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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 18:01

 

Bousculade sur les marches de l’Opéra Bastille

Le Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry communique

Le CTSPV et son Comité de soutien ont mobilisé une vingtaine de camarades pour la manifestation sur les retraites. Arrivant place de la Bastille nous avons vu un grand rassemblement sur les marches de l’Opéra.

Voulant venir en renfort de ce qui apparaissait comme une action de sans-papiers, nous nous sommes d’abord heurtés à un militants CGT qui nous a dit que nous n’étions pas désirés au sein du périmètre. «Du périmètre ?» Nous avons alors remarqué, qu’effectivement, des bandelettes, disposées à environ un mètre du sol, ceinturaient le rassemblement.

L’interdit semblait compliqué car ceux qui, parmi nous, faisaient partie d’une des onze associations pouvaient passer. Les sans-papiers aussi semblait-il.

Un groupe de sans-papiers du collectif a alors choisi de se positionner sur les marches avec la banderole qui nous avait servi pour la manifestation. Était inscrit d’un coté «Régularisation de tous les sans-papiers» et de l’autre «On paye des impôts On n’a pas accès aux soins». C’est ce dernier coté qui était exposé.

Au bout de quelques minutes, les camarades ont été tirés très violemment en dehors du «périmètre», d’abord par des militants CGT, puis avec l’appui d’une vingtaine de sans-papiers.

Nous avons ensuite discuté avec des grévistes de cette mise à l’écart musclée et scandaleuse. Puis nous sommes partis, notre présence n’étant pas désirée par les organisateurs.

Ce qui s’est passé renvoie évidemment à des désaccords.

La CGT et les Onze réclament des «critères clairs de régularisation». Nous dénonçons l’arbitraire des préfectures mais nous ne réclamons pas de critères. Les critères, même «améliorés» ou «objectifs», seront toujours faits pour refuser la régularisation à une grande partie d’entre nous.  — La CGT et les Onze ne parlent plus que de la régularisation par le travail et poussent les grévistes sans-papiers à chasser les CERFA. Nous nous refusons à entamer cette chasse car elle divise les sans-papiers entre ceux, minoritaires, qui peuvent en obtenir, et ceux qui ne peuvent pas. De plus, le gouvernement favorise cette tactique car cela s’inscrit dans sa politique d’immigration choisie.  — La CGT, en central, malgré cette récolte des CERFA (qui se périment au fur et à mesure), ne dépose pas de dossiers. Nous oui (d’ailleurs des unions locales CGT le font aussi et Solidaires en constitue). À défaut de pouvoir obtenir des reculs du gouvernement sur les principes, il nous faut aujourd’hui obtenir les régularisations de ceux qui se sont battus.  — La CGT et les Onze tissent des alliances avec des employeurs. Nous trouvons incohérent de dénoncer le dumping social et de faire alliance avec ceux qui le pratiquent. Les liens, il faut les tisser avec les autres travailleurs, car c’est de là que viendra la force qui fera reculer le gouvernement.

Malgré ces désaccords d’organisations, nous pensions que quand un combat est engagé par d’autres sans-papiers, il est juste de le renforcer. Les combats gagnés par les uns facilitent les batailles des autres. Et tous, sans-papiers de tel ou tel collectif, de telle ou telle grève, nous avons intérêt à la régularisation. Pour cela, nous avons voulu appuyer l’initiative à l’Opéra Bastille quand nous l’avons découverte en fin de manif. Mal nous en a pris.

Nous restons néanmoins convaincus que l’une des clés de la victoire est dans l’unité de tous les sans-papiers. Mais elle ne pourra se construire qu’en condamnant ce type de pratique.

Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry, 28 mai




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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:58

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article5076

"Levez le siège maintenant" demandent les députés européens

Alors qu’Israël vient de faire arraisonner deux bateaux de la flotte de la Liberté dans le port de Larnaca, le gouvernement chypriote s’étant déculotté (on espère que les dirigeants turcs seront moins timorés), une délégation du parlement européen qui s’est rendue à Gaza par l’Egypte s’inscrit en faux par rapport aux énormes mensonges du gouvernement israélien qui a osé écrire ces jours-ci que la Bande de Gaza ne manquait de rien et qu’elle n’avait donc pas besoin d’aide humanitaire !

Une délégation conjointe composée de neuf députés des commissions des affaires économiques, des budgets et du développement a quitté la bande de Gaza ce vendredi, après avoir participé à une mission d’enquête organisée par l’UNRWA. La délégation a procédé à l’évaluation de la situation humanitaire à Gaza et des résultats de l’assistance financière de l’UE.

"La situation humanitaire alarmante, et de plus en plus catastrophique, requiert une levée immédiate, totale et durable du blocus imposé par Israël" indique la délégation, précisant qu’environ 80 % de la population dépend aujourd’hui de l’aide alimentaire.

"L’UE doit lancer, sans délai, une action politique afin que le siège de Gaza soit levé et que la reconstruction des infrastructures de base puisse commencer. Lorsqu’on se rend sur place, on comprend la situation de Gaza. À ce jour, seuls deux ministres des affaires étrangères ont visité Gaza. Nous invitons les 25 autres à s’y rendre pour se rendre compte de la situation sur le terrain. L’UE doit s’employer activement à devenir un véritable acteur de paix".

Députés faisant partie de la délégation à Gaza : Eva JOLY (présidente de la commission du développement, Verts/ALE, FR), Michèle STRIFFLER (vice-présidente de la commission du développement, PPE, FR), Ivailo KALFIN (vice-président de la commission des budgets, S&D, BG), Lajos BOKROS (commission des budgets, ECR, HU), Véronique DE KEYSER (commission des affaires économiques, S&D, BE), Marielle DE SARNEZ (commission des affaires économiques, ADLE, FR), Göran FÄRM (commission des budgets, S&D, SE), Nicole KIIL-NIELSEN (commission des affaires étrangères, Verts/ALE, FR), Ivo VAJGL (commission du développement, ADLE, SL)





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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:20

 

http://www.socialisme-2010.fr/socialisme-maintenant/editoriaux.htm#lanson1305

Pourquoi un club politique, lieu indispensable à la réflexion politique ?

par Michel Lanson

Avertissement: notre camarade Michel a produit ce texte de réflexion sur notre club politique, après deux ans d’existence. Il a été largement soumis à la discussion lors de notre réunion du samedi 8 mai ; nous avons estimé qu’il pourrait servir de point de départ à un travail de réflexion collective qui pourrait se mener au sein d’une commission de militants de notre club aux fins d’élaborer un document d’identification politique. Ce texte est une invitation à nous autoriser à discuter sur des éléments d'analyse qui viennent d' horizons divers dont certains ne sont évoqués concrètement que pour montrer que des possibles sont ouverts à la réflexion. Il ne s'agit pas de défendre, voire d'épouser inocemment la position de l'un ou de l' autre . Il s'agit d'une invitation à nous autoriser à penser par nous mêmes et de repérer la "ritournelle" répétée parfois par inertie ou pour masquer un désarroi face à des situations
complexes ou nouvelles.

Pourquoi se poser cette question après deux ans d’existence ? Sans doute qu’avec le recul, le mélange des genres ( rencontres de militants et club de réflexion) est plus apparent. Une clarification s’impose.

Tout d’abord, contrairement à l’idée souvent répandue, un regroupement libre, indépendant et sans enjeu de pouvoir est rare. Le plus souvent, les clubs ou les regroupements autour de revue sont liés à des organisations ou des fractions politiques, think-tank à visée électorale ou groupes servant des stratégies universitaires (plans de carrière liés à des UFR ou enjeu de pouvoir symbolique), des prises de position dans des mouvances ou mouvements autocentrés. Un club où la parole est libre entre militants, analystes, actifs ou retraités d’univers et d’histoire divers, où les enjeux ne sont qu’intellectuels (chacun en faisant ensuite son miel dans la ruche de son choix) est rarissime. La tentation est toujours forte de faire d’un club un clone d’une organisation politique idéale parce que sans frottements à la réalité pratique de la lutte des classes. Il faut absolument y résister.

L’expérience de plusieurs années de responsabilité de direction militante et de fréquentation d’une forme antérieure de club m’a appris que la formulation politique en termes de mot d’ordre et d’action ne servait à rien (il est toujours facile de dérouler à vide un raisonnement qui n’est le plus souvent que la répétition par analogie d’un raisonnement antérieur). En revanche, un regard décentré,   l’approfondissement d’une analyse, une recherche théorique, un apport intellectuel sont des éléments indispensables pour la construction d’une pratique militante qui se définit dans le lieu, l’organisation ad hoc.

Un club, encore aujourd’hui, doit se définir plus en référence à ceux du XVIII° siècle, faiseur de lumières, qu’à une cellule, une section ou une loge. C’est aussi un lieu où peuvent être mises en analyse les pratiques militantes et les recherches théoriques d’aujourd’hui.
Concernant le discours politique « militant », à différencier bien sûr de la lutte de résistance dans le champ pratique de la lutte des classes, il renvoie inexorablement au concept de la « ritournelle » forgé par Deleuze et Guattari dans « Mille plateaux ». Ce discours s’enroule sur lui-même, la variation d’un de ses éléments lui permet de fonctionner et d’éviter d’être une simple répétition circulaire.

Cela fonctionne pour toutes les parties du discours. L’actualité politique et sociale, la périodicité des textes ou des réunions permettent des variations presque infinies. Pris indépendamment les uns des autres, les paradigmes ou notes sont généralement justes, encore faut-il qu’ils soient correctement contextualisés. Simplement, avec les mêmes notes, on peut créer Imagine ou refaire La danse des canards.

Cela permet de comprendre comment des cercles peuvent perdurer en se répétant depuis de longues années et comment des avatars d’organisations trotskystes peuvent répéter à l’envi : rupture avec le capital, non au dialogue social, grève générale, manif centrale… sans jamais se poser les questions : qui sommes-nous, à quel titre parlons-nous, à qui parlons-nous vraiment, quel est le levier politique ?

Sur d’autres airs, perdurent de même d’autres types d’organisations, même si en fonction de mon expérience, la ritournelle de cette famille me tinte immédiatement aux oreilles.

On peut aussi sérieusement, comme des papes, déclarer : «  l’auto-activité des travailleurs reste centrale » (AK/OS) sans voir que cette phrase n’a aucun contenu sémantique. Peu importe. Le discours politique est un discours purement narcissique, ce qui induit la répétition dans la pathologie, elle-même renforcée par l’isolement créé par la vertu révolutionnaire assimilée à l’idée pure du Bien de l’Humanité.

Mais ce système répétitif peut aussi se concevoir sur un temps long. Ainsi peut-on passer de l’enthousiasme de la création de syndicats, de partis…à la déception et aux comités pour le redressement de ces partis puis on recommence constatant à regret que l’écho dans les masses s’estompe vite ou ne résonne jamais. Ainsi, une période s’ouvre avec la rupture dans le PCI entre la Commission ouvrière et la direction pabliste. La musique persiste encore de nos jours : on peut constater que des organisations pétries de « lambertisme » se retrouvent dans le NPA pour tenter de le sauvegarder des dérives « pablistes » de la direction.  L’époque n’a-t-elle pas changée dans ses superstructures ?

La « ritournelle » est interrompue lorsque se produit une contraction du temps correspondant à un bouleversement politique majeur. Mais, ces moments sont rares.  Ensuite, une comptine avec une nouvelle tonalité se recompose. La dernière en date correspond en France à 95 avec ses variations autour du « Tous ensemble ».

Le discours sur la progression des luttes et sur les perspectives politiques semble épouser un temps linéaire et axé, ce qui lui donne un aspect dialectique. Pourtant, Derrida parlait, déjà en 1993 dans Spectres de Marx, du temps  qui semble être « sorti de ses gonds ». En réalité, le discours dominant est aujourd’hui calé sur une conception circulaire du temps (Deleuze, Bergson, le temps recherché et retrouvé Proust). Plus le discours se veut à gauche plus la vitesse de rotation s’accélère. La conséquence principale de ce mouvement tourbillonnant est le fait de  masquer et d’évacuer les recherches sur une nouvelle perception du réel et sur une pensée en phase avec le monde actuel. C’est cet aspect des choses qui est le plus important. On peut vivre en sifflotant une ritournelle mais cela n’agit jamais car cela n’a pas de prise au-delà des membres de la chorale.

Il s’agit d’aborder la nouvelle période avec sérieux. Depuis longtemps, nous écrivons que 1989 marque un changement de période. Mais, nous avons bien du mal à saisir les conséquences de ce changement. Aussi, le plus souvent, nous le mettons en préambule puis nous reformulons nos raisonnements comme d’habitude.

Razmig Keucheyan, dans Hémisphère gauche, une nouvelle cartographie des pensées critiques, écrit :

« Trois commencements 1789, 1914-1917, 1956 pour une seule fin, à savoir 1989. D’autres découpages sont possibles et peuvent se surimposer à ces premiers. »

Souvent, on a interprété les surimpositions (95,    élections diverses, crises financières, Grèce…) sans tenir compte du renversement capital opéré à ce moment politique. Or, si le temps long des Lumières, le temps séculaire de la Révolution socialiste, le temps actif de l’anti-stalinisme se ferment, toute notre pensée doit se retourner.

Dardot et Laval nous ont montré que le Néo-libéralisme n’est pas un simple développement du capitalisme mais bien une forme nouvelle de domination du Capital (réunion de février et « La Nouvelle Raison du Monde »).

C’est à partir du constat de la défaite que peuvent se construire de nouvelles pensées critiques et que peut être abordée « l’Hypothèse communiste ». Zizek parle de redescendre et de recommencer l’ascension en repartant du camp de base citant Lénine dans un texte sur la NEP (présentée souvent à tort par ses successeurs staliniens comme une pause). Cette métaphore montagnarde s’applique parfaitement à notre époque.

Alors, pourquoi faire comme si l’histoire avançait inexorablement toujours du même au même en suivant le bon vieux matérialisme historique (pour ne pas dire scientifique) ? La pression militante, l’absence de lieu pour une réflexion globale, les enjeux symboliques, personnels et psychiques… tout cela sûrement. Mais l’absence de club de réflexion, libre et protégé contribue à l’impossibilité de se remettre en question.

Nous avons déjà abordé ces problèmes, mais l’illusion de la vie a reformulé sa « ritournelle ». Nous n’avons pas eu le temps, le courage de reformuler la théorie à l’épreuve des faits.  Plus personne n’est soumis à la dictature de « Objectif /Résultat ». Pourtant cette « méthode » continue à structurer l’inconscient militant. Ainsi on tue le marxisme en ne voulant pas le mettre, se mettre en danger.

Pourtant, nous aurions bien besoin de frotter la crise européenne, la séquence grecque aux thèses de Naomi Klein, à l’Etat d’exception permanent d’Agamben, par exemple.  Pourquoi Sarkozy reste-t-il en place malgré tout ? Les réponses politiques produites sont d’une telle évidence qu’elles n’expliquent rien de neuf. Pourtant du côté de la critique, une part importante de la littérature se penche sur la question en commençant par Badiou : « De quoi Sarkozy est-il le nom ? ». 

Nous pourrions chercher pourquoi nous sommes passés le plus souvent de la classe ouvrière au salariat et dans le même temps pourquoi nous nous interrogeons vainement sur la disparition de la conscience de classe. Et bien, d’autres problèmes survolés (mondialisation financière et les pays émergeants en sortant des clichés…) ou refoulés (la liste ici est longue et délicate) …

Il faut du temps, des lectures, des rencontres. Il faut résister à l’anti-intellectualisme, à la pression de l’actualité et du mot d’ordre juste. Et prendre du plaisir déjà... 

   




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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 17:33

 

Le Conseil constitutionnel "décristallise" les pensions des anciens ressortissants des colonies

http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/05/28/le-conseil-constitutionnel-decristallise-les-pensions-des-anciens-ressortissants-des-colonies_1364189_823448.html

Il s'agit de la première décision rendue par le Conseil constitutionnel, saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Instaurée lors de la révision constitutionnelle de juillet 2008, la QPC, entrée en vigueur depuis le 1er mars 2010, permet à tout justiciable de soulever devant un juge la constitutionnalité de la loi applicable dans l'affaire dont il est partie. Le Conseil constitutionnel avait été saisi, le 14 avril, des trois premiers dossiers transmis par le Conseil d'Etat.

Sa décision sur la question soulevée par les deux requérants, Mme Kheddidja Labanne et son fils,Moktar Labanne, rendue publique vendredi 28 mai, fera date. Le Conseil constitutionnel a censuré les dispositions inscrites dans les lois de finances rectificative d'août 1981 et les lois de finances de décembre 2002 et décembre 2006 relatives à la "cristallisation" des pensions applicables aux ressortissants des pays et territoires autrefois sous souveraineté française et, notamment, aux ressortissants algériens. Le Conseil a jugé que ces dispositions constituaient une rupture du principe d'égalité.

Cette décision met fin à une injustice manifeste, perpétuant une différence de traitement entre ressortissants français et étrangers titulaires de pensions civiles ou militaires de retraite et résidant dans le même pays. Lors de l'audition publique qui s'est tenue mardi 25 mai devant les onze membres du Conseil constitutionnel réunis, Me Arnaud Lyon-Caen, avocat de Mme Khedidja L. et de M. Moktar L., avait cité l'exemple d'un ancien sergent marocain touchant 612 euros de retraite annuelle alors que, pour un sergent français ayant servi dans les mêmes conditions et versé les mêmes cotisations, elle s'élève à 7512 euros.Sa décision sur la question soulevée par les deux requérants, Mme Kheddidja Labanne et son fils,Moktar Labanne, rendue publique vendredi 28 mai, fera date. Le Conseil constitutionnel a censuré les dispositions inscrites dans les lois de finances rectificative d'août 1981 et les lois de finances de décembre 2002 et décembre 2006 relatives à la "cristallisation" des pensions applicables aux ressortissants des pays et territoires autrefois sous souveraineté française et, notamment, aux ressortissants algériens. Le Conseil a jugé que ces dispositions constituaient une rupture du principe d'égalité.

Le Conseil ne conteste pas que les pensions puissent être affectées de coefficients différents en fonction des disparités de pouvoir d'achat et de coût de la vie dans les pays concernés. En revanche, il estime que, dans un même pays de résidence, il ne doit pas y avoir de différence de traitement entre un ressortissant français et un ressortissant étranger présentant les mêmes droits.

L'abrogation des trois articles visés par la censure prendra effet à compter du 1er janvier 2011. Il revient donc au législateur de prendre, d'ici là, de nouvelles dispositions, fixant le niveau des pensions par pays tout en respectant le principe d'égalité. Le bénéfice de ces nouvelles dispositions sera étendu, outre les requérants, à tous ceux dont les affaires sont en instance. Les pensions "décristallisées" seront recalculées et un rattrapage sur les quatre dernières années – durée de la prescription – sera effectué.

En 2006, après la sortie du film Indigènes, de Rachid Bouchareb, primé au Festival de Cannes, sous la présidence de Jacques Chirac, les " prestations de sang ", c'est-à-dire les retraites des combattants et les pensions d'invalidité, avaient déjà été décristallisées. Le nombre de bénéficiaires de la remise à niveau que va entraîner la décision du Conseil constitutionnel est évalué à une dizaine de millier de personnes.

Le coût annuel pour les finances publiques sera de plusieurs dizaines de millions d'euros, en fonction du niveau des pensions qui sera fixé par la loi.







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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 16:45

 

http://www.fr.news.yahoo.com/3/20100528/tfr-immigration-sans-papiers-greve-56633fe.html

Des travailleurs sans-papiers en grève occupent les marches de l'Opéra Bastille à Paris (Associated Press)

Un millier de travailleurs sans-papiers en grève occupent depuis jeudi les marches de l'Opéra Bastille, sur la place de la Bastille à Paris, pour "obtenir enfin des critères de régularisation garantissant l'égalité de traitement entre tous les salariés", a annoncé vendredi la CGT, la préfecture de police avançant le chiffre de 350 participants.

"Le ministère de l'Immigration doit cesser de tergiverser. Le gouvernement doit publier un texte permettant à ces salariés d'être régularisés et de faire vivre leurs droits de salariés", a insisté la CGT dans un communiqué.

Les travailleurs sans-papiers "continueront d'occuper les marches de l'Opéra Bastille tant qu'ils n'auront pas obtenu des critères de régularisation clairs", a déclaré Francine Blanche, responsable confédérale de la CGT, en charge du mouvement des sans-papiers, à l'Associated Press. "Ils en ont assez et sont extrêmement déterminés", a-t-elle ajouté.

Des propositions de critères, définies en commun par les organisations syndicales et les employeurs, ont été soumises aux ministères de l'Immigration et du Travail lors de deux réunions, les 14 et 20 mai, mais ces derniers n'ont pas encore donné suite, a déploré la syndicaliste.

Dans un courrier adressé jeudi au Premier ministre François Fillon, la secrétaire nationale du Parti communiste français (PCF), Marie-George Buffet, lui demande "de tout mettre en oeuvre pour que les dossiers de ces salariés" soient examinés "avec la plus grande bienveillance". "Leur désarroi (...) incite à la plus grande humanité dans le traitement de ces situations particulières", ajoute-t-elle.

Onze organisations syndicales et associations soutiennent les quelque 6.250 travailleurs sans-papiers grévistes depuis le lancement de leur mouvement, le 12 octobre 2009. AP




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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 20:05

 

http://www.geopolintel.fr/article270.html

Geopolintel interroge Pierre Charasse au sujet de la crise européenne

Entretien conduit par Jean-Michel Vernochet pour Geopolintel

JMV Que dire aujourd’hui de la crise ? La fin de semaine dernière, les 8 et 9 mai, alors que les Européens négociaient un plan de sauvetage des pays en difficulté – Grèce, Italie, Espagne, Portugal, Irlande - les consultations téléphoniques se sont multipliées entre le président américain Barak Obama et ses homologues allemand et français, Mme Angela Merkel et M. Nicolas Sarkozy. De votre point de vue, cette concertation est-elle purement formelle ou va-t-elle plus loin que de simples échanges de vues ? Dans ce dernier cas peut-on parler d’ingérence de la part des Etats-Unis dans les Affaires européennes ?

Pierre Charasse : Il faut resituer cette crise dans le cours des événements de ces 20 dernières années et dans une perspective géopolitique à moyen et long terme. La crise grecque et ses derniers développements ont confirmé, si c’était nécessaire, que l’Europe politique n’existe plus. L’Europe a projeté l’image de sa désunion et a révélé sa faiblesse au reste du monde. La monnaie européenne aurait dû être l’expression la plus forte d’une union politique achevée. Phénomène incroyable, on a instauré l’Euro sans créer un gouvernement économique. Entre les présidents de la BCE, de l’Eurogroupe, de la Commission, du Conseil, la présidence semestrielle (Espagne) et les “poids lourds Européens” Sarkozy, Merkel, c’est une belle cacophonie !

Il est ahurissant que les gouvernements de la zone euro se soient interdits de contrôler leur monnaie ! Aucun pays au monde, même le plus libéral, n’applique avec autant de zèle le dogme ultra-libéral du “laisser-faire”. La BCE ne répond à personne, les gouvernements sont impuissants, mais apparemment satisfaits de l’être, car aucun ne propose de remettre la BCE et l’euro sous contrôle ! La nature ayant horreur du vide, à partir du moment où l’on demande au FMI de participer au plan d’aide à la Grèce, on place l’Europe sous la coupe des Etats-Unis, puisque aucune décision du FMI ne peut se prendre sans l’accord des américains. La réforme des droits de vote au FMI annoncée au G20 va réduire le poids des européens, mais les Etats-Unis conservent intacte leur minorité de blocage (16% des votes).

Donc, la concertation entre les présidents Obama, Sarkozy, et la chancelière Angela Merkel s’inscrit tout à fait dans le cadre d’un transfert du pouvoir de décision aux Etats-Unis puisque les Européens ne peuvent plus rien faire sans l’accord de Washington. C’est pourquoi le Président Obama se sent tout à fait autorisé à prescrire aux pays en crise les conditionnalités de l’aide : réduire les dépenses publiques, diminuer les retraites, les salaires des fonctionnaires etc. Lui, au moins exerce sans états d’âme le pouvoir que lui donne l’architecture financière mondiale. Et nos gouvernements se disent soulagés que les Etats-Unis, enfin, les « prennent en charge » ! C’est sans doute ce qu’ils entendent par « gouvernance mondiale ».

JMV N’est-il pas d’une certaine façon “humiliant” que le FMI vienne au secours de l’UE ? Son intervention ne procède-t-elle pas de ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler “un embryon” de gouvernance mondiale, le FMI supervisant en quelque sorte les politiques des Etats, mais également, en bloc, celle d’ “Organisations régionales” émergentes ? Autrement dit le FMI semble avoir désormais élargi sa sphère de compétences laquelle ne couvre plus seulement le monde en développement mais englobe à présent les pays postindustriels du Nord ? Organisation régionale désignant ici l’UE en ce qu’elle n’est encore qu’un conglomérat d’États nationaux sans expression identifiable d’une quelconque souveraineté collective !

PC : La situation serait humiliante pour l’Europe si ses gouvernants avaient encore deux doigts d’amour propre. Mais ce n’est pas le cas. Depuis quelques années et particulièrement avec le Traité de Lisbonne, le pouvoir politique européen, dans les différents pays, a choisi de se placer dans le sillage ou sous la coupe des Etats-Unis. Les gouvernants pensent qu’ils sont « mandatés » pour suivre cette ligne, qu’ils ont été élus sur ce programme, le seul possible, et c’est pourquoi ils n’ont pas le sentiment de trahir les intérêts européens. D’une part ils sont convaincus qu’ils incarnent le désir conscient ou inconscient des européens de se sentir de plus en plus américains.

D’autre part, ils pensent que « soudés » aux Etats-Unis ils seront plus forts pour faire face à la montée en puissance des pays émergents non-européens ou aux éventuelles « menaces » réelles ou supposées contre l’ordre occidental du monde. Dans ces conditions, on ne peut même pas définir l’UE comme une organisation régionale. C’est un espace politique, économique, financier et militaire européen subsidiaire du territoire nord-américain. Paradoxalement, avec la crise de l’euro cet ensemble transatlantique achève de se structurer au moment où les Etats-Unis s’enfoncent dans une crise profonde et où leur leadership mondial est contesté. Avec le traité de Lisbonne on a confié à l’OTAN la défense de l’Europe, maintenant c’est la monnaie qui passe sous contrôle américain : défense et monnaie sont les deux attributs fondamentaux de l’indépendance auxquels l’Europe a renoncé. La politique
américano-britannique a finalement atteint son objectif de torpiller le projet d’une Europe politiquement et économiquement forte et indépendante.

JMV Quelles conséquences voyez-vous à la crise ? D’abord pour l’Euro, puis pour l’avenir proche de l’Europe elle-même ?

PC : Avec une Europe contrôlée par les Etats-Unis il me paraît logique que l’Euro tende progressivement vers la parité avec le dollar, c’est à dire que l’on s’achemine vers une dollarisation de la zone euro. Dans la logique économique et financière dominante, ceci conviendrait à la fois à l’Europe car elle retrouverait la compétitivité qu’elle a perdue avec un euro fort et aux Etats-Unis qui parachèveraient ainsi leur main mise sur l’Europe. Le poids de l’Europe dans le commerce mondial diminue rapidement, et face à l’irruption de nouveaux acteurs commerciaux comme la Chine, l’euro ne pourra pas conserver sa place de grande monnaie d’échange à côté du dollar. Il faut aussi se souvenir qu’avec l’élargissement à l’Est de l’UE dans les années 90, les nouveaux venus se sont ouvertement prononcés pour la dollarisation de l’Europe. Leur aspiration profonde est d’appartenir à la zone dollar, ce qui «
verrouillerait » le dispositif de sécurité au sens large que leur donne leur appartenance à l’OTAN : ils souhaitent un double parapluie américain, la défense et la monnaie. Pour eux l’euro c’est bien, mais le dollar c’est mieux ! Et peu importe si l’économie américaine est en ruine. Ce sont des restes des traumatismes de la guerre froide et de leur perception de la « menace » que constitue toujours pour eux la Russie.

Le plan de « sauvetage » euro-américain fera d’une pierre deux coups : d’une part il permettra de consolider le leadership américain face aux BRIC et en particulier à la Chine, qui est la véritable obsession des américains. L’Europe comme centre de pouvoir mondial pouvant faire contrepoids aux Etats-Unis dans la « famille » occidentale » est rayée de la carte. La consigne est donc de faire bloc derrière le leader naturel du monde occidental, c’est ce qu’Obama a demandé à ses alliés européens dès son élection, pour tenter d’enrayer une perte inexorable d’influence dans le monde. Mais de la part des européens c’est une politique à courte vue, une fuite en avant, qui nie la réalité des nouveaux rapports de force qui se mettent en place dans le monde.


D’autre part, il donnera le coup de grâce à ce qui reste du modèle social européen en généralisant le tatcherisme à tout le continent. Pourtant il n’y avait aucune fatalité dans cette évolution de l’Europe, elle a été délibérément décidée. Au risque de paraître nostalgique et ringard, je pense que l’Europe aurait dû et pouvait suivre un autre chemin que celui de sa dissolution/désintégration dans le bloc occidental. Mais y-a-t-il aujourd’hui une majorité d’européens pour partager cette aspiration ? Les élections qui ont lieu dans les différents pays n’indiquent pas que les européens demandent un changement de cap. Malgré les mouvements sociaux qui commencent à se manifester, les gouvernements n’auront pas d’autre choix que de se plier aux injonctions du FMI et du marché. Les « socialistes » au pouvoir ou dans l’opposition acceptent comme inévitable le traitement de choc imposé par leur ami Dominique
Strauss-Khan…

JMV Pouvez-vous formuler un commentaire sur la gestion de la crise, les solutions retenues et surtout sur la place attribuable à chacune des têtes de file de l’Union, Allemagne, France et Royaume-Uni, ce dernier pays s’étant distingué par sa capacité à se défausser de toute responsabilité ?

PC : Je suis frappé par l’influence qu’exerce, pas toujours discrètement, et souvent avec cynisme, la Grande-Bretagne. Elle ne fait pas partie de la zone euro, mais son poids dans toutes les discussions financières est énorme. En général toutes ses décisions s’inscrivent dans la continuité de sa politique atlantiste. Elle a su habilement tirer profit de son appartenance à l’UE tout en gardant les mains libres. Son déficit public est colossal, mais elle invente l’expression péjorative des « PIGS » pour désigner les parias de l’Europe (en majorité méditerranéens). Elle ne participe pas au sauvetage de la Grèce, et bloque toute tentative de réguler les fonds spéculatifs situés dans leur grande majorité à la City de Londres. Très fort ! L’Allemagne est aussi très proche des Etats-Unis mais défend des intérêts qui lui sont propres. Quand au Président Sarkozy, sa crédibilité est très faible. Tout en prétendant peser sur les grands débats mondiaux et « refonder le capitalisme », il accepte en réalité que tout continue comme avant. La réforme du système financier international est en panne, ses grandes déclarations contre les spéculateurs ou les excès du marché ne sont suivis d’aucun effet. Au-delà de nos frontières, son discours n’est pas pris au sérieux et ses gesticulations paraissent bien dérisoires.

Note : Ancien ambassadeur de France, Pierre Charasse a passé l’ensemble de sa carrière au Ministère des Affaires Etrangères de 1972 à 2009. Il a occupé différents postes dans les ambassades de France à Moscou, au Guatemala, à La Havane et à Mexico. Il a été conseiller technique au cabinet de Claude Cheysson, Ministre des relations extérieures, et de Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur de 1984 à 86. Il a été également Consul Général à Naples et Barcelone, ambassadeur en Uruguay, au Pakistan et au Pérou et ambassadeur itinérant chargé de la coopération internationale contre la criminalité organisée et la corruption de 2000 à 2003 ; et, chef de la délégation française à la Conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères et de petit calibre (New-York, 2000-2001) ; Secrétaire général de la Conférence ministérielle « les routes de la drogue de l’Asie Centrale à l’Europe »(avril 2003) et Ministre Plénipotentiaire à partir de 1998. Il est en retraite depuis août 2009.

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 19:26

 

http://www.canempechepasnicolas.over-blog.com/article-en-reponse-a-son-adresse-a-bernard-thibault-jean-levy-a-re-u-une-lettre-de-sa-federation-celle-de-la-banque-et-de-l-assurance-50978350.html

En réponse à son adresse à Bernard Thibault, Jean Lévy a reçu une lettre de sa Fédération, celle de la Banque et de l'Assurance
 
« canempechepasnicolas » a publié le 1er avril, un texte intitulé :

Jean Lévy, syndiqué CGT depuis septembre 1944, s'adresse à Bernard Thibault

Cette adresse critiquait la stratégie confédérale de la CGT et l’attitude de son secrétaire général, dont le lien est :

http://www.canempechepasnicolas.over-blog.com/article-jean-levy-syndique-cgt-depuis-septembre-1944-s-adresse-a-bernard-thibault-47815674.html

Cette lettre n’a pas été appréciée par certains lecteurs responsables de la Fédération à laquelle appartient l’auteur de la lettre, FD dans laquelle il a occupé durant de nombreuses années, des responsabilités, tant au Bureau qu’à la CE fédérale.

Et le secrétariat actuel de cette Fédération d’adresser la lettre suivante à Jean Lévy. :

Fédération CGT des Syndicats du Personnel de la Banque et de l’Assurance

Il se trouve que nous nous sommes bien connus, dans cette fédération à laquelle tu revendiques encore d’appartenir, bien que tu n’ais plus rien de commun avec nous autre que ton intérêt à venir vendre te écrits personnels dans nos congrès.

Nous étions d’une génération, celle de 68, qui avait hésité entre la tentation d’extrême gauche, et l’engagement politique au côté de la classe ouvrière, comme on disait alors, nous avons opté pour cette dernière.

Et c’est ainsi qu’à peine sorti des barricades, nous sommes entrés dans la banque, l’assurance qui recrutaient massivement alors et que nous avons retrouvé ce mouvement syndical et tout naturellement la CGT, où toi et quelques autres dirigeaient d’une main de fer les syndicats et la fédération. Tous empreints de leurs certitudes nées dans une grève de années 50, et de leur appartenance politique au « camp socialiste ».

Et aujourd’hui, tu n’as pas changé, tu n’as rien appris, toujours bardé des mêmes certitudes tu joues le procureur. Tu t’adresses à notre secrétaire général selon tes bonnes vieilles habitudes. Tu serais excellent pou juger les crimes titistes, si c’était encore possible, et je crois que le rôle t’aurait plu, mais la France n’a jamais rejoint le « camp socialiste »…

Tu n’as rien appris non plus du mouvement ouvrier dont tu te réclames, reprenant la vieille antienne de « la grande grève qui n’a pas eu lieu du fait de la trahison de la confédération » ou celle de « dirigeants achetés par le patronat, le gouvernement… ».

Et puis tu te répètes, car ce sont les mêmes arguments que tu employais en ce début de l’année 2000 à notre encontre, en accusant Michel d’être à lui tout seul coupable de la dénonciation de la convention collective par le patronat bancaire, de l’étouffement du mouvement de grève, et de la signature d’une convention collective de « merde » en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Jean, toi qui oses appeler Benoît Frachon, Georges Séguy et henri Krasucki à la rescousse de tes vieilles rancoeurs, nous te le disons, ils n’ont rien à voir avec toi, car tu n’est qu’un vieux stalinien, et même passé au Ripolin rouge vif du gauchisme que tu vomissais dans tes années de splendeur, tu le resteras jusqu ‘au bout, preuve en est ton adresse à Bernard Thibault !

Finalement, c’est un honneur d’être l’objet de ton ressentiment, celui du vice à la vertu.

Alain*, Michel*, et le secrétariat fédéral

Nous n’ajouterons aucun commentaire, le lettre, se suffisant à elle-même, est reproduite en respectant style et orthographe.

* Précisons qu’il s’agit d’Alain Broumann et de Michel Marchais.

Cependant, en guise d’information, nous rappelons l’ouvrage de Jean LEVY :

« La CGT au Crédit du Nord, un syndicalisme de classe et de masse », qui retrace vingt-cinq ans d’activité syndicale au Crédit du Nord (de 1949 à 1975), à laquelle il prit part comme militant, puis comme délégué syndical national.

Le livre écrit à partir des archives conservées totalement par le syndicat pour cette période, est édité chez L’Harmattan. 

 


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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 18:59

 

Congrès SNUIPP FSU VAL DE MARNE

Motion « Retraites », adoptée par le congrès

Sur la base des mandats adoptés par la FSU lors du congrès de Lille et du SNUipp : abrogation des lois Balladur-Fillon, maintien du droit à la retraite à 60 ans pour tous et à 75%, retour 37.5 annuités, retour aux dix meilleures années dans le privé, maintien de la référence aux six derniers mois pour la Fonction publique, défense du code des pensions civiles et militaires avec assimilation et péréquation, contre les inégalités notamment celles subies par les femmes, refus de tout allongement de la durée de cotisation

Le Congrès demande à la fédération et au secrétariat national d'en appeler publiquement à l'unité sur ces mots d'ordre.

Depuis l'écriture de ce texte, le ministre E. Woerth a dévoilé plus précisément ses plans. Concernant la Fonction Publique, il y est indiqué que : « Le gouvernement a ouvert une concertation spécifique avec les organisations syndicales de la fonction publique sur ce sujet et leur a assuré que ces règles ne seront en aucun cas caricaturées. Elles ne sauraient cependant être considérés comme intangibles. »

C'est clair : le document de Woerth a pour but d'enfermer la négociation sur les seules bases du gouvernement. Tout cela dans le but d'avancer vers le démantèlement du code des pensions, préalable à celui des statuts. C'est pourquoi le SNUIPP 94 se prononce pour le Retrait du document d'orientation.

Le gouvernement a choisi de casser tous les régimes de retraites pour financer les milliards données aux banques et aux spéculateurs en échange de plans d'austérité contre tous les droits des salariés.

Au vu de ces nouveaux éléments, le Snuipp 94 rappelle sa prise de position lors de son conseil syndical du 16 mars : « le Snuipp 94 demande que cessent les concertations avec le gouvernement sur les retraites dont le seul but est d'associer les organisations syndicales à la mise en pièce du système de retraite par répartition et du Code des pensions civiles et militaires pour ouvrir la voie aux fonds de pensions. »

La FSU ne doit participer aux discussions que pour y porter ses revendications impliquant d’autres choix de société et de partage des richesses.

Adopter une telle orientation permettrait de clarifier les enjeux et favoriserait l'action unie des salariés pour la défense des retraites. Les plans gouvernementaux actuels posent la question de l'organisation rapide d'une grève générale interprofessionnelle avec manifestation nationale associant l’ensemble de la population.


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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 18:34

 

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8766

Révélations : comment Israël a proposé de vendre des armes nucléaires à l’Afrique du Sud

L’accord militaire secret signé par Shimon Peres, actuellement président d’Israël, et P W Botha de l’Afrique du Sud.


Les documents secrets sud-africains indiquent qu’Israël a proposé de vendre des ogives nucléaires au régime de l’apartheid, prouvant officiellement pour la première fois qu’Israël détient des armes nucléaires.

Le compte rendu « ultra secret » des réunions entre de hauts fonctionnaires des deux pays en 1975 montrent que le ministre de la défense sud-africain, PW Botha, avait demandé des ogives et que Shimon Peres, à l’époque ministre israélien de la défense et à présent son président, lui en avait proposé « en trois tailles ».

Les deux hommes avaient également signé un accord de grande portée régissant les liens militaires entre les deux pays, qui comprenait une clause déclarant que « l’existence même de cet accord » devait rester secrète.

Les documents, découverts par un universitaire étasunien, Sasha Polakow-Suransky, lors de ses recherches pour la préparation d’un livre sur les relations étroites entre les deux pays, fournissent la preuve qu’Israël possède des armes nucléaires en dépit de sa politique « ambiguë » en ce que ni il ne confirme, ni il ne nie leur existence.

Les autorités israéliennes ont essayé d’empêcher le gouvernement sud-africain postapartheid de déclassifier les documents demandés par Polakow-Suransky dont les révélations seront embarrassantes, d’autant plus qu’elles coïncident avec les entretiens sur la non-prolifération nucléaire qui se tiennent cette semaine à New York et qui se concentrent sur le Moyen-Orient.

Ces révélations ébranleront également les tentatives faites par Israël pour prétendre que s’il possède des armes nucléaires, il est néanmoins une puissance « responsable » qui n’en ferait pas mauvais usage, contrairement à des pays comme l’Iran qui ne sont pas dignes de confiance.

La porte-parole de Péres a déclaré aujourd’hui que l’annonce était sans fondement et qu’il n’y avait jamais eu « de négociation » entre les deux pays. Elle n’a pas fait de commentaire sur l’authenticité des documents.

Les documents sud-africains montrent que le régime de l’Apartheid voulait des missiles comme moyen de dissuasion et pour d’éventuelles frappes contre des pays voisins. Les documents signalent que les deux parties se sont rencontrées le 31 mars 1975 écrit Polakow-Suransky dans son livre The Unspoken Alliance, publié aux USA cette semaine : l’alliance secrète d’Israël avec l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Lors des entretiens, des officiels israéliens ont « officiellement proposé de vendre à l’Afrique du Sud une certaine quantité de missiles Jericho à capacité nucléaire, provenant de son arsenal ».

Parmi ceux qui assistaient à la réunion figurait le chef d’état-major sud-africain, RF Armstrong, Général de corps d’armée. Celui-ci a immédiatement rédigé une note dans laquelle il présentait les avantages que l’Afrique du Sud obtiendrait des missiles Jericho, mais seulement s’ils étaient équipés d’armes nucléaires.

Le mémo, marqué « ultra secret » et daté du jour même de la réunion avec les Israéliens, a été précédemment divulgué, mais son contexte n’avait pas été entièrement compris parce qu’on ne savait pas qu’il était directement lié à l’offre israélienne faite le même jour et qu’il servait de base à une demande directe adressée à Israël.

Dans le mémo, Armstrong écrit : « Eu égard aux avantages d’un système d’armement tel que celui qui est offert, on peut faire certaines suppositions : a) les missiles seront armés d’ogives nucléaires fabriquées en RSA (république sud-africaine) ou acquises ailleurs. »

Le site nucléaire israélien de Dimona est la pièce maîtresse de la production par Israël de bombes nucléaires.

Mais il fallait encore des années à l’Afrique du Sud avant de pouvoir construire des armes atomiques. Un peu plus de deux mois plus tard, le 4 juin, Péres et Botha se sont rencontrés à Zurich. À ce moment-là, le projet Jericho avait pris le nom de code de Chalet.

Le compte rendu ultra secret de la réunion stipule : « le Ministre Botha a exprimé son intérêt pour un nombre limité d’unités de Chalet à condition que la charge utile correcte soit disponible. » Le document poursuit : « Le Ministre Péres a dit que la charge utile correcte était disponible en trois tailles. Le ministre Botha a exprimé sa satisfaction et a dit qu’il demanderait conseil. » Les « trois tailles » sont censées se rapporter aux armes conventionnelles, chimiques et nucléaires.

L’utilisation de l’euphémisme, « charge utile correcte », reflète la sensibilité israélienne au sujet de la question nucléaire et ce mot n’aurait pas été employé s’il avait été question d’armements conventionnels. La seule interprétation possible était qu’il s’agissait d’ogives nucléaires étant donné que le mémorandum d’Armstrong dit clairement que l’Afrique du Sud ne s’intéresse aux missiles Jericho qu’en tant que vecteurs d’armes nucléaires.

En outre, la seule charge utile que les Sud-Africains auraient dû se procurer auprès d’Israël était nucléaire. Les Sud-Africains étaient capables de monter d’autres ogives.

Si Botha n’a pas conclu le marché, c’est en partie à cause du coût. En outre, tout marché aurait dû recevoir l’approbation finale du premier ministre israélien et il n’est pas certain que celui-ci l’aurait accordée.

L’Afrique du Sud a finalement construit ses propres bombes nucléaires, encore que probablement avec l’aide israélienne. Mais la collaboration en matière de technologie militaire n’a fait que croître au cours des années suivantes. L’Afrique du Sud a également fourni une grande quantité de l’oxyde d’uranium dont Israël avait besoin pour développer ses armes.

Les documents confirment les récits d’un ancien commandant naval sud-africain, Dieter Gerhardt - emprisonné en 1983 comme espion pour l’Union Soviétique. À sa libération, lors de l’effondrement de l’Apartheid, Gerhardt a indiqué qu’il y avait un accord entre Israël et l’Afrique du Sud appelé Chalet qui comportait l’offre par l’Etat juif d’armer huit missiles Jericho dotés « d’ogives spéciales ». Gerhardt a dit que c’étaient des bombes atomiques. Mais jusqu’ici, cette offre n’avait jamais été documentée.

Quelques semaines avant que Péres ne propose des ogives nucléaires à Botha, les deux ministres de la défense avaient signé un accord secret régissant l’alliance militaire connue sous le nom de Secment. Il était si secret qu’il incluait un démenti de sa propre existence : « le présent accord stipule expressément que l’existence même de cet accord... sera secrète et ne sera pas révélée par l’une ou l’autre partie ».

L’accord stipulait également qu’aucune des deux parties ne pourrait y renoncer unilatéralement.

L’existence du programme d’armes nucléaires israéliennes a été divulguée par Mordechai Vanunu au Sunday Times en 1986. Vanunu a fourni des photos prises à l’intérieur du site nucléaire de Dimona et il a décrit en détail les processus de production d’une partie du matériau nucléaire, sans fournir toutefois de documentation écrite.

Les documents saisis par les étudiants iraniens à l’ambassade des USA à Téhéran après la révolution de 1979, révélaient que le Shah s’intéressait au développement d’armes nucléaires par Israël.

Mais les documents sud-africains confirment qu’Israël était en mesure d’équiper des missiles Jericho avec des ogives nucléaires.

Israël a fait pression sur le gouvernement sud-africain actuel pour que celui-ci ne déclassifie pas les documents obtenus par Polakow-Suransky. « Le ministère de défense israélien a essayé de bloquer mon accès à l’accord Secment en alléguant qu’il s’agissait de matériel sensible, particulièrement la signature et la date, dit-il. « Les Sud-Africains n’avaient pas l’air de s’inquiéter ; ils ont noirci quelques lignes et me l’ont remis. Le gouvernement de l’ANC n’est pas aussi soucieux de protéger le linge sale des anciens alliés du régime de l’Apartheid. »

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 19:15

 

http://www.oumma.com/L-accord-irano-turco-bresilien-un

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Mohamed_Tahar-Bensaada.240510.htm

 


L’accord irano-turco-brésilien : un tournant dans les relations internationales ?

lundi 24 mai 2010 - par Mohamed Tahar Bensaada

Même si la manœuvre américaine visant à imposer une nouvelle vague de sanctions contre l’Iran risque de passer avec l’aval des autres membres permanents du Conseil de sécurité, la déclaration commune irano-turco-brésilienne au sujet de la proposition d’échanger l’uranium enrichi iranien en territoire turc constitue un tournant non négligeable dans les relations internationales.

En effet, pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, deux nations émergentes du sud se distinguent de manière spectaculaire sur la scène internationale en prenant franchement leur distance à l’égard des grandes puissances sur un dossier particulièrement épineux ayant pour théâtre la région explosive du Moyen Orient.

Pour bien mesurer l’importance de ce tournant diplomatique, il ne faut pas seulement considérer le résultat à court terme. Les enjeux stratégiques et diplomatiques à moyen terme sont autrement plus significatifs surtout si on les rapporte aux tendances profondes qui travaillent l’ensemble de la région et contribuent ainsi à restructurer son espace géopolitique de manière contradictoire et instable.

Un tournant diplomatique

En politique internationale, les faits et les intérêts importent plus que les sentiments et les arrière-pensées des acteurs diplomatiques. Le fait que la Turquie et le Brésil se soient avancés sur un terrain glissant en se portant garants d’une possible solution diplomatique négociée à un problème aussi épineux constitue en soi un évènement diplomatique d’une grande portée. D’une part, il permet à l’Iran d’enregistrer une victoire diplomatique même si celle-ci risque malheureusement d’être annihilée par l’intransigeance américaine.

En effet, en mobilisant à ses côtés deux grandes nations du sud qui passent pour être amies des USA (la Turquie est membre de l’OTAN et entretient des relations privilégiées avec Israël, le Brésil est quant à lui engagé dans un vaste programme d’intégration industrielle et militaire avec son grand voisin du nord), l’Iran a su montrer qu’il n’était pas si isolé sur la scène internationale et que son intransigeance apparente sur ce dossier ne fait que refléter l’aspiration légitime et commune à toutes les nations du sud à un développement de capacités technologiques et nucléaires à des fins civiles.

D’autre part, cet évènement permet de voir sous un angle nouveau la politique suivie par les nouvelles puissances régionales émergentes au sud. Ce n’est pas parce qu’elles ne reproduisent pas le schéma dissident du Venezuela de Chavez que ces puissances ont abdiqué leur rôle international et abandonné leurs intérêts stratégiques.

Contrairement à une lecture superficielle, la scène internationale est d’une telle complexité qu’elle permet désormais une certaine marge de manœuvre à des acteurs moyens qui ne sont pas obligés d’adopter une ligne de rupture radicale à l’égard de la superpuissance américaine pour affirmer leurs intérêts propres. Mieux, c’est parce qu’elles entretiennent une relation de coopération privilégiée avec les USA et avec les Etats dissidents comme l’Iran que ces puissances moyennes ont plus de chance de réussir une médiation diplomatique qui serve leurs intérêts commerciaux et stratégiques et consolide leur nouveau statut international.

L’accord tripartite irano-turco-brésilien ne doit pas être lu de manière unilatérale. Certes, la Turquie et le Brésil ont envoyé à l’Iran une bouée de sauvetage inespérée. Mais ces deux puissances moyennes émergentes ne l’ont pas fait pour les beaux yeux de l’Iran. Elles ont aussi énormément à gagner sur les plans stratégique et commercial dans une région vitale pour le système mondial. Ce n’est pas un hasard si l’intervention diplomatique inattendue de la Turquie et du Brésil a d’abord importuné les puissances en perte de vitesse sur ce dossier comme la France et l’Allemagne.

Les paradoxes de l’accord

En effet, l’accord irano-turco-brésilien cache plus d’un paradoxe. A court terme, les Américains ne pouvaient que sauter par-dessus cet accord tout en déclarant qu’il constitue un « pas positif ». Le contraire aurait été trop simple. Les Etats-Unis ne pouvaient abdiquer aussi facilement leur rôle dans cette crise sans se discréditer et sans alarmer leur allié intime israélien qui a réagi de la manière la plus hostile à l’accord en question. Mais si on considère les choses à plus long terme, les choses seraient plus nuancées. L’accord irano-turco-brésilien, s’il sert objectivement les intérêts stratégiques de ces trois nations, ne constitue pas pour autant un défi majeur aux intérêts stratégiques américains à long terme.

Les Américains sont bien conscients que le monde unipolaire auquel ont rêvé certains de leurs compatriotes au lendemain de la chute du mur de Berlin s’est brisé à l’épreuve des réalités géopolitiques. S’il y avait un quelconque doute à ce sujet, le bourbier dans lequel se trouvent les Américains au Moyen-Orient a fini par le dissiper.

Non seulement les Américains ne refusent pas l’intervention et la coopération des autres acteurs internationaux à leurs côtés en Irak et en Afghanistan mais ils en sont des demandeurs explicites. Mais il ne s’agit ni d’un retour au monde bipolaire de la guerre froide ni d’un équilibre multipolaire tel qu’on l’aurait souhaité pour la paix et la prospérité du monde. Il s’agit d’une période transitoire marquée par un désordre calculé et contenu dans lequel les Etats-Unis cherchent à jouer les premiers rôles au détriment des autres concurrents et rivaux mais sans les exclure totalement du grand jeu.

Bien entendu, dans la perception stratégique américaine, la scène internationale n’est pas uniforme. Il y a les puissances amies comme la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne avec lesquelles il peut y avoir une concurrence et une rivalité d’intérêts et donc parfois des divergences économiques et/ou diplomatiques et il y a des puissances comme la Russie et la Chine avec lesquelles on est bien obligé de gérer des intérêts et des dossiers internationaux d’intérêt commun tout en continuant à craindre leur développement technologique et militaire. Et il y a enfin les puissances moyennes émergentes (Inde, Turquie, Brésil) qui réclament une plus grande place dans le concert des nations. Dans ce jeu serré pour la puissance, paradoxalement, ce n’est pas l’Amérique qui risque de s’offusquer des réclamations des nouvelles puissances émergentes tant elle reste loin par rapport à leur niveau de développement.

En revanche, en jouant sur cette compétition internationale, l’Amérique peut arriver à neutraliser les ambitions des uns et des autres sur la scène internationale. De ce point de vue, l’accord irano-turco-brésilien peut être lu de deux façons à Washington. Certes, cet accord permet à l’Iran de s’en sortir à bon compte. C’est ce qui dérange la diplomatie américaine. Pour cette dernière, il n’est pas question de récompenser l’intransigeance iranienne. Mais une autre lecture est possible. Cet accord a permis de sortir du jeu la Russie et la France punies par Téhéran pour s’être trop compromises avec Washington dans le système de sanctions imposées à l’Iran. En outre, cet accord permet à deux puissances émergentes « amies » d’entrer (pour le Brésil) ou de consolider sa position (pour la Turquie) dans la région vitale du Moyen Orient.

Les enjeux cachés

Mais comment expliquer dans ces conditions l’intransigeance de la position américaine et notamment l’empressement avec lequel Hilary Clinton a commencé les manœuvres diplomatiques en vue d’arracher l’accord de Moscou et Pékin en vue d’imposer une nouvelle vague de sanctions contre l’Iran au risque de froisser leurs alliés turc et brésilien ? Les Américains ont pris prétexte d’une déclaration du président iranien qui aurait affirmé la volonté de son pays de continuer à enrichir l’uranium pour justifier leur position. Mais ce prétexte ne saurait cacher l’essentiel.

Dans la configuration géopolitique régionale actuelle, ce n’est pas tant la question de l’enrichissement de l’uranium que la question de la position de Téhéran à l’égard du projet du « nouveau grand Moyen Orient » à l’ombre de la pax americana qui focalise l’attention des états-majors américains et israéliens. Sans sacrifier aux discours idéologiques des uns et des autres en pareilles circonstances, force est de reconnaître que dans son ambition de conquérir un statut géopolitique régional à la hauteur de son poids historique, démographique et économique, l’Iran prône une politique et joue un jeu qui contrarient la volonté de domination israélienne et américaine- même s’ils contrarient par la même occasion d’autres intérêts et d’autres Etats- dans cette région vitale du monde.

En décidant de pousser le Conseil de sécurité vers l’aggravation du système de sanctions visant l’Iran, Washington risque de perdre un peu plus sa crédibilité diplomatique. Comment justifier le refus d’un accord qui est arrivé à arracher à l’Iran ce que les Américains lui demandaient il y a quelques mois sans avouer en même temps leur mauvaise foi ? Certes, en choisissant l’escalade diplomatique avec Téhéran, Washington réussira peut-être à dépasser sa mésentente momentanée avec son allié israélien sur le dossier iranien, ce qui n’est pas rien dans cette conjoncture marquée par la reprise des négociations indirectes israélo-palestiniennes. Mais rien ne garantit qu’un tel cadeau de la part de l’administration Obama atteindra l’objectif escompté, à savoir un fléchissement du gouvernement israélien sur la question palestinienne.

S’il venait à être adopté et appliqué, le nouveau système de sanctions proposé par les Américains à l’encontre de l’Iran (stipulant notamment l’interdiction de l’exportation de huit types d’armement « lourds » qui font partie intégrante de tout système défensif digne de ce nom puisque cela va du char à l’avion de combat en passant par les pièces d’artillerie et les missiles anti-aériens) serait d’une telle gravité qu’il ne pourrait laisser ce pays inactif.

Jusqu’ici le régime iranien a réussi à éviter un trop grand décalage entre ses intérêts politiques étroits et les intérêts stratégiques de l’Iran en tant que nation. Les conséquences désastreuses du nouveau système de sanctions sur les capacités de défense nationale du pays risquent de mettre les élites politiques et militaires de la république islamique devant de sérieux dilemmes. Si une crise interne n’est pas à exclure comme le souhaiteraient les Occidentaux, il est aussi probable que l’Iran réponde à l’escalade américaine par le durcissement de sa politique dans la région et on sait qu’il en a les moyens.

Mais jusqu’où peut-il aller sans tomber dans un aventurisme dangereux pour sa propre sécurité nationale ? Pour baliser la voie à un « processus de paix » non seulement injuste mais surtout irréaliste et satisfaire les désirs impossibles de leur allié « spécial » israélien, les Etats-Unis sont-ils prêts à aggraver le cauchemar quotidien de leurs soldats engagés dans le bourbier d’Irak et d’Afghanistan ?



 

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