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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 17:49

http://www.midilibre.fr/2016/04/07/une-nuit-debout-pour-rever-un-nouveau-monde,1313431.php

Toulouse, Montpellier, Nîmes et Alès, une Nuit Debout pour un nouveau monde

Par Caroline Froelig

Reportage en immersion à Toulouse, qui a déjà rallié ce mouvement lancé au niveau national. Mouvement qui devrait être rejoint par Montpellier, Nîmes, Alès, Florac et Perpignan, Samedi 9 Avril 2016.

Rêve général, le slogan, qui semble tout droit débarqué de mai 68, est tracé sur une borne de la place du Capitole, à Toulouse. Sur les pavés, d'autres mots sont esquissés à la craie. Indiquant, Mercredi 6 Avril 2016, un très sérieux « atelier constituant ». Entre Léon, David et quelques autres, il est question de vote blanc et de système représentatif. Leur réflexion voisine un « atelier apéritif » et un « atelier de déconstruction mentale ».

Les participants, une vingtaine d'années pour la plupart, se sont assis, souvent une bière à la main, attentifs, et ils s'expriment calmement, les uns après les autres. Ils sont deux cent en ce début de soirée. Un chiffre qui va grimper avec la nuit. La veille, au plus fort, ils étaient entre cinq cent et sept cent à se mobiliser pour protester contre la politique actuelle dans son ensemble. A l'origine de ce mouvement, la sortie du documentaire Merci Patron dénonçant le système du groupe Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) devenu en quelques jours symbole d'une lutte sociale.

Changer le monde

« Nous ne demandons plus la permission. C'est le pouvoir au peuple », lance au micro, quelques minutes plus tôt, un jeune homme, lors de l'assemblée générale qui débute chaque Nuit Debout. Beaucoup parlent et applaudissent sans bruit avec des gestes des mains, puis ils passent à cette réflexion en atelier. Avec une volonté affirmée d'organiser et de construire. Car c'est très sérieusement que ces centaines de jeunes gens entendent changer le monde qui les entoure.

Bien sûr, il est question de la loi travail de Myriam el Khomri. C'est au soir de la manifestation du Jeudi 31 Mars 2016 que le mouvement a d'ailleurs démarré. Il compte depuis les jours comme si le mois de mars 2016 ne s'était pas terminé, comme ce Mercredi 6 Avril 2016 qui correspond au Mercredi 37 Mars 2016. Mais il ne s'agit que d'un sujet de protestation parmi d'autres, insistent les participants. Notre-Dame-des-Landes surgit et le droit au logement aussi, tout comme la légitimité d'élus désignés par une minorité.

Utopie concrète

Au fil de la nuit, le nombre de participants va s'effilocher jusqu'à quelques dizaines. Rémi est de ceux-là. À vingt six ans, ce toulousain est au chômage, « nous sommes tous conscients qu'il y a une grosse faille dans le système et conscients de l'unicité de la planète. Nous épuisons le système. Nous voulons construire autre chose. C’est de l'utopie concrète ». Et d'espérer pour la suite « des actions et des occupations plus fortes de l'espace public ». Cela tombe bien pour lui, un appel est lancé pour aller occuper la faculté Jean Jaurès du Mirail.

Avant tout, le mouvement se veut citoyen, revendicatif, productif et novateur. Au sol, on lit encore, « je lutte donc je suis ». On découvre cependant la présence de militants politiques, notamment d’extrême gauche, et syndicaux. Dans plusieurs prises de parole, ce soir-là, à Toulouse, il est aussi question de Podemos. Le mouvement citoyen espagnol devenu parti est cité en exemple pour sa manière de conquérir du terrain politique. Il est également question du film Merci Patron de François Ruffin, projeté et discuté.

C'est chouette de se rebeller en faisant la paix

Sur la place, la nuit avance, tentes et matelas sont apparus. Une dernière assemblée générale a lieu. Les discussions informelles se poursuivent. Des musiciens sortent leurs instruments. On danse un peu. Constance et Léa, étudiantes en design de dix neuf ans, sont là « pour voir. C'est chouette de se rebeller en faisant la paix ». Pendant ce temps, sur twitter et sur facebook, les jeunes veillent à diffuser leurs débats, sous ce même logo au cœur bleu étoilé repris partout. Les réseaux sociaux étant essentiels à leur organisation, de la diffusion du kit du participant aux mots d'ordre et rendez-vous fixés.

La nuit précédente, un organisateur avait écrit sur twitter que « nous allons nous taire une minute et regarder autour de nous pour apprécier ce moment ». Les yeux emplis par la beauté des lieux et la tête bouillonnante de leurs rêves d'avenir, ils se sont très vite remis à parler, bien décidés, visiblement, à ne plus s'arrêter.

Les jeunes doivent faire entendre leur voix

« Montpellier est en retard », Michel Fabre, soixante ans, militant du Droit Au Logement (DAL) à Toulouse, n’en revient pas. Ce montpelliérain d’origine imaginait la cité étudiante plus prompte à descendre dans la rue. Sauf qu’à Montpellier, mais aussi Nîmes, Alès, Perpignan, Florac, Rodez et Villefranche-de-Rouergue, c’est Samedi 9 Avril 2016 que le mouvement Nuit Debout tentera de s’implanter à son tour, lancé à chaque fois par des initiatives citoyennes locales.

Michel Fabre les encourage, depuis la place du Capitole, « je souhaite que ces jeunes ne soient pas dans la même situation que moi. Je suis précaire, bénéficiaire du Revenu de Solidarité Active (RSA). J’ai énormément de difficultés pour m’en sortir. Je suis solidaire de ce qui se passe. Nous avons besoin que cela bouge. Nous avons l’impression que nos gouvernants ne nous entendent pas. Pour faire entendre leurs voix et leur avenir, il ne suffit pas de venir à la faculté, d’avoir des diplômes, des valises et puis de ne pas savoir où les poser. Il faut avoir un boulot au bout. Donc nous sommes dans l’obligation de descendre dans la rue pour revendiquer nos droits et faire entendre nos voix ». Et d’estimer qu’après tout, cette expression populaire libre, « c’est le principe de la démocratie ».

L’idée va-t-elle prendre ? Pour l’heure, les organisateurs locaux, qui acceptent rarement de parler à la presse, regardent surtout l’exemple parisien et son effet boule de neige avec envie, mais prudence. Comme Anthony, à Alès, « nous avons lancé l’événement pour voir ce que cela allait donner. Avec les moyens que nous avons. C’est très collectif. Est-ce que nous allons réussir à avoir assez de monde ? Alès peut le faire ». Mais de penser que désormais, « là, au lieu de toujours reculer, comme à chaque fois, nous pouvons passer par l’affirmatif ».

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 17:22

http://www.la-croix.com/France/Nuits-debout-Nantes-Toulouse-paroles-participants-2016-04-06-1200751563

http://www.alencontre.org/europe/france/nuits-debout-a-nantes-et-toulouse-paroles-de-participants.html

Nuits Debout à Nantes et à Toulouse, paroles de participants

Par Jean-Luc Ferre à Toulouse et Florence Pagneaux à Nantes

Mardi 5 Avril 2016, la ville rose et la capitale du grand ouest ont vécu leur première Nuit Debout. Un mouvement qui a commencé à s’étendre à plusieurs villes de province, prospérant sur fond d’idéaux de déçus de la gauche.

La première Nuit Debout de Toulouse qui a débuté Mardi 5 Avril 2016 en fin d’après-midi ne sort pas de nulle part. Comme le rappelle un représentant du collectif organisateur, la première occupation de deux cent personnes a eu lieu Jeudi 31 Mars 2016 après la diffusion du film Merci Patron de François Ruffin, fondateur du magazine Fakir et à l’origine de ces nuits qui, après la place de la République à Paris, ont aujourd’hui essaimé dans une vingtaine de villes.

Elle a débouché les jours suivants sur trois assemblées générales qui se sont structurées en quatre commissions pour assurer la logistique du mouvement et réfléchir à la communication du message, à l’aspect légal et aux contenus des actions à mener. Avant d’aboutir à cette mobilisation nocturne inspirée des mouvements des indignés et d’Occupy Wall Street, nés sous d’autres latitudes en 2011.

Au-delà des grèves et manifestations traditionnelles

L’improvisation apparente est donc toute relative. Les organisateurs ont loué une chambre, dans un hôtel sur la place, pour bénéficier d’une connexion à internet permettant une retransmission en streaming des débats qui commencent.

Avec des règles là aussi très étudiées, prises de parole de deux minutes maximum, après inscription sur une liste que des modérateurs font circuler, auxquelles le public peut réagir avec des signes pour ne pas troubler les débats, mains agitées façon marionnette pour l’assentiment et bras croisés pour signifier un désaccord, un code inspiré par les indignés.

Devant environ six cent personnes, debout ou assises en cercle sur les cartons qui parsèment le sol mouillé, les interventions s’enchaînent. Il est question « de la convergence des luttes, de réfléchir à de nouveaux modes d’action au-delà des grèves et des manifestations traditionnelles et de toutes ces élites qui ne nous représentent plus ». Certains évoquent le Conseil National de la Résistance (CNR) et d'autres évoquent le combat écologique, le rôle des femmes dans le mouvement et l’argent « qui fuit au Panama quand des millions de gens sont dans la misère ». Dans l’assistance comme chez les orateurs, il y a des jeunes et des moins jeunes.

Quelque chose émerge enfin

« C’est une première étape », commente Marc, un étudiant de vingt deux ans membre du collectif à l’origine de cette nuit toulousaine. « Il s’agit de montrer aux gens qu’un mouvement citoyen où chacun peut apporter sa pierre est possible en France. Qu’on peut construire ensemble à partir de là ». Ici ressort surtout un sentiment de trahison de la part d’un gouvernement « soi-disant de gauche ».

La loi travail catalyse ainsi un front du refus. Mais au-delà, on se prend à rêver. « Ce mouvement naissant nous dépasse tous », s’enthousiasme Pablo, professeur de lycée engagé depuis dix ans dans les luttes alternatives. « Quelque chose émerge enfin. C’est flou, mais c’est une excellente nouvelle ».

Un autre Pablo, espagnol installé à Toulouse depuis trois ans et ancien des indignés de Madrid, prend le micro, « en Espagne, des mouvements venant de la rue sont nés des structures qui pèsent aujourd’hui dans la vie politique. Je veux juste dire qu’il nous faut apprendre à être patients, mais déterminés ».

Des profils variés, des lycéens aux militants aguerris

À Nantes, c’est sur la place du Bouffay, dans le cœur historique de la ville, qu’environ deux cent personnes se sont retrouvées Mardi 5 Avril 2016 dans le calme, à deux pas des vitrines brisées quelques instants plus tôt par des casseurs venus perturber la manifestation contre la loi de Myriam el Khomri.

Après une succession de prises de parole au micro, chacun rejoint une commission pour débattre travail, démocratie, liberté, migrants, écologie ou Notre-Dame-des-Landes. Dans la foule, des militants d’extrême gauche aguerris, mais aussi des déçus du gouvernement qui n’avaient jamais battu le pavé.

Comme Maïa, lycéenne de dix sept ans, qui a été de tous les défilés contre la loi travail. « Ici, cela va plus loin », dit-elle. « Nous parlons d’écologie et de démocratie. J’aimerais que nous instaurions une nouvelle forme de démocratie, comme en Suisse par exemple, avec la votation citoyenne ».

Étudiant en philosophie de vingt trois ans, Pierre vit lui aussi son premier mouvement social. S’il n’adhère à aucun parti ou syndicat, il rencontre régulièrement d’autres jeunes « très à gauche » pour discuter. Ici, il vient tester ses idées dans l’espace public, car « c’est bien de dire non au projet de société porté par la loi travail, mais il faut avancer des solutions concrètes ».

Une « réappropriation de la démocratie »

À ses côtés, Quentin, vingt et un ans, étudiant en économie et membre de l’Étincelle, affiliée au Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), se réjouit de voir autant de nouveaux visages. « C’est complètement faux de dire que la jeunesse n’est pas politisée. Mais elle ne se reconnaît pas dans les partis actuels ».

Une thématique reprise par Sandra, enseignante de quarante quatre ans. « Nous assistons à une forme de réappropriation de la démocratie par le bas qui se construit hors des partis et des syndicats », observe celle qui croit aux prémices d’un mouvement durable. « Les jeunes ont si peu de perspectives qu’ils n’ont rien à perdre ».

François, cinquante ans, membre des artisans du changement, un collectif d’entreprises prônant « le retour de l’humain dans l’économie », voit dans ce rassemblement un « besoin criant de retrouver du sens à l’heure où aucun politique, de droite comme de gauche, n’offre d’horizon désirable ».

Tenir dans la durée

Steeve, quarante et un ans, et sa compagne Charlie, trente sept ans, font partie des déçus de la gauche venus exprimer leur colère. « Maintenant le Parti Socialiste, c’est fini », lance Steeve, éducateur dans une association, à l’aune de sa propre expérience. « Depuis trois ans, nous cumulons les Contrats de travail à Durée Déterminée (CDD). Ce n’est pas de cette vie-là que nous voulons pour notre fille de quatre ans. Des parents angoissés, qui renoncent à leurs vacances en famille pour prolonger un contrat, ce n’est pas cela le bonheur ».

Animateur culturel d’origine chilienne, Ariel, cinquante cinq ans, se félicite de voir « jeunes et adultes côte à côte pour défendre des acquis sociaux admirés du monde entier. Maintenant, il faut tenir dans la durée. C’est ce qui sera le plus compliqué ».

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 16:54

Mohammed Abrini, suspect des attentats de Paris, a été arrêté (Reuters)

Mohammed Abrini, impliqué dans les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 à Paris, a été arrêté, annonce Vendredi 8 Avril 2016 la radio télévision flamande (VRT) qui ajoute qu'il est probablement l'homme au chapeau en fuite depuis les attaques du 22 mars 2016 à Bruxelles.

Mohammed Abrini, qui figurait sur la liste des fugitifs les plus recherchés d'Europe, avait été filmé le 11 novembre 2015 dans une station-service sur l'autoroute en direction de Paris en compagnie de Salah Abdeslam. Les deux hommes circulaient à bord d'une Clio noire utilisée deux jours plus tard dans les attentats qui ont fait cent trente morts à Paris et aux abords du Stade De France à Saint-Denis.

La VRT et la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), citant des sources non identifiées, précisent qu'il est « plus que probablement l'homme au chapeau » filmé le 22 mars 2016 par les caméras de surveillance de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem avec Ibrahim al Bakraoui et Najim Laachraoui, les deux kamikazes islamistes qui se sont faits exploser dans le hall des départs.

Le parquet fédéral belge avait lancé Jeudi 7 Avril 2016 un nouvel appel à témoins afin de le retrouver, diffusant de nouvelles photos du suspect ainsi qu'une vidéo retraçant grâce aux caméras de surveillance le trajet qu'il a suivi à pied, pendant près d'une heure, après les explosions entre l'aéroport et le quartier de Schaerbeek.

La radio télévision publique francophone RTBF évoque une seconde arrestation et indique, au conditionnel, qu'il pourrait s'agir du suspect aperçu en compagnie de Khalid al Bakraoui, le kamikaze de la station de métro Maelbeek.

La VRT l'identifie sous le nom d'Oussama Kraiem.

Le parquet fédéral belge a confirmé plusieurs arrestations dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Bruxelles mais n'a communiqué aucun nom à ce stade.

Après quatre mois de cavale, Salah Abdeslam a été arrêté le 18 mars 2016 à Bruxelles, quatre jours avant les attaques contre l'aéroport et le métro de la capitale belge.

Revendiqués, comme les attaques djihadistes de Paris, par l'Etat Islamique, les attentats du 22 mars 2016 ont fait trente deux morts, sans compter les trois kamikazes.

Selon la VRT, Mohammed Abrini, âgé de trente et un ans, a été arrêté dans le quartier d'Anderlecht, qui jouxte Molenbeek, la commune de l'agglomération bruxelloise où il a grandi, comme Salah Abdeslam.

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 16:39

Deux groupes de migrants reconduits de Grèce en Turquie (Reuters)

Deux ferries transportant quelque cent vingt migrants sont arrivés Vendredi 8 Avril 2016 dans le port turc de Dikili en provenance de l'île grecque de Lesbos, dans le cadre de l'accord que l'Union Européenne a conclu avec Ankara pour enrayer l'afflux de migrants.

Un premier groupe de deux cent deux personnes, essentiellement des pakistanais et des afghans, avait été reconduit lundi en Turquie.

Au total, ce sont environ trois cent vingt cinq personnes qui ont été renvoyées vers la Turquie depuis l'entrée en vigueur de l'accord conclu entre la Turquie et l'Union Européenne au mois de mars 2016.

Ces migrants ont été transférés dans un camp proche de la frontière bulgare auquel le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l'Organisation des Nations Unies (ONU) n'a pas encore eu accès.

Un premier ferry, transportant quarante quatre ressortissants pakistanais, est arrivé Vendredi 8 Avril 2016 à Dikili sous escorte de deux vedettes des gardes côtes, a indiqué le ministère turc de l'intérieur.

Un second ferry, avec soixante dix neuf migrants originaires d'Egypte, d'Afghanistan et d'Irak, a accosté peu après 12 heures 30, a indiqué un responsable turc, précisant qu'aucun des deux navires ne transportait de réfugiés syriens.

Aucune autre arrivée n'est prévue ce week-end, ont ajouté des responsables turcs.

Avant leur départ du port grec de Mytilène, deux militants hostiles à l'accord turco-européen se sont jetés à l'eau et suspendus à la chaîne de l'ancre. Ils ont été repêchés par les gardes côtes.

Le parlement turc a par ailleurs approuvé dans la nuit du Jeudi 7 Avril au Vendredi 8 Avril 2016 un accord autorisant le rapatriement des ressortissants pakistanais dans leur pays.

Selon Athènes, cent quarante neuf migrants sont arrivés depuis vingt quatre heures à Lesbos, Samos et Chios contre soixante seize la veille.

Amnesty International dénonce les conditions de rétention en Grèce

L'accord entre Bruxelles et Ankara prévoit de renvoyer en Turquie tous les migrants, y compris syriens, en situation irrégulière arrivés après le 20 mars 2016 dans les îles grecques et de procéder, pour chaque syrien réadmis par la Turquie au départ des îles grecques, à la réinstallation d'un autre syrien de Turquie dans un des états membres de l'Union Européenne.

Ses détracteurs dénoncent un ignoble marchandage et une violation du droit international.

Dans un rapport publié Jeudi 7 Avril 2016, Amnesty International affirme que les migrants retenus sur les îles grecques de Lesbos et de Chios vivent dans des conditions effroyables et n'ont qu'un accès limité à une assistance juridique, voire à une simple information sur leur statut.

Le rapport d'Amnesty International relaie notamment les difficultés des migrants à trouver des médecins ou une assistance médicale. Quant aux procédures d'asile, elles sont menées de façon expéditive. Une syrienne citée dans le rapport déclare que sa famille et elle ont eu à signer plusieurs documents sans disposer d'un interprète. Elle ajoute qu'on ne leur pas donné une copie de ces documents.

Ces témoignages, note Gauri van Gulik, directrice adjointe d'Amnesty International pour l'Europe, « montrent qu'en plus du fait que la Turquie ne soit pas pour l'instant un pays sûr pour les réfugiés, il existe de graves dysfonctionnement du côté grec de l'accord entre l'Union Européenne et la Turquie. Tant que ces deux points n'auront pas été pleinement réglés, aucun retour ne devrait être effectué ».

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 13:19

http://www.slate.fr/story/116503/indignes-francais-2011#xtor=RSS-2

On les avait oubliés, mais, en 2011, il y a déjà eu des Indignés français

Par Aude Lorriaux

Jeudi 7 Avril 2016

Feu de paille ou mouvement de fond, une semaine après le début de Nuit Debout, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la pérennité du mouvement, que l’on appelle déjà celui des indignés. Mais qui se souvient aujourd’hui de l'échec de la mobilisation de 2011 ?

On les a vus émerger en 2011, au moment où les indignés espagnols prenaient de l’ampleur.

Cette année-là, le 19 mai 2011, cent à deux cent jeunes prennent l’initiative de se poster tous les jours place de la Bastille à Paris. Le 29 mai 2011, ils sont même un millier, venus afficher leur soutien. « Comme les madrilènes, les manifestants parisiens demandent une réelle démocratie, maintenant et dénoncent les politiques d'austérité menées partout en Europe », raconte à l’époque le Monde.

Oui, nous l'avons pour la plupart oublié, mais il y avait déjà des indignés français, il y a cinq ans.

Car leur joli mois de mai va plutôt vite et mal se terminer. Dimanche 29 Mai 2011, la police les évacue et démonte les trente tentes qu’ils ont installées. « Non à la violence », crient les militants, encerclés par une dizaine de fourgons de Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS).

Le 11 juin 2011, rebelote, les forces de l’ordre les dispersent avant même l’installation d’un campement pacifique. Il y aura encore quelques soubresauts du mouvement avant les vacances d'été, avec une évacuation le 19 juin 2011 et un campement démonté le lendemain.

Quel est le rôle des anciens dans le mouvement de 2016 ?

À la rentrée 2011, le mouvement reprend un peu du poil de la bête. Près de deux mille personnes se retrouvent devant l’Hôtel de Ville de Paris pour « la journée mondiale des indignés ». L’économiste Frédéric Lordon est déjà là et prononce quelques discours. Un indigné estime alors dans le journal Libération que « dix mille personnes environ participent au mouvement en France, dont un noyau dur d'un millier de personnes particulièrement impliquées ». Des assemblées générales hebdomadaires sont tenues sur le quai Saint Bernard. Et au mois de novembre 2011, ils occupent pendant près de dix jours le parvis de la Défense.

Depuis, plus rien, explique Yannis Lehuédé, qui faisait partie de la commission communication à l’époque et a écrit un livre sur cette période, « on nous appelle les indignés, chronique parisienne ».

Quel rôle ont joué les anciens indignés dans le mouvement Nuit Debout ? Certains ont pris le train en marche, quelques-uns étaient là dès le départ, mais ils ne sont « pas aux manettes », explique Yannis Lehuédé.

« Nous pouvons être là pour donner des conseils sur ce qui n’a pas marché mais, globalement, il faut que les gens se réapproprient les choses, il faut leur laisser l’initiative. Nous repartons de zéro ».

Échec en 2011, réussite en 2016 ?

Pourquoi la Nuit Debout semble prendre aujourd’hui alors que le mouvement avait échoué en 2011? Vaste question mais, pour le militant, il est certain qu’il se passe quelque chose de différent, notamment du côté des forces de l'ordre. « Je suis surpris que la police ne soit pas plus méchante. Il doit y avoir un rapport de force différent ».

Le mouvement d’aujourd’hui aurait aussi commis moins d’erreurs, en étant « moins dogmatique », selon Yannis Lehuédé, et en s’adaptant au contexte français, « à l’époque, nous avions exclu les associations, les syndicats et les partis. Nous ne voulions pas de structures déjà organisées. Nous avions copié le modèle espagnol. Mais c’était une erreur ».

La France a un tissu associatif assez fort et les syndicats jouent traditionnellement un rôle important dans les mobilisations. Nuit Debout a su pour l’instant les inclure, tout en les neutralisant, la grande diversité des associations, collectifs, partis et syndicats représentés empêche pour l'instant qu'une structure ne prenne le dessus sur les autres.

Le contexte politique est aussi différent. La France de 2011 était celle de Nicolas Sarkozy et de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP). La gauche de 2016, avec François Hollande, subit une déception bien plus grande, parce qu’elle a peu d’espoir d’alternative. « Les militants étaient abasourdis de voir que Manuel Valls expulse plus de roms que la droite. Avec la loi de Myriam el Khomri, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase », commente Yannis Lehuédé.

Résultat, le public semble plus réceptif. En témoigne, en plus des centaines de personnes présentes place de la République à Paris et dans plusieurs villes de France, les quatre vingt mille spectateurs qui ont suivi le mouvement Dimanche 3 Avril 2016 sur l’application Périscope.

Mais ce frémissement suffira-t-il pour poser les graines d'une révolution ?

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 12:56

http://www.elmundo.es/internacional/2016/04/06/570508ec268e3e3d3a8b4581.html

Deux mille personnes ont participé à l’assemblée parisienne dans la nuit du Mardi 5 Avril au Mercredi 6 Avril 2016

Les indignés français s’étendent à d’autres villes

La manifestation est dans son septième jour et elle attire de plus en plus de citoyens. Elle s’étend à d'autres villes telles que Lille, Lyon, Toulouse et même Bruxelles

La France indignée

La Nuit Debout, le mouvement des indignés français, continue d'occuper la place de la République à Paris depuis six jours. Mardi 5 Avril 2016, deux mille personnes ont participé à l’assemblée dans laquelle ont également pris la parole un groupe de réfugiés et des militants de cette cause dans une tentative de donner une visibilité à la situation que vivent ces personnes qui souvent dorment dans la rue, comme cela est arrivé au mois de mars 2016 avec le camp qui a été récemment expulsé dans le centre-ville.

Ce qui devait être une occupation de trois jours continue avec l'intention de ne pas s’arrêter. Pour l'instant, les organisateurs ont informé la préfecture de police que les assemblées se poursuivront jusqu'à minuit, Dimanche 10 Avril 2016, mais il est prévu que, après une semaine d’action, le Samedi 9 Avril 2016 sera le jour clé, car ce sera une journée de manifestations contre la réforme du travail contre laquelle toutes les protestations ont commencé.

Selon ce que nous a dit Arthur, l'un des organisateurs, il y a eu des discussions sur le fait qu’il est naturel qu’aucune organisation ne contrôle le sujet à traiter ou le temps de parole. Cependant, ils savent que, pour cette raison, les assemblées sont généralement vidées de leur contenu et que la longueur des assemblées empêche toute décision, une question qui devrait changer dans les prochains jours. « Nous avons informé que nous serons ici jusqu’au Dimanche 10 Avril 2016, mais maintenant, nous ne pouvons pas dire où nous allons, le mouvement doit continuer car il a pris sa propre vie », explique Arthur.

« Nous avons maintenant plus peur de l'infiltration des fascistes que de l’épuisement du mouvement », a dit une militante du Parti de Gauche au Journal du Dimanche.

Les centaines de personnes qui ont assisté aux trois premiers jours sont devenues des milliers de citoyens qui ne se mobilisent pas seulement contre la loi de Myriam el Khomri, la réforme du travail que Manuel Valls tente de mettre en œuvre en suivant les ordres de Bruxelles, un projet de loi qui va dans le sens des mesures prises par le gouvernement espagnol en 2010 et 2012.

Dans la Nuit Debout convergent aussi des mouvements écologistes, activistes et antimilitaristes, mais il est composé en général de citoyens de gauche déçus par le gouvernement de François Hollande qui dénoncent quatre années de mesures libérales et qui réclament un changement.

Le mouvement s’étend à Bruxelles

Le mouvement s’est également étendu à d'autres villes françaises, comme Lille, Rennes, Lyon et Toulouse, et Mardi 5 Avril 2016 la première Nuit Debout a également eu lieu à Bruxelles, comme l'a annoncé une page facebook

Cependant, la place de la République est devenue un lieu de loisir autour des assemblées. Beaucoup se plaignent que certains jeunes qui semblent avoir rejoint le mouvement ne participent pas aux débats et sont assis avec des amis pour boire, fumer, chanter ou danser.

Des commerçants profitent des assemblées pour vendre des sandwiches, des kebabs et des hot-dogs qui sont vendus à cinq euros dans une douzaine d'endroits autour de la place. Certains des plus actifs se plaignent que cette scène donne une mauvaise image et nuit à la cause réelle.

Pendant ce temps, après 23 heures, quand ils ont fini les débats, plusieurs dizaines de personnes passent la nuit sur la place malgré les forces de l'ordre, très présentes autour de la place, qui attendent les premières heures de la matinée pour les expulser. Peu importe, quelques heures plus tard, les indignés français reviennent sur les pavés de la République. Il y a une phrase historique célèbre écrite sur un carton suspendu à un arbre autour des manifestants et qui indique clairement quel est le but, « nous reviendrons et nous serons des millions ».

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 17:01

http://www.rollingstone.fr/la-nuit-debout-prend-de-lampleur

La Nuit Debout prend de l’ampleur

Vendredi 32 Mars, Samedi 33 Mars, Dimanche 34 Mars 2016 et au-delà, la mobilisation de la Nuit Debout contre la loi travail de Myriam el Khomri rencontre un succès croissant.

Dans plusieurs villes de province, quelques centaines de personnes entamaient hier soir leurs premières Nuits Debout. Malgré une interdiction de se rassembler sur la place Mazagran, à Lyon, trois cent manifestants se sont rendus sous le pont de la Guillotière pour une assemblée générale. À Nantes, ils étaient près de trois cent à se réunir sur la place du Bouffay après une journée de manifestation ponctuée de heurts et de dégradations. Près de trois cent personnes se sont également mobilisées à Strasbourg quand l’esplanade Charles-de-Gaulle de Rennes était investi par deux cent de ces indignés français. D’autres rassemblements similaires sont attendus dès ce soir à Rouen, Bordeaux, Montpellier et Lorient.

A Paris, le mouvement réunissait Mardi 5 Avril 2016 un millier de personnes sur la place de la République, pour une sixième Nuit Debout, symbole de la révolte contre une loi travail accusée de favoriser la précarisation. « Nous ne sommes plus dans la simple revendication contre un projet de loi mais dans quelque chose de plus vaste », constate, auprès de l'Agence France Presse (AFP), Alex, un Disc Jockey encadrant la Nuit Debout parisienne qui recevait Mardi 5 Avril 2016 le soutien d’un député européen de Podemos.

Le site Internet www.convergence-des-luttes.org présente la Nuit Debout comme un « collectif informel composé d’intermittents, de syndicalistes et de citoyens engagés, déterminés à s’unir pour faire entendre son ras le bol de la politique gouvernementale ». Le mouvement dit s’être formé après une réunion à la fin du mois de février 2016 « autour de la dynamique du film de François Ruffin, Merci Patron, et de l’équipe du journal Fakir ». Souvent comparé aux indignés espagnols, le large mouvement social d’occupation parmi les origines du parti Podemos, Nuit Debout bénéficie du soutien de plusieurs membres du parti espagnol, dont le député européen Miguel Urban Crespo.

Le succès rencontré par cette initiative peut aussi être attribué à internet, où le mouvement reçoit l’appui de nombreux anonymes, avec une multiplication des comptes sous le mot dièse Nuit Debout et des demandes de rassemblement de plus en plus nombreuses sur la toile.

Ainsi, la page facebook du mouvement compte déjà plus de quarante mille mentions « j’aime » et le twitter compte près de vingt mille abonnés.

Le mouvement devrait aujourd’hui dépasser nos frontières. Pour cette soirée dite du Mercredi 37 Mars 2016, la Nuit Debout s’invite à Bruxelles.

Un évènement a été créé sur facebook par le collectif Bruxelles Nuit Debout

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 16:34

http://www.nuitdebout.fr/fr

Nous lançons cet appel pour soutenir toutes les Nuits Debout

Depuis Jeudi 31 Mars 2016, nous, citoyens, sommes installés en toute légalité sur différentes places dans nos villes.

Ces rassemblements pacifiques, ouverts et populaires visent à réinvestir l’espace public pour échanger, débattre et construire ensemble.

Malgré les dispersions arbitraires de la police, malgré la pluie et les difficultés matérielles et malgré des tentatives d’infiltration et de récupération par des réseaux d’extrême droite, notre mouvement a réuni chaque jour et chaque nuit des milliers de citoyens différents mais debout partout en France et des soutiens partout dans le monde.

Une foule toujours plus nombreuse de citoyens concernés, engagés ou tout simplement curieux, des femmes et des hommes de tous âges et de tous milieux sociaux, passent sur les lieux de ces différentes Nuits Debout, participent aux débats et manifestent leur soutien.

Si besoin était, cela confirme l’échec manifeste du travail permanent d’exclusion des citoyens mené par les dirigeants politiques et les faiseurs médiatiques d’opinion.

Pourquoi cette pétition ?

Cette pétition ne porte pas d'autre revendication que de permettre à tous ceux et celles qui veulent participer à une Nuit Debout de pouvoir s'organiser et le faire.

A ceux et celles qui veulent tout simplement apporter leur soutien de pouvoir le faire en deux clics.

Cette pétition est donc un moyen de nous compter localement et globalement. Nous vous demandons de signer et de partager massivement.

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 16:22

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/04/06/nuit-debout-histoire-d-un-ovni-politique_4896808_823448.html

Nuit Debout, histoire d’un Objet Volant Non Identifié (OVNI) politique

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

Il est 21 heures, place de la République à Paris, Mardi 5 Avril 2016, pardon, Mardi 36 Mars 2016, comme on dit ici. Le soir a commencé à envelopper la petite foule de la Nuit Debout.

L’assemblée générale, commencée trois heures plus tôt, se poursuit. François Ruffin, le réalisateur de Merci Patron, le documentaire à l’origine du mouvement, doit intervenir dans le cadre d’un débat mais il patiente depuis un moment.

Le rédacteur en chef du journal Fakir prend enfin le micro. Comme dans son documentaire, il arbore un tee-shirt « i love Bernard Arnault » avec une photo grand format du Président Directeur Général (PDG) de Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH). Il ne parlera que quelques minutes. Le temps d’expliquer que le but de son film est « de construire un langage qui permet de sortir de l’entre-soi et de rencontrer d’autres classes sociales. Tout l’enjeu, maintenant, ici aussi, c’est de sortir de l’entre-soi », martèle-t-il. Il ne sera guère entendu. Les participants à l’assemblée générale veulent poursuivre leurs discussions. La plupart ignorent que c’est en grande partie grâce à celui qui leur fait face qu’ils occupent la place de la République.

Raconter le mouvement de la Nuit Debout, c’est aussi relater le succès de Merci Patron. « Ce film, c’est une oasis de joie dans le désert de morosité de la gauche », résume son réalisateur, qui se définit comme un « compagnon de route du Front De Gauche (FDG) ». Rapidement, le documentaire dépasse le traditionnel public militant. Le philosophe et économiste critique Frédéric Lordon encourage l’équipe de Fakir à se saisir de cet élan de sympathie.

« Il y a un besoin très fort de s’exprimer »

François Ruffin et ses amis organisent, le 23 février 2016, une soirée à la bourse du travail de Paris. Le mot d’ordre, « leur faire peur », comprendre à « l’oligarchie ». La salle est pleine. En préambule, un petit discours du patron de Fakir. « Tant que nous y allons de manière séparée, nous avons de bonnes chances d’être foutus. L’une des leçons du film, c’est de se dire que si nous n'avons pas la jonction de la petite bourgeoisie que j’incarne et des classes populaires incarnées par les Klur dans le film, nous n'arrivons pas à perturber Bernard Arnault », explique François Ruffin. Le public décide de travailler à la « convergence des luttes » qui deviendra le nom du comité d’organisation de la Nuit Debout. Le contexte est jugé favorable avec la mobilisation contre la loi de Myriam el Khomri. Le choix est fait de ne pas rentrer chez soi à l’issue de la manifestation du Jeudi 31 Mars 2016 et d’occuper une place. Pour des raisons pratiques, ce sera la place de la République.

Après les débats, une quinzaine de personnes se retrouvent au bar d’à côté. Chacun arrive avec son savoir, son expérience ou simplement son envie de faire. Des jeunes et des moins jeunes, qui ont souvent un engagement et acceptent ou non d’apparaître publiquement. Il y a là Johanna, salariée chez Fakir, Loïc, un intermittent membre de la compagnie Jolie Môme, Leïla Chaïbi, militante à Jeudi Noir et membre du Parti de Gauche, Karine Monségu, syndicaliste chez Air France, également au Parti de Gauche, Camille, du collectif citoyen des Engraineurs, ou encore Arthur, étudiant à Sciences Politiques. Ils s’attellent à organiser la première soirée, celle du Jeudi 31 Mars 2016, mais refusent d’établir une plate-forme revendicative. Quelques lignes sont tout de même rédigées pour dénoncer des « réformes de plus en plus rétrogrades et un déni démocratique » et appeler à construire un « projet politique ambitieux, progressiste et émancipateur ». Une cagnotte est lancée sur internet, trois mille euros sont récoltés.

Présent le 23 février 2016 à la bourse du travail de Paris, mais à une réunion contre l’état d’urgence, Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit Au Logement (DAL), s’invite à la rencontre de Fakir.

Le DAL offre son aide en matière juridique, notamment pour les déclarations en préfecture. ATTAC et l'Union Syndicale Solidaire (USS) seront aussi de la partie. A l’approche du jour j, le pessimisme gagne. La météo annonce de la pluie. « Je pensais que cela allait foirer » , se souvient François Ruffin. « Etre de gauche, c’est être habitué à la défaite ». Les manifestants le font mentir et affluent place de la République. La Nuit Debout est lancée. Depuis le Jeudi 31 Mars 2016, elle continue à occuper les lieux. « Il y a un besoin très fort de s’exprimer » , note Karine Monségu, d’Air France. « Si notre objectif n’avait pas répondu à un besoin, nous aurions échoué ». Chacun le reconnaît, c’est devenu une usine à gaz. « Nous sommes dépassés », se réjouit Arthur, l’étudiant de Sciences Politiques.

« Les socialistes sont morts »

Après le 23 février 2016, François Ruffin se tient plus ou moins en retrait. Tout comme Frédéric Lordon, qui a tout de même pris la parole à la tribune, le Jeudi 31 Mars 2016, avant de repasser une tête Dimanche 3 Avril 2016. Sollicité par le Monde, ce dernier ne souhaite pas s’exprimer.

« Je n’ai nulle envie d’apparaître pour ce que je ne suis pas, le leader d’un mouvement qui n’a pas de leader », précise-t-il par mail. Place de la République, chacun parle pour soi. Le parallèle avec les indignés espagnols et Podemos a rapidement été établi, d’autant que les participants de la Nuit Debout ont adopté les mêmes codes. « Un mouvement horizontal devenu un parti hyper hiérarchisé, ce n’est pas l’idée ici », critique cependant Camille, du collectif des Engraineurs.

Le mouvement se méfie des politiques mais intrigue ces derniers, qui déboulent place de la République sans s’y attarder. Sur place, le Parti Socialiste n’a pas bonne presse. « Les socialistes sont morts, nous allons les enterrer bientôt », assure Karine Monségu. François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron ont dégoûté tout le monde durablement ». Par rapport aux élections présidentielles de 2017, « c’est justement parce qu’e nous n'attendons plus rien des élections présidentielles que nous faisons les choses nous-mêmes », lance Loïc, de la compagnie Jolie Môme.

Quel avenir, rester place de la République, en partir ou trouver un débouché politique ? « C'est trop tôt pour le dire », répond en chœur le petit groupe. Chacun a conscience de vivre un moment charnière. La province commence à s’organiser et la date de la prochaine manifestation contre la loi de Myriam el Khomri, Samedi 9 Avril 2016, fixe un horizon. Les initiateurs, eux, sont en train de passer la main mais demeurent vigilants. Tout cela reste fragile. Des tentatives de noyautage par l’extrême droite ont déjà eu lieu. « Cela peut être un feu de paille », reconnaît Johanna, de Fakir. Mais même si c’était le cas, cela prouve qu’il y a une sacrée énergie disponible ». Leïla Chaïbi s’interroge aussi sur « comment ne pas épuiser le mouvement et le faire grandir ». Une certitude habite cependant la jeune femme, « nous relevons enfin la tête ».

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 16:16

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/04/06/nuit-debout-manifestation-nocturne-boulevard-saint-germain-a-paris_4896559_823448.html

Des tensions boulevard Saint-Germain à Paris aboutissent à une manifestation nocturne

Ce fut une manifestation d’un peu plus de deux cent personnes, hurlant, tantôt à voix nue, tantôt au mégaphone, « Etat d’urgence, état policier », « police partout, justice nulle part » ou encore « Paris, soulève-toi ». A première vue, rien d’inédit dans la capitale, sauf que le défilé a relié le boulevard Saint-Germain à la place de la République, en passant par Notre-Dame, Mercredi 6 Avril 2016 entre 3 heures et 4 heures du matin.

Tout a commencé quelques heures plus tôt. Lors d’une assemblée générale place de la République du mouvement de la Nuit Debout, qui se réunit chaque soir depuis la journée de mobilisation du Jeudi 31 Mars 2016 contre le projet de réforme du code du travail de la ministre Myriam el Khomri, un appel a été lancé pour que des volontaires aillent réclamer la libération des derniers lycéens interpellés de la journée, dont quatre étaient encore en garde à vue au commissariat du cinquième arrondissement de Paris.

Plusieurs petits groupes ont pris le chemin du Quartier Latin, pour se rassembler devant le commissariat. Voyant que la situation ne se débloquait pas, certains ont eu l’idée d’ériger des barricades avec tout ce qu’ils trouvaient, bloquant totalement la circulation sur le boulevard avec des tôles vertes et grises de chantier, comme en a témoigné sur twitter le journaliste Arnaud Contreras.

Il n’a pas fallu longtemps pour que des dizaines de Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), casquées et boucliers en main, soient déployées. Il s’ensuivit un moment très chaotique, les manifestants courant vers le quai de Montebello, certains pris en tenaille par les policiers de chaque côté du pont au Double, d’autres repoussés sur le boulevard et bientôt encerclés par des CRS, le tout, selon les manifestants, avec force gaz lacrymogènes. Une grosse cinquantaine de manifestants, la plupart ayant moins de vingt cinq ans, sont restés entourés deux heures par plus d’une centaine de policiers très tendus.

Une longue négociation entre une représentante des forces de l’ordre et un représentant des manifestants a finalement permis une sortie de crise dans le calme. Les partisans de la Nuit Debout ont tenu à repartir tous ensemble jusqu’à la place de la République, une décision votée à main levée. La police, craignant qu’ils n’en profitent pour occuper une autre rue du quartier, a fait le choix de les escorter jusqu’à la place. C’est ainsi que les policiers ont ouvert la voie, dans les rues de Paris, au cortège de jeunes manifestants galvanisés rejoints par nombre de leurs camarades, bloquant les automobilistes pour les laisser passer, comme ils l’auraient fait pour n’importe quelle manifestation, mais au beau milieu de la nuit, sous le regard ahuri des riverains à leur fenêtre, se demandant s’ils sont en plein rêve.

Les voilà de retour, triomphant place de la République, accueillis par des vivats. Il est 4 heures 30. S’emparant du mégaphone, une jeune femme félicite la petite assemblée d’avoir réussi à démêler la situation tendue du soir sans violence. « Il faut réfléchir à d’autres actions non violentes pour les prochains jours, en assemblée générale à 17 heures », propose-t-elle. « Non, discutons-en maintenant », lance un autre. « Mais vous n’arrêtez jamais », s’amuse un troisième.

Comme d’autres au même moment, Manuel, vingt neuf ans, jette un œil à sa montre et pousse un léger soupir, « je ne serai pas couché avant 5 heures, je me lève à 7 heures 15, je vais dormir deux heures ». Il est instituteur en maternelle. Mais peu lui importe d’être fatigué, « je vais aller travailler avec la pêche, c’était hyper enthousiasmant ce soir ».

Eriger des barricades sur le boulevard Saint-Germain, « c’est un symbole fort », dit-il, grisé. « Mai 1968 a commencé après la nuit des barricades ». Certains que cette action marquera un temps fort pour le mouvement, il sera de retour place de la République dès sa classe terminée, pour la nouvelle assemblée générale.

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