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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 20:11

 

Un garde turc tué dans un incident à la frontière syrienne

 

ANKARA (Reuters) - Un garde-frontière turc a été tué et six autres blessés jeudi à la frontière syrienne dans un accrochage avec des hommes armés, apprend-on auprès des services de sécurité.

 

Les hommes armés ont été présentés par Ankara comme des trafiquants, mais, selon un membre de l'opposition syrienne, il s'agirait de combattants rebelles membres de l'Armée Syrienne Libre (ASL). Deux d'entre eux auraient été tués dans l'échange de tirs.

 

Selon les médias turcs, l'incident, qui s'est produit à Akcakale, dans la province turque de Sanliurfa, a fait également dix blessés parmi les civils.

 

D'après la chaîne de télévision privée NTV, les syriens cherchaient à entrer en territoire turc et ont ouvert le feu lorsqu'ils ont été refoulés.

 

Des soldats de l'ASL pénètrent régulièrement en Syrie en venant de Turquie, où ils bénéficient de sanctuaires. La Turquie accueille plus de trois cent mille réfugiés syriens, la plupart dans des camps établis le long de la frontière.

 

Ankara a récemment démenti des informations selon lesquelles le gouvernement avait décidé de ne plus accepter de syriens, mais précisé qu'il lui fallait périodiquement réguler le flot de réfugiés.

 

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 19:59

 

http://5maicitoyen.wesign.it/fr


Nous simples citoyens, sans mandat, sans titre, sans nom remarquable, appelons à venir manifester en nombre le 5 mai, pour une réelle démocratie.

Nous voulons en être, nous devons en être.

Le pouvoir politique est confisqué par une oligarchie élective elle même sous influence d'une oligarchie financière.


De concert, ils détruisent la planète, piétinent les droits humains, pillent le bien commun et méprisent les populations.

Nous décidons de nous joindre aux forces politiques, associatives, écologistes et sociales qui manifesteront le 5 Mai. Nous y serons, non pas pour marquer notre soutien à leurs innombrables drapeaux, mais pour nous soutenir nous même, pour notre dignité et notre avenir.

La refondation démocratique par un processus constituant, ne peut être l'affaire de quelques uns, elle ne peut être opérante que si elle est l'affaire de tous. Il ne peut y avoir d'intérêt général sans implication générale, il ne peut y avoir de règle pour tous sans élaboration par tous des règles, il ne peut y avoir de démocratie sans le peuple.

De Bastille à Nation, faisons savoir que s'ils ont des millions nous sommes des millions.

Venons et que foisonnent les mots d'ordres les idées les chants les slogans, fabriquons pancartes et banderoles, écrivons tracts et affiches, que chacun parle librement et fraternellement pour nous soyons tous à égalité.

Diffusons cet appel qu'il résonne partout, dans chaque quartier, dans chaque village, dans chaque entreprise, dans chaque école, dans chaque foyer.

Nous sommes le peuple !

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 17:43

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un message d’Alan Benjamin,  militant trotskyste des Etats Unis, relatif au bilan des deux premières années de la première présidence Obama.

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci dessous

Bernard Fischer

http://www.quatrieme-internationale.org/spip.php?article193&lang=fr

Léon Trotsky sur le Labour Party et le Parti Noir aux Etats Unis

 

Par Alan Benjamin

 

Août 2010

 

Introduction

 

Alors que nous mettons cet article sous presse, aux Etats-Unis, il ne reste que quatre mois avant les élections de mi-mandat du 2 novembre 2010, une période marquée par des crises politiques qui se succèdent dans le principal pays impérialiste de la planète.

 

En novembre 2008, pour la première fois dans l’histoire de ce pays, un noir était élu président, exprimant les profondes aspirations au changement, à un changement d’orientation, au sein des populations laborieuses et surtout dans les secteurs les plus opprimés, à commencer par les noirs autrefois privés de leurs droits.

 

Ce n’était pas Barack Obama qui était le candidat de la classe dirigeante américaine pour occuper la plus haute fonction de la nation. C’était Hillary Clinton. Obama s’est hissé au rang de favori durant les primaires, puis au moment de l’élection elle-même, porté par une armée de volontaires et de sympathisants largement organisée en dehors de la machine électorale du parti démocrate et avec le soutien énergique du mouvement syndical et du mouvement noir.

 

Mais Obama était le candidat d’un des deux partis de la classe dirigeante aux Etats-Unis et le mandat auquel il devait se tenir était de mettre en œuvre la politique de la classe capitaliste dans une période d’aggravation de la crise du système capitaliste mondial, même si c’était en contradiction ouverte avec les aspirations des millions qui l’avaient porté à la présidence.

 

Et c’est justement là que se situe l’une des principales causes des convulsions dont le capitalisme américain est aujourd’hui la proie : le profond mouvement pour le changement qui a porté Obama à la présidence contre la direction du parti démocrate n’a pas été vaincu et continue à chercher la moindre ouverture pour faire avancer son combat contre les guerres en Irak et en Afghanistan, pour le système d’assurance maladie basé sur la répartition, pour l’emploi pour tous, pour l’autodétermination des Noirs et plus encore.

 

Cependant, et parce que le mouvement syndical américain reste subordonné au parti démocrate, les travailleurs, et en particulier les noirs, continuent de porter le poids de la crise du capitalisme. Il y a près de vingt sept millions de personnes au chômage ou qui ont des emplois à temps très partiel. Cinquante millions de personnes n’ont toujours pas de couverture maladie. Les saisies immobilières s’accélèrent et atteignent des records. Et tout cela se produit alors qu’Obama continue l’opération de sauvetage de Wall Street et des banques, et continue d’alimenter la machine de guerre dans le monde entier.

 

La situation est si mauvaise pour la classe ouvrière américaine qu’Harold Meyerson, journaliste au Washington Post, écrivait en février :

 

« Pour les syndicats américains, la première année de l’administration Obama est un quasi-désastre ».

 

En effet, Obama a impulsé un projet de loi de réforme de l’assurance maladie qui va détruire les plans d’assurance actuels pour les salariés et remplir les poches des assureurs privés. Il tourne le dos à la loi de libre choix pour les salariés (qui permettrait à de nouveaux adhérents de rejoindre les syndicats) et il n’a pas mis en œuvre un véritable programme de créations d’emplois.

 

Il tourne également le dos à la population noire en refusant d’écouter l’appel à la justice de Mumia Abu-Jamal, en refusant de reconstruire La Nouvelle-Orléans et le Sud, et en refusant de fournir des emplois et des logements pour les plus opprimés, c’est-à-dire les travailleurs noirs et latinos.

 

Les faits sont là : le mouvement syndical ne peut pas se battre pour l’emploi et ne peut pas défendre les intérêts de ses adhérents, et ceux de tous les travailleurs de ce pays, tant qu’il reste lié au parti démocrate. C’est parce que le mouvement syndical est subordonné à l’administration Obama et au parti démocrate qu’est intervenu ce « quasi-désastre pour le mouvement syndical » dont parle Meyerson, le journaliste du Washington Post.

 

Et ce désastre va encore s’aggraver si le mouvement syndical ne rompt pas avec la politique du parti démocrate et des patrons, et ne mobilise pas sur sa propre orientation indépendante sur les lieux de travail et dans la rue partout dans le pays.

 

Il faut que les syndicats deviennent des instruments de combat au service de leurs adhérents contre les restrictions budgétaires, les dégraissages, les concessions, les rafles, les expulsions et une véritable politique de destruction des syndicats mise en œuvre par le gouvernement et les patrons. Cela fait trop longtemps que les syndicats ne sont guère plus que des comités d’action politique au service des démocrates. Il faut que cela cesse !

 

Il faut aussi que ce combat soit mené sur le terrain politique par des candidats ouvriers politiques indépendants et un parti, un Labor Party, rattaché au combat pour construire un Parti Noir.

 

La classe dirigeante a deux partis, les démocrates et les républicains. Les travailleurs ont besoin de leur propre parti. Il est temps que le mouvement syndical rompe avec les démocrates. Il est temps d’ouvrir la plus large discussion dans le mouvement syndical sur la nécessité d’engager le combat pour le Labor Party et pour un Parti Noir qui lutterait main dans la main avec le Labor Party, les deux pouvant même se fédérer pour constituer un instrument unique de combat.

 

C’est avec cet objectif en tête que, en ce soixante dixième anniversaire de l’assassinat du révolutionnaire russe Léon Trotsky, nous publions ci-dessous un bref résumé des conceptions de Trotsky sur la question du Labor Party et du Parti Noir aux Etats-Unis.

 

Ces conceptions sont tout à fait actuelles dans les combats que mènent les travailleurs américains et la nation noire opprimée aux Etats-Unis aujourd’hui.

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 17:20

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/04/25/des-maires-pour-la-liberation-de-prisonniers-palestiniens_899037

 

Des maires pour la libération des prisonniers palestiniens

 

Jeudi 25 Avril 2013

 

Par un collectif de maires français du Parti Communiste Français et du Front De Gauche à l’occasion de la conférence internationale pour les prisonniers à Ramallah en Cisjordanie du 22 au 28 avril 2013

 

Près de quatre mille huit cent palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes pour des faits de résistance dans les territoires occupés. Environ trois cent d’entre eux sont en détention administrative, une mesure qui autorise une détention de six mois sans jugement, sans preuve, sans avocat, et renouvelable à l’infini.

 

Fait unique au monde, vingt sept députés palestiniens sont en prison. Parmi eux, Marwan Barghouti, enfermé depuis onze ans et condamné par un tribunal militaire d’occupation cinq fois à la prison à vie et à quarante ans de sûreté. Cinq cent vingt sept autres prisonniers ont été condamnés à vie et à ce jour, cent onze ont passé plus de vingt ans en prison. Selon l’UNICEF, chaque année, ce sont environ sept cent enfants palestiniens de douze à dix sept ans qui sont en détention. A partir de quatorze ans, ils peuvent être condamnés jusqu’à dix ou vingt ans de prison pour jet de pierre. Actuellement, douze femmes palestiniennes sont détenues dans des conditions particulièrement difficiles du fait qu’elles sont isolées au milieu de prisonnières israéliennes de droit commun.

 

Pour résister aux mauvais traitements qui leur sont infligés les prisonniers palestiniens n’ont d’autre recours que la grève de la faim. C’est ce que deux mille d’entre eux ont fait au printemps 2012 avec comme principale revendication la libération des prisonniers en détention administrative. Le 14 mai 2012, l’administration pénitentiaire avait dû consentir à un accord mais, en février 2013, le porte-parole du ministère des affaires étrangères de la France, Philippe Lalliot, a exprimé sa « préoccupation » devant l’aggravation de l’état de santé de quatre palestiniens observant une grève de la faim depuis plus de trente jours. Le 16 février 2013, le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a appelé Israël à respecter ses obligations internationales en matière de droits de l’homme. Deux cent un prisonniers sont décédés en prison depuis 1967, et, comble de cruauté, les corps ne sont rendus aux familles qu’après extinction de la peine.

 

Dans les territoires occupés de Cisjordanie et à Gaza, presque toutes les familles palestiniennes ont des maris ou des fils qui ont subi des peines d’emprisonnement, souvent à plusieurs reprises. Cette violence institutionnalisée de la politique carcérale des autorités israéliennes n’a d’autre but que de chercher à briser la résistance de toute une société et à étouffer les aspirations légitimes d’un peuple à disposer d’un Etat souverain.

 

Nous, maires de villes de France, exprimons notre indignation devant de telles pratiques de la part d’un Etat qui se prétend démocratique. La sécurité d’Israël ne pourra jamais être acquise en jetant en prison tous ceux qui s’opposent à l’extension des colonies ou à la poursuite de l’édification du mur d’annexion en Cisjordanie, à la destruction des maisons palestiniennes dans Jérusalem-Est ou au blocus de Gaza. Depuis soixante-cinq ans, les Palestiniens attendent la création d’un Etat au côté de celui d’Israël conformément aux engagements de la communauté internationale. La création de cet Etat, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, est la solution incontournable pour parvenir enfin à instaurer une paix durable dans cette région du monde. Israël maintient en prison des dirigeants, comme Marwan Barghouti, capables de rassembler le peuple palestinien autour de cette idée simple « deux peuples, deux Etats ». Leur libération permettrait de donner une chance à la paix et d’ouvrir de véritables négociations sous l’égide de la communauté internationale.

 

C’est notre attachement à la paix et aux droits des peuples, en particulier lorsqu’ils sont légitimés par les résolutions de l’ONU, qui nous amène à exiger la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens. Nous faisons appel aux autorités françaises et européennes pour engager les sanctions économiques contre l’Etat d’Israël, telles qu’elles sont prévues en cas d’atteintes aux droits de l’homme.

 

Nous, maires de villes de France, appelons nos concitoyens à prendre part à une grande mobilisation pacifique et citoyenne pour exiger que s’ouvrent les portes des prisons israéliennes et que, dans la continuité de l’admission de la Palestine à l’ONU à titre d’Etat observateur, les palestiniens puissent enfin vivre, circuler, étudier, travailler librement dans un Etat viable, indépendant et souverain.

 

Premiers signataires : Michel Beaumale, maire de Stains (Seine-Saint-Denis) ; Gilles Poux, maire de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) ; Jacques Bourgoin, maire de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) ; Pierre Gosnat, maire d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) ; Françoise Baud, maire de Valenton (Val-de-Marne) ; Franck Demaumont, maire de Châlette-sur-Loing (Loiret) ; Jean-Pierre Bosino, maire de Montataire (Oise) ; Nicolas Garcia, maire d’Elne (Pyrénées-Orientales) ; Christophe Faverjon, maire d’Unieux (Haute-Loire) ; Gilles Leproust maire d’Allonnes (Sarthe) ; Alain Outreman, maire d’Achères (Yvelines) ; Michel Lefebvre, maire de Douchy-les-Mines (Nord)

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 17:03

 

http://www.lematindz.net/news/11625-congres-mondial-amazigh-graves-derives-du-pouvoir-algerien.html



 Congrès mondial amazigh : graves dérives du pouvoir algérien

 

Communiqué du Congrès mondial amazigh.

 

Le 20 Avril émaillé par les arrestations de militants.

 

A l’occasion de la célébration du trente troisième anniversaire du printemps amazigh, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) Algérie a invité les membres de ses instances dirigeantes (conseil fédéral et bureau mondial) à une réunion en Kabylie et à participer aux marches populaires prévues le 20 avril 2013. Les autorités algériennes ont refusé de délivrer un visa à Fethi Nkhlifa, président du CMA, de nationalité libyenne, ce qui l’a empêché de se rendre en Algérie.

 

A l’issue de la marche le 20 avril, plusieurs membres du Congrès Mondial Amazigh ont été interpellés par la police. A Vgayet, Mustafa Felfoul membre du conseil fédéral et Belkacem Lounes, responsable des relations internationales du CMA, ont été arrêtés à l’issue de la marche, vers 13 heures et emmenés au commissariat de police de ville où ils ont été interrogés, puis libérés en fin de journée. Mustafa Felfoul a été photographié et ses empreintes digitales enregistrées.

 

A Tizi-Wezzu, Khalid Zerrari, vice-président du CMA pour le Maroc et Rabah Issadi, membre du conseil fédéral du CMA Algérie, ont été également interpellés dès la fin de la marche qui a eu lieu dans cette ville, vers la mi-journée.

 

Rabah Issadi a été libéré quelques heures après mais Khalid Zerrari a été gardé au commissariat central de Tizi-Wezzu. Il devait être expulsé d’Algérie vers le Maroc immédiatement mais quarante huit heures après il est toujours détenu par les autorités de police algérienne dans un lieu inconnu et sans possibilité de contact avec lui. Le CMA met en garde le gouvernement contre toute atteinte à l’intégrité physique et morale de Khalid Zerrari.

 

Le Congrès Mondial Amazigh dénonce avec force ces graves abus d’autorité et atteintes aux droits et libertés fondamentaux et particulièrement au traitement inique dont a été victime Khalid Zerrari.

 

Rien ne justifie l’arrestation des membres du CMA à Vgayet et à Tizi-Wezzu qui constitue par conséquent un acte totalement arbitraire des autorités algériennes.

 

Le CMA réaffirme que ces pratiques d’intimidation autant mesquines que brutales, n’entament en rien sa détermination de poursuivre sans relâche sa tâche de lutte en faveur des droits du peuple amazigh et en particulier la liberté de circulation des amazighs dans tous les pays de Tamazgha, conformément à l’article trente six de la déclaration des nations unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée par l’Algérie.

 

A l’attention du gouvernement algérien, le CMA rappelle que ses déclarations de bonnes intentions en matière de respect des droits humains, ne peuvent cacher les pratiques racistes anti-amazighes en Algérie. Les interdits et la répression contre les organisations politiques démocratiques et la société civile particulièrement en Kabylie, mettent en évidence une politique de mise en quarantaine de cette région.

 

Le CMA appelle les instances et les organisations internationales des droits de l’homme à agir avec la plus grande fermeté afin que l’Etat algérien respecte enfin ses engagements et obligations internationaux en matière de droits humains et des peuples.

 

Tizi-Wezzu, Dimanche 21 Avril 2013

 

Le bureau du CMA

 

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 16:40

 

https://www.partipirate.org/spip.php?article313

 

Convocation d’une assemblée constituante

 

Parti Pirate

 

Vendredi 5 Avril 2013

 

Nous avons lancé une consultation interne au Parti Pirate en vue de formuler une demande solennelle de convocation d’une assemblée constituante dans les termes suivants.

 

Le devoir, incontournable en vertu des circonstances, s’impose au Parti Pirate, à la suite de la passation des aveux d’un responsable de l’exécutif, de demander solennellement la convocation d’une assemblée constituante.  

 

Le temps des tergiversations a passé. Il ne suffit plus de redresser une morale, privée ou publique, mais de redonner une ambition politique à notre pays. Cette exigence dépasse le cadre d’une simple réparation mais procède d’une refondation utile et nécessaire : cette refondation est constitutionnelle.

 

Les « rustines » législatives ne sont plus d’actualité.

 

Il n’est pas question de légiférer dans un cadre obsolète. Le peuple souverain ne peut se résigner devant l’impuissance des institutions à se réformer. Les institutions qui manifesteraient encore une volonté de réforme se trouvent liées par l’habitus de l’oligarchie qui ne manifeste nullement le désir réel de rendre des comptes.

 

Le changement attendu par les français n’est pas réductible à un « supplément d’âme réformiste ».  

 

Dans ce contexte institutionnel, une loi supplémentaire ne garantirait donc rien de plus car ce sont les fondements du pacte républicain qui sont ruinés : il s’agit de repenser les rapports entre représentants et représentés qui restent seuls fondateurs de la démocratie réelle. La légitimité de l’édifice constitutionnel actuel ne peut qu’être remise en cause.

 

Contrairement à nos voisins européens (allemands et italiens) dotés d’une cour constitutionnelle, le pouvoir judiciaire n’est pas constitué en France d’une manière objectivement autonome susceptible de garantir l’indépendance de son action. Il se trouve réduit à la portion congrue d’une autorité judiciaire, maîtrisée par le pouvoir exécutif par des moyens que nous dénonçons de manière programmatique. Le conseil constitutionnel ne saurait devenir dans le cadre actuel une cour constitutionnelle !

 

Pétitionner serait aussi vain qu’improductif sauf à vouloir noyer le poisson au bénéfice d’hommes ou de femmes connues pour ne pas être exemptes d’arrière-pensées. Ces oligarques voudraient renverser la charge de la preuve au détriment du peuple français en lui extorquant un acquiescement à leurs thèses.

 

La nature du Parti Pirate est de porter un projet de rupture  

 

La fonction et le devoir du Parti Pirate, constitué de citoyens dynamiques et formés de la nation, sont de prendre acte du déficit démocratique et d’en tirer les conséquences.

 

Le moment est opportun de faire en sorte que le destin de notre pays s’inscrive dans une nouvelle logique républicaine de la constitutionnalité qui s’affranchisse des limites actuelles dont il n’est plus temps de mesurer l’inefficacité.

 

Si nous ne le faisions pas, nous jouerions le triste jeu politicien qui conduira le peuple français, une fois poussé à bout par l’exaspération de la crise morale, économique et constitutionnelle, à choisir l’un des extrêmes. Celui-là ne manquera pas alors de se présenter comme le recours susceptible de procurer l’homme ou la femme providentielle dans lequel tous voudront croire que réside le salut national, confondu dans l’affolement général avec le salut public.

 

Le Parti Pirate veut croire à l’existence d’une autre voie, qui passe par un partage fraternel des savoirs culturels et scientifiques de l’humanité, la protection de l’égalité des droits des citoyens grâce à des institutions humaines et transparentes et la défense les libertés fondamentales sur Internet comme dans la vie quotidienne. Dans le contexte actuel, nous pensons que cette voie ne peut que passer par une refonte constitutionnelle grâce à la convocation d’une assemblée constituante.

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 18:59

 

http://www.gauche-anticapitaliste.org/content/no-nos-vamos-nos-echan-part-pas-ils-nous-virent

 

No Nos Vamos Nos Echan (On ne part pas, ils nous virent)

Lundi 8 Avril 2013

À l’appel du mouvement « Jovenes Sin Futuro », une mobilisation européenne de la jeunesse espagnole a eu lieu Dimanche 7 Avril 2013. À Montpellier, comme dans plusieurs villes françaises, un rassemblement s’est tenu ce dimanche. Place Jean-Jaures, entre cent cinquante et deux cent personnes se sont regroupées pour partir ensuite  en manifestation jusqu’au jardin du Peyrou.

Derrière une banderole au slogan : « no nos vamos, nos echan » (nous ne partons pas, ils nous virent), des jeunes travailleurs et des étudiants espagnols ont crié leur colère. Avec créativité, ironie et rage, ils ont dénoncé les politiques des derniers gouvernements espagnols qui font qu’ils ne trouvent pas de travail dans l’État espagnol. Un mélange de mots d’ordre revendicatifs et politiques ont rythmé le cortége, comme par exemple : « lo llaman démocracia pero no lo es » (ils l’appellent démocratie mais elle ne l’est pas), « se va  a acabar la paz social » (c’est la fin de la paix sociale), « no hay pan para tantos chorizos » (il n’y a pas assez de pain pour autant de voleurs), « esta crisis no la vamos a pagar » (cette crise nous n’allons pas la payer) et aussi une adaptation en français « nous voulons décider de faire nos valises ».

Au Peyrou, un jeune a lu leur manifeste en français et une jeune l’a lu en espagnol.

Ils proposent une réunion ouverte le samedi 14 avril à 18 heures à la librairie Scrupule

La Gauche Anticapitaliste se félicite de cette initiative de mobilisation européenne. L’exil forcé  de quatre cent mille jeunes depuis 2008 n’est pas un problème individuel mais la résultante des politiques d’austérité. Leur réaction coordonnée est exemplaire et ceci d’autant plus au moment où le projet de loi ANI est débattu au parlement français. Ce projet de destruction des garanties et du droit du travail conduira au même résultat qu’en Espagne, c’est-à-dire plus de précarité, plus de licenciements, plus de pauvreté. Plus que jamais, la convergence des luttes est un enjeu majeur, le rassemblement de ce dimanche est un premier pas porteur d’avenir. C’est en ce sens que militeront les militants de la Gauche Anticapitaliste avec le Front De Gauche.

Manifeste « on n’est pas parti, ils nous ont virés » (Montpellier)

Nous, jeunes espagnols qui nous trouvons hors de notre pays, nous voulons dénoncer aujourd'hui publiquement que, comme des millions d'autres citoyens de ce monde, nous avons été obligés d'abandonner notre pays, devenant des exilés économiques. Nous avons laissé derrière nous famille, amis et projets de vie, non pas par esprit d'aventure, comme l'a pu dire récemment la secrétaire d'état à l'immigration et l'émigration, mais par pure nécessité, devant l'absence d'offre d'emploi dans notre pays. L'impossibilité de trouver un emploi, alors que nous sommes la génération la mieux formée de l'histoire d'Espagne, montre qu'il ne s'agit pas de problèmes individuels propres à chacun, mais d'un problème d'intérêt général.

Le travail est le moyen pour chacun de nous de subvenir à ses besoins minimum, et la base sur laquelle construire un projet de vie. Ce n'est pas pour rien que le travail est un droit reconnu par la déclaration universelle des droits de l'homme, et même par la constitution espagnole.

Pour autant, c'est une obligation pour les administrateurs publics et les représentants politiques de veiller à l'intérêt général en garantissant ce droit, et non de le laisser au bon vouloir des va-et-vient des marchés, qui sont aux mains d'agents économiques privés dont certains ont des objectifs diamétralement opposés à l'intérêt général. Nous tenons le gouvernement espagnol actuel pour responsable de la situation où nous sommes, puisqu'il a renoncé à intervenir sur ce sujet d'intérêt général du plus haut degré. Nous étendons cette accusation au gouvernement précédent, qui avait approuvé une réforme du travail de la même nature que l'actuelle, qui n'a fait qu'augmenter le nombre de chômeurs.

Tant que la situation sera la même en Espagne, nous estimons peu probable notre retour au pays, bien que notre situation dans nos lieux d'accueil soit loin d'être idyllique : difficultés pour trouver un logement, promiscuité des colocations, difficultés pour faire reconnaître nos diplômes, emplois précaires et couverture sociale minimum. La mesure récente qui prive les chômeurs du droit à la carte sanitaire européenne ne fait que compliquer la situation des émigrés récents.

D'autre part nous voulons insister sur le fait que notre départ prive le pays d'un capital humain irremplaçable, et donc d'une opportunité de moderniser notre économie. A travers l'éducation publique, l'Etat a beaucoup investi dans notre formation. Et chaque départ est une opportunité perdue, au moins temporairement, pour construire un tissu productif soutenable et prospère, basé sur la connaissance et la satisfaction des besoins humains, et d'abandonner une fois pour toute le modèle de la spéculation, notamment immobilière.

On nous dit que l'économie espagnole est peu productive et qu'on doit donc travailler plus pour moins d'argent si on veut s'en sortir et créer enfin des emplois. Mais si la logique économique qui nous guide est d'augmenter  la productivité en taillant dans les salaires, alors on arrive inexorablement à la conclusion que le modèle à suivre est celui de la Rome antique, avec ses esclaves. Certains contrats concernant les jeunes, comme les stages non rémunérés, semblent indiquer qu'on prend ce chemin.

Il nous est dit également que l’Etat ne peut pas créer d’emplois publics car notre dette publique est très haute, et qu’il faut non seulement la rembourser dès que possible, mais en plus prouver à nos usuriers que nous ne sommes pas dépensiers pour qu’ils continuent à nous prêter. Il ne faut pas oublier que si la dette de l’état en est arrivée là, c’est parce que nous avons secouru les banques en faillite en assumant leur passif. Au travers de différents mécanismes, ce sont cent quatre vingt cinq milliards d’euros que l’état a prêté aux banques.

Cela signifie que les pertes ont été socialisées mais que les bénéfices eux seront partagés par les mêmes. Nous considérons cette partie de la dette comme illégitime et nous ne voyons pas pourquoi nous devons la payer, décision qui a déjà été prise par d’autres pays dans le passé et qui s’en sont très bien sortis. 

Nous croyons que les politiques économiques actuelles et sociales ne font qu’empirer la situation de la majorité des personnes. Certaines mesures très différentes sont pourtant nécessaires, des mesures que n’ont pas pour objectif de maintenir la situation de certains privilégiés, au coût d’un appauvrissement général, mais en satisfaisant les nécessités premières de tous les citoyens sans compromettre le bien être des générations futures.

S’il s’agit d’augmenter la productivité, nous croyons que le meilleur moyen pour le faire est d’investir dans la recherche et de mettre en valeur la formation acquise ces derniers temps par les jeunes espagnols. Dans tous les cas, nous croyons que la création d’emplois ne peut être soumise à la seule loi du marché. C’est pour cela que nous exigeons la réduction du temps de travail et le maintien de la retraite à soixante cinq ans comme moyens pour répartir le travail.

En ce qui concerne la création d’emplois publics, nous pensons que le problème ne vient pas des dépenses publiques trop élevées, l’Espagne ayant un des taux de dépenses publiques les plus bas parmi ses voisins. Le problème est avant tout que l’Etat ne collecte pas suffisamment et pas au bon endroit : alors que les travailleurs supportent une pression fiscale élevée, les grandes entreprises et grandes fortunes bénéficient d’une fiscalité pleine de niches, qui leur permet de payer des pourcentages moindres par rapport à ce que payent leurs propres employés ou les PME. Si à cela nous additionnons l’énorme fraude fiscale de notre pays (de laquelle sont responsables à plus de soixante dix pour cent ces mêmes entreprises et fortunes personnelles) nous nous rendons compte que le problème n’est pas le manque d’argent en Espagne mais que celui-ci est entre peu de mains, en billets de cinq cent euros. Pour tout cela, nous exigeons un système plus progressif dans lequel payent ceux qui ont le plus et qui polluent le plus, avec par exemple un suivi plus ferme des fraudes fiscales. C’est la seule façon pour que notre pays ait les ressources nécessaires pour maintenir le niveau de vie et créer des emplois publics, et surtout là où il y en a le plus besoin : éducation, santé et services sociaux. En outre,  nous exigeons que soient remplacées à cent pour cent les places vacantes des retraités.

Enfin, concernant le logement, nous exigeons le rétablissement des aides au logement pour les jeunes et, sur la base des actifs immobiliers des entités qui ont été nationalisées, la création d'un parc immobilier de logements sociaux.

Depuis cinq ans nous sommes déjà quatre cent mille jeunes espagnols qui avons du émigrer et recommencer une nouvelle vie à l´étranger à cause des politiques d’austérité de nos gouvernements. C’est une véritable régression à la situation des années 1960, où une génération a été condamnée à l’émigration économique. La différence c’est que nous sommes, exilés du vingt et unième siècle, la génération la mieux formée de l’histoire de notre pays.

Mais comme eux, nous aurons le travail précaire, les contrats temporaires, sans rapport avec nos diplômes, une protection et des salaires minimaux, que ce soit en anglais, en allemand ou en français.

C’est pour cela que les espagnols émigrés dans le monde entier s’unissent dans le mouvement « On ne part pas, ils nous virent ». Nous avons manifesté Dimanche 7 Avril 2013 à Montpellier. Ils aimeraient que nous nous résignons, que nous restons loin, mais nous allons leur montrer que nous continuons à nous battre pour nos droits et ceux des nôtres, et ils vont nous entendre !

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 18:30

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/15/bobby-sands-a-guantanamo_3159711_3232.html

 

Bobby Sands à Guantanamo

 

Lundi 15 Avril 2013

 

Par Sylvie Kauffmann

 

L’air du monde

 

Dans le débat sur l'héritage de Margaret Thatcher, dominé par la lecture britannique, un élément, important, est passé à l'arrière-plan : l'épisode de la grève de la faim des détenus de l'IRA, l'armée républicaine irlandaise d’Irlande du Nord, en 1981. Il est pourtant d'autant plus important que, trente-deux ans plus tard, une nouvelle grève de la faim, à Guantanamo, est en train d’exploser au visage de Barack Obama, incapable de tenir sa promesse de fermer cette prison militaire américaine de l'après 11 septembre 2001.

 

«Crime is crime. It is not political ». Lentement énoncée, de sa voix haut placée, un brin d'exaspération dans le ton, cette phrase illustrait l'obstination de la « dame de fer », alors premier ministre, face au mouvement qui était en train d’embraser l'Irlande du Nord. « Un crime, c'est un crime. Ce n'est pas un délit politique ».

 

Devenu commandant des prisonniers de l’IRA à Maze (Long Kesh, pour les irlandais) où il purgeait une peine de quatorze ans de prison pour possession d’arme à feu, Bobby Sands cessa de s’alimenter le premier mars 1981, pour obtenir le statut de prisonnier politique, supprimé cinq ans plus tôt.

 

Le 9 avril 1981, allongé dans sa cellule, il était élu député à Westminster, à la faveur d’une élection partielle dans une circonscription d’Irlande du Nord. Le 5 mai 1981, il s’éteignait.

 

La nouvelle, annoncée à 2 heures du matin par le vacarme des couvercles de poubelles sur Falls Road, à Belfast, fut saluée par des nuits et des jours d'émeutes. Cent mille personnes assistèrent à ses funérailles.

 

D'autres détenus avaient déjà pris le relais. Le suivant, Francis Hughes, mourut une semaine plus tard. Arc-boutée sur sa position, soutenue par l'opinion publique britannique, Margaret Thatcher ne bougea pas. De mai à octobre, elle laissa mourir à petit feu dix de ces grévistes de la faim. Ce sont les mères des détenus qui mirent fin au mouvement en demandant l'intervention des médecins une fois leurs fils tombés dans le coma.

 

Coup de propagande majeur, la grève de la faim permit à l'IRA de recruter abondamment, renforça le Sinn Féin, son bras politique, et radicalisa le conflit. L'argent des sympathisants américains coula à flots. Les attentats meurtriers se poursuivirent, dont celui auquel, trois ans plus tard, Margaret Thatcher échappa de justesse dans son hôtel, pendant le congrès conservateur à Brighton. C'est finalement Tony Blair qui, en 1998, conclut un accord de paix avec la province rebelle.

 

La situation à Guantanamo est différente, mais l'arme de la grève de la faim conduit au même piège. Le mouvement y a été lancé début février, puis s'est étendu parmi les cent soixante six détenus du camp, tous arrêtés dans le cadre de la lutte antiterroriste après le 11 septembre 2001. Selon les autorités du camp, vendredi 12 avril, quarante trois prisonniers répondaient au critère officiel de grève de la faim (refuser neuf repas successifs) et treize d'entre eux étaient nourris de force, attachés sur des fauteuils, par absorption d'un liquide hautement nutritif par le nez, afin de les empêcher de mourir.

 

Les avocats font état d'un mouvement beaucoup plus ample, touchant de cent à cent trente détenus.

 

Samedi à l'aube, afin de briser ce mouvement, l’armée américaine a investi le camp six, qui abrite les détenus les moins dangereux. Ceux-là, la majorité des prisonniers, en réalité, ne sont pas inculpés et ont obtenu le droit d’avoir des activités communes, sportives, culturelles et religieuses. Mais ils avaient obturé les caméras de surveillance à l’aide de boîtes de céréales, empêchant les militaires de voir qui était en grève de la faim et qui ne l'était pas.

 

Le raid de samedi, mené quelques heures après le départ d'une délégation du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et alors que les visites des médias sont interdites jusqu'au 6 mai, a permis aux militaires de reprendre le contrôle du camp six, en plaçant chaque détenu dans une cellule individuelle de haute sécurité.

 

Les autorités du camp, où pas moins de mille sept cent militaires américains gèrent les cent soixante six détenus de pays arabes et musulmans, soupçonnent certains prisonniers de s’alimenter en cachette. Mais la vraie terreur du commandement, explique Carol Rosenberg, journaliste du Miami Herald dont il faut saluer la remarquable et constante couverture de Guantanamo depuis 2002, ce sont « les grèves de la faim invisibles » : ceux qui font semblant de s’alimenter pour que les gardes ne s'aperçoivent pas qu'ils sont en train de mourir.

 

La dernière chose que l'on veut à Guantanamo, c'est un Bobby Sands. « les martyrs du camp six » : succès garanti au box-office du Moyen-Orient. Il suffit de penser aux détails macabres de l'agonie de Bobby Sands, décrits par ses proches, sa maigreur, le moment où il est devenu sourd, puis aveugle, où il s'est arrêté de parler, pour comprendre que ce scénario doit être exclu à tout prix.

 

C'est pour cela que les grévistes dont la vie est en danger sont nourris de force, une pratique que dénonce le CICR. Pour autant, le problème est-il résolu ? Non, bien sûr. Il a été parfaitement décrit, le 20 mars, devant une commission du Congrès, par le général John F. Kelly, qui commande la région Sud : les détenus de Guantanamo, dont quatre vingt six ont été décrétés libérables il y a trois ans, sont en train de perdre l'espoir de sortir un jour. Sept se sont suicidés depuis 2006. Le président Obama s'était engagé à fermer la prison « avant un an », c'était le 22 janvier 2009.

 

Ses bonnes intentions se sont perdues dans le labyrinthe des querelles avec le congrès, qui a bloqué les crédits nécessaires au transfèrement des détenus. L'office du représentant spécial pour la fermeture de Guantanamo va disparaître, le commandant du camp a demandé deux cent millions de dollars (cent cinquante millions d'euros) pour pérenniser des installations conçues il y a onze ans comme provisoires : les détenus, a dit le général Kelly, sont « dévastés » par ce qu'ils interprètent comme des signes d'abandon de toute solution au no man's land juridique dans lequel ils sont enfermés.

 

Margaret Thatcher aurait pu donner satisfaction aux grévistes de la faim de Long Kesh, mais ne voulait pas. Barack Obama voudrait donner satisfaction à ceux de Guantanamo, mais ne peut pas. Dirigeants de deux grandes démocraties, tous deux sont associés à la défense des droits de l'homme et des valeurs universelles. Mais sur ces deux dossiers, ils ont failli.

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 15:36

 

http://www.liberation.fr/medias/2013/04/28/la-dcri-ne-rechigne-pas-a-la-defense_899663

 

La DCRI ne rechigne pas à la défense

 

Dimanche 28 Avril 2013

 

De plus en plus de sites, soupçonnés de divulguer des informations confidentielles, sont la cible des services de renseignement.

 

Par Renaud Lecadre

 

Quelle mouche les aurait piqués ? Depuis quelques mois, les pouvoirs publics multiplient les plaintes contre des sites internet ayant diffusé des documents supposés confidentiels. Demain, deux journalistes de l’ancien site OWNI sont convoqués par la police pour « compromission » du secret-défense. Wikipédia et www.reflets.info  avaient été précédemment pris pour cibles.

 

Si la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur) est souvent en première ligne, elle n’agit pas d’initiative mais dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet, ce dernier pouvant lui-même être saisi par le gouvernement. Trois cas d’école de journalisme.

 

OWNI sous pression. En septembre 2012, le site publie une enquête sur la future plate forme nationale des interceptions judiciaires, qui doit centraliser les écoutes téléphoniques et autres captures de mails : « un big brother à la française susceptible de scruter à grande échelle au mépris de certaines libertés ». Pour son enquête, OWNI avait déniché, puis publié, un document classé « confidentiel-défense ». Daté de juin 2009, il amorce le processus qui aboutira à désigner Thales comme centralisateur, qualifié de « tiers de confiance respectant le secret de l’enquête et de l’instruction ». Ce document émane du ministère de la justice, confirmant une fois de plus que l’appellation secret-défense est à prendre au sens large, jusqu’à couvrir tout et n’importe quoi.

 

Les deux auteurs de l’article, Pierre Alonso et Andréa Fradin, n’ont pas trop à s’en faire. Comme tous les journalistes, ils pourront se retrancher derrière leur propre secret des sources et l’intérêt public du sujet. Car la note classée de la chancellerie donne parfois le vertige, quand elle proclame ses « objectifs ambitieux : offrir aux magistrats et officiers de police judiciaire des moyens performants et fiables adaptés à l’ensemble des canaux de communication électronique utilisés (téléphonie fixe et mobile, fax, Internet) », qui pourront être « ouverts aux autres administrations (ministère du Budget, de l’Intérieur, douanes, police et gendarmerie nationale) ». Mais, à la différence d’une plainte en diffamation, une procédure pour violation du secret-défense commence souvent par une garde à vue, moins agréable qu’une simple convocation. D’autant que la DCRI a le chic pour mettre l’ambiance avant l’audition : « Monsieur, veuillez prendre contact avec notre service dans le cadre d’une affaire judiciaire de compromission vous concernant ». Pression, menace ?

 

Wikipédia attaqué. Le terme a été prononcé par la Wikimedia Foundation, qui héberge aux Etats-Unis l’encyclopédie libre, dénonçant le retrait temporaire d’un article "sous la menace" de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur. Rédigé en français, il avait été mis en ligne en  juillet 2009. Si les pouvoirs publics français ne sont pas très réactifs, ils savent être efficaces. Le 4 avril dernier, Rémi Mathis, le président de Wikimédia France, aurait été menacé par la DCRI d’être placé en garde à vue. La place Beauvau campe sur ses positions : « dans un Etat de droit, on ne peut pas assimiler à une menace l’engagement d’une procédure judiciaire ». Curieusement, ce n’est pas le ministère de la justice qui donne la réplique, bien que l’audition se soit déroulée dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet, sous tutelle de la chancellerie. Mais celui de l’intérieur. Pour couvrir l’impétuosité de certains de ses boys ?

 

« Ils sont emmerdés car la culture Wikileaks est passée par là, souligne un spécialiste. Ils n’osent plus attaquer un site et s’en prennent directement aux personnes. Les moins expérimentés peuvent être impressionnés ». L’affaire s’est achevée sans trop de dommage pour Wikipédia, mais avec un dégât collatéral pour les pouvoirs publics : l’article, brièvement retiré depuis Paris, a été republié rapidement depuis la Suisse puis traduit en dix-huit langues.

 

La station hertzienne militaire de Pierre-sur-Haute est désormais mondialement connue. On apprend au passage que, « si l’arme nucléaire française était utilisée, il est possible que l’ordre de mise à feu transite par ce relais ». Secret de polichinelle ?

 

Le site www.reflets.info en procès. Son procès, la semaine dernière, a viré au gag et à la déroute des pouvoirs publics. En septembre 2012, le site avait publié des documents internes de l’Agence Nationale de SEcurité Sanitaire et de l’alimentation (ANSES), laquelle porte plainte pour « intrusion informatique et vols de données ». Point de secret-défense : « ces documents ne sont pas classifiés mais les thématiques sont néanmoins sensibles car elles sont relatives à des sujets d’actualité », estime son chef des services techniques. Le parquet et la DCRI prennent l’affaire à cœur en délivrant à l’ANSES le titre d’opérateur d’importance vitale : perquisition, garde à vue, citation en correctionnelle.

 

Mais l’auteur de l’article, Olivier Laurelli (plus connu sous le pseudo de Bluetouff), avait simplement surfé sur internet. « Je n’ai enfreint aucune mesure de sécurité. Pour moi, c’était de la recherche publique ». L’agence publique a fini par admettre une faille dans son système : « il suffisait de disposer de l’URL complète permettant d’accéder à la ressource sur l’extranet ».

 

Du caviar pour l’avocat du blogueur, Olivier Itéanu, qui en rigolerait presque : « ces documents sont accessibles à n’importe quel internaute se livrant à une recherche google. Il n’a rien piraté du tout ». La mascarade s’est achevée le 23 avril par une franche relaxe. Et sans les remerciements des autorités à www.reflets.info pour avoir contribué à détecter un vice.

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 15:08

 

http://www.liberation.fr/economie/2013/04/28/la-derniere-tournee-postale_899630

 

La dernière tournée postale

 

Dimanche 28 Avril 2013

 

Le 15 février 2013 en Haute Loire, une jeune factrice en Contrat de travail à Durée Déterminée se donnait la mort. « Libération » a refait la T24, son circuit de distribution réputé difficile : quatre vingt kilomètres de routes glacées et enneigées, à neuf cent mètres d’altitude

 

Par Catherine Maussion, envoyée spéciale de Libération en Haute Loire

 

Après la montée de Saint-Just-Malmont, un vent glaçant vous cueille sous une lumière rasante. La neige a fondu sur le plateau du Velay. Restent des monticules boueux sur les bas-côtés. Lieu-dit Talatay à neuf cent mètres d’altitude. Au bout du chemin, deux hommes s’affairent auprès d’une bâtisse en pierre ornée d’une boîte au nom de Granger. Cette maison était sur la tournée de Pauline, 21 ans, la factrice qui s’est donné la mort le 15 février. La jeune femme était l’un des bouche-trous en CDD de la Poste qui assurent la distribution du courrier. Deux mois après sa dernière tournée, « bulletin d’itinéraire » en main, nous avons refait son circuit.

 

Quatre heures de dépassement

 

« L’hiver, c’est une autre galère » relève Daniel, l’aîné des frères Granger. « Ici, ça va encore. Mais il y a le village plus haut, derrière le bois. Il faut passer par la route de Jonzieux, Malifaux. C’est plus compliqué ». Pauline ? « On s’en souvient. On a lu les journaux », glisse Daniel. En l’occurrence, les quelques lignes parues dans le quotidien local. « Mais, je ne vais pas accuser la Poste », ajoute aussitôt Christian, comme pour couper court à la conversation sur ce sujet.

 

A l’inverse, les deux frères sont intarissables sur ce qu’ils qualifient d’abandon par la Poste de sa mission de service public. « Pendant une semaine, on n’a pas eu de courrier. C’est très gênant pour les journaux. Et ce n’était pas dû aux intempéries ! Si la Poste n’est pas capable d’organiser les tournées, qu’elle le dise ». Et ils ajoutent : « il faut que la Poste soit raisonnable avec ses agents. Ils sont déjà pas trop payés ».

 

La veille du drame, Pauline, qui venait de signer un nouveau CDD, avait repris le volant de la camionnette postale. Elle était rentrée de sa tournée sur le coup des 17 heures. Soit quatre heures de dépassement par rapport au temps imparti.

La jeune femme connaissait bien cette tournée, la T24, réputée difficile. Elle l’avait assurée l’été dernier pendant quelques semaines. Mais, au mitan de février, elle a découvert un paysage de routes glacées, mi-dégagées, et de fossés enneigés.

 

« Ni rue, ni numéro »

 

A La Ratelière, un autre lieu-dit desservi par Pauline, le patron d’une exploitation agricole, planté dans ses bottes, explique qu’il a déplacé sa boîte aux lettres en haut de la montée pour éviter au facteur une descente plutôt casse-gueule l’hiver. « Sauf pour les colis », qui sont toujours plus nombreux avec le développement de la vente sur internet. Il souffle : « Cela ne doit pas être facile pour une débutante de distribuer sur le lotissement », qui a poussé en quelques années en haut de son raidillon. « Il n’y a ni rue ni numéro ».

 

Un peu plus loin sur le circuit de Pauline, au lieu-dit La Roche, un couple devise avec un automobiliste qui obstrue l’étroit passage. Elle est surveillante de nuit dans un centre pour handicapés, les deux hommes sont ouvriers agricoles à Saint-Just. « Ce n’est pas le pôle Nord, ici », lâchent-ils. « A 5 heures 30, il y a la déneigeuse qui passe ». Mais il arrive qu’elle verse dans le fossé. Comme l’autre jour, quand on avait mis à son volant quelqu’un qui n’était pas du coin.

 

Ils pensent à Pauline. Sur sa tournée, il y avait des lieux « délicats », reconnaissent-ils : Rambert, L’Erbret, La Cistrière ou encore La Massardière. Et aussi Le Clos, d’accès « si difficile » que l’habitant du lieu-dit fait déposer son courrier chez son beau-frère. « Encore faut-il que le facteur remplaçant le sache.

 

Or, le gros souci », enchaînent-ils, « c’est qu’ils changent les gens tout le temps. L’autre jour, on a même eu du courrier mélangé. C’est simple », poursuit la dame, « les facteurs, on les connaît ni en blanc ni en noir. Faut se mettre à leur place. Ils l’ont faite peut-être une fois, la tournée. On leur donne un plan, et puis débrouillez-vous ».

 

De fait, en Haute-Loire comme partout en France, la Poste enchaîne les réorganisations. Elle ajuste à marche forcée les effectifs en remplaçant a minima les départs. L’entreprise a perdu ainsi près de vingt six mille emplois sur les trois dernières années, et quatre vingt dix mille sur dix ans. Ces micro séismes répétés qui bousculent les tournées touchent en premier lieu la distribution. Le facteur est en première ligne, et les CDD appelés en renfort sont également au front. La Poste se justifie en expliquant qu’elle doit coller au déclin du courrier (moins 5,6% en 2012) lié à la montée en puissance d’internet. Après deux suicides médiatisés de cadres l’an dernier en Bretagne, une commission du « grand dialogue » avait été mise en place, puis des mesures pour allonger le délai entre deux réorganisations ont été annoncées. Mais l’ajustement du réseau se poursuit de plus belle. « Notre environnement, la crise économique, les changements de société, tout nous oblige à nous adapter », justifie Jean-Paul Bailly, le patron du groupe la Poste, dans une lettre du 4 avril adressée à son haut encadrement.

 

Quinze jours après Pauline, un autre facteur, âgé d’une quarantaine d’années, a tenté de se pendre à sa prise de service, dans la cour de la poste centrale de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Dans une lettre, il a pointé « l’épouvantable politique managériale » menée par son établissement, sur fond de restructurations permanentes.

 

A Monistrol-sur-Loire, le centre de tri est excentré dans la zone industrielle, le parking, balayé par un air gelé, domine le bourg. A 12 heures 45, un premier facteur rejoint la base dans sa Kangoo jaune. Bientôt suivi de trois factrices.

 

Trente-deux tournées effectuées par autant de facteurs, et même trente-huit les « jours forts », partent du hangar bleu vif posé sur le parking. Le col de sa parka relevé, Denise fourrage dans son véhicule, en extrait un bac où se battent en duel quelques plis et petits colis. Comme ses collègues, elle rentre au centre, une fois la tournée finie, pour faire « la reddition des comptes » et les « réexpéditions ».

 

Agée de 51 ans, Denise est depuis trois mois sur une tournée « campagne », elle aussi réputée difficile. Comme celles de Malvalette, de Val Privat ou encore de Saint-Just-Malmont. Une tournée « campagne », cela veut dire cent quatre vingt à deux cent cinquante foyers desservis, selon la fiche de fonction facteur, contre quatre cent cinquante à sept cent en zone urbaine. Le circuit de Denise, long de soixante dix kilomètres, ne suit pas forcément l’itinéraire de la déneigeuse : « des fois, j’en ai marre. Il y a des détours que j’évite quand c’est pour distribuer une publicité. L’autre jour, j’ai une collègue qui s’est enfermée (au bout d’un chemin). Ils ont mis une heure pour la dégager ». Denise note : « on m’a dit que Pauline n’avait pas beaucoup de mois de conduite ». Et ajoute qu’elle était « taiseuse, consciencieuse » et qu’« elle prenait tout à cœur ».

 

Le ballet des Kangoo s’accélère. Les « redditions » sont expédiées en quelques dizaines de minutes. Une factrice, pressée de déjeuner, lâche deux mots : « mes enfants m’attendent », avant de monter au volant de sa Ford. Les horaires de facteur semblent appréciés des femmes, même si les tournées sont assurées six jours sur sept, et mobilisent tous les samedis. La prise de poste se fait à Monistrol, dès 6 heures 45. Première tâche : le tri général à l’arrivée du camion postal. Pauline, en tant que CDD, en était dispensée. Dans la foulée, chaque facteur indexe avec minutie son propre courrier. Départ sur les chapeaux de roues de la Kangoo vers 9 heures, dernier carat. A 13 heures, si tout se passe bien, les facteurs sont de retour. Et après l’enregistrement des plis et des colis restants, et selon l’adage « fini, parti », retour au logis.

 

Trois postes et demi en moins

 

Cette vie que certains peuvent envier a aussi ses revers. A Monistrol-sur-Loire, la réorganisation en cours devrait se traduire par trois postes et demi de permanents en moins. Pourtant, le corps des « roulants », les facteurs remplaçants, est « déjà calculé au plus juste »,soulignent Pascale Falcon, déléguée CGT, et Séverine Rigoux, de FO.

 

Les deux syndicalistes de la zone sont venues ce jour-là à Monistrol pour y rencontrer les postiers. Sous le feu de leur critique, la pénibilité du métier « avec des centaines de montées et descentes de véhicules par jour », et la « sécabilité » des tournées, découpées et réparties entre les facteurs. Normalement, chaque circuit a son facteur titulaire. Mais les jours creux, en début de semaine ou durant l’été, les tournées des facteurs absents (en RTT, en vacances ou en maladie) sont coupées en rondelles et confiées aux sacoches des présents. « C’est une façon de suppléer au manque de personnel », ajoute la cégétiste. Au passage, cela permet aussi à la Poste de limiter le recours aux CDD.

 

Libération s’est procuré le procès-verbal de la réunion du comité d’hygiène et sécurité du travail (CHSCT) qui s’est tenue dès l’après-midi du drame. Il mentionne que Pauline avait été recrutée le 14 février pour faire une autre tournée, la T27. Mais, le matin, à sa prise de poste, elle se retrouve sur la T24.

 

Une tournée orpheline : son titulaire est en arrêt maladie depuis juin. Or, selon le secrétaire du CHSCT cité dans le compte rendu, « cinq CDD n’ont pu remplir entièrement leur contrat sur cette T24 ». Plus ennuyeux, ce circuit long de quatre vingt kilomètres était « à découvert (non distribué) depuis trois jours et il restait du courrier et de nombreux objets suivis ». La responsable de la distribution fait valoir alors cette excuse : « la Poste a du mal à recruter des remplaçants compte tenu du faible nombre de postulants et du fait qu’ils n’ont jamais exercé le métier de facteur ». Le métier ne fait pas rêver tout le monde, assurément. Roger, dix ans de métier, croisé sur le parking, avoue ainsi mille deux cent treize euros net par mois, et « il faut pleurer », dit-il, « pour se faire payer les dépassements ».

 

La route qui conduit de Monistrol à Sainte-Sigolène, où Pauline vivait avec ses parents, s’avale en un rien de temps. Six kilomètres vallonnés sur les coteaux du Velay, bordés d’une forêt de pins. Cette route, Pauline l’a parcourue pour la dernière fois le 15 février au matin. Venue au centre de tri très tôt parce qu’elle n’avait pu finir sa tournée la veille, elle est repartie chez elle à 8 heures, sur les conseils de la directrice, alarmée par son état de fatigue. A 8 heures 30, selon le compte rendu, « son papa la retrouve pendue ».

 

Au bar Le Marineo, surplombé par la flèche massive de Sainte-Sigolène, une femme, fille de factrice, lâche ses salves en sirotant son café : « ma mère (aujourd’hui en retraite) faisait la tournée de Golène (Sainte Sigolène). L’été, quand il n’y a rien dans la sacoche, pas de factures, pas de feuilles d’impôt, c’est bien. Mais l’hiver, on ne regarde jamais le temps qu’il y passe, le facteur ». Au bazar du village, où Pauline était passée quelques jours avant le drame, la patronne confie : « c’est triste. On ne cherche pas à savoir, vis-à-vis des parents. Ils sont bien dans le malheur ». Et elle ajoute seulement : « tout ce que Pauline faisait, il fallait que ce soit parfait. Elle aimait le travail parfait ».  

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