Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 19:52

http://www.liberation.fr/planete/2016/09/22/eta-le-pays-basque-revit-et-oublie_1506650

Le pays basque revit et oublie

Par François Musseau, envoyé spécial de Libération à Saint-Sébastien

Jeudi 22 Septembre 2016

Seulement cinq ans après l’annonce du cessez-le-feu par l’organisation terroriste, la question identitaire a laissé place aux inquiétudes sociales.

Revers de la médaille, la mémoire des années sanglantes s’efface.

Quiconque, cinq années plus tard, foulerait de nouveau les ruelles de la vieille ville de Saint-Sébastien aurait de quoi écarquiller les yeux. Fini, les slogans de soutien à Euskadi Ta Askatasuna (ETA) barrés sur les murs décrépits. Fini, les bars abertzales où le client est obligé de donner de l’argent pour les prisonniers politiques. Fini, cette atmosphère suffocante où celui qui ne se sent pas séparatiste préfère éviter certaines rues, de peur d’être stigmatisé, regardé de travers et insulté.

Aujourd’hui, l’ambiance est partout relâchée. Jeunes et moins jeunes se mêlent dans des restaurants accueillants, non discriminatoires. « A une ou deux exceptions près, il n’y a plus de ghettos idéologiques, ni à Saint-Sébastien ni à Bilbao ou toute autre bourgade du Pays basque. Nous pouvons enfin nous déplacer et nous exprimer sans être immédiatement catalogués comme membre d’un camp ou d’un autre », assure Oscar Terol, quarante sept ans, un des créateurs de Vaya Semanita, un programme humoristique d’Euskal Tele Bista (ETB), la chaîne publique basque, le premier à avoir osé rire du phénomène terroriste. Le 20 octobre 2011, bérets noirs et cagoules blanches, assis devant le macabre symbole de l’organisation indépendantiste armée ETA, un serpent lové autour d’une hache, trois activistes décrétaient dans un spot télévisé le cessez-le-feu définitif. Cette annonce mettait fin à quarante ans de terreur, d’enlèvements, d’extorsions de fonds, de coups de revolver tirés dans la nuque et de bombes-ventouses posées sous des sièges de véhicule. Au total, les terroristes basques ont tué huit cent cinquante sept personnes, dont vingt trois enfants. Ils avaient maintenu un bras de fer avec l'état espagnol, responsable indirectement d’au moins trente cinq assassinats dans les années 1980.

Cette mise en scène signifiant l’adieu aux armes a donc eu lieu il y a presque cinq ans. Et pourtant cela paraît un siècle. Si l’on en juge par le panorama actuel, par l’insouciance qui se dégage des rues basques, des conversations dans les cafétérias ou les campus universitaires, et de la parole libérée dans les médias, les forums ou les conférences, le sujet a été relégué dans l’oubli. « Etes-vous sûrs que nous avons vécu près de quarante ans de terrorisme. N’était-ce pas seulement un mauvais rêve », ironisait il y a peu un des humoristes de Vaya Semanita.

Ces jours-ci, alors que des élections législatives vont renouveler dimanche le parlement régional basque, on peut se demander ce qu’il reste des années de plomb. Aucun parti ou presque n’aborde ce passé douloureux. L’actuel chef de l’exécutif et favori à sa réélection, le nationaliste modéré Iñigo Urkullu, affirme que « l’indépendance n’a aucun sens à l’heure d’une Europe d'états interdépendants ». Un récent sondage publié par le quotidien Diario Vasco montre que les principales préoccupations des deux millions deux cent mille habitants d’Euskadi sont, par ordre décroissant, le chômage, pourtant la moitié du taux national avec un taux de chômage de douze et demi pour cent, le vieillissement de la population, avec vingt et un pour cent des habitants de plus de soixante cinq ans, la situation économique, pourtant pas si mauvaise, et la corruption des élites. Le « terrorisme d’ETA » n’est un sujet d’inquiétude que pour un pour cent des gens.

En sommeil, cette organisation créée en 1959 refuse toujours de se dissoudre et de rendre les armes, deux exigences réitérées par les autorités espagnoles et par tous les partis du spectre national. Bien sûr, l’indépendantisme n’a pas disparu pour autant. L’organisation Euskal Herria Bildu, héritière de l’ancien bras politique d’ETA, pourrait recueillir environ vingt pour cent des suffrages et demeurer la deuxième force parlementaire. Mais celle-ci est talonnée par Podemos, opposé à l’indépendance quoique, comme en Catalogne, favorable à un référendum d’autodétermination. « Ce qui montre », affirme le chroniqueur du País Luis Aizpeolea, « que la question identitaire intéresse de moins en moins les basques et qu’elle a été déplacée par la question sociale ».

Certes, la candidature d’Arnaldo Otegi, cinquante huit ans, leader historique de Bildu, a eu un fort impact médiatique. Elle pourrait faire penser que la fibre patriotique est toujours ardente. Cet orateur hors pair, qui vient tout juste d’être mis en liberté après un séjour carcéral de six ans pour « appartenance à une organisation terroriste », a toutefois du mal à rallier une jeunesse que la cause séparatiste laisse indifférente. Son affiche électorale est multicolore et on peut le voir jouer à l’éternel adolescent sur les plateaux de télé ou sur les estrades électorales. « Et pourtant », estime le politologue Patxi Unzueta, « les séparatistes doivent affronter une réalité, lorsqu’une organisation armée commet des attentats, on ne parle que d’elle, elle saisit les consciences. Lorsqu’elle n’agit plus, on veut vite oublier. C’est pourquoi, depuis l’absence d’ETA, les séparatistes de Bildu ont un mal fou à attirer l’attention ».

Ce phénomène d’amnésie collective, ou d’ignorance du passé récent, se produit alors qu’un récit commun n’a pas encore été construit. Arnaldo Otegi et les siens ont certes regretté publiquement « les souffrances causées » aux familles des victimes des attentats, mais les séparatistes radicaux, et notamment les quelque quatre cent activistes encore en prison, où se trouve le noyau dur des récalcitrants au retour à la normale, refusent en majorité de condamner l’action d’ETA et sa signification. « Bien sûr, ils savent que l’organisation a été vaincue », analyse l’historien José Antonio Pérez. « Mais au lieu de reconnaître que ces décennies d’attentats ont été une pure folie stérile, ils tentent par leur discours de justifier l’injustifiable. En disant notamment que ce conflit politique, nourri par la guerre civile entre 1936 et 1939 et la répression franquiste, était inévitable ».

Pour lui, comme pour de nombreux observateurs, les séparatistes radicaux sont aujourd’hui engagés dans une sorte de blanchiment de leur image.

Leur objectif est de laver leurs fautes passées et d’apparaître comme des acteurs fréquentables.

« Leur thèse, selon laquelle ETA n’a été qu’une réaction à une oppression espagnole, ne tient pas », ajoute José Antonio Pérez, « car quatre vingt quinze pour cent des attentats se sont produits après la mort de Francisco Franco ».

Les personnes touchées dans leur chair par les affres du terrorisme sont gênées aux entournures par cet oubli collectif dominant. Et l’Association des Victimes du Terrorisme (AVT), l’une des principales organisations de soutien, organise à la faculté de droit de Bilbao un séminaire pour que « la mémoire de la tragédie se perpétue auprès des jeunes générations ».

La semaine dernière, sur la place de la mairie de Vitoria-Gasteiz, la capitale régionale, elle a organisé une cérémonie florale où a été observée une minute de silence « pour se souvenir des morts », mais l’assistance était très réduite. « Personne ne veut se souvenir de ce passé sanglant et je le comprends en partie », se désole l’ancien élu socialiste Joseba Markaida.

L’homme a longtemps été menacé de mort. Pendant dix ans, entre 2001 et 2011, il a dû être escorté par des gardes du corps. « J’ai juste peur que les gens qui, comme moi, ont souffert de ce totalitarisme et qui aujourd’hui subissent du stress post-traumatique, n’intéressent que peu. Tout au plus les associations et les historiens », souffle-t-il. « Or il faudrait peut-être tirer des leçons de tout cela ».

Des initiatives contre l’amnésie sont toutefois à l’œuvre. Le collectif Eraikiz tente ainsi de rompre l’indifférence générale. Il organise des rencontres entre parents de victimes à la fois d’ETA et des Groupes Antiterroristes de Libération (GAL), ayant agi sous les ordres de l’état espagnol entre 1983 et 1987. Ou encore avec des victimes de violences policières, on parle de quelque cinq mille plaintes pour « torture et mauvais traitements ». Les nationalistes modérés, au pouvoir régional, ont agi dans le même sens en lançant fin 2015 un « institut de la mémoire », appelé Gogora. Le message est clair, tout le monde a souffert à des degrés divers. La violence ne doit plus se répéter. Marta Buesa, dont le père fut un dirigeant socialiste assassiné par un attentat à la voiture piégée en 2000, déteste ce récit officiel. « Cela crée un mélange confus qui met toutes les victimes au même niveau et qui, dans le fond, permet de diluer les responsabilités concrètes des uns et des autres ». Gorka Landaburu, un journaliste amputé d’une partie de la main après avoir reçu un colis piégé d’ETA, au mois de mai 2001, l’assure ainsi, « tourner la page, oui je veux bien, mais je veux qu’auparavant nous lisions attentivement tous les mots de la page que nous allons tourner ».

Published by FISCHER
commenter cet article
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 19:18

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/09/23/le-pays-basque-se-mefie-du-separatisme_5002290_3214.html

Le Pays basque se méfie du séparatisme

Cinq ans après la fin de la violence d'Euskadi Ta Askatasuna (ETA), les électeurs sont appelés à renouveler le parlement régional

Par Sandrine Morel, envoyée spéciale du Monde à Saint Sébastien

Accrochés aux fenêtres du centre de Saint-Sébastien ou de Bilbao, les habituels drapeaux qui demandent le rapprochement dans les prisons du pays basque des détenus etarras, dispersés dans toute l’Espagne, se font de plus en plus rares. En 2011, le groupe séparatiste armé ETA annonçait « la fin définitive de la violence » et les quarante ans de terrorisme semblent oubliés.

Depuis que la menace a cessé, la peur s'est envolée. Les gardes du corps ont disparu. Les langues se délient. Les tabous se lèvent. Et l'indépendantisme est en recul.

Les électeurs basques sont appelés à voter, Dimanche 25 Septembre 2016, pour renouveler leur parlement régional. Selon le dernier sondage officiel du gouvernement basque, daté du mois de juillet 2016, seuls vingt trois pour cent des basques, plus préoccupés par l’emploi ou la qualité des services publics, se disent favorables à l’indépendance. Pourtant, le prochain parlement devrait disposer d’une très large majorité de députés en faveur du « droit à décider », un euphémisme pour définir la possibilité de convoquer des référendums d’autodétermination.

Les trois principaux partis y sont favorables, le parti nationaliste basque (PNV), assuré, selon les sondages, de remporter de nouveau les élections, ainsi que Podemos et la coalition abertzale Euskal Herria Bildu, mouvance proche de l’ETA. De quoi inquiéter Madrid, déjà confronté à la rébellion du parlement catalan qui brave la constitution et semble décidé à s’engager sur le chemin de la sécession.

Cependant, le PNV, le parti état qui a gouverné la région depuis le retour de la démocratie, à l’exception d’une brève parenthèse quand le parti socialiste basque et le Parti Populaire se sont unis pour lui ravir le pouvoir, entre 2009 et 2012, ne veut pas de la dérive séparatiste qui, en Catalogne, a entraîné son ancien homologue catalan, l'ancienne coalition nationaliste Convergence et Union. Et ne perd pas une occasion de se démarquer de la voie catalane.

« Le PNV sait qu’il ne peut pas suivre le chemin de Convergence et Union sans risquer de perdre sa position dominante et centrale actuelle. Et ni son électorat, ni la majorité de la société basque ne sont pour une aventure indépendantiste », souligne le politologue Francisco Llera Ramo, directeur de l’institut de sondages de l’université du pays basque, Euskobarometro.

« Le PNV parle du droit à décider, de la réforme et de l’amélioration du gouvernement autonome et de la reconnaissance de l’identité nationale du pays basque de manière modérée, pragmatique et très consensuelle », dit-il.

« Convergence et Union n’était pas une coalition indépendantiste et Artur Mas, l’ancien président du gouvernement catalan, apparaissait comme un modéré », rétorque Borja Semper, porte-parole du Parti Populaire au pays basque, qui dit, pour sa part, craindre une division sociale comme en Catalogne.

Mais le pays basque n’est pas la Catalogne. Le pragmatisme règne dans cette région riche, majoritairement bourgeoise et conservatrice, qui dispose du plus haut degré d’autonomie, avec la Navarre, et d’un taux de chômage de douze et demi pour cent, huit points de moins que dans l’ensemble du pays.

« Vu le blocage qu’il y a à Madrid, sans gouvernement depuis neuf mois faute de majorité parlementaire claire, le plus important est la stabilité politique et économique », souligne Gorka Natxiondo, chef d’entreprise de trente neuf ans qui assiste en famille à un meeting du PNV, à Saint-Sébastien, le 18 septembre 2016. « Le droit à décider, c’est pour faire plaisir à la galerie. Le PNV est un parti modéré. Le gouvernement autonome est un cadre confortable. Ce qui est important, c’est de préserver la coexistence ici ».

Impossible aussi d’oublier la souffrance qu’ont provoquée les quarante ans de terrorisme de l’ETA. « Il était très difficile de poser la question basque comme un conflit purement politique, touchant des questions juridiques, quand il existait un groupe armé en activité », souligne Lander Martinez, candidat pour Podemos Euskadi. « Nous ne pourrions sans doute pas le faire si l’ETA assassinait encore ».

La jeune formation de la gauche anti-austérité est au coude-à-coude dans les sondages avec la coalition de la gauche abertzale, Euskal Herria Bildu.

Comme en Catalogne, elle défend la possibilité de convoquer un référendum sur l’indépendance tout en se positionnant pour rester en Espagne, « afin de changer le pays », souligne Lander Martinez.

Au palais des sports de Bilbao, où près de cinq mille personnes étaient réunies le 17 septembre 2016 pour suivre le meeting de l’ancien etarra Arnaldo Otegi et des candidats d’Euskal Herria Bildu, le discours était tout autre et c’est avec envie que l’on regarde la voie catalane.

Dans la salle, Aintzane, trente ans, maîtresse d’école, pense que « la fin de l’ETA nous permet d’avoir la voie plus ouverte pour revendiquer le droit à décider. Madrid a toujours utilisé les attentats pour ne pas reconnaître nos droits ».

Sur la scène, c’est au tour de l’ancien militant de l’ETA, sorti de prison au mois de mars 2016 après y avoir passé six ans pour « appartenance à un groupe terroriste » et déclaré inéligible par la justice espagnole, de s’exprimer. « Le changement de stratégie politique basque a fait sauter toutes les coutures de ce vieux régime, tout comme le processus catalan », affirme Arnaldo Otegi. « Ce qui remet vraiment en question le pouvoir de l’oligarchie est la défense de l’indépendance des peuples et des nations de l’état. Quand Podemos se rendra compte qu’il ne peut pas changer l’Espagne, j’espère qu’ils auront le courage de s’unir à notre projet indépendantiste et de gauche ». Pour le moment, Podemos a déjà dit non.

Published by FISCHER
commenter cet article
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 18:45

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/220916/desobeir-l-union-europeenne-nous-sommes-daccord-avec-vous-yanis-varoufakis

Désobéir à l’Union Européenne, nous sommes d'accord avec vous Yanis Varoufakis

Jeudi 22 Septembre 2016

Alexis Cukier, membre d’Ensemble et de l'European Research Network on Social and Economic Policies (ERNSEP), et Patrick Saurin, un des portes parole du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) de la Banque Populaire Caisse d'Epargne (BPCE) et membre de la commission pour la vérité sur la dette grecque interpellent dans une lettre Yanis Varoufakis sur son texte « la gauche européenne après le Brexit ».

Dans votre texte « la gauche européenne après le Brexit » publié Lundi 5 Septembre 2016 sur Mediapart, même si vous vous démarquez des positions des tenants du Lexit, le Brexit de gauche, tels que Tariq Ali, Stathis Kouvélakis, Vincenç Navarro et Stefano Fassina, vous semblez rejoindre certaines des positions politiques soutenant une alternative au néo libéralisme portées par de nombreuses forces de gauche en France, en Grèce et dans d’autres pays depuis longtemps. Ainsi, lorsque vous appelez à désobéir à l’Union Européenne, nous ne pouvons que vous approuver.

Votre texte étant présenté comme un texte programmatique consistant pour l’essentiel dans la réfutation des arguments des partisans du Lexit, nous avons souhaité contribuer au débat en vous soumettant quelques réflexions et en vous posant quelques questions concernant quatre sujets cruciaux pour la construction d’une alternative en Europe, la démocratie, la dette, les banques et la monnaie.

La démocratie

Le mouvement que vous avez créé, le mouvement pour la démocratie en Europe (DIEM), accorde à juste titre une place centrale aux questions de démocratie et d’action citoyenne.

Aussi, comment expliquer votre signature le 20 février 2015 d’un accord avec la troïka qui désavouait explicitement le programme de Thessalonique pour lequel Syriza avait été élu et qui vous avait porté au gouvernement ? Comme vous le savez, la majorité de la population et l’essentiel des forces de gauche étaient opposés à cet accord car il comportait notamment l’acceptation de la privatisation des biens publics de la Grèce, des objectifs économiques inatteignables et l’engagement à ne pas « désobéir », contrairement à ce que vous défendez à présent, aux diktats de la troïka. Ceux qui à l’époque soutenaient que cet accord conduirait inexorablement à la capitulation du gouvernement ont été confirmés par les faits.

Votre mouvement défend un « processus constituant » et vous vous déclarez dans votre dernier texte en faveur de « plans d’un redéploiement des institutions actuelles ». Que signifie au juste pour vous ce « redéploiement » ? Êtes-vous favorable à un démantèlement des traités et des institutions actuels de l’Union Européenne pour les remplacer par d’autres, dans le cadre d’une nouvelle union ? En définitive, ne pensez-vous pas que la démocratie en Europe passe, au-delà d’une désobéissance, par une remise en cause radicale des fondements de l’actuelle Union Européenne gravés dans le marbre des traités, concurrence libre et non faussée et absence de contrôle de la Banque Centrale Européenne (BCE)dont la seule préoccupation est l’inflation, et dans les pratiques qui structurent cette Europe, dumping fiscal et social, spéculation, fraude fiscale, chômage élevé, modèle économique destructeur de la nature et répartition inégale des richesses.

La dette

Comme vous le savez, le 4 avril 2015, Zoé Konstantopoulou, alors présidente du parlement grec, a créé la commission pour la vérité sur la dette publique grecque. Ce jour-là, vous êtes venu à cette réunion et êtes intervenu à la tribune mais vous n’avez pas abordé la question de la dette, vous avez développé un propos très général sur le système bancaire. À la fin du mois de juin 2015, la commission pour la vérité a rendu son rapport qui a fait ressortir que la quasi-totalité de la dette publique grecque était illégale, illégitime, odieuse et insoutenable et que, à ce titre, elle n’avait pas à être remboursée.

Des juristes et un expert indépendant de l'Organisation des Nations Unies (ONU), membres de la commission pour la vérité, ont rappelé que les droits humains fondamentaux, se nourrir, se loger, se soigner et avoir accès à l’éducation, doivent être assurés avant le paiement de la dette ainsi que le reconnaissent la charte de l'ONU et la convention de Vienne sur le droit des traités.

Pourtant à l'époque où vous étiez ministre des finances et confronté à l’attitude intransigeante des membres de la zone euro, vous ne vous êtes pas emparé du rapport de la commission pour la vérité sur la dette publique grecque. Dans vos propositions, vous n’avez jamais avancé et n’avancez toujours pas la suspension unilatérale du remboursement de la dette préconisée par la commission pour la vérité et qui trouvait une assise juridique sur l’état de nécessité reconnu par les cours et les tribunaux internationaux. Or une telle mesure était idéale pour poser les premiers jalons d’un « agenda progressiste », sachant que lorsque la commission pour la vérité a présenté le résultat de ses travaux, la préconisation du défaut de la dette était avancée sans être associée au Lexit, le Brexit de gauche.

Au vu de tels constats, pourquoi n’avez-vous pas soutenu la commission pour la vérité dont chacun doit convenir qu’elle travaillait « sur un agenda pragmatique, radical, concret et progressiste qui engageait le niveau du terrain et des experts progressistes », pour reprendre vos propres mots ?

Pourquoi en 2011 n’aviez-vous pas apporté votre soutien au comité d’audit citoyen de la dette grecque (ELE) qui s’était constitué ? La désobéissance que vous préconisez comporte-t-elle dans ses propositions le non-paiement des dettes illégales, illégitimes, odieuses et insoutenables ? Autrement dit, le défaut sur ces dettes ne doit-il pas s’inscrire dans le « plan précis d’actions immédiates » que vous appelez de vos vœux ?

Les banques

Comme vous avez pu le vérifier lorsque vous étiez ministre des finances, la Grèce a été soumise à la pression des banques privées et au chantage de la BCE. Tout au long de l’année 2015, le gouvernement Syriza n’a cessé de renflouer les banques sous contrôle privé sans qu’aucun effet positif notable ne soit observé.

Que proposez-vous pour rompre avec ce modèle de soutien indéfectible à un système bancaire privé qui a fait la preuve non seulement de son inefficacité mais aussi et surtout de sa nature délétère ? Êtes-vous favorable à la mise en place d’un service public bancaire permettant notamment à l'état et aux acteurs publics locaux, comme les collectivités locales, les hôpitaux publics et les organismes de logement social, d’emprunter à zéro pour cent pour financer leurs investissements ?

Rappelons que les banques privées se financent actuellement auprès de la BCE à zéro pour cent, voire à un taux négatif. Lorsque le gouvernement Syriza a été mis en place au mois de janvier 2015, dans un contexte où le système bancaire grec était délabré et dans l’incapacité de participer à la mise en œuvre d’une politique de progrès social, n’était-il pas possible d’organiser une faillite ordonnée des banques privées, c’est-à-dire protégeant les avoir des petits porteurs, au lieu de recapitaliser ces banques et leur accorder des garanties par dizaines de milliards d’euros en pure perte, alors que dans le même temps ces banques restaient sous contrôle privé ? Et pourquoi avoir maintenu à la tête de la banque centrale de Grèce Yanis Stournaras, qui a utilisé toutes ses capacités de nuisance pour s’opposer à la mise en œuvre de la politique du gouvernement, en refusant par exemple de communiquer à la commission pour la vérité sur la dette grecque les informations qu’elle demandait dans le cadre de sa mission ?

La monnaie

Un gouvernement qui souhaite mettre en œuvre sa politique, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’une politique de progrès social rompant avec le modèle austéritaire et anti-démocratique dominant, ne doit-il pas retrouver le contrôle de sa banque centrale afin de maîtriser la création monétaire et sa politique monétaire ? Lorsque Syriza est arrivé aux affaires au mois de janvier 2015 et que la BCE refusait d’accorder des liquidités aux banques grecques, pourquoi le gouvernement auquel vous participiez n’a-t-il pas envisagé et mis en œuvre des alternatives monétaires concrètes, que ce soit un retour à une monnaie nationale sous contrôle démocratique ou bien une monnaie électronique, à l’image de ce qui a été fait en Equateur au début de l'année 2015, complémentaire à l’euro et gérée par les autorités publiques pour le paiement des biens et services de première nécessité et les impôts ? Ce débat est certes complexe, mais pourquoi n’avoir pas participé à le rendre public alors que vous étiez au gouvernement et n’avoir pas donné au peuple grec la possibilité de se prononcer démocratiquement à ce sujet ? Et au-delà du cas spécifique de la Grèce, quelles alternatives monétaires peuvent être selon vous opposées à la stratégie d’asphyxie monétaire que la troïka ne manquerait pas de mettre en œuvre contre une tentative de sortie de la cage de fer de l’austérité dans un autre pays ?

En résumé, le programme alternatif pour les progressistes européens, l'affrontement frontal avec l’establishment européen et l’appel à la désobéissance que vous lancez ne nécessitent-ils pas, pour trouver leur traduction dans les faits, la mise en œuvre d’un plan d’action comportant les mesures radicales suivantes.

La désobéissance aux traités européens et le respect des droits humains fondamentaux inscrits dans de multiples textes, en particulier de droit international.

Le non-paiement de la part de la dette publique dont il est peut être démontré de manière incontestable, comme ce fut le cas pour la Grèce, qu’elle est tout à la fois illégale, illégitime, odieuse et insoutenable.

Le contrôle des capitaux, notamment comme mesure défensive contre le chantage de la BCE, l'arrêt des privatisations des biens communs et l’annulation de celles qui ont déjà été réalisées.

La socialisation de l’intégralité du système bancaire et une refonte des institutions européennes, nationales et locales assurant une véritable démocratie.

En ce qui nous concerne, si un tel programme devait nécessiter la sortie de l’Union Européenne, nous assumerions cette sortie car nous préférons la lutte pour un progrès social, même si nous n’avons pas l’assurance de gagner ce combat, au maintien résigné dans une Union Européenne avec la garantie de l’austérité perpétuelle.

Published by FISCHER
commenter cet article
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 18:16

Largement réélu à la tête du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn prône l'unité (Reuters)

Jeremy Corbyn a été réélu Samedi 24 Septembre 2016 à la tête du parti travailliste britannique, l'emportant largement face à la fronde des parlementaires modérés qui contestent son aptitude à remporter les prochaines élections législatives et auxquels il a tendu la main en signe d'unité.

Le leader de la gauche s'est imposé avec trois cent treize mille deux cent voix contre cent quatre vingt treize mille deux cent vingt voix à son rival Owen Smith, renforçant son emprise sur un parti profondément divisé depuis le référendum du 23 juin 2016 qui a vu le succès des partisans d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne.

Owen Smith était soutenu par la majorité des parlementaires travaillistes.

Ce succès devrait se traduire par une inflexion à gauche des orientations politiques du parti travailliste, une option qu'une partie des travaillistes considèrent comme un handicap pour la reconquête du pouvoir.

Les frondeurs font valoir que cette orientation stratégique va laisser le champ libre aux conservateurs de la première ministre Theresa May pour négocier le divorce entre Londres et Bruxelles.

Jeremy Corbyn, qui obtient un soutien plus large que lors de son élection à la tête du parti l'an passé, a appelé les parlementaires et les militants à collaborer ensemble afin d'apporter un réel changement face à la politique des conservateurs.

« Les élections sont passionnées et souvent une question partisane. Des choses sont dites dans le feu du débat que parfois nous regrettons plus tard », a déclaré Jeremy Corbyn lors de la conférence annuelle du parti travailliste à Liverpool.

« Mais souvenez-vous que nous avons plus de choses en commun que de choses qui nous divisent au sein de notre parti », a-t-il poursuivi.

« Remettons les compteurs à zéro et poursuivons ensemble le travail que nous devons accomplir en tant que parti », a-t-il dit, optant pour un ton conciliant destiné à apaiser les tensions et les divergences entre l'aile gauche et l'aile droite du parti.

Jeremy Corbyn a affirmé lors de la conférence que ses propositions contre l’austérité avaient attiré des milliers de sympathisants vers le parti travailliste et il s'est dit prêt à mener ce dernier à la victoire lors des élections générales de 2020.

Ce pari s'annonce difficile à tenir pour le leader de la gauche car il passe par la reconquête de nombreux militants ayant soutenu le Brexit. Un sondage montre que la moitié d'entre eux ont depuis déserté le parti travailliste.

Un autre défi concerne les parlementaires travaillistes, dont certains ont boudé le rassemblement annuel, se montrant sceptiques à l'égard de ses positions très marquées à gauche en matière de renationalisation ou d'abandon de la dissuasion nucléaire.

« Le propos était conciliant mais nous allons devoir nous montrer pragmatiques pour recoller les morceaux », a commenté un élu travailliste s'exprimant sous le sceau de l'anonymat.

Qualifiant le parti de famille, Jeremy Corbyn a estimé qu'il était de sa responsabilité de réussir cette union, « mais qu'il était également de la responsabilité de tout le parti de travailler ensemble dans le respect des choix démocratiques qui ont été faits ».

« C'est un euphémisme de dire que le résultat n'est pas celui que nombre d'entre nous attendaient, mais il nous faut tous maintenant faire un choix individuel sur la manière de mieux servir le parti travailliste et de rendre l'opposition plus efficace », a commenté le député John Woodcock.

Les enquêtes d'opinion accordent sept points d'avance aux conservateurs de Theresa May qui, disposant d'une telle marge, vont pouvoir mener les négociations sur le Brexit débarrassés de la pression de l'opposition.

Published by FISCHER
commenter cet article
23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 19:52

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/09/23/des-etudiants-et-des-professeurs-exiles-en-france-denoncent-la-repression-en-turquie_5002678_3214.html

Des étudiants et des professeurs exilés en France dénoncent la répression en Turquie

De simples suspicions de liens avec les rebelles kurdes ou la confrérie de Fethullah Gülen peuvent mener en prison, où les conditions de détention sont déplorables, accusent une professeure et un étudiant turc qui ont fui en France.

Par Clara Lahellec

Vendredi 23 Septembre 2016

Persécutés par les autorités, des étudiants et des professeurs d’université turcs accusés d’avoir des liens avec le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont quitté leur pays et se sont réfugiés en France.

Esmeray Yogun était professeure à l’université de Toros, près de Mersin.

Elle a fui la Turquie au mois d'août 2016 pour échapper à la répression lancée par le président Recep Tayyip Erdogan à la suite du coup d'état manqué du Vendredi 15 Juillet 2016. Elle est aussi porte-parole de l’association Academics for Peace qui vient en aide aux universitaires turcs persécutés.

Le 10 janvier 2016, l’organisation avait lancé une pétition avec un collectif d’universitaires originaires de toute la Turquie, « nous ne serons pas complices de ce crime ».

« Cet appel nous a paru absolument nécessaire, nous ne pouvions pas rester silencieux face à tout ce qui se passait », explique Esmeray Yogun. « La répression des populations kurdes et de leurs soutiens n’est pas nouvelle, mais elle a pris récemment des proportions considérables. Les événements du mois de juillet 2016 ont permis au gouvernement d’accélérer les choses. Les exécutions sommaires, la torture et les mauvais traitements sont devenus courants ».

Depuis la tentative de putsch, qu’Esmeray Yogun préfère qualifier de « faux coup d’état monté de toutes pièces », plus de vingt huit mille professeurs, tous niveaux confondus, ont été renvoyés, soupçonnés de liens avec les rebelles kurdes ou la confrérie de l’ancien prédicateur Fethullah Gülen, accusé d’être l’instigateur du putsch avorté. « Et dix mille enseignants conciliants avec le régime ont déjà été engagés », affirme-t-elle. Les professeurs licenciés auraient tous appris leur renvoi par SMS. C’est hallucinant, s’exclame-t-elle. Le matin, un collègue vous appelle et vous dit que « j’ai reçu un SMS du ministère de l’éducation. Je ne vais pas travailler aujourd’hui. Apparemment, je suis licencié ».

Esmeray Yogun dit avoir reçu comme beaucoup des menaces à cause de son engagement politique. « C’est devenu presque normal là-bas, si tu ne te tais pas à propos de ce que tu vois autour de toi », raconte-t-elle. « Une fois, j’ai retrouvé ma voiture vandalisée dans mon parking. Ils avaient rempli l’intérieur de sang ou de peinture rouge et inscrit sur le pare-brise qu’ils ne me laisseront pas vivre. J’ai retrouvé des messages similaires peints sur la porte de mon appartement et j’ai reçu un nombre incalculable de menaces de morts par SMS et sur les réseaux sociaux ».

Après l’arrestation de nombreux de ses collègues dont elle est restée sans nouvelles, elle a décidé de fuir.

Menaces et arrestations arbitraires

Les étudiants aussi font l’objet de menaces et d’arrestations arbitraires.

Ali Sari a vingt quatre ans. Titulaire d’une bourse en France, où il effectue une recherche sur le parti de la justice et du développement (AKP) à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), il a quitté la Turquie depuis plusieurs mois, mais est toujours en contact avec ceux qui y sont restés. Sous le coup d’un mandat d’arrêt, il ne peut pas rentrer chez lui.

Le comité dont il fait office de porte-parole, avec l’étudiante Tebessum Yilmaz, s’est donné pour mission de sensibiliser la communauté internationale à la situation que subissent les étudiants dans son pays à partir du moment où ils sont classés « ennemis du régime », voire « terroristes ».

« Il y a environ un an et demi, une grosse opération policière a eu lieu dans quatre universités du pays », se souvient-il. « Dix étudiants ont été placés en garde à vue à cause de leur appartenance présumée au PKK ou à tout autre mouvement opposé au parti de Recep Tayyip Erdogan. Trois d’entre eux ont pu s’échapper, mais les sept autres sont toujours incarcérés. Au mois d’août 2015, nous avons alors décidé de créer une association pour venir en aide à ces étudiants emprisonnés en mobilisant un réseau de solidarité avec des avocats, des chercheurs et des journalistes ».

Que deviennent les étudiants emprisonnés ? « Ils sont incarcérés pendant un an ou deux, puis ils sont relâchés, mais c’est souvent suffisant pour les empêcher de poursuivre leurs études correctement », soutient Ali Sari. « A un degré moindre, les étudiants qui fréquentent les étudiants kurdes sont tout simplement renvoyés des universités ».

Le régime, accuse-t-il, « cible surtout les étudiants les plus brillants. Ils sont dangereux pour Recep Tayyip Erdogan, car ils sont susceptibles de dénoncer ses pratiques et d’être entendus ».

Et de citer l’exemple de deux étudiants, Hega Türk et Gagri Kurt, arrêtés au mois de février 2016, « recalés à leurs examens de fin d’année parce que leur présence à l’université était requise et qu’ils étaient en prison à ce moment-là ».

« Quatre cent étudiants en prison »

Ali Sari dénonce surtout les conditions d’incarcération, « qui nous donnent l’impression d’être revenus dans les années 1990 », isolement pendant des semaines, enfermement dans des cellules « minuscules », tortures à coups de décharges électriques et menaces de viol permanentes pour les étudiantes en garde à vue.

Les dérives du régime, signale-t-il, vont parfois beaucoup plus loin. Un étudiant kurde, Cihan Kahraman, aurait été brûlé vif dans une cave par l’armée turque alors qu’il essayait d’échapper aux forces de l’ordre. Ali Sari évoque encore la mort d’un lycéen, abattu par la police lors d’une manifestation au moment du couvre-feu.

« Il y a près de quatre cent étudiants dans les prisons turques en ce moment », précise-t-il. « Le procureur a récemment requis dix mois de prison à l’encontre de quarante cinq étudiants de l’université technique du Moyen-Orient qui avaient protesté contre la venue du président Recep Tayyip Erdogan sur leur campus ». Mais une simple insulte peut aussi mener en détention.

« Gizem Yerik était une amie étudiant à l’université de Bursa Uludag et membre de l’association Feminist for Peace », raconte Ali Sari. Ils sont venus la chercher en salle de classe et elle a été emprisonnée six mois sous prétexte d’avoir insulté Recep Tayyip Erdogan. Elle n’a pu voir ni avocat ni famille jusqu’à l’ouverture de son procès, où elle a pu sortir en liberté conditionnelle avec une peine de quatre ans et neuf mois de prison avec sursis ».

Au mois de mai 2016, déjà, avant le coup d’état, l’Organisation des Nations Unies (ONU) avait publié un rapport s’inquiétant d’informations « alarmantes » sur des violations des droits de l’homme commises par les forces de sécurité et militaires turques dans le sud-est du pays.

« Certains journalistes se penchent aussi là-dessus. Il y a des preuves mais, pour des raisons diplomatiques, la communauté internationale est en train de laisser une dérive devenir la norme », regrette Ali Sari.

Esmeray Yogun renchérit, « la communauté internationale est conciliante et ferme les yeux sur ce qui se passe ».

Published by FISCHER
commenter cet article
22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 19:50

https://www.paris-luttes.info/contre-les-violences-policieres-6728

Contre les violences policières, l'Union Syndicale Solidaire (USS) ne veut rien lâcher

Par Aurélie Edet

Mercredi 21 Septembre 2016, se tenait au local de l’USS une conférence de presse sur les violences policières qui ont une fois de plus émaillé une manifestation contre la loi travail et abouti à une blessure grave du côté des manifestants.

Laurent Théron, secrétaire médical à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP) et syndiqué à la fédération de la santé de l'USS a perdu l’usage d’un oeil. Trois interventions se sont succédées à la tribune composée de l’avocat de Laurent Théron, Julien Pignon, du porte-parole de l’USS, Eric Beynel, et de Nicolas Guez pour la fédération de la santé de l'USS. Ce dernier s’est exprimé sur l’état de santé de Laurent Théron.

Hospitalisé dans l’attente d’une seconde opération de chirurgie reconstructrice, il a définitivement perdu l’usage de son œil suite à l’éclatement du globe oculaire. Il demeure cependant combatif et a fait le choix en toute conscience de répondre aux sollicitations des médias pour que de tels faits ne puissent plus se reproduire. Nicolas Guez a également détaillé les informations dont dispose le syndicat pour étayer l’hypothèse d’une bavure policière. Celle-ci ne fait plus guère de doute. Des vidéos et des photographies prises sur les lieux par des journalistes indépendants ou des militants ont été diffusées. Elles donnent clairement à penser que Laurent Théron a été victime d’un tir de grenade envoyée à la volée dans un groupe qui ne présentait pas la moindre menace pour les forces de l’ordre. Il a également indiqué qu’une trentaine de témoignages ont pu être collectés grâce à l’appel à témoins lancé par le syndicat qui a aussi mobilisé un réseau de journalistes indépendants. Des personnes présentes sur les lieux autour de Laurent Théron, qui ne se connaissent pas et semblent toutes abonder dans le même sens. L'endroit où se trouvait Laurent Théron était calme. Il n’y avait pas de groupe formalisé, pas de situation conflictuelle, pas d’invectives, pas d'appel à dispersion et pas de sommation. L'intervention des policiers qui ont lancé une charge est totalement disproportionnée.

Julien Pignon a donné des précisions concernant la procédure judiciaire qui va s’engager désormais. Une plainte a été déposée par Laurent Théron lors de son audition par l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN). Une dizaine de personnes sont actuellement en cours d’audition par la police des polices. Une section du parquet du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris a ordonné une enquête pour le chef d’accusation de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entrainé une mutilation ou une infirmité permanente, une infraction criminelle particulièrement grave et rare. L’avocat a insisté sur la nécessité de demander au plus vite la désignation d’un juge d’instruction. Il a dénoncé au vu des éléments en sa possession un usage disproportionné de la force et une utilisation irrégulière du matériel de répression de la police. Julien Pignon s’est aussi indigné du temps d’intervention des secours qui semblent avoir mis plus d’une heure à prendre en charge Laurent Théron. Selon lui, « les forces de l’ordre n’ont visiblement pas agi avec l’urgence nécessaire, alors qu’une blessure à la tête peut se révéler mortelle ». Il faudra déterminer dans le cadre de l’enquête si les policiers ont failli à leur obligation de signaler sans délai l’accident et si tout a été mis en œuvre pour une intervention rapide des secours. Une blessure à la tête doit être considérée comme une urgence vitale et Laurent Théron aurait dû en tout état de cause être exfiltré de la place dans des délais bien plus brefs. D’autant que de nombreux hôpitaux et casernes de pompiers se trouvent à proximité directe de la place de la République.

Eric Beynel s’est exprimé quant à lui sur le contexte politique de cette répression et a indiqué son intention de formaliser une saisine du défenseur des droits. Depuis le début du mouvement, les provocations policières et des consignes dangereuses ont provoqué de nombreux blessés.

Chaque manifestation dans tous points de France a fait l’objet semaine après semaine d’atteintes graves à la liberté de manifester. Nasses, fouilles, intimidations, jets nombreux de grenades lacrymogènes ou de désencerclement et proximité immédiate et imposée des forces de l’ordre au contact des cortèges, sont autant d’éléments à charge pour décrire la stratégie de tension du pouvoir en place. Une nouvelle doctrine du maintien de l’ordre que dénonce également Nicolas Guez qui décrit une stratégie mise en œuvre depuis de nombreux mois et que l’on a pu voir à l’œuvre précédemment lors des interventions de répression policière à Notre-Dame-Des-Landes (NDDL) ou sur la Zone A Défendre (ZAD) du Testet qui a abouti à la mort de Rémi Fraisse.

Laurent Théron, toujours hospitalisé, a tenu à apporter de sa chambre d’hôpital un chaleureux message de remerciement aux camarades syndiqués qui lui ont apporté leur soutien. « Merci les amis, merci pour tout, je suis si petit mais, grâce à vous tous, à tous les sudistes, à l'USS, à la Confédération Générale du Travail (CGT) et à tous ceux qui s’organisent, nous faisons et nous réaliserons quelque chose de grand. J’espère que ces grenades ne seront plus jamais utilisées. J’espère que la loi travail sera supprimée ». Nous ne pouvons que l’espérer de notre côté autant que nous resterons déterminés à ce que justice soit faite.

Published by FISCHER
commenter cet article
22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 19:25

Résolution du conseil d'administration du Centre d'Etudes et de Recherches sur les Mouvements Trotskystes et Révolutionnaires Internationaux (CERMTRI) du Samedi 17 Septembre 2016

Le conseil d'administration du CERMTRI s'est réuni en urgence le Samedi 17 Septembre 2016, en raison de la situation nouvelle créée depuis le 2 juillet 2016.

Le CERMTRI a fait l'objet, au cours de l'été, d'accusations et d'attaques publiques émanant de divers groupes et officines politiques. Cette campagne a pour origine une circulaire de dénonciation de notre assemblée générale du 25 juin 2016 envoyée, hors des instances du CERMTRI, à un grand nombre d'abonnés, d'anciens abonnés et de personnes extérieures au CERMTRI. Cette dénonciation a été mise en accès libre sur internet et exploitée à diverses fins politiques.

Le bureau du CERMTRI, fidèle au mandat de l'assemblée générale du 25 juin 2016, n'est pas sorti de son rôle et de ses missions statutaires. Il ne s'est pas prêté à des polémiques politiques, même en présence d'assertions fallacieuses ou calomnieuses. Il a convoqué le conseil d'administration pour qu'il informe les adhérents et pour qu'il prenne les décisions qu'appelle cette situation nouvelle provoquée délibérément le 2 juillet 2016.

Le conseil d'administration rappelle la chronologie des faits pour l'année écoulée.

Rappel des principes fondateurs de 1977

« L'association a pour objet de recueillir et rassembler tous documents se rapportant à l'histoire des mouvements ouvriers et notamment à l'activité des organisations trotskystes et révolutionnaires, et de mettre ces documents à la disposition du public, dans des conditions telles qu'elles facilitent la recherche et l'étude, tout en assurant la meilleurs conservation possible des fonds d'archives confiés à l'association ».

Un simple coup d'oeil sur la liste des vingt et un membres fondateurs confirme que, si cet objectif de conservation d'un patrimoine documentaire des mouvements ouvriers, notamment trotskystes et révolutionnaires, faisait l'accord des fondateurs du CERMTRI, une large diversité d'opinions et d'appartenances était représentée parmi eux.

C'est le strict respect de cette mission d'origine qui a conféré au CERMTRI la place grandissante qu'il occupe aujourd'hui, parmi les chercheurs, les étudiants intéressés à son objet et dans le milieu des centres d'archives.

Fonctionnement normal du CERMTRI jusqu'au 26 mai 2016

Du mois de septembre 2015 au mois de mai 2016, le bureau du CERMTRI, régulièrement convoqué par la secrétaire, gère normalement les tâches de l'association. Archivages, classements et répertoires, mise à jour du site et développement de la bibliothèque numérique, accueil des chercheurs, réunions nationales et internationales des centres d'archives, confection et rédaction des revues, préparation de conférences et gestion des locaux et du bail. Les quatre derniers numéros de la revue paraissent régulièrement.

Ce qui provoque la crise au conseil d'administration du 26 mai 2016.

Nous lisons dans le compte-rendu validé par tous, dans le point de l'ordre du jour consacré au local du CERMTRI, les propos suivants de François de Massot, président en exercice.

« J'ai déjà dit au bureau qu'il me semblait légitime que toutes les organisations qui bénéficiaient des services et des archives, dans l'optique de la préservation de la mémoire collective du trotskysme, devaient être sollicitées, ce qui me paraît particulièrement vrai pour les deux organisations issues du Courant Communiste Internationaliste (CCI). Dans ce contexte, la Tendance Communiste Internationaliste (TCI) a envoyé une lettre à la direction du CCI afin d'aborder en commun la question de la préservation du CERMTRI dans l'esprit des fondateurs, ce qui me paraît juste. Comme ce document a été communiqué tardivement, la veille de la réunion du conseil d'administration, pour information au CERMTRI, j'ai fait des photocopies pour le distribuer au conseil d'administration ».

Dans la lettre distribuée, signée d'un « exécutif de la TCI », le CERMTRI est défini comme « un centre d'archives prioritairement dévolu à l'histoire du trotskysme ».

Pour quiconque examine de bonne foi les objectifs initiaux et statutaires de notre association, les différences suivantes sautent aux yeux.

L'article des statuts définit l'objectif de « mise à disposition du public pour la recherche et l'étude », il n'est pas question « d'organisations qui bénéficient des services » du CERMTRI.

Les fondateurs n'ont pas défini « un centre d'archives prioritairement dévolu à l'histoire du trotskysme et aux différent courants s'en réclamant ». Comparons, « rassembler tous documents se rapportant à l'histoire des mouvements ouvriers et notamment à l'activité des organisations trotskystes et révolutionnaires ». Peut-on prétendre que c'est la même chose ? L'esprit des fondateurs de 1977 est-il respecté par cette réduction sectaire ?

Le président François de Massot et le vice-président Jean Jacques Marie demandent au conseil d'administration du CERMTRI de se prononcer en faveur « d'un accord entre le CCI et la TCI qui garantisse la continuité du financement de la location des locaux du CERMTRI ».

Il importe ici de comparer cette proposition avec le chapitre des statuts, inchangé depuis 1977,sur les ressources de l'association, « les ressources de l'association comprennent les cotisations, les subventions qui lui sont allouées en vue de lui permettre d'atteindre ses buts, les revenus des biens lui appartenant et les économies réalisées ».

Ce qui est proposé au conseil d'administration du 26 mai 2016, c'est tout autre chose, un accord entre deux entités politiques pour une mise sous tutelle du CERMTRI.

Nous serions alors en présence et d'une dénaturation de l'association telle que l'ont voulue les fondateurs et d'une trahison des principes qui ont animé Louis Eemans et Pierre Levasseur durant des décennies.

Nous trouvons dans le compte-rendu officiel du conseil d'administration l'expression de la stupeur de nombreux administrateurs devant cette proposition lancée à l'improviste, sur laquelle Jean-Jacques Marie, vice-président, les somme de voter séance tenante. Ces administrateurs s'insurgent contre la mise en cause des buts de l'association et de sa nature, contre « un avis qui instaure un clivage entre les adhérents » et contre un « casus belli qui va mettre gravement en cause l'unité du CERMTRI ». Ils refusent, pour les militants concernés, d'adresser une injonction, comme administrateurs du CERMTRI, à leur organisation politique.

Les administrateurs qui protestent sont minoritaires. Toutefois, après un rappel aux statuts, concernant les pouvoirs respectifs du conseil d'administration et de l'assemblée générale, Jean-Jacques Marie accepte le renvoi à cette dernière de la décision.

C'est dans ces conditions que cinq cent treize adhérents et abonnés sont informés du conflit, reçoivent les deux textes contradictoires et sont appelés à trancher par un vote. Rappelons le court texte des administrateurs minoritaires, « les membres du conseil d'administration du CERMTRI signataires, conformément aux buts statutaires du CERMTRI, récusent par principe toute immixtion dans des relations entre des organisations politiques. Ce principe est essentiel à l'existence même du CERMTRI depuis l'origine. Nous demandons à l'assemblée générale de réaffirmer ce principe et d'écarter toute instrumentalisation du CERMTRI par quiconque ».

Remarque, nous chercherons vainement toute trace des faits et des débats qui précèdent et qui furent au centre de l'assemblée générale dans le texte en circulation depuis le 2 juillet 2016 dénonçant publiquement le CERMTRI. Pour les esprits critiques, qui se conforment sagement à l'adage populaire « qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son », le CERMTRI tient les comptes-rendus officiels, validés par les deux parties, à leur disposition.

Régularité de l'assemblée générale du CERMTRI

Rarement une assemblée générale d'association a été préparée et tenue avec tant de précautions démocratiques. Les modalités de scrutin, de validation et de délégations de pouvoirs et les conditions d'éligibilité des administrateurs ont été arrêtées par le conseil d'administration, sur propositions notamment du vice-président Jean-Jacques Marie.

La circulaire de convocation, avec les délais requis pour la réception des pouvoirs et des candidatures, a été envoyée un mois à l'avance et les horaires fixés pour faciliter les déplacements de province. Chacun des cinq cent treize adhérents et abonnés a eu tout le temps d'établir son jugement sur la question de principe soulevée au conseil d'administration du 26 mai 2016.

A l'échéance du 20 juin 2016, le bureau au complet, président, trésorière et secrétaire, a vérifié un par un la validité des centaines de pouvoirs et des mandataires. Le jour de l'assemblée générale annuelle, le 25 juin 2016, chaque participant a été validé à l'entrée par le bureau et ses pouvoirs lui ont été remis, chacun a émargé.

Le président en exercice a tenu et conclu l'assemblée générale, les votes ont été soigneusement décomptés et l'élection des administrateurs a été longuement vérifiée par une large commission. Aucune contestation, sur la régularité d'un vote, n'a été émise par quiconque.

Décisions des trois cent soixante treize adhérents présents et représentés de l'assemblée générale

Le compte-rendu est en possession de tous les adhérents et abonnés, avec le texte du mandat voté. Résumons.

La parfaite tenue des débats, présidés par François de Massot, président sortant, ne peut laisser aucun doute sur la présentation claire des deux positions en présence.

L'assemblée a voté, à une très large majorité, le rappel de ses buts statutaires, qui excluent pour le CERMTRI de « prendre position sur des relations entre organisations politiques ».

Elle a repoussé comme contradictoire à ce mandat l'amendement de Jean Jacques Marie, reprenant la position de la majorité du conseil d'administration sortant et demandant au CERMTRI de se prononcer sur « une coopération des organisations » sur la question du financement. Ce vote contradictoire a été acquis par deux cent soixante deux voix contre quatre vingt seize. L'assemblée générale a par ailleurs adopté la position suivante de bon sens, propre à éteindre tout affrontement fractionnel au sein du CERMTRI, « les organisations et les organismes qui partagent pour tout ou partie les objectifs du CERMTRI décident librement de leurs donations ».

Il faut se féliciter que la résolution, mise au vote après rejet de l'amendement, ait été adoptée par deux cent soixante quatre voix pour, une voix contre et soixante douze abstentions.

Election du nouveau conseil d'administration, incidents à la fin de l'assemblée générale et réunion du nouveau conseil d'administration

C'est après de longues et méticuleuses vérifications que le conseil d'administration élu a été annoncé, la plupart des participants attendant les résultats.

Les vingt neuf élus sont, notoirement, d'opinions diverses. L'assemblée a manifesté son esprit de responsabilité en reconduisant largement le mandat électif de Jean Jacques Marie.

Que la composition du conseil d'administration soit modifiée relève presque de la lapalissade. L'assemblée générale, ayant désavoué la remise en cause par l'ancienne majorité du conseil d'administration des statuts fondateurs, s'est donné un conseil d'administration en accord avec son mandat. Où voit-on un comportement différent, dans une organisation démocratique ?

Le président sortant, François de Massot, a d'ailleurs donné acte, en conclusion, à l'assemblée générale d'un déroulement démocratique des débats, rappelant que « ce qu'une assemblée a fait une autre peut le défaire ».

C'est alors que, à deux reprises, contestant avec véhémence les résultats de l'élection du Conseil d'administration, Jean Jacques Marie a apostrophé la majorité de l'assemblée générale, « croyez-vous que cela va se passer comme cela ».

Dès la réunion du conseil d'administration succédant à l'assemblée générale, des explications lui ont été demandées sur ces menaces inquiétantes. Car ce qui « se passe comme cela » n'est rien d'autre que le respect du vote majoritaire de trois cent soixante treize adhérents, dix fois vérifié. Nous lisons dans le compte-rendu « qu'avant de procéder à l'élection du bureau, Michel Sérac demande à Jean Jacques Marie ce qu'il a voulu dire à la fin de l'assemblée générale, sachant que celle-ci a donné mandat au conseil d'administration de poursuivre la publication des Cahiers du Mouvement Ouvrier (CMO). Jean Jacques Marie rappelle que si les cahiers du CERMTRI dépendent de ce dernier, il n'en va pas de même pour les CMO. Il a besoin d'un temps de réflexion ».

Le bureau est élu par les vingt deux membres présents du conseil d'administration, par une large majorité ou à l'unanimité selon les cas. Il se réunit cinq jours plus tard, le premier juillet 2016. Le compte-rendu de l'assemblée générale est vérifié par tous et un paragraphe entier est réécrit, de sa main, par Jean Jacques Marie.

Le lendemain, le 2 juillet 2016, le même diffuse sa lettre de dénonciation publique de l'assemblée générale et des instances du CERMTRI, présentées comme les proies d'une emprise politique extérieure.

Ainsi se trouve identifiée et mise à exécution la menace adressée à l'assemblée générale statutaire du 25 juin 2016, ignorer la majorité exprimée par le vote des adhérents.

A la différence de tous les textes publiés, relus contradictoirement au sein de nos instances régulières, ces accusations publiques unilatérales reposent sur la seule parole de l'auteur, juge et partie.

Il est aisé pour les adhérents, dûment informés, de les comparer aux documents reçus. Ils vérifieront par eux-mêmes que tous les débats de principe et tous les votes librement émis par trois cent soixante treize adhérents sont escamotés. Et pour cause, dissimuler ce débat de fond, où l'auteur a été désavoué par une majorité de soixante treize pour cent des abonnés et des adhérents, rend plus commode la fabrication d'intrus ou d'agents « extérieurs » au CERMTRI.

Ce texte public, déjà relayé sur internet par divers groupes et officines, peu soucieux de vérification, comme le ferait tout journaliste un peu consciencieux, est donc destiné d'abord à abuser des personnes non-adhérentes, hors d'état de vérifier les faits, et à nuire à l'association.

Reprendre le travail de l'association, conformément aux statuts

Le conseil d'administration condamne le fait que Jean-Jacques Marie ait fait circuler en dehors des instances du CERMTRI des documents mettant en cause le fonctionnement démocratique du CERMTRI.

Il demande à Jean Jacques Marie de se conformer dorénavant aux statuts et aux règles de fonctionnement du CERMTRI.

Il mandate le bureau pour prendre toutes dispositions permettant de rétablir les faits auprès des adhérents et de fournir aux personnes de bonne foi les faits avérés.

Il s'engage, conformément au mandat qui lui a été confié le 25 juin 2016, à poursuivre l'activité du CERMTRI dans l'esprit de ses fondateurs et dans le respect de ses statuts de 2004.

Résolution adoptée par dix huit voix pour et six refus de vote

Published by FISCHER
commenter cet article
22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 18:22

ENSEMBLE CONTRE MELENCHON

Vous trouverez ci-dessous un message collectif de plusieurs responsables nationaux d’Ensemble relatif à la participation d’Ensemble à la candidature de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2017.

Vous me permettrez deux informations et deux mises au point préalables relatives à ce message.

Premièrement, ce message n’est pas à ce jour un message public. C’est une contribution dans le cadre d’un débat interne au mouvement Ensemble.

La publication de ce message est donc une décision personnelle.

Deuxièmement, le titre de ce message, « Ensemble contre Mélenchon », n’est pas non plus le résultat d’une décision collective des signataires de ce message.

C’est aussi un titre personnel.

Bernard Fischer

SI LA CANDIDATURE DE JEAN LUC MELENCHON EST LA SEULE CANDIDATURE POSSIBLE, C'EST QUE NOUS N'AVONS PAS DE CANDIDAT

Au moment de notre assemblée générale de Montreuil, certains d’entre nous étaient prêts à accepter, in fine et après avoir poussé au plus loin les démarches vaines jusqu'à présent de rassemblement et de travail collectif, l’idée d’un soutien critique à la candidature de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2017 ou d'un simple appel au vote pour Jean Luc Mélenchon sans participation aucune à sa campagne. Non de gaieté de cœur ou par conviction qu’une dynamique de campagne allait permettre d’ouvrir des perspectives pour l’après 2017, mais plutôt par résignation et par volonté de permettre à Ensemble de ne pas trop s’abîmer dans les débats électoraux. D’autres avaient décidé de ne pas s’investir sur cette question. Toutes et tous, nous souhaitions qu’Ensemble ne se focalise pas sur la question du candidat au premier tour des élections présidentielles de 207 et s'occupe de ce qui nous semble le plus important et le plus urgent, réfléchir aux questions stratégiques, aux élaborations programmatiques et aux interventions d’Ensemble dans les mobilisations citoyennes et dans les mouvements sociaux.

Mais l’été est passé par là et nos positions ont évolué. Aujourd’hui nous considérons qu’Ensemble ne peut plus envisager de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon, même de manière distanciée, même en menant notre propre campagne, pour des questions de principe élémentaire et pour des raisons stratégiques.

L'évocation par Jean-Luc Mélenchon du « travailleur détaché qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place » était passée relativement inaperçue à cause du choc du Jeudi 14 Juillet 2016. Mais cette phrase reprend les thématiques de l’extrême droite et Jean-Luc Mélenchon l’a ensuite confirmée au Monde puis justifié dans un post de facebook. Il affirme que « l’expression était appropriée » tout en expliquant que le principe de « responsabilité personnelle » justifie pleinement cette phrase.

Ensemble a envoyé une lettre non-publique à Jean Luc Mélenchon et à la France Insoumise qui n’a, à ce jour, reçu aucune réponse. Nous pouvons donc considérer que Jean Luc Mélenchon ne voit aucun problème à utiliser publiquement dans le cadre de sa campagne une phrase à connotation raciste.

Dès le mois de mai 2016, il avait affirmé qu'Angela Merkel avait eu tort d'accueillir quelques centaines de milliers de réfugiés et il avait précisé que, à sa place, il ne l'aurait pas fait. Mais une ligne rouge a été franchie cet été par Jean Luc Mélenchon. Et ce n’est pas un simple dérapage ou même un dérapage de plus. Ce franchissement, décisif par rapport à nos principes politiques élémentaires, le refus de toute concession au racisme, s’inscrit dans une stratégie politique qu'il élabore depuis maintenant plusieurs années dans la perspective des élections présidentielles de 2017 et que l’on pourrait expliciter par ces quelques thèmes, France Insoumise, indépendantisme français, refus de l’Europe allemande, lien direct avec le peuple et défense des droits sociaux. Un profil politique qu'on peut qualifier, faute de mieux, de national populiste dans lequel des désaccords, qui existaient déjà en 2012 et depuis, prennent une place inédite et grandissante, pour devenir des thèmes majeurs de la campagne.

Un profil politique qui voit aussi certains désaccords anciens s’approfondir sous l’effet de sa dynamique propre.

Ainsi du positionnement de Jean Luc Mélenchon sur la question des politiques migratoires qui devient de plus en plus problématique. Insister sur son opposition de toujours au droit d'installation des migrants revêt une gravité particulière à l'heure où des milliers de ces migrants meurent en Méditerranée parce que ce droit leur est contesté.

Ainsi de la réaction de Jean Luc Mélenchon sur les arrêtés discriminatoires islamophobes pris dans certaines communes littorales de France durant cet été où, dans la continuité de sa position catastrophique sur la loi sur la burqa en 2010, il commence d’abord par soutenir que le fait pour des femmes voilées d'aller à la plage constitue une provocation politique avant de critiquer les arrêtés dont le seul tort serait finalement de tomber dans le panneau en cédant à la provocation.

Tout ceci fait donc système et nous oblige à appréhender la campagne de Jean Luc Mélenchon et du mouvement de la France Insoumise de manière différente aujourd'hui.

Pour une simple question de principe, nous refusons de soutenir de quelque manière que ce soit un candidat qui utilise des expressions à connotation raciste et qui persiste et signe dans cette utilisation.

Pour des raisons stratégiques, Ensemble ne doit en rien se lier ni sous forme de ralliement ni même en simple soutien critique dans la campagne de Jean Luc Mélenchon pour le premier tour des élections présidentielles de 2017. La participation à une échéance électorale n’a de sens que si elle prend place dans la construction patiente d’un rassemblement autour d’un projet de transformation de la société dans une perspective émancipatrice de mobilisation populaire et citoyenne et donc dans le combat pour l’hégémonie. Cette campagne ne remplit en aucun cas ces critères.

Si le Front De Gauche (FDG) a montré bien des limites et des insuffisances, notre optique a toujours été de le reconstruire et le dépasser en l'élargissant et en lui donnant une vraie dynamique citoyenne. Or pour Jean Luc Mélenchon et ses proches, les choses sont claires.

C'est bien d'un enterrement du FDG qu'il s'agit et en aucun cas d'une reconstruction. Ce qui se construit dans le cadre du mouvement de la France Insoumise est porteur de régressions et de dérives politiques et de négation des dimensions de nouvelle culture politique apparues dans le nouveau cycle de mobilisations et de révolutions depuis 2011, refus des hiérarchies et de la personnalisation, primat du collectif et de l'horizontalité, démocratie directe, refus de la délégation de pouvoir et aspirations à prendre ses affaires en mains et à faire de la politique autrement. Des caractéristiques que nous avons retrouvé dans le mouvement social contre la loi travail et dans le mouvement citoyen des Nuits Debout.

La critique justifiée de partis politiques très largement fossilisés ne doit pas se transformer en justification du lien direct entre le chef et le peuple.

La nécessité de rompre avec les traités de l’Union Européenne doit absolument être accompagnée par celle de refonder une Europe démocratique, solidaire et écologique. Ce qui invalide immédiatement et totalement le thème de « l’indépendantisme français », lequel est par ailleurs un obstacle majeur à toute dénonciation du caractère impérialiste et belliciste de la France à l'échelle mondiale.

Il ne s'agit pas pour nous de renoncer à nous adresser à l'électorat populaire du Front National qu'il faut effectivement arracher à l'extrême-droite et gagner à une véritable alternative à gauche. Mais ce n'est possible qu'à une seule condition, sur des bases extrêmement claires et sans concession aucune au racisme. Ainsi, le combat contre les thématiques d’extrême droite ne peut pas se faire en reprenant des thématiques ou des expressions de l’extrême droite elle-même, accepter la simple possibilité de « quotas » migratoires, parler de « travailleurs qui volent le pain », ne pas tout simplement prendre la défense de femmes discriminées parce que musulmanes, tout ceci ne peut qu’accentuer la confusion généralisée, la construction et le renforcement des préjugés racistes et la crise de la gauche de transformation et son échec actuel dans le combat pour l’hégémonie.

Rappelons ici que sur la question de la nation, la vision nationaliste de Jean Luc Mélenchon est à la racine de ses prises de position réitérées depuis plusieurs années, que ce soit autrefois sur le Tibet ou la Françafrique, et plus récemment sur la Corse ou sur l'Ukraine, sans oublier, plus grave encore peut-être, sa complaisance avec la Russie de Vladimir Poutine ou avec la Syrie de Bachar al Assad. Ce ne sont pas, pour nous, des questions secondaires, particulièrement dans une campagne pour des élections présidentielles.

On pourrait objecter à cela que ce n'est pas nouveau. Certes, mais dans la campagne présidentielle de 2012, ce tropisme nationaliste était resté contenu, précisément parce que Jean Luc Mélenchon était le candidat du FDG.

Et c'est bien pour laisser libre cours à ce nationalisme allant depuis le début du mois de juillet 2016 jusqu'aux propos à connotation raciste qu'il a sciemment décidé de s'affranchir du FDG.

C'est ce qui rend la situation très différente de celle de 2012, alors surtout que l'on assiste à une offensive identitaire et nationaliste dans l'ensemble du spectre politique et médiatique et que ces questions seront centrales dans la campagne à venir.

Non seulement la candidature de Jean Luc Mélenchon ne convainc pas et ne convient pas mais, plus grave, elle va à l’encontre de nos principes élémentaires et des tâches les plus essentielles qui sont les nôtres dans la période. Ce serait donc un choix guidé par un électoralisme de court terme, contre productif et problématique sur les principes.

Si « Jean-Luc Mélenchon est la seule candidature possible », alors, pour nous, il n’y a tout simplement pas de candidature possible. Nous ne construirons rien sur du sable et, depuis cet été, il s'agit non seulement de sable mais, plus grave encore, de sable mouvant.

Cela veut dire que nous considérons, même si la situation est très difficile et le manque de perspectives très préoccupant, qu’il faut poursuivre au maximum les démarches de rassemblement en cours, nos réflexions stratégiques et programmatiques, développer nos interventions et nos campagnes dans la perspective de 2017 mais surtout de l’après 2017.

L'appel pour un front commun récemment lancé pour que la candidature de Jean Luc Mélenchon devienne une candidature collective aurait sans doute été vain mais aurait pu, malgré toutes les divergences avec lui, constituer une tentative de compromis très risqué mais que nous pouvions comprendre, méritoire, principiel et bienvenu, avant l'été 2016.

Maintenant, nous considérons que l'irréparable a été commis par Jean Luc Mélenchon et qu'il est trop tard. Des camarades d'Ensemble peuvent si bon leur semble mener cette campagne. Cela ne saurait en aucun cas être en notre nom.

Premiers signataires

Benoît Borrits, Bruno Della Sudda, Laurent Lévy, Richard Neuville, Pierre Zarka

Published by FISCHER
commenter cet article
22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 17:48

Neuf blessés après une nouvelle nuit de violences à Charlotte (Reuters)

Neuf personnes ont été blessées et quarante quatre personnes ont été interpellées lors d'une deuxième nuit de violences à Charlotte après la mort d'un noir abattu Mardi 20 Septembre 2016 par un policier, a annoncé Jeudi 22 Septembre 2016 le chef de la police de la ville de Caroline du Nord, Kerr Putney.

Un homme blessé par balle Mercredi 21 Septembre 2016 reste dans un état critique, a précisé Kerr Putney, ajoutant que l'individu a peut-être été atteint par un tir d'un policier et non par un civil comme cela avait été dit dans un premier temps.

« Nous sommes là pour connaître la vérité, donc nous enquêtons pour établir la vérité, toute la vérité », a assuré le chef de la police de Charlotte-Mecklenburg.

La police a tiré des grenades lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes pour disperser les émeutiers qui ont pillé des magasins et jeté des pierres, des bouteilles et des engins pyrotechniques en direction des forces de l'ordre.

Le gouverneur de l’état de Caroline du Nord, Pat Mac Crory, a déclaré l'état d'urgence et annoncé que la garde nationale ainsi que les policiers des patrouilles routières seraient dépêchés en renfort à Charlotte.

La soirée de Mercredi 21 Septembre 2016 avait débuté par un rassemblement pacifique pendant lequel les protestataires ont une nouvelle fois contesté la version des autorités sur la mort de Keith Scott, l'homme de quarante trois ans abattu Mardi 20 Septembre 2016 par un policier, noir lui aussi, sur le parking d'une résidence où une perquisition était en cours.

Deux cent quatorzième noir abattu par la police en 2016

La police affirme que Keith Scott était armé, ce qu'ont contesté sa famille et des témoins.

« Il est important qu'une enquête complète et transparente ait lieu sur cet incident », a souligné la maire de Charlotte, Jennifer Roberts, pendant une conférence de presse.

Une première manifestation avait dégénéré dans la nuit du Mardi 20 Septembre au Mercredi 21 Septembre 2016, quelques heures après l'incident, le deux cent quatorzième du genre depuis le début de l'année, selon un décompte de l'Organisation Non Gouvernementale (ONG) Mapping Police Violence, qui suit les violences policières.

Mercredi 21 Septembre 2016, les manifestants ont défilé dans les rues de la ville en brandissant des pancartes Black Lives Matter, le slogan du mouvement contre les violences policières.

Ils se sont arrêtés dans une église de la communauté noire et devant le commissariat de police. Des affrontements ont éclaté lorsqu'ils se sont heurtés à un barrage de voitures de police, rassemblées devant un hôtel du centre de la ville.

Le président américain, Barack Obama, a appelé Mercredi 21 Septembre 2016 les maires de Charlotte et de Tulsa, dans l'Oklahoma, pour discuter des récentes fusillades qui ont déclenché des protestations.

« Le président et les deux maires ont répété que toute manifestation devrait être conduite de manière pacifique et que les autorités locales devraient trouver des moyens pour nouer le dialogue dans le calme », avait dit la Maison Blanche avant la nouvelle nuit de violences.

Published by FISCHER
commenter cet article
21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 21:31

Violences à Charlotte après qu'un noir ait été abattu par la police (Reuters)

Une violente manifestation a éclaté Mardi 20 Septembre 2016 à Charlotte après qu'un policier ait abattu un noir qui était selon lui armé d'un pistolet sur le parking d'une résidence de la ville de Caroline du Nord où la police recherchait un suspect.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées près du lieu de la fusillade et ont lancé des bouteilles et des pierres en direction des forces de l'ordre. Une dizaine de policiers ont été blessés et plusieurs véhicules endommagés, selon la police de Charlotte-Mecklenburg.

Dans un communiqué, la police précise que le policier qui a abattu Keith Lamont Scott, quarante trois ans, est lui aussi noir et qu'il a ouvert le feu parce que la victime posait « une menace mortelle immédiate » aux officiers. Elle ajoute avoir retrouvé son arme et interroger les témoins.

Les manifestants et la famille de Keith Lamont Scott contestent le fait qu'il était armé, certains affirmant qu'il avait un livre à la main, ce qui a relancé le débat sur les violences policières envers la communauté afro-américaine.

Une manifestation pacifique avait eu lieu plus tôt dans la journée à Tulsa, dans l'Oklahoma, où un policier blanc a abattu la semaine dernière un noir non armé.

« J'en ai marre de voir qu'un noir a été abattu à chaque fois que j'allume la télévision », a dit à Reuters Shakeala Baker, une habitante de la résidence de Charlotte où la fusillade a éclaté.

En fin de soirée, la police a dispersé les manifestants en tirant des grenades lacrymogènes et le maire de Charlotte a appelé au calme, promettant qu'une enquête complète serait menée.

Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens