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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 16:35

http://www.lesinrocks.com/2016/04/10/actualite/nuit-debout-reflechit-a-avenir-11818730

Le mouvement Nuit Debout réfléchit à son avenir

A l’issue de la sixième journée de manifestation contre le projet de réforme du code du travail, le mouvement Nuit Debout a débattu de son avenir au cours d’un meeting à ciel ouvert. Frédéric Lordon et François Ruffin, les deux têtes d’affiches de la mobilisation, ont échangé leurs solutions pour que Nuit Debout prenne de l’ampleur.

Le message a refroidi une assemblée déjà frigorifiée. Vendredi 8 Avril 2016, sur la place de la République à Paris, le mouvement Nuit Debout fête sa neuvième soirée d’existence et les orateurs se succèdent à la tribune. A 21 heures, un intervenant vient doucher l’optimisme ambiant en citant un discours tenu par le philosophe Slavoj Žižek en octobre 2011 à New York au moment de l’apogée du mouvement Occupy Wall Street, « il y a un danger », déclarait alors Slavoj Žižek. « Ne tombez pas amoureux de vous-mêmes. Nous passons un bon moment ici. Mais rappelez-vous, les carnavals ne coûtent pas très cher. Ce qui compte, c’est le lendemain, lorsque nous serons tous retournés à nos vies quotidiennes. Est-ce que quelque chose aura changé ? Nous savons ce que nous ne voulons pas. Mais que voulons-nous ? Quelle organisation sociale pourrait remplacer le capitalisme ? Quel genre de nouveaux dirigeants voulons-nous ».

Si Nuit Debout est une expérimentation politique inédite en France, elle a des allures de mythe de Sisyphe. Chaque matin, le village à ciel ouvert de la place de la République est déconstruit puis reconstruit au coucher du soleil. De la même manière, le mouvement semble redéfinir quotidiennement ses objectifs de lutte. De nombreuses commissions ont vu le jour et des centaines de débats ont eu lieu, mais le mouvement Nuit Debout, soucieux de conserver son indépendance, n’est pas encore parvenu à opérer la jonction avec le milieu syndical.

François Ruffin exhorte le mouvement à s’allier aux syndicats

Samedi 9 Avril 2016, lors de la grande journée de manifestation contre la loi de Myriam el Khomri, aucun syndicat ou presque n’a distribué de tracts appelant à rejoindre la place de la République après la mobilisation contrairement à la journée du Jeudi 31 Mars 2016 qui avait vu naître la première Nuit Debout. Son inspirateur, François Ruffin, le génial réalisateur de Merci Patron, connaît trop bien la mécanique sociale pour l’ignorer.

Quand il prend la parole lors du meeting du mouvement Nuit Debout en fin de journée, le rédacteur en chef de la revue Fakir a les mains qui tremblent.

Il est conscient des enjeux immenses qui attendent le mouvement. Vêtu de son traditionnel t-shirt blanc « i love Bernard Arnaud », François Ruffin avertit ses camarades, « nous ne faisons pas encore peur au gouvernement, il faut franchir une seconde étape pour cela ». Et d’appeler le mouvement Nuit Debout à s’allier aux forces syndicales, « je le dis aux syndicats, ne snobez pas ce qui se passe ici et inversement. La victoire ne se fera qu’à ce prix ».

Pour Frédéric Lordon, la grève générale est la condition

Derrière lui, Frédéric Lordon, l’autre visage du mouvement, écoute attentivement puis relit ses notes. Cet intellectuel discret est devenu malgré lui, l’autre incarnation du mouvement Nuit Debout. Engoncé dans un long manteau noir, Frédéric Lordon adopte un ton grave lorsqu’il se saisit du micro, « si tout commence avec les places, rien n’y finit. Il faut se souvenir de ce qui nous a jetés dans la rue en première instance, c’est la loi de Myriam el Khomri ».

Pour le tribun des noctambules, le mouvement Nuit Debout « a besoin d’objectifs et de victoires intermédiaires ». Le retrait du projet de loi travail en est un mais la mobilisation ne peut s’arrêter là.

« Si vraiment notre mouvement a des ambitions de cette ampleur, il va falloir se doter des moyens adéquats. Et pour ma part, je n’en vois qu’un, la grève générale », déclare t-il sous un tonnerre d’applaudissements.

« Je ne lance pas un appel, je n’en ai pas le pouvoir ni la légitimité mais j’énonce une condition », explique Frédéric Lordon. « La condition du renversement de la loi mais aussi du monde de Myriam el Khomri. Nous savons bien que les grèves générales ne se décrètent pas d’un claquement de doigt mais peut-être pouvons nous aider à y basculer ».

Devant l’enthousiasme de la foule, Frédéric Lordon se fait lyrique, « il faut bloquer pour que tout se débloque. Il y avait trop longtemps que cela craquait de partout. On ne tient pas éternellement une société avec BFM, de la flicaille et du Lexomil. Il vient fatalement un moment où les têtes se redressent et redécouvrent pour leur propre compte l’immémorialité de l’insoumission et de l’affranchissement. Ce moment, c’est le nôtre. Ce moment, c’est maintenant ».

Alors que la foule scande « bravo » ou des « Lordon président », l’intellectuel s’échappe discrètement. L’assemblée générale des anonymes doit reprendre ses droits.

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 16:18

Nuit Debout en question après des débordements à Paris (Reuters)

Des voix commencent à s'élever, à droite et à gauche, pour demander la dissolution de Nuit Debout, un mouvement né le Jeudi 31 Mars 2016 à Paris qui essaime dans toute la France et dont la dixième édition, dans la nuit du Samedi 9 Avril au Dimanche 10 Avril 2016, a été marquée par des violences dans la capitale.

L'ancien premier ministre François Fillon, candidat à l'investiture à droite pour les élections présidentielles de 2017, a jugé que la poursuite de Nuit Debout, qui dépasse désormais la seule opposition au projet de réforme du code du travail, « n'était pas compatible avec l'état d'urgence ».

François Vauglin, maire socialiste du onzième arrondissement de Paris, où se déroule la Nuit Debout parisienne, s'est prononcé pour sa part sur BFM TV pour l'évacuation de la place de la République.

Huit personnes ont été interpellées dans la nuit du Samedi 9 Avril au Dimanche 10 Avril 2016 à Paris pour des dégradations et des jets de projectiles à la suite d'une série de débordements, à tel point qu'un responsable de la Nuit Debout, place de la République, a demandé le concours de la police pour assurer la sécurité du site, a précisé la préfecture de police dans un communiqué.

Trois cents à quatre cent personnes ont tenté en outre Samedi 9 Avril 2016 de se rendre au domicile privé du premier ministre Manuel Valls, dans le onzième arrondissement de Paris, alors qu'il se trouvait en visite en Algérie.

Elles ont été bloquées par les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

« Ce qui est préoccupant, c'est de voir des groupes d'extrémistes violents se mêler à des personnes qui ne sont pas sur cette ligne-là », a déclaré sur BFM TV le préfet de police Michel Cadot, qui s'inquiète de la multiplication des dérapages.

Tremblez bourgeois

Des pierres ont été jetées sur la façade du commissariat du onzième arrondissement et deux véhicules de police ont été fortement endommagés, indique la préfecture de police.

Des casseurs s'en sont pris à six agences bancaires, boulevard Voltaire, à une agence d'intérim et à une agence de mutuelle, des vitrines ont été brisées, des distributeurs automatiques de billets ont été dégradés et des slogans tels que « tremblez bourgeois, le peuple n'a plus peur » ont été tagués.

Selon la préfecture de police, des manifestants sont parvenus à s'introduire dans trois banques. Une Autolib a ensuite été incendiée près de la place de la République et les forces de l'ordre ont été la cible de jets de pierre dans ce secteur.

« Il va falloir commencer à réfléchir à l'évacuation de cette place », a déclaré François Vauglin sur BFM TV. Le mouvement de la Nuit Debout est soutenu par la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo.

François Fillon, qui a dit « comprendre la colère des gens de gauche », s'est déclaré « profondément choqué que d'un côté on ait l'état d'urgence, dont on nous explique qu'il est absolument indispensable et qu'il faut le prolonger pendant des années, et que de l'autre côté on tolère ce type de rassemblements. C'est un mouvement qui n'est pas compatible avec l'état d'urgence. Il faut savoir ce qu'on veut, il y a des manifestations qui ont été interdites parce qu'elles gênaient le gouvernement, au nom de l'état d'urgence, là je vois qu'en l'occurrence on n'y touche pas », a-t-il ajouté.

Ils doivent être entendus

L'une de ses concurrentes pour l'investiture présidentielle, Nathalie Kosciusko-Morizet, estime au contraire dans le Journal du Dimanche « qu’il faut aller sur la place de la République. La droite et la gauche se trompent sur ce mouvement, c'est une génération qui se pose des questions ».

La ministre de l’environnement Ségolène Royal a défendu Dimanche 10 Avril 2016 l'initiative « de jeunes très paisibles et constructifs » lui rappelant son concept de démocratie participative.

« Il ne faut pas tout mélanger. Il y a une partie de jeunes qui viennent pour casser, ceux-là ils n'ont rien à faire place de la République, il y a une partie de jeunes bienveillants qui viennent là pour se parler, s'expliquer et partager, ceux-là ils doivent être respectés et entendus », a-t-elle dit.

« Il doit y avoir un débouché législatif qui leur donne satisfaction au sens où il faut leur donner un désir d'avenir », a-t-elle poursuivi, en évoquant le projet de loi travail.

Manuel Valls reçoit Lundi 11 Avril 2016 les organisations de jeunesse pour leur formuler une série de propositions.

Le Front National a demandé Dimanche 10 Avril 2016 au chef du gouvernement de retirer le projet de loi travail et de « faire respecter l'ordre républicain dans les rues de France. Les milices d'extrême gauche qui sèment régulièrement le chaos dans nos villes bénéficient manifestement de la part du premier ministre Manuel Valls d'une forme évidente de complaisance », peut-on lire dans un communiqué.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 19:10

La Grèce scelle la vente du port du Pirée au chinois Cosco (Reuters)

La Grèce a scellé Vendredi 8 Avril 2016 la vente du port du Pirée à l'armateur chinois Cosco Shipping Corporation, ce qui représente sa deuxième grande privatisation depuis la fin de l'année dernière.

Le processus de cession avait été suspendu après la victoire du parti de gauche SYRIZA aux élections législatives du mois de janvier 2015.

Il a ensuite été relancé dans le cadre du troisième plan d'aide international, de quatre vingt six milliards d'euros, mis sur pied au mois d'août 2015.

Des dockers, craignant pour leurs postes, ont défilé dans les rues d'Athènes Vendredi 8 Avril 2016 pour protester contre la vente, un mouvement qui a entraîné la fermeture de terminaux de conteneurs.

De légères échauffourées ont éclaté entre forces de l'ordre et certains manifestants.

Xu Lirong, le président de Cosco, Alexis Tsipras, le premier ministre grec issu de SYRIZA, et le directeur de l'agence des privatisations (HRADF) ont signé à Athènes le contrat de vente de trois cent soixante huit millions cinq cent mille euros.

Selon les termes du contrat, Cosco achètera cinquante t un pour cent du port du Pirée moyennant deux cent quatre vingt millions cinq cent mille euros, puis seize pour cent au prix de quatre vingt huit millions d'euros cinq ans après, en fonction des investissements obligatoires qui doivent être réalisés.

Cosco est l'opérateur de l'un des terminaux du port depuis 2009. Le groupe investit deux cent trente millions d'euros pour y construire un deuxième terminal.

Le ministre grec de l'économie, George Stathakis, a estimé cette semaine que l'objectif initial de cinquante milliards d'euros de recettes de privatisations était irréaliste et précisé que le gouvernement d'Alexis Tsipras visait désormais un montant de quinze milliards d'euros, en admettant que le produit final pourrait être encore inférieur.

Au mois de décembre 2015, l'opérateur aéroportuaire allemand Fraport a signé un accord d'un milliard deux cent millions d'euros portant sur la location et l'exploitation de quatorze aéroports régionaux grecs.

Au mois de janvier 2016, l'agence des privatisations grecques a par ailleurs annoncé avoir signé un accord de quatre cent millions d'euros avec le fonds d'investissement Jermyn Street Real Estate Fund pour la vente d'Astir Palace, un complexe touristique de luxe situé près d'Athènes.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 18:52

http://www.elmundo.es/espana/2016/04/08/57079c32e2704e88658b459a.html

Les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement

Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et Ciudadanos disent que « les dernières propositions de Podemos sont des ruses pour rompre les négociations »

Le porte-parole socialiste au congrès accuse Pablo Iglesias de « fermer la porte à un gouvernement de changement » et le numéro deux de Ciudadanos regrette que « les thèses immobilistes ont triomphé » dans la formation violette.

Podemos demande à ses militants s’ils sont d’accord pour soutenir un « gouvernement basé sur le pacte entre Albert Rivera et Pedro Sanchez »

Le PSOE et Ciudadanos ont critiqué Vendredi 8 Avril 2016 l'attitude du leader de Podemos, Pablo Iglesias, qui a considéré que les négociations entre les trois formations pour former un gouvernement étaient rompues, avant même que le PSOE et Ciudadanos répondent à ses propositions. Les portes paroles des deux formations considèrent que les propositions du secrétaire général de Podemos dans la réunion n’étaient pas de véritables propositions, mais « une ruse pour casser » l'accord entre le PSOE et la formation orange.

Le porte-parole du PSOE au congrès, Antonio Hernando, a accusé Podemos de « fermer la porte à un gouvernement de changement » et de ne pas vouloir négocier. « Il n’a jamais quitté la porte de sortie. Tout a été un artifice », a-t-il résumé.

Antonio Hernando a dit qu’il a été « surpris et indigné » par la conférence de presse du secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias, dont l'attitude n’a été « ni honnête, ni sincère ».

Le leader socialiste a critiqué le document que Podemos a présenté Jeudi 7 Avril 2016, en particulier le dix neuvième point qui reconnaît le droit de décider et le vingtième point pour un gouvernement de coalition des partis de gauche sans Ciudadanos.

À son avis, en proposant la convocation d’un référendum interne, Podemos a montré qu’il ne voulait pas négocier un accord. « Pablo Iglesias a agité un chiffon », a-t-il dit. « Il se moque », a-t-il dit, « de notre opinion sur le document qu'il a mis sur la table et, lorsque nous avons étudié le document, il a considéré que les négociations étaient rompues ».

Les socialistes disent qu'ils vont continuer à travailler et à faire ce qu'il faut pour un gouvernement de changement. Mais ils sont conscients que les options ouvertes sont maintenant pratiquement impossibles. Antonio Hernando a comparé l'attitude de Podemos avec celle du Parti Populaire. Comme il l’a dit, « Pablo Iglesias vit mieux avec Mariano Rajoy comme premier ministre et contre Pedro Sanchez et le PSOE ».

Le secrétaire général de Ciudadanos, José Manuel Villegas, a constaté que « nous sommes allés à la réunion avec un document de rupture. Il y a eu un moment un débat à l’intérieur de Podemos pour ou contre les négociations, mais ce sont les thèses immobilistes qui ont triomphé », a-t-il déploré.

Ciudadanos, à partir de maintenant, va essayer de convaincre le Parti Populaire de faire un accord avec le PSOE et Ciudadanos, comme ils l'ont déjà fait avec le parti nationaliste basque (PNV), Podemos et Compromís pour discuter d’un accord avec ces deux partis. « L'invitation que nous lui avons faite par écrit il y a un mois est toujours en vigueur », a déclaré José Manuel Villegas, « nous espérons qu’il sera enfin prêt à parler et à négocier ».

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 16:12

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/04/09/la-gauche-hesitante-face-a-nuit-debout_4899109_823448.html#xtor=AL-32280515

La gauche gouvernementale hésitante face à la Nuit Debout

Par Sylvia Zappi, Raphaëlle Besse Desmoulières et Nicolas Chapuis

Certains y voient une petite lueur dans le ciel de la gauche, d’autres pressentent les nuages qui s’amoncellent. Le mouvement de la Nuit Debout, parti de la place de la République, à Paris, devait s’étendre à l’ensemble de la France, Samedi 9 Avril 2016. Dans la foulée des manifestations contre la loi travail prévue dans l’après-midi, près d’une cinquantaine de rassemblements nocturnes étaient attendus à travers le pays.

Après plusieurs métropoles régionales, c’est au tour de villes moins grandes, Niort, Angoulême, Valence, Toulon, Dijon et Besançon, d’être gagnées par ce mouvement d’inspiration anticapitaliste, qui rejette la politique du gouvernement. Le concept fait même tâche d’huile en Europe, des rassemblements sont prévus en Belgique, en Espagne et en Allemagne. Né de la contestation contre le projet de loi de Myriam el Khomri, il dépasse désormais ce cadre. Les participants sont invités à prendre la parole au cours d’assemblées générales sans fin, avec délibérations collectives et votes innombrables à la clé.

Les socialistes surveillent avec attention ces rassemblements, qui leur sont profondément hostiles. « Difficile de savoir sur quoi tout ça va déboucher, il faudra voir comment cette gauche activiste rentre dans l’atmosphère des élections présidentielles et législatives », explique Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti Socialiste. Dans la majorité, on se garde pourtant de critiquer, conscient que parmi les veilleurs nocturnes se trouvent de nombreux électeurs déçus de François Hollande.

« Tout le monde est là »

A la gauche du Parti Socialiste, on regarde s’installer le mouvement avec intérêt, voire envie. « Je trouve cela politique et poétique, il est bienvenu que de se réapproprier l’espace public totalement tenu par l’idéologie de l’ordre du fait de l'état d’urgence », explique Pouria Amirshahi, député des français de l’étranger, qui a récemment quitté le Parti Socialiste. Nombreux sont ceux qui sont allés faire un tour sur place, comme le fondateur du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, le porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot, ou le secrétaire national du Parti Communiste Français (PCF), Pierre Laurent.

Le plus souvent sans prévenir de leur venue pour ne pas être accusés de récupération politique. Pour David Cormand, qui vient de reprendre les rênes d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) après le départ d’Emmanuelle Cosse, « c’est le premier truc intéressant qui se passe depuis longtemps. Il fait prendre conscience que les corps intermédiaires, syndicats et partis politiques, sont has been ».

Le nouveau patron d’EELV n’est pas tombé des nues, Jeudi 31 Mars 2016, lors de la première Nuit Debout. L’un des porte-parole du parti, Julien Bayou, était dans le coup depuis des semaines. Cette figure de Jeudi Noir était en effet le 23 février 2016 à la bourse du travail de Paris quand François Ruffin, le réalisateur du documentaire Merci Patron, a lancé l’initiative. Julien Bayou y voit « un goût prononcé pour les assemblées radicales et les prises de parole, quitte à frôler la caricature avec un vote sur les votes ». L’absence de revendications établies, qui débordent le cadre du projet de loi travail, ne le dérange pas. « Non seulement on ne sait pas ce qu’on veut mais en plus on en est fiers », s’amuse-t-il. Son rôle dans tout cela ? « Il y a certains qui sont en soutien et d’autres qui rêvent d’être récupérés », répond le jeune homme. Un petit tacle à Jean-Luc Mélenchon qui, Dimanche 3 Avril 2016, a expliqué qu’il serait « très fier » que le mouvement le « récupère ».

S'étendre aux périphéries

Depuis l’éclosion de Podemos, en 2014 en Espagne, parti né du mouvement des indignés madrilènes qui campaient sur la Puerta del Sol, l’ancien candidat à la présidentielle scrute avec attention ce qui se passe de l’autre côté de la frontière. Les cadres du Parti de Gauche n’ont pourtant pas saisi dès le départ ce qui se jouait place de la République, selon Leïla Chaïbi, une ancienne dirigeante de la formation, toujours membre du Parti de Gauche.

Egalement militante de Jeudi Noir, elle a été contactée dès le départ par François Ruffin pour faire profiter de son expérience. « Je n’y allais surtout pas avec ma casquette politique », précise-t-elle d’emblée. Rapidement, elle a tenté d’alerter ses camarades du Parti de Gauche, qui ont mis un certain temps à réagir. « Moi, je prenais mon pied depuis plusieurs semaines. J’avais dit aux cadres du Parti de Gauche qu’il se passait un truc. Certains sont venus en regardant ça comme un truc d'autonomes car cela ne venait pas d’eux et sortait des schémas habituels. Ils restaient bloqués sur le site de la candidature de Jean Luc Mélenchon. Maintenant que cela marche, tout le monde est là ».

Dans ce mouvement sans leader et où chacun parle en son nom, Leïla Chaïbi note « la méfiance d’une récupération politique ». Marie-Pierre Vieu, membre de la direction du PCF, en est consciente. « C’est naturel et on ne doit pas le vivre comme un obstacle », souligne-t-elle.

La dirigeante communiste juge que ce mouvement « revitalise le débat démocratique », ajoutant que « la question, maintenant, est de savoir comment la Nuit Debout peut contribuer à ce qu’on travaille la perspective politique ». Une interrogation qui n’est pas près de trouver une réponse, tant les participants à la Nuit Debout sont, pour l’heure et dans leur majorité, hostiles à trouver un débouché politique à ce mouvement.

Avant d’entrer dans des considérations électorales, certains militants aimeraient que le mouvement, jusque-là très urbain, s’étende aux zones rurales et aux périphéries des villes. Le mot d’ordre Banlieues Debout est apparu depuis quelques jours sur twitter, en provenance de Montreuil, où un appel a été lancé. Mais ils n’étaient pas très nombreux à avoir répondu présent Vendredi 8 Avril 2016 place Jean-Jaurès à Montreuil. « Le mouvement est encore très parisien », explique Almamy Kanoute, porte-parole du collectif Emergence. « Pour que cela prenne en banlieue, il faut que cela parte non pas des militants politiques, mais des citoyens lambda, et il faut décentrer de Paris vers la périphérie ». Pour l’instant, les initiatives restent marginales. Pour la Nuit Debout, le défi, avant d’être politique, est surtout de sortir de l’entre-soi sociologique.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 13:26

http://www.france-palestine.org/Boycott-des-produits-israeliens-la-CEDH-saisie

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/04/08/boycott-des-produits-israeliens-la-cedh-saisie_4898757_1653578.html

Boycott des produits israéliens, la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) saisie

Par Jean-Baptiste Jacquin

Vendredi 8 Avril 2016

L’appel au boycott de produits israéliens va-t-il rester illégal en France ? Le débat resurgit six mois après les deux arrêts de la cour de cassation qui avaient tranché la question, provoquant un certain émoi. Six personnes condamnées pour avoir, le 26 septembre 2009 pour les unes et le 22 mai 2010 pour les autres, participé à une manifestation dans un magasin Carrefour à Illzach, près de Mulhouse, « appelant au boycott des produits en provenance d’Israël » viennent de déposer des recours auprès de la CEDH. Dans ses décisions du 20 octobre 2015, la plus haute juridiction française a considéré que ces actions étaient constitutives du délit de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race, ou une religion déterminée ». Elle a confirmé les amendes prononcées par la cour d’appel de Colmar contre ces militants du mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS), qui mène des actions dans le monde entier pour contester la politique de l'état d’Israël à l’égard des territoires occupés.

Pour Antoine Comte, l’avocat du BDS qui a introduit ces recours devant la CEDH, la décision de la cour de cassation viole le dixième article de la convention européenne des droits de l’homme sur la liberté d’expression. Il souligne que ces appels au boycott visent des produits et non des personnes et qu’ils font partie « d'une critique pacifique de la politique d’un état relevant du libre jeu du débat politique, au cœur de la notion de société démocratique ».

Circulaire de 2010

Quelle position la France va-t-elle adopter devant la CEDH ? La question se pose alors que le ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, a pris position, du temps où il était président de la commission des lois de l'assemblée nationale, contre cette jurisprudence. Dans une lettre adressée le 20 novembre 2015 à Christiane Taubira, alors garde des sceaux, Jean Jacques Urvoas écrivait notamment que « l'incitation à punir ce militantisme constitue une atteinte à la démocratie et aux libertés fondamentales, telles que la liberté d’expression, qui ne doivent faire l’objet de limitations qu’en cas de déclarations ou de faits inacceptables et contraires aux valeurs républicaines ». Dans le cas présent, aucune dégradation, aucune entrave au fonctionnement du magasin Carrefour, qui n’a d’ailleurs pas porté plainte, et aucun propos antisémite n'a été relevé lors des manifestations incriminées. Il est arrivé que de tels délits soient constatés lors d’autres manifestations organisées par le BDS ou d’autres mouvements pro-palestiniens et soient dûment sanctionnés.

Mais la France a décidé depuis 2010, alors que Michèle Alliot-Marie était ministre de la justice du gouvernement de François Fillon, de poursuivre systématiquement et spécifiquement les appels au boycott de produits israéliens. « Il est impératif d’assurer de la part du ministère public une réponse cohérente et ferme à ces agissements », précisait ainsi une circulaire adressée à l’ensemble des procureurs généraux.

C’est notamment pour demander à la garde des sceaux d’abroger cette circulaire que le président de la commission des lois a pris la plume au mois de novembre 2015. Devenu ministre, Jean Jacques Urvoas ne semble pas pressé de s’exprimer sur le sujet. « Aucun commentaire », nous répond sa porte-parole. Dans cette lettre que le Monde a pu consulter, le député du Finistère citait d’autres arguments en faveur de l’abrogation. Notamment le fait que dix-sept pays de l’Union Européenne, « conformément aux lignes directrices des relations entre l'Union Européenne et Israël, déconseillent aux entreprises de leurs pays de se livrer à des échanges commerciaux avec les entreprises israéliennes installées dans les territoires occupés ».

Hésitations et contradictions

Une autre série d’arguments seront débattus devant la cour de Strasbourg. L’avocat du BDS estime que la France viole le septième article de la convention européenne des droits de l’homme, selon lequel « nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui, au moment où elle a été commise, ne constituait pas une infraction d’après le droit national ou international ». Pour Antoine Comte, tel n’est pas le cas au regard des hésitations et contradictions, relaxes et condamnations, entre les décisions judiciaires de différents tribunaux correctionnels et cours d’appel qui ont été saisis de ce type d’affaires depuis cinq ans. « La cour de cassation a pris des décisions tranchées qui restreignent des libertés fondamentales alors qu’un débat est en cours depuis de nombreuses années et divise en profondeur l’opinion française ». L’écart entre l’analyse exposée par Jean Jacques Urvoas dans sa lettre et les propos de Manuel Valls, qui a effectué au mois de mars 2016 un parallèle entre antisionisme et antisémitisme, témoigne de ces divergences.

Les questions posées à la CEDH, si elles sont considérées recevables, ne seront pas tranchées avant 2017. D’ici là, c’est la jurisprudence de la cour de cassation qui s’impose. Le ministère de l’intérieur a manifestement choisi de l’appliquer avec zèle. La préfecture de police de Paris a par exemple autorisé le 15 février 2016 une manifestation du Parti Communiste Français (PCF) devant la mairie de Paris en prenant soin de spécifier « qu'il est interdit par paroles, écrits, dessins, images et tout autre moyen d’expression d’appeler au boycott des produits israéliens ». Et de préciser que « toute personne enfreignant cette interdiction sera interpellée ».

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 17:49

http://www.midilibre.fr/2016/04/07/une-nuit-debout-pour-rever-un-nouveau-monde,1313431.php

Toulouse, Montpellier, Nîmes et Alès, une Nuit Debout pour un nouveau monde

Par Caroline Froelig

Reportage en immersion à Toulouse, qui a déjà rallié ce mouvement lancé au niveau national. Mouvement qui devrait être rejoint par Montpellier, Nîmes, Alès, Florac et Perpignan, Samedi 9 Avril 2016.

Rêve général, le slogan, qui semble tout droit débarqué de mai 68, est tracé sur une borne de la place du Capitole, à Toulouse. Sur les pavés, d'autres mots sont esquissés à la craie. Indiquant, Mercredi 6 Avril 2016, un très sérieux « atelier constituant ». Entre Léon, David et quelques autres, il est question de vote blanc et de système représentatif. Leur réflexion voisine un « atelier apéritif » et un « atelier de déconstruction mentale ».

Les participants, une vingtaine d'années pour la plupart, se sont assis, souvent une bière à la main, attentifs, et ils s'expriment calmement, les uns après les autres. Ils sont deux cent en ce début de soirée. Un chiffre qui va grimper avec la nuit. La veille, au plus fort, ils étaient entre cinq cent et sept cent à se mobiliser pour protester contre la politique actuelle dans son ensemble. A l'origine de ce mouvement, la sortie du documentaire Merci Patron dénonçant le système du groupe Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) devenu en quelques jours symbole d'une lutte sociale.

Changer le monde

« Nous ne demandons plus la permission. C'est le pouvoir au peuple », lance au micro, quelques minutes plus tôt, un jeune homme, lors de l'assemblée générale qui débute chaque Nuit Debout. Beaucoup parlent et applaudissent sans bruit avec des gestes des mains, puis ils passent à cette réflexion en atelier. Avec une volonté affirmée d'organiser et de construire. Car c'est très sérieusement que ces centaines de jeunes gens entendent changer le monde qui les entoure.

Bien sûr, il est question de la loi travail de Myriam el Khomri. C'est au soir de la manifestation du Jeudi 31 Mars 2016 que le mouvement a d'ailleurs démarré. Il compte depuis les jours comme si le mois de mars 2016 ne s'était pas terminé, comme ce Mercredi 6 Avril 2016 qui correspond au Mercredi 37 Mars 2016. Mais il ne s'agit que d'un sujet de protestation parmi d'autres, insistent les participants. Notre-Dame-des-Landes surgit et le droit au logement aussi, tout comme la légitimité d'élus désignés par une minorité.

Utopie concrète

Au fil de la nuit, le nombre de participants va s'effilocher jusqu'à quelques dizaines. Rémi est de ceux-là. À vingt six ans, ce toulousain est au chômage, « nous sommes tous conscients qu'il y a une grosse faille dans le système et conscients de l'unicité de la planète. Nous épuisons le système. Nous voulons construire autre chose. C’est de l'utopie concrète ». Et d'espérer pour la suite « des actions et des occupations plus fortes de l'espace public ». Cela tombe bien pour lui, un appel est lancé pour aller occuper la faculté Jean Jaurès du Mirail.

Avant tout, le mouvement se veut citoyen, revendicatif, productif et novateur. Au sol, on lit encore, « je lutte donc je suis ». On découvre cependant la présence de militants politiques, notamment d’extrême gauche, et syndicaux. Dans plusieurs prises de parole, ce soir-là, à Toulouse, il est aussi question de Podemos. Le mouvement citoyen espagnol devenu parti est cité en exemple pour sa manière de conquérir du terrain politique. Il est également question du film Merci Patron de François Ruffin, projeté et discuté.

C'est chouette de se rebeller en faisant la paix

Sur la place, la nuit avance, tentes et matelas sont apparus. Une dernière assemblée générale a lieu. Les discussions informelles se poursuivent. Des musiciens sortent leurs instruments. On danse un peu. Constance et Léa, étudiantes en design de dix neuf ans, sont là « pour voir. C'est chouette de se rebeller en faisant la paix ». Pendant ce temps, sur twitter et sur facebook, les jeunes veillent à diffuser leurs débats, sous ce même logo au cœur bleu étoilé repris partout. Les réseaux sociaux étant essentiels à leur organisation, de la diffusion du kit du participant aux mots d'ordre et rendez-vous fixés.

La nuit précédente, un organisateur avait écrit sur twitter que « nous allons nous taire une minute et regarder autour de nous pour apprécier ce moment ». Les yeux emplis par la beauté des lieux et la tête bouillonnante de leurs rêves d'avenir, ils se sont très vite remis à parler, bien décidés, visiblement, à ne plus s'arrêter.

Les jeunes doivent faire entendre leur voix

« Montpellier est en retard », Michel Fabre, soixante ans, militant du Droit Au Logement (DAL) à Toulouse, n’en revient pas. Ce montpelliérain d’origine imaginait la cité étudiante plus prompte à descendre dans la rue. Sauf qu’à Montpellier, mais aussi Nîmes, Alès, Perpignan, Florac, Rodez et Villefranche-de-Rouergue, c’est Samedi 9 Avril 2016 que le mouvement Nuit Debout tentera de s’implanter à son tour, lancé à chaque fois par des initiatives citoyennes locales.

Michel Fabre les encourage, depuis la place du Capitole, « je souhaite que ces jeunes ne soient pas dans la même situation que moi. Je suis précaire, bénéficiaire du Revenu de Solidarité Active (RSA). J’ai énormément de difficultés pour m’en sortir. Je suis solidaire de ce qui se passe. Nous avons besoin que cela bouge. Nous avons l’impression que nos gouvernants ne nous entendent pas. Pour faire entendre leurs voix et leur avenir, il ne suffit pas de venir à la faculté, d’avoir des diplômes, des valises et puis de ne pas savoir où les poser. Il faut avoir un boulot au bout. Donc nous sommes dans l’obligation de descendre dans la rue pour revendiquer nos droits et faire entendre nos voix ». Et d’estimer qu’après tout, cette expression populaire libre, « c’est le principe de la démocratie ».

L’idée va-t-elle prendre ? Pour l’heure, les organisateurs locaux, qui acceptent rarement de parler à la presse, regardent surtout l’exemple parisien et son effet boule de neige avec envie, mais prudence. Comme Anthony, à Alès, « nous avons lancé l’événement pour voir ce que cela allait donner. Avec les moyens que nous avons. C’est très collectif. Est-ce que nous allons réussir à avoir assez de monde ? Alès peut le faire ». Mais de penser que désormais, « là, au lieu de toujours reculer, comme à chaque fois, nous pouvons passer par l’affirmatif ».

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 17:22

http://www.la-croix.com/France/Nuits-debout-Nantes-Toulouse-paroles-participants-2016-04-06-1200751563

http://www.alencontre.org/europe/france/nuits-debout-a-nantes-et-toulouse-paroles-de-participants.html

Nuits Debout à Nantes et à Toulouse, paroles de participants

Par Jean-Luc Ferre à Toulouse et Florence Pagneaux à Nantes

Mardi 5 Avril 2016, la ville rose et la capitale du grand ouest ont vécu leur première Nuit Debout. Un mouvement qui a commencé à s’étendre à plusieurs villes de province, prospérant sur fond d’idéaux de déçus de la gauche.

La première Nuit Debout de Toulouse qui a débuté Mardi 5 Avril 2016 en fin d’après-midi ne sort pas de nulle part. Comme le rappelle un représentant du collectif organisateur, la première occupation de deux cent personnes a eu lieu Jeudi 31 Mars 2016 après la diffusion du film Merci Patron de François Ruffin, fondateur du magazine Fakir et à l’origine de ces nuits qui, après la place de la République à Paris, ont aujourd’hui essaimé dans une vingtaine de villes.

Elle a débouché les jours suivants sur trois assemblées générales qui se sont structurées en quatre commissions pour assurer la logistique du mouvement et réfléchir à la communication du message, à l’aspect légal et aux contenus des actions à mener. Avant d’aboutir à cette mobilisation nocturne inspirée des mouvements des indignés et d’Occupy Wall Street, nés sous d’autres latitudes en 2011.

Au-delà des grèves et manifestations traditionnelles

L’improvisation apparente est donc toute relative. Les organisateurs ont loué une chambre, dans un hôtel sur la place, pour bénéficier d’une connexion à internet permettant une retransmission en streaming des débats qui commencent.

Avec des règles là aussi très étudiées, prises de parole de deux minutes maximum, après inscription sur une liste que des modérateurs font circuler, auxquelles le public peut réagir avec des signes pour ne pas troubler les débats, mains agitées façon marionnette pour l’assentiment et bras croisés pour signifier un désaccord, un code inspiré par les indignés.

Devant environ six cent personnes, debout ou assises en cercle sur les cartons qui parsèment le sol mouillé, les interventions s’enchaînent. Il est question « de la convergence des luttes, de réfléchir à de nouveaux modes d’action au-delà des grèves et des manifestations traditionnelles et de toutes ces élites qui ne nous représentent plus ». Certains évoquent le Conseil National de la Résistance (CNR) et d'autres évoquent le combat écologique, le rôle des femmes dans le mouvement et l’argent « qui fuit au Panama quand des millions de gens sont dans la misère ». Dans l’assistance comme chez les orateurs, il y a des jeunes et des moins jeunes.

Quelque chose émerge enfin

« C’est une première étape », commente Marc, un étudiant de vingt deux ans membre du collectif à l’origine de cette nuit toulousaine. « Il s’agit de montrer aux gens qu’un mouvement citoyen où chacun peut apporter sa pierre est possible en France. Qu’on peut construire ensemble à partir de là ». Ici ressort surtout un sentiment de trahison de la part d’un gouvernement « soi-disant de gauche ».

La loi travail catalyse ainsi un front du refus. Mais au-delà, on se prend à rêver. « Ce mouvement naissant nous dépasse tous », s’enthousiasme Pablo, professeur de lycée engagé depuis dix ans dans les luttes alternatives. « Quelque chose émerge enfin. C’est flou, mais c’est une excellente nouvelle ».

Un autre Pablo, espagnol installé à Toulouse depuis trois ans et ancien des indignés de Madrid, prend le micro, « en Espagne, des mouvements venant de la rue sont nés des structures qui pèsent aujourd’hui dans la vie politique. Je veux juste dire qu’il nous faut apprendre à être patients, mais déterminés ».

Des profils variés, des lycéens aux militants aguerris

À Nantes, c’est sur la place du Bouffay, dans le cœur historique de la ville, qu’environ deux cent personnes se sont retrouvées Mardi 5 Avril 2016 dans le calme, à deux pas des vitrines brisées quelques instants plus tôt par des casseurs venus perturber la manifestation contre la loi de Myriam el Khomri.

Après une succession de prises de parole au micro, chacun rejoint une commission pour débattre travail, démocratie, liberté, migrants, écologie ou Notre-Dame-des-Landes. Dans la foule, des militants d’extrême gauche aguerris, mais aussi des déçus du gouvernement qui n’avaient jamais battu le pavé.

Comme Maïa, lycéenne de dix sept ans, qui a été de tous les défilés contre la loi travail. « Ici, cela va plus loin », dit-elle. « Nous parlons d’écologie et de démocratie. J’aimerais que nous instaurions une nouvelle forme de démocratie, comme en Suisse par exemple, avec la votation citoyenne ».

Étudiant en philosophie de vingt trois ans, Pierre vit lui aussi son premier mouvement social. S’il n’adhère à aucun parti ou syndicat, il rencontre régulièrement d’autres jeunes « très à gauche » pour discuter. Ici, il vient tester ses idées dans l’espace public, car « c’est bien de dire non au projet de société porté par la loi travail, mais il faut avancer des solutions concrètes ».

Une « réappropriation de la démocratie »

À ses côtés, Quentin, vingt et un ans, étudiant en économie et membre de l’Étincelle, affiliée au Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), se réjouit de voir autant de nouveaux visages. « C’est complètement faux de dire que la jeunesse n’est pas politisée. Mais elle ne se reconnaît pas dans les partis actuels ».

Une thématique reprise par Sandra, enseignante de quarante quatre ans. « Nous assistons à une forme de réappropriation de la démocratie par le bas qui se construit hors des partis et des syndicats », observe celle qui croit aux prémices d’un mouvement durable. « Les jeunes ont si peu de perspectives qu’ils n’ont rien à perdre ».

François, cinquante ans, membre des artisans du changement, un collectif d’entreprises prônant « le retour de l’humain dans l’économie », voit dans ce rassemblement un « besoin criant de retrouver du sens à l’heure où aucun politique, de droite comme de gauche, n’offre d’horizon désirable ».

Tenir dans la durée

Steeve, quarante et un ans, et sa compagne Charlie, trente sept ans, font partie des déçus de la gauche venus exprimer leur colère. « Maintenant le Parti Socialiste, c’est fini », lance Steeve, éducateur dans une association, à l’aune de sa propre expérience. « Depuis trois ans, nous cumulons les Contrats de travail à Durée Déterminée (CDD). Ce n’est pas de cette vie-là que nous voulons pour notre fille de quatre ans. Des parents angoissés, qui renoncent à leurs vacances en famille pour prolonger un contrat, ce n’est pas cela le bonheur ».

Animateur culturel d’origine chilienne, Ariel, cinquante cinq ans, se félicite de voir « jeunes et adultes côte à côte pour défendre des acquis sociaux admirés du monde entier. Maintenant, il faut tenir dans la durée. C’est ce qui sera le plus compliqué ».

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 16:54

Mohammed Abrini, suspect des attentats de Paris, a été arrêté (Reuters)

Mohammed Abrini, impliqué dans les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 à Paris, a été arrêté, annonce Vendredi 8 Avril 2016 la radio télévision flamande (VRT) qui ajoute qu'il est probablement l'homme au chapeau en fuite depuis les attaques du 22 mars 2016 à Bruxelles.

Mohammed Abrini, qui figurait sur la liste des fugitifs les plus recherchés d'Europe, avait été filmé le 11 novembre 2015 dans une station-service sur l'autoroute en direction de Paris en compagnie de Salah Abdeslam. Les deux hommes circulaient à bord d'une Clio noire utilisée deux jours plus tard dans les attentats qui ont fait cent trente morts à Paris et aux abords du Stade De France à Saint-Denis.

La VRT et la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), citant des sources non identifiées, précisent qu'il est « plus que probablement l'homme au chapeau » filmé le 22 mars 2016 par les caméras de surveillance de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem avec Ibrahim al Bakraoui et Najim Laachraoui, les deux kamikazes islamistes qui se sont faits exploser dans le hall des départs.

Le parquet fédéral belge avait lancé Jeudi 7 Avril 2016 un nouvel appel à témoins afin de le retrouver, diffusant de nouvelles photos du suspect ainsi qu'une vidéo retraçant grâce aux caméras de surveillance le trajet qu'il a suivi à pied, pendant près d'une heure, après les explosions entre l'aéroport et le quartier de Schaerbeek.

La radio télévision publique francophone RTBF évoque une seconde arrestation et indique, au conditionnel, qu'il pourrait s'agir du suspect aperçu en compagnie de Khalid al Bakraoui, le kamikaze de la station de métro Maelbeek.

La VRT l'identifie sous le nom d'Oussama Kraiem.

Le parquet fédéral belge a confirmé plusieurs arrestations dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Bruxelles mais n'a communiqué aucun nom à ce stade.

Après quatre mois de cavale, Salah Abdeslam a été arrêté le 18 mars 2016 à Bruxelles, quatre jours avant les attaques contre l'aéroport et le métro de la capitale belge.

Revendiqués, comme les attaques djihadistes de Paris, par l'Etat Islamique, les attentats du 22 mars 2016 ont fait trente deux morts, sans compter les trois kamikazes.

Selon la VRT, Mohammed Abrini, âgé de trente et un ans, a été arrêté dans le quartier d'Anderlecht, qui jouxte Molenbeek, la commune de l'agglomération bruxelloise où il a grandi, comme Salah Abdeslam.

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 16:39

Deux groupes de migrants reconduits de Grèce en Turquie (Reuters)

Deux ferries transportant quelque cent vingt migrants sont arrivés Vendredi 8 Avril 2016 dans le port turc de Dikili en provenance de l'île grecque de Lesbos, dans le cadre de l'accord que l'Union Européenne a conclu avec Ankara pour enrayer l'afflux de migrants.

Un premier groupe de deux cent deux personnes, essentiellement des pakistanais et des afghans, avait été reconduit lundi en Turquie.

Au total, ce sont environ trois cent vingt cinq personnes qui ont été renvoyées vers la Turquie depuis l'entrée en vigueur de l'accord conclu entre la Turquie et l'Union Européenne au mois de mars 2016.

Ces migrants ont été transférés dans un camp proche de la frontière bulgare auquel le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l'Organisation des Nations Unies (ONU) n'a pas encore eu accès.

Un premier ferry, transportant quarante quatre ressortissants pakistanais, est arrivé Vendredi 8 Avril 2016 à Dikili sous escorte de deux vedettes des gardes côtes, a indiqué le ministère turc de l'intérieur.

Un second ferry, avec soixante dix neuf migrants originaires d'Egypte, d'Afghanistan et d'Irak, a accosté peu après 12 heures 30, a indiqué un responsable turc, précisant qu'aucun des deux navires ne transportait de réfugiés syriens.

Aucune autre arrivée n'est prévue ce week-end, ont ajouté des responsables turcs.

Avant leur départ du port grec de Mytilène, deux militants hostiles à l'accord turco-européen se sont jetés à l'eau et suspendus à la chaîne de l'ancre. Ils ont été repêchés par les gardes côtes.

Le parlement turc a par ailleurs approuvé dans la nuit du Jeudi 7 Avril au Vendredi 8 Avril 2016 un accord autorisant le rapatriement des ressortissants pakistanais dans leur pays.

Selon Athènes, cent quarante neuf migrants sont arrivés depuis vingt quatre heures à Lesbos, Samos et Chios contre soixante seize la veille.

Amnesty International dénonce les conditions de rétention en Grèce

L'accord entre Bruxelles et Ankara prévoit de renvoyer en Turquie tous les migrants, y compris syriens, en situation irrégulière arrivés après le 20 mars 2016 dans les îles grecques et de procéder, pour chaque syrien réadmis par la Turquie au départ des îles grecques, à la réinstallation d'un autre syrien de Turquie dans un des états membres de l'Union Européenne.

Ses détracteurs dénoncent un ignoble marchandage et une violation du droit international.

Dans un rapport publié Jeudi 7 Avril 2016, Amnesty International affirme que les migrants retenus sur les îles grecques de Lesbos et de Chios vivent dans des conditions effroyables et n'ont qu'un accès limité à une assistance juridique, voire à une simple information sur leur statut.

Le rapport d'Amnesty International relaie notamment les difficultés des migrants à trouver des médecins ou une assistance médicale. Quant aux procédures d'asile, elles sont menées de façon expéditive. Une syrienne citée dans le rapport déclare que sa famille et elle ont eu à signer plusieurs documents sans disposer d'un interprète. Elle ajoute qu'on ne leur pas donné une copie de ces documents.

Ces témoignages, note Gauri van Gulik, directrice adjointe d'Amnesty International pour l'Europe, « montrent qu'en plus du fait que la Turquie ne soit pas pour l'instant un pays sûr pour les réfugiés, il existe de graves dysfonctionnement du côté grec de l'accord entre l'Union Européenne et la Turquie. Tant que ces deux points n'auront pas été pleinement réglés, aucun retour ne devrait être effectué ».

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