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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 18:08

http://www.liberation.fr/debats/2016/06/08/pour-une-greve-generale-par-procuration_1458202

Pour une grève générale par procuration

Par Sophie Wahnich, Directrice de recherches en histoire et science politique au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS)

Mercredi 8 Juin 2016

Cinquante quatre pour cent des français sont contre la loi travail. Une caisse de solidarité aux grévistes a été instaurée, les français pourraient y contribuer.

Le nerf de la guerre, c’est l’argent, celui de la contre-offensive aussi. Mais ce n’est pas exactement le même argent. C’est celui de la solidarité et des échanges de secours réciproques.

En Grèce, face au désastre provoqué par la crise de la dette, des individus, conscients de la situation politique oppressive, ont inventé,sous le nom de solidarité, un espace civil et politique horizontal qui permet d’organiser une survie quotidienne, un vaste réseau d’échanges non monétarisés a été mis en place pour la nourriture, les vêtements, mais aussi l’éducation et la santé. Dans un film de Laure Vermeersch, intitulé Alcyons, cet air plus doux qui réchauffe les oisillons au cœur de l’hiver, des femmes expliquent que les injonctions et les prescriptions de la troïka ont provoqué un désastre national, une grande commotion historique, comparable à une guerre. « Nous vivons une guerre économique. Ils veulent nous détruire. C’est ce qui me rend dingue. Il y a eu moins de morts pendant la guerre que de suicides en Grèce aujourd’hui ». C’est ce qu’affirme Georgia qui orchestre la solidarité dans la localité de Phylé, solidarité qui vient mettre ici un frein au désastre de la guerre économique menée par l’Europe à ses peuples au nom de la dette.

La loi El Khomri, ce n’est un secret pour personne, répond à des injonctions européennes et à une menace d’amende. Elle est considérée par cinquante quatre pour cent des français comme mauvaise car permettant un assujettissement plus important du travail au capital dans un pays qui s’est doté de protections spécifiques au cours de l’histoire longue de son mouvement ouvrier.

Mouvements multiples, pétitions, manifestations, Nuits debout et désormais grèves des raffineries et des transports, tout ce qui peut interrompre les flux est une contre-offensive à cet assujettissement programmé. Or, la grève, cela coûte cher.

Un pot commun de solidarité a été lancé dans la tradition des caisses de grève afin de soutenir les salariés qui ont cessé le travail. En une semaine, cent quarante neuf mille six cent quatorze euros ont été collectés auxquels il faut rajouter seize mille trois cent cinquante euros reçus en chèques par la Poste. Cette initiative connaît un succès réel mais le compte n’y est pas encore car seuls trois mille cinq cent quatre vingt dix personnes ont contribué à cette caisse.

Si cinquante quatre pour cent des français ne peuvent se mettre en grève, ils peuvent en revanche donner par solidarité, ce qu’ils ne font pas encore. Faire don de journées de travail travaillées pour des jours de grève stratégique est pourtant une manière de fabriquer une sorte de grève générale par procuration face à l’adversité et face à ce risque d’assujettissement.

En 1792, pour contrer la coalition contre-révolutionnaire, des révolutionnaires français et patriotes étrangers avaient collecté des dons patriotiques. Ainsi, un garçon perruquier ou une blanchisseuse faisaient offrande de leurs maigres économies afin de participer à l’effort de guerre à défaut de partir faire la guerre. Le désir de soutenir la révolution se manifestait sous cette puissance de donner son argent à défaut de son sang. Ces offrandes sont des actes personnels et volontaires, ni des impôts ni des exactions. Un patriote étranger disait ainsi que « je veux contribuer autant que la médiocrité de ma fortune me le permet à l’établissement éternel de la liberté du genre humain. Si je vous offre mes faibles moyens et si des individus de tous les pays travaillent ardemment à la réussite de votre entreprise, c’est que les autres peuples aussi aiment la liberté ». Le don vient soutenir ce désir de fraternité et affirmer que cette guerre pour la liberté n’est pas une guerre de rivalité entre puissances, mais de destruction « des monstres qui infestent l’humanité ». Le don des patriotes étrangers affirme le faire communauté des peuples qui aiment ou qui veulent la liberté et l’égalité.

Il nous faut bien sûr d’abord aujourd’hui faire communauté solidaire avec au moins cinquante quatre pour cent des français, mais aussi communauté solidaire des peuples européens opprimés par leurs propres institutions, solidarité avec les grecs, les espagnols, les portugais et tant d’autres, afin d’affirmer une autre Europe à venir, dotée d’un attirail de droits qui protègent et non de droits qui oppriment. Le mouvement des Nuits Debout proposait de réfléchir à « une souveraineté populaire au-delà de la nation, une Nuit Debout Europe », alors, encore un effort pour ce pot commun.

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 17:44

https://blogs.mediapart.fr/raymond-macherel/blog/070616/questions-pour-romain-dussaux-sorti-du-coma

Questions pour Romain Dussaux sorti du coma

Par Raymond Macherel

Mardi 7 Juin 2016

L'avocat de la famille de Romain Dussaux, Hugues Bouget, interrogé sur BFM Télévision, Lundi 6 Juin 2016, informe qu’il est sorti du coma et qu’il aurait « prononcé quelques mots ». Dimanche 5 Juin 2016, son père Laurent Dussaux avait révélé l’identité de son fils via facebook et diffusé un portrait. Nous souhaitons un prompt rétablissement à Romain Dussaux vers qui nos pensées vont chaque jour.

Le jeune homme a été blessé grièvement à la tête par une grenade défensive lancée par un policier porte de Vincennes à Paris, Jeudi 26 Mai 2016. Il se trouvait dans la petite foule visée par la grenade, occupé à prendre des photographies et filmer, sa caméra Go Pro fixée par un élastique autour de la tête. Malgré la gravité de la blessure, l’usage d’une telle grenade impose réglementairement de vérifier les dommages qu’elle a pu causer, nous savons que les policiers ont continué à jeter des bombes lacrymogènes à l'endroit où le blessé avait été déplacé par des journalistes et citoyens présents pour le mettre à l'abri.

Les parents de Romain Dussaux ont porté plainte contre X auprès du procureur de la république de Paris pour « violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ». Leur avocat demande la désignation d'un juge d'instruction pour connaître la vérité. Il est urgent de savoir si tout a été mis en œuvre ce jour-là pour protéger la santé du blessé. Et de remonter précisément la chaîne des responsabilités qui a conduit au jet à l'aveugle de cette grenade.

Rappelons que Manuel Valls affirmait « qu’aucune consigne de retenue » n'était donnée aux forces de l'ordre depuis le début du mouvement de contestation contre la loi travail.

Des faits nouveaux révélés par le journal Libération et confirmés par BFM Télévision inquiètent particulièrement. Alors que Romain Dussaux se trouvait encore dans le camion des pompiers, les images que BFM Télévision a récupérées montrent des gendarmes en armes et casqués ouvrir et fermer les portes du camion des pompiers, resté stationné à proximité des faits pendant « près d’un quart d’heure ». A un moment, l’on entend « les gars, il y a un problème », sans que l'on sache d'où vient cette interpellation, et les gendarmes se précipent à l’arrière du camion.

Deux d’entre eux y pénètrent et s’enferment à l’intérieur. Après quelques minutes, le camion démarre avec les gendarmes à son bord.

Un peu plus loin, selon le reportage de BFM Télévision, le camion est contraint de s’arrêter car Romain Dussaux aurait été alors « pris de convulsions ». Des heurts et des cris ont été entendus par des témoins, cités par le journal Libération.

Un jeune journaliste indépendant, Romain Dussaux, a donc été la cible d’une arme potentiellement mortelle, une grenade défensive jetée en plein Paris dans une situation de maintien de l’ordre qui ne justifiait pas son usage. Les donneurs d'ordre de cette violence d'état, déchaînée pour défendre la loi travail contre tous ceux qui s'y opposent, doivent être entendus et les responsabilités établies par la justice. François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, si prompts à communiquer d'habitude pour dénoncer la violence des adversaires de leur politique ou s’émouvoir du sort de leurs concitoyens touchés par des catastrophes, gardent le silence. Ils n'ont exprimé aucune émotion publique depuis le drame, ni même publié un petit tweet d’inquiétude ou de compassion.

Comme après la mort de Rémi Fraisse, les plus hautes autorités refusent d'assumer et le ministre de l’intérieur, qui connaît exactement les faits, n’a toujours pas démissionné.

Les grands médias d’information, qui avaient couvert l'incendie d'une voiture de police à Paris quelques jours plus tôt comme un événement mondial et qui ont cessé de le faire dès lors que des éléments troubles restaient à élucider, n’ont donné aucune dimension nationale à l’événément. Journaux télévisés, matinales des radios et unes des quotidiens, ont tardé et tardent toujours à prendre la mesure de la gravité des faits. Le défenseur des droits, Jacques Toubon, a lui, très vite ouvert une enquête. L'enquête de Mediapart a permis de montrer que la petite foule présente porte de Vincennes ne justifiait pas l'emploi de cette grenade. Libération a publié la vidéo d'une télévision russe qui confirme que la grenade jetée à l'aveugle est à l'origine de la blessure de Romain Dussaux. Et que le jeune homme n'aurait pas reçu les premiers soins urgents nécessaires et peut-être pire.

Des questions graves et effrayantes se posent en effet aujourd'hui. Pourquoi a-t-il fallu autant de temps, une heure ou bien une heure trente, Jeudi 26 Mai 2016, pour que Romain Dussaux, qui souffrait d'une hémorragie importante à la tête et d'un enfoncement de la boîte crânienne, soit conduit aux urgences d'un hôpital ? Pourquoi les pompiers ont-ils été appelés et non le Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) ? Y avait-il un médecin dans l’équipe des pompiers qui ont donné les premiers secours ? Pourquoi avoir laissé Romain Dussaux à proximité de policiers et des gendarmes qui ont pu ajouter une souffrance psychologique à sa douleur ?

Pourquoi des gendarmes en armes et casqués sont-ils montés dans le camion des pompiers où le blessé se trouvait encore conscient ?

Pourquoi ce même camion des pompiers a dû s’arrêter un peu plus loin ? Pourquoi des cris et des heurts ont-ils été entendu ? Pourquoi Romain Dussaux a-t-il été transporté dans un autre véhicule de secours en direction de l'hôpital de la Salpétrière où, quelques heures plus tard, il était opéré puis plongé dans le coma ? Ces gendarmes auraient-ils forcé le blessé à leur livrer la caméra Go Pro avec laquelle Romain Dussaux filmait au moment où il a été touché par la grenade ?

Nous souhaitons un prompt rétablissement à Romain Dussaux vers qui nos pensées vont chaque jour. Nous espérons qu'il ne souffrira pas de séquelles liées à sa blessure par une grenade défensive un jour de manifestation et aux conditions dans lesquelles il a été pris en charge immédiatement après les faits.

Notre démocratie est en état d'urgence.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 19:36

http://www.anti-k.org/2016/06/07/nuit-debout-un-appel-au-blocage-de-leuro-2016

http://www.danactu-resistance.over-blog.com/2016/06/nuit-debout-un-appel-au-blocage-de-l-euro-2016.html

Appel au blocage du championnat d'Europe de football 2016

Bloquons le championnat d'Europe de football 2016

Appel à des journées d'action décentralisée

La compétition européenne de football débute le Vendredi 10 Juin 2016 dans un climat social et politique explosif, depuis plusieurs mois l'état d'urgence est en vigueur, suscitant un recul des libertés et un renforcement des pouvoirs policiers tandis que des centaines de milliers de personnes sont engagés dans un large mouvement social « contre la loi travail et son monde » qui prend la forme de manifestations, actions et blocages de l'économie. Le gouvernement est isolé, son unique porte de sortie est de retirer la loi travail, de suspendre l'état d'urgence et de partir.

Ils pensent que le championnat d'Europe de football sera une grande fête, comme s'il suffisait de donner du pain et des jeux pour maintenir l'ordre établi. Faisons de cet événement leur cauchemar en perturbant le championnat d'Europe de football. Le match d'ouverture se déroulera à Saint Denis le Vendredi 10 Juin 2016, organisons des concerts de casseroles dans les rues et des manifestations sauvages pour exprimer notre colère.

Bloquons les transports en commun en solidarité avec les grévistes de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) et de la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP).

Les matchs se dérouleront ensuite à Bordeaux, Lens, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Paris, Saint-Denis, Saint-Étienne et Toulouse entre le Vendredi 10 Juin 2016 et le Dimanche 10 Juillet 2016. Nous appelons ainsi à converger dans ces villes pour y mener des actions de blocage et des manifestations durant toute la durée du championnat d'Europe de football.

Durant cet événement, au lieu d'aller aux matchs, organisons également des discussions contre les grands événements inutiles qui visent à transformer nos villes et nos espaces publics en un grand espace marchand. Le championnat d'Europe de football 2016 est avant tout un grand événement capitaliste et nationaliste organisée par une mafia corrompue au service des multinationales. En clair, boycottons et agissons en direction des sponsors qui pour certains sont impliqués dans l'évasion fiscale, la mal-bouffe, la répression contre des militants ou la déportation des migrants, Adidas, Tourtel, Française Des Jeux (FDJ), Mac Donald's, Coca-Cola, Carlsberg, Continental, Huyndai-Kia, Socar, Crédit Agricole, SNCF, Proman, Orange, Turkish Airlines et la Poste.

Pour une meilleure visibilité, ces initiatives décentralisées pourraient être relayées par les très nombreuses Nuit Debout. Nous appelons donc à ce que les assemblées populaires du mouvement des Nuits Debout se positionnent pour des actions de blocage du championnat d'Europe de football 2016 en votant ce texte ou en apportant des modifications et propositions supplémentaires et à ce que les différents outils de communication nationaux relayent cet appel pour être offensifs. Nous appelons également Global Debout à relayer cet appel en différentes langues dans l'objectif d'appeler à la mobilisation les autres pays européens.

Soyons incontrôlables.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 19:14

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/06/08/les-declarations-de-francois-ruffin-passent-mal-au-sein-de-la-nebuleuse-nuit-debout_4943050_823448.html

Les déclarations de François Ruffin passent mal au sein de la nébuleuse du mouvement des Nuits Debout

Par Blandine Garot

Alors que le mouvement des Nuits Debout s’apprête à fêter ses soixante dix jours d’existence, Mercredi 8 Juin 2016, les propos tenus Lundi 6 Juin 2016 dans Libération par le journaliste et réalisateur de Merci Patron, François Ruffin, ne passent pas auprès des militants du collectif. Ce témoin de la première heure et figure du mouvement, né le Jeudi 31 Mars 2016, y confesse que « le miracle, c’est que le mouvement ait existé » et avoue que « de mon côté, je n’en ai jamais attendu trop ».

Rassemblés Lundi 6 Juin et Mardi 7 Juin 2016 place de la République pour la projection du documentaire de Luc Decaster, « qui a tué Ali Ziri », les irréductibles du mouvement s’interrogent, « qui est-il pour parler au nom du mouvement et pourquoi est-il venu s’il n’a jamais cru dans le mouvement ».

Au dernier rang de l’assemblée, un groupe de lycéens regarde le film.

« Ce soir, nous sommes loin des trois mille participants des premiers jours. Pourtant, je suis surpris. Nous sommes toujours là », constate Thomas, dix huit ans. À quelques jours du baccalauréat, il continue à passer place de République pour écouter les débats. « Le mouvement des Nuits Debout n’est pas mort, il est en gestation ». De quoi, Thomas ne le sait pas encore. Il attend et écoute.

Le mauvais temps de ces dernières semaines est venu à bout des curieux de la première heure. La place s’est vidée. Seule une centaine de participants est encore mobilisée. Avec sa chaîne sur Periscope, Remy Buisine couvre chaque soir le rassemblement de la Nuit Debout parisienne.

« La place n’est plus le seul lieu de convergence des luttes. Les militants sont partagés entre les manifestations et les actions coup de poing », constate-t- il. « Le mouvement des Nuits Debout a aujourd’hui d’autres visages mais il est toujours bien vivant ». Mardi 7 Juin 2016, les activistes étaient au siège du mouvement des entreprises de France (MEDEF) ou encore devant le siège du Parti Socialiste, rue de Solférino.

Il a usurpé la paternité du mouvement des Nuits Debout

Jean-Marie, psychologue du travail, est venu pour la première fois place de la République par curiosité au mois d’avril 2016. Deux mois plus tard, il assiste quasi quotidiennement aux assemblées de la Nuit Debout parisienne, tout comme à celles qu’organise régulièrement le rédacteur en chef de Fakir à la bourse du travail de Paris. Il n’est pas d’accord avec les propos que tient son camarade François Ruffin, « je ne comprends pas pourquoi il a décidé de prononcer l’éloge funèbre alors que tous se préparent pour la grande manifestation contre la loi travail du Mardi 14 Juin 2016. C’est une grave erreur de croire que le mouvement est mort, car malgré quelques fragilités, le mouvement est très puissant ».

Caractérisé par son organisation horizontale, le mouvement des Nuits Debout ne veut ni leader ni porte-parole. C’est peut-être là que le bât blesse pour certains militants. Pour Benjamin Ball, « François Ruffin n’a pas réussi à prendre le contrôle du mouvement, alors il fait un choix radical pour le tout le monde, allez, cela suffit on arrête ». Un autre activiste partage cette analyse, « avec cette interview, il est enfin sorti du bois et il montre son incapacité à prendre la tête du mouvement ».

Fondateur du Mouvement Debout Libre, cet activiste tient à l’intégrité du mouvement qu’il protège en s’assurant qu’aucun pilotage ou récupération ne sont orchestrés.

D’autres ont la sensation d’avoir été utilisés par le réalisateur de Merci Patron. « Je pense qu’il a usurpé la paternité et a profité du mouvement à des fins du marketing, voire politiques », témoigne Raymond Macherel, de l’équipe de distribution du film Comme des Lions. « Son but premier, c’était d’accompagner la diffusion de son film et de faire parler de lui ».

Nuit debout serait-elle une concurrente politique trop puissante pour François Ruffin et son projet contre le Parti Socialiste ? C’est du moins la question que se posent les participants réunis ce soir place de la République.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 18:42

http://www.liberation.fr/france/2016/06/06/reponse-a-francois-ruffin-sur-les-accusations-de-censure-par-liberation_1457631

Réponse à François Ruffin sur les accusations de censure par Libération

Par Luc Peillon

Le cinéaste et responsable du journal Fakir, dont Libération publie une interview, Lundi 6 Juin 2016, reproche au quotidien d'avoir passé à la trappe plusieurs questions, explications.

C’était trop beau. Deux pleines pages sur ses propositions, son positionnement politique et sa stratégie, deux pleines pages sur le fond, enfin.

C’était trop beau. Et tellement contraire à ce qu’il dénonce. Qui plus est quand le média qui l’accueille s’appelle Libération, ce journal qui trahit. Dans une espèce de réflexe pavlovien, il fallait donc redresser la barre. Sauver la petite entreprise de dénonciation. S’ériger en victime. Mais sans aller, il ne faut pas pousser non plus, jusqu’à refuser la tribune et l’appel en une du journal, que proposait ce média mainstream tant honni.

Ainsi donc, très vite après la parution de l’entretien, Lundi 6 Juin 2016, François Ruffin, responsable du journal Fakir, a sonné la charge, « au cours de nos échanges avec les journalistes, j’avais taclé régulièrement Laurent Joffrin, le directeur de Libération, et surtout Patrick Drahi, l’actionnaire principal, patron de la Société Française du Radiotéléphone (SFR), de l’Express et de BFM. Rien n’en a été retenu », écrit-il sur le site du journal Fakir. « Je comprends cette censure et cette autocensure. Ayant relu l’interview, je l’ai d’ailleurs acceptée. C’est une règle du jeu médiatique, qu’on peut néanmoins dénoncer, l’impossibilité de critiquer les patrons de presse dans la presse. Comme ici, c’est moi le patron de presse, je vais en profiter pour rétablir les passages qui furent caviardés ». Et d’ajouter que « dans l’entretien, je mentionnais juste une imposture, voir le directeur de Libération parler sur les plateaux de télévision au nom de la gauche relève de l’imposture médiatique, tout comme voir Manuel Valls relève de l’imposture politique ».

Première chose, l’entretien a duré plus d’une heure, soit, une fois retranscrit, l’équivalent de quatre pages, alors que nous ne disposions que de deux pages pour accueillir ses propos. Il fallait donc, de toute façon, couper. Ne soyons cependant pas hypocrites. Nous n’allons pas dire que nous étions ravis de ces passages qui tapaient sur notre média et notre directeur. Mais ces propos auraient mérité un vrai débat contradictoire. Ce n’était pas l’objet de cet entretien que de se transformer en un échange sur l’impartialité et le rôle de la presse contrôlée aujourd’hui par des groupes industriels. Si tel avait été le cas, nous aurions organisé une confrontation entre lui et le directeur de la publication de Libération.

Voici, cependant, la question que nous n’avons pas conservée, avec son accord, et qui est sans doute la plus polémique.

Question. Certains vous diront qu’être engagé comme vous l’êtes chez Fakir, avec la partialité que cela implique, ce n’est peut-être plus du journalisme.

Réponse. Je n’ai jamais cru à la partialité, à la neutralité ou à l’objectivité. Je crois en l’honnêteté. Celle de dire aux gens « voilà d’où je parle ». Après, je peux vous renvoyer la question. Peut-il y avoir de l’impartialité des journalistes de Libération quand l’un de ses actionnaires, Patrick Drahi, balade ses capitaux entre Guernesey et le Panama et se base fiscalement en Suisse.

Problème, sur le fond cette fois-ci, cette réponse de François Ruffin ne repose sur rien de concret. En quoi la gestion de ses capitaux par notre actionnaire principal, aussi discutable soit-elle, empêcherait-elle les journalistes de Libération d’être impartiaux, sous-entendu, sur tous les sujets ? Encore François Ruffin eut-il précisé que nous n’étions pas indépendants sur la question spécifique de l’optimisation fiscale. Mais même sur ce sujet, c’est faux. Ainsi, le 5 avril 2016, nous rebondissions, sur cinq pages en « événement », sur les informations publiées la veille concernant les Panamas Papers, ces comptes off shore basés au Panama. Titre de l’article d’ouverture, plutôt explicite, « en finir avec les planques à billets ». Dans un encadré, nous mentionnions même les principales personnes soupçonnées, dont Patrick Drahi. Et nous évoquions également son démenti, comme pour les autres personnes citées, qu’il s’agisse du Front National ou de Lionel Messi. Son nom était même repris, et à chaque fois en précisant sa qualité de principal actionnaire de Libération, dans l’éditorial de Laurent Joffrin. Comme acte de censure, on a connu mieux.

Mais le plus gênant dans cette réaction de François Ruffin, c’est qu’il avait effectivement accepté, comme il le reconnaît, que ces questions et ses réponses ne figurent pas dans l’interview. Ainsi ce mail, qui nous est adressé, Vendredi 3 Juin 2016, en réponse au script de l’entretien que nous lui avions envoyé.

« Voici le deal que je vous propose, je ne vous emmerde pas avec cela, on ne cite pas Patrick Drahi ni Laurent Joffrin, j’ai viré la question sur les médias, sinon je suis fonce droit contre Libération, son directeur et son actionnaire, je joue le jeu des petites questions, du style moi président. Maintenant, j’ai largement réécrit l’entretien, pour insister sur des points qui me paraissent plus importants et qui correspondent mieux à ma pensée. Pour la photographie, je suis embêté, à la place du tee-shirt, j’aurais bien posé avec le tract, nous ne voterons plus pour le Parti Socialiste. Dites moi si cela vous va ».

C’est donc plutôt François Ruffin qui nous propose un deal, que nous n’avions jamais demandé et qu’il ne respectera finalement pas. Sans évidemment nous en parler. Il en profitera par ailleurs pour supprimer lui-même plusieurs questions, et donc réponses, concernant son travail et le journal Fakir, le tout, très cordialement.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 18:03

http://paris.demosphere.eu/rv/48396

http://www.fondation-copernic.org/index.php/2016/06/07/12-juin-a-14h15-meeting-unitaire-non-et-toujours-non-a-la-loi-el-khomri-theatre-dejazet

Dimanche 12 Juin 2016 à 14 heures 15

Meeting unitaire « non et toujours non à la loi travail »

Théâtre Dejazet 41 Boulevard du Temple 75 003 Paris Métro République

Le sort de la loi travail se joue en réalité maintenant. Maintenant que le championnat d'Europe de football va débuter. Il n’est pas temps d’abandonner, il n’est pas temps de reculer. Si nous sommes nombreuses et nombreux encore, c’est ce gouvernement qui reculera.

Cela dépend de nous, de notre présence, de notre détermination et de notre unité.

La Fondation Copernic organise, Dimanche 12 Juin 2016, à 14 heures 15, au Théâtre Déjazet, un grand meeting unitaire.

« Soutien aux grévistes, non et toujours non à la loi travail »

Il constituera un nouveau moment important de mobilisation que nombre de copines et copains syndicalistes nous ont demandé d’organiser.

Les intervenants seront les suivants

Clémentine Autain, Fatima Ezzahra Ben Omar, Marie-Claire Cailletaud, Gérard Filoche, Pierre Laurent, Frédéric Lordon, Noël Mamère, Willy Pelletier, Christine Poupin, Théo Roumier, Danielle Simonnet, Aurélie Trouvé, Malika Zediri et des représentants des secteurs en lutte.

Toutes et tous au Théâtre Déjazet, dire non, c’est maintenant.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 20:26

https://www.comptoir.org/2016/06/03/leuro-2016-allie-du-mouvement-social

Le championnat d'Europe de football 2016, allié du mouvement social ?

Par Noé Roland

Vendredi 3 Juin 2016

Dans quelques jours débutera le championnat d'Europe de football 2016, l’une des compétitions footballistiques les plus importantes au monde. Un événement sportif de cette ampleur suscitant toujours les passions, le coup d’envoi est attendu comme le messie par de nombreux européens.

Hantés par son organisation en cette période tumultueuse, nos politiciens semblent vouloir hâter la période festive. Du côté des manifestants contre la loi travail, la rencontre sportive fait frémir, et si le championnat d'Europe de football 2016 était la fin annoncée de la lutte sociale ? Face à ce pessimisme, osons une autre question, une autre hypothèse, et si le championnat d’Europe s’avérait être un allié du mouvement contre la loi travail ?

Le championnat d'Europe de football, c’est dans une semaine. Alors les personnes que je croise en parlent, bien sûr. Mais cette année, j’ai le sentiment que le sujet majoritaire dans les conversations de bistrots, dans les transports, entre amis ou au boulot est moins le football que la fameuse loi travail et l’extraordinaire mobilisation populaire qu’elle a rencontré sur son chemin. Il faut dire aussi qu’à en croire certains sondages, une écrasante majorité de la population française comprend et soutient la grève. Pas plus tard que le Mardi 31 Mai 2016, un collègue aussi sympathique que pessimiste m’a branché sur le sujet de bon matin.

Mon collègue me disait que c'est bien de manifester et d’effectuer des blocages économiques pour se faire entendre, mais j’ai le sentiment que ce n’est plus d’époque. Enfin, finalement, tout cela, cela n’emmerde pas les puissants.

Je lui répondais qu'il ne pouvait pas dire cela, qu'il reconnaisse quand même que cela en fait flipper quelques uns et que cela permet de faire avancer le schmilblick. Le gouvernement est en train de plier, les coupes dans le budget des universités ont finalement été annulées et quelques professions comme celles des transports commencent déjà à gratter sur la loi travail. On ne peut pas dire que c’est sans effet tout cela. Nous sommes en plein de la lutte des classes au quotidien, ces derniers temps. Regarde, même le Président Directeur Général (PDG) de Total commence à faire des menaces, c’est qu’il doit un minimum avoir les miquettes, le mec, non ?

Il me demandait si on touchait vraiment le gouvernement. Les mecs, ils sont toujours à leur poste et ils ne se sentent pas menacés pour un sou. Et des clones viendront les remplacer tôt ou tard de toute façon.

Je lui demandais ce qu'il fallait faire selon lui.

Il me répondait que, dans quelques jours, il y a le championnat d'Europe de football qui commence. Ce serait formidable d’empêcher que la compétition se tienne normalement. Imagine que le mouvement garde sa force jusque là, que les manifestants continuent à foutre le bordel dans le pays à ce moment-là et qu'ils parviennent à annuler ne serait-ce qu’un match. Ou même à en empêcher la retransmission. Là, tu leur fais mal et tu leur fous la honte pour de bon. Enfin, je te dis tout cela, je ne suis pas objectif, j’ai toujours détesté le football.

Pour ma part, je ne déteste pas le football, mais je suis assez illégitime pour en parler, parce que je suis à peine capable de citer trois noms de joueurs entrant dans la composition de l’équipe de France. Cela ne m’empêche pas d’avoir trouvé son idée certes audacieuse, mais assez bonne.

Ce soir-là, je suis passé à la bourse du travail où se tenait la conférence « nous ne voterons plus pour le Parti Socialiste » organisée par le journal Fakir, en présence notamment de François Ruffin, de Christine Poupin, de Gérard Mordillat et, paradoxe, de Gérard Filoche. Il s’agissait de faire un bilan collectif de la mobilisation contre la loi travail trois mois après son lancement et de fixer un plan de bataille et des échéances afin de préparer, notamment, la manifestation du Mardi 14 Juin 2016. Syndicalistes, écrivains, journalistes et militants se sont succédé pour donner leur point de vue, tous étaient d’accord pour parler d’une mobilisation historique très populaire et sur la nécessité de mener des actions diverses, blocages, production médiatique alternative et tractages, pour soutenir l’élan.

Au détour d’une conversation, François Ruffin a pris le micro, « je pense qu’il serait intéressant de mener des actions autour du championnat d'Europe de football qui arrive. Je sens que le gouvernement commence à flipper quant à cette question et que ce que nous voyions comme un obstacle au départ est peut-être davantage un obstacle pour le gouvernement que pour nous ». Ma journée se terminait ainsi comme elle avait débuté, par l’impression qu’une nouvelle étape de la lutte sociale était en train d’émerger dans les esprits. Je partage cet avis, mais je n’ose trop y croire, parce que le football est devenu une sorte de religion et que, pour certains, s’y attaquer revient presque à un sacrilège.

Mais lorsque je laisse mon optimisme prendre le dessus, je me dis qu’il y a effectivement quelque chose à faire. Pour plusieurs raisons, parce que justement, le football est le sport du peuple par excellence. Parce qu’il est injuste que le capital l’ait confisqué et qu’il soit ainsi devenu avant tout une histoire de gros sous. Et parce que la portée d’un blocage du championnat d'Europe de football cristalliserait finalement ces considérations.

Cela va être dur de louper les premiers matchs, pas vrai ? Je m’adresse à votre corde sensible, et si ce n’était pas l’acte de résistance ultime que de refuser la bonne tenue d’une compétition dans laquelle on ne nous demande rien d’autre que d’être spectateurs et consommateurs, une fois de plus ?

Ce que représente le championnat d'Europe de football

Ce n’est plus un secret pour personne, le football est aujourd’hui un sport pleinement intégré dans le capitalisme mondialisé. C’est sans doute même le sport qui développe le plus de liens avec la pensée néolibérale, au point de devenir à son tour une industrie. Parmi les récents travaux accomplis sur le sujet, on peut citer « comment ils nous ont volé le football, la mondialisation racontée par le ballon », l’excellent petit livre réalisé en 2012 par Antoine Dumini et François Ruffin, justement, qui est un fan inconditionnel de football. Les deux journalistes nous convient à une véritable contre-histoire du football d’aujourd’hui, affirment le rôle du sport dans l’affermissement de la pensée contemporaine, mettent en lumière ses liens avec le politique et dénoncent son industrialisation. Ils opposent à cette mise à mort des valeurs traditionnelles du football celles de certains de ses plus éminents représentants, solidarité, commun et même autogestion dans le cas du légendaire club brésilien des corinthians duquel est issu le fameux docteur Socrates, tout comme a pu le faire dans divers écrits le philosophe Jean-Claude Michéa.

Tout comme les mots « démocratie » et « socialisme », le mot « football » a donc été usurpé par les tenants de nos sociétés néolibérales, qui se font forts de l’utiliser à leur profit et de l’intégrer dans ce que Guy Debord appelait la « société du spectacle ». Le football joue aujourd’hui le rôle d’un d’écran de fumée, d’une catharsis, et détourne l’attention de questions plus politiques et moins consensuelles que le fait d’adhérer ou pas à telle ou telle équipe. Attention, il n’est pas question ici de brandir le fameux argument « du pain et des jeux », que je juge assez condescendant. Le sport n’est pas mauvais en soi, quoi de plus agréable que de taper dans un ballon entre potes ? Et qui n’a jamais pris plaisir à regarder un match ? Il n’en est pas moins que l’utilisation qui en est faite par l’élite politique, médiatique et financière comme outil d’asservissement, et les revenus financiers que cette industrie du spectacle génère, doit être dénoncée.

La question du sport est absente des combats culturels et sociaux auxquels prennent part les français aujourd’hui. Elle est pourtant en mesure de cristalliser toutes les critiques antilibérales actuelles et de poser de nombreuses questions. Voulons-nous le football tel qu’on nous le présente aujourd’hui ? Souhaitons-nous que ses valeurs soient souillées par tout ce qu’il finit par représenter ?

Le championnat d’Europe de football 2016, l’occasion d’un réveil des peuples européens ?

La deuxième raison pour laquelle nous ne pouvons faire l’impasse sur le championnat d’Europe de football 2016 est symbolique mais elle n’en est pas moins importante. Il faut l’affirmer clairement, le mouvement contre la loi travail, au-delà de la contestation d’une loi antisociale qui ne satisfait personne et cristallise les passions, est un mouvement qui se positionne contre les dérives technocratiques de l’Union Européenne. La preuve n’est pas compliquée à dénicher, c’est Jean-Claude Juncker lui-même, président du parlement européen, qui la donne en déclarant que « la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement de Manuel Valls est le minimum de ce qu’il faut faire ». Dans une Europe qui clame de la bouche du même homme « qu’il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens », la perspective que ce minimum puisse être adopté nous promet des lendemains néolibéraux de plus en plus agressifs qui se traduisent par une casse sociale sans précédent en France.

Comme le relève la blogueuse Coralie Delaume dans un article récemment publié sur le Figarovox, « La loi travail est un produit d’importation made in Union Européenne. Les grandes orientations de politique économique, dont l’existence est posée par les traités, et le programme national de réformes, qui s’inscrit lui-même dans le cadre de la stratégie Europe 2020 pour une croissance économique intelligente, durable et inclusive, prescrivent à de nombreux pays et depuis longtemps le malthusianisme budgétaire et la modération salariale ».

Cela signifie que, dans la perspective européenne actuelle, la destruction des droits des travailleurs est inéluctable. D’où la sévérité avec laquelle les manifestations françaises sont réprimées et l’apparente intransigeance du gouvernement. En effet, le désaveu européen de la part du peuple français n’avait jamais été aussi fort depuis la victoire du non lors du référendum de 2005. Cette fois, cela ne se passe plus dans les urnes, mais dans la rue. Et la lutte fait déjà bourgeonner les dons du printemps en notre faveur.

Le championnat d’Europe de football a un lien fort avec les politiques de l’Union Européenne, puisque cette dernière est aujourd’hui construite sur les mêmes fondations économiques et financières que l’industrie sportive. Elle symbolise aussi un moment de rencontre entre les différents peuples européens, honorable si l’on veut bien strictement apprécier son caractère sportif, mais corrompu par la thune monumentale qu’elle brasse en produits dérivés, en cachets démesurés, en spéculations financières et en publicité.

Plus de dix ans après le non au référendum de 2005, profitons de l’occasion pour faire des jours qui arrivent un moment de rencontre entre peuples européens, différent de celui que l’on souhaite nous imposer.

Nos amis grecs, espagnols et portugais nous ont tous récemment montré que nous n’étions pas les seuls à nous battre contre nos institutions communes mortifères. Associons-nous aujourd’hui pour développer de nouvelles stratégies de lutte et tentons quelque chose.

Loin d’être un frein à la mobilisation sociale, le championnat d’Europe de football apparaît potentiellement comme notre meilleur allié dans la lutte.

Symboliquement, il représente un moment de portée transnationale permettant une remise en cause populaire de la mondialisation et de l’Union Européenne. Stratégiquement, il est une manière d’atteindre nos gouvernements et ceux qui les soutiennent en plein cœur, en misant sur la honte internationale et en attaquant le prestige des organisateurs du championnat. Enfin, idéologiquement, la critique du championnat d’Europe de football entre en résonance avec les mouvements décroissants et anarchistes, en ce qu’elle conteste les notions de croissance, de publicité et de productivisme appliquées à l’exemple spécifique du sport.

Quoi qu’en disent les experts télévisuels, la révolte gronde en France.

Les blocages économiques, les manifestations, le mouvement des Nuits Debout et toutes les autres actions plus localisées dont on n’entend pas parler dans les grands médias sont en train de faire très peur à nos têtes pensantes qui vacillent déjà. Ne serait-ce pas le moment, tous ensemble, de frapper un grand coup dans la balle ?

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 19:41

http://www.liberation.fr/france/2016/06/08/loic-canitrot-un-des-fondateurs-de-nuit-debout-en-garde-a-vue_1458118

Loïc Canitrot, un des fondateurs du mouvement des Nuits Debout, en garde à vue

Par Luc Peillon

Le militant, membre de la compagnie Jolie Môme, a été arrêté, Mardi 7 Juin 2016, à la suite de l'occupation du siège national du mouvement des entreprises de France (MEDEF). Il aurait, par ailleurs, été blessé par le responsable de la sécurité de l'organisation patronale.

Milieu de journée, Mardi 7 Juin 2016, dans le septième arrondissement de Paris, mobilisés contre la loi travail, une petite centaine de militants du mouvement des Nuits Debout et d’intermittents du spectacle investissent le siège national du MEDEF. Des manifestants montent au deuxième étage et déploient une banderole où il est inscrit, « le déficit de l’Union Nationale pour l’Emploi Dans l’Industrie et le Commerce (UNEDIC) masque les profits du patronat ».

« Nous étions très calmes, pas du tout vindicatifs, affirme un des participants à l’action. Mais visiblement, le responsable de la sécurité des lieux n’a pas apprécié et s’est mis rapidement en colère ». Au premier étage, quelques minutes plus tard, Michel, intermittent du spectacle, entend alors un cri derrière lui. « Je me retourne et je vois Loïc Canitrot s’effondrer, puis le responsable de la sécurité s’enfuir dans son bureau ». Explication, selon ce proche, Loïc Canitrot aurait reçu un violent coup de pied dans les parties génitales. Intermittent et membre de la compagnie de théâtre Jolie Môme, il l’est l’un des cofondateurs, avec le journaliste François Ruffin, du mouvement des Nuits Debout.

Rassemblement de soutien

L’organisation patronale, de son côté, soutient la thèse inverse, dans un communiqué publié Mardi 7 Juin 2016, « le MEDEF a été envahi par une centaine de manifestants. Les actions commises, à commencer par l’agression d’un salarié du MEDEF, sont inacceptables. Le MEDEF portera plainte en conséquence contre les auteurs de ces actes ». Et son président, Pierre Gattaz, d’affirmer que « l’attitude irresponsable de certains syndicats, la Confédération Générale du Travail (CGT) et la CGT Force Ouvrière en tête, encourage et justifie des actions de ce type. Tout ce que ces gens prouvent, c’est leur irresponsabilité et leurs comportements de voyous ».

Mardi 7 Juin 2016, en début d’après-midi, les forces de l’ordre évacuent le siège de l’organisation patronale. Loïc Canitrot, lui, est placé en garde à vue au commissariat du septième arrondissement. Il sera conduit, Mardi 7 Juin 2016, en début de soirée, à l’hôpital pour une consultation.

Un rassemblement de soutien est organisé, Mercredi 8 Juin 2016 à 13 heures, devant le commissariat, notamment à l’appel de la Coordination des Intermittents et des Précaires (CIP).

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 18:38

La grève du secteur des ordures ménagères s'étend (Reuters)

La grève des éboueurs s'est étendue Mercredi 8 Juin 2016 en France avec de nouveaux blocages de sites de traitement des déchets de la région parisienne, où la mairie de Paris a annoncé avoir recouru à la force pour débloquer des garages.

Le mouvement lancé dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail a également touché l'incinérateur de Fos-sur-Mer, qui traite tous les déchets de l'agglomération marseillaise.

La collecte des déchets est fortement perturbée depuis Lundi 6 Juin 2016 dans un arrondissement parisien sur deux, selon la mairie de Paris, qui précise avoir entamé un dialogue avec la Confédération Générale du Travail (CGT) pour trouver une solution à deux jours de l'ouverture du championnat d’Europe de football.

« Outre des centres du syndicat inter communal de traitement des ordures ménagères de la région parisienne (SYCTOM), l'établissement public qui gère les trois sites de la région parisienne, jusqu’à trois sur quatre fermés, en fonction des jours, la ville de Paris a été confrontée plusieurs fois depuis Jeudi 2 Juin 2016 à des blocages ponctuels des garages où stationnent les bennes de collecte », précise-t-elle dans un communiqué.

« Ceux-ci sont le fait de quelques militants de la CGT, positionnés de façon à empêcher la sortie des véhicules », ajoute-t-elle.

Face à une situation préoccupante, la mairie explique avoir été « contrainte Mercredi 8 Juin 2016 de recourir à la force publique » et avoir engagé le redéploiement de ses effectifs pour soulager les établissements les plus touchés.

Elle appelle enfin « à la reprise du dialogue au niveau national, entre l’état et les syndicats, pour parvenir à une solution durable qui mette fin à ce conflit social ».

Selon la mairie de Paris, les arrondissements où la collecte est perturbée sont ceux où elle est assurée par les services municipaux, les autres relevant du secteur privé.

Le privé commence à être touché

Le SYCTOM n'a confirmé que le blocage, depuis le Lundi 30 Mai 2016, de l'usine d'Ivry-sur-Seine. Mais son porte-parole a déclaré à Reuters que le mouvement avait tendance à s'étendre.

« La fédération de l’énergie de la CGT a déposé un préavis de grève pour le Jeudi 9 Juin 2016, pour le personnel des sites d'Issy-les-Moulineaux et de Saint-Ouen », a dit Patrice Furé, directeur de cabinet du président du SYCTOM. « Cela va devenir compliqué ».

Selon Patrice Furé, certaines des quatre vingt quatre communes de la région parisienne servies par le SYCTOM ont commencé à recourir à l'enfouissement de leurs ordures ménagères dans des décharges.

D'autant que le site de transfert de ces déchets, situé à Romainville, est aussi bloqué depuis Mercredi 8 Juin 2016 « par des agents extérieurs au site » qui empêchent les camions d'entrer et de sortir, a-t-il précisé.

Selon la CGT, outre la première usine d'Ile-de-France, celle du SYCTOM à Ivry-sur-Seine, les sites de Romainville et de Saint-Ouen ont été également bloqués Mercredi 8 Juin 2016 dans le cadre d’une action intersyndicale.

« Les quatre principaux garages de camions bennes de la ville de Paris sont également bloqués par des chauffeurs grévistes », ajoute le syndicat dans un communiqué.

À Saint-Étienne, la CGT a aussi poursuivi son action, paralysant la collecte et le traitement des déchets pour la huitième journée consécutive.

Toujours selon la CGT, en Ariège, les deux principaux centres de traitement du syndicat mixte d’étude et de traitement des ordures ménagères (SMECTOM), qui assure quatre vingt pour cent de la collecte et du traitement des déchets du département, étaient bloqués pour la quatrième journée.

A Fos-sur Mer, les salariés du site ont voté la grève.

« Le mouvement a plutôt tendance à s'amplifier », a déclaré à Reuters Patrice Furé. « Il y a des sociétés privées qui commencent à être touchées. Nous ne sommes pas dans un mouvement qui s'essouffle, loin de là ».

Le groupe Suez confirme notamment que vingt pour cent de ses effectifs dans la collecte des ordures ménagères en Ile-de-France sont en grève depuis Lundi 6 Juin 2016, mais pour des revendications salariales qui n'ont rien à voir avec la loi travail.

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 20:23

https://www.paris-luttes.info/manifestation-l-euro-pas-sur-notre-6034

En plein mouvement social contre la loi travail et son monde, résistons et rassemblons-nous.

Vendredi 10 Juin 2016 à 18 heures, place de Résistance à Saint Denis, Métro Porte de Paris

Manifestation l’Euro pas sur notre dos

Mobilisation unitaire Vendredi 10 Juin 2016 à Saint-Denis contre les impacts de l’Euro sur la ville.

À l’appel de l’union locale de Saint Denis du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD), Droit Au Logement (DAL) et Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)

L’Euro pas sur notre dos.

Vendredi 10 Juin 2016, l’Euro 2016 va démarrer à Saint-Denis.

Si l’Euro 2016, c’est un milliard sept cent millions d’euros de dépenses nettes, soit ce que représente la construction de dizaines de milliers de logements, qui permettraient de loger les milliers de demandeurs de logements sociaux, de rénover les bâtiments scolaires insalubres , de construire des équipement scolaires pour enfants, voire tout simplement d’embaucher des enseignants et d’améliorer les services publiques dans nos quartiers.

Si l’Euro 2016, ce sont des milliers d’expulsés sans relogement dans le secteur de Saint-Denis, parce que les les hôtels sont réservés pour le public du championnat d’Europe de football.

Si l’Euro 2016, ce sont des élèves privés d’installation sportives comme les élèves de la classe de football du collège de Geyter.

Si l’Euro 2016, ce n’est pas une fête populaire, mais la construction d’un mur pour séparer physiquement les supporters de la population de Saint Denis ou encore un parc de la légion d’honneur dénaturé et confisqué aux habitants pendant la durée de l’événement.

Si l’Euro 2016, c’est l’exclusion des plus pauvres des logements du centre-ville avec la rénovation et la gentrification des quartiers de la gare et de la porte de Paris.

Si l’Euro 2016, c’est une trentaine de caméras de vidéo surveillance installées dans le centre, qui n’assureront pas la sécurité mais bien la surveillance des habitants.

Si c’est l’arrivée de milliers de policiers et de police privée dans la ville avec les conséquences que l’on connait, contrôle au faciès, arrestations arbitraires, tensions et limitation des déplacements.

Si l’Euro 2016, c’est le risque pour les femmes de se faire harceler dans la rue et dans les transports, agresser et violenter comme cela a toujours été le cas dans ces grands événements, coupes du monde de football, fête de Bayonne et festival rock de Stockolm.

Si c’est la concentration de milliers d’hommes dans la fan zone du parc de la légion d’honneur et toute la pression que cela représente pour les femmes autour.

Si l’Euro 2016, ce sont des profits pour les sponsors, Coca-Cola, Mac Donald’s, Turkish Airlines, Adidas et Kronenbourg, et presque aucune embauche d’habitants de la ville.

Alors, pour nous, c’est non, l’Euro pas sur notre dos.

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