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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 19:22

 

 

https://autogestion.asso.fr/catalogne-droit-a-lautodetermination-auto-organisation/

 

Droit à l'autodétermination et auto organisation

 

Par Richard Neuville

 

Mercredi 18 Octobre 2017

 

Dans la phase récente du processus d’autodétermination de la Catalogne, les Comités de Défense du Référendum (CDR) ont été l’une des expressions les plus marquantes de l’auto-organisation. En effet, ils ont joué un rôle essentiel pour la tenue du référendum dans des conditions de répression extrême et lors de la grève générale du Mardi 3 Octobre 2017. Depuis, ils poursuivent leur activité dans les mobilisations contre la répression, la présence des forces d’occupation et la suspension probable des institutions catalanes. Ils viennent de créer une coordination nationale.

Les Comités de Défense du Référendum ou Comités de Défense de la République (CDR) sont des groupes de volontaires qui ont été créés officiellement au mois de septembre 2017 par des associations indépendantistes catalanes dans le but initial de faciliter la réalisation du référendum d’indépendance du premier octobre 2017, qui avait été suspendu par le Tribunal Constitutionnel espagnol et menacé par le coup de force de l'état espagnol du 20 septembre 2017. À Barcelone, ils ont été impulsés par la Candidature d’Unité Populaire (CUP), mais ils incluent également des membres d’autres organisations comme la jeunesse du Parti Démocrate Européen de CATalogne (PDECAT) ou des militants de sensibilité libertaire. Le découpage territorial s’est effectué sur la base de l’organisation de la CUP et avec un fonctionnement en assemblée.

L’objectif initial était de concentrer le maximum de personnes pour protéger les collèges de manière pacifique par l’occupation afin que la population puisse voter. Certains s’appellent également comités de défense des quartiers et ils sont particulièrement nombreux à Barcelone. Dans le reste de la Catalogne, les premiers comités ont vu le jour à Manresa, Sabadell, Vilafranca, Reus et dans les terres de l’Ebre à partir du 20 septembre 2017 et, à l’approche du premier octobre 2017, ils se sont développés dans toute la région.

Pour les conseillers municipaux de Barcelone, membres de la Candidature d'Unité Populaire (CUP), Maria Rovira et María José Lecha, il s’agissait de résister à l’offensive légale face à l’état d’exception non déclaré, afin que les effectifs de police envoyés de toute l’Espagne « se retrouvent face à un peuple pacifique, ferme et convaincu qui entend conquérir une nouvelle démocratie en rupture avec celle dont elle a hérité de la monarchie et du franquisme ».

Après le premier octobre 2017, les CDR ont été à l’origine de manifestations et de protestations spontanées contre la Policia Nacional et la Guardia Civil devant les commissariats et les édifices de justice. Selon David Fernandez, ces rassemblements faisaient partie d’une « planification millimétrique de la CUP, avec l’assentiment du gouvernement catalan ». À l’occasion de la grève générale du Mardi 3 Octobre 2017, certains CDR se sont reconvertis en comités unitaires de grève avec la participation de la Confédération Générale du Travail (CGT), la Confédération Nationale du Travail (CNT), la Coordination Ouvrière Syndicale (COS), l’Intersyndicale Alternative de Catalogne (IAC), l’Assemblée Nationale Catalane (ANC), Òmnium Culturel et Esquerra Republicana de Catalunya (ERC). L’auto-transformation des CDR est une de leurs principales caractéristiques.

Les premiers CDR ont commencé à se former de manière informelle au mois de juillet 2017. Au cours des mois précédents, il y a eu diverses réunions et négociations pour s’organiser et se coordonner à l’échelle de Barcelone. Ce travail préparatoire a notamment « permis d’ouvrir certains collèges qui ne l’auraient pas été nécessairement et de les maintenir ouverts jusqu’à la fin du vote ». Leur mission est d’impulser les mobilisations de rue qui revendiquent l’instauration d’une république catalane.

Leur stratégie s’inspire de la méthode de non-violence du politologue états-unien Gene Sharp, qui établit des modes de conduite et des mécanismes aussi bien de manipulation de masse que d’affrontement contre les structures de l'état. Pendant que le gouvernement catalan assume l’existence d’une double souveraineté, en référence aux lois régionales suspendues par le Tribunal Constitutionnel, la désobéissance à des lois illégitimes ou la négation de l’autorité des fonctionnaires de l'état, comme la résistance à mettre les Mossos d'Esquadra, la police catalane, sous l’autorité du chef de la Guardia Civil, le travail de mobilisation de rue est réalisé par les CDR.

Après la déclaration et la suspension de l’indépendance par Carles Puigdemont, président du gouvernement catalan, et devant la menace de l’application de l’article cent-cinquante-cinq de la constitution espagnole, quatre vingt dix comités se sont réunis physiquement pour la première fois à Sabadell le Samedi 14 Octobre 2017 pour coordonner les futures mobilisations et les stratégies. D’autres comités devraient rejoindre la coordination. Lors de cette réunion, à laquelle deux cent personnes ont assisté, il y a eu un démenti sur le fait que les organisations soient proches de la CUP et le caractère transversal a été valorisé.

Les CDR ont réaffirmé qu’ils se joindront aux mobilisations de rue pour défendre la volonté populaire, contre la répression et pour le retrait des forces d’occupation du territoire catalan.

Helena Vázquez, porte-parole des CDR, a expliqué qu’ils se sont mis d’accord pour manifester dans la rue dans le cas d’une suspension de l’autonomie, « il était nécessaire d’avoir une coordination et une communication au niveau des communautés et des territoires. Dans l’hypothèse d’une suspension de l’autonomie la semaine prochaine, de détentions massives et d’un coup très fort de la part de l'état, nous devrons occuper la rue. Dans ces cas, il est nécessaire d’avoir un contact au niveau national ». Elle a souligné la diversité idéologique, « il s’agit d’un espace idéologique très divers, où tout le monde s’y retrouve et avec la volonté qu’il en soit ainsi. Il faut comprendre que chaque CDR fonctionne de manière distincte et nous ne pouvons pas dire s’il s’agit ou s'il ne s'agit pas du profil de la CUP ».

Dans le communiqué que la coordination a approuvé, il est rappelé que la mobilisation se poursuit, « devant l’imminence de l’application de l’article cent-cinquante-cinq ou le cas de détentions, nous continuerons à renforcer l’organisation populaire et d’en bas nous impulserons et nous nous joindrons aux mobilisations de rue pour défendre la volonté populaire, contre la répression et pour le retrait des forces d’occupation de notre territoire ».

Le niveau d’auto-organisation de la société civile catalane a atteint un degré élevé et a permis la tenue du référendum malgré l’intense répression. Dans différents endroits du pays et sans consigne générale, les CDR, des groupes de personnes se sont coordonnés pour défendre et garantir l’ouverture des collèges électoraux le premier octobre 2017. L’ANC, qui impulse depuis 2012 les mobilisations indépendantistes, se coordonne à présent avec les CDR. Pour Josep Rexach Fumanya, les deux projets ne s’opposent pas et sont plutôt complémentaires. Les CDR entendent maintenir la transversalité du mouvement dans lequel cohabitent des membres de partis, des syndicalistes, des associations de quartier et des entités indépendantistes. Les Comités de Défense du Référendum pourraient se transformer en Comités de Défense de la République, mais c’est encore prématuré et la réunion de Sabadell n’a pas entériné cette nouvelle appellation.

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 18:18

 

 

http://es.reuters.com/article/topNews/idESKBN1CO0XN-OESTP

 

L'Espagne engagera Samedi 21 Octobre 2017 les formalités pour intervenir en Catalogne (Reuters)

 

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, va convoquer son conseil des ministres en session extraordinaire Samedi 21 Octobre 2017 pour entamer les procédures qui mèneront à une suspension de l’autonomie catalane prévue par la constitution espagnole.

L'exécutif central a déclaré vouloir « rétablir la coexistence pacifique et freiner la détérioration de l'économie » dans une région dont les autorités insistent pour suivre le chemin de l'indépendance après le référendum du premier octobre 2017.

« Le gouvernement de l'Espagne poursuivra les procédures prévues par l'article cent-cinquante-cinq de la constitution pour rétablir la légalité en Catalogne », a déclaré l'exécutif central dans un communiqué.

L'annonce a été faite quelques minutes après que le président catalan, Carles Puigdemont, ait menacé de faire voter par le parlement catalan la déclaration formelle de sécession, répondant implicitement à la demande de Mariano Rajoy de préciser s'il l'avait fait la semaine dernière.

« Si le gouvernement de l’état persiste à empêcher le dialogue et si la répression continue, le parlement de Catalogne pourra procéder, s'il le juge opportun, au vote de la déclaration formelle d'indépendance qu'il n'a pas fait Mardi 10 Octobre 2017 », a déclaré Carles Puigdemont dans une lettre à Mariano Rajoy dix minutes avant l'expiration de son ultimatum.

Le président catalan a annoncé de manière confuse la semaine dernière qu'il mettrait en œuvre des mesures pour déclarer l'indépendance bien que, quelques secondes plus tard, il les ait suspendues pour ouvrir un dialogue.

Le gouvernement central lui a ensuite demandé qu’il précise par écrit s'il avait déclaré l'indépendance ou s’il ne l’avait pas fait, lui demandant de se rétracter en cas de réponse positive et sous la menace de mesures extraordinaires s’il ne répondait pas ou s’il ne faisait pas un pas en arrière.

« Malgré tous ces efforts et notre volonté de dialogue, la seule réponse est la suspension de l'autonomie, indiquant qu’il n’est pas conscient du problème et qu’il ne veut pas parler », a déclaré Carles Puigdemont, anticipant la réponse du gouvernement espagnol.

Dans le parlement catalan, les anticapitalistes de la Candidature d’Unité Populaire (CUP), qui pourraient faire tomber le gouvernement régional s’ils retiraient leur soutien, ont continué à faire pression contre la coalition Junts pel Si pour rendre effective l'indépendance dans une séance plénière du parlement catalan dans les prochains jours.

« Notre position est que cela doit être fait le plus tôt possible, un scenario de dialogue avec l’état espagnol est impossible », a dit à Reuters Carles Riera, député de la CUP, qui n’avait aucun doute sur le fait que les citoyens descendent dans la rue pour défendre leurs institutions en cas d'invocation de l’article cent-cinquante-cinq de la constitution espagnole.

Étant donné que l'application de cet article peut prendre plusieurs jours, une des hypothèses est que le parlement catalan déclare l'indépendance et qu’il convoque immédiatement des élections constituantes, devançant ainsi  les mesures de Mariano Rajoy.

Le gouvernement catalan chercherait donc à renouveler ce qu’il a fait en 2015, quand il a convoqué des élections régionales qu’il a présenté comme plébiscitaires bien que l'exécutif central et l'opposition aient rejeté ce caractère.

Le conflit pourrait alors entrer dans une nouvelle phase de confusion, alors que les élections anticipées sont l'une des exigences du gouvernement central pour ne pas appliquer les mesures extraordinaires, même si le supposé caractère constituant de l’appel aux urnes compliquerait le débat.

« A partir du moment où les mesures sont connues, le gouvernement régional sait que va s’ouvrir une période de temps pour agir avant l’entrée en vigueur de l’article cent-cinquante-cinq », a déclaré une source gouvernementale qui a souligné que Carles Puigdemont aurait environ une semaine pour décider ce qu’il va faire.

Bien que les autorités catalanes aient tenté d'impliquer l'Union Européenne dans la crise, le président du parlement européen, Antonio Tajani, a insisté à nouveau Jeudi 19 Octobre 2017 pour dire que c’était une affaire interne et il a demandé à Carles Puigdemont de ne pas déclarer l'indépendance unilatérale.

Le gouvernement minoritaire du Parti Populaire compte dans ce conflit avec le soutien du principal parti de l'opposition, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), et de la quatrième force au congrès, Ciudadanos. Ensemble, ils comptent deux cent cinquante quatre députés, soit plus de soixante dix pour cent du parlement.

Le PSOE a demandé Jeudi 19 Octobre 2017 que les mesures, qui doivent être approuvées par le sénat dans lequel le Parti Populaire détient la majorité absolue, aient une durée limitée et brève.

Les événements sont une nouvelle tournure d'une bataille institutionnelle et dialectique qui se déroule non seulement dans l'arène politique, mais aussi dans les tribunaux, dans les médias et dans la rue, et qui a déjà des effets économiques.

La bourse, qui a souffert ces dernières semaines des effets de l'incertitude associée au processus, a réagi en baisse suite au nouveau conflit.

Le gouvernement a dû revoir cette semaine de trois dixièmes en baisse ses prévisions de croissance économique pour 2018, alors que l'autorité fiscale indépendante a déclaré qu'un effet prolongé du problème pourrait retirer jusqu'à 1,2 point, plus de douze milliards d'euros, au Produit Intérieur Brut (PIB) en 2018.

Pendant ce temps, les craintes d'une hypothétique insécurité juridique ont conduit huit cent entreprises, dont certaines parmi les plus emblématiques de la région, à délocaliser leur siège en dehors de la Catalogne.

« Ce que nous avons vu du changement du domicile social de huit cent entreprises n'est que l'apéritif de ce qui pourrait arriver si l'indépendance était atteinte, ce que notre gouvernement ne laissera pas faire », a déclaré le ministre espagnol de l’économie, Luis de Guindos, Jeudi 19 Octobre 2017 devant le congrès.

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 18:43

 

 

http://www.elmundo.es/cataluna/2017/10/17/59e6445846163f5d4f8b4583.html

 

L’incarcération du président de l’Assemblée Nationale Catalane (ANC), Jordi Sanchez, et du président de l’Omnium Culturel, Jordi Cuixart, a secoué le mouvement indépendantiste

 

L’incarcération du président de l’ANC, Jordi Sànchez, et du président de l’Omnium Culturel, Jordi Cuixart, a secoué le mouvement indépendantiste après plusieurs jours d'impasse et elle a ravivé les manifestations de rue en Catalogne, l'un des principaux moyens de pression de ces dernières années pour influencer la feuille de route souverainiste. Des milliers de personnes, deux cent mille personnes selon la Guardia Urbana, se sont rassemblées dans le centre Barcelone pour faire appel à l'Europe pour demander la liberté pour les deux Jordis. Le rassemblement a réuni les principaux dirigeants du bloc souverainiste menés par la présidente du parlement, Carme Forcadell, et le vice-président économique du gouvernement catalan, Oriol Junqueras.

« Plus il y aura de personnes en prison, plus il y aura de candidats pour les remplacer dans le peuple de la Catalogne », a dit le vice-président de l'ANC, Agusti Alcoberro, dans le manifeste qui a été lu au milieu de la manifestation.

Un plaidoyer qui associe la liberté et la démocratie et qui sert à préciser la volonté de l'indépendantisme de se mobiliser dans la rue avant les mesures préparées par le gouvernement espagnol. « L’état espagnol a franchi à nouveau la ligne rouge de la démocratie dans l’Europe du vingt-et-unième siècle, parce que l’emprisonnement de Jordi Sànchez et de Jordi Cuixart est une grosse erreur qui menace les valeurs démocratiques » de la constitution, a dénoncé le manifeste lu par l'actrice catalane Sílvia Bel.

Dans la manifestation, on pouvait également voir de nombreuses affiches avec des slogans comme « liberté pour les deux Jordis, les prisonniers politiques de l’état espagnol ». A plusieurs reprises, des manifestants demandaient « où est l’Europe » et brandissaient des pancartes en anglais et en faveur de la médiation internationale.

« Nous n’avons commis aucun crime et ils ne parviendront pas à nous démobiliser ou à briser notre cohésion sociale », ont assuré les responsables de l’Omnium Culturel et de l’ANC. En ce sens, les manifestations se sont multipliées tout au long de la journée du Mardi 17 Octobre 2017 dans plusieurs villes catalanes comme Gérone, l'un des foyers du souverainisme.

Deux mille personnes se sont rassemblées sur la place de la mairie de Gérone et mille cinq cent étudiants se sont rassemblés à l’université de Gérone contre l’emprisonnement de Jordi Sanchez et de Jordi Cuixart en criant « liberté pour les deux Jordis », rapporte Andrés Nef.

Pendant le rassemblement, la maire du Parti Démocrate Européen de CATalogne (PDECAT) de Gérone, Marta Madrenas, a lu un manifeste unitaire de l'Association des Municipalités pour l’Indépendance (AMI), dans lequel elle a rappelé que « la liberté ne s’achète pas, ni ne se vend, ni ne se négocie, ni ne se demande, mais que c’est le trésor le plus précieux ». Le rassemblement le plus institutionnel a été le rassemblement du Mardi 17 Octobre 2017 à 12 heures sur la place Sant Jaume à Barcelone, entre le conseil municipal de la capitale catalane et le gouvernement catalan. Carles Puigdemont lui-même et la maire de Barcelone, Ada Colau, ainsi que plusieurs dirigeants du conseil municipal et du gouvernement catalan, ont participé à ce rassemblement, sous le slogan « en défense des droits et libertés ».

Conformément à la stratégie de maintenir l'agitation dans la rue, la Table pour la Démocratie, qui comprend plus de soixante organisations, y compris les syndicats des Commissions Ouvrières (CCOO) et de l’Union Générale des Travailleurs (UGT) et les organisations patronales des PIMEC et du CECOT, a également rejoint les manifestations et elle a appelé à une autre manifestation massive à Barcelone prévue pour le Samedi 21 Octobre 2017, dont on ne connaît pas encore le parcours. La Table pour la Démocratie, qui a déjà organisé la journée du Mardi 3 Octobre 2017, n’exclut pas d’organiser plus tard une autre grève générale ou un arrêt du pays, comme il y a deux semaines.

Pour leur part, l’ANC et l’Omnium Culturel ont également confirmé vouloir augmenter le niveau de mobilisation au cours des prochains jours. Une volonté soutenue par la Candidature d’Unité Populaire (CUP), qui a demandé,  par sa députée au parlement, Mireia Boya, de sortir dans la rue et de suivre la rue pour faire pression en faveur de la libération des deux présidents des entités souverainistes.

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 19:39

 

 

L'armée irakienne reprend aux kurdes le contrôle de Kirkouk (Reuters)

 

Les forces irakiennes ont repris Lundi 16 Octobre 2017 aux kurdes le contrôle de la ville de Kirkouk, dans le nord de l'Irak, à l'issue d'une opération surprise menée en moins d'une journée.

Il s'agit d'une réponse au référendum d'autodétermination organisé le 25 septembre 2017 dans la région autonome du Kurdistan irakien, où les électeurs se sont massivement prononcés pour l'indépendance.

Après avoir occupé durant la nuit du Dimanche 15 Octobre au Lundi 16 Octobre 2017 et dans la matinée du Lundi 16 Octobre 2017 plusieurs points stratégiques autour de la ville, l'armée irakienne est entrée dans Kirkouk.

Venant de l'aéroport à bord d'une douzaine de véhicules, des hommes du service du contre-terrorisme (CTS), une unité d'élite formée par les américains, ont occupé Lundi 16 Octobre 2017 dans l'après-midi le bâtiment du gouvernement local dans le centre-ville, a constaté un journaliste de Reuters. Le drapeau kurde, qui flottait près du drapeau irakien, a été amené.

Aucun bilan officiel de cette opération n'a été donné. Selon une organisation humanitaire sur place, plusieurs combattants kurdes, les peshmergas, et membres des forces irakiennes ont été tués dans la nuit du Dimanche 15 Octobre au Lundi 16 Octobre 2017 lors d'un affrontement au sud de la ville, seul accrochage notable à avoir été signalé.

Des civils kurdes ont fui cette ville d'un million d'habitants, de crainte de représailles. Des milliers de turkmènes, opposés à la mainmise des kurdes sur Kirkouk, ont manifesté leur joie dans les rues, brandissant des drapeaux irakiens.

Le gouvernement de Bagdad a affirmé que ses troupes avaient rencontré peu de résistance et il a exhorté les peshmergas à se ranger sous sa bannière.

Mais dans un communiqué les peshmergas ont réagi en affirmant que le gouvernement irakien allait « payer cher cette opération de guerre contre le peuple du Kurdistan ».

Ils accusent par ailleurs un groupe de l'Union Patriotique du Kurdistan (UPK), opposé au président kurde Massoud Barzani, d'avoir trahi en aidant les forces irakiennes dans leur progression.

Si Bagdad affirme qu'il n'y a pratiquement pas eu de combats et que les peshmergas se sont retirés, les kurdes ont fait état de heurts au sud de Kirkouk entre leurs combattants et les unités de mobilisation populaire, des milices chiites soutenues par l'Iran.

Washington, qui arme et entraîne les forces irakiennes comme les peshmergas dans la lutte contre l'Etat Islamique, a appelé les deux parties à cesser immédiatement les opérations militaires.

« L'Etat Islamique reste le véritable ennemi de l'Irak et nous exhortons toutes les parties à continuer à se battre pour achever la libération du pays et se débarrasser de cette menace », précise dans un communiqué l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad.

« Nous continuons de soutenir un Irak unifié », a déclaré à Washington la porte-parole du département de la défense des Etats Unis, Laura Seal.

« En dépit de la décision unilatérale et regrettable du gouvernement autonome kurde d'organiser un référendum, le dialogue reste la meilleure option pour désamorcer les tensions actuelles », a-t-elle ajouté, soulignant que Washington était opposé à toute violence.

Bayan Sahmi Rahman, représentant du gouvernement autonome kurde à Washington, a appelé les Etats-Unis à user de leur influence pour empêcher la guerre.

Kirkouk, une cité où cohabitent kurdes, arabes et turkmènes, était depuis 2014 sous le contrôle des combattants kurdes. La ville est située juste en dehors du territoire du Kurdistan autonome mais les kurdes estiment qu'elle appartient à leur région.

La télévision irakienne rapporte par ailleurs que l'armée est entrée dans la ville de Touz Khourmato, où se sont produits par le passé des affrontements entre kurdes et chiites turkmènes.

La production a été suspendue dans les gisements pétroliers proches de Kirkouk mais Bagdad a assuré qu'elle reprendrait très prochainement.

« Nous ne pouvons pas tolérer qu'on arrête ainsi la production. D'ici peu, nos forces vont reprendre le contrôle de tous les champs pétroliers de Kirkouk et la production reprendra immédiatement », a dit un responsable irakien.

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 19:20

 

 

Le Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) remporte les élections régionales (Reuters)

 

Le gouvernement socialiste de Nicolas Maduro a remporté Dimanche 15 Octobre 2017 la majorité des vingt trois sièges en jeu lors de l'élection des gouverneurs régionaux, selon des résultats officiels mis en doute par l'opposition, qui escomptait une immense victoire.

Le PSUV a remporté dix sept états tandis que l'opposition a obtenu cinq sièges de gouverneurs, a annoncé la présidente de la commission électorale, Tibisay Lucena, selon des résultats définitifs portant sur vingt deux des vingt trois états en jeu.

« Le chavisme est en vie, dans les rues, et triomphant », a déclaré, rayonnant, le président Nicolas Maduro dans un discours aux vénézuéliens, en référence à l'héritage politique de son prédécesseur Hugo Chavez.

Quelques minutes avant leur publication, les dirigeants de l'opposition ont dit douter de l'authenticité des résultats officiels. « Nous avons de sérieux doutes et suspicions », a déclaré à des journalistes le directeur de campagne de l'opposition, Gerardo Blyde.

« Ces résultats sont incroyables et inexplicables », a renchéri plus tard le porte-parole Ramon Aveledo.

Au lieu de la dizaine de sièges espérée, l'opposition en a remporté cinq, soit trois de plus que précédemment, notamment dans les états andins de Merida et d’Achira, ainsi dans que la région pétrolière de Zulia.

La France a dit Lundi 16 Octobre 2017 sa préoccupation face à cette situation, soulignant que « l'absence de transparence dans le processus de vérification et de compilation affectait la confiance dans les résultats. Les conditions du scrutin sont contestées et de graves irrégularités sont dénoncées », déclare le ministère français des affaires étrangères dans un communiqué.

Le PSUV a repris le contrôle de l’état de Miranda, qui englobe une partie de la capitale Caracas, gagné par l'étoile montante du parti Hector Rodriguez, a annoncé la commission électorale. Le frère cadet d'Hugo Chavez, Argenis Chavez, a remporté le fief familial et rural de Barinas.

Le PSUV du président Nicolas Maduro contrôlait, avant les élections du Dimanche 15 Octobre 2017, vingt des vingt trois états, mais les sondages laissaient présager une progression bien plus forte de l'opposition.

Ce scrutin laisse redouter une nouvelle vague de contestation, après des mois de manifestations de rue quasi quotidiennes et des troubles qui ont fait jusqu’au mois de juillet 2017 au moins cent vingt cinq morts.

Le président vénézuélien, qui est au pouvoir depuis 2013 et la mort de son mentor, Hugo Chavez, veut voir dans ce vote le meilleur moyen d'avancer vers la paix sociale dans le pays.

Le Venezuela, bien que riche en hydrocarbures, traverse depuis des années une profonde crise politique et sociale mais surtout économique, avec pénurie de biens de première nécessité et hyper inflation.

Pendant toute la campagne électorale, le gouvernement a utilisé sans compter les ressources publiques pour soutenir ses candidats, il a multiplié les références à Hugo Chavez et il a présenté le vote pour le PSUV comme un vote pour la paix et contre les candidats de la violence.

Nicolas Maduro cherche notamment, dit-on dans les milieux politiques à Caracas, à confirmer par ce scrutin régional la primauté de l’assemblée constituante, élue à la fin du mois de juillet 2017 et décriée par l'opposition et la majeure partie de la communauté internationale.

Les futurs gouverneurs, a-t-il ainsi prévenu, devront prêter serment et se soumettre à l’assemblée constituante, au risque d'être destitués.

Le scrutin, entravé par la commission électorale, proche du régime, n'a pas été dénué de difficulté pour les opposants.

Deux cents bureaux de vote situés dans des régions favorables à l'opposition ont été déplacés, officiellement pour des raisons de sécurité, et les noms de candidats d'opposition éliminés lors des élections primaires ont été maintenus sur les bulletins.

Au plan technique, des pannes de courant, fréquentes dans le pays en crise, ont affecté certains bureaux de vote. Le gouvernement de Nicolas Maduro a assuré que les perturbations avaient été minimes.

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 18:56

 

 

Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) achèvent leur reconquête de Rakka en Syrie (Reuters)

 

Les FDS ont déclaré Mardi 17 Octobre 2017 avoir achevé la reconquête de Rakka, l'ancienne capitale auto proclamée du groupe Etat Islamique en Syrie, hissant leurs drapeaux sur les derniers repaires des djihadistes au terme de quatre mois de combats.

Les affrontements sont terminés mais les FDS, alliance de milices arabes et kurdes appuyées par les occidentaux, débarrassent le stade des mines restantes et d'éventuels tireurs isolés, a expliqué Rojda Felat, commandant des opérations à Rakka au sein des FDS.

L'annonce officielle de la victoire à Rakka doit intervenir sous peu, une fois que la ville aura été débarrassée de ses mines et d'éventuelles cellules dormantes de l'Etat Islamique, a indiqué le porte-parole des FDS, Talal Silo.

Prudente, l'armée américaine a déclaré Mardi 17 Octobre 2017 qu'elle pouvait seulement confirmer que la ville de Rakka avait bien été reprise à quatre vingt dix pour cent, même si les FDS ont clamé victoire. Les Etats-Unis disent s'attendre à ce que les FDS réduisent les poches de résistance car, à en croire l'armée américaine, il reste une centaine de djihadistes de l'Etat Islamique à Rakka.

La chute de Rakka, où l'Etat Islamique avait organisé des parades triomphales il y a trois ans, constitue un nouveau revers majeur pour le groupe extrémiste sunnite après celle de Mossoul, autre métropole conquise par les djihadistes lors de leur offensive-éclair en Irak et en Syrie en 2014.

Les FDS affrontaient les djihadistes depuis le mois de juin 2017 dans Rakka, qui avait été l'une des premières grandes villes conquises lors de l'offensive de l'Etat Islamique pendant le printemps et l'été 2014.

Les miliciens des FDS ont fêté leur victoire dans les rues de la ville, Mardi 17 Octobre 2017, a rapporté un journaliste de Reuters présent à Rakka.

Le drapeau des FDS a été hissé dans le stade, qui était l'un des tout derniers bastions de l'Etat Islamique. D'autres drapeaux des vainqueurs flottaient dans les rues de la ville, à l'emblème de la milice kurde des unités de protection du peuple (YPG), l'une des composantes majeures des FDS.

Les vainqueurs ont d'autre part amené le drapeau noir de l'Etat Islamique que l'on voyait encore au-dessus de l'hôpital national, près du stade. C'était le dernier drapeau noir à flotter sur la ville.

Signe que la bataille est bel et bien terminée, le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la coalition internationale contre l’Etat Islamique, a déclaré qu'il n'y avait pas eu de raid aérien contre Rakka, Lundi 16 Octobre 2017.

La prise de l'hôpital a eu lieu pendant la nuit du Lundi 16 Octobre au Mardi 17 Octobre 2017 et dans la matinée du Mardi 17 Octobre 2017, au prix de combats acharnés, a déclaré un porte-parole des FDS.

« Durant ces affrontements, l’hôpital national a été libéré des mercenaires de l’Etat Islamique et vingt deux de ces mercenaires étrangers ont été tués », a déclaré Mostafa Bali.

Le stade et l'hôpital étaient devenus les dernières positions encore tenues par l'Etat Islamique, depuis le départ, négocié par les anciens des tribus, de certains combattants syriens de l'Etat Islamique, Dimanche 15 Octobre 2017. Il ne restait plus dans la ville que des djihadistes étrangers, prêts à combattre jusqu'au bout.

Dans l'est de la Syrie, l'armée syrienne et les forces qui lui sont alliées ont progressé Mardi 17 Octobre 2017 dans des quartiers encore tenus par l'Etat Islamique à l'intérieur de la ville de Daïr al Zour, a déclaré un responsable du Hezbollah.

Appuyée par l'aviation russe et des milices pro-iraniennes comme le Hezbollah, l'armée de Bachar al Assad affronte là-bas les djihadistes depuis le mois de septembre 2017, après avoir brisé le siège d'une enclave où étaient assiégés des militaires syriens depuis trois ans.

Selon l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), le groupe Etat Islamique contrôle encore pratiquement cinq quartiers de la ville de Daïr al Zour.

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 18:37

 

 

http://socialisme-2010.fr/blog2016/octobre2017.php#octobre11

 

« Nous sommes les petites filles des républicaines que vous n’avez pas pu fusiller »

 

Pour une république catalane, pour une union démocratique des peuples d’Espagne

 

Par Robert Duguet.

 

La nation espagnole, comme expression politique et institutionnelle propre, intégrant démocratiquement les différentes minorités, n’a jamais été constituée.

 

La démocratie bourgeoisie dans ce qu’elle avait d’éminemment révolutionnaire reconnaissait même le droit à la sécession, si une minorité ne s’estimait plus représentée dans l'état national, le droit des peuples à disposer à disposer d’eux-mêmes. Cette position de la démocratie jacobine sera reprise par le parti bolchévik de Vladimir Lénine et de Léon Trotsky et par l'internationale communiste avant la dégénérescence stalinienne. C’est un élément important de l’histoire européenne. La France a connu sa grande révolution bourgeoise qui ne s’est pas arrêté à ce que souhaitait la bourgeoisie d’affaire girondine mais, poussée par la sans culotterie et le peuple des faubourgs, elle a réalisé la république jacobine et elle a connu Louis Antoine de Saint Just et Maximilien Robespierre. La Grande Bretagne a connu Thomas Cromwel, l’Italie a connu Giuseppe Garibaldi,  les Etats-Unis ont connu Abraham Lincoln et même l’Allemagne a connu Otto von Bismarck, même si ce dernier avait chaussé les bottes détestable du prussien pour unifier son pays. Il n'y a rien de tout cela en Espagne. L'éphémère première république espagnole est écrasée en 1875 par la monarchie carliste, coup d’état fomentée par un certain Antonio Primo de Rivera qui sera le fondateur de la phalange fasciste.

Face aux aspirations démocratiques pour une nouvelle république, il organise le coup d'état du mois de septembre 1923 et il imposera jusqu’en 1930 un régime corporatiste avec un parlement qui n’aura que le droit éventuel de proposer des lois à l’exécutif. La dictature franquiste écrasera les droits des minorités nationales dans le sang.

 

Barcelone aura une place centrale dans la guerre civile et dans la résistance au franquisme.

 

Là étaient des détachements avancés de la démocratie prolétarienne, la Confédération Nationale du Travail (CNT), la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI), le Parti Ouvrier d'Unification Marxiste (POUM) et l’aile gauche socialiste de Francisco Largo Caballero contrôlant l’Union Générale des Travailleurs (UGT). Francisco Largo Caballero était pour un gouvernement de l’Alliance Ouvrière et il ouvrait une perspective anticapitaliste. Joseph Staline et le petit Parti Communiste Espagnol (PCE) qui était minoritaire dans le mouvement ouvrier ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour détruire cette perspective. Joseph Staline ne voulait pas d’une république ouvrière en Espagne. Le beau film de Ken Loach, « Terre et Liberté », qui a suscité bien des controverses en Espagne, a parfaitement montré ce qui a permis la victoire militaire de Francisco Franco. D’abord casser l’aspiration vers la république sociale en menant un combat acharné pour lier les organisations ouvrières à l’ombre de la bourgeoisie. Dans la révolution espagnole, les républicains bourgeois étaient ultra-minoritaires. Ensuite Joseph Staline a détourné l’or de la république espagnole contre des livraisons d’armes. Cet armement était totalement insuffisant contre les mercenaires suréquipés de Francisco Franco par les états fascistes et, de plus, il y avait des vieux fusils de la première guerre mondiale, qui, la pluparts du temps n’étaient même pas en état de fonctionner. Enfin Joseph Staline a fait assassiner par le biais de sa police internationale, la Guépéou, et ses relais dans les brigades internationales, de nombreux cadres politiques de la CNT et du POUM, c’est-à-dire l’avant-garde du prolétariat espagnol.

 

Pourquoi la question du droit des minorités à l’autodétermination et de la république libre des peuples d’Espagne n’a-t-elle pas été imposée après la mort de Francisco Franco ?

 

Le 25 octobre 1977, il y a eu un pacte signé au palais de la Moncloa par les partis ouvriers, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et le PCE, pour assurer la transition démocratique de l’Espagne. En fait il s’agissait de légitimer la reconduction des institutions monarchistes et post franquistes de l’Espagne. Le PSOE et l’UGT ont eu à l’époque quelques velléités de résistance. C’est Santiago Carrillo qui, au nom de la direction du PCE, s’est battu de manière acharnée, en particulier contre la résistance des milieux socialistes, pour faire accepter le pacte. C’est le drapeau sang et or de la monarchie et du franquisme qui a été adopté. Les directions du mouvement ouvrier ont remisé au grenier le drapeau de la république.

Comment ne pas comprendre que dans cette affaire de la Catalogne, ce qui saute au visage des dirigeants des états, de cette Union Européenne, véritable prison des peuples, c’est cette longue histoire de la lutte pour la démocratie que la dictature, puis  la monarchie post-franquiste, ont essayé de faire taire et qui resurgit. L’exigence du peuple catalan voit en face resurgir les vieux démons. La grande presse s’est fait l’écho de la contre-manifestation de Madrid, ce qu’elle a omis de rendre compte, c’est qu’elle était encadrée par des individus qui faisaient le salut fasciste et qui chantaient l’hymne de la phalange. 

Qu’une manifestante aujourd’hui écrive sur sa pancarte que « nous sommes les petites filles des républicaines que vous n’avez pas pu fusiller », est éminemment significatif de ce qui se passe là-bas. Un peuple se ressaisit de son histoire et exige la proclamation de la république. Lors de leur camp d’été, qui a rassemblé trente mille jeunes, les jeunesses de la gauche républicaine de Catalogne (JERC) ont proclamé clairement qu'elles ne voulaient plus de la constitution de 1978.

 

Comment pouvons-nous soutenir le combat pour la république ?

 

Les classes dirigeantes et les états ont annoncé la couleur. Emmanuel Macron et Angela Merkel ne reconnaissent que l'état espagnol. L'Union Européenne a avancé qu’il n’est pas question d’intégrer une région autonome dans l’Europe. C'est une position qui mérite réflexion, puisque la fonction de cette Europe de la concurrence libre et non faussée se constitue sur les régions concurrentielles contre les états nations, garantissant comme la république française l’égalité citoyenne, la péréquation démocratique entre départements pauvres et départements riches. Alors quand il s’agit de constituer une république démocratique et sociale en Catalogne,  tout ce joli monde montre les dents.

Jean Luc Mélenchon propose une médiation internationale. Si cela implique d’accepter le déploiement policier et militaire contre le peuple, d’accepter que soient traduits devant les tribunaux les organisateurs du référendum et les élus et si d’emblée la dite médiation ne condamne pas immédiatement l’utilisation de la violence qui a touché neuf cent personnes, nous nous demandons alors à quoi peut servir une médiation dans ces circonstances. Par ailleurs de quel droit les états occidentaux et l’Union Européenne interviendraient dans le droit souverain des catalans de décider de leur destin ? Le même Jean Luc Mélenchon a osé déclarer, dans un discours prononcé devant l'assemblée nationale, que le franquisme puis la monarchie post-franquiste avaient malgré tout permis aux différentes régions de coexister dans un état national. Comme par hasard, la video retranscrivant ce discours a disparu, notamment du site de Mediapart.

C’est un point de vue qui va faire plaisir aux fils et aux filles de républicains espagnols qui, traversant les Pyrénées dans des conditions effroyables, ce que l'histoire a appelé la Retirada, sont venus en France demander protection et qu’ils ont été parqués à Rivesaltes et dans d'autres camps de prisonniers.

La solution pour aider la Catalogne républicaine et ouvrière, c’est la solidarité internationale. Hélas pour l’instant, la gauche radicale française depuis quelques mois n’a rien vu de ce qui se nouait en Catalogne. Aujourd’hui cela lui saute au visage et on se met dans certaines presses d’extrême gauche à donner des leçons aux ouvriers catalans sur ce qu’ils devraient faire.

La seule manifestation qui a été convoquée devant l’ambassade d’Espagne a regroupé à peu près deux cent militants, dont deux organisations qui se disputaient le leadership de la représentation. Est-il si difficile que cela de se mettre d’accord sur un minimum, le droit souverain du peuple catalan à disposer de son destin, pour organiser un front et prendre des initiatives pour desserrer l’étau, des meetings et des manifestations.

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 21:42

 

 

Poursuite des frappes contre les secteurs tenus par l'Etat Islamique à Rakka (Reuters)

 

Les frappes aériennes de la coalition internationale contre l'Etat Islamique se sont poursuivies Lundi 16 Octobre 2017 contre les secteurs de Rakka encore aux mains des djihadistes et elles vont s'intensifier à mesure que les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) progresseront vers ceux-ci, a déclaré un porte-parole de la coalition.

Selon le colonel Ryan Dillon, trois mille cinq cent civils ont fui les derniers quartiers tenus par le groupe Etat Islamique au cours de la semaine écoulée.

Les FDS, alliance arabo-kurde en lutte contre l'Etat Islamique dans le nord de la Syrie, ont lancé Dimanche 15 Octobre 2017 ce qu'elles disent être l'assaut final pour déloger les derniers djihadistes des poches de résistance dans Rakka, dont une grande partie des combattants ont été évacués.

Après quatre mois de siège, la chute de Rakka, capitale de fait de l'Etat Islamique en Syrie depuis plus de trois ans, semble de ce fait imminente.

Un commandant des FDS a déclaré s'attendre à terminer Lundi 16 Octobre 2017 cette opération de reconquête de Rakka, dont les premières étapes ont débuté au mois de novembre 2016. La coalition se refuse à donner un quelconque calendrier.

« Nous avons mené des frappes aériennes au cours des dernières vingt quatre heures et je pense que cela va s'accélérer très vite au fur et à mesure de la progression des FDS dans les derniers quartiers de la ville », a déclaré le colonel Ryan Dillon.

La bataille à l'intérieur de Rakka a commencé au mois de juin 2017 et elle a chassé des milliers d'habitants de la ville réduite à l'état de ruines.

Selon le commandant des FDS interrogé Lundi 16 Octobre 2017, les milices arabo-kurdes sont désormais passées à des opérations de nettoyage qu'elles devraient achever d'ici la fin de la journée du Lundi 16 Octobre 2017.

Un journaliste de Reuters présent sur la ligne de front au côté d'une unité de tireurs embusqués des FDS face au complexe hospitalier de Rakka, l'un des derniers bastions de l'Etat Islamique dans la ville, a vu deux hommes grimper sur le bâtiment et hisser un drapeau. Des messages diffusés par des hauts parleurs invitent les djihadistes à se rendre.

Un autre commandant des FDS a avancé le chiffre de deux cent cinquante combattants de l'Etat Islamique qui seraient encore retranchés dans la ville.

Un convoi d'une centaine de combattants de l'Etat Islamique accompagnés d’environ deux cent proches a quitté la ville, Samedi 14 Octobre 2017, selon Omar Allouche, membre du conseil civil de Rakka mis en place par les FDS pour gérer la ville.

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 21:25

 

 

Madrid lance un nouvel ultimatum à Carles Puigdemont (Reuters)

 

Le gouvernement espagnol a donné jusqu’au Jeudi 19 Octobre 2017 au président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, pour dire si oui ou non il a déclaré l'indépendance de la région.

Madrid avait donné initialement au chef de l'exécutif catalan jusqu’au Lundi 16 Octobre 2017 à 10 heures locales pour clarifier sa position et jusqu’au Jeudi 19 Octobre 2017 à 10 heures locales pour changer d'avis en cas de déclaration unilatérale d'indépendance.

Mais dans une lettre à Mariano Rajoy, Carles Puigdemont n'a pas répondu directement à la question, prônant à la place un dialogue avec Madrid et proposant de rencontrer le plus rapidement possible le président du gouvernement espagnol.

« Carles Puigdemont a encore l'occasion de s'orienter vers une sortie de crise, il doit pour cela répondre oui ou non à la question d'une déclaration d'indépendance », a répondu la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria.

Mariano Rajoy a demandé à Carles Puigdemont de répondre à la question sur l'indépendance par un simple oui ou non, ajoutant que toute réponse ambiguë serait considérée comme la confirmation qu'il y a bien eu proclamation d'indépendance.

Il a averti que Madrid suspendrait l'autonomie de la Catalogne si Carles Puigdemont optait pour l'indépendance.

La région a menacé de faire sécession à la suite du référendum du premier octobre 2017, jugé illégal par le Tribunal Constitutionnel espagnol. Ces événements ont plongé l'Espagne dans sa plus grave crise politique depuis la tentative de coup de force du mois de février 1981.

Carles Puigdemont a fait Mardi 10 Octobre 2017 une proclamation d'indépendance symbolique mais il l'a suspendue quelques secondes plus tard et il a appelé à des négociations avec Madrid sur l'avenir de la Catalogne.

Dans sa lettre au président du gouvernement espagnol, communiquée aux médias catalans, Carles Puigdemont ne répond pas directement à la question sur la proclamation d'indépendance et, au lieu de cela, il suggère que Mariano Rajoy et lui-même se rencontrent le plus rapidement possible pour engager un dialogue dans les deux mois à venir.

« Notre offre de dialogue est sincère et honnête. Dans les deux mois à venir, notre objectif principal est d'engager un dialogue et de faire en sorte que toutes les institutions internationales, espagnoles et catalanes, ainsi que les personnalités qui se sont montrées désireuses d'un dialogue puissent le mener », dit-il dans la lettre.

« De cette façon, nous vérifierons que chacune des parties veut bel et bien une solution négociée », ajoute-t-il.

Une proclamation d'indépendance déclencherait le cent-cinquante-cinquième article de la constitution espagnole de 1978, en vertu duquel le gouvernement central peut imposer son administration directe à l'une des dix sept communautés autonomes d'Espagne en cas d'infraction à la loi.

Le gouvernement central peut alors destituer l'administration régionale en place et mettre en place une autre équipe, prendre le contrôle de la police et des finances et convoquer des élections régionales anticipées.

Selon l'exécutif catalan, le oui à l'indépendance a recueilli quatre vingt dix pour cent des voix lors du référendum du premier octobre 2017.

Mais la majeure des opposants à l'indépendance ont boycotté ce scrutin, pour lequel la participation a été de quarante trois pour cent des inscrits.

Le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero, a comparu Lundi 16 Octobre 2017 devant l'Audience Nationale, la plus haute cour espagnole, pour dire si les Mossos d'Esquadra ont délibérément refusé de faire respecter l'interdiction du référendum décrétée par la justice espagnole.

Le procureur a requis son placement en détention, mais l’Audience Nationale s'est bornée à ordonner la confiscation de son passeport.

Josep Lluis Trapero a été placé sous enquête pour sédition, mais pas formellement inculpé, pour ne pas avoir donné l'ordre de secourir des gardes civils qui étaient retranchés dans un bâtiment administratif de Barcelone, lors du référendum.

L’Audience Nationale a en revanche ordonné Lundi 16 Octobre 2017 dans la soirée la détention de deux dirigeants d'organisation indépendantistes catalanes accusées de sédition.

Selon le procureur, Jordi Sanchez, président de l'Assemblée Nationale Catalane (ANC), et Jordi Cuixart, président de l’Omnium Cultural, une association qui oeuvre pour la promotion de la langue et de la culture catalane, ont joué un rôle important dans l'organisation du référendum d'autodétermination du premier octobre 2017.

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 19:47

 

 

https://www.elconfidencial.com/espana/cataluna/2017-10-15/cdr-comite-defensa-referendum-cup-sabadell_1461056/

 

Dans l'assemblée secrète de tous les comités cubains de Catalogne

 

Les figures les plus importantes de la résistance dans les rues de toute la Catalogne se sont réunies Samedi 14 Octobre 2017 dans un local indépendantiste dans la périphérie de Sabadell. Il n'y a pas eu de consensus.

« Nous ne savons rien, si vous êtes un voisin, allez voir la mairie et un conseiller municipal de la CUP pourra peut-être vous dire quelque chose ».

Samedi 14 Octobre 2017 dans le milieu de la matinée, la police municipale de Sabadell, la cinquième plus grande ville de Catalogne, ne sait pas que, dans quelques heures, la première assemblée de tous les Comités pour la Défense du Référendum (CDR) de la Catalogne aura lieu à Sabadell.

C'est logique, car l’heure et le lieu exact ne sont publiés par aucun site. Les organisateurs, le CDR de Sabadell, dépendant de la CUP locale, ont pris soin que seuls les invités connaissent l'appel. Les CDR sont des plateformes citoyennes développées par la CUP quelques jours avant le référendum du premier octobre 2017 pour garantir le vote. Ils étaient ceux qui ont dormi dans les bureaux de vote et qui ont organisé les manifestations contre l’intervention de la police qui se sont multipliées dans les rues des principales villes de Catalogne.

Dans les dernières semaines, ils ont connu une croissance exponentielle en nombre comme en répartition géographique et on croit qu'au moins une centaine de districts de la région ont leur propre CDR, dont la structure est basée sur les Comités de Défense de la Révolution du castrisme.

La grande assemblée se tient dans une zone industrielle de vieilles usines à la périphérie de Sabadell, dans un local indépendantiste de la CUP, Samedi 14 Octobre 2017 à 17 heures. Le soleil frappe fort sur les participants faisant la queue à la porte. « Vous êtes beaucoup plus que nous ne le pensions, nous nous attendions à moins de la moitié de participants », crie l'un des organisateurs aux personnes rassemblées. « Nous allons devoir ouvrir les portes pour que tout le monde entre, mais nous vous rappelons qu’il faut trois représentants maximum de chaque CDR sans journalistes, sans photographies ni tweets ».

A mesure que se remplit la salle, le bar « alternatif et populaire » du local, intitulé Mambo à l'entrée, se vide. À côté du comptoir, d’affiches appelant à la libération d’Alfon, le militant de Valence arrêtés et emprisonné après la grève générale du 14 novembre, 2012, de plusieurs exemplaires de la revue Directa, une revue de la CUP, et d'autres calendriers et dépliants relatifs à la lutte, s’assoient deux femmes. L'une des deux est Sophie, une journaliste française qui vient couvrir l’assemblée et qui a accordé une pré-interview. Mais, alors que l’assemblée elle-même commence, elle reste à l’extérieur pour boire une bière. « Il a été décidé qu’il n’y ait aucun média et ce serait une injustice d’y aller quand nous avons dit à la télévision catalane elle-même qu’elle ne pouvait pas le faire », lui ont expliqué les organisateurs.

Le responsable des comités de Sabadell a répondu à leurs questions avant l’assemblée, bien sûr, avec une certaine prudence. Par exemple, lorsque Sophie demande pourquoi ils désirent tant l'indépendance, la porte-parole reste un peu hésitante jusqu'à ce qu’elle réponde finalement « pour pouvoir parler dans ma langue librement ». La française répondit avec un peu d'incrédulité qu'elle ne pensait pas que c’était si difficile. « Tout est un peu comme cela », admet-il, ne voulant pas dire beaucoup de détails pour que cela n’apparaisse pas comme une indiscrétion à leurs hôtes. Les organisateurs lui ont même demandé de changer de trottoir, arguant que le microphone de sa caméra pourrait capter les déclarations de l'intérieur.

À l'intérieur, la chaleur est écrasante, près de quarante degrés. Il y a deux cent personnes dans un petit auditorium de quartier. Il y a des représentants de quatre vingt CDR de toute la Catalogne, Gérone, Manresa, Masnou, Sants, Les Franqueses, Badalona, ​​Esplugues, Nou Barris, Tarassa et Casteldefells, qui répondent à des profils divers. La majorité sont des jeunes antifascistes d’une vingtaine d’années, y compris des rastas avec des dreadlocks, mais aussi des retraités et des militants de toutes sortes d’âge et de situation. Il y en a même un avec une chemise de Marinaleda. Les points de l'ordre du jour sont lus, ils sont variés, mais presque tous sont venus ici pour coordonner la stratégie citoyenne contre l’éventuelle activation du cent-cinquante-cinquième article de la constitution.

Ils fonctionnent avec les codes popularisés par le mouvement du 15 mai 2011, comme le geste dévissant une ampoule et la revissant d'une manière extravagante pour exprimer leur soutien ou celui que les joueurs de football utilisent pour demander le changement quand ils veulent aller vite. Quand ils veulent intervenir, ils lèvent une pancarte avec le nom de leur quartier et ils attendent que le bureau leur donne la parole. L'assemblée commence par un rappel à l’ordre idéologique qui sera respecté pendant les trois heures de l’assemblée, « je vois des militants de l’Omnium, de la CUP et de l’ERC, nous avons chacun un père et une mère, mais nous ne sommes pas ici pour défendre des positions politiques, je vous supplie d’éviter de mentionner des partis politiques. Nous sommes ici parce que nous sommes capables de mobiliser la rue, comme nous l'avons fait après le référendum, et nous voulons canaliser nos actions ».

L'assemblée discute sur un ton cordial de camaraderie, avec des références constantes à la résistance non-violente, mais sans oublier la résistance comme un moyen d'obtenir l'indépendance. Seul le représentant de Calella, un homme d'âge moyen, brise le calme, « j’ai une proposition d'action très claire, mais je ne peux pas la dire ici parce qu’elle est clandestine. Ceux qui sont prêts à passer quelques jours loin de la maison et à risquer leur l'intégrité, qu’ils viennent me parler après l’assemblée », dit-il avant d'être réprimandé par les organisateurs, « ne vient pas ici pour faire des propositions clandestines ».

L'un des problèmes les plus brûlants est la conversion des CDR en Comités de Défense de la République Catalane, la majorité des CDR voit cela comme une évolution logique, mais certains ne sont pas pour, parce qu'ils défendaient le « droit de vote des catalans » mais, dans leurs rangs, il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas indépendantistes. Les nuances terminologiques sont cruciales dans cette assemblée, comme c'est logique quand un groupe hétérogène de citoyens tente de concevoir une république à partir de zéro.

Ce sont précisément ces échanges sur les nuances, sur les détails et sur la position de chaque groupe sur des questions comme l’invocation de brigades internationales de rue, une autre grève générale ou la possibilité d'inclure des activités culturelles dans les campements pour prolonger les manifestations,  qui font monter la température dans les assemblées. Ces échanges, même avec des gants blancs, comprennent des contributions qui font pencher les débats dans un sens ou dans un autre. Il y a des questions techniques, « pour voir si nous appellerons les gens dans la rue sans savoir comment les protéger ou comment couper l'accès à la police ». Il y a des questions passionnées, « des concerts de casseroles dans les municipalités dès que le cent-cinquante-cinquième article sera activé, que l’on entende tout le temps », dit le responsable de Villanova i la Geltru, le seul qui intervient en espagnol après des dizaines d’interventions. Le CDR de San Andreu veut aller un peu plus loin, « que ferons-nous si, avec le cent-cinquante-cinquième article ou plus tard, nous intervenons sur des questions cruciales, comme la santé ou l'éducation ».

Le débat commence à décliner vers la troisième heure. Au fond de l'auditorium, on s’approche du bar pour une bière et un cigare et à la fin les forces sont divisées, il y a presque autant de personnes à l'extérieur qu’à l'intérieur du local.

L’assemblée n’est pas parvenue à un consensus, au-delà de réaffirmer que les manifestations postérieures au premier octobre 2017 étaient très importantes et qu’elles recommenceront si le cent-cinquante-cinquième article est activé.

Tous sont convoqués Samedi 21 Octobre 2017 dans un nouveau lieu secret, pour continuer d'armer la structure avec plus de pouvoir pour mobiliser les rues de Catalogne. Et pourtant, quand on les voit descendre dans la rue et se disperser en petits groupes, vers la station de Can Feu-Grácia, ils ne paraissent pas plus que des citoyens.

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