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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 09:45

http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/loit-travail-blocus-des-lyceens-a-pontoise-nuit-debout-lance-a-cergy-14-04-2016-5715645.php

Blocus des lycéens à Pontoise, Nuit Debout lancée à Cergy

Les vacances scolaires approchent, mais la mobilisation contre le projet de loi réformant le Code du travail continue et gagne du terrain dans le Val-d’Oise, notamment dans les lycées de l’agglomération de Cergy-Pontoise.

Deux semaines après une première journée de mobilisation, des élèves du lycée Camille Pissarro de Pontoise ont bloqué dans le calme l’accès à leur établissement durant environ deux heures, Jeudi 14 Avril 2016.

« Le gouvernement veut faire passer la loi pendant les vacances, alors on veut se faire entendre une dernière fois », explique l’un des manifestants. Ces derniers entendent bien renouveler le blocage Vendredi 15 Avril 2016, dernier jour avant les vacances. Ils espèrent susciter l’enthousiasme et recevoir le soutien d’élèves d’autres lycées de l’agglomération.

Jeudi 7 Avril 2016, les rassemblements organisés par deux lycées ont rapidement dégénéré à Taverny et à Saint-Ouen-l’Aumône, avec à la clé, huit jeunes interpellés, dont trois placés en garde à vue.

Vendredi 15 Avril 2016, Il devrait également être question de débat sur le parvis de la préfecture, où des militants de Cergy veulent organiser le mouvement citoyen Nuit Debout, à partir de 18 heures. Un appel a en effet été lancé sur le réseau social facebook pour importer dans l’agglomération le rassemblement né place de la République à Paris, Jeudi 31 Mars 2016, dans la foulée des manifestations contre la loi travail. Et qui s’est depuis propagé dans des villes de banlieue et de province. « C’est une façon de montrer notre désaveu de la politique actuelle », explique l’un des participants. Mais impossible pour l’instant d’évaluer l’ampleur que le mouvement prendra.

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 09:35

http://www.liberation.fr/france/2016/04/14/a-grenoble-il-faut-tenir-entre-trois-mois-et-trois-ans_1446257

Il faut tenir entre trois mois et trois ans

Par Maïté Darnault

Jeudi 14 Avril 2016

Dans la ville de Grenoble, c’est la mairie qui paie la facture des Nuits Debout. Depuis Samedi 9 Avril 2016, la municipalité verte, rouge et citoyenne d’Eric Piolle a pris un arrêté pour autoriser l’occupation, elle fournit l’eau et l’électricité et elle s’occupe du nettoyage matinal du campement, installé autour du parvis de la maison de la culture, jusqu’à nouvel ordre. « Tant que cela reste dans un esprit positif, la ville s’organise pour que ce soit possible », dit-on au cabinet du maire, qui se défend de toute récupération, « le pari, c’est de dépasser la logique de concurrence. Il s’agit juste de favoriser les bonnes énergies et tout ce qui participe à un débat public de qualité. Nous gardons une distance respectueuse ». La foule le lui rend bien, qui a déclaré les élus municipaux persona non grata durant les assemblées générales.

Sans surprise, la greffe Nuit Debout a pris à Grenoble, où les réseaux militants sont denses, regroupant au gré des combats étudiants, syndicats, associatifs, universitaires, montagnards et autonomes. Sur la pelouse, une dizaine de tentes ont été plantées. De l’autre côté, il y a des toilettes sèches, faites de palettes et de récupération. Quelqu’un a suggéré de démarrer un potager. En attendant, la cantine-buvette est alimentée grâce aux poubelles des supermarchés et à des emplettes chez des producteurs locaux.

Samedi 9 Avril 2016, ils étaient un millier pour inaugurer l’installation, sur les marches de la maison de la culture qui servent d’agora aux assemblées générales, fixées chaque jour à 18 heures. Mardi 12 Avril 2016, ce sont plus de deux cent personnes qui y assistent. Les questions logistiques monopolisent les interventions. Puis c’est le débriefing des actions du jour. Un militant de Droit Au Logement (DAL), la trentaine, raconte le rassemblement devant un centre d’hébergement d’urgence « indigne », pourtant propriété de l'état. Un orateur, la soixantaine, vient dénoncer le « sabordage de la politique d’aide sociale à l’enfance par la nouvelle majorité départementale », passée à droite aux dernières élections. Quelqu’un propose à la volée « une réflexion dépassant l’échelle locale ». Eliane profite de la tribune libre pour présenter son idée destinée à « lutter contre la mainmise mondiale de la finance sur tous les pouvoirs, sur le modèle des Nuits Debout, on lance une mobilisation sur un fuseau horaire et une heure plus tard, le prochain fuseau prend le relais ». Comme une gigantesque ola contestataire qui ne cesserait de faire le tour du globe.

« Faut tenir entre trois mois et trois ans », renchérit Jeannot, casquette à badges et gilet jaune de sécurité. Les crieurs publics, qui vont à la rencontre des habitants dans le tram et dans le centre-ville, cherchent des volontaires.

Le lendemain, la pluie a eu raison d’une partie des troupes. Une petite centaine de personnes assiste à l'assemblée générale délocalisée à la Bifurk, un lieu culturel à deux pas de la maison de la culture. Pas de quoi décourager Moustache, vingt cinq ans, « c'est plus intime ce soir. Mais il y a de belles paroles, cela remet du baume au cœur. Il y a peut-être un peu de désillusion, mais nous avons aussi besoin de nous confronter à la réalité ».

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 19:25

http://www.madrid15m.org/francia-por-una-sociedad-mas-participativa

Pour une société plus participative

Par Baki Youssoufou, fondateur de www.wesign.it

Tout d'abord, je voudrais dire ici que je parle en mon nom et pas au nom de la mobilisation en France. Mon point de vue est donc celui d'un citoyen déterminé à construire les changements à apporter à la société dans laquelle je dois vivre aujourd'hui et demain. Pour moi, chaque génération construit le monde dans lequel elle évolue et va évoluer, par l'action ou par l'inaction. La participation à mon niveau, avec ma manière et mes compétences, à cette dynamique citoyenne est essentielle pour moi.

En France, nous vivons une époque de grands bouleversements et notre génération a un rôle important à jouer pour notre propre survie. Notre rôle consiste, entre autre, à notre capacité à construire une solidarité active par une empathie universelle à vivre librement et pour notre liberté que nous devons concevoir avec les autres. Nous devons construire les modes actuels de la défense de l'intérêt commun. Il est clairement visible qu'il y a maintenant une rupture complète entre nous, citoyens, et nos élites, qu'elles soient politiques, intellectuelles ou économiques, parce que nous voyons que ces élites ne vivent pas dans le même pays ou sur la même planète que nous.

La crise actuelle née de la loi de Myriam el Khomri, ministre française du travail, n’est rien d'autre que l'expression du sentiment des citoyens contre un gouvernement qui ne prend pas en compte leur point de vue dans ses décisions. Les partis politiques ont renoncé à construire des organisations de masse qui respecteraient un certain nombre de principes démocratiques. Les ministres, ainsi que certains députés, se sont élevés à un niveau de cynisme qui est même du mépris pour leurs concitoyens. Les partis persistent à vouloir garder le contrôle sur leurs structures et sur les citoyens, même si nous voyons que les dogmes et les idéologies qui sont revendiqués n’ont rien à faire de la vie des citoyens et des pratiques démocratiques. Les citoyens ne croient plus aux promesses et aux engagements des dirigeants politiques.

Nous sommes indignés par la situation et par l'incapacité presque originelle de la classe politique française et nous nous exprimons en dehors des cadres politiques traditionnels et militants. Les partis politiques sont trop vieux et leurs pratiques démocratiques deviennent inaudibles. Certains de leurs dirigeants deviennent cyniques et méprisants envers les citoyens. Ils nous méprisent, jeunes ou vieux, parce que nous ne sommes pas allés dans de bonnes écoles et que nous n’avons pas un bon diplôme.

Les grandes structures de la société civile française, les syndicats, les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et les entreprises, sont également progressivement dépassés par la nécessité de la transparence des citoyens. Ces organisations traditionnelles ont, par exemple, un problème avec les medias électroniques et leur méfiance envers ces medias les rend suspectes auprès des citoyens, en particulier ceux qui sont nés avec les medias électroniques.

Nous voulons participer pleinement aux décisions qui affectent nos vies, alors que les organisations ont tendance à imposer leurs vues.

Nous voulons participer horizontalement à la prise des décisions, alors que ces structures ont une logique verticale.

Nous voulons co-construire notre avenir, alors que ces structures pensent pouvoir décider, sans nous consulter, ce qui est bon pour nous.

Nous voulons avoir le temps nécessaire pour prendre les décisions qui affectent nos vies et notre avenir, alors que ces organisations donnent toujours l'impression de courir après le temps et laissent de nombreuses personnes au bord de la route.

Nous sommes dans une crise générationnelle et, quand je dis « générationnelle », je ne parle pas des jeunes contre les vieux. Je parle d'une façon de faire de la politique, ceux qui pensent qu'ils ont tout compris et qui décident seuls, sans consulter les citoyens, contre ceux qui pensent que cela a à voir avec les citoyens dans leur diversité.

La principale différence que j'ai avec la classe politique de notre pays est le fait qu’elle partage la même idéologie, tout faire pour exclure les citoyens des cercles de prise de décision, bien sûr, avec des différences sur la façon de le faire. Je soutiens une autre idéologie, fournir les meilleurs moyens pour intégrer le maximum de citoyens dans toutes les décisions qui les concernent. Les médias électroniques nous permettent facilement de le faire si nous en avons la volonté.

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 18:48

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/04/13/il-faut-ramener-la-nuit-debout-dans-les-banlieues-et-non-l-inverse_4901381_3224.html

Il faut amener le mouvement de la Nuit Debout dans les banlieues et non l’inverse »

C’est une des petites dernières du mouvement de la Nuit Debout, la commission banlieue. Elle est née Dimanche 10 Avril 2016, croit se souvenir Fahima Laidoudi, « à force d’en parler dans les assemblées générales ». Originaire d’un quartier populaire de Toulon, cette femme de ménage de cinquante trois ans, qui « lutte depuis trente ans », vit et milite aujourd’hui en région parisienne. Depuis le début du mouvement, Jeudi 31 Mars 2016, elle prend la parole tous les soirs pour proposer la création d’un groupe de réflexion chargé de « faire en sorte que le mouvement passe le périphérique » et de coordonner l’action du mouvement des Nuits Debout dans les banlieues.

A l’heure où le mouvement est taxé de « non représentatif, parisien, blanc ou encore bobo », les participants accueillent avec enthousiasme l’intervention de Fahima Laidoudi, Lundi 11 Avril 2016. « Nous ne pouvons pas parler de convergence des luttes si les banlieues ne sont pas intégrées au mouvement », affirme-t-elle au micro de la tribune, saluée par les applaudissements et les sifflets d’approbation de l’assemblée. « Il faut que les banlieues s’y mettent », murmure un homme en tirant sur sa cigarette dans la foule.

Car c’est aussi cela l’enjeu. Près de quinze jours après la première Nuit Debout, on s’interroge sur la suite à donner au mouvement que l’on a peur de voir s’essouffler. « Et maintenant », est une préoccupation grandissante. La stratégie de la commission banlieue est claire, sortir de la place.

« Se démultiplier dans les quartiers est le seul moyen de palier un éventuel essoufflement », estime Fahima Laidoudi. Pour elle, l’échec du mouvement des indignés en France en 2011, auquel elle a participé, s’explique en partie par son incapacité à quitter la place de la Bastille, contrairement aux indignés espagnols qui ont essaimé au-delà de la Puerta Del Sol à Madrid. Surtout, l’objectif n’est pas, selon elle, de ramener la banlieue place de la République mais d’amener la Nuit Debout dans les banlieues.

Crainte de récupération

De l’autre côté du périphérique, à l’université Paris-XIII de Villetaneuse, l’association d’étudiants de la Dream attend de voir. « Si la Nuit Debout en banlieue est une exportation pure et simple du mouvement parisien, cela ne marchera pas. Il faut voir si l’objectif est réellement de créer une dynamique autre part », estime Rached Zehou, ancien vice-président de l’association. Il s’est rendu deux fois place de République et considère que le mouvement va dans le bon sens, comme tous les étudiants rencontrés Mercredi 13 Avril 2016 dans cette université du nord de Paris, mais il se méfie de la récupération dont il pourrait faire l’objet. « Cela fait des années qu’en banlieue on nous dit que les choses vont changer grâce à tel ou tel mouvement qui finit systématiquement par être récupéré à des fins politiques », souffle-t-il.

Même son de cloche du côté de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) de l’université Paris-XIII, « les étudiants qui nous approchent pour se renseigner sur le mouvement de la Nuit Debout nous demandent principalement si le mouvement est une initiative citoyenne ou s’il est appelé par une organisation », explique Maeva, secrétaire générale du syndicat qui se rend régulièrement place de la République.

« Quand nous leur expliquons que c’est quelque chose qui vient des gens, ils s’y intéressent ».

La crainte de la récupération d’un mouvement qui se veut sans leader et sans étiquette est partagée par beaucoup. Place de la République, on critique la visite des personnalités politiques ou les intervenants « trop politisés ». La venue de Mohamed Mechmache, fondateur de l’association AC le Feu et tête de liste d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) aux dernières élections régionales en Seine Saint Denis, a notamment fait grincer des dents.

Invité à s’exprimer par les organisateurs qui estimaient que la voix des quartiers populaires n’était pas représentée, il rejette ces critiques, « en aucun cas nous ne nous sommes auto proclamés leaders de quoi que ce soit. Nous sommes venus dire que leurs luttes sont aussi les nôtres, même si les nôtres n’ont pas été les leurs par le passé », affirme-t-il. En 2005, lors des émeutes dans les banlieues, la révolte n’a jamais traversé le périphérique. Le manque de solidarité de Paris envers ses banlieues est toujours dans les mémoires.

Rétablir la confiance

Des rassemblements ont déjà gagné plusieurs autres villes de France.

En banlieue, seule Montreuil a organisé sa Banlieue Debout, le week-end dernier, à l’initiative de lycéens. Vendredi 8 Avril 2016, après un démarrage timide, environ deux cent personnes y ont participé. Le lendemain, un rassemblement improvisé sous la pluie a convergé vers la place de la République faute de monde. Cette semaine, une Nuit Debout est prévue à Saint-Denis et à Marne-la-Vallée, Mercredi 13 Avril 2016, tandis que des réunions préparatoires se tiennent à Saint-Ouen et à Villetaneuse.

A Paris-XIII, Maxime estime qu’un facteur supplémentaire est susceptible de limiter l’engagement des quartiers populaires, cet étudiant en première année de sciences politiques, qui se décrit comme « militant et sympathisant » de l’UNEF, craint que seuls les profils comme le sien ne se sentent concernés par le mouvement en banlieue. « J’ai reçu un mail m’informant de la Nuit Debout à Saint-Ouen, il n’a été envoyé qu’à des gens avec qui je milite », déplore-t-il.

Ces difficultés, Fahima Laidoudi en est consciente. Pour elle, tout l’enjeu est de donner envie aux habitants des quartiers de prendre des initiatives. « Il faudra être patient », prévient-elle. « La majorité des organisations du Jeudi 31 Mars 2016 ont conscience qu’il faut se tourner vers les quartiers populaires. Nous avons la volonté, maintenant il faut se mettre au travail ».

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 18:26

http://www.lalibre.be/actu/belgique/plus-de-200-personnes-ont-passe-une-2e-nuit-debout-a-bruxelles-5707357835702a22d62b6293

Plus de deux cent personnes ont passé une deuxième Nuit Debout à Bruxelles

Jeudi 7 Avril 2016 à 19 heures, au Mont des Arts à Bruxelles, une vingtaine de personnes est présente à l'heure fixée sur l'évènement facebook. Les minutes passent, la foule grandit et l'ambiance est conviviale. Nous sommes encore loin des milliers de personnes mobilisées chaque soir dans les grandes villes françaises, mais le pendant bruxellois des Nuits Debout semble tout de même séduire le peuple belge. Tous sont réunis autour d'une idée commune, faire changer les choses. « C'est ce qui nous amène ici, une volonté de voir du changement dans notre société, quel qu'il soit », lance un participant à la foule assise face à lui. Pendant toute la soirée et jusqu'à une heure du matin, les interventions se succèdent. Certains choisissent de s'exprimer à travers la poésie ou même le rap.

La majorité des participants n'a pas plus de trente ans, mais le profil des orateurs varie. Un jeune de seize ans s'interroge sur l'avenir de notre planète, un ancien policier explique à quel point son métier l'a déçu et un étudiant critique le système capitaliste. Chacun a la parole et personne n'est plus important qu'un autre. Car ici, il n'y pas de hiérarchie et pas de leader.

Des paroles et après

Mais si chacun peut s'exprimer, aucune action concrète n'est décidée.

« C'est le gros problème. Nous sommes là pour faire changer les choses. Mais quand, comment et pourquoi, nous ne le savons même pas. Mais nous voudrions être soutenus », explique Guillaume, l'un des encadrants de l'évènement. Pour l'instant, le rassemblement citoyen permet simplement de créer une assemblée générale où chacun peut s'exprimer. « Nous parlons, nous débattons et nous votons. Nous essayons de nous donner une voix unique et d'être entendus ». Même si le projet reste encore flou, la volonté de créer un monde meilleur est très forte.

Au terme de cette deuxième Nuit Debout bruxelloise, c'est surtout la structure de l'événement qui a été décidée. Les tâches sont réparties pour les prochains rassemblements et l'organisation est plus claire. Afin d'assurer une unité dans le mouvement, certains points plus sensibles ont été abordés, comme le rapport avec les forces de l'ordre. « Nous allons essayer que tout se passe bien et que nous n’ayons pas besoin de la police », explique un jeune ayant participé aux rassemblements de Paris. « Mais tenez vous prêts parce que, dès que nous commencerons à vraiment s'installer avec des infrastructures, ils vont vouloir nous virer. Et nous devrons résister tout en étant pacifiques. Nous devrons être irréprochables pour pouvoir nous faire entendre ».

Parce que les rassemblements vont continuer et surtout tenter de toucher de plus en plus de monde. Liège et Charleroi, dans les prochains jours, Bruxelles ne sera plus la seule à passer la nuit debout.

Même en Espagne, des rassemblements sont prévus.

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 18:11

http://www.retraitloitravail.com/confede

Que fait la Confédération Générale du Travail (CGT)

Texte pour le cinquante et unième congrès de la CGT signé par les adhérents de la CGT Goodyear et des milliers d'autres militants de la CGT

Mais qu'attendent ils pour jeter toutes nos forces dans la bataille contre la loi travail ?

La CGT, c'est notre organisation syndicale, elle est forte de centaines de milliers de militants. Si nous le décidons, dans les conditions actuelles nous sommes capables d'organiser à Paris Jeudi 28 Avril 2016 une manifestation unitaire de plus d'un million de personnes pour arracher le retrait de la loi travail.

Nous savons que, si la CGT joue son rôle, nous allons gagner.

Lorsque notre syndicat mobilise toutes ses forces, nous sommes capables d'empêcher les multinationales qui font des milliards de profits de fermer leurs sites et de détruire nos emplois de participer à la gestion de notre entreprise pour imposer l'investissement et les créations de postes.

Nous sommes capables de reprendre les usines que les actionnaires veulent fermer afin de poursuivre l'activité, maintenir les emplois et créer des entreprises dirigées par ceux qui y travaillent.

Nous sommes capables d'établir une nouvelle répartition de la valeur ajoutée en augmentant les salaires, en diminuant le temps de travail et en prenant le pouvoir économique et social au capital.

Nous sommes capables de refaire de la grève générale massive et du blocage des moyens de production un instrument de la lutte des salariés.

Donc, que fait la CGT, pourquoi n'est elle pas aux avants postes ?

Il faut que cela change et le cinquante et unième congrès doit être le tournant par lequel la CGT reprend possession de ses forces.

Faisons ce que nous sommes capables de faire.

Le cinquante et unième congrès de la CGT à Marseille doit décider l'organisation d'une manifestation nationale d'une ampleur sans précédent, Jeudi 28 Avril 2016, tous ensemble à Paris pour imposer le retrait de la loi de Myriam el Kohmri.

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 18:49

http://www.revolutionpermanente.fr/BanlieuesDebout-Premiere-Nuit-Debout-a-Saint-Ouen-93-dans-un-grand-enthousiasme

Nuit Debout s’exporte dans les banlieues

Première Nuit Debout à Saint-Ouen, dans un grand enthousiasme

Mardi 12 Avril 2016, une première Nuit Debout a rassemblé au moins soixante personnes de façon quasiment spontanée à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis. Le mot avait commencé à circuler au marché de Garibaldi, Dimanche 10 Avril 2016, après que des militants de la place de la République aient été à l’initiative de venir à la rencontre des audoniens pour installer le mouvement de la Nuit Debout dans la ville.

Ce qui devait être un premier rendez-vous de discussion dans un café a vite tourné à une véritable assemblée générale ayant attiré des dizaines de personnes, après que l’appel ait été relayé sur twitter. Rassemblés sur la place devant le square Marmottan au métro Garibaldi, des jeunes audoniens, mais aussi des moins jeunes et des gens venus d’ailleurs, ont répondu à la volonté d’exporter le mouvement de la Nuit Debout en banlieue. Après plus de deux heures d’échanges, rendez-vous a été donné pour reconduire la Nuit Debout le lendemain à 20 heures devant la mairie de Saint-Ouen.

Quand Nuit Debout cherche à s’étendre aux quartiers populaires

Cet appel à étendre le mouvement de la Nuit Debout aux quartiers populaires a été lancé quelques jours seulement après le Jeudi 31 Mars 2016.

Samedi 9 Avril 2016, sur la place de la République à Paris, Almamy Kanouté, du mouvement Emergence, prenait la parole pour inviter à « aller en banlieue, ne pas rester place de la République, parce que nous sommes nombreux à nous poser la question, où est la banlieue ? ».

Et revenant sur son parcours personnel, « je me suis intéressé à la politique parce que localement je sentais du mépris de la part des col-blancs de ma ville. Leur souhait c’était de me voir enfermé dans mon association, organiser des tournois de football et des événements culturels, rester enfermé dans mon quartier. Et le jour où j’ai quitté mon quartier, j’ai rencontré des gens intéressants ». Almamy Kanouté concluait sous un tonnerre d’applaudissements que « si nous réussissons à faire la fusion entre les parisiens et les banlieusards, ils auront peur ».

C’est bien la perspective de cette jonction qui était évoquée ce soir à Saint-Ouen. L’assemblée a duré deux heures trente au cours desquelles les gens ne cessaient d’affluer, certains attirés par la seule pancarte Nuit Debout suspendue à l’entrée du parc, tous ayant entendu parler du mouvement, de près ou de loin. L’assemblée générale a commencé avec un premier tour de parole et de présentation où chacun racontait un peu pourquoi il était là et ce qu’il attendait de la mobilisation.

Contre la loi travail et bien plus, pour un autre modèle de société

Intervention après intervention, la parole se déliait et la colère s’exprimait, contre la loi travail mais bien plus largement, dénonçant les injustices de la société. « Ils veulent faire de nous de la chair à canon pour les élites, une poignée qui décide à la place de tous les autres », s’indignait l’un des présents. « Nous nous battons contre le gouvernement, certes, mais la question c’est surtout de savoir si nous voulons un gouvernement », interrogeait une femme. « Au-delà des différentes luttes, la question qui se pose, c’est celle du pouvoir », rebondissait un troisième, tandis que l’assemblée marquait son accord en tournant les deux mains en l’air. « Quand nous voyons que l’état débloque six cent cinquante millions d’euros pour les salaires des flics, après une seule manifestation, et que, à côté de cela, ils proposent seulement quatre cent millions d’euros pour toute la jeunesse, c’est qu’il y a un problème ». « Nous ne pouvons pas accepter que des personnes dorment dehors alors qu’il y a tant de richesses. Tant qu’une personne dort dehors, nous ne pouvons pas considérer que nous sommes une civilisation », entendait-on encore.

Parmi les sujets mentionnés, se trouvaient la question de l’état d’urgence, de la criminalisation du mouvement social et de la répression des manifestations, qui prennent une teneur toute particulière à Saint-Ouen où policiers et militaires patrouillent devant les lycées. Un débat a eu lieu sur le fait de sortir ou non de l’Union Européenne.

Un axe de discussion amené par de nombreux intervenants était la question du travail et de la précarité, « nous pouvons nous demander si le travail c’est l’émancipation ou si ce n’est pas plutôt l’esclavagisme. Nous nous battons contre une loi, mais contre bien plus, ce qui n’est pas normal c’est qu’on puisse nous faire travailler en Contrat de travail à Durée Déterminée (CDD), ne pas savoir ce que nous deviendrons dans six mois. Ce n’est pas Manuel Valls ou Myriam el Khomri le problème, c’est le système ». Différents témoignages personnels ont aussi ponctué les échanges. « Je travaille à la porte de Saint-Ouen, il y a plein d’entreprises dans le coin et j’aimerais bien qu’à midi, au lieu de manger chacun dans notre coin, nous puissions nous réunir pour discuter. Et puis il ne faut pas oublier qu’à Saint-Ouen il y a Peugeot Société Anonyme (PSA), nous pourrions penser à des actions envers eux aussi. Je travaille dans la fonction publique, j’ai un Contrat de travail à Durée Indéterminée (CDI), mais je sais que dans quelques années, je pourrais me faire virer pour des questions économiques ».

Convergence des luttes

Il a été fait un point sur les luttes en cours et les revendications de différents secteurs, notamment celui des cheminots et de la fonction publique. « Comment peut-on assurer une mission de service public avec des contrats de six mois », s’interrogeait à juste titre un éducateur.

« Il faut refuser le nivellement par le bas », revendiquait une jeune travailleuse. « Si les cheminots ont plus de droits que nous, très bien qu’ils aient des droits. Nous voulons les mêmes et non pas que leurs conditions de travail se dégradent ». Plusieurs interventions allaient ainsi dans le sens de renverser les stéréotypes, qu’il s’agisse de ceux formulés à l’égard des banlieusards, des migrants, des fonctionnaires, des chômeurs ou bien d’autres catégories de la population. « A force, nous regardons dans la gamelle d’à côté, au lieu de voir le pognon que se mettent dans les poches ceux qui sont au-dessus ».

Les oppressions en débat

Un débat intéressant s’est ouvert sur les modalités de prise de parole, avec la préoccupation de veiller à ce que les secteurs opprimés, les femmes, les Lesbiennes, Gais, Bisexuels et Transgenres (LGTB) et les personnes racisées, s’expriment en assemblée générale. Il a été voté de donner la parole en premier lieu à ceux ne s’étant pas encore exprimés dans l’assemblée générale et de veiller à ce que les femmes puissent s’inscrire en priorité pour intervenir, sans pour autant faire de la parité un principe absolu. Ce point qui pouvait sembler technique a ouvert un débat entre ceux qui pensaient qu’on n’avait pas besoin de ce type de règles en assemblée générale, puisque nous partagions l’idée de vouloir construire une société émancipée, et ceux qui défendaient que ce type de pratique était nécessaire dans la mesure où les rapports de domination existent bel et bien dans la société actuelle. Cela est d’autant plus vrai dans la mesure où les inégalités sociales quant à l’accès à l’éducation sont encore plus fortes en banlieue. Il est donc évident que tout le monde n’a pas la même aisance pour s’exprimer et intervenir, même dans une assemblée se voulant émancipatrice.

Et des propositions

Parmi les propositions évoquées lors de cette première Nuit Debout à Saint-Ouen, celle de projeter le film Merci Patron, de mettre en place différentes commissions de réflexion, notamment autour des thèmes des migrants, des banlieues et du logement, et de se solidariser avec la lutte locale contre la fermeture de la bibliothèque Glarner à Saint-Ouen.

Plusieurs rendez-vous militants ont été donnés, la plupart mis en ligne sur le site www.convergence-des-luttes.org. Il y a un rendez-vous Mercredi 13 Avril 2016 à 12 heures devant la salle Barbara derrière la mairie de Saint-Ouen avec les enseignants de Saint-Ouen se battant contre le manque de moyens, la précarité et le non remplacement des profs absents. Ils iront en manifestation jusqu’au ministère de l’éducation nationale. Un second rendez-vous évoqué est celui des cheminots, Mercredi 13 Avril 2016 à 11 heures devant la gare Montparnasse alors que sera négociée la convention collective du rail. Enfin, un hospitalier a mentionné l’initiative Hôpital Debout, qui tiendra sa première assemblée générale Jeudi 14 Avril 2016 à 17 heures place de la République à Paris.

L’assemblée générale s’est terminée à 22 heures 30 dans un grand enthousiasme, avec la volonté d’élargir le mouvement à Saint-Ouen et de réfléchir à des actions pour faire connaître l’initiative et impliquer davantage les classes populaires. Rendez-vous a été donné pour une deuxième Nuit Debout Mercredi 13 Avril 2016 devant la mairie de Saint-Ouen, et les discussions se sont poursuivies tardivement entre certains des présents.

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 18:10

http://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/90701/nuit-debout-debarque-essonne

Le mouvement de la Nuit Debout débarque en Essonne

Vendredi 15 avril 2016, une Nuit Debout sera organisée à Evry sur la place des Terrasses de l’Agora.

C’est un mouvement qui semble grandir de jour en jour. Dans un premier temps cantonnée à la place de la République à Paris, cette manifestation s’est élargie sur le plan géographique pour se développer dans plusieurs grandes villes françaises. Après Strasbourg, Nantes, Metz, Lille, Perpignan ou encore Clermont-Ferrand, le mouvement de la Nuit Debout fait son apparition en Essonne, et plus précisément à Evry. Initié à la fin du mois de mars 2016, ce mouvement de contestation traduisant notamment un refus de la réforme de la loi travail se déroulera Vendredi 15 Avril 2016 sur la place des Terrasses de l’Agora à Evry. « Nous voulons que cela se décentralise et que les gens de banlieue se saisissent de ces débats », explique l’un des organisateurs. Pour cette première Nuit Debout, ceux qui souhaitent échanger sur le sujet de la loi travail ou plus largement sur les institutions politiques et le système économique sont attendus Vendredi 15 Avril 2016 entre 15 heures et 22 heures.

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 17:59

http://www.reporterre.net/De-Rennes-a-Marseille-Nuit-Debout-prend-racine

De Rennes à Marseille, le mouvement Nuit Debout prend racine

Samedi 9 Avril 2016, plus d’une soixantaine de villes françaises, mais aussi belges, espagnoles et allemandes, ont passé la nuit dehors à débattre, dixième nuit de mobilisation pour Paris, cinquième pour les autres. Reporterre fait ce tour d’Europe et de France.

A Rennes, c’était la cinquième nuit d’occupation de l’esplanade Charles de Gaulle, une nuit qui a regroupé près d’un millier de personnes, une nuit indissociable de la journée de mobilisation nationale contre le projet de loi sur le travail. Elle a rassemblé dans la capitale bretonne entre mille sept cent personnes selon la préfecture et quatre mille personnes selon les syndicats, bien moins que la mobilisation du Jeudi 31 Mars 2016 qui avait réuni entre six mille et dix mille personnes. La manifestation du Samedi 9 Avril 2016 s’est soldée par des interpellations et des blessés, dont un photographe-reporter et deux élus de Rennes métropole qui ont reçu des coups de matraque. Au point que le responsable départemental du syndicat Force Ouvrière se réserve « le droit de porter plainte pour violences policières ».

Aux alentours de 18 heures, la Nuit Debout prend le relais sur l’esplanade Charles de Gaulle, la rebaptise « place du peuple », et commence le compte-rendu de la manifestation. Rapidement, deux groupes se forment, l’un va discuter du bilan et des actions à venir, l’autre veut poursuivre les débats en petits groupes. La scission perdurera toute la nuit, un groupe de chaque côté de la place, l’un regroupé autour d’un feu et l’autre plus éclaté entre les différents groupes de discussions.

Pour cette cinquième assemblée générale du mouvement de la Nuit Debout, l’ambiance était bien différente des soirs précédents. La manifestation de la journée, qualifiée de violente, voire très violente par bon nombre de militants, était dans tous les esprits et la violence policière au cœur des échanges. Le public aussi a évolué. Aux premiers jours du mouvement de la Nuit Debout à Rennes, on trouvait surtout des personnes d’une vingtaine d’années en études supérieures, Samedi 9 Avril 2016, il y avait des salariés, des chômeurs, des syndicalistes, des élus, des habitants des quartiers populaires, des jeunes, des vieux et des militants aux horizons et méthodes variés. Le dialogue a eu du mal à se mettre en place, les participants se coupaient la parole et s’énervaient, le ton est monté, les différentes composantes du mouvement ne sont pas parvenues à faire corps et l’assemblée s’est divisée en deux groupes.

Malgré cela, la nuit et sa programmation initiale s’est poursuivie avec la projection de la version courte du documentaire « comme des lions », la distribution du numéro un de la gazette Nuit Debout Rennes, tandis que la radio associative Canal B ouvrait son studio aux personnes présentes et que musiciens et artistes animaient la place.

Une soixantaine de Nuits Debout en France et en Europe

On dénombre pour Samedi 9 Avril 2016 une soixantaine de Nuits Debout en France, mais aussi en Espagne, en Belgique et en Allemagne.

A Bruxelles, il y avait une troisième soirée de rassemblement avec plusieurs centaines de personnes mobilisées.

A Barcelone, quatre vingt personnes se sont réunies selon le groupe organisateur sur les réseaux sociaux.

A Marseille, c’était la deuxième Nuit Debout. La première a eu lieu Jeudi 31 Mars 2016 mais a pris plusieurs jours avant de se lancer dans le mouvement. Samedi 9 Avril 2016, des gradins ont été mis en place pour faciliter la tenue des débats, « nous étions entre trois cent et six cent personnes aux profils très variés », relate au téléphone Gérald. Pour lui, ce qui compte est que « des habitants des quartiers nord sont venus parler de la précarité, nous avons pu échanger et nous voulons approfondir ce lien ». La Nuit Debout espère d’ailleurs se délocaliser dans ces quartiers pour au moins une nuit dans les dix jours à venir.

A Toulouse, Samedi 9 Avril 2016, entre manifestation contre la loi travail, le traditionnel carnaval et Nuit Debout, il était difficile de s’y retrouver mais le rassemblement, qui a commencé Mardi 5 Avril 2016, s’est poursuivi avec l’arrivée de nouveaux visages et la projection de Merci Patron. Plus de quatre cent personnes se sont retrouvées.

A Avignon, près de deux cent personnes se sont regroupées. Le film Merci Patron a été projeté sur la place du palais des papes.

A Lyon, pour cette première Nuit Debout, un millier de personnes se sont rassemblées.

A Rodez, la première Nuit Debout a commencé dès midi. Au fil de la journée, environ deux cent personnes sont passées, selon Antoine, « maintenant, nous voulons multiplier les contacts, se structurer et surtout que les gens sachent que nous serons là, tous les jours, à heure fixe ».

A Metz, c’était la deuxième Nuit Debout. La veille, pour la première, près de quatre cent personnes s’étaient rassemblées, le lendemain une soixantaine. Un recul attribué à une organisation perçue comme trop cadenassée, « c’était une phase test », dit un organisateur. La Nuit Debout a pris un nouveau départ, plus ouvert, Samedi 9 Avril 2016, et compte se tenir chaque jour à 18 heures « sur un temps court afin de se focaliser sur des gros rassemblements le week-end ».

A Rouen, la Nuit Debout a du faire face aux forces de l’ordre pour pouvoir s’installer. Les militants voulaient apporter des constructions et se sont heurtés au refus des autorités. Finalement, au bout de deux heures de tension, la Nuit Debout a eu lieu avec une centaine de participants.

A Dijon, après une première tentative avortée Jeudi 31 Mars 2016, la Nuit Debout a pu se tenir, Samedi 9 Avril 2016. Elle a réuni entre cinq cent et sept cent personnes. Sa force est d’avoir rassemblé au-delà des étudiants, avec la présence des intermittents et de militants de la Confédération Général du Travail (CGT).

A Grenoble, il y avait une belle ambiance.

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 17:26

Nuit Debout, un mouvement sans tête qui continue de marcher (Reuters)

Depuis treize nuits, la place de la République, à Paris, voit plusieurs centaines d'étudiants, militants et curieux se rassembler autour d'une estrade où la parole passe d'anonyme en anonyme, avec en ligne de mire une large contestation du gouvernement et de la « privatisation de la démocratie ».

Le mouvement Nuit Debout, né Jeudi 31 Mars 2016 à l'issue d'une manifestation contre la loi travail, dont le mot d'ordre était « après la manifestation, je ne rentre pas chez moi », entend faire converger des luttes disparates et rappelle, en miniature, les indignés espagnols ou encore le mouvement Occupy Wall Street.

Retrait du projet de loi travail, Zone A Défendre (ZAD) du futur aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, ouvriers licenciés de Goodyear, dénonciation globale des patrons et du libéralisme, féminisme et écologie, le mouvement brasse des arguments disparates et suscite l'incompréhension des élites.

« Ce qui nous rassemble, ce sont les injustices que nous subissons tous. Nous devons nous réapproprier ce dont on nous a dépossédés, nous auto-représenter », explique Adèle, trente quatre ans et sociologue de formation à Toulouse, où le mouvement a essaimé, comme dans une cinquantaine de villes de province.

A Paris, lors de l'assemblée générale du Lundi 42 Mars 2016, Lundi 11 Avril 2016 dans le calendrier grégorien, modifié par le mouvement, des étudiants se mélangent avec des encartés au Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) ou encore des ouvriers syndiqués au Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD).

Des figures politiques, Eric Coquerel, élu du Parti de Gauche, ou Olivier Besancenot, porte parole du NPA, souvent présent, se font discrètes. Au stand de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), une militante en interpelle une autre, « le Parti de Gauche racole les jeunes ».

Grève générale

Pour Albert Ogien, sociologue directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), le mouvement Nuit Debout « reste limité à ces cercles de gens qui depuis des années participent à ces cercles de réflexion, confiné à ces gens à la gauche de la gauche ».

En dépit de son refus de toute hiérarchie, deux figures engagées de longue date se détachent du mouvement, le réalisateur de Merci Patron, un film sur deux salariés d'un grand groupe au chômage, et rédacteur en chef du journal Fakir, François Ruffin, et l'économiste atterré Frédéric Lordon.

Ce dernier s'est prononcé Samedi 9 Avril 2016 à la tribune pour une grève générale, tandis que François Ruffin, qui dénonce la « ponction des actionnaires » sur l'économie française, exhorte lui à « brasser plus large » sur la place de la République et à toucher les banlieues et les campagnes.

En dépit de l'engagement de ses militants, les discours du mouvement de la Nuit Debout prennent garde à tenir à distance partis et syndicats et refusent l'émergence de leaders.

Lundi, à Paris, un syndicaliste SUD de Renault venu témoigner à la tribune s'explique, « nous ne sommes ni pour ni contre les syndicats, c'est une mobilisation populaire et démocratique des travailleurs qui dépasse le cadre syndicaliste ».

Le mouvement, outre son objectif de lutte très large, est loin d'être un phénomène de masse, du moins pour l'instant.

Quand les indignés de la Puerta del Sol ou les manifestants d'Occupy Wall Street étaient des dizaines de milliers en 2011, ils ne sont pour le moment que quelques centaines à Paris, Toulouse ou Lyon.

Albert Ogien, qui reconnaît la filiation du mouvement Nuit Debout avec les indignés, tempère la portée du mouvement dans le contexte français, « pour un mai 1968, il ne faut pas être un millier, il faut tout un pays. En mai 1968, les gens voulaient la révolution, maintenant nous ne savons pas où nous allons. Une occupation ne peut pas durer indéfiniment », ajoute-t-il, en saluant toutefois les efforts du mouvement Nuit Debout pour dépasser la place de la République.

Le mouvement Banlieue Debout, emmené par le fresnois Almamy Kanouté, tente en effet de sortir de l'entre-soi parisien, notamment à Montreuil où ils étaient deux cent, Vendredi 8 Avril 2016.

Agora anonyme

Dans toutes les villes où le mouvement de la Nuit Debout se réunit, le tableau est le même. Le mouvement organise son occupation avec cantines, stands de palettes récupérées et, au centre, l’agora.

Ils étaient peut-être cinq cent, Mardi 12 Avril 2016 à Lyon, sagement assis par terre, dans des vapeurs de cigarettes, de cannabis et de bière.

Sur le côté se tient une scène improvisée où les orateurs, anonymes ou au mieux présentés par leur prénom, se succèdent et tentent de se faire entendre au micro.

L’assemblée utilise ce drôle de langage mis au point dans les rassemblements du mouvement de la Nuit Debout. On agite les mains pour dire qu’on est d’accord. On croise les bras pour voter contre.

Les militants sont divisés en différentes commissions, consacrées chacune à une cause particulière.

Ce soir-là, la commission « politiser l’espace public » raconte ses actions et notamment la distribution de « fausses contraventions sur les pare-brises des voitures avec des vers de Jacques Prévert et le slogan Rêve Général.

Mais ces relents de mai 1968 ne font pas l'unanimité.

« Dans cette affaire, la démagogie jeune et l'emballement médiatique ont fonctionné à plein », affirme-t-il notant que « ces ersatz de mai 1968 sont le symptôme de la fin d'un cycle historique en décomposition », a déclaré le sociologue Jean-Pierre le Goff dans une interview publiée Mardi 12 Avril 2016 dans le Figaro.

La classe politique partagée

Droite et gauche se sont positionnés face au mouvement. Au gouvernement, une tolérance teintée d'avertissement est de mise.

Si le premier secrétaire du Parti Socialiste Jean-Christophe Cambadélis est allé faire un tour incognito place de la République dès les débuts du mouvement, il a depuis dénoncé la violence qui s'y est invitée. La nuance a été reprise par Myriam el Khomri, distinguant Lundi 11 Avril 2016 « liberté de manifester et liberté de casser ».

Lundi 11 Avril 2016, les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) ont évacué la place de la République et détruit les installations de fortune du groupe, mais le mouvement s'y est depuis réinstallé, soumis à une forte surveillance policière sans pour autant être interdit.

Des membres du gouvernement comme Thierry Mandon et Axelle Lemaire se sont rendus place de la République.

« Il y a une véritable aspiration à un changement, on s'interroge sur la façon de faire de la démocratie, une grande défiance vis-à-vis de tout ce qui représente une institution publique, doublée d'une méconnaissance de leur fonctionnement », a raconté à Reuters la secrétaire d’état chargée du numérique.

« Je vois tout cela comme un laboratoire, une tentative, mais difficile à ce stade de voir sur quoi cela pourrait déboucher ».

A droite, hormis Nathalie Kosciusko-Morizet qui a salué dans les médias « une génération qui se pose des questions », l'opposition au mouvement Nuit Debout est massive.

François Fillon a jugé le mouvement incompatible avec l'état d'urgence toujours en vigueur.

Le Front National qualifie lui dans un communiqué publié Mercredi 13 Avril 2016 la place de la République de « centre opérationnel du saccage de Paris ».

Posée aux manifestants, la question de l'issue du mouvement irrite, « on nous demande de donner un sens à ce mouvement alors que nous sommes en train de le construire. Laissez-nous du temps », réclame Adèle, à Lyon.

A Paris, Pierre, la vingtaine, n'hésite pas, « la grève générale et le blocage de l'économie ».

Faute de revendication précise en dehors du retrait du projet de loi de Myriam el Khomri, l'avenir du mouvement paraît incertain.

Pour François Miquet-Marty, de l'institut de sondages Via Voice, « c'est un mouvement riche en terme d'aspiration démocratique mais pauvre en terme de vision partagée. Il est difficile d'identifier quelle forme cela peut prendre à l'avenir et avec quelle portée politique », dit-il, ajoutant que « pour l'exécutif, c'est quelque chose qu'il serait dangereux de laisser s'amplifier ».

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