messe bleue-rose-brune de l’anticommunisme à jet continu a déjà battu tous les records d’anathèmes et d’excommunications dont furent respectivement abreuvés par les contre-révolutionnaires de leur temps, Spartacus et les Gracques, Robespierre et Marat, Varlin et Louise Michel…

Parachevant ce harcèlement médiatique, une batterie législative de textes européens et/ou hexagonaux prétend criminaliser l’histoire du communisme : « élu » par 40% d’ « Européens », le « Parlement » de Strasbourg prétend ainsi amalgamer le IIIème Reich génocidaire de Krupp et Thyssen à l’URSS ouvrière et paysanne de Lénine, la Wehrmacht des Einsatzgruppen aux héros de Stalingrad, les tortionnaires nazis aux « terroristes rouges » de Chateaubriant et de la Citadelle d’Arras qui tombèrent pour nous, Marseillaise et Internationale aux lèvres, sous les balles allemandes.

Le but de ces textes scélérats est de doter d’une base juridique l’euro-maccarthysme qui se développe dans toute l’Union européenne ; une UE dont  les dirigeants veulent, au moyen de l’anticommunisme et de l’antisoviétisme à retardement, faire diversion au rejet populaire profond qui, de Lisbonne à Bucarest, hante la « construction européenne » capitaliste .

CNR connais pas !

D’ailleurs, combien  de lycéens, dressés dès l’enfance à confondre dans un même opprobre « anti-totalitaire » l’Allemagne nazie et l’URSS de Stalingrad, Mussolini et Lénine, connaissent-il la phrase prononcée par De Gaulle à Moscou en 1966 : « les Français savent  que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération » ? Et combien de manuels d’histoire rappellent-ils à leurs jeunes lecteurs que les principaux acquis sociaux de notre pays, -ceux-là même que M. Denis Kessler a cyniquement félicité Sarkozy de casser en « démantelant le programme du CNR » -, ont pour l’essentiel été mis en place de 1945 à 1947 par le gouvernement à participation communiste présidé par Charles De Gaulle ? Dans ce gouvernement d’unité patriotique, l’ex-déporté communiste Marcel Paul nationalisait EDF et Renault ; Maurice Thorez rédigeait le statut des fonctionnaires et celui des mineurs ; H. Wallon et Joliot-Curie reconstruisaient l’Education nationale, le CNRS et le CEA sur des bases démocratiques ; Ambroise Croizat (PCF) instituait, excusez du peu, les retraites par répartition, les conventions collectives, les comités d’entreprise… et la « Sécu » : bref, tous ces acquis de civilisation que la « rupture » sarkozyste, applaudie par l’UE et par le MEDEF, s’efforce d’araser, en imposant à notre pays un suicidaire plan d’alignement structurel.

Au reste, pourquoi l’oligarchie capitaliste se retiendrait-elle de prendre enfin sa revanche sur la « France rouge », maintenant que la victoire de la contre-révolution de Berlin à Vladivostok a re-mondialisé l’exploitation capitaliste, que l’Europe socialiste et la RDA ont été re-colonisées par l’Europe du capital pilotée par Berlin, et que, concernant la France, la mutation-reniement du PCF et l’euro-formatage de l’état-major CGT laissent les salariés à la merci d’une « french’ telecomisation » générale de leurs conditions de vie ? Car les nouveaux Metternich de l’Europe contre-révolutionnaire ont peu à redouter d’une semi-critique « alter-capitaliste » et « alter-européiste » qui partage sur le fond ces fondamentaux de la pensée unique que sont l’anticommunisme, l’antisoviétisme, l’anti-marxisme et leurs sous-produits hexagonaux, l’anti-jacobinisme primaire et la sordide autophobie nationale que distille l’oligarchie financière « française » dirigée par « Sarko l’Américain »...

Les héros au banc d’infamie, les héritiers des bourreaux dans le rôle de l’Inquisiteur !

Dans le climat néo-vichyste actuel, on ne s’étonne même plus que les résistants communistes de France qui, des maquis de Corrèze à la guérilla urbaine des FTP-MOI en passant par l’insurrection parisienne de 1944, furent le fer de lance de notre Résistance armée , soient odieusement traînés sur la sellette : à l’inverse, les héritiers des partis qui investirent Pétain en livrant à l’Allemand les juifs et les résistants, reprochent aujourd’hui aux combattants communistes de ne pas avoir risqué leur peau assez tôt ! Qu’importe à ces faussaires que, de l’héroïque manif communiste organisée à l’Etoile le 11 novembre 40 par l’Union des Etudiants Communistes  (interdite depuis 39 !) aux premiers sabotages effectués dans le Var dès 1940 par le communiste Roger Landini, en passant par la grève minière du Pas-de-Calais dirigée en mai-juin 41 par Michel Brûlé et par le prisonnier ukrainien évadé, le bolchevik Vasil Porik, les communistes et les cégétistes aient assumé le gros de la lutte armée et du combat de masse antifasciste  ? Qu’importe qu’ils soient tombés en nombre sous les fusillades nazies, des maquis de Corse aux poteaux d’exécution du Mont Valérien, au double cri de Vive la France ! et de Vive le communisme ! ?

L’anticommunisme, ombre portée de la crise capitaliste

Il serait pourtant naïf de croire que le but principal des Inquisiteurs est seulement de noircir le passé communiste pour rompre l’ancrage révolutionnaire du mouvement ouvrier. Si le spectre de l’anticommunisme hante plus que jamais la crépusculaire Europe de Maastricht, c’est que, bien que devenu mondialement hégémonique, le capitalisme en crise est sur la défensive. Il n’en finit pas de précariser la classe travailleuse et de ruiner les paysans, de secréter du même pas la misère la plus poignante et les fortunes les plus scandaleuses, de multiplier les guerres néo-coloniales (hier l’Irak, demain l’Iran ?), tandis que le commerce des armes et de la drogue règne sur le « libre-échange mondial » organisé par l’OMC et par le FMI des P. Lamy (PS) et autres Strauss-Kahn (PS) à coups de privatisations, de délocalisations et de crise alimentaires organisées.

Pendant ce temps, rythmée par le double envol de la Bourse et des licenciements, la « sortie de crise » annoncée promet d’être aussi insupportable que la crise elle-même. Dès lors, les honnêtes gens s’interrogent : l’humanité survivra-t-elle à ce système fou et cruel, où le profit privé de quelques-uns prive de tout sens humain l’histoire des peuples et la vie des individus, alors que, sous le masque « libéral », se profile une dictature euro-atlantique porteuse d’une pensée, d’une économie, d’une langue et d’une politique uniques, dont les pires despotes d’hier n’osèrent jamais former le projet « globalitaire » !

Renaissance de l’idée communiste

D’autant que l’idée communiste refait son chemin : relayée jusqu’à nous par Cuba, qui a tenu bon alors que Gorby et Eltsine croyaient l’avoir livrée toute crue à l’Oncle Sam, l’aspiration à un « socialisme du 21ème siècle » renaît sous des formes diverses, notamment en Amérique latine.

Cette aspiration s’articule au principe anti-impérialiste du droit des peuples à créer eux-mêmes leur propre destin. Car enfin, n’est-il pas irrationnel que des nations, des langues, des cultures séculaires, soient broyées par les incultes mercantis de Mac Do et d’Eurodisney ? N’est-il pas suicidaire qu’à notre époque de socialisation planétaire des échanges, l’anachronique propriété privée des grands moyens de production confère « démocratiquement » à quelques milliardaires un droit de vie et de mort sur la vie des peuples ? A l’inverse, n’est-il pas vital que, planifiant leur coopération internationale dans le respect de leur souveraineté, les peuples s’assurent de la maîtrise publique des grands moyens de production et que le monde du travail occupe enfin dans la vie politique la place centrale qui revient de droit aux producteurs de richesses ? Oui, il urge que la solidarité internationale des nouveaux prolétaires en cols bleu ou blanc, s’allie au patriotisme républicain pour résister à la barbare mondialisation capitaliste ainsi qu’à ses sanglants complices, le racisme, l’intégrisme et le communautarisme. Car s’il est vrai que l’exploitation de l’homme par l’homme a historiquement perdu toute force propulsive, si l’exterminisme est bien la phase suprême d’un système impérialiste qui mène l’humanité à la mort par délitement sociétal, déprédation écologique ou extermination nucléaire, alors la construction d’un communisme de seconde génération, dans lequel le « développement de chacun sera la clé du développement de tous » (Marx), devient objectivement une question de vie ou de mort pour tous les hommes qui veulent construire rationnellement leurs rapports avec l’autre homme… et avec la nature.

Pour une assimilation critique de l’héritage communiste

Cela n’exige nullement d’idéaliser la première expérience socialiste de l’histoire. L’expérience issue d’Octobre 1917 n’eût pas connu la défaite si, pour des raisons que l’outillage théorique marxiste permet largement d’éclairer, les travailleurs de ces pays s’étaient toujours, comme à Cuba, sentis les maîtres effectifs de leur pays. Cette autocritique exclusive de toute auto-flagellation, les révolutionnaires doivent la mener sans céder à la diabolisation de leur histoire par un système capitaliste dont les crimes ne mériteraient pas un « livre noir » mais… des dizaines de bibliothèques brunes ! Cela n’exclut pas moins d’avaler l’eau sale des déviations politiques passées sous prétexte de sauver l’enfant socialiste que de renier l’enfant socialiste sous couleur de vidanger l’eau du bain ; il faut plutôt partir de l’arriération initiale dans lesquelles une expérience historiquement inédite dut se construire en distrayant une part considérable de ses ressources pour faire face à la course aux armements, à la guerre idéologique et aux invasions exterminatrices inlassablement venues de l’Ouest. Il convient en un mot de saisir les conditions profondément contradictoires dans lesquelles s’est édifiée ce premier effort de l’humanité travailleuse pour bâtir durant des décennies une société débarrassée de la Bourse et du capital. Il importe aussi de refuser catégoriquement la déshonorante équation communisme=nazisme, qui criminalise la révolution sociale tout en banalisant le fascisme.

Les peuples de l’Est ont fait une expérience historique de masse : écoutons-les !

Et tout d’abord, prenons conseil auprès des peuples de l’Est ; non pas auprès de ces anticommunistes professionnels qui osent parler au nom de leurs peuples respectifs après les avoir grugés et ruinés, mais auprès des ouvriers, des paysans, des retraités de Russie, de RDA, de Hongrie, de Roumanie, etc., qui ont vécu et évalué dans leur vécu quotidien la restauration capitaliste travestie en « démocratisation » : car, expérience faite, et sans avoir le moins du monde oublié les répressions arbitraires et les aspects bureaucratiques qui caractérisèrent à des degrés très divers l’époque précédente, les peuples font leurs comptes ; ils comparent les « mérites » de l’euro-capitalisme (paupérisation galopante des masses, enrichissement fabuleux des maffias) à ces acquis bien réels du socialisme qui avaient nom plein emploi, éducation de bon niveau, culture, sport, vacances et soins médicaux accessibles à tous, logement assuré à bas prix, faible criminalité, sécurité de l’existence, esprit de solidarité dans la vie quotidienne. C’est ce retour raisonné du socialisme dans les mémoires qu’attestent tous les sondages réalisés en RDA, en Hongrie ou en Russie, et mieux encore, ce sondage continental grandeur nature qui a récemment vu les peuples de l’Est boycotter encore plus massivement que les peuples de l’Ouest ces élections européennes à l’occasion desquelles le Parti Maastrichtien Unique somme périodiquement le bon peuple de « choisir librement » entre la version droite et la variante de « gauche » de la casse sociale et du déclin national...

Sortir de l’anticommunisme pour engager une rupture progressiste !

Sortir de l’anticommunisme permettrait enfin aux progressistes de penser de manière conséquente la rupture révolutionnaire indispensable pour triompher de la sarko-« rupture » thatchéro-fascisante ; libérés du complexe contre-révolutionnaire qui plombe leur pensée, bride leur action et plombe leur réorganisation, les vrais progressistes pourraient enfin comprendre et clamer qu’il faut sortir la France du broyeur européen qui la tue et qui la dénature, qu’il faut extraire à 100% l’humanité d’un système capitaliste qui ne crée la richesse « qu’en épuisant la Terre et le travailleur » (Marx). Pour toute l’humanité travailleuse, l’enjeu est d’émerger à temps de cette « fin de l’histoire universelle » que la mondialisation contre-révolutionnaire peut à chaque instant transformer, si de nouvelles révolutions ne viennent pas la briser à temps, en histoire universelle de la fin.

« 1989 ! », clame la réaction célébrant la contre-révolution anticommuniste et anti-jacobine qu’elle croit éternelle : « 17 et 89 ! », répondront les héritiers de Gavroche et de Guy Moquet, bien résolus à triompher ensemble des Blancs et des Bruns de tous les pays, vainement coalisés pour emmurer les Lumières ! 






Par FISCHER
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Mardi 10 novembre 2009

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/antisemitisme-francois-cluzet-64705

Antisémitisme : François Cluzet accusé ?

par William Castel

François Cluzet est dangereux, qu’on se le dise. C’est le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme qui le dit. Après Dieudonné et Jacques Attali, l’association communautaire juive fait du comédien sa nouvelle cible.

François Cluzet antisémite ! L’accusation paraît surréaliste, et pourtant... Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA) accuse l’acteur, dans un communiqué paru le 8 novembre, de "désinformation caractérisée et d’incitation à la haine", suite à son apparition, dimanche, dans le 13h15 de France 2.

Profitant du débat sur l’identité nationale, l’acteur a dénoncé le mur de silence qui entoure l’histoire du Franco-Palestinien, Salah Hamouri, emprisonné depuis 2005 en Israël pour, d’après lui, un simple "délit d’opinion".

"Il est franco-palestinien et il est en prison depuis quatre ans en Israël pour délit d’opinion, simplement parce qu’il a dit qu’il était contre la colonisation. Personne n’en parle !", a-t-il lancé, dans une colère à peine contenue, en direct dans le magazine de Laurent Delahousse.

Deux versions des faits

Selon le BNVCA, qui a immédiatement réagi, François Cluzet désinforme le public. En effet, Salah Hamouri aurait "été arrêté le 13 mars 2005, jugé et condamné par la justice d’Israel pour avoir en sa qualité de leader d’une faction du FPLP, -organisation dont le but est la destruction d’Israel- préparé et planifié avec 2 complices, un attentat terroriste, contre la personne du Grand Rabbin OVADIA YOSSEF, considéré comme le plus grand décisionnaire contemporain, en matière de règles concernant le judaïsme, d’envergure internationale, suivi et respecté par tous les juifs dans le monde entier." On est loin ici du simple délit d’opinion... et le BNVCA a justement saisi le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) pour rétablir la vérité... ou plutôt sa vérité.

En effet, la version des faits est sensiblement différente si l’on se réfère au comité de soutien de Salah Hamouri, qui compte parmi ses membres des personnalités aussi diverses que Marie-George Buffet, Jean-Louis Bianco, Jack Lang, Christiane Taubira, Clémentine Autain, Olivier Besancenot, Albert Jacquard, Rony Brauman, Edgar Morin, Monseigneur Jacques Gaillot, Mouloud Aounit du Mrap, le journaliste Richard Labévière ou encore... François Cluzet. Selon ce comité de soutien, "le jeune franco palestinien de 23 ans (...) est parfaitement innocent. (...) Ce qu’on lui reproche ? Être passé 3 mois avant son arrestation devant le domicile de Yossef Ovadia, chef du parti Shas, rabbin connu pour ses positions extrêmes. Ce fait banal, joint à l’accusation - du reste non fondée - de son appartenance au FPLP, ont conduit le tribunal militaire israélien installé en territoire palestinien à considérer que Salah Hamouri avait « l’intention » d’attenter à la vie de cette personne. Alors qu’aucune preuve concrète n’a pu être présentée et que son habitation a été fouillée au peigne fin par les services spéciaux israéliens qui n’ont rien trouvé y compris dans le disque dur de son ordinateur, Salah Hamouri, bien qu’innocent, a été ainsi condamné à 7 ans de prison pour un “délit d’intention”. Notre jeune compatriote français est donc un otage."

Terroriste pour les uns, otage pour les autres. Leader d’une faction du FPLP (Front populaire de Libération de la Palestine), ou simple sympathisant... Compatriote français, ou futur ex-Français... Le BNVCA réclame en effet "aux Ministres de l’Intérieur et de la Justice d’engager une procédure de déchéance de la nationalité française de Salah HAMOURI pour les faits qui lui sont reprochés". Quant au rabbin visé, il est présenté tantôt comme une figure éminente et unanimement respectée, tantôt comme un dangereux extrémiste... qui a, il est vrai, tenu des propos assez radicaux lors de son prêche de Pessah (la Pâque juive) en 2001, lorsqu’il préconisa l’extermination pure et simple des Arabes afin d’en finir avec la question palestinienne et l’Intifada : "Il faut, a-t-il dit, depuis la chaire de sa synagogue de Jérusalem, anéantir les Arabes. Il ne faut pas avoir pitié d’eux, il faut leur tirer dessus avec des super missiles, les anéantir, ces méchants, ces maudits." On le voit, entre le BNVCA et le comité de soutien de Salah Hamouri, les appréciations divergent.

Cluzet coupable ?

Mais qu’en est-il alors des accusations lancées contre François Cluzet ? Peut-on dire qu’il nous a désinformé ? L’accusation paraît excessive. Disons plutôt qu’il n’a pas été très précis : en effet, Salah Hamouri n’a pas été condamné (comme il le prétend) pour délit d’opinion, mais pour délit d’intention. Non parce qu’il s’opposait aux colonisations israéliennes, mais parce qu’on a considéré qu’il avait l’intention de tuer un rabbin. On pardonnera à l’acteur, dans une séquence télévisée d’une minute à peine, et sous l’emprise peut-être de l’émotion, de s’être ainsi mépris, d’avoir manqué à la rigueur journalistique la plus irréprochable. D’autant que dans les deux cas, opinion ou intention, le motif de condamnation paraît pour le moins léger.

Quant à la deuxième partie de l’accusation - incitation à la haine -, elle ne serait recevable que si Cluzet avait pris la défense d’un homme clairement reconnu comme un dangereux terroriste, et dont l’objectif ultime serait la destruction d’Israël. Or nous avons vu que ces points sont fortement contestés : selon ses soutiens, Salah Hamouri n’appartient pas au groupe du FPLP et n’a jamais eu l’intention de tuer le grand rabbin Ovadia Yossef. François Cluzet, qui défend un homme qu’il estime innocent, n’incite donc nullement à la haine.

Odieuse insinuation

Le BNVCA, dans la suite de son communiqué, joue la concurrence victimaire : "Nous rappelons à Mr CLUZET qui parait si sensible aux droits de l’homme, qu’un jeune homme franco israelien Guilad SHALIT est lui innocent et l’otage depuis 3 ans des terroristes palestiniens du Hamas à GAZA. Contrairement à HAMOURI, il ne bénéficie d’aucun droit de visite ou autre droit, en infraction avec les conventions internationales. Cela ne semble en rien dérager la conscience de Mr CLUZET défenseur des droits de l’homme sauf peut-être de l’homme juif ou israélien." Cette insinuation finale est terrible. Parce qu’il n’a pas songé à défendre Guilad Shalit en même temps qu’il défendait Salah Hamouri, François Cluzet serait peut-être... antisémite. L’homme universel de la Déclaration qu’il défend exclurait peut-être... l’homme juif. Cette accusation à peine voilée fait froid dans le dos.

Mais, on va le voir, si Cluzet a négligé de parler de Guilad Shalit dimanche midi sur France 2, c’est peut-être tout simplement parce que le gouvernement français s’en est déjà préoccupé bien suffisamment lui-même, sans qu’on ait besoin d’en rajouter, alors qu’il paraît beaucoup moins concerné par le sort de Salah Hamouri.

Deux poids deux mesures

Sur Bakchich, Jacques-Marie Bourget a réagi à ce nouveau chantage à l’antisémitisme - pratique devenue courante -, et dénoncé le deux poids deux mesures : "Alors que le Franco-israélien Gilad Shalit, détenu par le Hamas, est l’objet de toutes les attentions à Paris, le cas de Salah Hammouri, Franco-palestinien emprisonné sans raison en Israël, ne semble pas passionner notre délicieuse secrétaire d’Etat."

Ainsi Bourget rappelle-t-il : "Le président de la République, Bernard Kouchner, Bertrand Delanoë, tout ce qui compte dans la politique française demande la libération de Shalit. Mais mettre dans la balance Hamouri, ça casse l’ambiance. La preuve : à la question posée lors d’un point de presse, « la libération d’Hamouri est-elle aussi nécessaire que celle de Shalit », Kouchner a répondu « Nécessaire n’est pas le mot. »"

En mars dernier, sur Politis, c’est Denis Sieffert qui remarque qu’avec Shalit et Hamouri, la France invente les droits de l’homme asymétriques ! Il rappelle que Hamouri est emprisonné pour "des faits qu’il n’a pas commis, et qu’on ne lui reproche même pas, puisque c’est d’avoir eu l’intention de les commettre qu’il est accusé." Or, le délit d’intention n’existe dans aucune démocratie, et aucun élément ne corrobore la volonté prêtée au jeune homme. Il n’est donc "pas exagéré de parler de prise en otage pour Salah Hamouri". "Dans le traitement totalement inégal réservé par la France aux deux jeunes hommes - Shalit a 22 ans, Hamouri aura 24 ans au mois d’avril -, qui l’un et l’autre ont la double nationalité, il semble décidément que Paris ait inventé les droits de l’homme asymétriques", observe Denis Sieffert.

Même constat de Chouikha sur AgoraVox en août dernier, dans un article intitulé "La scandaleuse incarcération de Salah Hamouri" : "Le caporal Gilat Shalit est un soldat franco-israélien ; il a été arrêté les armes à la main et emprisonné à Gaza lors d’une "opération militaire de routine" contre des palestiniens. La diplomatie française s’est entièrement mobilisée (...). Désormais, son portrait flotte sur le fronton de plusieurs édifices publics français. La famille Shalit a bénéficié de tous les égards de la part des médias, de la mairie de Paris, et même de Nicolas Sarkozy qui les a reçu à plusieurs reprises en grandes pompes à l’Elysée. Le président de la République a même dépêché le conseiller diplomatique Jean-David Levitte auprès du président syrien Bachar Al Assad pour plaider la cause du caporal. (...) Rien de tel pour Salah Hamouri qui est aussi un français..."

Le 16 décembre 2008, le conseil de Paris décide de distinguer Gilad Shalit comme citoyen d’honneur de la Ville de Paris. Les Verts avaient bien déposé un voeu demandant que la citoyenneté d’honneur de la Ville soit aussi accordée à Salah Hamouri, mais il a été repoussé par l’assemblée municipale. En réponse à ce geste à sens unique, le maire de Grigny René Balme fera de Salah Hamouri, le 16 mai 2009, le citoyen d’honneur de sa ville.

Naissance d’un buzz

De son côté, le Président de la République n’aurait pas été complètement inactif : selon lepoint.fr, "Nicolas Sarkozy a adressé un courrier à Benyamin Netanyahou, premier ministre israélien, afin de réclamer un "geste de clémence" envers le Franco-Palestinien. Mais manifestement ce geste ne suffisait pas à François Cluzet, qui a jugé utile de braquer un peu plus fort les projecteurs sur cette douloureuse affaire. Un coup de projecteurs sans doute pas inutile quand on voit que Jean-François Copé lui-même s’est dit ignorant du cas Hamouri...

Une prise de parole amplifiée, de manière inespérée, dimanche, par le communiqué outrancier du Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, qui, par son horrible insinuation (qui va forcément créer un énorme buzz...), va définitivement porter l’affaire Hamouri dans la lumière. A partir d’aujourd’hui, l’affaire Hamouri, qui n’intéressait personne, devient l’affaire Cluzet, et nul doute que de celle-ci, tout le monde va parler !

Le BNVCA s’était déjà fait remarquer, en juin dernier, en appelant à l’interdiction du parti de Dieudonné et de sa liste pour les Européennes ; il avait aussi condamné, plus récemment, "les récidives négationnistes du président iranien", qualifié de "clone oriental d’Hitler de ce 21e siècle", et "ses provocations injurieuses envers le Présdent Sarkozy". Jusque là, rien que de très attendu... Plus surprenant, le 19 octobre, il a condamné "les propos délirants de Jacques Attali qui fait preuve d’ignorance, de négationnisme en assurant que les juifs mentent sur l’antisémitisme qu’ils subissent, laissant croire qu’il s’agit d’une propagande d’Israël". Accuser Jacques Attali de pratiquer un "négationnisme caractérisé" a au moins le mérite de l’originalité... Il fallait oser !

Il est clair qu’une telle outrance dans les jugements ne peut avoir qu’un effet hautement improductif - voire contre-productif. C’est sans doute tout bénef pour la cause que défend François Cluzet.




Par FISCHER
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Mardi 10 novembre 2009

http://www.frontsyndical-classe.org/article-de-l-interview-de-bernard-thibault-donnee-au-journal-le-monde-39141314.html


De l’interview de Bernard Thibault donnée au journal Le Monde

Le Front Syndical de Classe, en la personne de son président Roger SILVAIN, s’élève contre les propos tenus par Bernard Thibault dans son interview donnée au Monde le 9 novembre 2009.

Malgré une pique bien inoffensive à destination de la CFDT accusée de remettre le changement social à un peu trop loin (comme si l’état-major CFDT n’était pas missionné pour trahir chaque lutte et chaque revendication), tout dans cette interview confirme l’ancrage dans le syndicalisme rassemblé du principal dirigeant de la CGT.

S’accrochant à une lecture superficielle des résultats aux prud’homales (marquée avant tout par une abstention massive faisant figure de désaveu et par l’engagement massif des militants de terrain et de lutte CGT reconnus à la base permettant à la CGT de limiter les dégâts), B. Thibault débute son interview en balayant la candidature de JP Delannoy : « C’est une candidature individuelle, elle n’a pas été présentée suivant les règles statutaires, elle ne sera donc pas prise en compte. Jean-Pierre Delannoy veut incarner une autre orientation pour la CGT. Ce débat sera réglé au congrès.»

Alors le congrès de la CGT n’est normalement nullement à la botte de l’équipe sortante mais bien le congrès des syndicats, souverains durant son déroulement, B. Thibault refuse de reconnaître le courant important que représente Delannoy, en particulier dans les bases syndicales. Outre les prises de position de plus en plus nombreuses de militants et organisations de base, l’ampleur de la rupture entre les bases syndicales et l’appareil confédéral est pourtant confirmée par l'enquête diligentée par la Confédération elle-même en juillet auprès des UD et des Fédés et dont les remontées sont très claires : si la ligne est approuvée par l'appareil permanent, elle ne passe pas dans les syndicats : « nous avons du mal à être écoutés », déploraient les cadres intermédiaires.

C’est donc dire le peu de cas fait ici à la démocratie syndicale, déjà sérieusement mise à mal par la préparation du congrès (sans même parler des mises à l’écrit, mesures administratives ou même exclusion pure et simple de syndicats ou d’UL) : la désignation des délégués a principalement eu lieu avant même la parution des documents officiels et très peu de syndicats ont été réunis pour désigner les délégués et candidats à la future commission exécutive.

Mais elle sera encore bien plus en danger si passent les projets confédéraux au cours d’un congrès qui paraît donc joué d’avance.

Derrière les discours sur la nécessité de syndiquer davantage, ce que nul syndicaliste ne conteste, le document d'orientation propose en effet la remise en cause des syndicats d'entreprise et du fédéralisme et programme leur remplacement par de nouvelles structures « à la carte » validées par une commission confédérale d'affiliation en fonction de leur adaptation à la ligne confédérale. Adieu donc à ce qui a fait la richesse de la CGT : la conf' n'est plus la coordinatrice mandatée par la base mais, depuis Montreuil et les bureaux de la CES à Bruxelles, elle dirige, valide ou exclut : la démocratie syndicale est supplantée par le centralisme bureaucratique.

Ainsi serait définitivement verrouillé le recentrage confédéral et, après la mise en place du Cogetise au congrès précédent, l'état-major confédéral disposerait de tous les moyens pour mettre au pas les organisations de base encore largement imprégnées de lutte de classes – avant de les exclure.

L'enjeu est de taille pour les syndiqués CGT et, au-delà, pour l'ensemble des travailleurs.

Il recouvre la bataille sur le bilan et l’orientation de la direction confédérale alors que Bernard Thibault fait, toujours dans cette interview, un plaidoyer pour le « compromis » (en cette période, on aurait pu espérer qu’il parle de lutte voire de lutte de classe) et, dans le droit fil des documents préparatoires au congrès, évacue l’enlisement par les directions syndicales de la mobilisation du premier semestre 2009 et le bilan pour les travailleurs de ces 20 dernières années de syndicalisme rassemblé.

Or chaque militant syndical sait ce que signifie « compromis » et qu’il n’est en même temps de compromis utile aux travailleurs qu’appuyé sur un rapport de force : alors que la confédé a renoncé à construire ce rapport de force, de quel compromis utile aux travailleurs B. Thibault peut-il se réclamer sur les 20 dernières années?

Sur les salaires ? Depuis 20 ans, la masse salariale nationale est amputée annuellement de 180 milliards d'euros : où est le compromis ? Sur les retraites, où est le compromis ? Concernant la sécu et l'accès au soins, où est le compromis ? La casse du service public et de l'éducation ? L’emploi, les délocalisations et la casse industrielle ? Les droits et les libertés syndicales ? C'est du 120% de satisfaction pour le capital aux affaires.

Depuis 20 ans, les travailleurs encaissent coups sur coups et subissent reculs sur reculs de la part d’un pouvoir patronal décidé à mener et à gagner la lutte de classe. Pendant ce temps, la direction confédérale a passé son temps à liquider l’héritage de classe qui fit la force de la CGT et des travailleurs, et à construire le syndicalisme rassemblé au sommet dans l’accompagnement du patronat et dans la défaite pour les travailleurs, en France et au niveau international (CES-CSI).

En dépit de ce qu’affirme B.Thibault, elle flirte désormais en permanence avec la compromission, à l’Elysée, dans les salons feutrés du Medef ou de l’UE, dans des associations comme Confrontations-Europe ou Dialogues, dans le refus de construire le tous ensemble en même temps seul capable de battre le grand capital et ses institutions.

C’est pourquoi il est vital pour la CGT et pour l'ensemble des travailleurs que soit clairement posée la question de l'orientation syndicale et des directions qui la portent : poursuivre avec le syndicalisme perdant de ces 20 dernières années ou redéfinir l'orientation de la grande CGT par la renaissance du syndicalisme de classe et de masse qui lutte au quotidien pour la satisfaction des revendications et à long terme pour la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme et la socialisation des moyens d'échange et de production ?

C’est pourquoi le FSC soutient la candidature de Jean Pierre Delannoy comme secrétaire général de la CGT contre Bernard Thibault, susceptible de favoriser le débat et le rassemblement entre syndiqués de lutte afin de sauver la grande CGT et la replacer sur ses fondamentaux. Le mécontentement populaire face à la casse sociale et la colère militante face aux directions syndicales est important. La direction CGT le sait bien et mise sur le verrouillage, l’exclusion pour accélérer et rendre définitive la dérive.

Mais la CGT, notre CGT, c’est celle des camarades et des militants du terrain. On ne veut pas la perdre et la laisser aux mains de ceux qui n’ont que des défaites comme bilan et la poursuite du naufrage comme proposition.

Roger SILVAIN, ex-secrétaire général CGT Renault Billancourt, ex-coordinateur CGT groupe Renault, président du Front Syndical de Classe.

76% d’abstention ! On ne peut pas dire pour les élections politiques que 60% d’abstention, c'est catastrophique pour la démocratie et évacuer la question lorsque que le monde du travail est concerné !




Par FISCHER
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Mardi 10 novembre 2009

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/11/09/enseignement-la-mutinerie-des-hussards_1264708_0.html


La mutinerie des hussards

LE MONDE | 09.11.09 | 14h59  •  Mis à jour le 09.11.09 | 23h22


"Aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir." Le 6 novembre 2008, Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers, dans la banlieue toulousaine, débute ainsi la lettre qu'il envoie à son inspecteur d'académie. Il est bientôt imité par de nombreux collègues un peu partout en France. Chez les hussards noirs, ces instituteurs chers à Charles Péguy, il y a de la mutinerie dans l'air ! Ils sont 2 835 professeurs des écoles à refuser les réformes les plus récentes du primaire. Un mouvement de protestation comme l'éducation nationale les affectionne ? Pas si simple. Les "désobéisseurs", comme ils se qualifient eux-mêmes, se démarquent des formes classiques de contestation.

Menée en dehors des syndicats, la démarche est atypique. Alain Refalo, militant depuis vingt-cinq ans au Mouvement pour une alternative non violente, et objecteur de conscience à l'époque où le service militaire était encore obligatoire, se réfère au philosophe et poète américain Henry David Thoreau, antiesclavagiste dont la théorie de la désobéissance civile a influencé Tolstoï, Gandhi et Martin Luther King. En exergue, sur son blog, une citation de Georges Bernanos, "Il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre", donne le "la". Sur le site du mouvement, une citation d'André Gide annonce la couleur : "Le monde ne sera sauvé, s'il peut l'être, que par des insoumis."

Deux mille huit cent trente-cinq réfractaires, c'est peu, au regard des 367 900 enseignants du premier degré. C'est beaucoup, pour un mouvement qui ne comporte aucune revendication catégorielle mais se cristallise sur la seule relation de l'enseignant à l'élève, et fait courir de vrais risques à ceux qui le suivent. Tous se regroupent autour de trois refus. Celui d'appliquer les nouveaux programmes de 2008, vécus comme un retour à des méthodes directives où les savoirs comptent bien plus que la manière de les transmettre. Celui, pour les directeurs d'école, de refuser de transmettre les données chiffrées de base élèves, un dispositif statistique jugé attentatoire à la vie privée. Celui, enfin, de l'aide personnalisée, mise en place, elle aussi, à la rentrée 2008.

Ce dernier point est le coeur du débat et l'élément déclencheur du mouvement. Conçue pour permettre un soutien scolaire de deux heures hebdomadaires en français et en mathématiques aux élèves en difficulté, elle est jugée beaucoup trop scolaire pour ne pas renforcer les jeunes en échec dans leur rejet du système éducatif. D'autant que, avec l'adoption de la semaine de quatre jours et la fin de la classe le samedi matin, les deux heures alourdissent un emploi du temps déjà important. Les hussards se mutinent mais ne désertent pas : ils prennent les élèves deux heures par semaine, mais sur des activités ludo-éducatives, théâtre ou jeux pédagogiques, plutôt que pour faire des mathématiques et du français.

Leur aversion pour les réformes du primaire traduit un divorce plus ancien entre ces professeurs des écoles, proches des méthodes participatives de Célestin Freinet, et leur ministère de tutelle. De 2006, avec le débat lancé par Gilles de Robien à propos des méthodes d'apprentissage de la lecture, jusqu'à aujourd'hui, le climat n'a cessé de se tendre entre le ministère de l'éducation nationale et les tenants des pédagogies actives, qui estiment que leur espace se réduit au sein de l'éducation nationale. Les désobéisseurs cristallisent ces inquiétudes et les portent sur la place publique. Non sans remous.

Au-delà des questions de fond se pose celle de la légitimité du refus d'obéissance : est-il légitime de rejeter les circulaires et instructions d'un gouvernement issu d'une majorité légitimement élue ? Sans surprise, le ministère répond par la négative. Confirmant les propos de son prédécesseur Xavier Darcos, Luc Chatel, dans une de ses toutes premières déclarations, a asséné : "La désobéissance n'est pas compatible avec les valeurs de l'éducation, avec l'idée que je me fais du métier d'enseignant."

Les dents grincent. Y compris quand Alain Refalo répond à l'invitation du pique-nique annuel "Paroles de résistance", organisé par l'association Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui, en présence de personnalités de la Résistance tels Raymond Aubrac et Stéphane Hessel. Eminemment politique, l'association se donne pour but de "refuser la récupération politicienne des combats et des valeurs de la résistance par le chef de l'Etat ainsi que pour célébrer les valeurs de fraternité et de solidarité du programme du Conseil national de la Résistance". Ce compagnonnage leur vaut de se faire stigmatiser par la droite comme "une passerelle jetée entre la mouvance anarcho-libertaire de la nébuleuse altermondialiste et la gauche institutionnelle qui fait depuis trente ans la pluie et le vilain temps dans l'éducation nationale" (Valeurs actuelles, 30 avril).

La réalité est plus complexe. S'il y a gros à parier que les sarkozystes doivent être fort peu nombreux dans leurs rangs, leur mouvance n'est pas idéologiquement homogène, entre pacifistes, gauchistes, gauche traditionnelle, non-syndiqués, syndiqués... Cette hétérogénéité se retrouve dans le rapport qu'ils entretiennent avec les syndicats. Aux prémices de leur action, ceux-ci ont considéré les trublions avec circonspection."Sud Education nous a immédiatement soutenus, explique Bastien Cazals, professeur des écoles à Saint-Jean-de-Vedas (Hérault). Pour le SGEN-CFDT, le SE-UNSA et le Snuipp, ce sont d'abord les adhérents des sections départementales qui nous défendent. Les directions nationales restent réservées sur nos formes d'action."

Quand elles n'y sont pas hostiles, comme le SE-UNSA : "Nous ne pouvons cautionner l'action individuelle. Seule l'action collective garantit la défense des salariés, explique Christian Chevalier, son secrétaire général. Au SE-UNSA, nous sommes légalistes. Nous considérons qu'en démocratie les fonctionnaires doivent appliquer les lois et les circulaires." Raisonnant à fronts renversés, le syndicaliste voit dans l'attitude des désobéisseurs face au dispositif d'aide personnalisée un possible... cheval de Troie du libéralisme : "Au nom de la liberté pédagogique, les désobéisseurs revendiquent la liberté d'action dans leur classe. Si l'enseignement et les méthodes varient beaucoup d'une classe ou d'un établissement à l'autre, les parents, dans une logique consumériste, vont choisir en fonction de ce que propose l'enseignant aux élèves."

Bastien Cazals s'étrangle d'un tel argumentaire. Cet ex-ingénieur est l'auteur d'un petit livre (Je suis prof et je désobéis, éditions Indigène) dans lequel il pourfend la logique libérale qui, pour lui, poursuit de façon méthodique la destruction totale de l'école républicaine : "Nous ne désobéissons pas parce que nous n'aimons pas les lois, mais parce que les récentes dispositions constituent une contre-réforme. Nous défendons l'école publique laïque de Jules Ferry."

Les parents d'élèves ne leur sont pas hostiles, du moins ceux qui adhèrent à la FCPE, fédération classée à gauche et majoritaire. "Nous approuvons leur rejet des réformes et leur hostilité à la semaine de quatre jours, explique Jean-Jacques Hazan, son président. Sur le terrain, les rapports entre la grande majorité de ces enseignants et les parents sont généralement assez bons. Les parents les soutiennent régulièrement."

Depuis le mois de juillet, les sanctions administratives tombent à l'encontre des désobéisseurs. Une centaine d'entre eux font l'objet de retenues sur salaire parfois importantes pour service non fait. Sur recours des intéressés, le tribunal administratif a suspendu ces retenues pour trois d'entre eux au motif que la nature du service qu'ils n'avaient pas effectué n'était pas assez précisée par leur autorité de tutelle. Mais le ministère a fait appel... Et lance la machine des sanctions disciplinaires contre les figures du mouvement. Alain Refalo a subi une rétrogradation d'échelon aux lourdes conséquences financières. Bastien Cazals a subi un blâme. Plus sévère, Erwan Redon, professeur des écoles à Marseille, a fait l'objet d'une mutation d'office.

Si leur mouvement suscite de la sympathie, leurs collègues rechignent à s'engager plus avant, au vu des risques encourus. Aujourd'hui, les désobéisseurs veulent élargir les bases du mouvement. Lors de leur université d'été, en août dernier, à Montpellier, ils ont élaboré une charte de résistance pédagogique qui permet d'affirmer "la possibilité de mettre en place toute alternative pédagogique dans l'intérêt des enfants". Une manière d'associer publiquement des soutiens qui n'osent se déclarer par peur des sanctions. A ce jour, seuls 2 000 enseignants ont signé.

Les hussards sont touchés dans leur solde, pas dans leur détermination. Selon Philippe Meirieu, universitaire et chef de file du courant pédagogue, ils ont transgressé une règle d'or de cette grande muette qu'est l'éducation nationale : "Le système scolaire s'est fait une spécialité de l'ensablement des réformes. Quand elles les dérangent, les professeurs se débrouillent pour ne pas les appliquer. Sans faire de vagues et sans sanction. En revendiquant publiquement leurs actes, ils rompent avec l'usage de ne pas faire et de n'en rien dire."

Christian Bonrepaux

Par FISCHER
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