Vous trouverez ci-dessous les deux derniers paragraphes d’un message de Panagiotis Grigoriou relatif au programme de SYRIZA.
Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.alencontre.org à l’adresse ci-dessous.
Bernard Fischer
Sur Salamine ou à Athènes certains cafés ne se remplissent plus, même durant le week-end. Nos chats «adespotes » (littéralement « insoumis », c’est aussi un terme juridique), comme on désigne ici les animaux errants, se bagarrent comme toujours, mais sans gravité disons vitale. Chez les humains, et face aux intimidations de toute sorte, SYRIZA, vient de rendre public, son programme de gouvernement, en résumé: «La première mesure prise par SYRIZA, sera l’annulation du Mémorandum, et plus précisément du Mémorandum II, co-adopté par la Troika et le gouvernement Papadémos, soutenu par le PASOK et la Nouvelle Démocratie. À leur place, il présentera au Parlement, un Plan National de développement économique et social, basé sur la restructuration de nos productions, la redistribution des revenus, ainsi que l’assainissement juste de l’État. Il est connu que le Mémorandum I et II – et surtout le second – ont été ratifiés par une loi expresse, sans respecter, ni le règlement de l’Assemblée, ni la Constitution (…) Parmi nos premières mesures, l’abolition des lois destructrices en ce qui concerne les libertés syndicales et le droit du travail (…) SYRIZA, dénoncera les emprunts (les Traités avec la Troïka) afin de remplacer leurs conditions odieuses par d’autres qui ne remettront pas en question la souveraineté nationale ainsi que la survie économique de notre pays. Des conditions comme, la priorité accordée au remboursement des emprunts ou à la mainmise sur les biens de l’État, accordées aux créanciers par le Mémorandum, ne seront plus acceptées et sans conditions (…) Le but d’un gouvernement de gauche en Grèce sera de réussir, en établissant les alliances nécessaires, surtout avec les pays de l’Europe du Sud, dans l’organisation d’un Congrès international et européen sur les dettes souveraines, afin d’y trouver une solution commune et viable à un problème aussi européen. La solution doit être commune, c’est-à-dire la suppression organisée des dettes sans recours à de quelconque Mémorandum, qui démolissent, comme on sait, nos sociétés.
Cet accord global pourrait prendre la forme d’un moratoire sur le règlement de la dette qui serait lié à la croissance et à l’emploi pour ce qui en resterait, en prenant comme modèle, les décisions analogues, prises à l’encontre de l’Allemagne en 1953 (…) La sortie de la Grèce de la zone euro est utilisée comme principal chantage sur le chemin des urnes. Pour nous, une telle éventualité ne doit pas être un choix de nos partenaires européens, sauf si, ils ont déjà décidé la destruction de l’euro et l’abolition de la zone euro. Les événements politiques en cours auront alors une dimension mondiale et seul un gouvernement de gauche sera capable d’y faire face, car il sera garant de la cohésion social et œuvrera aussi pour la protection des plus faibles parmi les citoyens (…) Seulement, le scénario de l’abolition de la zone euro devient probable dans la mesure où la politique du Mémorandum se poursuit en Europe. L’Europe du Mémorandum est de toute façon condamnée à disparaître (…) En tout cas, nous ne reculerons pas devant le chantage et nous n’abandonnerons pas notre programme de refondation (…), à défaut de ce programme, la catastrophe de notre pays sera totale et inéluctable, que ce soit dans la zone euro ou en dehors de celle-ci. En conclusion, nous ne proposons pas un chemin facile, mais c’est ainsi que le pays trouvera une perspective de sortie de la crise, dans la justice, la démocratie et la dignité ».