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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 16:19

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/syrie/syrie-des-militants-de-lopposition-lancent-une-campagne-pour-la-liberation-du-pere-paolo-dalloglio.html

 

Des militants de l’opposition lancent une campagne pour la libération du père Paolo Dall Oglio

 

Par Charles André Udry

 

En date du 13 avril 2013, le père Paolo Dall Oglio, conjointement à George Sabra, Gilbert Achcar et Nahed Badawia, participait au Volkshaus de Zurich à une journée de solidarité avec le peuple syrien en lutte contre la dictature du régime Assad. A cette occasion, il a donné un entretien à la radio suisse romande. Les quelque trois cent participants, dont de nombreux et nombreuses personnes engagées provenant de Syrie ou de la région, ont entamé un dialogue, dans leur langue (traduit en français et en allemand), avec les intervenants, entre autres avec le père Paolo Dall Oglio (le DVD de cette journée est disponible à l'adresse redaction@alencontre.org).

 

L’engagement du père Paolo Dall Oglio pour la libération et l’émancipation du peuple de Syrie, dans ses diverses composantes, a attiré non seulement l’attention, mais aussi la sympathie de tous les présents. Il représentait en cela un point de convergence permettant de dépasser les heurts existant, logiquement, dans la lutte militarisée conduite contre la dictature du clan Assad, qui s’est approprié les richesses du pays et, pour cela, paradoxe apparent, est en train de le détruire. Une destruction frappant aussi bien la population, ses habitations, que les bâtiments et monuments symboles d’une civilisation millénaire. Il y a là une vraie synthèse d’une orientation économique néolibérale et d’une dévastation qui l’accompagne, ici sous la forme de bombardements et d’exécutions. 

 

Le père Paolo Dall Oglio, par son engagement et ses convictions, est l’expression, à la fois, du potentiel émancipateur de cette lutte et du courage sans limites qu’elle exige. Il ne pouvait être que la cible de ceux qui, de divers côtés, s’opposent brutalement à une véritable conquête des libertés par les comités locaux des diverses villes, les médecins engagés dans des cliniques improvisées, les milliers de solidarités quotidiennes pour la survie et pour la résistance. Tout cela constituant l’humus d’une conquête à venir des droits démocratiques et sociaux pour toutes et tous et pour l’unité de la Syrie, ce qui implique le droit à l’auto-détermination et le refus des ingérences ne respectant pas la volonté de celles et ceux qui mènent une myriade de combats.

 

Dès lors, la campagne pour la libération du père Paolo Dall Oglio concerne toutes les forces qui ont choisi de manière raisonnée et argumentée l’option préférentielle pour les opprimés et les exploités.

 

Envoyez des messages exigeant la libération du père Paolo Dall Oglio à  l’APIC, Agence de Presse Internationale Catholique (apic@kipa-apic.ch), aux communautés locales religieuses diverses leur demandant de transmettre « plus haut » cette exigence, aux évêques et responsables de l’Eglise catholique dite universelle. Faites parvenir s’il vous plaît le double de vos messages à l’adresse suivante: redaction@alencontre.org.

 

Nous vous en remercions.

 

DEPECHE DE PRESSE DE L APIC

 

Pas de nouvelles du jésuite Paolo Dall Oglio enlevé à Raqqa

 

Raqqa/Beyrouth, 3 août 2013 (APIC)

 

Des militants de l’opposition qui luttent contre le régime de Bachar al Assad ont lancé une campagne sur internet pour la libération du père Paolo Dall Oglio, décrit comme « le patron de la paix ». Le jésuite italien, connu pour ses sympathies pour les rebelles syriens, dont il demande l’armement par les puissances occidentales, serait depuis le 29 juillet aux mains de combattants islamistes qui l’ont capturé près de Raqqa, au nord-est du pays, seul chef-lieu de province tenu par les rebelles.

 

L’opposition syrienne s’est déclarée samedi 3 août « très inquiète » de la disparition du prêtre jésuite italien, kidnappé par un groupe qui serait proche d’al Qaïda.

 

L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) affirme que le père se serait rendu à Raqqa pour rencontrer des dirigeants de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL).

 

Il voulait négocier la libération de militants kidnappés par ce groupe islamique extrémiste et tenter un accord de paix entre les combattants kurdes et les jihadistes de l’EIIL. Des combats sanglants entre les deux groupes ont déjà fait des dizaines de morts. Le religieux avait dénoncé des violences commises contre des habitants kurdes à Tel al Abiad, à la frontière avec la Turquie, ce qui n’avait pas du tout été apprécié par les islamistes.

 

La CNS demande la « libération immédiate » du religieux jésuite

 

La Coalition Nationale Syrienne (CNS), qui regroupe une partie de l’opposition syrienne, a appelé le 3 août à la « libération immédiate » du père Dall Oglio et s’est dite très inquiète pour le sort de ce sympathisant de la rébellion. « Nous demandons à toute personne impliquée dans la disparition du père Paolo de se manifester et de le relâcher », peut-on lire dans le communiqué de la CNS.

 

On est d’autre part toujours sans nouvelles du sort de Gregorios Iohanna Ibrahim, métropolite de l’Eglise syriaque orthodoxe, et de Paul Yazigi, métropolite de l’Eglise grecque orthodoxe d’Antioche, à Alep, enlevés par des « inconnus » qui ont également assassiné leur chauffeur le 22 avril dernier. Les deux prélats ont été kidnappés dans le village de Kafr Dael, dans la province d’Alep, une zone contrôlée par les rebelles, près de la frontière turque.

 

Les enlèvements de religieux sèment la panique

 

La disparition de deux prêtres, les pères Michel Kayyal, arménien catholique, et Maher Mahfouz, grec orthodoxe, enlevés par un groupe de rebelles armés Samedi 9 Févier 2013 sur la route conduisant d’Alep à Damas, et l’enlèvement des deux évêques orthodoxes, ont semé la peur et l’angoisse parmi les chrétiens et accéléré leur mouvement de fuite vers des zones plus sûres ou à l’étranger.

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 18:12

 

LA TURQUIE ET LA REVOLUTION ARABE

 

Pendant deux ans, la Turquie était le modèle de la révolution arabe.

Quel était le sens de cette expression ? Elle tenait dans la caractéristique essentielle d’une part de la révolution arabe  et d’autre part de l’alternance politique en Turquie depuis plusieurs dizaines d’années.

La révolution arabe est une révolution démocratique bourgeoise, il n’y a pas le début de commencement ni de parti révolutionnaire socialiste ni de révolution socialiste dans aucun pays arabe. La signification fondamentale de la révolution arabe, c’est l’invention de la démocratie musulmane, exactement comme le Vatican inventait la démocratie chrétienne en 1891 par l’encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII après des siècles pendant lesquels il soutenait en Europe occidentale toutes les monarchies médiévales de droit divin.

Dans une république capitaliste idéale, il y a une alternance gouvernementale entre un parti capitaliste de droite et un parti capitaliste de gauche et la Turquie depuis des dizaines d’années est le seul exemple de bipartisme capitaliste dans un pays ou la religion majoritaire est la religion musulmane.

En juin 2013, les associations de la société civile du parc Gezi de la place Taksim d’Istambul organisaient et participaient à une importante mobilisation contre le projet de rénovation urbaine du parc Gezi. Les médias internationaux présentaient cette mobilisation comme une contestation politique générale de l’actuel régime du parti pour la justice et le développement (AKP en turc) d’Erdogan.

La police turque intervenait violemment contre l’occupation du parc Gezi d’Istambul par les indignés turcs, exactement comme la Guardia Civil espagnole intervenait violemment contre l’occupation de la Puerta del Sol à Madrid par les indignés espagnols, la police grecque contre l’occupation de la place Syntagma à Athènes, la police française contre l’occupation de la place de la Bastille à Paris et la police de New York contre l’occupation de Zucotti Park.

Erdogan recevait une délégation des associations de la société civile turque, un tribunal d’Istambul décidait l’annulation du projet de rénovation du parc Gezi, les indignés turcs considéraient la décision du tribunal comme une victoire de leur mouvement et un des principaux acteurs d’Occupy Gezi était l’organisation des musulmans anticapitalistes, mais toutes ces caractéristiques du juin 2013 turc n’entraient pas du tout dans la grille de lecture des médias occidentaux et ils les ignoraient superbement.

Plus fondamentalement, il y a donc depuis des dizaines d’années des élections municipales en Turquie. La majorité des citoyens des quartiers de Besiktas et de Kadikoy à Istambul votaient aux dernières élections municipales en 2009 pour des maires et des conseils municipaux de l’opposition nationale turque du parti républicain du peuple (CHP en turc). Après l’évacuation et l’interdiction des rassemblements du parc Gezi par la police turque, les indignés turcs poursuivaient leurs rassemblements quotidiens dans les quartiers voisins de Besiktas et de Kadikoy et la majorité CHP des conseils municipaux de ces quartiers soutenaient totalement ces rassemblements.

Plus fondamentalement encore, la démocratie bourgeoise turque connaît depuis des dizaines d’années une évolution symétrique par rapport à la démocratie états-unienne.

Il y a cent cinquante ans aux Etats Unis pendant la guerre de sécession, le parti républicain était le parti de gauche progressiste et abolitionniste, c’était le parti de Lincoln, et le parti démocrate était le parti de la droite réactionnaire esclavagiste. Cent cinquante ans plus tard, le parti démocrate est le parti de la gauche libérale de Kennedy, de Clinton et d’Obama et le parti républicain est le parti de la droite réactionnaire.

En Turquie, le CHP est le parti d’Ataturk, il est la section turque de la deuxième internationale, comme le parti de Ben Ali en Tunisie était la section tunisienne de la deuxième internationale, comme le parti de Moubarak en Egypte était la section égyptienne de la deuxième internationale. La social-démocratie turque, comme la social-démocratie internationale, continue son évolution de la gauche vers la droite, elle soutenait en particulier totalement ou partiellement les quatre coups d’Etat militaires de 1960, 1971, 1980 et 1997.

A l’inverse, des militants et des tendances musulmanes, à l’intérieur et à l’extérieur de l’AKP, évoluent de la droite vers la gauche.

Si et quand des militants et des partis turcs font et feront des pas en arrière dans le sens du soutien à l’OTAN, aux Etats Unis, à Israël et aux dictateurs arabes, ils recevront le soutien et les félicitations des médias impérialistes.

Si et quand des militants et des partis turcs font et feront des pas en avant dans le sens du soutien à la résistance palestinienne et à la révolution démocratique arabe, les médias impérialistes les critiqueront violemment, et il n’y a aucun rapport entre cette évolution et leur appartenance ou leur non appartenance religieuse.

Bernard Fischer      

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 16:05

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/egypte/un-processus-revolutionnaire-de-longue-duree-au-maghreb-et-au-machrek.html

 

Un processus révolutionnaire de longue durée au Maghreb et au Machrek

 

Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Jacques Babel

 

Jacques Babel. Le processus révolutionnaire de la région arabe ne cesse de surprendre les médias. Comment analyses-tu les évènements récents en Egypte et en Tunisie ?

 

Gilbert Achcar. Il y a certes des changements qualitatifs qui surviennent, mais le fait même qu’il y ait des rebondissements ne saurait surprendre dès lors qu’on a compris que ce qui a démarré fin 2010 et début 2011 est un processus révolutionnaire de longue durée. L’idée que les victoires électorales de forces issues de l’intégrisme islamique en Tunisie et en Egypte allaient clôturer le processus s’est révélée complètement erronée. 

 

Ces forces étaient vouées à l’échec dans la mesure où, pas plus que les régimes auxquelles elles succèdent, elles n’ont pas de réponse aux très graves problèmes sociaux et économiques qui sont à l’origine des soulèvements. Elles se situent dans la continuité des recettes néolibérales et ne sauraient donc résoudre ces problèmes qui ne font que s’aggraver.

 

Le processus révolutionnaire peut prendre des formes surprenantes, mais on va continuer à passer longtemps de bouleversement en bouleversement à l’échelle régionale avant une stabilisation de la situation qui supposerait, dans une hypothèse positive, un changement profond de la nature sociale des gouvernements vers des politiques axées sur les intérêts des travailleurs et des travailleuses.

 

Jacques Babel. Comment vois-tu l’affrontement en cours aujourd’hui en Egypte ?

 

Gilbert Achcar. En Egypte aujourd’hui, il faut distinguer entre deux niveaux, les manœuvres et conflits autour du pouvoir et la lame de fond populaire. Celle-ci connaît un deuxième déferlement depuis celui de 2011, mais qui débouche, comme le précédent, sur une intervention de l’armée.

 

Moubarak, déjà, avait été écarté en février 2011 par les militaires qui ont alors pris directement le pouvoir, le conseil supérieur des forces armées s’emparant du sommet de l’exécutif. Cette fois-ci, ils se sont gardés de répéter la même opération s’étant brûlé les doigts à essayer de gouverner le pays dans une situation de bouleversement telle qu’elle entraîne une usure très rapide de n’importe quel gouvernement qui se cantonnerait à l’horizon des politiques néolibérales. Mais les civils désignés à la tête de l’exécutif ne peuvent cacher le fait que c’est l’armée qui exerce le pouvoir.

 

Cela dit, l’argument selon lequel, cette fois-ci, l’armée est intervenue contre un gouvernement démocratiquement élu relève d’une conception très droitière de la démocratie, selon laquelle les élus ont carte blanche pour faire ce qu’ils veulent pendant la durée de leur mandat, même s’ils trahissent de manière flagrante les attentes de leurs électeurs et électrices. Une conception radicale de la démocratie implique le droit à la révocation des élus. C’est cette forme que le mouvement a prise en Egypte avec la pétition pour le départ de Morsi et de nouvelles élections qu’ont lancée les jeunes du mouvement «Tamarrod» (Rébellion), qui ont réuni en quelques mois un nombre impressionnant de signatures, bien supérieur au nombre de voix qu’avait obtenues Morsi pour son élection à la présidentielle. De ce point de vue, sa révocation était tout à fait légitime.

 

Par contre, le gros problème, c’est que plutôt que d’organiser le mouvement de masse afin de renverser Morsi par les moyens de la lutte de masse, la grève générale et la désobéissance civile, on a vu les dirigeants de l’opposition libérale et de gauche s’accorder avec les militaires et applaudir leur coup d’état dont la logique ultime est de capter le potentiel de mobilisation populaire et de le détourner en faveur du retour à un ordre musclé, comme le confirment aujourd’hui les agissements des militaires. Cela est extrêmement grave, et à ce niveau-là il y a une carence forte de la gauche égyptienne dans ses composantes majoritaires. Elle a redoré le blason de l’armée, et encensé le commandant en chef de l’armée, al Sissi.

 

Ce dernier est l’homme fort du nouveau-ancien régime. Bien que ministre de la défense, il s’est permis d’appeler la population à manifester en soutien à l’armée en ignorant totalement le nouveau gouvernement.

 

Aujourd’hui, même les jeunes de Tamarrod commencent à s’inquiéter, mais un peu tard, de l’engrenage dans lequel ils se sont fait prendre eux-mêmes. Le coup d’Etat permet aux frères musulmans de se refaire une jeunesse politique en se présentant en martyrs, victimes d’un putsch militaire. Ils ont reconsolidé leur base sociale, certes minoritaire, c’est maintenant clair, mais néanmoins importante. L’action des militaires redore leur blason.

 

Jacques Babel. Donc, il y a eu une usure très rapide des mouvements islamistes ayant occupé la place des anciens régimes en Tunisie et en Egypte, mais la faiblesse de la gauche pose maintenant un gros problème.

 

Gilbert Achcar. En dehors de la gauche révolutionnaire qui reste marginale en Egypte, le gros de la gauche s’est investi dans le Front du Salut National. Les courants issus du mouvement communiste traditionnel ainsi que le courant nassérien qui reste le plus important au niveau de l’influence populaire ont participé à l’entreprise de mystification des gens sur le rôle de l’armée. C’est d’autant plus déplorable que ces mêmes forces étaient dans la rue contre l’armée dans les mois qui ont précédé l’élection de Morsi !

 

Quand Hamdeen Sabahi, le leader nassérien, expliquait quelques jours avant le 30 juin que c’était une erreur d’avoir crié un an auparavant « à bas le gouvernement des militaires », il tirait les mauvaises leçons de l’histoire. Ce qui est une erreur, c’est de s’en repentir et de penser qu’il faut de nouveau applaudir l’armée.

 

Jacques Babel. Que penses tu des dispositifs qu’essaient de se donner les tunisiens pour mettre fin au pouvoir d’al Nahdha ?

 

Gilbert Achcar. Malheureusement, on risque d’avoir en Tunisie un scénario semblable à celui que connaît l’Egypte, une gauche qui n’a pas la lucidité politique de se battre sur un programme de gauche, et qui s’apprête à nouer des alliances même avec les pans de l’ancien régime présents dans Nida Tounès (« Appel de la Tunisie », initiative lancée par Beji Caïd Essebi, ancien ministre de la défense et des affaires étrangères sous Habib Bourguiba, avocat spécialisé dans les affaires d’arbitrage, devenue parti reconnu et autorisé en juillet 2012). Ce type de démarche profite finalement aux forces islamistes qui ont beau jeu de dénoncer la compromission de la gauche avec les restes de l’ancien régime. Cela permet aux frères musulmans ou à al Nahdha de se présenter comme porteurs de la légitimité et de la continuité de la révolution.

 

Jacques Babel. Il y a donc un problème de représentation des couches populaires en révolution ?

 

Gilbert Achcar. Oui, le problème c’est qu’au lieu de chercher à conquérir l’hégémonie dans le mouvement de masse en se battant en premier lieu sur la question sociale, quitte à faire l’unité contre elle des partisans du néolibéralisme qui vont des intégristes aux hommes de l’ancien régime en passant par les libéraux, la gauche s’inscrit dans des alliances à courte vue avec des pans de l’ancien régime. Dans un pays comme la Tunisie, à mon sens, la centrale syndicale UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail) est une force socialement hégémonique et qui peut facilement le devenir politiquement. Or une muraille est dressée entre le syndical et le politique. La gauche tunisienne aujourd’hui à la tête de l’UGTT, plutôt que de lancer la centrale dans la bataille politique avec pour horizon un gouvernement des travailleurs, semble s’orienter vers des alliances contre-nature entre ses groupements politiques organisés dans le Front populaire, d’une part, et les libéraux et les restes de l’ancien régime, de l’autre.

 

Jacques Babel. Malgré ces difficultés de débouchés, les révoltes continuent dans de nombreux pays, on voit apparaître maintenant des mouvements « Tamarrod » en Libye et au Bahreïn.

 

Gilbert Achcar. Dans les six pays qui ont été les plus profondément touchés par les soulèvements de 2011, les mouvements de masse continuent. En Libye, c’est le bouillonnement permanent. Les médias ne le répercutent pas, mais il y a constamment des mobilisations populaires, notamment contre les intégristes; les institutions élues sont soumises à des pressions diverses de la base populaire.

 

Au Yémen, le mouvement continue, même s’il a été affaibli par le compromis dans lequel s’est engouffrée une partie des forces d’opposition. Des forces radicales, en particulier jeunes et de gauche, continuent à se battre contre ce simulacre de changement. Au Bahreïn, le mouvement populaire se poursuit contre la monarchie.

 

Et en Syrie, la guerre civile bat son plein, elle atteint un niveau hautement tragique avec aujourd’hui une contre-offensive féroce du régime soutenu par la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais. La Syrie est un cas flagrant de cynisme des grandes puissances, qui laissent massacrer un peuple qui ne leur inspire que la méfiance.

 

Jacques Babel. Donc, deux ans et demi après le début du processus, celui-ci continue de plus belle ?

 

Gilbert Achcar. Une dynamique révolutionnaire s’est enclenchée en 2011, un processus de longue durée qui va connaître des hauts et des bas, des épisodes de réaction, de contre-révolution et des rebonds révolutionnaires. Mais pour une issue positive à ce processus, il faudra que se dégagent des forces porteuses de réponses progressistes aux problèmes posés sur le plan social et économique.

 

A défaut, il y a d’autres scénarios possibles, de régression, de réaction, d’alliances répressives contre les populations entre ceux qui aujourd’hui semblent opposés, militaires et intégristes. Il n’y a aucune fatalité dans un sens ou dans l’autre, c’est une situation ouverte, en plein bouillonnement.

 

La gauche doit urgemment affirmer une troisième voie indépendante, contre les anciens régimes et contre les intégristes, pour la satisfaction des revendications sociales de celles et ceux qui ont porté ces soulèvements.

 

Propos recueillis Lundi 29 Juillet 2013 par Jacques Babel

 

Gilbert Achcar, intellectuel militant marxiste originaire du Liban, est enseignant à la School of Oriental and African Studies de l’Université de Londres. Il a publié, entre autres, « L’orient incandescent » (Editions Page deux, 2003), « Les arabes et la shoah. La guerre israélo-arabe des récits » (Actes Sud, Sindbad, 2009), « Eichman au Caire » (Sindbad, 2012), « Le peuple veut » (Editions Actes Sud, 2013).

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 15:35

 

http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=2602%3Aproces-bds-dalencon-compte-rendu-de-la-mobilisation-du-27-juin-2013&catid=49%3Aactualites&lang=fr


 

Procès BDS d’Alençon

Compte rendu de la mobilisation du Jeudi 27 Juin 2013

Mobilisation importante Jeudi 27 juin 2013 pour le procès des sept militants BDS inculpés à Alençon.

A peu près deux cent personnes s'étaient réunies devant le tribunal de grande instance d'Alençon.

Contrairement à la semaine dernière au procès BDS de Perpignan où le procureur avait demandé de ne pas aller « au delà d'une dispense de peine », le procureur a cette fois ci demandé une peine de mille euros pour chacun des prévenus et la suppression de la vidéo de leur action. Le délibéré est attendu Jeudi 19 septembre à 14 heures.

Quel est le « crime » de ces militants ? Avoir participé à une action BDS dans un supermarché en 2010.

Cette action BDS, comme on peut le voir dans une vidéo qui a été visionnée pendant l'audience était une action d'information et d'échange avec les clients mais aussi avec la direction du Carrefour, direction qui a d'ailleurs reconnu que les échanges avaient été courtois, et qui ne fait absolument pas partie des parties civiles dans ce dossier, comme dans les autres.

Le procès a débuté par la plaidoirie de Dominique Cochin sur la forme (prescription des faits depuis 2011) mais la juridiction a souhaité le débat sur le fond, qui fut très intense.

Il a porté, comme à Perpignan, sur les enjeux politiques de cette inculpation dont la France a l'apanage, les militants ailleurs bénéficiant de leur liberté d'expression pour dénoncer la politique d'un Etat et appeler à sa mise au ban tout comme l'Afrique du Sud de l'apartheid par exemple. Il n'y a aussi qu'en France qu'une ministre de l'intérieur, en l'occurence Michèle Alliot-Marie, puisse répondre à la demande d'une institution de lobby telle le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) en donnant l'instruction au parquet de poursuivre en justice les instigateurs de l'appel au boycott (circulaire toujours pas retirée par la garde des sceaux actuelle Christiane Taubira.

Les camarades ont tous fait preuve d’une dignité remarquable, lors de leur passage à la barre. Tous ont rappelé leur engagement antiraciste, la plupart d'entre eux étant d'ailleurs des membres de longue date du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP).

Les différents témoignages d’Alain Krivine du NPA, de Daniel Levyne de l’Union Juive Française pour la Paix, d’Alain Bosc de la CIMADE et Jean Claude Lefort, député honoraire, ont été précieux.

L’une des animatrices de la campagne BDS France, lors du rassemblement, a pu lire la déclaration de soutien de plus de cent cinquante organisations internationales de soutien aux militants poursuivis BDS, du Brésil au Japon en passant par les Etats Unis.

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 14:32

 

La disparition du père Paolo Dall Oglio à al Raqqah

 

Communiqué du bureau de presse de la Coalition Nationale Syrienne

 

Samedi 3 Août 2013

 

La Coalition Nationale Syrienne exprime sa profonde préoccupation sur la situation du père Paolo Dall Oglio, dont la dernière apparition remonte à cinq  jours dans la ville d’al Raqqah, et appelle tous ceux qui auraient des informations le concernant à les divulguer afin de contribuer à son retour en toute sécurité.

Le religieux avait pris des positions très fermes contre la répression armée du régime de Bachar al Assad. Paolo avait pris fait et cause pour la révolution et avait dû quitter la Syrie en juin 2012, expulsé par le régime syrien. Depuis son exil forcé, il faisait le tour des capitales européennes pour défendre l'opposition démocratique en Syrie, seule manière selon lui d'éviter une dérive islamiste. Le père Paolo venait de faire circuler sur le net une pétition appelant le pape François à « s'informer personnellement » sur le rôle joué par certains membres du clergé chrétien en Syrie en faveur de Bachar Al Assad.

 

« Malheureusement, le régime syrien a été très habile dans son utilisation d’un certain nombre de membres du clergé, hommes et femmes, pour diffuser sa propagande et se présenter en occident comme l'unique et dernier rempart dans la défense des chrétiens persécutés par le terrorisme islamique », écrivait-il.

Le père jésuite a traversé la frontière turque la semaine dernière pour arriver en Syrie et est allé à al Raqqah pour négocier la libération d'un ou de plusieurs otages, dont un membre de l'opposition syrienne, un de ses amis. Il aurait demandé à ses proches de signaler sa disparition s’il ne donnait pas de signes trois jours après. D’al Raqqah, il écrivait sur sa page facebook avant sa disparition, « je me sens heureux parce que premièrement, je suis dans une ville libérée et deuxièmement, en raison du merveilleux accueil que j’ai reçu. Les gens marchent dans les rues libres et en harmonie. C’est une image de la patrie que je souhaite pour tous les syriens ».

 

La coalition met en garde contre toute atteinte à la liberté du père Paolo et appelle à sa libération immédiate.

 

La coalition met tout en œuvre afin d’avoir des éléments qui permettraient d’apporter de plus amples informations quant à sa situation actuelle et permettre son retour à ses proches sain et sauf et espère que les rumeurs de son enlèvement n’ont pas de fondement.

Vive la Syrie démocratique, et que vive son peuple libre et digne

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 19:05

 

Bradley Manning risque une longue peine de prison

 

FORT MEADE, Maryland (Reuters) - Une cour martiale américaine a reconnu Mardi 30 Juillet 2013 le soldat Bradley Manning coupable de dix neuf des vingt et un chefs d'inculpation retenus contre lui, sans toutefois retenir le plus grave, celui « d'intelligence avec l'ennemi ».

 

Le jeune homme de vingt cinq ans, accusé d'avoir fourni des centaines de milliers de documents confidentiels au site internet WikiLeaks, risque toutefois une longue peine d'emprisonnement.

 

La juge, la colonelle Denise Lind, a estimé que le première classe de l'US Army était, entre autres, coupable de cinq chefs d'espionnage pour avoir remis au site de Julian Assange une telle masse de documents « sensibles » concernant des vidéos de combats et des télégrammes diplomatiques censés rester confidentiels.

 

Les défenseurs de Bradley Manning ont toutefois été soulagés de constater que le chef d'inculpation d'intelligence avec l'ennemi n'avait pas été reconnu, même si Wikileaks a réagi en dénonçant « un nouveau précédent extrêmement grave ».

 

Le jeune homme, en poste comme analyste subalterne à Bagdad au moment de son arrestation il y a trois ans, reste passible de pas moins de cent trente six années de prison militaire.

 

La présidente Denise Lind devrait aborder la question de la sentence mercredi.

 

Le gouvernement fédéral, qui estime que cette affaire porte sérieusement atteinte à la sécurité nationale, était partisan d'une sentence de réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.

 

L'avocat de Bradley Manning a rejeté vendredi l'accusation de trahison invoquée par Washington. « C'est quelqu'un qui veut informer l'opinion publique américaine », avait déclaré David Coombs au cours de sa plaidoirie.

 

MANNING ET SNOWDEN

 

L'intelligence avec l'ennemi est un crime passible de la peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.

 

Depuis le début du procès, la défense du prévenu s'est efforcée de faire apparaître Bradley Manning comme un garçon naïf, plein de bonnes intentions et désireux de montrer aux Américains la réalité des guerres d'Afghanistan et d'Irak.

 

Le ministère public avait prononcé la semaine dernière un réquisitoire de cinq heures, soutenant pour sa part que Bradley Manning avait porté atteinte à la sécurité nationale des Etats-Unis en fournissant des documents confidentiels à Wikileaks, notamment des vidéos d'attaque de l'hélicoptère de combat Apache, des télégrammes diplomatiques ainsi que des détails secrets sur les prisonniers détenus à Guantanamo.

 

Une trentaine de partisans du jeune homme se sont rassemblés mardi devant la cour martiale de Fort Meade avant la lecture du verdict du tribunal.

 

Pour Michael Bochenek, directeur des affaires juridiques à Amnesty International, « le verdict fait certainement froid dans le dos aux tenants du journalisme d'investigation, à tous ceux qui pourraient disposer d'informations devant, selon eux, être portées à la connaissance de l'opinion publique. Le message donné est que le gouvernement ne vous lâchera pas », a-t-il dit.

 

L'affaire Manning n'est pas unique en son genre aujourd'hui aux Etats-Unis, un ancien analyste de l'agence nationale de sécurité américaine (NSA), Edward Snowden, est bloqué depuis plus d'un mois dans la zone internationale d'un aéroport moscovite après avoir révélé l'ampleur du programme d'espionnage sur internet et par téléphone des Etats-Unis dans le monde.

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 18:44

 

La condamnation de Berlusconi ajoute à l’incertitude politique

 

ROME (Reuters) - A peine sortie d'une période d'incertitude provoquée par des élections générales sans vainqueur, la vie politique italienne est à nouveau menacée par des turbulences après la confirmation par la cour de cassation de la peine de prison frappant Silvio Berlusconi dans l'affaire Mediaset.

 

Le président du conseil, Enrico Letta, est au pouvoir depuis trois mois, à la tête d'une grande coalition qui réunit le Parti Démocratique de centre gauche et le parti du Peuple De la Liberté (PDL, centre droit) de Berlusconi.

 

La cour de cassation a confirmé Jeudi Premier Août 2013 l'arrêt de la cour d'appel de Milan condamnant le milliardaire à quatre années de prison, réduits à un an, pour fraude fiscale dans l'affaire de l'achat de droits de retransmission par son empire télévisé Mediaset.

 

C'est la première fois que l'ancien chef du gouvernement, qui a dû faire face à une trentaine de procédures judiciaires, se voit ainsi condamné. A soixante seize ans, le « cavaliere » affirme que la justice n'a cessé de le persécuter depuis son entrée en politique voilà deux décennies.

 

« Personne ne peut comprendre la violence qui est dirigée contre moi », a réagi Berlusconi dans un message vidéo diffusé par la télé après l'annonce du jugement de la cour. « Il s'agit d'une véritable campagne d'agression sans équivalent », a-t-il ajouté.

 

Il est très peu probable que Berlusconi passe un seul jour derrière les barreaux en raison de son âge.

 

Mais cet arrêt pose une autre question car la juridiction suprême italienne a demandé un réexamen de l'interdiction prononcée en appel d'occuper un poste officiel pendant cinq ans.

 

Si cette demande permet pour l'instant à Silvio Berlusconi de conserver son siège de sénateur, l'arrêt de la cour de cassation n'en demeure pas moins comme un coup de tonnerre dans le ciel politique italien.

 

« Sa condamnation est comme la chute du mur de Berlin en 1989 », a commenté Beppe Grillo, fondateur du Mouvement Cinq Etoiles (MCE), populiste, grand vainqueur des dernières élections parlementaires.

 

UN OBSTACLE

 

Berlusconi a indiqué qu'il entendait poursuivre ses activités politiques avec son premier parti « Forza Italia » et demandé une réforme du système judiciaire, mais n'a fait aucun commentaire concernant l'actuelle coalition au pouvoir.

 

« Cette condamnation n'affectera pas le gouvernement Letta qui a été constitué pour servir le pays et qui continuera à le servir », a commenté l'ancien ministre de la Justice Nitto Palma, après une entrevue dans la résidence romaine de Berlusconi.

 

Alors que des millions d'italiens s'apprêtent à partir en vacances et que le parlement va observer son habituelle trêve estivale, il est peu probable de voir se déclencher dans l'immédiat une crise gouvernementale capable de déboucher sur des élections anticipées.

 

En revanche, l'incertitude est de mise pour les événements attendus à la rentrée.

Letta doit composer avec un mécontentement croissant au sein du Parti Démocratique contraint de cohabiter avec le PDL de Berlusconi pris dans les scandales.

 

Le président Giorgio Napolitano, qui pourrait convoquer de nouvelles élections en cas d'explosion de la coalition, a immédiatement appelé au calme, précisant que le pays avait besoin de « sérénité et de cohésion » alors que la crise économique continue de faire sentir ses effets.

 

« Pour le bien du pays, il est nécessaire que, dans le respect du légitime débat interne entre les forces politiques, un climat de calme et de soutien à nos institutions garantisse que les intérêts de l'Italie prévalent sur les intérêts partisans », a dit Napolitano dans un communiqué.

 

Il n'en reste pas moins que ce jugement constitue un obstacle aux efforts d'Enrico Letta qui tente de faire sortir le pays de la plus longue période de récession qu'il ait connue depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

 

Outre la condamnation pour fraude fiscale, Berlusconi doit également répondre d'une condamnation pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure, Ruby, dans une affaire de prostitution lors d'une de ses célèbres soirées « bunga bunga ».

 

Pour l'instant, les investisseurs se sont montrés peu sensibles aux affaires judiciaires impliquant l'ancien président du conseil.

 

Mais les choses pourraient changer si s'installait une instabilité politique durable alors que le pays doit rétablir des finances publiques en mauvais état.

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 18:14

 

Ibrahim Boubakar Keïta affrontera Soumaïla Cissé au Mali lors d’un second tour le 11 août

 

BAMAKO (Reuters) - L'ancien premier ministre malien Ibrahim Boubacar Keïta est arrivé en tête de l'élection présidentielle du 28 juillet, mais il devra affronter l'ancien ministre des finances Soumaïla Cissé au second tour le 11 août, a annoncé vendredi le gouvernement.

 

Ibrahim Boubacar Keïta, candidat du Rassemblement Pour le Mali (RPM), a remporté 39,24% des suffrages, contre 19,44% pour son rival Soumaïla Cissé, de l'Union pour la République et la Démocratie (URD), a annoncé le ministre de l'administration territoriale, Moussa Sinko Coulibaly.

 

Au second tour, les candidats arrivés en troisième et en quatrième position, respectivement Dramane Dembélé, de l'ADEMA, et l'ancien premier ministre Modibo Sidibe, pourraient cependant appeler à voter pour Soumaïla Cissé, avec qui ils forment une coalition, le FDR (Front pour la sauvegarde de la Démocratie et de la République).

 

Amadou Koita, l'un des porte-parole de Cissé, qui avait menacé de contester les résultats s'il n'y avait pas de second tour, a déclaré que ces candidats avaient recueilli plus de quinze pour cent, ce qui met globalement la coalition FDR au même niveau qu'Ibrahim Boubacar Keïta.

 

La cour constitutionnelle doit confirmer les résultats avant que le second tour ne puisse se tenir.

 

« COMBLER LE PETIT FOSSÉ »

 

Le taux de participation a atteint 51,5%, niveau le plus élevé jamais enregistré au Mali, signe de la volonté de la population de tourner la page du coup d'Etat militaire et des troubles dans le Nord, qui ont mis le pays à genou au cours des dix huit derniers mois.

 

Lors des précédents scrutins, la participation n'avait jamais atteint la barre des quarante pour cent.

 

Plus de trois millions d'électeurs n'ont cependant pas pris part au vote et quatre cent mille de ceux qui l'ont fait ont glissé des bulletins nuls dans l'urne, selon les résultats officiels.

 

Au quartier général d’Ibrahim Boubacar Keïta, où les militants avaient espéré une élection de leur champion dès le premier tour, on faisait profil bas.

 

« Ne désespérons pas », a déclaré Abdoulaye Maïga, directeur de campagne d'Ibrahim Boubacar Keïta, à un groupe de sympathisants. « Tout ce qui reste à faire, c'est de combler le petit fossé qui nous sépare de la victoire », leur a-t-il dit.

 

Il s'agit des premières élections depuis le putsch militaire de mars 2012, qui avait été suivi de l'invasion d'une grande moitié nord du pays par des rebelles séparatistes touaregs et par des islamistes. L'armée française a déclenché en janvier l'opération « serval », qui a permis la reconquête du nord du pays.

 

La peur d'une élection chaotique ne s'est pas concrétisée et les opérations de vote se sont déroulées en grande partie en bon ordre.

 

« La crise touche à sa fin. Il n'y aura pas de problème au second tour », a prédit vendredi le premier ministre par intérim, Djanbo Sissoko, lors d'une visite en Côte d'Ivoire, après l'annonce des résultats.

 

« Nous ferons tout en notre pouvoir pour garantir un scrutin pacifique et un résultat qui sera accepté avant tout par la population malienne et aussi par les candidats », a-t-il dit.

 

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 18:54

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/08/01/en-syrie-la-menace-d-une-guerre-islamo-kurde_3456096_3218.html

 

En Syrie, la menace d’une guerre islamo kurde

 

Jeudi Premier Août 2013

 

Par Christophe Ayad

 

Déjà mise à mal par la contre offensive du régime et les atermoiements de la communauté internationale, la rébellion syrienne est désormais sous la menace d’un conflit interne qui pourrait dégénérer en conflit ethnique.

 

La guerre intestine entre kurdes et djihadistes, qui ravage le nord et l'est de la Syrie depuis la mi-juillet, a pris un nouveau tour, Mercredi 31 Juillet 2013, avec la prise en otage de quelque deux cent civils kurdes par les rebelles fondamentalistes du Front al Nosra et de l'Etat Islamique en Irak et au Levant dans les villages kurdes de Tall Haren et Tall Hassel (province d'Alep). Nul ne sait où les habitants ont été emmenés par ces deux groupes proches d'al Qaïda.

 

Depuis deux semaines, de violents combats opposent des djihadistes aux miliciens kurdes, pourtant également farouchement hostiles au régime de Bachar al Assad. Ces affrontements, qui ont déjà causé plusieurs dizaines de morts, menacent de dégénérer en guerre ethnique entre kurdes et arabes et soumettent le reste de la rébellion, essentiellement arabe et sunnite, à un choix cornélien entre solidarité ethnico-religieuse et politique de bon voisinage avec la puissante minorité kurde de Syrie, soutenue par ses homologues de Turquie et d'Irak.

 

La prise d'otages de masse de mercredi, qui rappelle les sinistres méthodes d'al Qaïda en Irak, semble répondre aux récentes défaites de l'Etat Islamique en Irak et au Levant face aux forces kurdes, notamment dans la localité clé de Ras al Aïn, à la frontière avec la Turquie. Dans le secteur de Tall Abyad, l'Etat islamique a été lâché par les autres forces rebelles, notamment la onzième division de l'Armée Syrienne Libre, mais aussi des groupes salafistes, qui refusent de mener un combat jugé inutile et fratricide.

 

Hostilité d’une bonne partie des rebelles

 

Ce groupe djihadiste connu pour son radicalisme est originaire d'Irak mais de plus en plus présent en Syrie. Il a tenté en vain une OPA sur le Front al Nosra, la branche syrienne d'al Qaïda, qui a refusé la fusion mais continue d’entretenir des liens avec la branche irakienne. Il a également été désavoué par Ayman al Zawahiri, le chef d'al Qaïda depuis la mort d'Oussama Ben Laden. Surtout, le groupe s'est attiré l'hostilité d'une bonne partie des rebelles, qui l'accusent de passer plus de temps à combattre la rébellion pour agrandir son territoire qu'à affronter l’armée du régime syrien.

 

Ainsi, à la mi-juillet, un membre de l'Etat islamique avait assassiné Abou Bassir, le principal chef rebelle dans la région du djebel turkmène, choquant un grand nombre de syriens. L'Etat Islamique en Irak et au Levant est également soupçonné d’avoir fait tuer Issa Hesso, un cadre important du PYD, le principal parti kurde syrien, dans un attentat à la bombe à Kamechliyé, mardi. Les observateurs n'écartent toutefois pas la possibilité que cet assassinat ait été commis par les services de renseignement syriens, qui voient d'un mauvais oeil le rapprochement en cours entre le PYD et la Turquie, par l'entremise du PKK, la principale force politique kurde de Turquie, en plein processus de paix avec Ankara.

 

Toutefois, Issa Hesso, qui était chargé des relations extérieures au sein du conseil suprême kurde, regroupant toutes les forces politiques kurdes de Syrie, avait violemment critiqué, peu de temps auparavant, l'Etat islamique en Irak et au Levant.

 

Le PYD a rompu avec le régime en mars

 

Le PYD, qui, au début de la révolution syrienne, s'en était tenu à une stricte neutralité, a rompu définitivement avec le régime au mois de mars. Mais le parti entend bien gérer, avec l’aide des autres formations kurdes, les zones kurdes libérées de manière autonome. Le conflit en cours pourrait accentuer sa méfiance atavique envers les forces arabes, qu'elles soient favorables ou hostiles au régime en place à Damas. Après la mort d'Issa Hasso, les YPG, la branche armée du PYD, ont lancé un appel aux forces kurdes à se joindre à elles pour combattre les extrémistes religieux.

 

Conscient des risques potentiels d'un tel conflit pour l’avenir de la révolution syrienne, qu'il soutient activement, le père jésuite Paolo d'All Oglio, qui réside à Souleimaniyé, dans le Kurdistan irakien, s'est rendu le 28 juillet à Rakka, dans le nord-est de la Syrie, afin de mener une médiation entre islamistes et kurdes. La ville est en effet tenue par l'Etat Islamique en Irak et au Levant, en collaboration avec la brigade Ahrar al Cham, l'un de ses derniers alliés en Syrie. Depuis son installation, l'Etat islamique a multiplié les exécutions publiques de « traîtres », fait disparaître le notable local qui dirigeait le conseil élu après la libération de la ville et est soupçonné d’avoir enlevé deux journalistes français.

 

D'après des informations non confirmées, le père Paolo Dall’Oglio serait retenu par les hommes de l'Etat islamique à Rakka. Le ministère italien des affaires étrangères et la communauté d'origine du père Paolo refusent de confirmer pour l'instant un rapt. Mais le pape François, lui-même issu de la compagnie de Jésus, a exprimé sa préoccupation mercredi, lors d'une messe célébrée à Rome. 

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 18:30

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-1ere-conference-nationale-kurde-fin-aout-a-erbil-vers-l-avenement-d-un-plus-grand-kurdistan-119311657.html

 

Première conférence nationale kurde fin août 2013 à Erbil

 

Vers l’avènement d’un plus grand Kurdistan

 

Par Gilles Munier

 

Mardi 30 Juillet 2013

 

C’était le rêve d’Abdullah Ocalan, chef du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan), bien avant qu’il ne soit emprisonné, réunir les dirigeants des organisations autonomistes ou indépendantistes des quatre Kurdistan, sud (irakien), nord (turc), oriental (iranien) et occidental (syrien), afin qu’ils adoptent une stratégie commune permettant la création d’un Etat kurde, Massoud Barzani l’a réalisé. La semaine dernière, trente neuf représentants de partis kurdes se sont réunis à Erbil, sous les auspices du président de la région autonome du Kurdistan irakien, et ont décidé d’organiser prochainement la première conférence nationale kurde. Etaient présents, outre des délégués turcs proches du PKK, des représentants du PYD de Syrie (parti de l’union démocratique) et du PJAK d’Iran (parti pour une vie libre au Kurdistan). Il était demandé à tous les participants d’être avant tout des représentants de la nation kurde plutôt que de leur parti, et de n’avoir à l’esprit que l’intérêt supérieur du peuple kurde.  

 

L’idée des organisateurs est de créer une structure favorisant le dialogue et la coopération entre les partis politiques des régions kurdes quelles que soient leurs idéologies politiques, et de promouvoir la création d’entités autonomes dans les pays voisins. Saadi Pira, membre de la direction de l’UPK (union patriotique du Kurdistan, parti de Jalal Talabani), a déclaré qu’il était « temps de se rassembler et de discuter d’auto détermination ».

 

La première conférence nationale kurde, considérée à juste titre comme « historique » par Massoud Barzani, se tiendra à Erbil à la fin du mois d’août prochain. Sa tenue risque d’être perçue comme une menace par plusieurs Etats, peuples et partis du Proche-Orient qui craignent l’avènement, à moyen ou long terme, d’un plus grand Kurdistan. 

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