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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 19:22

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=277187

http://www.ism-france.org/communiques/Demission-du-rapporteur-special-de-l-ONU-sur-les-territoires-palestiniens--article-19870

Démission du rapporteur spécial de l'Organisation des Nations Unies (ONU) sur les territoires palestiniens

Le rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens a présenté Lundi 4 Janvier 2016 sa démission car Israël ne l'a jamais autorisé à pénétrer dans ces territoires.

Makarim Wibisono, rapporteur spécial de l'ONU, a indiqué que ses demandes multiples étaient restées lettre morte depuis dix huit mois. Il a exprimé sa « forte inquiétude face au manque de protection des palestiniens victimes de violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international ».

Le diplomate indonésien quittera ses fonctions le 31 mars 2016, à la fin de la prochaine session du Conseil des Droits de l'Homme (CDH) de l'ONU devant lequel l'expert présentera son dernier rapport.

Makarim Wibisono avait pris ses fonctions en juin 2014, succédant à l’américain Richard Falk qui n’avait pas non plus été autorisé par Israël à se rendre dans les territoires palestiniens.

Israël a toujours rejeté l'existence de cette fonction d'enquêteur indépendant, accusant le CDH de l'ONU de parti pris anti-israélien.

Le ministère des affaires étrangères israélien prétend que « les droits de l'homme des israéliens sont violés par les palestiniens et, tant que le CDH de l'ONU ignorera cet aspect, il ne sera pas pris au sérieux comme entité respectueuse des droits de l'homme ».

Le rapporteur spécial est considéré comme l’expert de l’ONU le plus haut placé sur la question des droits de l'homme dans les territoires palestiniens. Il est nommé par le CDH de l’ONU, une institution avec laquelle Israël a des relations conflictuelles.

Israël a boycotté à plusieurs reprises des sessions du CDH de l'ONU qu’elle considère comme un organe « entièrement politisé ».

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 18:59

https://www.change.org/p/parlementaires-solidarité-kurdistan-brisons-le-silence

Solidarité Kurdistan

Brisons le silence

Association Iséroise des Amis des Kurdes (AIAK)

L’offensive menée par le gouvernement turc à l’encontre des populations kurdes dans le sud-est de la Turquie a pour seuls objectifs de faire taire la voix du peuple kurde à tous jamais et vider la région de sa population.

La démolition des habitations, la fermeture des écoles, la destruction massive des bâtiments par des armes lourdes, l’effondrement de l’économie et des services publics et le manque d’eau, d’électricité et de nourriture, forcent à l’exode des milliers de personnes.

Si l’Europe ne contraint pas la Turquie à reprendre les pourparlers de paix avec l’opposition kurde et les forces militaires du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), elle va devoir faire face à une vague de réfugiés sans précédent.

Les médias sont censurés, les intellectuels sont poursuivis pour propagande terroriste et nombre de journalistes, élus, militants, avocats, syndicalistes et représentants associatifs, sont jetés chaque jour dans les geôles turques, torturés et emprisonnés sans procès pour avoir critiqué la politique gouvernementale.

De plus, la Turquie s’est engagée auprès de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) dans la coalition pour combattre l'Etat Islamique en Irak et en Syrie, mais elle ne fait rien.

Pire, elle concentre ses forces militaires contre la population kurde, reconnue pour être l'alliée la plus efficace de la coalition contre l'Etat Islamique.

En raison de négociation sur la crise des réfugiés ou d’enjeux économiques importants, la France et l’Union Européenne ferment les yeux sur ces graves violations des droits humains perpétrés par le président Recep Tayyip Erdoğan contre les traités internationaux signés par la Turquie.

Aujourd’hui, ces actes sont commis à l’encontre de tout un peuple dans l’intention de le détruire. Force est de constater qu’un massacre prémédité est en cours, sous le silence assourdissant de la communauté internationale dont la France.

Un génocide commence par le silence du monde.

Ensemble, brisons le silence.

Nous appelons nos gouvernants à exiger du président Recep Tayyip Erdogan, l’arrêt des massacres et des atteintes aux libertés des populations kurdes et la réouverture de négociations de paix, sous l’égide de l'Organisation des Nations Unies (ONU), avec les représentants des populations kurdes de Turquie.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 21:28

http://www.liberation.fr/planete/2016/02/15/la-demission-de-la-thatcher-espagnole-cree-un-seisme-politique_1433465

La démission de la « Margaret Thatcher » espagnole crée un séisme politique

Par François Musseau, correspondant permanent de Libération à Madrid

Lundi 15 Février 2016

Mariano Rajoy, le leader de la droite espagnole, se trouve de plus en plus isolé depuis le départ Dimanche 14 Février 2016 d'Esperanza Aguirre. La cheffe du Parti Populaire à Madrid a quitté son poste en raison des scandales de corruption.

La « tigresa », la « tigresse », a rugi une dernière fois. Dimanche 14 Février 2016, à la surprise générale, la cheffe du Parti Populaire de Madrid, Esperanza Aguirre, a annoncé sa démission en raison des scandales de corruption qui s’abattent sans cesse sur sa formation. «Je ne suis pas directement responsable, car je ne savais pas ce que faisaient mes trésoriers et je n’ai jamais volé un seul euro, mais je suis politiquement responsable. Alors, je pars ».

Avec son carré blond bon chic bon genre, ses foulards hermès et ses talon aiguilles la « tigresse », soixante deux ans, occupe des postes stratégiques en politique depuis trente-trois ans, à la tête de différents ministères ou à la présidence du sénat.

Présidente régionale à poigne du parti au pouvoir, elle a toujours été décrite comme la « Margaret Thatcher espagnole » puisque, à la tête de la région de Madrid entre 2003 et 2014, elle a appliqué un programme ultra libéral, notamment en privatisant les hôpitaux et en favorisant l’enseignement privé. « Aujourd’hui, elle renonce mais, maligne en diable, elle ne renonce pas à tout. Un jour, elle pourrait même revenir vers les sommets », précise l’éditorialiste du journal en ligne www.infolibre.es, Jesús Maraña. Esperanza Aguirre demeure à la tête de l’opposition municipale, bête noire de la maire et ancienne juge Manuela Carmena.

Sa démission survient à un moment particulièrement critique. Visiblement sonnée, la direction nationale du Parti Populaire a précisé que cette décision était « purement personnelle et isolée ». Mais le contexte dément cette assertion. Faute de majorité claire sortie des urnes aux élections législatives du Dimanche 20 Décembre 2015, aucune coalition n’a pu être formée pour gouverner, un exécutif par interim se borne à expédier les affaires courantes. Et une succession de scandales éclabousse le Parti Populaire et dynamite ce qui lui restait de respectabilité. Tous sont liés au financement illégal du parti dans les années 2000. Si bien que la sortie de la « tigresse » lance un pavé dans la mare et montre du doigt les « mauvaises pratiques » du parti.

Lundi 15 Février 2016, sentant venir le vent mauvais, les portes paroles du Parti Populaire ne s’y sont pas trompés en demandant à Mariano Rajoy de « rompre totalement et organiquement avec la corruption ».

L’étau se resserre

Car la portée de « l'affaire Aguirre » atteint de plein fouet le président du parti et le chef du gouvernement depuis 2011. Dans son discours, la « tigresse » a tout fait pour entraîner dans sa chute Mariano Rajoy, « l'heure n’est pas aux logiques de parti et à la personnalisation, mais aux sacrifices et aux renoncements ». Sous-entendu, embourbé dans les scandales, Mariano Rajoy, qui prétend former le prochain exécutif, devrait démissionner lui aussi. Le « réseau Florida blanca », un groupe de réflexion proche du Parti Populaire, a demandé officiellement le départ du chef national du parti. Même appel, même si c’était prévisible, du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), exigeant que « Mariano Rajoy sorte par la même porte qu’Esperanza Aguirre ».

L’intéressé se trouve de facto dans une très mauvaise passe. A chaque crise interne, il a pour habitude de laisser pourrir les situations. Mais aujourd’hui, l’étau se resserre de façon menaçante. D’autant que, la semaine dernière, il a « sauvé » son alliée, la maire de Valence, Rita Barberá, elle aussi impliquée dans une affaire de pots de vin, en faisant jouer son immunité sénatoriale. Mariano Rajoy répète à l’envie son souhait de diriger le prochain gouvernement.

Or celui-ci passe forcément par une alliance avec les centristes libéraux de Ciudadanos pour lesquels la lutte contre la corruption est une « priorité absolue ». Mariano Rajoy était peu entouré, il est désormais plus seul que jamais.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 21:15

http://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/88772/le-pg-91-renouvelle-ses-instances

Le Parti de Gauche de l'Essonne renouvelle ses instances

Par Julien Monier

Lundi 15 Février 2016

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon se dote de deux nouveaux co-secrétaires pour l’Essonne. Sylvère Cala et Pascale Prigent doivent coordonner le Parti de Gauche de l'Essonne jusqu'aux élections présidentielles.

Du changement dans les instances politiques essonniennes, Après le Mouvement Démocrate qui a changé récemment de président et la bataille pour la direction de la fédération des Républicains, c’est au tour du Parti de Gauche d’effectuer un changement de direction. Deux co-secrétaires coordonnent l’activité du Parti de Gauche dans le département selon les statuts du parti. Les deux responsables jusqu’à présent, Mounia Benaili et Alain Lamour laissent donc leur fonction après trois ans de mandat à la tête du Parti de Gauche de l’Essonne.

Sylvère Cala, responsable du Parti de Gauche à Orsay, et Pascale Prigent, conseillère municipale d’opposition à Corbeil-Essonnes, sont choisis par les membres du Parti de Gauche de l'Essonne comme nouveaux co-secrétaires départementaux. Ils prennent leur fonction au moment où leur leader, Jean-Luc Mélenchon, vient d’annoncer sa candidature pour les élections présidentielles de 2017. « Nous le soutenons pour les élections présidentielles, même si la campagne s’organisera autour d’une plateforme, il n’est pas que le candidat du Parti de Gauche », indique Pascale Prigent, nouvelle co-secrétaire, « chacun peut s’inscrire et créer un groupe de soutien » précise-t-elle.

Son parti gardera cependant un rôle durant la campagne pour les élections présidentielles, puisque le Parti de Gauche « appuiera la campagne et pourra être d’une aide logistique », ajoute-t-elle. La nouvelle responsable espère ainsi que la candidature de l’ancien sénateur de l’Essonne dépassera le cadre de son propre parti et que ses militants y « trouvent leur place, sans en prendre trop ».

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 21:02

Des hôpitaux touchés en Syrie, Ankara menace les kurdes syriens (Reuters)

La Turquie ne permettra pas que la ville syrienne d'Azaz, tenue par des insurgés au nord-ouest d'Alep, tombe aux mains des miliciens kurdes des unités de protection du peuple (YPG), a averti, Lundi 15 Février 2016, le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.

Un hôpital et une école d'Azaz, près de la frontière turque, ont été bombardés, Lundi 15 Février 2016, probablement par des avions russes, et des témoins font état de la mort de quatorze civils.

Au moins cinq missiles ont atteint l'hôpital, dans le centre-ville, et une école voisine qui héberge des réfugiés fuyant une grande offensive de l'armée syrienne dans la région d'Alep.

A Marat Nouman, dans la province d'Idlib, dans le nord-ouest, une autre attaque aérienne a frappé un hôpital soutenu par Médecins Sans Frontières (MSF) et fait au moins sept morts et huit disparus.

Selon le président de MSF France, Mego Terzian, cette frappe a été menée « soit par le gouvernement syrien, soit par la Russie ».

L'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) précise qu'un infirmier a été tué dans cette attaque. Cinq infirmières, un infirmier et un médecin sont portés disparus.

Toujours à Marat Nouman, l'OSDH ajoute qu'une frappe a aussi visé l'hôpital national, au nord de la ville, et tué deux membres du personnel médical.

L'offensive gouvernementale dans la région d'Alep, appuyée par l'aviation russe et des miliciens chiites, a conduit les forces loyalistes à vingt cinq kilomètres de la frontière turque.

La Turquie met en garde les kurdes syriens

Les combattants kurdes en ont profité pour reprendre du terrain aux rebelles et étendre leur présence le long de la frontière.

Les YPG, soutenues par les Etats-Unis, sont liées au parti de l’union démocratique (PYD), qu'Ankara tient pour une émanation du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et considère à ce titre comme une organisation terroriste.

Parlant à des journalistes dans l'avion qui le conduisait en visite en Ukraine, Ahmet Davutoglu a précisé que les kurdes auraient pris le contrôle d'Azaz et de Tal Rifaat, plus au sud, si l'artillerie turque n'avait pas enrayé leur progression durant le week-end.

« Des éléments des YPG ont été contraints de se retirer des environs d'Azaz. S'ils reviennent, la réaction sera des plus sévères. Nous ne permettrons pas la chute d'Azaz », a dit le premier ministre turc.

Les combattants kurdes, a-t-il poursuivi, doivent aussi se retirer de la base aérienne de Menagh, au nord d'Alep, dont ils ont pris le contrôle, faute de quoi cette base sera rendue « inutilisable ».

Ahmet Davutoglu a aussi conseillé aux YPG de ne pas chercher à s'étendre à l'est de la région d'Afrine ou à l'ouest de l'Euphrate, une « ligne rouge » fixée par Ankara.

Aucun soldat turc en Syrie, affirme Ankara

Pour la troisième journée consécutive, l'artillerie turque a bombardé Lundi 15 Février 2016 des positions des YPG en Syrie à la suite d'une attaque contre un poste-frontière de la province d'Hatay, a annoncé le ministère turc des affaires étrangères.

Le ministre turc de la défense, Ismet Yilmaz, a toutefois affirmé que la Turquie n'avait pas envoyé de troupes en Syrie et n'envisageait pas de le faire, contrairement à ce qu'affirme Damas.

« Ce n'est pas vrai », a-t-il déclaré devant une commission parlementaire.

« Il n'est aucunement question que des soldats turcs entrent en Syrie ».

Selon le gouvernement syrien, des forces terrestres turques faisaient partie d'un groupe d’une centaine d’hommes entrés en Syrie Samedi 13 Février 2016 à bord de douze véhicules tout-terrain équipés de mitrailleuses lourdes pour venir en aide aux insurgés.

Ismet Yilmaz a également démenti les informations selon lesquelles des avions saoudiens étaient arrivés sur la base aérienne turque d'Incirlik, dans le cadre de préparatifs contre l'Etat Islamique, tout en expliquant qu'il avait été décidé que Ryad puisse envoyer quatre F-16.

L'armée turque a par ailleurs annoncé qu'un de ses hommes avait été tué, Dimanche 14 Février 2016 vers 19 heures 15, lors de heurts, à la frontière turco-syrienne dans le secteur de Yayladagi, entre les forces de sécurité turques et un groupe qui cherchait à entrer en Turquie.

Le président américain Barack Obama a appelé Dimanche 14 Février 2016 la Russie à cesser de bombarder les rebelles « modérés » en Syrie.

La France a également lancé un appel en ce sens.

Le premier ministre russe Dmitri Medvedev, pour sa part, a déclaré que la Russie n'avait pas l'intention de maintenir éternellement sa présence militaire en Syrie.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 17:03

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/02/13/crise-des-refugies-le-discours-de-fermete-de-manuel-valls_4864979_3214.html

Manuel Valls joue la fermeté face à Angela Merkel

Au pas de charge, en marge de son déplacement au sommet de Munich sur la sécurité, Manuel Valls a visité, Samedi 13 Février 2016, un centre d’accueil temporaire pour réfugiés, installé dans la banlieue de la capitale bavaroise.

Durant vingt-cinq petites minutes à peine, le premier ministre français a remonté les allées de cette ancienne caserne militaire reconvertie, sans s’entretenir avec un seul réfugié accueilli sur place, ni afficher la moindre empathie sur la question des migrants alors que ce dossier divise toujours les pays européens. Au contraire, Manuel Valls a voulu envoyer sur place un signal très clair de fermeté, voire de fermeture. « Je suis venu faire passer un message d’efficacité et de fermeté », a-t-il déclaré. Un message qui peut se résumer d’une phrase selon le chef du gouvernement, « l'Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés ».

A Munich, Manuel Valls a rappelé que Paris n’est « pas favorable » à la mise en place d’un mécanisme de répartition des migrants dans l’Union Européenne, comme le propose la chancelière allemande Angela Merkel. Au mois de septembre 2015, François Hollande s’était montré plutôt ouvert à un tel mécanisme, après l’émotion mondiale provoquée par la photo d’Aylan Kurdi, cet enfant kurde retrouvé mort noyé sur une plage en Turquie. Mais depuis, l’aggravation de la crise des migrants et les attentats du mois de novembre 2015 à Paris ont de nouveau durci la position française.

Manuel Valls demande désormais à s’en tenir simplement à l’accord de « relocation » européen portant sur l’accueil de cent soixante mille réfugiés, dont trente mille pour la France. « Nous ne sommes pas favorables à un mécanisme permanent de relocalisation. Le temps maintenant est de mettre en oeuvre ce qui a été discuté et négocié, des centres d’enregistrement des migrants arrivant dans l’Union Européenne et des contrôles aux frontières extérieures », a déclaré le premier ministre, Samedi 13 Février 2016, lors d’une rencontre avec la presse allemande. « La France s’est engagée pour trente mille réfugiés. Dans le cadre de ces trente mille, nous sommes toujours prêts à accueillir des réfugiés, mais pas plus », a-t-il ajouté.

Manuel Valls favorable à des solutions extra-européennes

Alors qu'Angela Merkel cherche à créer une « coalition » de pays européens volontaires pour accueillir les migrants, l’Allemagne a déjà ouvert ses frontières à plus d’un million de personnes ces derniers mois, Manuel Valls s’est fermement opposé à cette solution. « Il faut être réaliste, quels pays vont accueillir plus de migrants ? La Suède, le Danemark et la Finlande, ont déjà beaucoup accueilli. Le Royaume Uni, je ne vous fais pas un dessin. L’Italie peut à tout moment être confrontée à une nouvelle vague venue de Libye », a-t-il déclaré. Pour le premier ministre, les solutions ne peuvent être qu’extra-européennes, « les solutions sont au Levant, en Turquie, en Jordanie et en Méditerranée ».

S’il salue « la mobilisation et la capacité d’accueil des allemands », il a également ironisé sur la position très libérale de la chancelière Angela Merkel. « Il y a quelques mois, les médias français demandaient où était l'Angela Merkel française, ou voulaient donner le prix Nobel à la chancelière. Aujourd’hui, je constate les résultats », a-t-il glissé Vendredi 12 Février 2016 lors d’une rencontre avec la presse française.

Pour Manuel Valls, la question des migrants est devenue un sujet sous haute tension politique, aussi bien en France que dans l’ensemble de l’Europe. « Nos concitoyens expriment une inquiétude croissante devant le sentiment que l’Europe a perdu le contrôle de la situation et la maîtrise de son destin. Des tensions communautaires sont apparues, en Allemagne mais aussi en Europe. Les partis populistes continuent de prospérer, y compris en France, c’est le moins que l’on puisse dire », a-t-il expliqué, faisant référence à la montée du Front National.

Il souhaite donc que la politique d’accueil de l’Union Européenne soit désormais bien plus restrictive. « Dire à tous de venir peut finir par détruire les fondements de l’Europe », estime-t-il. Pour Manuel Valls, « il faut un contrôle assuré des frontières extérieures de l’Union Européenne, sinon ce sera le retour des frontières intérieures ». Un discours dur et alarmiste à quelques jours du sommet des dirigeants européens à Bruxelles, Jeudi 18 Février et Vendredi 19 Février 2016, qui doit notamment se pencher sur l’afflux des réfugiés en Europe.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 16:34

http://www.unitepopulaire-fr.org/2016/02/12/cest-la-fin-pour-le-gouvernement-syriza-anel-le-pays-court-a-des-bouleversements

C'est la fin pour le gouvernement SYRIZA ANEL

Le pays court à des bouleversements

Editorial d'Iskra

Samedi 6 Février 2016

Gouvernement fantoche de coalition pour le mémorandum ou fuite à Waterloo vers des élections ? Ce que projette Alexis Tsipras

L'issue, c'est un front populaire d'action, avec un programme radicalement anti mémorandum, une monnaie nationale et une rupture avec l'Union Européenne allemande

La grève générale du Jeudi 4 Février 2016 n’a pas été simplement réussie. Elle a constitué un séisme politique et social de première grandeur qui a secoué de fond en comble le gouvernement et plus généralement le monde politique du mémorandum.

Une réussite sans précédent

Cette grève générale s’est caractérisée par deux événements impressionnants et vraisemblablement sans précédent.

D’abord, le mouvement réunissait les travailleurs salariés, les travailleurs indépendants des villes et la paysannerie petite et moyenne sur des objectifs communs, contre la destruction du système d’assurance sociale et le pillage fiscal. Jamais peut-être une telle action combattive, d’une majorité tellement importante, n’avait été aussi visible et évidente, entraînant d’importants prolongements politiques.

Le deuxième élément nouveau est la réussite impressionnante de la grève dans toutes les régions de Grèce, avec des rassemblements encore plus imposants et vraisemblablement sans précédent dans les villes de province, petites et grandes, où le monde des commerçants et des agriculteurs a marqué très fortement sa présence, à un point jamais vu.

Ce qui caractérise cette « insurrection » singulière du Jeudi 4 Février 2016, c’est d’abord l’irruption impétueuse, sur la scène politique, des couches moyennes inférieures brutalement paupérisées et de la petite et moyenne paysannerie ruinée. C'est aussi un réveil combatif, une révélation sans précédent de la province qui va jusqu’à « déborder » la région de la capitale habituellement en première place.

La mobilisation du Jeudi 4 Février 2016 n’est certainement pas un feu de paille. Il est sûr qu’elle aura des suites, le défi est de savoir si elle pourra s’orienter de façon plus claire et plus profonde vers un renversement démocratique de la politique de mémorandum. C'est l’objectif porté par la gauche qui respecte le passé et ses propres perspectives et qui porte de lourdes responsabilités.

C'est la fin du gouvernement

En tout cas, avec cette grève générale et cette mobilisation populaire, le gouvernement SYRIZA-ANEL n’a pas reçu simplement un coup sévère. Il est pour l’essentiel fini, politiquement et socialement.

Ce qui l’attend dorénavant, c’est une angoissante ligne droite vers une fin « dégradante et humiliante », plongé qu’il sera dans des contradictions insolubles et dans de sombres impasses, avec devant lui un mur de combattivité sociale et au-dessus de lui, dans le rôle du sévère tuteur, le quartet qui exige des mesures toujours plus douloureuses pour ses victimes, les citoyens de ce pays.

Gouvernement de coalition pour le mémorandum

Le gouvernement d'Alexis Tsipras en personne cherchent fiévreusement une issue dans un élargissement du gouvernement vers le centre gauche ou même la Nouvelle Démocratie de Kyriakos Mitsotakis. C’est-à-dire, ou bien un gouvernement plus large de centre gauche en alliance avec PASOK, POTAMI et des centristes, ou bien un gouvernement de coalition pour le mémorandum comprenant même la Nouvelle Démocratie.

La première option se heurte au refus des petits partis de participer au gouvernement sans la Nouvelle Démocratie, alors que cette dernière veut éviter la « potion amère » de la participation au gouvernement qui l’obligera à mettre en application les très dures mesures du troisième mémorandum.

De toute façon cette éventualité d’élargissement se heurte à ce qui jusqu’alors était considéré comme l’élément crucial et intangible du parti de gouvernement, la personne d’Alexis Tsipras. Aucun des autres partis n’envisage de participer à un gouvernement dirigé par Alexis Tsipras, or c’est une chose non négociable pour le premier ministre lui-même.

Elections

L’autre option pour Alexis Tsipras est de recourir à des élections, ce qui évidemment ne diffère guère d’un Waterloo pour lui et pour SYRIZA.

Mais Kyriakos Mitsotakis ne veut pas entendre parler d’élections, il ne veut en aucun cas récupérer la « patate chaude » du troisième mémorandum et connaître très vite un sort encore pire, peut-être, que celui d'Alexis Tsipras. Et le quartet, pardon, les « institutions », n’ont pas l’air d’avoir envie d’élections parce qu’elles ouvriraient de fait, et de tous les côtés, « l'outre d’Eole » des promesses, ce qui pourrait être fatal à l’application du troisième mémorandum.

Appauvrissement tous azimuts

La Grèce est dirigée aujourd’hui par un bloc dominant de politiciens médiocres, dogmatiques, mêlés à des réseaux d’intérêts, soumis et intéressés, qui n’ont pas d’autre perspective que le pouvoir lié au poste de ministre, la démagogie de pacotille et la reddition au capitalisme néo libéral le plus extrême et le plus servile. L’espoir, pour notre pays, réside d’abord et avant tout dans le nouveau et gigantesque mouvement né des cendres de la déception, qui touche une grande partie des travailleurs salariés, des travailleurs indépendants et aussi des paysans qui se trouvent quant à eux en phase d’insurrection.

Ce mouvement doit à chaque instant éviter la confusion, l’impasse de l’apolitisme et par-dessus tout écarter l’emprise de la droite ou l’infiltration par des éléments d’extrême droite et des néo-nazis. Ce mouvement doit s’orienter résolument, autant que possible, dans une direction démocratique et progressiste contre le mémorandum et être porteur non seulement de revendications « syndicales », mais aussi de changements progressistes plus profonds.

Le but, c'est la victoire

Notre but n’est pas seulement la protestation, c’est la victoire, le renversement du gouvernement et par la suite du pouvoir et leur passage en d’autres mains, avec une orientation radicale et progressiste. C’est en ce sens que lutte aujourd’hui Laïki Enotita qui, contre vents et marées, tente d’édifier un large front alternatif, radical, de gauche, progressiste, patriotique et démocratique, contre le mémorandum, un front de lutte présentant des solutions immédiates avec un programme radical d’arrêt de remboursement de la dette, de sortie ordonnée de la zone euro et d’affrontement jusqu’à la rupture avec l’Union Européenne allemande.

Ces derniers temps, Laïki Enotita rencontre un écho de plus en plus large dans le peuple et cette dynamique peut se transformer en une véritable avalanche dans les prochaines semaines d’action. Les évolutions sont très rapides et imprévisibles et ceux qui les scrutent comprennent que « les temps ne sont pas propices » et qu’il faut faire un nombre incroyable de choses en un intervalle incroyablement petit de temps.

Mais il n’y a pas d’autre choix.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 16:01

Moscou doute de la cessation des hostilités en Syrie (Reuters)

Moscou a semé le doute Samedi 13 Février 2016 sur l'accord de « cessation des hostilités » conclu la veille par le Groupe International de Soutien à la Syrie (GISS) auquel elle appartient, tandis que les forces gouvernementales soutenues par l'aviation russe gagnaient à nouveau du terrain autour d'Alep, dans le nord, et vers Rakka, dans l’est.

Outre cette trêve censée entrer en vigueur d'ici une semaine, l'accord adopté dans la nuit du Jeudi 11 Février au Vendredi 12 Février 2016 à Munich prévoit l'acheminement d'aide humanitaire mais aussi la poursuite de la lutte contre les mouvements djihadistes, ce qui, aux yeux de Damas et de Moscou, justifie celle des offensives en cours.

Manuel Valls, chef du gouvernement français, et le secrétaire d’état américain John Kerry, qui assistent à Munich à la conférence annuelle sur la sécurité internationale, ont tous deux réclamé l'arrêt des bombardements russes dans les zones civiles.

« La France respecte la Russie et ses intérêts, mais nous savons que, pour retrouver la voie de la paix et de la discussion, les bombardements des populations civiles doivent cesser », a déclaré le premier, s'adressant à son homologue russe Dmitri Medvedev. Le président français, François Hollande, avait tenu des propos identiques, Jeudi 11 Février 2016.

L'accord sur la cessation des hostilités en Syrie est une étape qu'il faut désormais « d'urgence concrétiser. Seuls les faits pourront parler », a ajouté Manuel Valls.

« Il n'y a pas de preuve de bombardements russes contre les civils, même si tout le monde nous en accuse. Ce n’est tout simplement pas vrai », lui a répondu le premier ministre russe.

Pour John Kerry, « la vaste majorité des raids russes a visé des branches de l'opposition légitime. Pour adhérer à l'accord qu'elle a conclu, la Russie doit changer de méthode de ciblage », a-t-il souligné.

Interrogé sur les chances de succès de l'accord de Munich, son homologue russe Sergueï Lavrov les a évaluées à quarante neuf pour cent. Pour le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, auquel la même question a été posée, les chances sont de cinquante et un pour cent.

Alep et Rakka, deux enjeux majeurs

Il ne s'agit pas d'un cessez-le-feu dans la mesure où ni les insurgés ni les forces gouvernementales ne l'ont signé. Dans un entretien accordé Jeudi 11 Février 2016 à l’Agence France Presse (AFP), Bachar al Assad a même affiché sa détermination à reprendre le contrôle de l'intégralité du territoire syrien. Le président syrien « se trompe s'il pense que le conflit peut être résolu par la force », a répliqué Vendredi 12 Février 2016 un porte-parole du département d’état.

Les forces gouvernementales ont néanmoins poussé leur avantage et se trouvent désormais aux portes de la province de Rakka, dans l’est, dont elles ont été chassées en 2014 par les djihadistes de l'Etat Islamique, rapporte l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH). Elles chercheraient ainsi à prévenir une intervention au sol de l'Arabie Saoudite contre l’Etat Islamique, qui a fait de Rakka la « capitale » de son califat.

L'armée syrienne a par ailleurs annoncé la reconquête de nouvelles zones de la région d'Alep. Sa progression, soutenue par l'aviation russe, le Hezbollah libanais et des combattants iraniens, a permis de couper la principale voie d'approvisionnement des rebelles en provenance de la Turquie voisine.

La reprise d'Alep, ville la plus peuplée de Syrie avant le conflit, et la fermeture de la frontière turque serait une cuisante défaite pour les insurgés qui, avant l'intervention russe entamée le 30 septembre 2015, avaient le vent en poupe.

Deux chefs rebelles interrogés Vendredi 12 Février 2016 ont dit avoir reçu de l'étranger « d’excellentes quantités » de roquettes Grad d'une portée de vingt kilomètres, ces derniers jours, pour faire face à l'offensive du régime syrien dans la région d'Alep.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a par ailleurs annoncé que l'Arabie Saoudite allait envoyer des avions sur la base aérienne d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, pour mener des frappes contre les positions de l’Etat Islamique en Syrie.

De son côté, le secrétaire américain à la défense Ashton Carter a souhaité vendredi que l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis déploient des forces spéciales en Syrie pour soutenir les insurgés. Officiellement, il s'agit de les aider à reprendre Rakka.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 15:42

L’armée turque bombarde à nouveau des positions kurdes en Syrie (Reuters)

L'armée turque a bombardé Dimanche 14 Février 2016 des positions kurdes du nord de la Syrie pour la deuxième journée consécutive, causant la mort de deux miliciens, rapporte l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait sommé la veille les kurdes syriens des unités de protection du peuple (YPG) de se retirer des secteurs situés au nord d'Alep dont ils se sont emparés ces derniers jours.

Selon l'OSDH, les tirs turcs du Samedi 13 Février 2016 ont notamment visé la base aérienne de Menagh, à quelques kilomètres au sud d'Azaz, que les YPG ont prise récemment à d'autres insurgés syriens.

Les YPG, soutenues par les Etats-Unis, sont liées au parti de l’union démocratique (PYD), qu'Ankara tient pour une émanation du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et considère à ce titre comme une organisation terroriste.

Elles tiennent l'essentiel de la zone du nord de la Syrie frontalière de la Turquie.

« S'il y a une menace pour la Turquie, nous n'hésiterons pas à prendre en Syrie les mesures que nous avons prises en Irak et à Qandil », a promis Ahmet Davutoglu, évoquant les offensives de ces dernières années contre le PKK. Le chef du gouvernement a en outre dit avoir eu un entretien avec le vice-président américain Joe Biden auquel il a réaffirmé que le PYD était étroitement lié au PKK et qu'il représente une menace pour la Turquie.

Les bombardements turcs dans le nord de la Syrie se sont intensifiés vers 2 heures du matin avant de diminuer sans cesser totalement, précise l'OSDH. L'organisation fait également état de combats entre les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), alliance kurde à laquelle appartiennent les YPG, et d'autres composantes de l'insurrection près de Tal Rifaat, à quarante kilomètres au nord d'Alep.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 16:10

http://www.regards.fr/web/article/duflot-et-vichy-quand-le-point

Cécile Duflot et Vichy, quand le point Godwin sert à fuir le débat

Par Jérôme Latta

Mardi 9 Février 2016

En évoquant le régime de Vichy à propos de la déchéance de la nationalité, Cécile Duflot a transgressé un interdit qui se justifie pourtant moins que jamais. Et la réprobation qu’elle a subie est tout à fait significative.

Vendredi 5 Février 2016 à l'assemblée nationale, lors de sa longue intervention sur la déchéance de nationalité, Cécile Duflot s’est risquée à un rappel sur l’utilisation de celle-ci durant l'occupation, « le dernier régime à l’avoir massivement utilisée fut le régime de Vichy. Il ne s’agit pas ici de faire des parallèles hasardeux, il s’agit ici, que cela vous plaise ou non, de rappeler un traumatisme de notre histoire né dans un parlement composé de parlementaires français ».

Immanquablement, la députée écologiste a subi une vague de réactions indignées sur cet indigne parallèle, par exemple qualifié de « scandaleux » par François de Rugy, ancien militant d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) désormais président de Ecologistes, qui a exigé d’elle des excuses tandis que la ministre de la santé Marisol Touraine jugeait ces propos « incompréhensibles et inacceptables ». La principale remontrance est venue de Manuel Valls, qui lui a enjoint « de ne pas associer la démarche et la volonté du gouvernement et de quiconque de cette assemblée avec cette période que chacun d’entre nous ne peut pas supporter ».

Quand l'ancienne ministre a maintenu ses propos, accusant, à juste titre, le premier ministre de les avoir falsifiés, le philosophe de combat Bernard Henri-Lévy a estimé qu’elle « s’enferrait et se déshonorait ».

Godwin, un point trop loin

Elle s’y attendait probablement, mais malgré ses précautions oratoires et une argumentation développée, Cécile Duflot a donc été renvoyée à la variante française du fameux point Godwin. Du moins de ce qu’est devenu ce point Godwin, dont l’invocation réflexe a dénaturé le sens originel. Pour rappel, il se rapporte au théorème énoncé par le juriste et chercheur américain Mike Godwin au début des années 1990, « plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de un ».

Le point Godwin est donc décerné à quiconque, au cours d’un échange d’arguments contradictoires sur un sujet sans rapport, s’égare et se discrédite dans une analogie aussi extrême. Le principe du point Godwin est donc amusant, d’autant qu’il se vérifie souvent sur les forums de discussion et les réseaux sociaux. Le problème est que, opposé systématiquement à toute référence au fascisme, il finit par les disqualifier ou les invalider automatiquement, sans considération pour leur légitimité éventuelle. Et devient ainsi non seulement un opérateur de discrédit facile, mais aussi un procédé consistant, en l’occurrence, à rendre taboue une période et à interdire tout rapprochement avec elle, aussi fondé soit-il. S’agissant de l'occupation, il n’est pas difficile de cerner les conséquences de cette prohibition, elle permet de fuir le débat.

Les échos de Grenoble

On en avait eu illustration en juillet 2010, à l’occasion du fameux discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy. Déjà, le débat sur le fond des propos du président de la république avait été en partie escamoté par la contre-indignation qui avait répliqué aux critiques les plus virulentes, parmi lesquelles certaines avaient souligné des analogies criantes entre les mesures envisagées et celles prises par le régime vichyste, en particulier la déchéance de nationalité. « Cette mesure scandaleuse rappelle celles en vigueur sous l'occupation », avait ainsi tonné Pierre Moscovici, tandis que Jean-Jacques Urvoas affirmait que « jusqu’à présent, ce discours était l’apanage de l’extrême droite ». Début 2011, le sénat avait finalement repoussé la déchéance de nationalité, sous l’impulsion des centristes et de l’opposition, qui avaient « multiplié les références au régime de Vichy », rapportait Mediapart en compilant celles-ci.

On peut alors se demander pourquoi Cécile Duflot, cinq ans plus tard, a subi une telle réprobation, à plus forte raison de la part du camp qui s’était opposé à Nicolas Sarkozy, pour des propos plus modérés et pas moins justifiés.

Difficile de ne pas voir dans le renforcement de cet interdit l’effet de la poursuite de la banalisation du Front National et de ses idées, de victoires électorales et intellectuelles de l’extrême droite dont même un gouvernement de gauche a conclut qu’il devait s’aligner sur l’agenda frontiste et adopter des mesures qu’il préconise.

Des résonances flagrantes

Cet interdit contribue à faire de la période des fascismes une période hors-sol, sans origines ni descendances. D’une part, il entretient la propension de la nation française à rejeter dans l’exceptionnel et l’anormal les périodes honteuses de son histoire et à les mettre sous scellés en interdisant leur examen et celui des responsabilités afférentes. D’autre part, en cette période où la résurgence de l’extrême droite appelle vigilance et résistance, où se libère une parole xénophobe, nationaliste et réactionnaire, refuser de considérer les enseignements du passé devient particulièrement problématique.

Bien sûr, les juxtapositions simplistes sont de peu d’intérêt, compte tenu de tout ce qu’a de spécifique chaque période, et les incantations sur les heures les plus sombres de l'histoire et autre bête immonde qui sort du ventre fécond sont stériles. Mais se priver de connaître leurs points communs est tout à fait regrettable. Aujourd’hui, alors que, contrairement aux contemporains des années 1930, nous n’avons pas l’excuse de l’absence de précédent, nous devrions nous interdire de penser des résonances pourtant flagrantes. En réalité, quand Manuel Valls évoque « cette période que chacun d’entre nous ne peut pas supporter », il faut compléter sa formule pour saisir sa pensée, « que chacun d’entre nous ne peut pas supporter d’entendre évoquer ».

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