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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 14:47

http://www.publico.es/espana/vecinos-barcelona-plantan-batalla-fondo.html

La Fédération des Associations des Voisins de Barcelone (FAVB) se bat contre un fonds vautour

La FAVB et les locataires de quatre immeubles d'appartements locatifs sociaux gérés par une filiale d’Azora demandent que les immeubles retournent sous contrôle public et dénoncent les manœuvres de la société pour essayer de les faire payer plus pour leur logement.

Samedi 8 Août 2015

Une des principales conséquences de l'éclatement de la bulle immobilière a été le débarquement de fonds d'investissement, en particulier de fonds vautours, dans le secteur, attirés par la baisse des prix leur permettant d'acheter à bon marché et d’obtenir rapidement des profits énormes.

Les fonds d'investissement comprennent des portefeuilles d’hypothèques, des sociétés immobilières, des crédits de la Sareb, ou de mauvaises banques, et des logements publics.

C’est précisément une opération de ce dernier type qui a conduit à une mobilisation croissante à Barcelone, au point de réclamer la récupération du caractère entièrement public de quatre immeubles, totalisant deux cent quatre-vingt-dix-huit logements sociaux, contrôlés actuellement par Colon Viviendas, une filiale immobilière du fonds Azora. La société gère après avoir payé onze millions quatre cent mille euros, trente-cinq mille euros par immeuble, à la Fondation Pisos de Lloguer, dépendant du Conseil Commercial de Barcelone.

La société est dans le collimateur des mouvements citoyens, comme le collectif Nou Barris et la FAVB, mais aussi de l'administration, depuis que, au mois de juin 2015, l’Agence pour le Logement de la Generalitat de Catalogne a ouvert une procédure disciplinaire concernant cinquante-cinq appartements sociaux loués sans tenir compte de la liste des demandeurs de logement officiellement protégés, où doivent s’inscrire les personnes qui aspirent à un bâtiment de ce type. La FAVB, le collectif de Nou Barris et les locataires mobilisés de ces immeubles affirment également que Colon Viviendas a essayé de changer plusieurs conditions de séjour dans ces appartements afin d'augmenter son bénéfice, au détriment des locataires.

Azora gère sept blocs de logements sociaux dans la capitale catalane. En 2011, Azora a pris le contrôle de trois immeubles, qui représentent trois cent soixante-dix-neuf appartements, pour un montant de vingt-cinq millions six cent mille euros, à travers sa filiale Lazora. Et en 2013, c’est sa filiale Colon Viviendas qui a payé onze millions quatre cent mille euros à la Fondation Pisos de Lloguer pour obtenir la gestion de quatre immeubles.

Les immeubles ont été construits par Regesa, une autre société de conseil commercial, passée après quelques années dans les mains de la fondation. Ils sont situés dans les rues Travessera de los Cortes, Sagrera, Rio de Janeiro et Urrutia. Les deux opérations prévoient le transfert de la gestion de la propriété et des droits de surface qui permettent la collecte des loyers pendant soixante-quinze ans, mais le sol reste public et après cette période les immeubles doivent retourner à l'administration.

En 2013, le fonds vautour s’est allié avec Goldman Sachs pour payer deux cent un millions d’euros pour près de trois mille appartements de l’institut du logement de Madrid (IVIMA). Dans ce cas, la propriété de l’immeuble a été transférée et les locataires l’ont vu comme un moyen de renouveler leurs contrats ou une aide au logement que la société n'a pas fait dans une situation clairement dégradée. A Barcelone, Colon Viviendas ne pouvait pas changer le prix de la location, qui est fixé par les règles de logement de protection officielle, mais a essayé d'augmenter ses profits en changeant les « extras », selon les paroles de Salva Torres, membre du collectif Nou Barris, dédié à lutter pour le droit à un logement décent.

Mesures de recouvrement

Elvira Juncosa, locataire de l’immeuble de la rue Sagrera, affirme que l'arrivée de Colon Viviendas a impliqué une tentative d’augmenter les frais d'entretien de l'immeuble de quarante-cinq à soixante-cinq euros par mois par appartement, l'obligation de souscrire une police d'assurance avec la société Ocaso pour l’intérieur de l’immeuble, l'obligation de louer une place de parking avec un contrat différent de l’appartement à un prix de cent vingt euros, plus élevé que le marché dans la région, et l'obligation de faire une garantie bancaire pour le transfert d'environ mille cinq cent euros à la société.

De nouveaux contrats ont également été formalisés plutôt que de prolonger ceux qui existaient déjà. Certains comprenaient des mesures illégales, comme par exemple pour les parkings, provoquant l’augmentation du prix de location du logement de manière significative d'environ deux cent cinquante euros par mois, mais la mobilisation des locataires a réussi à les annuler, au moins pour les personnes qui vivaient déjà dans les appartements avant l'arrivée du fonds vautour.

Par exemple, dans la plupart des cas, les locataires ont réussi à ne pas appliquer une augmentation des frais d'entretien et ils ont également évité l'obligation de louer une place de parking, mais, selon Elvira Juncosa et Salva Torres, la société donne la priorité aux nouveaux locataires qui acceptent cette condition.

Mireia Peria, résidente depuis 2004 de l’immeuble de la rue Rio de Janeiro, note que la gestion des rénovations par Colon Viviendas consiste dans la signature de « nouveaux contrats », pour une période de « trois ans », au lieu de cinq ans précédemment. Mireia Peria dit, comme Elvira Juncosa, que la société a essayé d’imposer de nouvelles conditions pour augmenter avec des « extras » le montant du loyer protégé par la loi et ce fut la « mobilisation » qui a empêché le fonds vautour de le faire. Sylvana Monténégro, habitante comme Elvira Juncosa de l’immeuble de la rue Sagrera, dit qu’elle ne pourrait pas payer pendant quinze mois cents euros de plus pour la garantie bancaire exigée par la nouvelle société.

Appartements locatifs sociaux annoncés dans des portails immobiliers de location

Des sources immobilières ont nié par divers moyens qu’elles aient appliqué les augmentations signalées par les locataires, tout comme elles rejettent avoir commis une quelconque irrégularité dans l'attribution des appartements. La version de la filiale d’Azora ne correspond pas à celle des locataires et de la FAVB, ou celle de l’agence de logement de la Catalogne, qui a ouvert une procédure disciplinaire pour détecter dans les cinquante-cinq appartements ceux qui n’ont pas été pris en compte dans le fichier des demandeurs de logement qui bénéficient d’une subvention de l’état.

Le fichier se réfère uniquement aux immeubles de la rue Rio de Janeiro et de la rue Urrutia, mais selon Elvira Juncosa « il y a encore plus de cas » dans les immeubles de la rue Sagrera et de la rue Travessera de les Corts. Pour Salva Torres, du collectif de Nou Barris, ne pas tenir compte du fichier permet à l'entreprise de signer des contrats « par copinage ou avec de bons locataires », à savoir ceux qui démontrent la capacité financière de payer le loyer. Les appartements vides apparaissaient sur les portails électroniques des immeubles populaires, comme des appartements « idéaux ».

Ce fut précisément l'ouverture de la procédure formelle du gouvernement régional qui a conduit il y a quelques jours à une conférence de presse dans laquelle les locataires, le collectif de Nou Barris et la FAVB, ont demandé que les appartements loués soient à nouveau totalement dans les mains du public. « Pour le moment, une entreprise privée gère les logements, il est clair qu’elle le fait pour un intérêt économique, non pas par un désir de donner un avantage social, et il y a certainement un intérêt spéculatif derrière », dit Mireia Peria.

Salva Torres, quant à lui, ajoute que le conseil municipal avait la possibilité d'acheter les immeubles pendant le mandat de Xavier Trias, mais qu’il ne l’a pas fait, tandis que Colon Viviendas attend d'obtenir une grande plus-value.

Les locataires consultés par Publico craignent ce qu'il adviendra de leurs maisons lorsque sera expiré le délai de vingt-cinq ans de protection officielle, garantissant un prix réglementé, quelque chose qui va se passer dans quatorze ans. Étant donné que Colon Viviendas a la propriété du droit de surface pendant soixante-quinze ans, les sources consultées craignent qu’en 2029 les appartements deviennent en « vente libre » et que disparaissent les bénéfices des fonds vautours.

« L'accès au logement social ne peut jamais être laissé à Colon Viviendas ni à aucun fonds d’investissement. Il doit y avoir quelqu'un pour réglementer », affirme Elvira Juncosa.

Les locataires ont l'intention de rencontrer prochainement les responsables de la municipalité de la capitale catalane pour étudier la récupération publique des quatre blocs d'appartements.

Afflux massif des fonds d'investissement

L'achat ou le contrôle du logement public est seulement l'un des exemples qui illustre l'appétit croissant des fonds vautours pour le secteur immobilier de l’état.

Il y a quelques semaines, Caixabank a vendu un portefeuille de huit cent millions d’euros à crédit aux promoteurs immobiliers de Blackstone. La société nord-américaine a également acquis une véritable plate-forme immobilière et le portefeuille de prêts hypothécaires de la Caixa Catalunya, entité désormais entre les mains de Banco Bilbao Viscaya Argentaria (BBVA).

Une deuxième opération a motivé la mobilisation de la Plataforma de los Afectados por la Hipoteca (PAH), craignant que le fonds vautour entrave la poursuite des négociations pour empêcher l'expulsion des familles qui ne peuvent pas payer l'hypothèque. Cerberus, qui a gardé les biens immobiliers de Bankia, ou Texas Pacific Group (TPG), qui a acheté cinquante et un pour cent de Servihabitat, la filiale immobilière de Caixabank, en plus de trente mille appartements et de crédits de la Sareb, sont les autres fonds globaux qui sont récemment arrivés sur le marché espagnol attirés par des prix bas, comprenant souvent des grands terrains avec d’énormes réductions, qui facilitent la maximisation de leurs profits.

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 14:41

http://www.unitepopulaire-fr.org/2015/09/27/declaration-du-conseil-politique-de-lunite-populaire-a-propos-du-resultat-des-elections-et-au-jour-suivant

Déclaration du conseil politique d’Unité Populaire à propos du résultat des élections

Dimanche 27 Septembre 2015

Le conseil politique d’Unité Populaire s’est réuni pour faire une première évaluation du résultat électoral et élaborer le programme d’action jusqu’à la fin de l’année.

Le conseil politique adresse ses chaleureux remerciements aux cent cinquante-cinq mille citoyens qui ont soutenu Unité Populaire par leur vote, rejetant ainsi le chantage politique et affectif et dépassant la tentative d’imposition de la terreur sur le corps électoral. Il salue les membres et amis d’Unité Populaire, qui ont livré la bataille électorale avec abnégation et altruisme. Cette contribution à la lutte nous charge de responsabilités et renforce notre détermination à poursuivre l’effort que nous venons d’amorcer.

Le résultat électoral reflète la désillusion et la confusion qu’a suscitées dans une grande partie des couches populaires l’imposition du troisième mémorandum.

Cette gravissime défaite est survenue tout de suite après le vote non au référendum et a été conclue par des dirigeants qui parlent au nom de la gauche, cela a donné plus encore de force à la logique du « il n’existe pas d’alternative ».

Le parlement actuel est dominé, de façon écrasante, par les forces qui soutiendront la mise en œuvre du troisième mémorandum et ses lois d’application. L’augmentation du pourcentage de voix données à l’Aube Dorée néo nazie constitue une mise en garde inquiétante. La force qui lutte pour une solution militante, radicale, alternative pour aujourd’hui et non pour un lointain avenir, Unité Populaire, est restée, pour peu de voix, hors du parlement.

Le résultat électoral d’Unité Populaire est fort loin de nos attentes. Cela s’explique par d’évidents facteurs objectifs. Il était inévitable qu’une formation politique née vingt-huit jours tout juste avant les élections anticipées, sans moyens financiers et faisant face à l’hostilité de la quasi-totalité des medias, rencontre d’énormes problèmes d’organisation et de communication.

Cependant, à ces facteurs objectifs sont venus s’adjoindre des insuffisances, des faiblesses et des défaillances de notre campagne électorale. Nous avons sous-estimé la désillusion qu’a causée à une large partie du peuple du non la capitulation du Lundi 13 Juillet 2015, ce qui a conduit vers l’abstention une grande partie du corps électoral et particulièrement de la jeunesse. Nous n’avons pas pris à temps la mesure de la pression qu’exerçait sur certains citoyens de gauche l’image artificielle et mensongère d’un « derby » entre Syriza et la Nouvelle Démocratie, ainsi que le risque de nous retrouver hors du parlement. Il y a eu des lacunes déterminantes dans la mise à jour des mesures antipopulaires du troisième mémorandum et particulièrement dans l’élaboration et la promotion de notre proposition alternative et radicale pour mettre un terme à l’austérité, la mise en valeur d’un nouveau modèle de production et de croissance sociale et la redistribution de la richesse, avec pour horizon le socialisme. Notre proposition comprend, en tant qu’outil, et non comme un but en soi, la sortie de la zone euro avec l’élaboration d’une monnaie nationale, position difficile à argumenter de façon convaincante au cœur d’une campagne électorale de désinformation, usant et abusant du thème de la catastrophe, de la part de toutes les forces systémiques, ce qui a créé de sérieux obstacles au développement de notre poids électoral. Des problèmes plus généraux de physionomie et d’identité ont également joué leur rôle.

Le débat au sein des comités locaux d’Unité Populaire viendra enrichir la réflexion fertile dans un esprit d’autocritique, mais aussi avec la conviction que si nous avons perdu une bataille, nous n’avons pas perdu la guerre. Le poids politique et le rayonnement moral d’Unité Populaire sont bien plus larges que ne le laisse voir son premier enregistrement électoral. En un temps minimum, nous avons rassemblé autour de nous un nombre remarquable de militants expérimentés et de jeunes qui constituent une garantie pour le futur de nos efforts.

En dépit du résultat négatif pour le peuple, le régime mémorandaire ne s’est pas stabilisé et il ne lui sera pas aisé de se stabiliser dans le futur immédiat.

Économiquement, le troisième mémorandum échouera, comme ont échoué les précédents, à conduire vers une forme, quelle qu’elle soit, de stabilisation et de croissance. Socialement, il provoquera de nouvelles catastrophes et de nouvelles réactions, avec les mesures d’une sévérité extrême qui sont déjà à notre porte, pillage fiscal, régime des retraites et de sécurité sociale, baisses des salaires, droit du travail, annulation de la mesure pour le remboursement des dettes en cent versements et bradage des biens publics. Mais au plan politique aussi, la situation est bien plus instable que ce qu’il n’y paraît une fois jeté un premier coup d’œil aux rapports de force négatifs au sein du parlement.

Plus de huit cent mille citoyens qui avaient voté en janvier 2015 ne se sont pas rendus aux urnes pour ce scrutin-ci, abstention qui reflète des tendances de renonciation, mais aussi, pour une large part, de rejet de la capitulation mémorandaire et du régime politique bourgeois, fût-ce par des voies différentes de celles que nous voudrions voir.

Les partis pro mémorandum, anciens et nouveaux, ont perdu plus de neuf cent mille voix.

Plus de cinq cent cinquante mille ont fait confiance à des bulletins de gauche anti mémorandum et communistes. Mais une grande partie des électeurs, membres et cadres du Syriza, est également loin d’être d’accord avec sa mutation mémorandaire sociale-démocrate.

Unité Populaire s’adressera sans préjugés à tous ces hommes et femmes dans le but de parvenir à la plus large unité d’action possible dans les luttes sociales et politiques et dans le débat pour le présent et l’avenir de la gauche.

Le conseil politique d’Unité Populaire va inaugurer un cycle de discussions publiques ouvertes à tous. Elle appelle à une rencontre panhellénique des représentants de ses comités locaux en vue d’évaluer le résultat électoral et de dessiner le programme d’action dans le courant du mois d’octobre 2015. De plus, le conseil politique a pris des mesures pour la préparation du premier corps représentatif constituant d’Unité Populaire qui aura lieu dans les prochains mois.

Enfin, il a abouti à des mesures visant au soutien rapide du développement organisationnel, de l’intervention en matière de communication et de l’action d’Unité Populaire dans des espaces sociaux déterminants.

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 18:26

La garde présidentielle au Burkina Faso dissoute (Reuters)

Le gouvernement burkinabé a dissous Vendredi 25 Septembre 2015 la garde présidentielle à l'origine du coup d’état manqué de la semaine dernière qui a fait onze morts, selon une série de décrets lus à la télévision.

Lors du premier conseil des ministres depuis le rétablissement de ses pouvoirs et de ceux du président par intérim Michel Kafando, l'exécutif a par ailleurs décidé la destitution du ministre chargé de la sécurité et la création d'une commission pour identifier les auteurs du putsch, qui a débuté Mercredi 16 Septembre 2015.

Ses membres auront trente jours pour rédiger leur rapport, qui permettra d'entamer des procédures judiciaires.

Le gouvernement a en outre supprimé les fonctions de chef de l'état-major particulier du président.

Avant le coup d’état, des élections législatives et présidentielles étaient prévues Dimanche 11 Octobre 2015. Elles sont censées marquer le retour à l'ordre constitutionnel, un an après le renversement du président Blaise Compaoré, qui a quitté le pays sous la pression de manifestants hostiles au projet de réforme qui lui aurait permis de se représenter après vingt-sept ans d'exercice du pouvoir.

Le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) était l'un des piliers de son régime. Le chef des putschistes, le général Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Blaise Compaoré, a dit avoir agi pour empêcher sa dissolution et pour protester contre l'exclusion du processus électoral de proches de l'ancien président. Il a présenté ses excuses après l'échec du coup d’état.

Dans le cadre d'un accord conclu avec les forces loyalistes, le RSP a accepté de se retirer des rues d’Ouagadougou et de regagner ses quartiers.

« Le processus de désarmement du RSP a en fait commencé Vendredi 25 Septembre 2015 », a dit le général Pingrenoma Zagré, chef d'état-major des armées, dans un communiqué.

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 18:16

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2015/09/26/refugies-l-allemagne-dope-son-avenir-economique-922365.html

L’Allemagne dope son avenir économique

Par Gilles Devers

samedi 26 septembre 2015

La population allemande, noble et généreuse, lors du sommet des vingt-huit pays de l’Union Européenne à Bruxelles, autour de la crise des réfugiés en Europe, la question était de savoir comment répartir l’accueil de cent vingt mille réfugiés. Sujet passionnant, mais en fait complétement décalé du réel, alors que le nombre de réfugiés arrivant en Europe sur l’année sera de l’ordre d’un million, que personne n’a la moindre idée de la manière dont on pourrait faire des expulsions de masse et alors que l’Allemagne a fait savoir il y a un mois déjà qu’elle souhaitait, elle, accueillir huit cent mille réfugiés. La paix reviendra et les populations bougeront à nouveau. Cette manière d'accueillir parle à l'avenir.

Accueillir, ce n’est pas un vain mot, Angela Merkel a annoncé le versement d’une allocation mensuelle de six cent soixante-dix euros pour chaque réfugié et de trois cent cinquante euros pour les mineurs sans tuteur. Imaginez un peu une telle annonce en France. On n’y pense même pas. Cette somme permettra aux demandeurs d’asile de couvrir leurs frais jusqu’à la date d’examen de la requête d’asile, soit environ cinq mois.

En France, c’est dix-huit mois d’attente pour un nombre très inférieur mais le système est saturé. Tu parles. Le gouvernement allemand a aussi débloqué une première somme de cinq cent millions d’euros pour le logement des réfugiés. De quoi tranquilliser notre classe politique lobotomisée par Marine Le Pen car le résultat est là, les réfugiés ne veulent pas tenter leur chance en France, pays carbonisé. Triste réalité d’une société qui se referme sur elle-même, incapable de comprendre que son avenir passe par des relations fortes avec le Grand Sud.

En Allemagne, le leader de cette politique d’accueil n’est pas un cousin de l’abbé Pierre, mais Jens Weidmann, le directeur de la Bundesbank, « l’Allemagne devra fournir un effort considérable pour maîtriser l'afflux de réfugiés. Mais cette immigration offre aussi des chances qui seront d'autant plus grandes si nous parvenons à bien intégrer ces personnes dans la société et dans le marché du travail ».

Pas de développement pérenne sans un politique démographique et Jens Weidmann est carré pour dire que l’Allemagne va collectivement bénéficier de cette main-d'œuvre immigrée.

Ulrich Grillo, le président du BDI, le patronat allemand, approuve, « nous sommes prêts à permettre un accès rapide à la formation et aux emplois ».

Gros malin et effet d’aubaine de la crise, oui, et alors, ou serait la France sans l’immigration économique ? Oui, et tout ce qui manquerait à notre société. Le social s’organise difficilement et n’est jamais un cadeau des employeurs, d’accord, mais arrêtons cette phobie du pauvre qui nous ruine, une France comme une pomme fripée.

Le Président Directeur Général (PDG) de Daimler, Dieter Zetsche, souhaite recruter directement dans les centres d’accueil d’urgence, « la plupart des réfugiés sont jeunes, bien formés et très motivés. C’est exactement le genre de personne que nous recherchons ».

Vous vous rappelez du grand plan de François Hollande sur la relance de la croissance ? C’est ce que fait l’Allemagne avec l’accueil des réfugiés.

L’économiste Véronique Riches-Flores explique que les aides prévues pour l’insertion des réfugiés, estimées à dix milliards d’euros, vont jouer comme une relance budgétaire avec « un impact direct de 0,3% sur le Produit Intérieur Brut (PIB), et cette relance engendrera « un surcroît de croissance de 0,5% pour l’Allemagne ».

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 18:02

http://www.20minutes.fr/toulouse/1694723-20150924-toulouse-campement-roms-ile-ramier-evacue

Le campement de roms de l’île du Ramier à Toulouse évacué

Une cinquantaine de personnes, dont onze enfants, ont été relogées Jeudi 24 Septembre 2015.

La centaine de personnes restante aura une solution d’hébergement d’ici Vendredi 25 Septembre 2015.

Depuis plusieurs mois, des familles originaires de l’Est de l’Europe s’entassaient dans des campements de fortune sur l’île du Ramier, dans des conditions indignes.

Depuis Jeudi 24 Septembre 2015, l’évacuation d’une cinquantaine de personnes, dont onze enfants, a débuté. Ces membres de la communauté rom, originaires de Roumanie et de Bulgarie, seront relogés « sur onze sites à proximité des lieux de scolarisation de leurs enfants », a indiqué le maire de Toulouse, Jean Luc Moudenc.

Sécurisation du site, Vendredi 25 Septembre 2015

« Il y avait une préoccupation humaine et sanitaire avec des risques d’incendie et une insalubrité inacceptable. Cette opération de démantèlement a été autorisée par la justice. Durant de longs mois nous avons dialogué avec ces personnes pour regarder leurs situations et leurs besoins », a indiqué en milieu de journée le préfet de Haute Garonne, Pascal Mailhos.

Une centaine de personnes, dont cinquante d’entre elles sont des ressortissants de la communauté européenne, devraient être aussi évacuées, Vendredi 25 Septembre 2015.

« Demain, la situation de chacun sera examinée pour trouver une solution », poursuit le préfet.

Vendredi 25 Septembre 2015, le site devrait être complètement évacué et sécurisé.

Mille quatre cent trente-cinq personnes recensées sur des campements

Cette opération, menée conjointement avec la préfecture, arrive après l’échec cet été d’un projet de relogement dans un village d’insertion dans le quartier Paleficat. Les habitants s’y étaient opposés. « Je suis favorable à la solution du village d’insertion, mais à partir du moment où cela n’a pas marché, nous avons trouvé une autre formule, un relogement diffus », explique Jean-Luc Moudenc.

Au total, mille quatre cent trente-cinq personnes, soit quatre cent familles, ont été recensées sur des campements de fortune, que ce soit à Montaudran ou Ginestous.

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 17:50

http://paris.tribunal-administratif.fr/Actualites-du-Tribunal/Selection-de-decisions-Acces-aux-jugements/Expulsion-des-occupants-sans-titre-de-l-ancien-lycee-Jean-Quarre

Expulsion des occupants sans titre de l’ancien lycée Jean Quarré

Vendredi 25 Septembre 2015

Le juge des référés a enjoint aux personnes occupant le site de l’ancien lycée Jean Quarré, dans le dix-neuvième arrondissement de Paris, de libérer les locaux sans délai. Au terme d’un mois, la ville de Paris pourra procéder à leur expulsion avec le concours de la force publique.

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 19:36

http://blogs.mediapart.fr/blog/la-chapelle-en-lutte/250915/communique-du-jour-lattention-de-la-mairie-de-paris-par-le-collectif-des-refugies-syriens

Lettre à l’attention de la Mairie de Paris

Collectif des réfugiés syriens de la porte de Saint Ouen

Vendredi 25 Septembre 2015

Après un an d'oubli, sinon d'indifférence, les réfugiés syriens de la porte de Saint-Ouen se retrouvent aujourd'hui à évoluer dans les conditions dramatiques que vous connaissez, entassés dans des tentes qui prennent l'eau au milieu des voitures, des bus et du bruit du périphérique, un bidonville à ciel ouvert aux portes de Paris.

Les conditions sanitaires se dégradent à vue d’œil, nous devons faire face à des épidémies dues au manque d'hygiène. Pour information, les enfants en bas-âge sont nombreux et sont les premiers à payer le prix de ces conditions dramatiques. Comme si cela ne suffisait pas, ils se retrouvent depuis peu « parqués » entre la chaussée et des barrières métalliques pour contenter la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP).

Où est le respect de la dignité humaine ?

Pour rappel, ils ont eu le malheur de fuir la mort et les horreurs de la guerre pour venir se réfugier chez nous, chez vous, en France, au pays des droits de l’homme. Nous n'avons que faire de l’aberration administrative qui les ballotte de fonctionnaires en fonctionnaires et de formulaires en formulaires que personne, au passage, ne leur traduit jamais.

Nous exigeons que l'on arrête de bafouer l'humanité, la décence et la dignité.

Les personnes dont nous parlons sont usées par une précarité dont les pouvoirs publics sont largement responsables. N'attendez pas qu'un réfugié de guerre ne meurt ici du fait des négligences de la France.

Avec tous les moyens qui sont en votre pouvoir, merci d'aider à les régulariser, à les loger et à leur rendre leur dignité. Nous ne pourrions comprendre, après tous les discours publics sur le sujet, que l’état ne vous vienne pas en aide. Que le président de la république aille au bout de son positionnement. Welcome Refugees n'est-ce pas ?

Mais si c'était le cas, veuillez nous excuser et nous prévenir afin que l'on adresse nos demandes à son attention plutôt qu'à la vôtre.

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 19:22

https://www.ensemble-fdg.org/content/catalogne-versus-etat-espagnol-mise-en-perspective

http://www.alencontre.org/europe/espagne/catalogne-versus-etat-espagnol-mise-en-perspective.html

http://www.vientosur.info/spip.php?article10473

Catalogne contre état espagnol, mise en perspective

Par Jaime Pastor

Lundi 14 Septembre 2015

Afin de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés à un moment comme celui d’aujourd’hui, dans lequel, ainsi que nous venons de le vérifier une fois encore lors de la récente Diada du Vendredi 11 Septembre 2015 et dans la perspective des élections régionales du Dimanche 27 Septembre 2015, un puissant mouvement souverainiste propose la séparation avec l’état espagnol se consolide, rares sont les observations extérieures à la Catalogne qui sortent d’une appréciation habituellement belliqueuse face à cette aspiration, y compris au sein de la gauche.

Généralement, la majorité des prétendus analystes et des dirigeants politiques espagnols tendent à centrer l’explication de l’essor indépendantiste sur les intérêts et l’attitude des élites politiques et culturelles catalanes, soulignant leur plus ou moins grande capacité de manipulation des couches moyennes de ce pays face à « l’ennemi commun », c’est-à-dire l’Espagne ou l’état espagnol.

Il me semble plus adéquat de se centrer, en contraste avec cette interprétation si biaisée, sur quelles ont été les réponses données lors de moment historiques clés par des élites espagnoles, non seulement celles traditionnelles de droite mais aussi celles qui paraissaient disposées à reconnaître le « fait différentiel » catalan. Je me référerai pour cela à certaines personnalités éminentes qui se montrèrent plus ouvertes, avant d’accéder ou gouvernement ou au parlement de l’état espagnol, pour ensuite décevoir très vite les espoirs suscités. Grâce à ce bref survol du passé, il sera peut-être possible de mieux comprendre pour quelles raisons une frustration croissante s’est manifestée en Catalogne face au blocage permanent auquel s’est affronté un réformisme fédéralisant et pourquoi de nouveaux secteurs sociaux souhaitent aller au-delà de ces moments, en résumé, le pari d’un processus constituant propre, qui ne soit donc pas soumis à celui qui pourrait s’ouvrir à l’avenir dans le cadre de l’état espagnol, et celui de l’indépendance qui s’affirmerait comme la conséquence du fait que cette autre voie se soit fermée.

De Manuel Azana et Luis Jimenez de Asua à la « transicion »

En commençant par la deuxième république espagnole, il faut se souvenir qu’avant son avènement, le 14 avril 1931, une partie significative de l’opposition contre la dictature de Miguel Primo de Rivera, entre 1923 et 1930, témoignait de bonnes dispositions quant à la reconnaissance de la spécificité de la Catalogne. C’était le cas de Manuel Azaña qui, lors de sa visite à Barcelone le 27 mars 1930, déclarait depuis le balcon de la municipalité de Barcelone que « je dois vous dire également qui si un jour dominait en Catalogne une autre volonté et qu’elle résoudrait à conduire elle seule son navire, il serait juste de le lui permettre et notre devoir consisterait à vous laisser en paix, avec le moins de préjudice pour les uns et les autres, ainsi que de vous souhaiter une bonne chance jusqu’à ce que, la cicatrice s’étant refermée, nous puissions établir au moins des relations de bon voisinage ». Plus tard, le 17 juillet 1931, il répétait cette bonne disposition, « notre devise, amis et coreligionnaires, ne peut être autre que celle de la liberté pour tous les hispaniques, et si quelqu’un ne souhaite pas se trouver sur le sol commun, qu’il ne s’y trouve pas ».

Luis Araquistaín, né en 1886 et mort en 1959, dirigeant du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), partageait la même opinion en 1930, « il ne s’agit pas à propos de la Catalogne et du reste de l’Espagne que domine une même volonté de gouvernement, mais que coexistent harmonieusement deux ou plusieurs volontés distinctes. Il serait absurde que l’Espagne non catalane soit régie conformément à la volonté de la Catalogne, mais il ne serait pas moins absurde que le régime que désire la Catalogne, même si cela était l’indépendance, ce qui n’est pas le cas, soit soumis à la volonté du royaume d’Espagne ».

Même ainsi, le pacte de San Sebastián, en août 1930, qui réunissait la majorité des forces républicaines, le PSOE et l’Union Générale des Travailleurs (UGT) rejoignirent, en octobre 1930, ce pacte républicain établissant un accord et des mesures visant à renverser la monarchie d’Alphonse XIII, ne parvint pas à concrétiser une option fédérale. Dès lors, les nationalistes catalans durent se contenter de la promesse que se négocierait dans les futures Cortes un projet de statut d’autonomie.

L’histoire ultérieure est déjà plus ou moins connue, lors des élections municipales du 12 avril 1931 triompha une nouvelle force politique, créée à peine quelques mois auparavant, Esquerra Republicana. Deux jours plus tard, suite à la revendication de la république espagnole par Lluís Companys depuis le balcon de la municipalité de Barcelone, on passa à la proclamation de « l’état catalan sous le régime d’une république catalane qui, librement et en toute cordialité, aspire et demande aux autres peuples d’Espagne leur collaboration pour la création d’une confédération de peuples ibériques et est disposée à faire ce qui sera nécessaire pour les libérer de la monarchie bourbonienne ».

Ce pas en avant confédéraliste se heurte très rapidement aux réticences du nouveau gouvernement républicain, du parlement et de Manuel Azaña lui-même non seulement face au nouveau statut mais également contre les tentatives de donner à la deuxième république espagnole un caractère fédéral, comme le rappellera Joaquin Maurín, né en 1896 et mort en 1973, un des dirigeants du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (POUM), parti qui est issu de la fusion, en 1935, entre le Bloc Ouvrier et Paysan, qu’il dirigeait, et la Gauche Communiste animée par Andreu Nin.

La formule « d’état intégral », le troisième paragraphe du premier article de la constitution de 1931 stipule que « la république constitue un état intégral, compatible avec l’autonomie des communes et des régions », est proposé par le socialiste Luis Jiménez de Asúa, né en 1889 et mort en 1970, représentant de l’Espagne devant la Société Des Nations (SDN) lors de la guerre civile. Il est un adepte d’Hugo Preuss, né en 1860 et mort en 1925, libéral, l’un des « pères » de la constitution de Weimar. Cette formule triomphera dans la constitution et la pression nationaliste resta ainsi temporairement refrénée. L’insurrection des Asturies en octobre 1934 et la tentative de coup d’état contre le gouvernement de la seconde république espagnole, ouvrant sur la « guerre civile », en juillet 1936, constituent d’autres moments au cours desquels se développent de nouveaux débordements du cadre constitutionnel en Catalogne, le premier finira par être réprimé au moyen de la force par le nouveau gouvernement de droite de Madrid et le second ouvre un processus au sein duquel une révolution sociale instaure une nouvelle souveraineté populaire qui sera finalement aussi défaite par la suspension de son autonomie suite aux graves événements de mai 1937.

Au sujet de l’expérience vécue durant toute cette période, les réflexions écrites en exil par Luis Jiménez de Asúa lui-même ont un intérêt. En 1946, discutant avec ses amis basques et catalans et revendiquant encore « l’état intégral » comme solution la plus adéquate, l’illustre constitutionnaliste se rappelait que lors d’une conférence qu’il avait prononcée quelques années auparavant sur quelle devrait être la voie vers la troisième république, il avait défendu que « si les basques, les galiciens ou les catalans désiraient se séparer de l’Espagne et accréditaient une telle résolution lors d’un plébiscite sérieux et majoritaire, nous ne devrions pas l’empêcher, en vertu d’une attitude libérale, assistant avec douleur mais avec dignité, à ces mutilations de l’état espagnol. Envoyer un soldat ou un gendarme pour nous opposer, au moyen de la force, à la volonté de ces pays serait maladroit et injuste ». Il ajoutait ensuite que « je crois qu’il est nécessaire de cesser de se taire et de dire une fois pour toutes comment on doit s’affronter à l’organisation de l’état espagnol et si la troisième république doit être fédérale ou non. Nous ne devons pas non plus faire silence sur l’hypothèse qu’une ou plusieurs de ces régions, qu’il serait plus juste de nommer pays, décideront de se séparer du noyau espagnol et de se constituer en nations indépendantes ».

Il n’est pas difficile d’observer que ses nouvelles propositions constituent une reconnaissance du fait que la deuxième république ne parvint pas à résoudre le contentieux avec ces « pays » et, par conséquent, qu’en perspective, donc en direction de la troisième république, il faudra aller au-delà de sa formule d’un « état intégral » pour ces peuples, en acceptant y compris leur droit à l’indépendance. Des réflexions qui, malheureusement, ne seront pas beaucoup suivies au sein même du PSOE et de la gauche espagnole en général.

Plus tard, et durant plusieurs décennies, la dictature franquiste exacerba la répression de toute forme d’expression des identités nationales de ces peuples et, pour cela, la majorité des forces de gauche assumèrent dans leurs programmes la défense du droit à l’auto détermination des peuples ainsi que l’option fédérale, bien que dans le cas du PSOE et du Parti Communiste Espagnol (PCE) elle fut accompagnée d’une ambiguïté croissante à mesure que l’on s’approchait de la « transaction asymétrique » avec les réformistes du franquisme.

Lors de la « transition », nous avons vu que l’on aboutit très rapidement à un « consensus » au sujet du deuxième article et du huitième titre de la constitution, faisant la sourde oreille à d’autres propositions, comme celles de Francisco Letamendía, avocat de la défense lors des fameux procès de Burgos en 1970, nationaliste basque de gauche, ou encore de Lluís Xirinachs, prêtre, indépendantiste catalan, sénateur indépendant en 1977 qui proposa une confédération, qui permettaient le développement d’un état autonomique. Une « autonomie » avec des aspects d’asymétrie, mais pas fédéral, option explicitement interdite par l’article cent quarante-cinq de la constitution. Ce consensus visait à neutraliser à nouveau les pressions nationalistes « périphériques », en particulier celles des basques et des catalans. Aussi bien l’Operación Tarradellas que le poids économique basque permirent un accord avec les élites catalanes et basque, bien que dans ce cas avec des tensions plus grandes, aggravées par la persistance d’ETA.

Cela dota le nouveau régime d’une certaine stabilité politique, comme cela se vérifia dans les moments où le gouvernement, qu’il soit du PSOE ou du Parti Populaire, ne disposait pas de majorité absolue. Cependant, en parallèle, progressait le processus de construction de nouveaux sujets politiques dans ces communautés autonomes. Il finira par se heurter aux tendances recentralisatrices qui, à partir de 2010, dans le cadre de la crise systémique et de l’Union Européenne, n’ont fait que se renforcer sous le gouvernement du Parti Populaire des dernières années, comme nous l’avons vu avec la dernière réforme du tribunal constitutionnel.

Dans le cas catalan, l’expérience vécue à partir de 2003, avec le début du processus d’élaboration du Nou Estatut et la promesse de José Luis Rodríguez Zapatero, président du gouvernement entre 2004 et 2011, membre du PSOE, de respecter ce qui serait décidé par la Generalitat, finira par échouer. Cela suite aux compressions budgétaires réalisées par le parlement espagnol, Alfonso Guerra dixit, et aux recours du Parti Populaire et de différentes communautés autonomes qui aboutirent à une sentence de 2010 du tribunal constitutionnel. Elle confirmera pour un ample secteur de la société catalane l’impossibilité de cheminer le long d’une voie fédéralisante dans le cadre du régime actuel. C’est à ce fait qu’Artur Mas, ainsi que l’élite politique qu’il représente, même au prix d’avoir perdu des appuis de secteurs significatifs de la bourgeoisie catalane, intéressé uniquement à « l’accord fiscal », répartition entre l’état central et la Catalogne, a dû s’adapter et non le contraire, comme s’efforce à le prétendre tant de critiques d’ici et de là-bas.

Les leçons de l’histoire et le défi constituant

Par conséquent, il semble qu’existe un large consensus sur le fait que c’est cette sentence de juillet 2010 marque l’ouverture d’un nouveau cycle en Catalogne.

Ainsi, s’est imposée de manière hégémonique la thèse selon laquelle la seule voie pour établir une relation d’égalité entre le demos catalan et l’espagnol passe par la reconnaissance préalable du premier comme sujet politique ainsi que par sa capacité de décider, s’il le souhaite, d’être ou non indépendant et d’élaborer sa propre Constitution.

Comme réponse à cette aspiration, nous avons vu ressusciter au sein de la direction du PSOE une proposition fédérale. Celle-ci, cependant, négligeant l’emploi de termes comme ceux de « nation » pour se référer à la Catalogne ou de « pluri nationalité », arrive non seulement tardivement, mais elle vient confirmer la critique que Miquel Caminal formulait au sujet de ce type de fédéralisme, sa « soumission au nationalisme d’état », dès lors qu’elle continue de se fonder sur la primauté d’une identité nationale sur d’autres qui existent au sein de cet état.

Face à ce type de fédéralisme, et en compagnie de Miquel Caminal, nous avons proposé, déjà dans les années 1990 au sein d’Izquierda Unida, un autre type de fédéralisme, pluri national et librement décidé entre les différents demos, également disposé à recueillir le meilleur de la tradition républicaine, municipaliste et libertaire espagnole et catalane, qui permettrait de sortir de l’actuelle impasse.

Mais cette option exigerait la reconnaissance préalable du droit à décider, y compris la séparation, soit une proposition qui rencontre encore le refus de la grande majorité du PSOE. Seule la voix de celui qui fut le candidat d’Izquierda Socialista lors des dernières primaires de ce parti, en juillet 2014, José Antonio Pérez Tapias, osa proposer cette alternative, mais sans recevoir d’appui dans ses propres rangs.

Dans le cas de la direction de Podemos, nous assistons à une évolution qui a des aspects positifs, la reconnaissance de la pluri nationalité et du droit à décider du demos catalan. Mais s’exprime aussi un appel à ce que l’exercice de ce droit, et la possibilité d’un processus constituant propre, soit subordonné et placé dans l’attente d’une victoire électorale de cette formation lors des élections générales de décembre 2015, victoire qui pourrait, selon la direction de Podemos, ouvrir un processus constituant à l’échelle de l’état.

Il semble néanmoins logique que cette promesse, même dans le cas où se vérifierait cette hypothèse, actuellement improbable, se heurte à une méfiance raisonnable dans les milieux du mouvement souverainiste et indépendantiste catalan, autant en raison des leçons apprises des trois moments historiques mentionnés que pour les ambigüités propres du discours de certains dirigeants de Podemos à ce sujet. Ces derniers s’efforcent, en outre, d’opposer la question sociale à la question nationale au lieu de chercher la meilleure articulation possible entre les deux, autant en Catalogne qu’en dehors. Malgré tout, le débat sur le programme de cette formation, ainsi que les « convergences » qui se produisent finalement, comme celles qui se forgent déjà non seulement en Catalogne, mais également en Galice, dans le Pays valencien ou dans les îles Baléares, pourrait être une bonne occasion à l’occasion des prochaines élections pour définir une position claire face à une question qui, qu’on le veuille ou non, est aussi au centre de l’agenda politique à l’échelle de l’état. Par conséquent, elle ne peut disparaître dans un projet de « changement », avec la double rupture qui en découle, avec le régime et avec l’austéritarisme.

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 18:36

http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/09/23/mohamed-fahmy-gracie-egypte_n_8182166.html

Le journaliste canadien d’origine égyptienne Mohamed Fahmy est libéré

Mercredi 23 Septembre 2014

Le journaliste canadien Mohamed Fahmy a été grâcié et libéré par le gouvernement égyptien.

Mohamed Fahmy fait partie d'un groupe de cent prisonniers pardonnés par le président égyptien Abdel Fattah al Sissi.

L'avocat de Mohamed Fahmy, Bader Mohamed, et l'agence de presse MENA ont dévoilé la nouvelle de la libération.

La grâce présidentielle a été accordée dans le cadre de la fête musulmane de l'Aïd al Kébir. Elle coïncide avec le départ du président Abdel Fattah al Sissi pour New York, où il assistera à l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Les libérations interviennent également au moment où l'Égypte et la France ont conclu un accord pour la vente de deux navires français Mistral qui étaient initialement destinés à la Russie.

Parmi les cent personnes graciées, on retrouve également des activistes politiques égyptiens arrêtés pour avoir enfreint une loi controversée restreignant le droit de rassemblement et de manifestation. Les principales figures du soulèvement contre Hosni Moubarak en 2011, Ahmed Maher, Ahmed Douma et Alaa Abdel, qui ont été condamnés à de lourdes peines de prison dans le cadre de cette même loi, ne font toutefois pas partie des prisonniers graciés.

La femme de Muhamed Fahmy, qui célébrait son anniversaire hier, a appris la nouvelle à la télévision de la prison après avoir visité son mari en prison. « J'ai demandé au policier de retourner le voir pour lui annoncer la nouvelle, il était tellement heureux », a confié Marwa Omara au réseau CBC.

« Je suis sans mot pour décrire ce que je ressens », a-t-elle confié. « Je suis tellement heureuse. Le cauchemar est finalement terminé. Les deux dernières années ont été tellement difficiles pour Mohamed Fahmy et moi. »

Des pressions internationales

Tout en se réjouissant de la libération de Mohamed Fahmy, la directrice générale d’Amnisty International du Canada francophone, Béatrice Vaugrante, estime qu'il n'aurait jamais dû être condamné. « On s'entend qu'il n'aurait jamais dû aller en prison », a-t-elle déclaré à ICI RDI. « Ce sont des prisonniers d'opinions pour Amnisty International. »

« On va difficilement savoir qu'elle est la raison qui a mené » à la libération de Mohamed Fahmy, a indiqué Béatrice Vaugrante. « C'est certain que le bruit qui est fait, la mobilisation internationale et l'interpellation de chefs d’état, d'ailleurs à ce sujet, je regrette que notre premier ministre Stephen Harper n'ait jamais mis cela dans ses priorités et ne se soit jamais lui-même engagé plus fermement pour faire libérer Mohamed Fahmy, mais c'est certain que cette campagne internationale qui dérange », a contribué à faire libérer Mohamed Fahmy.

« L'histoire nous dit que sans pression on ne peut pas être libéré », a-t-elle poursuivi, précisant douter d'un changement d'attitude de l'Égypte envers la liberté d'expression. « Il y a vraiment de grands enjeux, des arrestations massives et des condamnations à mort massives, on a vraiment de grands enjeux sur la liberté d'expression et la diversité des opinions en Égypte ».

Béatrice Vaugrante estime que Mohamed Fahmy court de grands risques s'il décide de retourner pratiquer le journalisme en Égypte. « Il devra effectuer une réflexion sur son métier », convient-elle.

Elle souhaite maintenant que d'autres pays imitent l'Égypte et profite de fêtes religieuses pour gracier notamment Raif Badawi.

Deux procès et plus de quatre cent jours de détention

Mohamed Fahmy et deux de ses collègues d’al Jazira avaient été condamnés à trois ans de prison ferme au terme d'un deuxième procès en août 2015. Le tribunal les a condamnés pour avoir « diffusé de fausses informations » visant à soutenir les frères musulmans.

Mohamed Fahmy et l'Égyptien Baher Mohamed avaient été arrêtés au tribunal devant une assistance sous le choc. Les deux hommes avaient été libérés provisoirement, en février 2015, après avoir passé quatre cent jours derrière les barreaux. Ils avaient été libérés le temps de subir leur deuxième procès, pendant que leur collègue, l’australien Peter Greste, relâché et expulsé vers son pays d'origine en vertu d'un décret présidentiel en février 2015, a été jugé par contumace.

La réaction du gouvernement canadien

Le Canada se réjouit de la décision du président Abdel Fattah al Sissi de gracier Mohamed Fahmy. Le Canada a constamment appelé à la libération de Mohamed Fahmy et à son retour au Canada. Le gouvernement canadien continuera de soutenir Mohamed Fahmy par l'entremise de ses services consulaires et il facilitera son départ d'Égypte.

Les trois journalistes avaient été arrêtés en décembre 2013, avant d'être condamnés lors d'un premier procès, en juin 2014. Ils avaient à ce moment écopé de peines de sept à dix ans de prison.

Le gouvernement égyptien les accusait d'avoir soutenu les frères musulmans, une organisation aujourd'hui interdite en Égypte, et d'avoir menacé la sécurité nationale avec leurs reportages.

Dans la foulée de l'expulsion de son collègue australien, Mohamed Fahmy avait renoncé à sa citoyenneté égyptienne afin de faciliter son retour au Canada, mais la procédure s'est avérée vaine.

En février 2015, Mohamed Fahmy et Baher Mohamed ont été appelés à subir un deuxième procès. Ils ont été libérés sous conditions, le temps des procédures, après avoir passé quatre cent jours derrière les barreaux.

Les prisonniers graciés devraient être libérés au cours de la journée.

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 18:04

http://www.humanite.fr/burkina-faso-la-mobilisation-populaire-et-lechec-du-coup-de-force-sont-un-espoir-pcf-584494

La mobilisation populaire et l’échec du coup de force au Burkina Faso sont un espoir

Déclaration du Parti Communiste Français (PCF)

Mardi 22 Septembre 2015

La mobilisation du peuple burkinabé aura eu raison du coup d’état organisé Mercredi 16 Septembre 2015 par le général Gilbert Diendéré, ancien homme de main du dictateur Blaise Compaoré. Après l'insurrection d'octobre 2014 qui a mis fin à vingt-sept ans d'un régime autocratique, c'est une nouvelle victoire qui reste à consolider. Les putschistes à la tête du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), garde prétorienne fondée par Blaise Compaoré, voulaient remettre en selle les partisans de l'ancien système et restaurer les pratiques généralisée de corruption, de crimes politiques et économiques. Ils voulaient également stopper la procédure en cours sur les responsabilités dans l'assassinat de Thomas Sankara.

Durant quatre jours, ces « terroristes », pour reprendre l'expression employée à leur encontre par l'Union Africaine, ont semé la violence dans les rues d’Ouagadougou, provoquant la mort d'au moins dix-sept manifestants et plus d'une centaine de blessés. Alors que certains organes de presse français voulaient croire à « l'installation au pouvoir » de Gilbert Diendéré, présenté comme le « nouvel homme fort du Burkina », la réalité était bien différente. Face au peuple, il ne lui restait que la violence et il a été contraint de libérer le président Michel Kafando qu'il retenait en otage.

La médiation orchestrée sous couvert de la Communauté Economique Des États de l'Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en présence des présidents béninois et sénégalais et avec l'aval des diplomaties française et américaine, s'est soldé par un projet faisant la part belle aux revendications des putschistes. Elle visait à garantir l'impunité aux criminels, à mettre sous tutelle les autorités légitimes de transition, à empêcher le démantèlement du RSP et à faire fi des décisions du conseil constitutionnel quant aux candidatures lors de l'élection présidentielle à venir. Un véritable blanc-seing donné à Gilbert Diendéré et à ses hommes.

C'est ce scénario qui est refusé par le peuple burkinabé et les autorités légitimes de transition.

L'armée burkinabé a neutralisé le RSP, il doit être dissout. Il n'y a aucune raison d'appliquer le prétendu accord de médiation de la CEDEAO qui, avec des complicités extérieures évidentes, ouvre la voie au retour des caciques de l'ancien régime. Rappelons que c’est la France qui a exfiltré Blaise Compaoré, lors de l'insurrection d'octobre 2014, pour le placer auprès de l'autocrate ivoirien Alassane Ouattara, avec les conséquences que l'on sait.

Aujourd'hui, la justice doit poursuivre son cours et aucune impunité ne saurait être admise.

La mobilisation populaire et l'échec du coup de force sont un espoir au Burkina Faso et pour l'ensemble du continent africain. Le PCF exprime sa solidarité au peuple burkinabè engagé dans une nouvelle étape, qui reste à consolider, dans la conquête de la souveraineté et de la démocratie.

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