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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 20:56

FRONT UNIQUE POUR LA DEFENSE DES LIBERTES

Vous trouverez ci-dessous le dernier paragraphe d’un très long message de Pierre Rousset et de François Sabado relatif à la situation politique nationale et internationale suite aux attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 à Paris.

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36454

Les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 à Paris, la terreur de l’Etat Islamique, l’état d’urgence en France et nos responsabilités

Par Pierre Rousset et François Sabado

Dimanche 22 Novembre 2015

Un tournant de la situation nationale

Comme en janvier 2015 après le massacre des journalistes de Charlie Hebdo, la mort du personnel de police et l’attaque de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, l’émotion a submergé le pays, ce qui est évidemment parfaitement normal. Les actes islamophobes se sont multipliés, mais ils sont le fait d’une frange seulement de la population. Les actes de solidarité et de convivialité se sont aussi multipliés, grand sourire dans le métro quand on croise un magrébin, galanterie ostentatoire, même si désuète, quand on s’efface pour laisser passer une femme voilée, réoccupation des lieux de fêtes et de mixité et rejet des amalgames. Malheureusement, tous ces gestes-là ne sont pas recensés et n’entrent pas dans les statistiques.

Comme en janvier 2015, aussi, les politiques sécuritaires sont plébiscitées et les forces de l’ordre sont applaudies. Or, plus encore qu’en janvier 2015, le gouvernement saisit l’occasion pour prendre des mesures liberticides. Ce fut hier le cas de la loi sur le renseignement qui donne des pouvoirs exorbitants aux services secrets. C’est maintenant le cas avec l’instauration de l’état d’urgence, son durcissement par le parlement, l’appel du gouvernement français à ce que l’Union Européenne suive avec, notamment, le fichage des passagers prenant l’avion, et l’annonce par François Hollande d’une réforme constitutionnelle.

La France est déjà dotée de deux régimes d’exception, forgés notamment à l’occasion de la guerre d’Algérie, l’état d’urgence, une demi-loi martiale qui libère les forces de l’ordre du contrôle judiciaire et limite les libertés, et l’état de siège, une loi martiale intégrale donnant les pleins pouvoirs à l’armée.

Pourquoi cela ne suffit-il pas à nos gouvernants ? Parce que le recours à l’état d’urgence, par exemple, est limité dans le temps et demande un vote parlementaire, qui en l’occurrence fut presque unanimement favorable, elle a été soutenue par la grande majorité des socialistes, des verts et des députés communistes. La réforme constitutionnelle permettrait au gouvernement, ou au président, de prendre plus librement des mesures d’exception et de faire finalement de l’exception la règle, intervention de l’armée en matière de police, perquisitions arbitraires, détentions « préventives », interdiction des manifestations ou grèves et censure de la presse. Le texte de loi que rédigera François Hollande n’est pas encore connu, mais ses intentions sont claires. Le régime deviendra de plus en plus autoritaire et la militarisation de société fera un bond en avant.

Bon nombre de personnes s’inquiètent de ce qui se passerait si Marine Le Pen et le Front National emportaient les élections, un scénario qui ne relève pas de la politique fiction, mais ne se demandent pas ce que François Hollande, Manuel Valls, Nicolas Sarkozy ou autres en feront. Il est donc très important de rappeler ce que les gouvernements républicains ont fait par le passé, dont la torture en Algérie et l’adoption d’une loi d’amnistie qui interdit de mettre en accusation ses auteurs, on ne peut que les accuser d’apologie de la torture si, après-coup, il en défendent l’usage, l’oubli médiatique du massacre des algériens de Paris le 17 octobre 1961, terrorisme d’état s’il en est, le putsch des généraux à Alger, de multiples coups fourrés des services secrets, l’attentat contre le Rainbow Warrior de Greenpeace, un mort, terrorisme d’état à nouveau, et l’assassinat de dirigeants kanaks. En fait, l’ensemble des lois sécuritaires adoptées ces dernières années et les dispositifs de surveillance mis en place permettront au pouvoir quel qu’il soit de mener une guerre civile rampante quand il le désirera.

Enfin, au-delà de la marche au tout sécuritaire, il y a un calcul politique. François Hollande et Manuel Valls comptent sur l’état d’exception pour utiliser une nouvelle fois l’arsenal bonapartiste et se hisser, d’une certaine façon, au-dessus des partis et des institutions. Opération qui vise à neutraliser le bilan catastrophique des gouvernements depuis 2012 et à promettre au Parti Socialiste de meilleurs résultats électoraux. C’est un pari des plus hasardeux. François Hollande et Manuel Valls peuvent jouer la carte sécuritaire, appuyée sur les institutions de la cinquième république, mais dans la situation politique actuelle où les vents mauvais vont à droite et à l’extrême droite, ce sont ces forces qui risquent de profiter de cette manœuvre.

Les résistances à la prolongation de l’état d’urgence ont été très faibles dans la gauche parlementaire, mais plus importante à la base, au sein du Parti Communiste Français (PCF) par exemple, contre le vote de ses représentants, ou dans le mouvement social et syndical , l’Union Syndicale Solidaire, mais aussi la Confédération Générale du Travail (CGT).

Le moment politique présent est lourd de très grands dangers. La démocratie politique a déjà été vidée de son contenu et les assemblées élues n’ayant plus prise sur les principales décisions qui relèvent de l’Union Européenne, de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et des traités intergouvernementaux. Ce sont maintenant les libertés civiques, déjà sous contraintes, qui risquent de devenir une coque vide. Le gouvernement veut pouvoir assigner la société à résidence. Or la population n’en a pas conscience.

L’important est de lier entre eux les terrains de résistance, de manifester notre solidarité avec les victimes du terrorisme, de donner les moyens matériels, politiques et militaires de survivre et de vaincre aux peuples qui luttent pour leur liberté, et d’aider les forces progressistes et non confessionnelles qui luttent sur le terrain tout à la fois contre l’obscurantisme sanguinaire et terroriste de l’Etat Islamique et celui du régime de Bachar al Assad qui l’a tant favorisé. C’est arrêter d’engager des guerres et des bombardements, arrêter de soutenir des régimes absolutistes et promouvoir les injustices sociales et politiques au Moyen-Orient comme ailleurs.

L’état des forces progressistes en France est assez désastreux mais, en ce moment clé, des points d’appui pour résister existent, dans les sentiments de solidarité partagés au sein de la population, dans la réaction de la jeunesse et dans le refus par bon nombre d’associations et syndicats d’accepter des mesures liberticides, un régime permanent d’exception. De quoi construire un front uni en défense des libertés ici et ailleurs, du vivre ensemble et de la solidarité.

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 20:16

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2015/11/23/l-etat-devra-ameliorer-les-conditions-de-vie-dans-les-campements-de-fortune_4815883_1654200.html#xtor=AL-32280515

L’Etat devra améliorer les conditions de vie dans les campements de fortune

Fini l’insalubrité dans tous les camps de fortune ? L’Etat, qui a été condamné Lundi 23 Novembre 2015 par le conseil d'état à rendre les conditions de vie plus dignes dans la jungle de Calais, devra aussi rendre salubres tous les campements que compte le pays. « En tout cas si les conditions de vie y sont telles que les personnes peuvent être soumises à des traitements inhumains ou dégradants », rappelle Patrice Spinosi, avocat des associations et des migrants requérants.

En décidant que la jungle de Calais doit avoir plus de points d’eau et de toilettes, qu’un dispositif de collectes d’ordures doit être mis en place et que des voies carrossables doivent être aménagées, permettant l’accès des services d’urgence, le jugement en référé du conseil d'état améliorera certes la vie des quatre mille cinq cent à six mille migrants qui campent là.

Mais sa décision changera aussi le quotidien de gens du voyage ou de roms qui sont soumis à la même incurie que les réfugiés calaisiens. Lundi 23 Novembre 2015, les magistrats du conseil d'état ont rendu définitive la condamnation de l'état prononcée par le tribunal administratif de Lille, Lundi 2 Novembre 2015. L'état, qui avait fait appel de cette décision, se voit donc définitivement condamné et obligé de commencer les travaux dans les huit jours.

Saisine d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) et de migrants

A l’origine, Médecins Du Monde (MDM) et le Secours Catholique, tous deux très présents sur le site, ainsi que quatre des migrants qui vivent là, avaient saisi le juge des référés du tribunal administratif de Lille d’un référé-liberté. Ils demandaient qu’il soit ordonné à l'état, à la commune de Calais et à l’agence régionale de santé de Nord–Pas-De-Calais de mettre en œuvre un certain nombre de mesures pour « faire cesser les atteintes graves portées aux libertés fondamentales des migrants se trouvant sur le site, notamment le droit au respect de la vie et le droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants ».

Le tribunal leur avait donné partiellement raison. Le conseil d'état a bien relevé que « les autorités publiques font actuellement et continueront à faire dans les prochains mois de nombreux efforts pour l’hébergement ainsi que pour la prise en charge sociale, médicale et psychologique des personnes les plus vulnérables vivant sur le site ». Il a aussi estimé, que « le juge des référés du tribunal administratif avait eu raison de juger que des mesures de sauvegarde n’étaient pas nécessaires sur ce point ».

Ce jugement est une première. Pour Patrice Spinosi, « c’est une défaite pour le ministère de l’intérieur qui a fait appel. Pour la première fois, nous avons la condamnation de l'état à propos d’un camp de réfugiés. La plus haute juridiction administrative rappelle dans une ordonnance, qu’elle a choisi de rendre publique, que l'état ne peut manifester un désintérêt total à propos de ce qui se passe sur son territoire au point de soumettre les migrants qui vivent là à des traitements humains et dégradants », analyse l’avocat.

Une condamnation qui tombe mal

Une approche que partage le Secours Catholique, pour qui il est important que « les pouvoirs publics soient mis face à leur obligation d’assurer un accès effectif aux droits fondamentaux des gens qui vivent dans des campements », rappelle Laurent Giovannoni, le responsable du département accueil et droits des étrangers de l'association. Du côté de MDM, Jean-François Corty insiste, lui, sur le fait que « cette décision fera jurisprudence. En cela, c’est une décision historique », ajoute le médecin, responsable des missions en France de MDM.

Si l'état est condamné sur les points cités, le conseil d'état a confirmé, après le tribunal administratif, « qu’aucune carence caractérisée ne pouvait être reprochée aux autorités publiques en ce qui concerne la nutrition des personnes présentes sur le site, le centre Jules-Ferry distribue des repas, et de nombreux migrants pourvoient à leurs besoins alimentaires soit grâce aux associations présentes sur le site, soit par leurs propres moyens ». Il a confirmé aussi « qu'aucune carence caractérisée ne pouvait être reprochée à l'état en matière d’asile dans la mesure où il était déjà suffisamment fait pour la prise en charge des migrants présents sur le site au titre de l’asile, information, accompagnement des demandeurs et places en centre d’accueil ».

Pour l’heure, le ministère de l’intérieur n’a pas réagi. Mais cette condamnation tombe assez mal, alors que Bernard Cazeneuve a lancé une opération de « desserrement de Calais ». D’une part il propose aux volontaires qui veulent s’éloigner de cette frontière avec la Grande-Bretagne de bénéficier d’un hébergement, d’autre part, il répartit dans des Centres de Rétention Administrative (CRA) à travers le pays des migrants arrêtés arbitrairement, qui sont dans quatre vingt dix sept pour cent des cas libérés par des juges et qui regagnent Calais.

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 19:57

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/22/a-paris-une-manifestation-pro-migrants-se-transforme-en-defile-anti-etat-d-urgence_4815195_4809495.html#

A Paris, une manifestation pro-migrants se transforme en défilé anti-état d’urgence

Place de la Bastille, en fin de journée, Dimanche 22 Novembre 2015, il ne restait que quelques traces de ce qui aurait dû être un rassemblement. Des autocollants aux couleurs du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), quelques-uns du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) ou de l’association Droit Au Logement (DAL), jonchaient le sol. La foule de cinq cent personnes, bravant les interdits de l’état d’urgence, avait rejoint en cortège la place de la République, en dépit de l’interdiction des forces de l’ordre de quitter la colonne de juillet.

Cette marche entre la place de la Bastille et la place de la République avait été décidée de longue date, comme l’aboutissement de la signature d’une lettre commune intitulée « migrants bienvenus ». Quarante-six organisations, regroupant des syndicats, des associations et des partis politiques, devaient en être. Mais c’était avant les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 et, à fortiori, avant la mise en place de l’état d’urgence. Une fois que la préfecture a édicté son interdiction de « manifestations sur la voie publique » jusqu’au Lundi 30 Novembre 2015 à minuit, certaines organisations ont gardé leur signature au bas du texte, mais ont retiré leur appel à défiler Dimanche 22 Novembre 2015.

Leur liste exacte reste difficile à établir car de nombreux membres de ces organisations sont venus cet après-midi à titre personnel.

« Nous manifestons aujourd'hui et nous manifesterons Samedi 12 Décembre 2015 »

Dans un premier temps, quelques slogans pro-migrants ont retenti sur le parvis de l’Opéra Bastille. Une longue banderole demandant l’ouverture des frontières a été déployée. Quelques réfugiés, même, et quelques sans-papiers étaient là, heureux que leurs droits soient défendus haut et fort, sous le soleil automnal.

Une trentaine de gendarmes se sont postés, à distance, comme pour intimider les manifestants. Leur positionnement était d’autant plus étrange qu’ils se sont retrouvés non pas devant les manifestants qu’ils voulaient empêcher d’avancer, mais en queue de cortège.

D’emblée les forces de l’ordre ont donc eu un temps de retard sur des marcheurs bien décidés à rallier la place de la République. Elles semblaient pourtant sûres, quelques minutes avant que le cortège ne parte, que les manifestants se rallieraient à l’interdiction de la préfecture de police.

« Ils ont voulu discuter avec nous, essayer de nous convaincre. Franchement, c’est oublier notre détermination », s’amuse une militante d'ATTAC, à l’arrivée. « Vous croyez que nous allons nous laisser intimider après trente ans de militantisme. Nous manifestons aujourd’hui et nous manifesterons Samedi 12 Décembre 2015 », observait de son côté Irène, membre de la coalition climat vingt et un.

« C’est trop important qu’il y ait une mobilisation citoyenne et pas seulement des réunions officielles », ajoute-t-elle, satisfaite d’avoir gagné le premier round. Annie Pourre, militante du DAL, réclame, elle, avant le début de la marche « une manifestation pour le droit à manifester »

Etat d’urgence, état policier

Si les premiers slogans scandés ont porté sur l’accueil des réfugiés, très vite, la confrontation avec la gendarmerie et, les vapeurs de gaz lacrymogène aidant, les mots d’ordre se sont durcis. La « solidarité avec les réfugiés » s’est métamorphosé en un « état d’urgence, état policier, on ne nous enlèvera pas le droit de manifester ».

Les gendarmes auraient pourtant bien aimé leur ôter ce droit, mais ils n’ont jamais rattrapé leur retard initial face à des militants bien rodés. Les forces de l’ordre ont d’abord tenté en vain de les bloquer sur le parvis du boulevard Richard-Lenoir, mais le groupe leur a échappé. Comme sur une bonne partie du boulevard Beaumarchais.

Arrivés à hauteur du boulevard des Filles-du-Calvaire, les gendarmes ont alors renoncé, montant dans leurs camionnettes pour avoir au moins la consolation d’arriver place de la République avant le cortège.

Une grande cacophonie a régné sur tout le trajet où la circulation n’a été que tardivement arrêtée et seulement dans le sens où circulait ce défilé. Une semaine après la mise en place de l’état d’urgence, la première manifestation interdite s’est invitée dans une capitale encore meurtrie par les événements.

Preuve que le sondage de l'Institut Français d'Opinion Publique (IFOP) publié ce jour par le Journal du Dimanche, qui montre un accord massif de la société française aux décisions de son gouvernement, ne signifie pas pour autant une totale unanimité. Place de la République, les manifestants étaient heureux d’avoir gagné la partie. Certains ont même suggéré, profitant de leur avantage, qu’ils rejoignent le lycée Jean-Quarré, ancien squat de migrants du dix-neuvième arrondissement évacué en octobre 2015. C’est resté une blague.

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 18:32

Une israélienne et trois palestiniens tués en Cisjordanie (Reuters)

Une israélienne de vingt ans a été frappée à mort Dimanche 22 Novembre 2015 à coups de couteau par un palestinien en Cisjordanie, où trois agresseurs ont été abattus, rapporte la police israélienne.

La jeune femme été agressée près de la colonie juive d'Etzion et son assaillant a été tué, a précisé l'armée.

Auparavant, une palestinienne avait tenté de poignarder deux israéliennes à un carrefour proche de Naplouse. Un colon juif qui passait à proximité a précipité sa voiture sur la jeune femme, qui a également été touchée par les balles d'une patrouille militaire, rapportent la police et l'armée.

L'assaillante, âgée de seize ans, était originaire de Naplouse, a précisé le ministère palestinien de la santé.

Une autre attaque s'est produite à un carrefour près de Jéricho. Un palestinien a tenté de lancer son taxi contre un groupe d’israéliens. Il est ensuite sorti du véhicule, un couteau à la main, et a été abattu par un civil armé.

Dans un communiqué, l'Autorité Palestinienne accuse Israël de tuer des innocents et de déposer ensuite des couteaux près des corps pour faire croire que les victimes étaient des agresseurs.

Samedi 21 Novembre 2015, quatre israéliens ont été blessés, dont l'un grièvement, dans une attaque au couteau à Kiryat Gat, dans le sud d'Israël, a annoncé la police.

Depuis le début du mois d’octobre 2015, dix neuf israéliens et un étudiant américain ont été tués dans des attaques menées par des palestiniens. Côté palestinien, on dénombre quatre vingt trois morts, soit dans ces attaques, soit dans des affrontements avec les forces de sécurité israéliennes.

« Nous sommes confrontés à un terrorisme individuel. Ce n'est pas un terrorisme d'organisations, c'est un terrorisme individuel, principalement encouragé par les réseaux sociaux », a déclaré Dimanche 22 Novembre 2015 le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en conseil des ministres.

Le secrétaire d’état américain John Kerry quittera Dimanche 22 Novembre 2015 Washington pour une tournée au Proche-Orient qui le conduira à Tel Aviv, Jérusalem et Ramallah, a annoncé Samedi 21 Novembre 2015 le département d’état américain. Ce voyage sera consacré aux moyens de « faire cesser la violence en Israël, à Jérusalem et en Cisjordanie ».

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 18:12

http://www.theguardian.com/commentisfree/2015/nov/18/turkey-cut-islamic-state-supply-lines-erdogan-isis

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=16617

La Turquie pourrait couper les filières de ravitaillement de l’Etat Islamique

Pourquoi ne le fait-elle pas ?

Par David Graeber

Mercredi 18 Novembre 2015

Les leaders occidentaux pourraient détruire l’Etat Islamique en exigeant de Recep Tayyip Erdogan qu’il cesse ses attaques contre les forces kurdes en Syrie et en Turquie et qu’il leur permette de combattre l’Etat Islamique sur le terrain.

Au lendemain des attentats meurtriers de Paris, nous pouvons attendre des chefs d’état occidentaux qu’ils fassent ce qu’ils font toujours en de telles circonstances, déclarer une guerre totale et permanente à ceux qui les ont commandités. Ils ne le souhaitent pas vraiment. Ils ont les moyens d'éradiquer et de détruire l’État Islamique depuis plus d’un an déjà. Ils ont tout simplement refusé de se servir de ces moyens. De fait, alors que le monde entendait les dirigeants proclamer leur implacable résolution lors du sommet du G20 à Antalya, ces mêmes dirigeants fricotent avec le président Turc, Recep Tayyip Erdoğan, un homme dont la politique, les décisions économiques et même le soutien militaire contribuent ouvertement à permettre à l’Etat Islamique de perpétrer les atrocités de Paris, sans mentionner le flux incessant de leurs atrocités au Moyen-Orient même.

Comment l’Etat Islamique pourrait-il être éliminé ? Dans la région, tout le monde le sait. Il suffirait de libérer les forces principalement kurdes des unités de protection du peuple (YPG) en Syrie et de la guérilla du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Irak et en Turquie. Celles-ci sont, actuellement, les principales forces combattant l’Etat Islamique sur le terrain. Elles se sont avérées extraordinairement efficaces sur le plan militaire et s’opposent en tout à l’idéologie réactionnaire de l’Etat Islamique.

Mais au lieu de cela, les territoires contrôlés par les YPG en Syrie se retrouvent placés sous un embargo total par la Turquie et les forces du PKK subissent le bombardement incessant de l'aviation turque. Non seulement Recep Tayyip Erdoğan a fait tout ce qui était en son pouvoir pour affaiblir les seules forces s’attaquant effectivement à l’Etat Islamique, mais en plus il y a de nombreuses preuves qui permettent d’affirmer que son gouvernement aide, au moins tacitement, l’État Islamique lui-même.

Cela peut sembler outrancier de suggérer qu’un membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) comme la Turquie soutiendrait de quelque façon que ce soit une organisation qui assassine de sang-froid des citoyens occidentaux. Un peu comme si un membre de l’OTAN soutenait al Qaïda. Mais il y a des raisons de croire que le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan soutient également la branche syrienne d’al Qaida, Jahbat al Nusra, ainsi qu’un certain nombre de groupes rebelles partageant son idéologie islamiste conservatrice. L’institut pour l’étude des droits humains de l’université de Columbia a compilé une longue liste de preuves du soutien que la Turquie fournit à l’Etat Islamique en Syrie.

Et puis, il y a les positions officielles de Recep Tayyip Erdoğan. En août 2015, les YPG, revigorées par leurs victoires de Kobane et de Tal Abyad, étaient sur le point de s'emparer de Jarablus, la dernière ville que contrôlait l’Etat Islamique sur la frontière turque, que l’organisation terroriste utilisait comme point de ravitaillement, pour sa capitale Raqqa, en armes, matériel et recrues, les filières de ravitaillement de l’Etat Islamique passent directement par la Turquie.

Des observateurs avaient prédit qu’aune fois Jarablus reprise, Raqqa tomberait rapidement. Recep Tayyip Erdoğan a réagi en déclarant que Jarablus constituait une « ligne rouge », si les kurdes attaquaient, ses forces interviendraient militairement contre les YPG. Jarablus reste à ce jour aux mains des terroristes, de facto sous protection militaire turque.

Comment Recep Tayyip Erdoğan a-t-il réussi à justifier cela ?

Principalement en déclarant que ceux qui combattaient l’Etat Islamique étaient des « terroristes » eux-mêmes. Il est vrai que le PKK a par le passé mené une guérilla parfois sale contre la Turquie, dans les années 1990, ce qui l’a placé sur la liste internationale des organisations terroristes.

Cependant, ces dix dernières années, il a complètement changé de stratégie, renoncé au séparatisme et adopté une politique stricte de ne jamais s'en prendre aux civils. Le PKK est à l’origine du sauvetage de milliers de civils yézidis, menacés de génocide par l’Etat Islamique en 2014, et son organisation jumelle, les YPG, de la protection de communautés chrétiennes en Syrie aussi. Leur stratégie vise à poursuivre le dialogue de paix avec le gouvernement, tout en encourageant l’autonomie démocratique locale dans les zones kurdes sous l’égide du parti démocratique des peuples (HDP), au départ un parti politique nationaliste, qui s’est réinventé comme voix de la gauche démocratique panturque.

Ils se sont avérés extraordinairement efficaces sur le plan militaire et, en adoptant les principes d'une démocratie de base et des droits des femmes, ils s’opposent en tout point à l’idéologie réactionnaire de l’Etat Islamique.

En juin 2015, le succès du HDP dans les urnes a empêché Recep Tayyip Erdoğan d’obtenir la majorité parlementaire. La réponse de Recep Tayyip Erdoğan fut ingénieuse. Il a appelé à de nouvelles élections, déclarant qu’il allait « entrer en guerre » contre l’Etat Islamique, il a effectué une seule attaque symbolique contre eux, puis a déployé la totalité de ses forces armées contre les forces du PKK en Turquie et en Irak, tout en accusant le HDP de « soutenir des terroristes » pour leur association avec eux.

S’ensuivit une sanglante série d’attentats à la bombe, en Turquie, dans les villes de Diyarbakir, Suruc et, enfin, Ankara, des attentats attribués à l’Etat Islamique mais qui, pour quelque mystérieuse raison, ne semblaient cibler que des activistes associés au HDP. Les victimes ont signalé à de nombreuses reprises que la police empêchait les ambulances d’évacuer les blessés, ou s’attaquait même aux rescapés à coups de gaz lacrymogènes.

En conséquence, le HDP a abandonné jusqu’à la tenue de rassemblements politiques lors des semaines qui précédaient les nouvelles élections de novembre 2015 par peur de meurtres en masse et suffisamment d’électeurs du HDP ne ne sont pas allés voter pour assurer une majorité parlementaire au parti de Recep Tayyip Erdoğan.

La nature exacte de la relation entre le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan et l’Etat Islamique peut faire l’objet de débats, mais nous pouvons être certains de plusieurs choses. Si la Turquie avait établi contre les territoires de l’Etat Islamique le même genre de blocus qu’elle a mis en place sur les parties de la Syrie tenues par les kurdes, ou fait preuve envers le PKK et les YPG de la même « indifférence bienveillante » dont elle a fait preuve envers l’Etat Islamique, ce « califat » maculé de sang se serait depuis longtemps effondré et les attentats de Paris auraient peut-être pu être évités. Et si la Turquie faisait cela aujourd’hui, l’Etat Islamique s’effondrerait probablement en quelques mois. Et pourtant, a-t-on vu un seul dirigeant occidental exiger cela de Recep Tayyip Erdoğan ?

La prochaine fois que vous entendrez un de ces politiciens déclarer qu’il est nécessaire de restreindre les libertés civiles ou les droits des migrants en raison de la nécessité absolue d’une « guerre » contre le terrorisme, pensez à tout cela. Leur résolution est tout aussi « absolue » qu’elle est politiquement confortable. La Turquie, après tout, est un « allié stratégique ». Donc, après leurs déclarations, ils sont sans doute allés partager une tasse de thé amicale avec l’homme qui permet à l’Etat Islamique de continuer à exister.

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 17:29

http://www.reporterre.net/A-l-Assemblee-nationale-ces-derniers-jours-j-ai-eu-honte

« A l’assemblée nationale, ces derniers jours, j’ai eu honte »

Interview d’Isabelle Attard par Barnabé Binctin

Samedi 21 Novembre 2015

Isabelle Attard est députée « citoyenne » du Calvados. Elle a récemment quitté Europe Ecologie Les Verts (EELV) puis Nouvelle Donne. Elle est l’une des six députés à avoir voté contre la loi de prolongation de l’état d’urgence. Elle s’explique à Reporterre.

Barnabé Binctin. Pourquoi avoir voté contre la loi prolongeant l’état d’urgence ?

Isabelle Attard. Tout ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui pouvait l’être sans décréter l’état d’urgence, que ce soit les perquisitions de jour ou de nuit, les assignations ou les expulsions d’imams dangereux. C’est un problème de moyens, nous avons peu de juges en France et nous ne renouvelons pas les postes, du coup tout cela prend plus du temps. Et du coup, nous estimons qu’il faut s’en passer pour aller plus vite encore.

Barnabé Binctin. Craignez-vous des déviances sur les écoutes et la surveillance ?

Isabelle Attard. Vous savez, les écoutes sont déjà généralisées par la loi sur le renseignement. Mais j’estime que nous avions encore un minimum de justice dans notre pays jusqu’au Vendredi 13 Novembre 2015. Depuis, nous avons atteint quasiment cinq cent perquisitions en quatre jours. Qu’est-ce que cela veut dire ? Soit que nous n’avons absolument rien fait depuis le mois de janvier 2015. Soit que, depuis quelques jours, nous faisons n’importe quoi et que les perquisitions ne concernent pas seulement le terrorisme. Et cela, malheureusement, nous savons que c’est un risque. C’est très inquiétant. Depuis Vendredi 13 Novembre 2015, les services de renseignement peuvent pêcher au chalut, en eau profonde, avec des filets très larges et avec des innocents, forcément, au milieu. Mais il faut croire que tout le monde s’en fout.

Barnabé Binctin. L’état d’urgence est encadré, y a-t-il véritablement autant de risques ?

Isabelle Attard. Mais bien sûr, c’est évident. Très concrètement, l’état d’urgence signifie que nous n’avons plus besoin de la validation d’un juge pour faire une perquisition, donc nous enchaînons les perquisitions. Lisez les réactions du Syndicat de la Magistrature, des bâtonniers et d’anciens juges anti terroristes, nous sommes en train de supprimer la justice. C’est très grave. De surcroit, la loi introduit de nouvelles possibilités, notamment dans le domaine de l’internet et du numérique. Prenons l’association de la Quadrature du Net qui s’est souvent illustrée dans la défense des libertés fondamentales. Comme ils font la promotion de la cryptographie, ils peuvent être perquisitionnés demain, en l’absence de juges. On peut aller fouiller leurs ordinateurs, leurs clouds et autres, car cela ne concerne pas seulement le matériel physique.

Barnabé Binctin. Est-ce la fin de l’état de droit ?

Isabelle Attard. S’il n’y a plus de séparation des pouvoirs, vous n’avez plus la justice pour contrôler l’exécutif, c’est effectivement un danger pour la démocratie.

Barnabé Binctin. Mais nous pouvons aussi considérer que l’état d’urgence a permis l’intervention Mercredi 18 Novembre 2015 à Saint Denis, ne trouvez vous aucune justification à ce dispositif ?

Isabelle Attard. Je suis totalement favorable à cette mesure annoncée il y a une semaine. Aucun écologiste n’a d’ailleurs émis la moindre critique lorsque le président de la république a décrété l’état d’urgence. Quand c’est le chaos, nous devons effectivement nous donner les moyens d’agir très vite. Mais quand on est un responsable politique, on doit aussi réfléchir et utiliser son cerveau, non surfer sur l’émotion des gens une semaine plus tard. C’est ce que je reproche au gouvernement et au président de la république, au lieu de mettre l’émotion de côté, on tombe dans la démagogie en jouant la peur contre la peur. Le gouvernement avait tout en main pour réagir dans l’immédiateté et rassurer les français, sans prolonger l’état d’urgence. Nous ne sommes même pas encore dans la limite des douze jours. Il faut garder la tête froide, nous ne pouvons pas légiférer dans l’urgence, c’est François Hollande lui-même qui l’a dit. Là, nous apprenons que nous allons armer les policiers municipaux, sans aucune réflexion en amont, aucune étude d’impact, combien cela va-t-il coûter, est-ce efficace, qui l’a fait ailleurs, rien.

Barnabé Binctin. C’est donc la durée de cet état d’urgence qui pose problème ?

Isabelle Attard. Après le 11 septembre 2001, le Patriot Act de Georges Bush devait être temporaire. Il est toujours en vigueur, personne ne l’a démonté. Et à quoi a-t-il servi ? À mettre sur écoute le monde entier. À surveiller les écologistes et les associations citoyennes. Sûrement pas à lutter contre le terrorisme, le patron de la National Security Agency (NSA) l’a reconnu il y a peu devant le congrès. Nous serions naïfs de ne pas nous faire de souci. Chaque fois qu’il y a eu des modifications de la constitution en France, le temporaire a eu tendance à durer très longtemps. La constitution a été modifiée en 1962 pendant la guerre d’Algérie, nous avons encore la même aujourd’hui, et nous en souffrons. Honnêtement, je n’ai pas un seul exemple historique à vous donner de situation où on a voté ce genre de pouvoirs à la police et gendarmerie et où cela a bien fini, pas un seul exemple positif dans toute l’histoire de l’humanité. Ne peut-on pas en tirer les leçons ? C’est honteux. Moi, j’ai honte pour mes collègues. On nous accuse d’être irresponsables parce que nous n’avons pas voté l’état d’urgence, mais ce sont eux, les irresponsables. Je suis atterré par ce que j’ai entendu ces derniers jours à l’assemblée nationale. J’ai eu l’impression de vivre des jours totalement surréalistes.

Barnabé Binctin. N’est-ce pas l’union nationale ?

Isabelle Attard. Une union nationale au nom de quoi et pour quoi faire ? Pour lutter contre le terrorisme, oui. Mais pas pour faire n’importe quoi. Nous avons un cerveau, quand nous sommes députés, nous ne le perdons pas à l’entrée de l’assemblée nationale.

Barnabé Binctin. Et justement, que fait-on pour lutter contre l’Etat Islamique ?

Isabelle Attard. Il faut assécher son financement. Il faut de la coopération internationale à l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour les services de renseignement. Surtout, il faut en finir avec l’hypocrisie de nos relations avec les émirats arabes. Nous savons que ce sont des mécènes des pays du golfe qui financent l’Etat Islamique. Et nous, nous continuerions à accueillir sur notre sol les Émirats Arabes Unis (EAU), le Qatar et l’Arabie Saoudite, parce qu’ils ont de l’argent, dans le cadre de relations commerciales et militaires ? Tout en détournant notre regard du financement de l’Etat Islamique ? La Suède a arrêté sa coopération militaire avec l’Arabie Saoudite au mois de mars 2015. Et nous, nous faisons quoi ? J’attends une réponse claire du président de la république à ce sujet.

Barnabé Binctin. Quid d’une intervention militaire, aérienne ou au sol, en Syrie ?

Isabelle Attard. C’est l’intervention militaire américaine en Irak qui a créé l’Etat Islamique. Ce sont les prisons américaines qui ont donné naissance à l’État Islamique. Comment cautionner, alors, une intervention militaire ? Pour créer un monstre militaire pire que l’Etat Islamique ? Non, je ne suis pas d’accord avec l’intervention militaire sur place.

Barnabé Binctin. Mais, à court terme, n’y a-t-il pas besoin d’affaiblir l’Etat Islamique ?

Isabelle Attard. Il faut plus de coopération internationale, plus de moyens pour la justice, plus de juges et de magistrats. Il faut faire exister une coalition internationale, non pas pour faire la guerre, mais pour clore les relations financières avec les émirats. Et vous verrez que dans six mois, quand l’Etat Islamique aura moins d’argent pour acheter des armes, nous aurons moins d’attentats. C’est un travail collectif, mais il faut le décréter. Je suis horrifiée d’entendre des propos guerriers inutiles. Allons-nous rassurer les français en allant faire la guerre en Syrie ? C’est irresponsable et ceux qui tiennent ces propos savent très bien comment l’État Islamique est né. La gesticulation intempestive des torses bombés et va-t-en-guerre au son du « nous sommes la France et dans trois mois, c’est terminé », nous avons connu cela en 1914 et en 1939. Nous avons vu ce que cela donnait. Nous devons être honnêtes avec les gens, contre les kamikazes, nous ne pouvons rien faire, par contre, nous pouvons nous battre collectivement pour empêcher les kamikazes d’acheter des armes. Ce n’est pas utopique de dire cela. Ce n’est même pas être pacifique, c’est juste être réaliste.

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 16:41

ETAT DE DROIT CONTRE ETAT D URGENCE

Par Bernard Fischer

Le gouvernement français décidait l’interdiction de toutes les manifestations à Paris depuis Vendredi 13 Novembre 2015 et il autorisait l’organisation d’une manifestation d’union nationale Samedi 21 Novembre 2015 à Toulouse.

La situation de novembre 2015 est la suite de la situation de janvier 2015.

De plus en plus de militants et d’organisations, comme par exemple Noël Mamère, Pouria Amirshahi et Philippe Martinez, étaient Charlie en janvier 2015 et montent aujourd’hui en première ligne contre l’union nationale.

Les nouveaux attentats étaient bien évidemment évitables et ils n’étaient pas du tout souhaitables.

Nous commencions une discussion en janvier 2015 relative à ces questions et, comme d’habitude, nous n’allions pas à la fin de la discussion.

Comme d’habitude également, l’histoire et l’évolution objective de la situation, dans laquelle nous n’exercions aucune influence subjective, apportaient une réponse définitive à ces questions.

La conscience est toujours en retard par rapport à l’existence.

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 15:38

http://www.mediapart.fr/journal/france/191115/martinez-cgt-lunion-nationale-ce-n-est-jamais-bon-pour-la-democratie

http://www.filpac.cgt.fr/spip.php?article10568

Interview de Philippe Martinez, secrétaire général de la Confédération Générale du Travail (CGT) par Mathilde Goanec

Alors que l’union nationale voulue par François Hollande anesthésie les discours politiques à gauche, la CGT s’est fendue Mercredi 18 Novembre 2015 d’un communiqué critique sur la politique menée par le gouvernement depuis les attaques à Paris. Taxé d’angélisme, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, s’explique.

Mathilde Goanec. Tout d’abord, comment comprenez-vous les très rares critiques entendues depuis l’instauration de l’état d’urgence et pourquoi est-ce la CGT, un syndicat, qui tient publiquement cette position en rédigeant un communiqué très critique ?

Philippe Martinez. Il y a eu une déclaration commune d’un certain nombre de syndicats, mais nous sommes allés, c’est vrai, un peu plus loin dans notre analyse. Pourquoi nous, parce que nous nous appuyons sur notre vécu au travail et sur notre expérience comme syndicalistes, et c’est peut-être ce qui manque à d’autres. Le lien que nous avons avec les salariés nous oblige à considérer les questions sociales autour de ce sujet.

Mathilde Goanec. Mais vous ne vous bornez pas aux questions sociales, vous prenez aussi position sur l’intérêt ou pas d’aller mener une guerre plus affirmée en Syrie ?

Philippe Martinez. Nous avons une petite expérience en la matière depuis cent cinquante ans et l’analyse que nous en tirons, c’est qu’à chaque fois qu’on nous a dit qu’il fallait faire la guerre pour régler le problème, le problème se développe. Car quand on bombarde, on ne fait pas de différences entre les gens, ce sont des bombes qui tombent sur des femmes, des enfants et des hommes. Et après, on s’étonne qu’ils fuient et quittent leur pays. Je le dis souvent aux militants, en France aussi, pendant la seconde guerre mondiale, un exode a eu lieu. Donc cette position pacifiste est dans les gènes de la CGT. Nous avons toujours porté ces valeurs-là et, même si les conditions sont un peu différentes aujourd’hui, nous devons être là pour les porter.

Mathilde Goanec. Et vous ne vous sentez pas trop seuls ?

Philippe Martinez. Vous savez, à la CGT, nous sommes parfois seuls mais ce n’est pas pour cela que nous ne disons que des bêtises. Pour avoir un vrai débat, il faut des avis contradictoires. Sous cette notion d’union nationale, on a peut-être tendance à vouloir lisser les commentaires et les arguments. Ce n’est jamais bon pour la démocratie.

Mathilde Goanec. Sur la question des libertés, êtes-vous inquiet, en tant que membre du mouvement social, des restrictions possibles ?

Philippe Martinez. Nous pouvons être inquiets, oui, c’est pour cela que nous interpelons tout de suite le gouvernement. Il faut veiller à plus de sécurité et d’ailleurs nous pourrions certainement nous donner les moyens d’en faire encore plus, en termes d’effectifs. Y compris, je pense, pour les soignants. Nous avons vu l’engagement des personnels de santé, qui venaient de quitter le travail et qui y sont retournés sans se poser de question. C’est vraiment cela, à mon sens, le service public, et cela méritait sans doute plus que des remerciements au moment où il y a plein de conflits à l’hôpital. Mais oui, nous avons des craintes car une politique de sécurité et une politique sécuritaire, ce n’est pas tout à fait la même chose. Il y a le risque de pouvoir par là-même bâillonner toute forme d’expression. Or les problèmes sociaux restent entiers et exigent des mobilisations.

Mathilde Goanec. Ce qui vous inquiète, c’est qu’on ne puisse plus se rassembler ou la mise sous surveillance du corps social ?

Philippe Martinez. Les deux, il y a la surveillance individuelle, on va pouvoir bientôt écouter tout le monde et nous avions d’ailleurs déjà critiqué la loi sur le renseignement à ce sujet. Et puis nous avons peur aussi pour les libertés collectives et le droit de se rassembler et de contester. Est-ce que les salariés d’Air France, par exemple, doivent accepter les licenciements sans réagir ? Ce sont de vraies questions.

Mathilde Goanec. Vous estimez également que, pour lutter contre la radicalisation, il faut plus de social, de justice et d’égalité. C’est selon vous la principale raison de la dérive de certains français vers l’Etat Islamique ?

Philippe Martinez. Non, c’est l’une des raisons, et malheureusement, elle n’est pas évoquée. Si nous ne luttons pas contre le chômage, la précarité et l’isolement, notamment des plus jeunes, si nous les maintenons exclus du travail, nous les rejetons vers des solutions qui ne sont pas les bonnes. Nous savons bien que même s’il y a beaucoup de choses à faire pour améliorer les entreprises, rentrer dans un collectif de travail permet des échanges, une vie en société et un enrichissement collectif. Tout cela pousse à d’autres aspirations que celles d’aller se faire exploser dans une foule au nom d’une idéologie nauséabonde. L’intégration par le travail, c’est essentiel pour nous.

Mathilde Goanec. La CGT, comme le reste de la société, est traversée par des mouvements contradictoires. Comment la base militante perçoit-elle ce que vous venez de déclarer au sein du bureau confédéral ?

Philippe Martinez. Je viens de faire une assemblée de militants ce matin dans le Doubs, nous étions une centaine, je n’ai pas entendu de réactions négatives à ce communiqué. Et en même temps, c’est notre rôle aussi, plutôt que de faire comme si le problème n’existait pas, de faire réagir et de planter le décor. La pire des choses, c’est que chacun reste dans son coin avec en tête quelque chose de si traumatisant. Il ne faut pas croire, même en province, même loin de Paris, c’est traumatisant. Donc il vaut mieux clairement dire ce que nous en pensons et après nous en discutons. Cela suscite des questions, sur le racisme c’est clair qu’il y a des tensions. Mais ne pas en parler serait grave dans une organisation comme la nôtre, avec ce qu’elle pèse dans le pays.

Mathilde Goanec. Il y a eu aussi des victimes parmi la CGT ?

Philippe Martinez. Oui, une responsable d’une union locale était avec sa fille au Bataclan, et donc deux militantes de la CGT ont été tuées, un camarade de la métallurgie également. Nous sommes touchés directement, comme beaucoup de familles.

Mathilde Goanec. Enfin, sur la journée du Mercredi 2 Décembre 2015, cela reste une journée d’action sociale ou le mot d’ordre a-t-il changé ?

Philippe Martinez. C’est une journée d’action sociale. Après Air France, nous avions dit non à la violence sociale. Autour de cette affaire, dans tout le pays, il s’agit de continuer à plaider pour le progrès social. Les manifestations seront autorisées ou pas, selon les préfectures, précise le service de presse de la CGT. Nous sommes contents de constater que le pacte de stabilité pouvait être contourné, ce dogme qui paraissait si inébranlable. Eh bien, c’est le moment ou jamais, allons-y, fixons-nous des priorités. Le social en est une.

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 15:07

https://www.lepartidegauche.fr/communique/interdiction-la-manifestation-en-soutien-migrants-le-pg-prend-acte-mais-denonce-un-deni-democratie-33860

Interdiction de la manifestation en soutien aux migrants

Le Parti de Gauche prend acte mais dénonce un déni de démocratie

L’ensemble des organisations signataires de l’appel à manifester, Dimanche 22 Novembre 2015, en solidarité avec les migrants condamne l’interdiction qui frappe cette manifestation.

Après les terribles attentats qui ont endeuillé Paris, cette manifestation serait l’occasion de réaffirmer notre solidarité avec l’ensemble des victimes et participerait de la réponse aux attentats qui ont ensanglanté Paris. Les réfugiés, migrants ou sans-papiers sont aussi des victimes des guerres, des violences et de la misère qui les ont contraints à quitter leurs pays.

Parmi les organisations certaines appellent à maintenir la manifestation, d’autres, sans appeler, seront présentes place la Bastille, certaines enfin n’appellent plus à manifester.

Toutes se retrouveront dans les plus brefs délais pour envisager les suites à donner à nos mobilisations en solidarité avec l’ensemble des migrants.

Membre du collectif organisateur de la manifestation du Dimanche 22 Novembre 2015, le Parti de Gauche prend acte de l’interdiction de manifester et n’appellera pas ses militants à participer à une manifestation interdite pour ne pas les exposer à la répression.

Il dénonce néanmoins l’hypocrisie que constitue l’interdiction de toutes les manifestations, quand les activités culturelles et de loisirs, qui exposent les citoyens aux attentats au moins autant qu’une manifestation ne sont, et c’est heureux, pas interdites.

Le Parti de Gauche rappelle que les manifestations prévues ce week end, qui visaient à défendre des valeurs républicaines d’égalité et de fraternité, relèvent de mouvement de solidarité, d’expression des opinions qui permettent la cohésion sociale et participent, ainsi, de la réponse à la terreur. La démocratie, l’expression des opinions, la mobilisation sociale sont la réponse que les citoyens doivent opposer au terrorisme. La solidarité ne se divisant pas, la solidarité à l’égard des victimes du terrorisme sur notre territoire ne peut être exclusive d’une solidarité des milliers de victimes du terrorisme dans le monde.

A ce titre, le Parti de Gauche rappelle que les migrants sont des victimes et non des coupables, ils sont même les premières victimes de l'Etat Islamique. La question des migrants est donc plus que jamais d’actualité. Les migrants ne sont pas des terroristes, la fermeture des frontières n’est pas une réponse au terrorisme, a fortiori quand on sait que les responsables des attentats qui ont frappé la région parisienne Vendredi 13 Novembre 2015 sont des citoyens français et belges.

Le Parti de Gauche dénonce l’ensemble des attaques qui ont frappé, ces derniers jours, nos concitoyens musulmans ou supposés tels ainsi que les migrants. Il rappelle que les actes de terrorisme commis ces derniers mois en France sont le fait d’individus qui n’ont rien à voir avec l’islam et met en garde contre tous les amalgames.

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 14:55

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/19/pourquoi-je-voterai-contre-la-prolongation-a-3-mois-d-un-etat-d-urgence-par-pouria-amirshahi_4813055_3232.html

Pourquoi je voterai contre la prolongation à trois mois d’un état d’urgence

Par Pouria Amirshahi

Jeudi 19 Novembre 2015

Énième sursaut, régressions démocratiques, réveil des consciences, comment empêcher d’autres morts, d’autres destins brisés par des esprits aussi manipulés que résolus à tuer ? Ce qui se joue depuis janvier 2015 et novembre 2015, c’est-à-dire l’avenir de notre société, se dessine en ce moment. Sur le front extérieur comme intérieur, le président de la république a déclaré la France « en guerre ».

La source de cette « guerre » prend racine d’abord dans la géopolitique, la faillite des états, les corruptions et les bouleversements qui font le terreau de croissance des monstres comme l'Etat Islamique. Interroger cette géopolitique, c’est nous interroger nous-mêmes, français, sur les désordres du monde. C’est à cette échelle qu’il convient d’assécher immédiatement les sources de financement du groupe Etat Islamique. C’est à ce niveau que nous devrons réviser nos alliances, y compris de commerce d’armes, avec des états pour le moins ambigus si ce n’est directement impliqués dans les troubles actuels.

C’est enfin à cette échelle que doit se conduire effectivement une autre politique de reconstruction et de développement. En gros, traduire en actes une nouvelle doctrine qui pourrait se résumer ainsi, « leur développement, c’est notre sécurité ».

Il y a ensuite les fragilités françaises qui voient des jeunes français manipulés et endoctrinés sur fond de désamour avec la république, devenir assassins et haineux de leur propre pays. Encore ultra-minoritaires, ils croissent et se radicalisent. Il faudra bien très vite sortir des discours de tribune parlant de nos banlieues pour mettre, dès maintenant, autant de créations de postes nouveaux pour les politiques publiques de la ville, de l’action sociale et de l’éducation que nous en mettons dans la police et l’armée, sans regarder jamais à la dépense, comme si c’était plus important.

Mais pour l’heure, il convient pour le parlement de se prononcer Jeudi 19 Novembre 2015, sur la prolongation pour trois mois de l’état d’urgence, c’est-à-dire d’une « loi d’exception », dont le premier ministre avait pourtant dit le 13 janvier 2014 qu’elle n’était pas compatible avec l’esprit de notre république. Le projet du gouvernement, déposé avant même le terme des douze jours légalement prévus et entamés Vendredi 13 Novembre 2015, entend renforcer les capacités coercitives de l’administration et des pouvoirs de police et durcir les conditions de détention des personnes suspectées prévues depuis 1955. C’est dans la précipitation que les législateurs vont délibérer d’une restriction sévère de nos libertés publiques, de nos loisirs et sorties, de nos manifestations de solidarité et de notre droit à nous réunir. Conformément à la loi de 1955, ces restrictions pourront intervenir à tout moment, à titre permanent le cas échéant, sur décision du préfet.

Celles et ceux qui assument que les libertés puissent ou doivent passer au second plan d’une sécurité première ont le mérite de la cohérence. Vieux débat qui traverse la France depuis 1789. Mais pour celles et ceux qui, nombreux dans les paroles, ont affirmé avec force que la démocratie ne gagnera qu’en étant elle-même, en ne rognant pas un pouce de droit ni de liberté, il y a une grave contradiction à défendre aujourd’hui l’inverse dans la loi. Est-ce assumer notre démocratie que d’interdire potentiellement des manifestations citoyennes ? Est-ce faire preuve d’audace que d’interdire des réunions publiques au moment où les français ont besoin de parler et de se parler pour comprendre ?

Plus que jamais nous avons besoin que la société mobilisée se mette en mouvement, pour faire vivre la démocratie bien sûr, mais aussi pour entraîner les citoyens contre les dérèglements du monde et les fanatismes monstrueux qu’ils engendrent. On n’assigne pas une société à résidence.

Bien entendu la république doit être en capacité de se défendre. Contrairement à ce qui est affirmé par les tenants d’un virage néo conservateur, nous disposons d’un arsenal judiciaire et répressif très dense, révisé plus de onze fois en dix ans. Sait-on par exemple que les investigations qui ont conduit aux opérations de police Mercredi 18 Novembre 2015 à Saint-Denis ont été menées indépendamment de l’état d’urgence, dans un strict cadre judiciaire et d’enquête pénale ? « Oui, mais demain, après-demain, comment faire », entend-on parfois du côté de ceux que l’uniforme rassure, même s’ils sont lucides sur l’effet peu persuasif des dispositions de sécurité de rue sur des terroristes déterminés jusqu’à se faire sauter.

En premier lieu, il convient d’appliquer le code de procédure pénale qui autorise déjà, dans le cadre de la lutte antiterroriste, le recours à des perquisitions de nuit, mais également l’utilisation de techniques d’enquêtes spéciales que ne permet pas l’état d’urgence, écoutes, micros et surveillances. La chancellerie a d’ailleurs déjà ordonné que les affaires de terrorisme soient prioritaires.

Ensuite, il est temps de changer de stratégie de sécurité, par exemple en déployant quelques milliers de policiers et gendarmes aujourd’hui affectés au peu efficace plan Vigipirate, qui de l’avis de tous les spécialistes vise d’abord à rassurer le quidam, vers des investigations, des enquêtes et des filatures. Ce qu’apprécieront juges et policiers, renforcera notre efficacité, et donnera des preuves aux citoyens.

Les actions de justice et de police ont montré que le besoin prioritaire de moyens et de coordination entre services était plus important sans doute que les dispositifs exorbitants de droit commun accordés aux services de sécurité que constituent par exemple la dernière loi renseignement ou une durée anormalement longue d’un état d’urgence.

Il est enfin un obstacle majeur à mon approbation d’une prolongation pour trois mois, durée d’ailleurs aussi arbitraire qu’inexpliquée par le gouvernement, l’empressement d’une modification constitutionnelle, de notre loi fondamentale, alors même que le chef des armées vient de nous déclarer « en guerre » et que la France sera en état d’urgence.

Pas une démocratie moderne ne modifie ses règles les plus précieuses en période où prime la possibilité de dérogation à ces mêmes règles. Sans même entrer dans le contenu des modifications envisagées, dont certaines sont la reprise des vieilles revendications du bloc réactionnaire, déchéance de nationalité et présomption de légitime défense, c’est-à-dire permis de tuer, des policiers, on ne saurait, en pleine conscience républicaine, accepter de procéder à ces modifications substantielles de droit fondamental en pleine application d’une loi d’exception.

Cette dernière exigence de séparation des temps de notre démocratie ayant été refusée par le premier ministre, je voterai contre la prolongation à trois mois d’un état d’urgence qui va au-delà des pouvoirs administratifs exceptionnels et s’appliquera sans contrôle démocratique véritable.

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