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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 16:41

ETAT DE DROIT CONTRE ETAT D URGENCE

Par Bernard Fischer

Le gouvernement français décidait l’interdiction de toutes les manifestations à Paris depuis Vendredi 13 Novembre 2015 et il autorisait l’organisation d’une manifestation d’union nationale Samedi 21 Novembre 2015 à Toulouse.

La situation de novembre 2015 est la suite de la situation de janvier 2015.

De plus en plus de militants et d’organisations, comme par exemple Noël Mamère, Pouria Amirshahi et Philippe Martinez, étaient Charlie en janvier 2015 et montent aujourd’hui en première ligne contre l’union nationale.

Les nouveaux attentats étaient bien évidemment évitables et ils n’étaient pas du tout souhaitables.

Nous commencions une discussion en janvier 2015 relative à ces questions et, comme d’habitude, nous n’allions pas à la fin de la discussion.

Comme d’habitude également, l’histoire et l’évolution objective de la situation, dans laquelle nous n’exercions aucune influence subjective, apportaient une réponse définitive à ces questions.

La conscience est toujours en retard par rapport à l’existence.

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 15:38

http://www.mediapart.fr/journal/france/191115/martinez-cgt-lunion-nationale-ce-n-est-jamais-bon-pour-la-democratie

http://www.filpac.cgt.fr/spip.php?article10568

Interview de Philippe Martinez, secrétaire général de la Confédération Générale du Travail (CGT) par Mathilde Goanec

Alors que l’union nationale voulue par François Hollande anesthésie les discours politiques à gauche, la CGT s’est fendue Mercredi 18 Novembre 2015 d’un communiqué critique sur la politique menée par le gouvernement depuis les attaques à Paris. Taxé d’angélisme, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, s’explique.

Mathilde Goanec. Tout d’abord, comment comprenez-vous les très rares critiques entendues depuis l’instauration de l’état d’urgence et pourquoi est-ce la CGT, un syndicat, qui tient publiquement cette position en rédigeant un communiqué très critique ?

Philippe Martinez. Il y a eu une déclaration commune d’un certain nombre de syndicats, mais nous sommes allés, c’est vrai, un peu plus loin dans notre analyse. Pourquoi nous, parce que nous nous appuyons sur notre vécu au travail et sur notre expérience comme syndicalistes, et c’est peut-être ce qui manque à d’autres. Le lien que nous avons avec les salariés nous oblige à considérer les questions sociales autour de ce sujet.

Mathilde Goanec. Mais vous ne vous bornez pas aux questions sociales, vous prenez aussi position sur l’intérêt ou pas d’aller mener une guerre plus affirmée en Syrie ?

Philippe Martinez. Nous avons une petite expérience en la matière depuis cent cinquante ans et l’analyse que nous en tirons, c’est qu’à chaque fois qu’on nous a dit qu’il fallait faire la guerre pour régler le problème, le problème se développe. Car quand on bombarde, on ne fait pas de différences entre les gens, ce sont des bombes qui tombent sur des femmes, des enfants et des hommes. Et après, on s’étonne qu’ils fuient et quittent leur pays. Je le dis souvent aux militants, en France aussi, pendant la seconde guerre mondiale, un exode a eu lieu. Donc cette position pacifiste est dans les gènes de la CGT. Nous avons toujours porté ces valeurs-là et, même si les conditions sont un peu différentes aujourd’hui, nous devons être là pour les porter.

Mathilde Goanec. Et vous ne vous sentez pas trop seuls ?

Philippe Martinez. Vous savez, à la CGT, nous sommes parfois seuls mais ce n’est pas pour cela que nous ne disons que des bêtises. Pour avoir un vrai débat, il faut des avis contradictoires. Sous cette notion d’union nationale, on a peut-être tendance à vouloir lisser les commentaires et les arguments. Ce n’est jamais bon pour la démocratie.

Mathilde Goanec. Sur la question des libertés, êtes-vous inquiet, en tant que membre du mouvement social, des restrictions possibles ?

Philippe Martinez. Nous pouvons être inquiets, oui, c’est pour cela que nous interpelons tout de suite le gouvernement. Il faut veiller à plus de sécurité et d’ailleurs nous pourrions certainement nous donner les moyens d’en faire encore plus, en termes d’effectifs. Y compris, je pense, pour les soignants. Nous avons vu l’engagement des personnels de santé, qui venaient de quitter le travail et qui y sont retournés sans se poser de question. C’est vraiment cela, à mon sens, le service public, et cela méritait sans doute plus que des remerciements au moment où il y a plein de conflits à l’hôpital. Mais oui, nous avons des craintes car une politique de sécurité et une politique sécuritaire, ce n’est pas tout à fait la même chose. Il y a le risque de pouvoir par là-même bâillonner toute forme d’expression. Or les problèmes sociaux restent entiers et exigent des mobilisations.

Mathilde Goanec. Ce qui vous inquiète, c’est qu’on ne puisse plus se rassembler ou la mise sous surveillance du corps social ?

Philippe Martinez. Les deux, il y a la surveillance individuelle, on va pouvoir bientôt écouter tout le monde et nous avions d’ailleurs déjà critiqué la loi sur le renseignement à ce sujet. Et puis nous avons peur aussi pour les libertés collectives et le droit de se rassembler et de contester. Est-ce que les salariés d’Air France, par exemple, doivent accepter les licenciements sans réagir ? Ce sont de vraies questions.

Mathilde Goanec. Vous estimez également que, pour lutter contre la radicalisation, il faut plus de social, de justice et d’égalité. C’est selon vous la principale raison de la dérive de certains français vers l’Etat Islamique ?

Philippe Martinez. Non, c’est l’une des raisons, et malheureusement, elle n’est pas évoquée. Si nous ne luttons pas contre le chômage, la précarité et l’isolement, notamment des plus jeunes, si nous les maintenons exclus du travail, nous les rejetons vers des solutions qui ne sont pas les bonnes. Nous savons bien que même s’il y a beaucoup de choses à faire pour améliorer les entreprises, rentrer dans un collectif de travail permet des échanges, une vie en société et un enrichissement collectif. Tout cela pousse à d’autres aspirations que celles d’aller se faire exploser dans une foule au nom d’une idéologie nauséabonde. L’intégration par le travail, c’est essentiel pour nous.

Mathilde Goanec. La CGT, comme le reste de la société, est traversée par des mouvements contradictoires. Comment la base militante perçoit-elle ce que vous venez de déclarer au sein du bureau confédéral ?

Philippe Martinez. Je viens de faire une assemblée de militants ce matin dans le Doubs, nous étions une centaine, je n’ai pas entendu de réactions négatives à ce communiqué. Et en même temps, c’est notre rôle aussi, plutôt que de faire comme si le problème n’existait pas, de faire réagir et de planter le décor. La pire des choses, c’est que chacun reste dans son coin avec en tête quelque chose de si traumatisant. Il ne faut pas croire, même en province, même loin de Paris, c’est traumatisant. Donc il vaut mieux clairement dire ce que nous en pensons et après nous en discutons. Cela suscite des questions, sur le racisme c’est clair qu’il y a des tensions. Mais ne pas en parler serait grave dans une organisation comme la nôtre, avec ce qu’elle pèse dans le pays.

Mathilde Goanec. Il y a eu aussi des victimes parmi la CGT ?

Philippe Martinez. Oui, une responsable d’une union locale était avec sa fille au Bataclan, et donc deux militantes de la CGT ont été tuées, un camarade de la métallurgie également. Nous sommes touchés directement, comme beaucoup de familles.

Mathilde Goanec. Enfin, sur la journée du Mercredi 2 Décembre 2015, cela reste une journée d’action sociale ou le mot d’ordre a-t-il changé ?

Philippe Martinez. C’est une journée d’action sociale. Après Air France, nous avions dit non à la violence sociale. Autour de cette affaire, dans tout le pays, il s’agit de continuer à plaider pour le progrès social. Les manifestations seront autorisées ou pas, selon les préfectures, précise le service de presse de la CGT. Nous sommes contents de constater que le pacte de stabilité pouvait être contourné, ce dogme qui paraissait si inébranlable. Eh bien, c’est le moment ou jamais, allons-y, fixons-nous des priorités. Le social en est une.

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 15:07

https://www.lepartidegauche.fr/communique/interdiction-la-manifestation-en-soutien-migrants-le-pg-prend-acte-mais-denonce-un-deni-democratie-33860

Interdiction de la manifestation en soutien aux migrants

Le Parti de Gauche prend acte mais dénonce un déni de démocratie

L’ensemble des organisations signataires de l’appel à manifester, Dimanche 22 Novembre 2015, en solidarité avec les migrants condamne l’interdiction qui frappe cette manifestation.

Après les terribles attentats qui ont endeuillé Paris, cette manifestation serait l’occasion de réaffirmer notre solidarité avec l’ensemble des victimes et participerait de la réponse aux attentats qui ont ensanglanté Paris. Les réfugiés, migrants ou sans-papiers sont aussi des victimes des guerres, des violences et de la misère qui les ont contraints à quitter leurs pays.

Parmi les organisations certaines appellent à maintenir la manifestation, d’autres, sans appeler, seront présentes place la Bastille, certaines enfin n’appellent plus à manifester.

Toutes se retrouveront dans les plus brefs délais pour envisager les suites à donner à nos mobilisations en solidarité avec l’ensemble des migrants.

Membre du collectif organisateur de la manifestation du Dimanche 22 Novembre 2015, le Parti de Gauche prend acte de l’interdiction de manifester et n’appellera pas ses militants à participer à une manifestation interdite pour ne pas les exposer à la répression.

Il dénonce néanmoins l’hypocrisie que constitue l’interdiction de toutes les manifestations, quand les activités culturelles et de loisirs, qui exposent les citoyens aux attentats au moins autant qu’une manifestation ne sont, et c’est heureux, pas interdites.

Le Parti de Gauche rappelle que les manifestations prévues ce week end, qui visaient à défendre des valeurs républicaines d’égalité et de fraternité, relèvent de mouvement de solidarité, d’expression des opinions qui permettent la cohésion sociale et participent, ainsi, de la réponse à la terreur. La démocratie, l’expression des opinions, la mobilisation sociale sont la réponse que les citoyens doivent opposer au terrorisme. La solidarité ne se divisant pas, la solidarité à l’égard des victimes du terrorisme sur notre territoire ne peut être exclusive d’une solidarité des milliers de victimes du terrorisme dans le monde.

A ce titre, le Parti de Gauche rappelle que les migrants sont des victimes et non des coupables, ils sont même les premières victimes de l'Etat Islamique. La question des migrants est donc plus que jamais d’actualité. Les migrants ne sont pas des terroristes, la fermeture des frontières n’est pas une réponse au terrorisme, a fortiori quand on sait que les responsables des attentats qui ont frappé la région parisienne Vendredi 13 Novembre 2015 sont des citoyens français et belges.

Le Parti de Gauche dénonce l’ensemble des attaques qui ont frappé, ces derniers jours, nos concitoyens musulmans ou supposés tels ainsi que les migrants. Il rappelle que les actes de terrorisme commis ces derniers mois en France sont le fait d’individus qui n’ont rien à voir avec l’islam et met en garde contre tous les amalgames.

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 14:55

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/19/pourquoi-je-voterai-contre-la-prolongation-a-3-mois-d-un-etat-d-urgence-par-pouria-amirshahi_4813055_3232.html

Pourquoi je voterai contre la prolongation à trois mois d’un état d’urgence

Par Pouria Amirshahi

Jeudi 19 Novembre 2015

Énième sursaut, régressions démocratiques, réveil des consciences, comment empêcher d’autres morts, d’autres destins brisés par des esprits aussi manipulés que résolus à tuer ? Ce qui se joue depuis janvier 2015 et novembre 2015, c’est-à-dire l’avenir de notre société, se dessine en ce moment. Sur le front extérieur comme intérieur, le président de la république a déclaré la France « en guerre ».

La source de cette « guerre » prend racine d’abord dans la géopolitique, la faillite des états, les corruptions et les bouleversements qui font le terreau de croissance des monstres comme l'Etat Islamique. Interroger cette géopolitique, c’est nous interroger nous-mêmes, français, sur les désordres du monde. C’est à cette échelle qu’il convient d’assécher immédiatement les sources de financement du groupe Etat Islamique. C’est à ce niveau que nous devrons réviser nos alliances, y compris de commerce d’armes, avec des états pour le moins ambigus si ce n’est directement impliqués dans les troubles actuels.

C’est enfin à cette échelle que doit se conduire effectivement une autre politique de reconstruction et de développement. En gros, traduire en actes une nouvelle doctrine qui pourrait se résumer ainsi, « leur développement, c’est notre sécurité ».

Il y a ensuite les fragilités françaises qui voient des jeunes français manipulés et endoctrinés sur fond de désamour avec la république, devenir assassins et haineux de leur propre pays. Encore ultra-minoritaires, ils croissent et se radicalisent. Il faudra bien très vite sortir des discours de tribune parlant de nos banlieues pour mettre, dès maintenant, autant de créations de postes nouveaux pour les politiques publiques de la ville, de l’action sociale et de l’éducation que nous en mettons dans la police et l’armée, sans regarder jamais à la dépense, comme si c’était plus important.

Mais pour l’heure, il convient pour le parlement de se prononcer Jeudi 19 Novembre 2015, sur la prolongation pour trois mois de l’état d’urgence, c’est-à-dire d’une « loi d’exception », dont le premier ministre avait pourtant dit le 13 janvier 2014 qu’elle n’était pas compatible avec l’esprit de notre république. Le projet du gouvernement, déposé avant même le terme des douze jours légalement prévus et entamés Vendredi 13 Novembre 2015, entend renforcer les capacités coercitives de l’administration et des pouvoirs de police et durcir les conditions de détention des personnes suspectées prévues depuis 1955. C’est dans la précipitation que les législateurs vont délibérer d’une restriction sévère de nos libertés publiques, de nos loisirs et sorties, de nos manifestations de solidarité et de notre droit à nous réunir. Conformément à la loi de 1955, ces restrictions pourront intervenir à tout moment, à titre permanent le cas échéant, sur décision du préfet.

Celles et ceux qui assument que les libertés puissent ou doivent passer au second plan d’une sécurité première ont le mérite de la cohérence. Vieux débat qui traverse la France depuis 1789. Mais pour celles et ceux qui, nombreux dans les paroles, ont affirmé avec force que la démocratie ne gagnera qu’en étant elle-même, en ne rognant pas un pouce de droit ni de liberté, il y a une grave contradiction à défendre aujourd’hui l’inverse dans la loi. Est-ce assumer notre démocratie que d’interdire potentiellement des manifestations citoyennes ? Est-ce faire preuve d’audace que d’interdire des réunions publiques au moment où les français ont besoin de parler et de se parler pour comprendre ?

Plus que jamais nous avons besoin que la société mobilisée se mette en mouvement, pour faire vivre la démocratie bien sûr, mais aussi pour entraîner les citoyens contre les dérèglements du monde et les fanatismes monstrueux qu’ils engendrent. On n’assigne pas une société à résidence.

Bien entendu la république doit être en capacité de se défendre. Contrairement à ce qui est affirmé par les tenants d’un virage néo conservateur, nous disposons d’un arsenal judiciaire et répressif très dense, révisé plus de onze fois en dix ans. Sait-on par exemple que les investigations qui ont conduit aux opérations de police Mercredi 18 Novembre 2015 à Saint-Denis ont été menées indépendamment de l’état d’urgence, dans un strict cadre judiciaire et d’enquête pénale ? « Oui, mais demain, après-demain, comment faire », entend-on parfois du côté de ceux que l’uniforme rassure, même s’ils sont lucides sur l’effet peu persuasif des dispositions de sécurité de rue sur des terroristes déterminés jusqu’à se faire sauter.

En premier lieu, il convient d’appliquer le code de procédure pénale qui autorise déjà, dans le cadre de la lutte antiterroriste, le recours à des perquisitions de nuit, mais également l’utilisation de techniques d’enquêtes spéciales que ne permet pas l’état d’urgence, écoutes, micros et surveillances. La chancellerie a d’ailleurs déjà ordonné que les affaires de terrorisme soient prioritaires.

Ensuite, il est temps de changer de stratégie de sécurité, par exemple en déployant quelques milliers de policiers et gendarmes aujourd’hui affectés au peu efficace plan Vigipirate, qui de l’avis de tous les spécialistes vise d’abord à rassurer le quidam, vers des investigations, des enquêtes et des filatures. Ce qu’apprécieront juges et policiers, renforcera notre efficacité, et donnera des preuves aux citoyens.

Les actions de justice et de police ont montré que le besoin prioritaire de moyens et de coordination entre services était plus important sans doute que les dispositifs exorbitants de droit commun accordés aux services de sécurité que constituent par exemple la dernière loi renseignement ou une durée anormalement longue d’un état d’urgence.

Il est enfin un obstacle majeur à mon approbation d’une prolongation pour trois mois, durée d’ailleurs aussi arbitraire qu’inexpliquée par le gouvernement, l’empressement d’une modification constitutionnelle, de notre loi fondamentale, alors même que le chef des armées vient de nous déclarer « en guerre » et que la France sera en état d’urgence.

Pas une démocratie moderne ne modifie ses règles les plus précieuses en période où prime la possibilité de dérogation à ces mêmes règles. Sans même entrer dans le contenu des modifications envisagées, dont certaines sont la reprise des vieilles revendications du bloc réactionnaire, déchéance de nationalité et présomption de légitime défense, c’est-à-dire permis de tuer, des policiers, on ne saurait, en pleine conscience républicaine, accepter de procéder à ces modifications substantielles de droit fondamental en pleine application d’une loi d’exception.

Cette dernière exigence de séparation des temps de notre démocratie ayant été refusée par le premier ministre, je voterai contre la prolongation à trois mois d’un état d’urgence qui va au-delà des pouvoirs administratifs exceptionnels et s’appliquera sans contrôle démocratique véritable.

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 14:20

Arrestation d’un belge en Turquie lié aux attentats de Paris (Reuters)

La police turque a interpellé un belge d'origine marocaine soupçonné d'avoir effectué des repérages en vue des attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, a confirmé Samedi 21 Novembre 2015 un responsable gouvernemental turc.

Ahmet Dahmani, vingt six ans, a été appréhendé dans un hôtel de luxe d'Antalya sur la côte sud de la Turquie, où il séjournait depuis Lundi 16 Novembre 2015, écrit l'agence de presse turque Dogan.

Deux autres individus, âgés de vingt trois et de vingt neuf ans et de nationalité syrienne, ont par ailleurs été interpellés sur une route des environs, rapporte Dogan. Ils sont soupçonnés d'avoir été envoyés à Antalya par le groupe djihadiste Etat Islamique pour aider Ahmet Dahmani à passer sans mal la frontière syrienne. Leur arrestation a eu lieu alors qu'ils s'apprêtaient à le retrouver, écrit l'agence Dogan.

La police anti terroriste turque a été avertie de la présence d'Ahmet Dahmani à son arrivée en avion à Antalya et elle l'a suivi jusqu'à son hôtel, dans le quartier de Manavgat, écrit l'agence Dogan.

La Turquie a d'autre part expulsé cette semaine un groupe de huit marocains interpellés par la police des frontières à l'aéroport d'Istanbul et soupçonnés de liens avec l'Etat Islamique.

Ces personnes ont dit être arrivées Mardi 17 Novembre 2015 à l'aéroport Atatürk en provenance de Casablanca pour passer des vacances en Turquie.

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 20:57

http://blogs.mediapart.fr/blog/noel-mamere/171115/lunion-sacree-est-une-defaite-de-la-pensee

L’union sacrée est une défaite de la pensée

Par Noël Mamère

Mardi 17 Novembre 2015

Il est normal et juste que l’état montre sa détermination face à l’ère de ténèbres, que le président préside, que le gouvernement gouverne et que les institutions fonctionnent. Il est normal et juste que le congrès puisse se réunir, que le président se concerte avec les forces politiques, vienne auprès des victimes et organise la riposte à l’horreur. Mais pour que la société puisse se défendre, elle doit comprendre et mettre des mots sur les événements. Et ces mots ne peuvent se réduire à ceux de la feuille de route du président de la république, fut-elle rebaptisée « union sacrée ».

L’histoire nous prouve que l’union sacrée a toujours été utilisée pour amener la gauche à se soumettre à la logique de guerre de la droite. Le premier à mettre en œuvre ce « concept » politique, fut le président Raymond Poincaré, le 4 Août 1914, au lendemain de l’assassinat de Jean Jaurès qui s’opposait à la guerre, pour en appeler à l’union de tous les partis et lancer la France dans la guerre contre l’Allemagne. Nous savons ce qu’il advint, une génération fauchée par les marchands de canon. En mars 1956, l’union sacrée vote les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet, pour lutter contre le Front de Libération Nationale (FLN) algérien.

C’est la guerre d’Algérie. L’union sacrée n’est qu’un stratagème qui a pour but de dissimuler les désaccords de fond au sein d’une société et de faire passer le projet d’une république sécuritaire.

Personne, ici, ne nie la nécessité de répondre au défi lancé par l’Etat Islamique.

Ces morts, nos morts, qui venaient faire la fête, écouter de la musique et regarder un match, se sont retrouvés victimes d’une guerre qu’ils croyaient lointaine. Mais la guerre n’est que le prolongement de la politique par d’autres moyens. Et la guerre, nous la faisons depuis quinze ans, d’abord en Afghanistan, puis sur d’autres théâtres d’opérations, comme la Libye, le Mali, l’Irak et la Syrie. Ceux à qui nous faisons la guerre ripostent à leur façon, asymétrique, face à nos bombardements, à nos drones et à nos assassinats ciblés. Ils l’ont d’ailleurs dit eux mêmes, avec leurs mots et avec leurs balles, au Bataclan, Vendredi 13 Novembre 2015. C’est la loi de toute guerre.

Si nous sommes en guerre, comme le dit le président de la république, alors soit, mais identifions l’ennemi. Cet ennemi, c’est l’islamo-fascisme, c’est-à-dire un fascisme religieux, qui se réclame de l’islam mais qui n’a rien à voir avec la tradition musulmane et même, oserais-je dire, avec l’islamisme politique. Il est le produit de la fusion entre le fanatisme religieux et une barbarie occidentale, le national-socialisme, dont s’est largement inspiré, dès son origine, le parti Baas, puis al Qaïda en Irak. Ce dernier a été influencé par un prédicateur, Sayyid Qotb, mort en 1960, qui avait rompu avec les frères musulmans sur un point capital, il ne voulait plus faire de compromis avec toute souveraineté, même celle d’un état musulman. Pour lui, tout individu devait obéir et appartenir à dieu, comme dans le nazisme, tout aryen devait appartenir au führer.

Cette théorie a plusieurs conséquences, la destruction de tout corps intermédiaire, de tout espace public et privé, de tout parti, syndicat ou association qui n’est pas soumise à la seule loi non écrite de la charia. C’est un courant idéologique et politique transnational qui agit avec méthode et qui se pense comme califat à vocation mondiale. L’Etat Islamique, ce monstre à la confluence du Moyen-Age, du totalitarisme du vingtième siècle et des réseaux sociaux du vingt et unième siècle, en est l’incarnation. Nous avons affaire à une organisation politico-militaire à vocation terroriste planétaire dotée d’un projet politique et qui se pense comme telle. Elle possède une armature idéologique structurée, dispose de sa propre agence de communication, construit un état, lève des impôts, mobilise des dizaines de milliers de soldats et entretient depuis près de dix huit mois des milliers de fonctionnaires dans un territoire comprenant la moitié de la Syrie et de l’Irak.

Dès lors, c’est un contre-sens de s’acharner à vouloir essentialiser ses membres comme « musulmans » ou « fous » ou « jeunes des quartiers ayant des problèmes », même s’ils peuvent présenter ces caractéristiques et bien d’autres.

Mais quand ils agissent, c’est avant tout comme des militants fascistes religieux.

Et ils doivent être combattus et défaits comme tels.

Tandis que nous tentons d’affaiblir l’Etat Islamique par des moyens militaires, il s’en prend à nos seules vraies défenses que sont nos libertés et essaie de nous déstabiliser. Rappelons-nous qu’il n’y a pas si longtemps la guerre du Vietnam n’a pas été perdue militairement par l’armée américaine mais parce que cette guerre avait perdu sa légitimité auprès du peuple américain.

Ce que l’Etat Islamique tente d’affaiblir, c’est notre cosmopolitisme. En janvier 2015, avec Charlie, leur cible était la liberté d’expression, la liberté de penser des dessinateurs, des journalistes et, en même temps, une tradition française, née de la lutte contre le despotisme en 1789. Les juifs aussi, incarnation, avec l’esprit diasporique, de ce « tout monde » dont parle le poète Edouard Glissant.

Le cosmopolitisme toujours, le cosmopolitisme insurgé des villes rebelles comme Paris, ce Paris de la Commune, de la Main d’Oeuvre Immigrée (MOI), de la résistance à l’oppression et des barricades de 1830 à 1968, ce Paris métissé qui est notre véritable ligne de défense contre le fascisme religieux.

L’Etat Islamique peut être vaincu, mais à condition de ne rien lâcher sur nos valeurs, nos principes et nos convictions. Ce n’est pas en stigmatisant un peu plus les musulmans et en prenant des mesures inefficaces et discriminatoires que l’on combat le fascisme. Au contraire, on va dans le sens de l’Etat Islamique, qui cherche à faire des musulmans un bouclier humain.

L’Etat Islamique peut être vaincu, mais pas avec les méthodes que les Etats-Unis et la Russie utilisent depuis deux décennies de l’Irak à la Tchétchénie.

La politique d’intervention militaro-humanitaire, cela n’a pas marché. Les interventions au sol ou dans les airs, cela n’a pas marché. Les assassinats ciblés, cela n’a pas marché. Avec leur commande des massacres à distance, les drones sont d’ailleurs la politique inversée de l’Etat Islamique. Ceux qui tuent à des milliers de kilomètres, ceux qui commettent une bavure contre un mariage ou une fête rituelle, ou un hôpital de Médecins Sans Frontières (MSF) en Afghanistan, ressemblent aux commanditaires des attentats de Paris. Ils tuent avec leur bonne conscience. Et ils produisent en retour des monstres. La seule chose qui a fonctionné jusqu’à présent, c’est la résistance kurde en Syrie et en Irak. Parce qu’elle est l’œuvre du peuple qui résiste seul sur place. Parce que, depuis Kobane, les brigades de l’Armée Syrienne Libre (ASL) se joignent à elle.

Parce qu’elles ne dépendent pas du seul jeu des puissances mondiales ou régionales, arc boutées sur la défense de leurs seuls intérêts d’état.

Nous avons aujourd’hui le devoir de défendre la société, une société de libertés, contre tous ceux qui chercheront à les remettre en cause et à les rogner, une société d’égalité pour tous contre tous ceux qui discrimineront en fonction de la couleur de peau, de la religion ou du sexe, une société de fraternité et de solidarité.

Nous sommes en guerre, certes, mais ce n’est pas une raison pour sombrer dans le renoncement à ce qui est le sens même de nos valeurs. Le « pacte sécuritaire » qui nous est proposé n’est qu’une habile triangulation pour faire avaler à la gauche la camelote de la droite, état d’urgence prorogé de trois mois sans explication et éventuelles modifications profondes décidées dans l’urgence de l’émotion, interdiction des manifestations, approbation du principe de déchéance de la nationalité, expulsions massives et régression de l’état de droit par la constitutionnalisation d’un Patriot Act à la française. Ce n’est rien d’autre qu’une logique de guerre intérieure permanente qui nous est imposée à la faveur du massacre du vendredi noir.

Elle n’en sera pas plus efficace pour autant. Notre besoin n’est pas de banaliser le tout sécuritaire, mais de renforcer les moyens de renseignement et de contre terrorisme, de justice et de police sur le terrain, de faire moins d’esbroufe pour faire croire que l’on protège la population et plus d’infiltrations et d’assèchement des réseaux, plus de politique internationale et moins de vente d’armes à des régimes qui encouragent, de fait, l’insurrection djihadiste.

Une dernière remarque, cet événement nous aura appris au moins une chose, nous savons maintenant ce qui pousse des femmes, des hommes et des enfants, à risquer leur vie en traversant la Méditerranée et à errer de murs en murs à travers l’Europe. Ils ont les mêmes visages que ceux qui ont été assassinés lâchement au Bataclan ou rue de Charonne, Vendredi 13 Novembre 2015, mais ils en ont connu des dizaines chez eux. Ce n’est pas la France qui est touchée, c’est l’humanité que l’on assassine à Paris, à Alep ou ailleurs. C’est nous. La seule union sacrée qui vaille, c’est celle de l’humanité blessée et qui doit oser se révolter contre la barbarie.

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 17:55

http://www.ocparis.canalblog.com/archives/2015/11/20/32955435.html

https://www.facebook.com/Ecologie-Sociale-1016943328366082

Déclaration de la coopérative politique d’intervention transpartidaire Ecologie Sociale après les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 et le vote de la loi sur l’état d’urgence par cinq cent cinquante et une voix contre six dont les trois députés du groupe écologiste , Sergio Coronado, Noël Mamère et Isabelle Attard.

La génération Bataclan contre les forces de la violence et de la mort

Contre la dictature de l’émotion, politiser le débat.

Une génération a découvert la guerre, Vendredi 13 Novembre 2015. Déjà frappée par la précarité, le chômage et la crise écologique, cette génération cosmopolite subit les conséquences d’une guerre qui lui est imposée. Elle sera marquée pour toujours par cette expérience tragique.

En sortant de l’insouciance mais en continuant à vivre, à fêter, à rire et à s’amuser, elle a besoin non de théories du complot, ni d’injonctions de l’état mais de produire son propre récit et de libérer sa propre parole.

Cette génération, nous le savons, se défie des politiciens. Elle a raison, mais la politique ce n’est pas le jeu de rôles de ceux qui se partagent la scène publique. Nous avons le devoir de repolitiser le débat en donnant une grille de lecture permettant de comprendre, d’analyser et de contextualiser les événements tragiques qui vont constituer l’avenir de la génération Bataclan.

LA BFMisation de la vie politique réduit l’événement à un flux continu d’images qui se succèdent. Les réseaux sociaux sont soumis à la rumeur. La génération Bataclan a un urgent besoin de comprendre quels sont les forces en jeu, quels intérêts elles défendent et comment les affronter.

Cette guerre est l’expression du chaos géopolitique du monde, entraîné par la mondialisation des crises financières, sociales, climatiques et écologiques qui ont entrainé le démantèlement de dizaines d’états nations notamment dans le sud. Ce chaos géopolitique a été rendu possible par la dérégulation mondiale qui a entrainé les entreprises transnationales à s’affranchir de la tutelle des états nations. C’est par ce biais que se sont introduits les nouveaux fascismes identitaires encouragés par les guerres et ces interventions militaires de l’occident en Afghanistan, en Irak, en Lybie et en Afrique. Ces monstres se sont enfermés dans une logique identitaire de fermeture totale aux autres, à tous les autres. L’apartheid n’est pas réservé aux puissants. Il peut être également le refuge de ceux qui prétendent se protéger en combattant l’exclusion par l’exclusion. Le chaos géopolitique, c’est la guerre de tous contre tous. La guerre précède la politique. Attisés par les interventions impérialistes des coalitions des grandes puissances, la guerre prend la forme dans les zones grises du monde de guerres liées à des mafias, de guerres identitaires et de guerres « vertes » liées à l’eau, au climat et au contrôle des ressources. Dans ce contexte, les grandes puissances, à l’instar notamment de la France qui s’en vante, multiplient les ventes d’armes et accélérant la désagrégation des états rendus plus faibles par les politiques de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International (FMI) et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Les attentats de Paris ne sont que l’effet de boomerang de ce chaos géopolitique. Feindre de ne pas le voir donne la mesure de l’irresponsabilité des dirigeants qui sont des pompiers pyromanes dans la lignée des néo conservateurs américains.

Identifier l’ennemi djihadiste

L’islamo fascisme est actuellement le plus dangereux des nouveaux fascismes. Nous le qualifions ainsi parce qu’à l’instar du fascisme, il cherche à détruire toutes les organisations démocratiques, politiques, syndicales et associatives, tous les corps intermédiaires, qu’il s’attaque pour les exterminer à des groupes humains entiers, juifs, chrétiens et yézidis, ou qu’il cherche à créer un homme nouveau, obéissant au calife, seul intermédiaire avec dieu.

L’instauration de cet ordre nouveau sur terre est la justification ultime qui lui permet en répondant à la crise de sens d’une partie de la jeunesse occidentale comme de celle des pays arabes, africains et européens, de mobiliser des ressources humaines jusqu’au sacrifice.

Les terroristes qui se font exploser parmi nous ne doivent pas être essentialisés comme des fous, voyous ou musulmans, même si parfois ils peuvent être les trois à la fois.

L’essentialisation c’est toujours la porte ouverte à l’engrenage de l’amalgame. Ce courant n’est pas plus religieux qu’il ne relève de l’islamisme politique traditionnel. Le fascisme religieux de l’Etat Islamique a des caractères spécifiques qui le différencient de toutes les autres composantes de l’islam. Ce courant est le produit de la fusion, suite à l’intervention militaire anglo américaine en Irak, de deux courants organisés qui se sont retrouvés dans les prisons américaines, celui d’une part du Baas, parti formé en Syrie et en Irak dans les années 1950 construit sur le modèle des formations totalitaires notamment le national socialisme et qui a façonné la Syrie et l’Irak à son image, et celui du courant djihadiste transnational fondé autour des thèses de Sayyid Qotb, prédicateur égyptien, qui ne reconnaît aucune souveraineté nationale y compris les pays musulmans. Ce courant, organisé ensuite par Oussama Ben Laden, se définit comme transnational, luttant à la fois contre les puissances occidentales, les juifs et les régimes dits apostats, c’est à dire relevant de l’islam comme religion d’état. Ce qu’a ajouté l’Etat Islamique à cette tradition, c’est le retour immédiat au califat, c’est à dire l’existence d’un territoire de référence pour la communauté des croyants, territoire doté des attributs d’un état mais un état qui se développe à la fois dans l’enracinement en Irak et en Syrie, en Libye ou au Yémen, au Nigéria ou en Afghanistan, mais aussi dans le virtuel à travers sa main mise sur une partie du cyberespace. Nous ne confondons pas l’Etat Islamique et ses victimes, les populations prises en otage, humiliées, réprimées, privées de tous droits par le régime de Bachar al Assad et qui, après s’être révoltées contre la tyrannie, sont tombées sous la coupe des fascistes religieux.

Combattre l’Etat Islamique suppose d’assécher ses ressources

Dans cette guerre asymétrique, moderne et en partie virtuelle, il faut développer une action multiforme qui repose sur l’assèchement des ressources financières, matérielles, humaines et virtuelles. Combattre et détruire ce courant à la fois moderne et traditionnel nous oblige à repenser la guerre en fonction des caractéristiques de ce nouvel ennemi.

S’attaquer aux ressources financières, pétrolières et industrielles de l’Etat Islamique

La priorité est de s’attaquer aux sources de financements de l’Etat Islamique. Il s’appuie sur du pétrole revendu aux pays de la région, notamment la Turquie et même le territoire syrien contrôlé par Bachar al Assad. Cela complique de réviser drastiquement les alliances de la France et ses pratiques diplomatiques et économiques. La Turquie achète toujours du pétrole comme d’ailleurs la Syrie de Bachar al Assad. Les ventes d’armes à l’Egypte, au Quatar, aux Emirats et à l’Arabie Saoudite, présentées ici comme des victoires, ont été là bas autant de mauvais signaux envoyés aux populations sunnites opprimées par ces régimes qu’ils soient le fait d’états wahhabites ou de dictatures laïques.

Ni Etat Islamique, ni Bachar al Assad, soutien à la révolution syrienne

Le changement d’orientation de François Hollande va accentuer l’isolement des révolutionnaires et renforcer l’implosion de la Syrie au profit des puissances régionales et de Bachar al Assad.

Les forces politiques qui se battent sur le terrain sont le peuple kurde et les brigades de résistance de l’Armée Syrienne Libre (ASL) qui subsistent en nombre sur le terrain. La sainte alliance qui se noue pour protéger le régime de Bachar al Assad autour de la Russie va continuer, faute de solution politique en Syrie et en Irak, de faire imploser le Moyen Orient.

Même si à moyen terme l’Etat Islamique est battu, un nouveau monstre surgira de ces décombres. Car la victoire militaire n’est pas la paix. Là aussi, il faut vider le bocal de son eau pour que le poisson s’étouffe. Nous avons, depuis quatre ans, abandonné la résistance démocratique syrienne face à Bachar al Assad qui est le principal responsable des deux cent cinquante mille morts depuis mars 2011. C’est par notre refus de soutenir concrètement les révolutionnaires syriens non par une intervention mais par l’aide en matériel qu’ils réclamaient que nous avons laissé se développer l’Etat Islamique en alliance de fait avec Bachar al Assad. Si nous laissons la population syrienne des territoires en dissidence contre le régime, isolée et dans la détresse morale, sans perspective politique, elle se jettera dans les bras de l’Etat Islamique et le renforcera.

Défendre le cosmopolitisme de la société, défendre les réfugiés

Les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 sont les révélateurs de la crise des réfugiés. Ceux qui fuient la Syrie ont subi une, deux, dix fois l’horreur de ce que nous avons subis Vendredi 13 Novambre 2015 à travers le terrorisme d’état de Bachar al Assad et celui de l’Etat Islamique.

La crise des réfugiés est le produit de nos interventions militaro humanitaires, de nos lâchetés et de nos impuissances. Les réfugiés sont des membres des classes moyennes du Moyen Orient et d’Afrique qui veulent échapper à la fois aux dictatures et aux djihadistes mais aussi au dérèglement climatique qui les met en état de famine. Défendre nos valeurs et nos modes de vie, c’est aussi les accueillir et lutter pour la liberté de circulation et d’installation.

L’union sacrée n’est pas l’union de la société, c’est une ligne Maginot illusoire

L’union sacrée est une union nationale dévoyée. Elle a été utilisée à tous les moments où la classe dominante essayait de ranger les citoyens sous la bannière du nationalisme et de la peur.

En 1914, comme en 1956 avec le vote des pouvoirs spéciaux, la gauche s’est auto détruite parce qu’elle a abdiqué, au nom de la lutte contre l’ennemi, toujours essentialisé, les « boches », le Front de Libération Nationale (FLN) algérien et les « mauvais français » sous Philippe Pétain.

La seule union à laquelle nous devons recourir, c’est le rassemblement de la société et sa capacité de résilience face à la pulsion de mort des fascistes djihadistes. C’est l’égalité et la solidarité avec toutes celles et tous ceux qui sont les victimes de cette violence insoutenable et avec toutes celles et tous ceux qui seraient stigmatisés par amalgame. Nous devons répondre par toujours plus de démocratie.

L’état d’urgence est la négation de l’état de droit. Il est l’expression même d’une stratégie du choc qui instrumentalise toute crise terroriste, climatique, financière ou sociale à travers un état d’exception permanent.

L’état d’urgence, c’est une société anxiogène, sous tension, au garde à vous durant des mois sinon des années et un chèque en blanc donné à l’état pour se passer des instances judiciaires.

Nous devons le combattre dans ses conséquences pratiques comme l’interdiction des manifestations ou la limitation des pouvoirs d’investigation des journalistes ou de la liberté de circulation des personnes. C’est pour cela que les forces politiques se réclamant de l’écologie et du Front De Gauche (FDG) ont eu tort de voter pour l’état d’urgence. En croyant être « audibles » par la population, elles vont dans le sens de la résignation et du renoncement face à ce qui est au cœur des valeurs de la démocratie républicaine, la liberté, l’égalité et la fraternité. En politique on n’échange pas des marchandises, un peu de sécurité contre un peu moins de liberté. On défend ses principes, quitte à être minoritaires dans un premier temps.

D’autant plus que dans l’arsenal de la loi, toutes les armes légales permettaient de combattre les groupes de l’Etat Islamique sans mettre en danger l’état de droit. La prolongation de l’état d’urgence est un moyen de nous habituer à la militarisation de la vie quotidienne.

Contre la république sécuritaire et la militarisation durable de la société

La dérive sécuritaire n’est pas une nouveauté. C’est le produit de l’exportation de la révolution néo conservatrice américaine en Europe.

Manuel Valls par exemple a repris la vielle antienne bushienne de la « guerre des civilisations ».

Au delà de la guerre idéologique, la république sécuritaire prétend échanger une partie de nos libertés contre une mise en spectacle de la sécurité. Cela a pour conséquence de stigmatiser toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas se plier à la démocratie de caserne.

Ainsi juste avant les attentats, le premier ministre assimilait déjà les zadistes de Notre Dame Des Landes aux terroristes et fermait les frontières pour empêcher des dizaines de milliers de jeunes européens de se rassembler à Paris contre les entreprises mortifères carbonées et nucléaires.

Ce qui est en jeu, c’est une forme de militarisation durable de la société à travers une stratégie de la tension et d’une société de la contrainte basée sur l’hyper surveillance et la mise en cause des libertés numériques. Les écologistes se réfèrent à la non violence, pas au pacifisme. Ils sont conscients que la société doit parfois s’armer pour se défendre. Mais ce que les diverses mesures reflètent, de la déchéance de nationalité à la création dans la constitution d’un Patriot Act à la française, au droit donné à la police de porter ses armes en permanence et à l’armement des polices municipales, c’est la volonté de transgresser les règles de l’état de droit en créant un état d’exception permanent fondé sur la logique de guerre imposée à toute la société.

La conférence climat doit se maintenir, mais avec la présence massive des manifestations de la société civile

Les évènements actuels ne doivent être sous aucun prétexte une tentative des états pour isoler le mouvement pour la justice climatique. Car ce mouvement, en alliant justice climatique et justice sociale contre les prédateurs des grandes compagnies pétrolières, est le seul espoir pour la jeunesse du monde et les générations futures. Parce que changer le système, c’est à la fois sauver le climat et lutter contre les nouveaux fascistes identitaires. Car les guerres du climat ne se situent pas dans un temps éloigné. Elles sont déjà présentes parmi nous. La guerre en Syrie en est un exemple car les famines qui ont été engendré par la sécheresse ont été un des éléments structurels déclencheurs de cette guerre. Les guerres sont déterminées désormais par le changement climatique qui s’accumule aux buts politiques de guerres, caractérisés par la volonté d’asservir les populations et de contrôler les richesses.

Ce que veulent les états, c’est d’abord étouffer les voix des peuples autochtones en lutte contre l’extractivisme, des paysans sans terre qui se soulèvent contre les accaparements de terre par les états pour les biocarburants et les minerais rares, des habitants en lutte contre les grands projets inutiles capteurs d’énergie et de la jeunesse des grandes métropoles contre les prédateurs du climat. Nous ne nous laisserons pas faire.

Ecologie de libération ou barbarie mondialisée

Le chaos géopolitique engendré par la crise climatique et écologique et la mutation du capitalisme produisent un nouveau monde. L’écologie de libération portée par les peuples reste la seule voie de l’émancipation pour les peuples. Le discours martial du pouvoir et le recours à la seule compassion sont les deux mamelles de la démission face aux défis du temps.

Pleurer des larmes de crocodile sans défendre face aux nouveaux fascistes religieux notre société d’ouverture et de tolérance est une faute morale et politique. Les sondages ne peuvent tenir lieu d’orientation politique. Ni compassion, ni soumission à la dérive sécuritaire, il nous faut défendre la société face aux monstres. Nous défendre, c’est défendre l’émancipation et la démocratie jusqu’au bout. La liberté, l’égalité et la fraternité ne se marchandent pas. Nous défendre, c’est aimer, s’aimer et nous aimer. Nous ne renoncerons jamais à la critique, à l’invention et à la résistance contre les forces de la mort.

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 17:09

http://www.revolutionpermanente.fr/Derriere-l-etat-d-urgence-l-ombre-de-la-Guerre-d-Algerie

Derrière l’état d’urgence, l’ombre de la Guerre d’Algérie

Mercredi 18 Novembre 2015

C’est au début de la guerre d’Algérie que fut créé le concept d’état d’urgence, en 1955.

Auparavant, il n’y avait que la législation dite d’état de siège, valable en temps de guerre et inscrite dans la constitution. Le gouvernement d’alors ne voulait surtout pas laisser entendre que ce que l’on désignait par « les événements en Algérie » étaient bel et bien une guerre, avec tout ce que cela implique.

Comparaison n’est pas raison. Penser qu’il suffit de faire des analogies entre la situation actuelle de la France et celle d’il y a soixante ans pour éclairer notre présent, revient à dire que l’histoire n’existe pas. En plus d’un demi-siècle, la France a connu différentes manifestations du « terrorisme », dissemblables en bien des points, et les derniers attentats à Paris sont marqués par un contexte bien spécifique.

Nous ne chercherons pas ici à élaborer des généralités sur le « terrorisme » ou à avancer des analogies déplacées. Simplement, il nous a semblé utile de cerner les évolutions, les dissemblances et les ressemblances entre notre présent et la dernière période de violences importantes sur le territoire métropolitain, c’est à dire la guerre d’Algérie. À la fois guerre d’indépendance et guerre interne, cette sale guerre fut un moment de très grande conflictualité en Algérie même, mais également en « métropole ».

Le mouvement ouvrier court un risque, s’il oublie son histoire et sa mémoire. Aussi, l’idée qu’il serait radicalement nouveau que le courant politique qu’incarne le Parti Socialiste se lance dans un état d’urgence prolongé est fausse si l’on prend la peine de pencher sur l’œuvre politique de Guy Mollet, secrétaire général de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) de 1946 à 1969, président du Conseil de 1956 à 1957 et instigateur des « pouvoirs spéciaux ».

Que sont ces « pouvoirs spéciaux », votés en mars 1956, deux ans après le début de la guerre d’Algérie ? Ils incluent notamment la création d’une procédure de justice militaire de traduction directe sans instruction, la légalisation des camps d’internement créés en 1955 et l’attribution aux militaires des pouvoirs de police. Notons que ces pouvoirs spéciaux sont votés également par le Parti Communiste Français (PCF) qui laisse ainsi les mains libres au gouvernement pour mener sa guerre.

Si François Hollande ne va pas jusqu’à remettre en place les pouvoirs spéciaux, ses dernières propositions reprennent l’esprit des dispositions d’alors, prolongation de l’état d’urgence à trois mois, assignation à résidence par le ministère de l’intérieur de toute personne dont le « comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics » et dissolution des associations et des regroupements qui « participent, facilitent ou incitent à la commission d’actes portant une atteinte grave à l’ordre public ». La seule différence tient au fait que François Hollande ne retient pas les clauses de 1956 permettant de censurer la presse, la radio et les spectacles.

Notons cependant que la logique est bien celle de limiter les libertés publiques. À la lecture de cette proposition de loi qui sera certainement votée, on peut voir que François Hollande récupère toutes les propositions de la droite et va même plus loin.

Concrètement, toute manifestation ou tout groupement politique qui déplairait au gouvernement peut être interdit et dissout. Toute personne jugée dangereuse peut être internée et déplacée. C’est la fin de la séparation des pouvoirs exécutifs et judiciaires, déjà très restreinte voire fictionnelle en France, et d’un certain nombre de garanties pour les libertés publiques et individuelles.

En fait, alors que la logique de l’état d’urgence et des « pouvoirs spéciaux » pendant la guerre d’Algérie était de ne pas déclarer la guerre juridiquement tout en se donnant les moyens de la mener, il semble que la situation actuelle soit beaucoup plus ambigüe, puisque François Hollande déclare à qui veut l’entendre que la France est en guerre. Guy Mollet justifiait la création d’un état d’exception, de crise et d’urgence, qui n’existait pas alors dans le droit, par la nécessité de trouver une formule intermédiaire avec l’état de siège qui est le transfert des pouvoirs civils aux pouvoirs militaires. A l’époque personne n’est dupe et tout le monde parle de guerre, y compris les parlementaires, dont certains ont été dans des camps pendant la seconde guerre mondiale. L’état d’urgence a donc été conçu pour la guerre d’Algérie et il est resté dans le droit français.

L’une des grandes différences avec la guerre d’Algérie, c’est que le problème était censé être interne et le rester. C’était donc des « événements » mais pas une « guerre » puisque tout cela avait lieu sur un territoire officiellement français et même sur des départements français. Il était donc hors de question de demander le soutien des américains ou d’autres puissances coloniales européennes, alors même que la marche à la décolonisation en Afrique avait déjà commencé aux lendemains de la seconde guerre mondiale. De plus, on prétendait qu’il n’y avait pas d'état ni d’armée régulière, mais uniquement des bandits et des terroristes, une vision qui peut se retrouver aujourd’hui. Si l'Etat Islamique n’a rien à voir avec le Front de Libération Nationale (FLN) algérien et que ses projets sont en tous points réactionnaires, ses actions témoignent du moins d’une volonté de se constituer en tant qu'état véritable.

Actuellement, François Hollande cherche plutôt à obtenir une extension du conflit et un soutien de ses partenaires européens. Il a ainsi déclaré que « l'ennemi n’est pas un ennemi de la France, c’est un ennemi de l’Europe » et le gouvernement français a fait jouer une clause du traité de Lisbonne, « au cas où un état membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres états membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément au cinquante et unième article de la charte de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains états membres ».

Autrement dit, tout en gardant les coudées franches, notamment en modifiant la constitution, François Hollande veut obtenir un maximum de soutien européen à sa riposte guerrière contre l'Etat Islamique. Ces soutiens ne seront peut-être que policiers. Mais le fait que la Belgique ait jusqu’ici servi de base arrière aux terroristes, sans inquiétude avouée de la France, montre bien le double sens que peut contenir cet appel aux européens. Il s’agit de montrer un front uni, ce qui est très utile politiquement, notamment vis à vis des opinions publiques européennes, mais aussi peut être de faire pression sur les états européens qui préféraient rester en dehors du conflit syrien et de ses éventuelles conséquences. À n’en pas douter, l’évolution de la situation en France est suivie de près par les bourgeoisies européennes, tout comme la guerre d’Algérie avait pu être une leçon en « contre-insurrection » pour les forces armées américaines qui s’en sont beaucoup servi, au Vietnam comme en Irak.

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 16:45

https://www.ensemble-fdg.org/content/communique-de-ensemble-non-letat-durgence

Communiqué d’Ensemble

Non à l’état d’urgence

Jeudi 19 Novembre 2015

Les députés viennent d'approuver la prolongation de l'état d'urgence, députés du Front De Gauche (FDG) inclus.

Pour Ensemble, si des mesures sont nécessaires pour assurer la sécurité des populations, l'état d'urgence fait peser de graves menaces sur les libertés publiques et le droit de manifestation. Déjà, plusieurs manifestations ont été interdites, celles contre les violences faites aux femmes, Samedi 21 Novembre 2015, en solidarité avec les réfugiés, Dimanche 22 Novembre 2015, et, à l'occasion de la conférence climat, Dimanche 29 Novembre 2015 et Samedi 12 Décembre 2015. Ce dispositif s'inscrit dans un processus de durcissement constant des textes législatifs parallèlement à une réduction des moyens de la police et de la justice.

L'état d'urgence implique que l'autorité administrative a pendant trois mois la prééminence sur la justice.

L'actuelle surenchère sécuritaire puise dans les propositions de la droite et de l'extrême-droite. Elle les légitime.

Ainsi en est-il de l'assignation à résidence pour les personnes censées menacer l'ordre public ou dont le comportement, les fréquentations iraient dans ce sens. Toutes les interprétations extensives, les stigmatisations sont rendues possibles.

Ainsi en est-il du recours possible de bracelet électronique pour certains assignés à résidence, de la déchéance de nationalité ou du visa de retour.

En parallèle, le gouvernement en profite pour donner son feu vert à l'armement des policiers municipaux et au port d'arme pour les policiers en dehors de leur service.

C'est pourquoi, Ensemble condamne la prolongation de l'état d'urgence voulue par François Hollande et son gouvernement et qui préfigure ce que pourrait être la réforme constitutionnelle instaurant un régime civil d'état de crise.

Ce n'est pas d'une refondation sécuritaire et autoritaire dont nous avons besoin mais d'une république sociale et démocratique, de plus d'égalité, de justice sociale et de liberté, ce qui implique la lutte contre le chômage et la précarité, contre tous les racismes et contre toutes les discriminations.

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 19:20

Soulagement et doutes après l’identification d’Abdelhamid Abaaoud (Reuters)

L'identification du corps du commanditaire présumé des attentats de Paris parmi les morts de l'assaut mené Mercredi 18 Novembre 2015 par les forces de l'ordre à Saint-Denis constitue un soulagement pour les autorités françaises, désormais confrontées aux failles du renseignement qui ont permis sa présence en France.

Le procureur de Paris, François Molins, a annoncé Jeudi 19 Novembre 2015 que c'était bien le corps criblé d'impacts d'Abdelhamid Abaaoud, un belge d'origine marocaine âgé de vingt huit ans, qui a été retrouvé dans l'appartement dévasté de la banlieue de Paris.

Il avait été qualifié par le parquet de « commanditaire présumé » des attentats qui ont fait au moins cent vingt neuf morts et trois cent cinquante deux blessés Vendredi 13 Novembre 2015 à Paris et aux abords du Stade de France.

Le premier ministre, Manuel Valls, a estimé qu'il s'agissait « d'un des cerveaux » des attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 et le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a déclaré qu'il avait joué un « rôle déterminant » dans ces attaques.

Abdelhamid Abaaoud, qui préparait d'autres attentats selon les autorités, a été identifié grâce à des « traces papillaires », ses empreintes digitales, mais le procureur de Paris a dit ignorer à ce stade s'il s'est fait, ou non, exploser.

L'autre personne tuée Mercredi 18 Novembre 2015 à Saint-Denis est vraisemblablement une femme qui pourrait être sa cousine et qui a déclenché son gilet explosif lors de l'assaut.

Selon la source policière, la jeune femme avait été mise sur écoutes par la Direction Générale de la Sûreté Intérieure (DGSI) pour ses liens avec Abdelhamid Abaaoud et, parallèlement, par la police judiciaire de Seine-Saint-Denis pour trafic de stupéfiants. C'est elle qui, en plus d'un témoignage, aurait mené la police sur la trace du commanditaire.

Figure de l’Etat Islamique

Le procureur n'a pas donné Jeudi 19 Novembre 2015 d'indication sur le troisième corps qui pourrait avoir été retiré des décombres de l'appartement de Saint-Denis.

Deux des auteurs présumés des attaques du Vendredi 13 Novembre 2015 sont activement recherchés, Salah Abdeslam et un second homme encore non identifié. Tous deux étaient dans une Seat noire utilisée pour attaquer des terrasses de bars et de restaurants.

La présence d'Abdelhamid Abaaoud en région parisienne alimente le débat sur les failles du renseignement anti terroriste car il est une figure de l'Etat Islamique et est à l'origine de plusieurs projets d'attentats ces dernières années.

« Toutes les interrogations sont bien sûr légitimes », a déclaré Manuel Valls, venu défendre la prolongation pour trois mois de l'état d'urgence à l’assemblée nationale.

L'homme est soupçonné par la France d'être le cerveau de plusieurs attentats commis sur son territoire et sa neutralisation a permis d'en éviter d'autres, a déclaré Bernard Cazeneuve.

Le ministre de l’intérieur se rendra Vendredi 20 Novembre 2015 à Bruxelles pour obtenir un renforcement de la lutte anti terroriste auprès de ses homologues européens. Selon un projet de conclusions dont Reuters a pu prendre connaissance, les vingt huit pays de l’Union Européenne vont notamment s'entendre pour renforcer les contrôles d'identité aux frontières extérieures de l'espace Schengen.

Etat d’urgence prolongé

Sans attendre, la France modifie son arsenal répressif.

Les députés français ont donné Jeudi 19 Novembre 2015 leur feu vert par cinq cent cinquante et une voix contre six au prolongement pour trois mois de l'état d'urgence en France, une mesure exceptionnelle appliquée dès samedi pour la première fois depuis 1961 sur tout le territoire national.

Il précise les contours de l'assignation à résidence, rend les perquisitions plus efficaces et accélère les procédures de dissolution, notamment des mosquées salafistes radicales.

Manuel Valls a par ailleurs annoncé la création, d'ici à la fin de l'année, d'une « structure » de prise en charge des jeunes français radicalisés, qui y seraient admis sur décision judiciaire. Il avait annoncé en avril 2015 la création de cette structure, qui ne pourra, a-t-il dit, pas concerner les personnes de retour de zones de djihad comme la Syrie ou l'Irak.

En outre, les policiers qui le souhaitent pourront porter leur arme en dehors de leurs heures de service pendant l'état d'urgence, a annoncé le porte-parole de la police nationale.

Le renforcement des moyens alloués à la sécurité après les attaques coûtera environ six cent millions d'euros en 2016, un montant que le gouvernement ne compensera pas par des économies mais qui ne devrait avoir qu'un impact limité sur les déficits.

La somme a été annoncée à l'ouverture du débat budgétaire pour 2016 au sénat par le ministre des finances, Michel Sapin, qui a précisé qu'elle couvrait les créations de nouveaux postes décidées par le président François Hollande et les besoins en équipements liés à ces embauches.

L'inquiétude sur les conséquences économiques des attentats commence par ailleurs à poindre dans la zone euro.

Les attaques peuvent nuire à une reprise économique en Europe déjà fragilisée par le ralentissement des économies des pays émergents, a dit Ignazio Visco, qui siège au conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne (BCE).

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