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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 17:30

 

La Tendance marxiste internationale écrivait récemment un manifeste international sur la révolution arabe. Vous trouverez ci-dessous  trois chapitres de ce manifeste. Il est disponible en totalité si vous consultez le site www.lariposte.com à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.lariposte.com/manifeste-international-sur-la,1596.html

 

Les revendications démocratiques

 

Dans un premier temps, les révolutionnaires avancent des revendications démocratiques. Evidemment ! Après des décennies de dictature brutale, la jeunesse et les travailleurs ont soif de liberté. Naturellement, leur soif de démocratie peut être exploitée par des politiciens bourgeois qui ne s’intéressent qu’à leur future carrière dans un parlement « démocratique ». Mais nous devons nous saisir des revendications démocratiques et leur donner un contenu nettement révolutionnaire. Elles mèneront inévitablement à la revendication d’une transformation plus fondamentale de la société.

Pendant une grève ou une révolution, les gens se sentent comme des êtres humains ayant une dignité et des droits. Après toute une vie de silence forcé, ils découvrent qu’ils ont une voix. Des pauvres et des illettrés disent : nous allons nous battre ; nous ne quitterons pas les rues ; nous voulons des droits, nous voulons être traités avec respect. C’est quelque chose de profondément progressiste. C’est l’essence même d’une authentique révolution.

Il va sans dire que les marxistes subordonnent toujours les revendications démocratiques à l’objectif de la révolution socialiste. Dans la pratique, les revendications démocratiques les plus consistantes mèneront forcément à la question du pouvoir ouvrier et de la révolution socialiste. La révolution russe en est le meilleur exemple. En 1917, les bolcheviks ont pris le pouvoir sur la base du mot d’ordre : « La paix, le pain et la terre ». Aucune de ces revendications n’a de contenu socialiste. En théorie, elles peuvent être satisfaites sous le capitalisme. Dans la pratique, cependant, elles ne pouvaient être satisfaites qu’en rompant avec la bourgeoisie et en transférant le pouvoir dans les mains de la classe ouvrière.

Certains prétendent qu’il ne s’agit de rien de plus qu’un mouvement bourgeois-nationaliste. Cela révèle à quel point ils ignorent l’importance des revendications démocratiques dans de telles conditions. L’expérience de la révolution russe a montré l’importance d’une utilisation correcte (révolutionnaire) des revendications démocratiques. La revendication d’une Assemblée Constituante a joué un rôle très important dans la mobilisation révolutionnaire de larges couches de la population.

Tout en luttant pour les revendications démocratiques les plus avancées, les marxistes ne les considèrent pas comme des fins en soi, mais comme faisant partie intégrante d’une transformation radicale de la société. C’est ce qui distingue le point de vue marxiste du point de vue bourgeois-démocrate.

La tâche immédiate, en Egypte, était de renverser Moubarak et son régime corrompu. Mais ce n’est que le premier pas. Cela a ouvert les vannes et permis au peuple révolutionnaire de faire irruption. Chaque jour, il découvre ses forces dans la rue, ainsi que l’importance de l’organisation et des mobilisations de masse. C’est déjà une énorme conquête. Après 30 ans de dictature, ils ne permettront pas qu’on leur en impose une autre – ou toute intrigue visant à recréer l’ancien régime sous un autre nom. On le voit bien en Tunisie.

A présent qu’elles ont goûté à leur propre pouvoir, les masses ne se satisferont pas de demi-mesures. Elles savent qu’elles doivent ce qu’elles ont conquis à leur propre action. La lutte pour la démocratie complète permettra de construire d’authentiques syndicats et partis ouvriers. Mais cela posera aussi la question de la démocratie économique et de la lutte contre les inégalités.

Les mots d’ordre et les tactiques doivent être concrets. Ils doivent refléter la situation réelle et les véritables préoccupations des masses. Les tâches objectives de la révolution russe étaient démocratiques et nationales : renversement du tsar, démocratie, affranchissement de l’impérialisme, liberté de la presse, etc. Nous demandons la démocratie complète, l’abolition immédiate de toutes les lois réactionnaires et une Assemblée Constituante.

Oui, nous devons renverser le vieux régime : non seulement Ben Ali et Moubarak, mais aussi tous les « petits Ben Ali » et « petits Moubarak ». Il faut une grande purge au sein de l’appareil d’Etat. Pas une seule personnalité liée au vieux régime ne doit faire partie du gouvernement. Pourquoi le peuple révolutionnaire, qui a tout sacrifié dans la lutte, laisserait-il le pouvoir à ceux qui n’ont joué aucun rôle, même sous la forme d’un gouvernement provisoire ? Il faut prendre un grand balai et les balayer tous ! C’est notre première revendication. On ne peut pas accepter moins que cela.

Mais même cela est insuffisant. Pendant des décennies, ces gens ont volé et pillé le pays. Ils vivaient dans le luxe pendant que le peuple était réduit à la misère. A présent, ils doivent rendre chaque centime qu’ils ont volé au peuple. Nous demandons la confiscation immédiate des richesses et des propriétés de ces parasites. Et nous demandons l’expropriation des impérialistes qui les soutenaient. Ainsi, les revendications démocratiques mènent directement à des revendications socialistes.

La démocratie n’a pas la même signification pour tout le monde. Les pauvres égyptiens ne luttent pas pour la démocratie dans le but d’élire des carriéristes à des positions dans l’appareil d’Etat, mais dans le but de résoudre leurs problèmes les plus brûlants : le manque d’emplois, de logements, le prix élevé de la vie, etc. Or ces problèmes économiques et sociaux sont trop profonds pour être réglés par un gouvernement capitaliste.

La démocratie n’est qu’un mot creux si elle se refuse à mettre la main sur les richesses obscènes de la clique dirigeante. Si elle est menée à son terme, la lutte pour la démocratie doit inévitablement mener à l’expropriation des banquiers et des capitalistes. Elle doit mener à l’établissement d’un gouvernement ouvrier et paysan. Sous Moubarak, les capitalistes égyptiens ont aidé l’impérialisme à piller les richesses du pays et à exploiter les travailleurs. Nous demandons l’expropriation des impérialistes au profit du peuple.

Pour l’abolition immédiate de toutes les lois réactionnaires !

 
Pour la complète liberté de réunion ! Pour le droit de s’organiser et de faire grève !


Pour une Assemblée Constituante révolutionnaire !


Pour la confiscation de toutes les richesses volées par le vieux régime !


Pour l’expropriation des impérialistes !

 

L’Assemblée Constituante

 

S’il y avait en Egypte un parti comme le Parti Bolchevik, la question du pouvoir serait directement posée. Mais en l’absence d’une direction dotée d’un plan clair, la révolution peut connaître toutes sortes de vicissitudes. Pour le moment, la vague révolutionnaire n’a toujours pas reflué. Mais les masses ne peuvent pas rester dans un état de mobilisation permanente. Elles doivent travailler et gagner leur vie. La lave révolutionnaire refroidira temporairement. La révolution passera par une phase de démocratie bourgeoise.

Dans un tel contexte, les revendications démocratiques ont une énorme importance. Elles sont un puissant levier pour mobiliser de larges couches de la population. Nous devons lutter pour tous les droits démocratiques : le droit de grève, le droit de vote, etc. Il est dans l’intérêt des travailleurs d’avoir le plus de liberté possible pour développer la lutte des classes. Il n’est pas indifférent, pour un travailleur, de vivre sous un régime totalitaire ou d’avoir des droits démocratiques fondamentaux.

Le mot d’ordre pour une Assemblée Constituante – comme tous les mots d’ordre – n’existe pas en dehors du temps et de l’espace. Dans les cas de la Bolivie et de l’Argentine, par exemple, nous nous y opposons. Mais ce mot d’ordre est correct dans le cas de l’Egypte et de la Tunisie. Les mots d’ordre doivent refléter les conditions concrètes de la lutte des classes et de son développement.

Pendant les soulèvements d’octobre 2003 et de mai-juin 2005, en Bolivie, le mot d’ordre pour une Assemblée Constituante était contre-révolutionnaire. Pourquoi ? Les travailleurs boliviens avaient organisé deux grèves générales et deux insurrections. Ils avaient constitué des formes de soviet : les Assemblées Populaires et les cabildos abiertos (meetings de masse). Ils auraient pu prendre le pouvoir. Les dirigeants de la COB (syndicat) auraient pu balayer le gouvernement et se placer à la tête du pays. Dans ces conditions concrètes, le mot d’ordre pour une Assemblée Constituante était une trahison. Il détournait l’attention des masses de leur tâche centrale – la conquête du pouvoir – vers les canaux du parlementarisme.

A l’époque, la Banque Mondiale et le Bureau pour les Initiatives de Transitions (une institution américaine) ont défendu l’idée d’une Assemblée Constituante en Bolivie. Cela souligne la nature contre-révolutionnaire de ce mot d’ordre. Il faut encore ajouter un petit détail : la Bolivie était déjà une démocratie bourgeoise. Dans le cas de l’Argentine, certains groupes de gauche ont avancé ce mot d’ordre après les émeutes de décembre 2001. Mais comme l’Argentine, elle aussi, était déjà une démocratie bourgeoise, ce mot d’ordre revenait à dire : « Nous n’aimons pas notre parlement bourgeois. Nous en voulons un autre à la place. »

Il faut être complètement aveugle pour ne pas voir que cela n’a rien à voir avec la situation en Egypte et en Tunisie. Après des décennies de dictature, il y aura forcément de grandes illusions dans la démocratie – et pas seulement au sein de la petite bourgeoisie. Cela détermine notre attitude. Nous sommes pour la démocratie, mais nous disons qu’il faut la démocratie complète. Nous sommes pour une nouvelle Constitution ; il faut donc une Assemblée Constituante. Mais nous ne faisons pas confiance à l’armée égyptienne pour la convoquer, et par conséquent cette lutte doit se poursuivre dans la rue.

Les marxistes n’ont pas une attitude mécanique à l’égard des revendications démocratiques, qui sont toujours subordonnées aux intérêts généraux de la révolution. Nous ne partageons pas l’attitude superstitieuse des petit-bourgeois vis-à-vis de la démocratie formelle. L’approfondissement de la révolution dévoilera les limites de la démocratie bourgeoisie. A travers leur expérience, les travailleurs en viendront à comprendre la nécessité de prendre le pouvoir en main. Mais avant de comprendre les limites de la démocratie bourgeoisie, ils doivent passer par son école. Cela suppose une lutte sérieuse pour les revendications démocratiques les plus avancées.

Le Conseil Militaire a soumis à référendum des amendements à la Constitution, rédigés par des « experts ». C’est complètement anti-démocratique. La Constitution de Moubarak ne peut pas être amendée. Elle doit être rejetée. Une Assemblée Constituante démocratique et révolutionnaire doit être convoquée pour discuter d’une nouvelle Constitution.

Le peuple révolutionnaire ne doit pas laisser le pouvoir à des généraux qui ont soutenu Moubarak jusqu’à la dernière minute. Les travailleurs ne peuvent faire confiance aux chefs de l’armée ou à un conseil d’« experts » désignés par eux et censés rédiger une Constitution démocratique. Nous sommes pour une Assemblée Constituante : un organe démocratiquement élu qui élaborera une nouvelle Constitution. C’est une revendication démocratique élémentaire.

Reste la question : qui convoquera l’Assemblée Constituante ? Là encore, on ne peut laisser les chefs de l’armée en décider. Donc la lutte doit se poursuivre dans les rues, les entreprises, dans la jeunesse et parmi les chômeurs – jusqu’à la victoire complète du combat pour la démocratie.

En Egypte comme en Tunisie, la situation est analogue à la Russie de 1905 et 1917 (et non à la Bolivie de 2003 et 2005). Nous devons utiliser les revendications démocratiques pour poser la question centrale du pouvoir ouvrier. Nous disons aux jeunes et aux travailleurs : « Vous voulez la démocratie ? Nous aussi ! Mais ne faites pas confiance à l’armée ou à El Baradei. Luttons pour une véritable démocratie ! » Aujourd’hui, en Egypte, en Tunisie et en Iran, la revendication d’une Assemblée Constituante est très appropriée.

Les travailleurs égyptiens ont déjà tiré les bonnes conclusions. C’est ce que révèle la déclaration des travailleurs de la métallurgie à Helwan qui, pendant la lutte, ont formulé les revendications suivantes :

Départ immédiat de Moubarak, de toutes les personnalités et de tous symboles du régime ;

Confiscation des richesses et propriétés – dans l’intérêt des masses – de toutes les figures du régime, ainsi que de tous ceux dont la corruption est avérée ;

Tous les travailleurs affiliés aux syndicats contrôlés par le régime doivent en démissionner, en vue de créer des syndicats indépendants. Il faut préparer des conférences syndicales pour former de nouveaux syndicats.

La renationalisation des entreprises publiques qui ont été privatisées ou fermées, et la formation d’une nouvelle administration de ces entreprises, impliquant les travailleurs et les techniciens.

La formation de comités de travailleurs, dans toutes les entreprises, pour administrer la production et contrôler les prix et les salaires.

La convocation d’une Assemblée Constituante pour rédiger une nouvelle Constitution et l’élection de conseils populaires – sans attendre des négociations avec le vieux régime.

Ces revendications sont absolument correctes. Elles montrent un très haut niveau de conscience révolutionnaire et coïncident entièrement avec le programme des marxistes. Ce programme donne à la révolution égyptienne tout ce dont elle a besoin pour vaincre.

 

Les syndicats

 

La révolution pose la nécessité de s’organiser. Les syndicats sont partout et toujours la forme d’organisation la plus élémentaire des travailleurs. Sans organisation, la classe ouvrière n’est qu’une matière première pour l’exploitation. En conséquence, la construction et le renforcement des syndicats est une priorité absolue.

En Egypte et en Tunisie, les syndicats étaient étroitement liés au vieux régime répressif. Ils faisaient partie intégrante de l’Etat. Les directions étaient corrompues – et de nombreux dirigeants étaient membres du parti au pouvoir. Leur principale fonction était de faire la police dans la classe ouvrière. Cependant, la base syndicale était constituée d’honnêtes travailleurs.

Même dans les démocraties bourgeoises, les directions syndicales ont tendance à fusionner avec l’Etat. Mais l’histoire montre que lorsque la classe ouvrière entre en action, même les syndicats les plus corrompus et bureaucratisés subissent la pression de la classe ouvrière et sont transformés au cours de la lutte. Soit les vieux dirigeants s’adaptent et reflètent la pression des travailleurs – soit ils sont remplacés par d’autres dirigeants, prêts à se mettre à la tête du mouvement.

En Tunisie, les dirigeants nationaux de l’UGTT étaient complices du régime de Ben Ali. Ils étaient prêts à participer au gouvernement provisoire formé par Ghannouchi. Ils ont dû y renoncer sous la pression des travailleurs. Mais aux niveaux local et régional, l’UGTT a joué un rôle dirigeant dans la révolution. Dans certains endroits, comme à Redeyef, l’UGTT a de facto pris le pouvoir. Ailleurs, les structures syndicales ont joué un rôle clé dans l’organisation du mouvement révolutionnaire, via les comités révolutionnaires. Cela montre le rôle vital des syndicats comme véhicules de la révolution.

Il faut complètement nettoyer l’UGTT, à tous les niveaux, la purger de tous les bureaucrates liés à l’ancien régime – à commencer par son secrétaire général, Abdessalem Jerad, qui joue ouvertement le rôle de briseur de grèves. Un congrès national extraordinaire doit être immédiatement convoqué par les directions locales et fédérales qui sont animées par des militants de gauche. La démocratisation de l’UGTT, en vue de la placer au cœur du mouvement révolutionnaire, rencontrerait un écho enthousiaste parmi les travailleurs. Si les jeunes et les travailleurs ont été capables de renverser Ben Ali et Ghannouchi, ils devraient être en mesure d’écarter aussi les bureaucrates syndicaux corrompus qui les soutenaient.

En Egypte, les bureaucrates syndicaux étaient incapables d’empêcher la vague de grèves qui fut l’école préparatoire de la révolution. Les travailleurs égyptiens se mobilisent contre les dirigeants corrompus et luttent pour créer des syndicats démocratiques et militants. Ils font preuve d’un instinct de classe infaillible. La lutte démocratique n’est pas confinée à l’arène politique. Elle doit rentrer dans les syndicats et les entreprises.

En Egypte, il semble qu’on s’oriente vers la constitution d’une Fédération Egyptienne des Syndicats Indépendants. Dans les conditions révolutionnaires actuelles, elle peut devenir la principale organisation des travailleurs égyptiens. Cependant, il serait erroné d’abandonner la lutte à l’intérieur des anciens syndicats, qui disposent toujours d’une assise de masse. Dans certains cas, des entreprises et des secteurs entiers verront surgir de nouveaux syndicats. Dans d’autres cas, les travailleurs prendront le contrôle des vieilles structures officielles.

Les capitalistes et les impérialistes comprennent l’importance centrale des syndicats. Ils y enverront leurs agents pour corrompre et tromper les travailleurs, pour les empêcher de s’orienter vers des idées révolutionnaires et socialistes. La CIA a des liens étroits avec l’AFL-CIO, la social-démocratie européenne et les prétendues Internationales syndicales. Ils s’efforceront également de contrôler le mouvement syndical égyptien.

Les travailleurs doivent se méfier de ces « amis » qui viennent pour les corrompre et miner la révolution de l’intérieur. Ils doivent aussi se méfier des soi-disant ONG qui ne sont que des agences déguisées de l’impérialisme. Le rôle de nombreuses ONG est de détourner les travailleurs de la voie révolutionnaire, de les noyer sous un millier de tâches triviales (charité, etc.) et de transformer des travailleurs révolutionnaires en bureaucrates bien payés. C’est un poison qui peut corrompre le mouvement ouvrier.

Le rôle des syndicats n’est pas de consolider le capitalisme, mais de le renverser. Notre tâche principale est de lutter pour l’amélioration des salaires et des conditions de vie et de travail. Nous devons lutter pour chaque acquis ou progrès social, aussi petit soit-il. Mais nous devons aussi comprendre qu’il ne sera pas possible de satisfaire nos revendications fondamentales tant qu’une oligarchie parasitaire possèdera la terre, les banques et les principales industries.

Dans la lutte contre l’ancien régime, les syndicats se sont liés à d’autres couches de la société : les chômeurs, les femmes, la jeunesse, les paysans et les intellectuels. C’est absolument nécessaire. La classe ouvrière doit se placer à la tête du pays et diriger la lutte contre toutes les formes d’injustices et d’oppressions.

Le peuple révolutionnaire établit toutes sortes de comités d’action. C’est une étape nécessaire pour donner au mouvement révolutionnaire une forme cohérente et organisée. Cependant, de tels comités ne doivent pas remplacer les syndicats, qui doivent rester la forme d’organisation fondamentale du mouvement ouvrier.

Les syndicats sont des écoles révolutionnaires. Ils joueront un rôle clé dans le renversement du vieux régime et la construction d’une société nouvelle, socialiste, dans laquelle les syndicats connaîtront un puissant développement. Ils joueront alors un rôle déterminant dans la planification démocratique de l’économie et la direction de la société.

 

Les syndicats doivent être construits et transformés en d’authentiques organisations de lutte ! Tous les bureaucrates et éléments corrompus doivent être purgés des syndicats !


Pour des syndicats démocratiques : élection et révocabilité de tous les officiels !


Aucun contrôle de l’Etat sur les syndicats ! Ils doivent être contrôlés par les travailleurs !


Pour le contrôle ouvrier de l’industrie ! Pour une planification socialiste et démocratique de la production !

 

 

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 17:14

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110417/tts-italie-france-migrants-ca02f96.html 

Nouvelles tensions entre Paris et Rome sur les migrants (Reuters) 

VINTIMILLE, Italie/ROME - Les tensions entre Paris et Rome sont montées d'un cran dimanche après l'annulation par la France de trains au départ de la gare italienne de Vintimille pour empêcher une manifestation baptisée "Train de la dignité".

Le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, a donné "instruction à l'ambassadeur d'Italie à Paris d'exprimer la ferme protestation du gouvernement italien", indique un communiqué.

 

L'Italie réclame des "éclaircissements pour les mesures décidées qui apparaissent illégitimes et en claire violation des principes européens", a ajouté le ministre.

 

Des responsables d'associations français et italiens avaient prévu d'embarquer avec une soixantaine d'immigrés tunisiens à bord du train partant à la mi-journée de Vintimille pour Marseille afin de réclamer l'ouverture des frontières et le droit d'asile pour tous.

 

Mais les chemins de fer italiens ont indiqué que la France avait empêché tous les trains de passer de Vintimille à Menton.

 

Interrogé par l'agence italienne Ansa, un porte-parole du ministère français de l'Intérieur a indiqué qu'il s'agissait d'une mesure provisoire, prise pour des raisons de sécurité.

 

"Ils ont supprimé tous les trains des deux côtés depuis le milieu de la matinée", a dit de son côté à Reuters Théresa Maffeis, de l'Association pour la démocratie à Nice.

 

Une centaine de personnes ont manifesté devant la gare de Vintimille aux cris de "liberté" et scandant des slogans hostiles à la France.

 

Les manifestants italiens et français ainsi que les migrants entendaient ensemble "défier les blocages gouvernementaux pour ouvrir les frontières, garantir le libre accès au territoire européen et rappeler qu'aucun être humain n'est illégal".

 

Selon les organisateurs, les immigrants qui devaient participer au "Train de la liberté" sont titulaires d'un titre de séjour en règle leur permettant de circuler librement dans l'espace Schengen.

 

Après un afflux massif de plus de vingt mille Tunisiens depuis janvier sur la petite île de Lampedusa, le gouvernement italien a décidé début avril d'accorder des permis aux migrants pour leur permettre de rejoindre "leurs parents ou amis" en France ou dans d'autres pays d'Europe.

 

La France a vivement réagi, affirmant qu'elle ne laisserait passer que les immigrés disposant non seulement de ce permis de séjour mais aussi d'un passeport et de ressources suffisantes.

 

Le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, a jugé dimanche dans une interview télévisée que la position française était incompréhensible et injustifiée envers l'Italie.

 

Il a dit espérer que des relations amicales pourraient être rétablies lors du sommet franco-italien du 26 avril à Rome, où l'immigration sera en bonne place de l'ordre du jour avec la question de la Libye.

 

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 19:26

 

Hosni Moubarak et ses fils en prison

 

Chronique du monde arabe

 

Chérif Boudelal

 

12 avril 2011

 

immigrationstorys@yahoo.fr

 

Les bourreaux doivent payer pour leurs crimes

 

Egypte : Hosni Moubarak et ses deux fils, les voleurs de la richesse égyptienne et bourreaux du peuple, sont en détention provisoire selon « Reuters ». L’armée (qui dirige provisoirement) le pays et l’appareil judiciaire ont cédé aux pressions du peuple qui exige que l'ancien président ainsi que ses proches et tous ceux qui ont participé au pillage du pays et à la répression du peuple d’être traduit en justice. Convoqué par le procureur général pour interrogatoire, Hosni Moubarak a été hospitalisé mardi 12 avril après avoir été victime d’une crise cardiaque.

 

Le lendemain, mercredi, il a été placé en détention provisoire dans le cadre d'une enquête concernant les assassinats de plusieurs centaines de manifestants, mais aussi pour répondre aux accusation de détournements de fonds publics qui se compteraient par plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ses fils ont été placés en détention pour le motif de détournement de fonds public, selon la télévision égyptienne, Nile TV. C'est une grande victoire de la révolution des jeunes révolutionnaires égyptiens. Que tous les régimes dits arabes (de la honte) aient le même sort que Moubarak. 

 

Tunisie : Après avoir demandé, le 20 février dernier, à l’Arabie saoudite l’extradition de Ben Ali, le président déchu accusé d’avoir commandité des crimes contre les manifestants pacifiques, et de corruption, les Tunisiens attendent toujours la réponse de Ryad. Les autorités saoudites avaient annoncé  que Ben Ali était hospitalisé à Jeddah, dans un état comateux, et les tunisiens demandent une preuve médicale. 

 

Yémen. Les centaines de milliers de manifestants continuent de braver le pouvoir en place malgré la répression. Par ailleurs, les manifestants ont rejeté le plan des « cheikhs du Golfe » qui proposent une issue « honorable » au président lui demandant « le respect du choix du peuple ». Ils lui proposent de transmettre le pouvoir à son vice-président et la formation d’un gouvernement dirigé par l’opposition, qui sera chargé de préparer les élections « démocratiques – comme si ces rois et émirs étaient eux-mêmes des démocrates ! Mais les jeunes révolutionnaires réclament le départ d’Ali Abdellah Salah, pure et simple ; comme ils refusent l’« offre » de ce dernier qui propose de rester au pouvoir et préparer les élections dans six mois.  

 

Syrie. Si la mobilisation a pris de l’ampleur, les manifestant ne réclamaient pas le départ du président mais seulement des réformes qui garantissent leur liberté, aujourd’hui ils le réclament après tant de morts et de répression. Le pouvoir syriens réitère son accusation « de  mains étrangères derrière les assassinats de manifestants et de policiers pour créer la division entre le peuple. Des personnes impliquées dans les fusillades précédentes contre les manifestants auraient avoué, selon les autorités syriennes, qu’ils agissaient pour le compte d’un réseau libanais, qui agirait lui-même pour le compte d’Israël. Si on doit prendre ces informations avec précaution, cette hypothèse n’est pas impossible puisque des dizaines d’espions Libanais, y compris des politiques et des militaires de hauts rangs, œuvrant pour le compte d’Israël ont été arrêtés, et d’autres demeurent recherchés.

 

Mais nous savons que des forces de répression syriennes ont été montrées en action, par la chaîne de TV Aljazeera, en tabassant des manifestants à terre et tirant en direction de la foule, et des témoins oculaire attestent ces bavures policières. Ceci dit le pouvoir ne peut pas s’en laver les mains aussi facilement, c’est pourquoi les manifestants réclament aujourd’hui ce que les tunisiens ont exigé du leur : «Bashar al-Assad dégage ».

 

Libye. Quant à la Libye, sa situation demeure très grave dans la mesure où les forces de Kadhafi sont fortement armées et de plus en plus féroces autour des villes du Golfe de Syrte l’assurance qu’elles ne seront pas attaquées par l’OTAN. Celles-ci encerclent et bombardent systématiquement ces villes du Golfe de Syrte, notamment Misrata où  des dizaines de morts et de blessés  (parmi les populations civiles) tombent tous les jours sous les bombes, lancées au hasard contre les résistants qui contrôlent la ville. Les pays composant « la coalition » qui participent aux bombardements de l’OTAN sur la Libye, parlementent et se querellent pendant que des centaines de morts et de blessés sont victimes de la guerre fratricide entre Libyens.

 

Les bombardements de l’OTAN, quant à eux, causent aussi des victimes et dégâts « collatéraux », notamment à Tripoli où l’OTAN préfère bombarder les positions supposées de Kadhafi, alors qu’il n’y a pas de combats entre les belligérants. Par contre, il refuse d’attaquer les troupes de Kadhafi qui encerclent la Ville de Misrata, entre autres. L’OTAN laisse les frères ennemis s’entretuer d’abord pour s’affaiblir avant d’intervenir  « pour sauver les populations ». S’il voulait réellement mettre fin aux offensives répétées des force de Kadhafi, il aurait leur base militaire de la région du Golfe de Syrte d’où elles s’approvisionnent en nourriture, en arme et en minutions. Cette stratégie rusée de ces « humaniste » dirigés par les USA ne peut échapper  à aucun des observateurs de la politique impérialiste que mènent les USA exclusivement dans les pays arabes et musulmans, dont les peuples sont susceptibles d’être hostile à Israël.

 

Oui, sans Israël il n’y aurait pas eu d’intervention US ni en Afghanistan, ni en Irak, ni ailleurs dans les pays musulmans. BHL (Bernard Henri Lévy), le philo sioniste franco-israélien, qui supervise de plus près la guerre fratricide en Libye, après avoir parrainé le Conseil national libyen lors du pèlerinage à l’Elysée de sa délégation, souhaite que l’OTAN « aide les révolutionnaires » libyens ! Comment peut-on croire qu’un apologiste de crimes (quand les criminels sont israéliens), puisse se transformer en humanitaire en Libye ?

 

L’inquiétude réelle et profonde de BHL est celle de voir en place des régimes arabes qui seraient hostiles à la politique d’Israël. Comme tous les sionistes de sa trempe, BHL sert Israël d’abord et avant tout ; son objectif est celui d’appliquer à la lettre l’idéologie sioniste : diviser le monde arabe pour qu’Israël règne sur lui par les USA interposés. Selon des témoins oculaires libyens, un bateau israélien chargé d’armes et de minutions destinées à Kadhafi, est arrivé à tripoli dès les premières semaines des combats entre les pro Kadhafi et les contre Kadhafi. Ceci constitue la preuve qu’Israël est impliqué dans cette guerre, et que BHL en est le mandataire privilégié, en agissant en tant que « simple » citoyen français « neutre » ! 

 

Que les peuples arabes se méfient des aides empoisonnées proposées par ceux qui ont occupé et/ou participé à l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak ; mais aussi de ceux qui se sont rendus complices par l’action ou par le silence sur le blocus de Gaza imposé par Israël, qui consiste à affamer près de deux millions Palestiniens ; une punition collective qui relève de crime contre l’humanité.

 

Chérif Boudelal

 

 

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 19:09

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110416/tts-syrie-assad-ca02f96_2.html 

 

Levée de l’état d’urgence la semaine prochaine en Syrie (Reuters) 

 

Le président Bachar al Assad a promis samedi la levée dès la semaine prochaine de l'état d'urgence en vigueur depuis quarante huit ans en Syrie, mais il a ignoré les revendications populaires en faveur d'un démantèlement du régime sécuritaire strict qui régit le pays.

Assad, qui est confronté à une vague de manifestations sans précédent depuis qu'il a succédé à son père Hafez, il y a onze ans, s'était déjà engagé à remplacer l'état d'urgence instauré lors de la prise de pouvoir du parti Baas en 1963, mais en le remplaçant par une législation antiterroriste.

 

Dans une allocution prononcée devant le nouveau gouvernement formé jeudi, il a prévenu que cette nouvelle législation ne ferait preuve d'aucune indulgence envers "les saboteurs", un engagement que l'opposition considère comme destiné à maintenir les restrictions aux libertés de réunion et d'expression.

 

Assad a souligné que, dans le contexte du vent de révoltes qui souffle sur le monde arabe, la stabilité de la Syrie restait sa priorité et a précisé que, si des réformes étaient nécessaires, c'était pour "renforcer le front intérieur" face à la vague actuelle de contestation de son pouvoir.

 

En soulignant qu'un texte levant l'état d'urgence serait adopté au plus tard la semaine prochaine, le président syrien a déclaré que la législation de remplacement devrait être "fermement appliquée".

 

"Les Syriens sont civilisés. Ils adorent l'ordre et n'accepteront pas le chaos et le règne de la populace. Nous ne serons pas tolérants envers le sabotage", a déclaré le président de 45 ans dans une intervention télévisée à la nation.

 

PRIORITÉ "À LA STABILITÉ INTERNE"

 

Le raïs syrien n'a fait aucune allusion précise aux exigences des dizaines de milliers de manifestants qui réclament depuis plusieurs jours la fin de la mainmise des puissants services de sécurité sur la vie quotidienne des Syriens, la libération des milliers de prisonniers politiques et la fin du monopole du Baas sur la vie publique.

 

Assad a reconnu que la corruption était un problème en Syrie, mais il n'a annoncé aucune mesure visant à restreindre la domination de son clan sur la vie économique du pays.

 

Son cousin, l'homme d'affaires Rami Makhlouf, s'est considérablement enrichi durant le règne d'Assad et symbolise aux yeux des manifestants la corruption régnant au plus haut niveau du pouvoir.

 

"Nous ne voulons pas nous précipiter. Toute réforme doit être fondée sur le maintien de la stabilité interne", a souligné Assad.

 

Le recours à la force et aux arrestations de masse, entremêlé de promesses de réformes et de concessions aux minorités ethniques et religieuses, n'ont pas réussi jusqu'à présent à convaincre la foule grandissante des protestataires, inspirés par les révolutions qui ont chassé les autocrates tunisien Zine ben Ali et égyptien Hosni Moubarak.

 

A quelques heures du discours d'Assad, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de la ville de Deraa, haut lieu de la contestation, dans le sud du pays, en scandant "Le peuple veut la chute du régime" - comme en Tunisie et en Egypte.

 

Ils brandissaient des posters de victimes de la répression du mouvement de contestation de ces dernières semaines, ont précisé ces témoins joints au téléphone par l'agence Reuters à partir de la frontière jordanienne. Deraa est considéré comme le berceau de la contestation du régime.

 

"LES ASSASSINS DOIVENT PAYER"

 

Vendredi, l'agitation avait gagné pour la première fois Damas. Dans la capitale, les forces de sécurité syriennes ont fait usage de bâtons et de grenades lacrymogènes pour empêcher des milliers de manifestants venus des faubourgs de marcher sur la place des Abbassides, la principale de Damas.

 

Par ailleurs, à Banias, un homme atteint à la poitrine lors d'affrontements avec des milices de la secte minoritaire alaouite, dont fait partie le clan Assad, a succombé samedi à ses blessures, rapporte l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme.

 

Oussama al Cheikha, âgé de 40 ans, se trouvait parmi un groupe d'hommes armés de bâtons près d'une mosquée de Banias, autre haut lieu de la contestation du pouvoir, dans l'ouest, lorsque des miliciens ont ouvert le feu, ont indiqué plusieurs témoins de la scène.

 

Les funérailles de cet homme se sont déroulées dans la journée à la mosquée Abou Bakr al Sidik, lieu dont il assurait la sécurité juste avant de mourir sous les balles.

 

Le cortège funèbre s'est avancé pacifiquement vers le sanctuaire, mais les participants ont scandé des slogans tels que "Liberté, liberté!" et "Les assassins doivent payer!", ont rapporté plusieurs témoins.

 

Selon le principal comité syrien de défense des droits de l'homme, la répression du mouvement pour la démocratie a fait environ deux cent morts depuis près d'un mois.

 

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 16:07

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110416/tts-libye-misrata-migrants-tp-ca02f96.html

Des réfugiés de Misrata évacués à Benghazi (Reuters)

Près de mille deux cent Asiatiques et Africains travaillant en Libye sont arrivés tard vendredi soir à Benghazi en provenance de Misrata, ville de l'Ouest tenue par les insurgés et assiégée par les forces de Mouammar Kadhafi.

Ces travailleurs immigrés bloqués depuis des semaines dans Misrata ont été évacués par la mer à bord d'un navire grec, le "Ionian Spirit".
  
Arrivé la veille à Misrata, selon une porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations, le bâtiment a réussi à décharger quatre cent tonnes d'aide dans la nuit avant de "quitter le port (vendredi) aux petites heures de la matinée en embarquant près de mille deux cent personnes - des hommes, des femmes, des enfants et des personnes âgées - toutes déshydratées et affaiblies".
 
"Bon nombre d'entre elles ont besoin de soins médicaux", a précisé Jemini Pandya à l'agence Reuters.
 
Le navire a mis le cap sur Benghazi, capitale de la Cyrénaïque et bastion des insurgés libyens, où il est arrivé après une longue traversée.
 
On estime que huit mille à dix mille travailleurs immigrés se trouvent toujours pris au piège dans la ville assiégée, où les bombardements et les combats quotidiens ont fait des centaines de morts.
 
PARER AU PLUS PRESSÉ
 
L'évacuation des mille deux cent réfugiés du "Ionian Spirit" a été très délicate. Jeremy Haslam, coordinateur humanitaire de l'OIM, explique que de nombreux quartiers de Misrata sont inaccessibles et que les risques encourus ont contraint les organisateurs de l'évacuation à agir vite pour que le bateau puisse appareiller rapidement.
 
"Nous avons dû oublier nos principes. Nous ne pouvions pas atteindre les plus vulnérables, ceux qui ont le plus besoin de partir, parce que c'était trop dangereux", a-t-il confié.
 
A l'entrée dans le port de Benghazi, des cris de joie ont éclaté à bord du bateau.
 
Les réfugiés, majoritairement égyptiens et bangladais mais aussi soudanais, syriens, irakiens, tunisiens et indiens, ont ensuite été convoyés vers un camp de transit. De là, ils devraient gagner l'Egypte.
 
Nombre d'entre eux vivaient à Misrata depuis des années.
 
"Je ne sais pas où je vais aller", dit Ahmed Djaouad, un Irakien de 26 ans qui a quitté Bagdad pour la Libye il y a huit ans. "L'Irak est dangereux aussi. Je vais rester un peu à Benghazi."
 
Comme d'autres, il décrit les nuits sans sommeil dans le port de Misrata, les déflagrations des bombardements. "Dans chaque pays tyrannique, lorsqu'il y a une manifestation, on utilise des balles en caoutchouc ou des canons à eau, mais là-bas, ils utilisent des armes lourdes, des armes anti aériennes, des balles réelles. Ces armes sont censées servir dans des guerres, pas contre des civils", poursuit-il.
 
Un peu plus loin, un immigré venu du Bangladesh explique qu'il vivait depuis deux semaines dans la zone portuaire, se nourrissant presque exclusivement de pain.
 
L'OIM espère que le navire qu'elle a affrété pourra retourner à Misrata pour évacuer d'autres migrants. Mais le budget dont elle dispose pour l'heure ne permettra pas de financer d'autres missions de ce type.

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 15:58

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110415/twl-po-gaza-italien-38cfb6d_3.html 

Un italien enlevé par des salafistes à Gaza retrouvé mort (Reuters) 

Le Hamas a annoncé avoir retrouvé vendredi dans une maison abandonnée de Gaza le corps exécuté d'un militant italien pro-palestinien enlevé il y a peu par un groupe salafiste du territoire.

Deux hommes ont été arrêtés et plusieurs autres sont recherchés dans le cadre de l'enlèvement et de l'exécution par étranglement de Vittorio Arrigoni, un cyber-activiste de 36 ans arrivé par voie maritime en août 2008 sur le territoire soumis à blocus israélien.

 

Jeudi, le groupe djihadiste Taouhid et Djihad avait menacé d'exécuter le militant italien dans les vingt quatre heures si le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007 ne libérait pas avant ce vendredi à 14 heures GMT, 17 heures, heure locale, un de ses chefs arrêtés le mois dernier, Hécham al Saïdni.

 

Selon Ehab Al Ghsaïn, porte-parole du "ministère de l'Intérieur" du Hamas, le lieu de captivité d'Arrigoni, dans le quartier du Cheikh Radouane, à Gaza-ville, avait été localisé grâce à l'interrogatoire d'un membre du groupe salafiste.

 

Mais, a-t-il dit, lors de l'arrivée des hommes du Hamas sur place "l'otage avait été tué depuis plusieurs heures déjà d'une manière répugnante". "Depuis le tout début, leur intention était d'assassiner leur victime, parce que le crime s'est produit très peu de temps après l'enlèvement", a-t-il assuré.

 

Le "Premier ministre" du Hamas, Ismaïl Haniyeh, tout comme son rival le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ont condamné l'assassinat d'Arrigoni, premier étranger enlevé à Gaza depuis Alan Johnston, journaliste de la BBC détenu pendant cent quatorze  jours avant d'être libéré en 2007 par un groupe se réclamant aussi d'Al Qaïda, l'Armée de l'islam.

 

"TOUS LES VISITEURS EN SÉCURITÉ"

 

Ce premier meurtre depuis que le Hamas a chassé par les armes de Gaza les forces fidèles à Abbas, à la mi-2007, est un défi pour l'autorité que le mouvement islamiste dit exercer sur l'étroite bande côtière où s'entassent un million et demi de Palestiniens soumis à un strict blocus israélien du fait de son refus de reconnaître l'existence même d'Israël.

 

Les groupes salafistes s'opposent au Hamas, estimant que le groupe n'en fait pas assez pour imposer la charia, et semblent attirer de nouvelles recrues y compris venues des propres rangs du jadis tout-puissant mouvement islamiste.

 

Ils s'en prennent aux cybercafés et réclament l'exclusion des chrétiens arabes du territoire.

 

"Gaza est sûr et je veux assurer à tous les visiteurs de Gaza qu'ils y sont en sécurité", a déclaré Ismaïl Haniyeh à un journaliste français. "Le crime qui a eu lieu est un incident isolé et nous appliquerons la loi à tous ceux qui la violent", a-t-il assuré.

 

Mais Ghsaïn a estimé que l'exécution de l'otage italien compliquera les efforts des flottilles d'aide qui tentent de contourner le blocus de Gaza, dont la victime avait profité pour s'introduire dans le territoire en 2008.

 

Il est ainsi prévu qu'une quinzaine de navires tentent de rallier l'enclave palestinienne en mai.

 

"Vittorio était ici pour le peuple palestinien et ils ont tué quelqu'un qui était ici pour les aider. Ils ne nous jetteront pas dehors. Nous resterons", a assuré à Reuters une de ses collègues, l'activiste Silvia Todeschini.

 

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 20:05

 

http://www.cadtm.org/Communique-des-reseaux-Attac

 

Communiqué des réseaux Attac Afrique et Cadtm Afrique sur la Côte d’Ivoire

 

CONTRE LES AGRESSIONS IMPERIALISTES FRANCAISES EN AFRIQUE

 

Les frappes françaises du 4 avril à Abidjan démontrent plus que jamais quelle option a choisi la France dans sa politique étrangère en Afrique. En détruisant aujourd’hui ce qu’il a « aidé » à construire hier sous le règne d’Houphouët Boigny à coup de prêt à taux préférentiels et d’aide liée, le gouvernement français confirme aux yeux du monde son image de force impérialiste en Afrique au service du capital international.

 

Après avoir poussé la communauté internationale à intervenir contre le régime Khadafi, anciennement ami de Sarkozy et entraîné la Lybie vers une guerre civile déstabilisante pour tout le Maghreb, la France, par cette dernière action plonge toute la nation ivoirienne vers le déchirement et renforce un peu plus le sentiment francophobe dans ce pays autrefois considéré comme un miracle économique du système libéral.

 

Le miracle ivoirien est bien loin et tout sera à reconstruire au sortir de cette guerre civile dont les plus grands vainqueurs seront les entreprises françaises, qui seront rappelées par leur ami Allassane Ouattara pour la reconstruction du pays. Et ce alors que depuis dix ans, ils ont aidé à le détruire, en finançant chacun des camps en conflit. L’histoire de la Côte d’Ivoire ces dix dernières années a été construite par des acteurs politiques véreux contre un peuple et son développement. Ce peuple meurtri dans son identité est entrain de vivre les moments les plus troubles de son existence après cinquante années « d’indépendance ».

 

En effet, traumatisée par un coup d’Etat militaire en décembre 1999, elle n’a pu se remettre d’une élection en 2000 qui, de mémoire, était tout aussi calamiteuse. Celle-ci ayant été animée par la rhétorique xénophobe issue d’un concept tant abject que trivial, résumé par le vocable « ivoirité ».

 

La suite, nous la connaissons : une rébellion qui va éclater le 19 septembre 2002, coupant le pays en deux. Après plusieurs accords politiques, une gestion collégiale du pouvoir intervient entre les deux parties ennemies. Le dernier des accords fut l’accord politique de Ouagadougou (APO), décidant de la tenue d’une élection présidentielle avec un code électoral spécial et de la mise sur pied d’une commission électorale particulière. Présentée comme l’issue finale après dix ans de conflit, dont les conséquences en vies humaines restent incalculables, cette élection voit sombrer définitivement un peuple autrefois envié de toute l’Afrique.

 

Des milliers de mort-e-s, de disparu-e-s et de réfugié-e-s pour en arriver à un coup de force impérialiste de la France et de l’ONU sans que l’Afrique ait son mot à dire.

 

En solidarité avec les peuples meurtris par les agressions, les réseaux CADTM Afrique et ATTAC Afrique appellent à une mobilisation des peuples contre les visées impérialistes du capitalisme néolibéral mondialisé en Côte d’ivoire, tout comme en Libye, et contre les interventions militaires françaises répétées en Afrique.

 

Les réseaux ATTAC Afrique et CADTM Afrique exigent de la France le démantèlement de ses bases militaires en Afrique, par le biais desquelles elle continue sa politique néocoloniale sur le continent.

DEGAGEZ LES BASES MILITAIRES FRANCAISES EN AFRIQUE

La lutte continue jusqu’à la victoire des peuples

 

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 19:46

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110415/tts-syrie-ca02f96_1.html

 

La contestation syrienne atteint Damas (Reuters)

 

Pour la première fois depuis le début de la contestation en Syrie à la mi-mars, des manifestations hostiles au régime de Bachar al Assad se sont déroulées à Damas, la capitale.

Aux cris de "Dieu, Syrie, liberté", les manifestants ont continué d'appeler à la démocratisation du régime du président Assad, au pouvoir depuis onze ans.

 

Dans la capitale, les forces de sécurité syriennes ont fait usage de bâtons et de grenades lacrymogènes pour empêcher des milliers de manifestants venus des faubourgs de marcher sur la place des Abbassides, la principale de Damas.

 

Selon un témoin qui accompagnait la foule venue des banlieues de la capitale, des milliers de manifestants ont scandé "Le peuple veut la chute du régime".

 

La foule a déchiré de nombreux portraits du président Assad placardés sur les murs.

 

En ce jour de prières, des manifestations ont aussi eu lieu aux quatre coins du pays. Des militants des droits de l'homme en ont signalé à Deir al-Zor (est), à Banias (ouest), à Lattaquié (nord-ouest), à Homs (ouest) et à Deraa (sud-ouest), première ville à avoir connu des troubles dirigés contre le régime.

 

Un militant a indiqué qu'à Deraa "les manifestations sont parties de toutes les mosquées de la ville" et ont réuni environ dix mille personnes.

 

Mercredi, la deuxième ville du pays, Alep, avait été gagnée par le mouvement. Des manifestations y avaient éclaté sur le campus de la plus grande université de Syrie.

 

CLINTON DEMANDE L'ARRÊT DE LA RÉPRESSION

 

Les protestataires, qui s'inspirent des révolutions tunisienne et égyptienne, continuent de défier le régime, en dépit de l'usage de la force, d'arrestations de masse et des accusations que ce sont des groupes armés qui sont à l'origine de la contestation.

 

Jeudi, le président Assad a nommé un nouveau gouvernement, qui n'a que peu de pouvoirs, et ordonné la libération de tous les détenus, hormis les auteurs de crimes "contre la nation et les citoyens".

 

Cette décision a été perçue "comme une goutte d'eau dans l'océan" par les militants des droits de l'homme, qui dénoncent le maintien en détention de milliers de prisonniers politiques.

 

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a condamné vendredi l'usage de la fore par les autorités syriennes.

 

"Il est temps que le gouvernement syrien stoppe la répression contre les citoyens", a-t-elle déclaré à Berlin.

 

Le principal comité syrien de défense des droits de l'homme du pays, baptisé la Déclaration de Damas, estime que deux cent militants favorables à la démocratie ont été tués depuis le début des troubles.

 

Le président syrien fait face à un mouvement de contestation sans précédent dans l'histoire moderne de la Syrie où l'état d'urgence est en vigueur depuis le coup d'Etat orchestré par le parti Baas en 1963.

 

 

 

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 17:49

 

 

Michel Peyret

11 avril 2011



DANIEL BENSAÏD, LES CHANTIERS DU MARXISME



Bien évidemment, chacun lit un texte à sa façon, laquelle reflète nécessairement sa personnalité, ses connaissances et sa culture personnelle, sa trajectoire politique, et donc ses expériences politiques et les enseignements qu'il a pu en tirer, et certainement bien d'autres critères encore.

Pour ma part, après avoir lu un texte, je fais, en général, c'est-à-dire lorsque les idées exprimées dans le texte ont retenu mon intérêt, une sorte de bilan de lecture. En fait, je me questionne : quelles sont les idées essentielles de ce texte, que convient-il que je note et retienne plus particulièrement, est-ce nécessairement ce qui est nouveau, il y a souvent des découvertes, sinon pourquoi lire, et ce peut-être aussi des idées plus anciennes, lesquelles sont déjà dans ma mémoire, mais qui méritent aussi de trouver une nouvelle vie dans l'actualité, et donc dans une situation nouvelle, donc une nouvelle vie qui ne trouve pas nécessairement la même expression, les mêmes formulations, on le dit couramment : de l'eau a coulé sous les ponts ! Il n'y a pas de vérités éternelles !


UN COMMUNISME VIVANT


Aussi, quand je rends compte d'une de mes lectures, ce ne peut être seulement un résumé, c'est tout un travail intellectuel que j'essaie de faire partager avec, c'est évident, des risques dans l'exercice.

Il est donc évident également que toute autre personne peut, ou pourrait, avoir une lecture différente, et c'est heureux, c'est heureux parce que cela permet, d'une part le partage des idées, mais aussi, d'autre part, le débat, la confrontation...

Dans ce travail, il est pour moi extrêmement clair que j'essaie là de faire vivre mon communisme. Il ne m'a pas été donné une fois pour toutes, comme toute autre chose vivante, il se modifie, se transforme, se complète, s'approfondit, selon les enseignements que je peux tirer des évolutions de la réalité. Ce qui ne veut pas dire que ce fonds communiste serait livré aux différents vents de l'actualité. Tout au contraire même.


LE DEBAT CONTRE LA CENSURE


Je n'aime pas l'idée de « résistance » que je considère comme trop défensive, alors que le plus souvent il s'agit d'être à l'offensive, l'offensive étant aussi, c'est bien connu, la meilleure façon de se défendre et résister. En tout cas, il m'apparaît qu'être communiste implique le débat, l'ouverture au débat. On ne peut être communiste et « sectaire », c'est-à-dire refuser le débat ou, plus encore, pratiquer différentes formes de censure. Il y a , « quand-même », quelques leçons à tirer des expériences que nous avons vécues, pour l'essentiel, dans la seconde moitié du siècle précédent.


LA DIVERSITE DE LA FAMILLE COMMUNISTE


Aujourd'hui, je reviens avec Daniel Bensaïd dont j'ai présenté le communisme tel qu'il l'expose lui-même. J'ai le mien que j'expose également. Nous avons fait des choix de parti différents. Il y a, c'est connu, l'histoire le reflète, plusieurs grandes familles communistes. Au siècle précédent, elles se sont affrontées, souvent de la plus mauvaise façon, nombre de communistes en sont morts, et ce n'est pas l'adversaire de classe qui les a tués !

Dans le texte de l'Appel pour des Assises du communisme, j'évoquais dès l'entrée cet état de la famille communiste, ma vision pouvant s'en être élargie depuis, résultat de mes lectures oblige !

Aussi je tiens à préciser que je lis aussi Daniel Bensaïd dans cet esprit là, lequel exclut le ressassement à perpétuité, mais sans apport véritable, d'anciennes querelles surannées. J'indique, et j'indique parce que je le pense, que cette vision de la famille communiste implique la reconnaissance pleine et entière de sa diversité réelle, et certainement justifiée par les contradictions nombreuses et croissantes de nos sociétés, et qu'en conséquence, si ce constat est partagé, il conviendra de trouver les formes, les modalités de ses « trouvailles » ou « retrouvailles ».


PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSONS-NOUS !


Le texte de Daniel Bensaïd dont je rends compte aujourd'hui, « Marx débordait son temps et anticipait sur le nôtre », ce sont des réponses à des questions d'un groupe russe du nom de Vpered (En Avant) qui se situerait dans la mouvance de la 4ème Internationale. IL est daté de fin 2006-début 2007.

Ainsi que je l'ai indiqué ci-dessus, je vais m'efforcer de mettre en évidence les idées essentielles, ce qui n'est pas de toute facilité quand il s'agit d'un texte d'une grande richesse.

Je commencerai toutefois par une citation en relation avec l'un des principaux sujets d'actualité, et j'en rends compte sans commentaire, tout le monde saisira ma préoccupation :

« La représentation du social en termes de classes a de solides arguments, aussi bien théoriques que pratiques. Il est d'ailleurs étonnant que l'on s'interroge souvent sur l'existence ou non du prolétariat, mais jamais sur celle de la bourgeoisie ou du patronat : il suffit d'étudier la distribution des bénéfices et des rentes de situation pour en vérifier l'existence !

« Mettre l'accent sur l'actualité de la lutte des classes a un enjeu évident : celui de construire des solidarités par delà les différences de races, de nations, de religions, etc...

« Ceux qui ne veulent plus entendre parler de luttes des classes auront en échange la lutte des tribus et des ethnies, les guerres de religion, les conflits communautaires.

« Et ce serait une extraordinaire régression, qui malheureusement est déjà à l'oeuvre dans le monde actuel.

« L'internationalisation de la lutte des classes est bien le fondement matériel (et non purement moral) de l'internationalisme en tant que réponse des opprimés à la mondialisation marchande. »


LE CAPITAL « SOCIAL-KILLER »


Je vais encore donner une autre citation. Elle n'est pas sans rapport avec la précédente. Au contraire. Là on vérifie encore pourquoi il faut l'internationalisme. Nous sommes toujours dans l'actualité.

Là, Daniel Bensaïd met en évidence la cause : « La logique intime et impersonnelle du capital comme « social-killer »...

J'ai pensé un temps titrer ce texte sur cette formule : « Le capital comme social-killer ». C'est une vérité-vraie, et même essentielle. Elle est, elle exprime, l'essence du Capital.

Mais là, Daniel Bensaïd nous invite à aller « aux racines », « aux racines de la crise de civilisation », on pourrait aussi faire un titre, je lui laisse la parole :

« Quant à l'actualité de l'héritage (celui de Marx bien sûr), elle semble évidente : l'actualité de Marx, c'est celle du Capital et de la critique de l'économie politique, celle de la compréhension de la logique intime et impersonnelle du capital comme « social-killer ».


UNE CRISE DE CIVILISATION


« C'est aussi, poursuit Daniel Bensaïd, celle de la globalisation marchande.

« Marx a eu sous les yeux la globalisation victorienne : le développement des transports et des communications (le chemin de fer et le télégraphe), de l'urbanisation et de la spéculation financière, de la guerre moderne et de « l'industrie du massacre ».

« Nous vivons une époque qui lui ressemble beaucoup, avec une nouvelle révolution technologique (internet et l'astronautique, la spéculation et les scandales, la guerre globale, etc...

« Mais, là où la plupart des journalistes se contentent de décrire la surface des choses, la critique marxienne nous aide à comprendre la logique, celle de la reproduction élargie et de l'accumulation accélérée du capital.

« Elle nous aide surtout à aller aux racines de la crise de civilisation : une crise générale de la mesure, une crise de dérèglement du monde, due au fait que la loi de la valeur – qui réduit toute richesse à une accumulation de marchandises et mesure les hommes et les choses au temps de travail abstrait – devient de plus en plus « misérable » (le mot est de Marx dans les Grundrisse).

« De sorte que la rationalisation partielle du travail et de la technique se traduit par une irrationalité globale croissante.


CRISE SOCIALE ET CRISE ECOLOGIQUE


« La crise sociale (la productivité génère de l'exclusion et de la pauvreté et non du temps libre) et la crise écologique (il est impossible de gérer les ressources naturelles à l'échelle de siècles et de millénaires par le biais des « arbitrages » instantanés de la Bourse et du Nasdaq) en sont l'illustration criante.

« Derrière cette crise historique, qui menace l'avenir de la planète et celui de l'humanité en tant qu'espèce, il y a les limites inhérentes aux rapports de propriété capitalistes.

« Alors que la socialisation du travail est plus importante que jamais, la privatisation du monde (non seulement des industries, mais des services, de l'espace, du vivant, du savoir) devient un frein au développement et à la satisfaction des besoins.

« Au contraire, la demande de services publics de qualité, le développement de la gratuité de certains biens et services, la revendication d'un « bien commun de l'humanité » (en matière d'énergie, d’accès à la terre, à l'eau, à l'air, au savoir) expriment l'exigence de nouveaux rapports sociaux. »


L'AFFAIRE DE MILLIONS ET DE MILLIONS DE GENS


Daniel Bensaïd est alors interrogé sur les principaux problèmes théoriques que les marxistes auraient aujourd'hui à résoudre et, précise-t-il de suite, « des problèmes à travailler plutôt qu'à résoudre, car leur solution n'est pas purement théorique mais pratique. Si elle existe, elle sera le résultat de l'imagination et de l'expérience de millions et de millions de gens. »

En fait, la précision est d'une grande profondeur théorique et nécessiterait en elle-même un large débat.

Daniel Bensaïd considère également qu'il y a aussi des questions à reprendre et à travailler à la lumière d'un siècle d'expériences que ni Marx, ni Engels, ni aucun des pères fondateurs ne pouvait imaginer.

Là, j'ai envie de dire, plutôt de souligner à nouveau, que ce n'est pas seulement, et ne peut être seulement , une évidence.....


LE TRAVAIL, SES METAMORPHOSES


Au nombre de ces problèmes, que Daniel Bensaïd qualifie de majeur, il y aurait celui du travail et de ses métamorphoses, « aussi bien du point de vue des techniques de gestion de la force de travail par les procédures de contrôle machinique, que par la recomposition du rapport entre travail intellectuel et travail manuel.

« Les expériences du 20ème siècle ont en effet montré que la transformation formelle des rapports de propriété ne suffisait pas pour en finir avec l'aliénation dans et par le travail. »

Les partisans du retour aux nationalisations/étatisations devraient y prêter attention.

Il poursuit pour d'autres :  « Certains ne cachent pas que la solution consisterait dans la « fin du travail », ou dans l'exode (la fuite) hors de la sphère de la nécessité.

« Il y a chez Marx une double compréhension du concept de travail : une compréhension anthropologique, au sens large, qui désigne le rapport de transformation (ou de métabolisme) entre la nature et l'espèce humaine ; et une compréhension spécifique ou restreinte, qui entend par travail le travail contraint, et notamment la forme de travail salarié dans une formation sociale capitaliste.

« Par rapport à cette compréhension restreinte, on peut et on doit se fixer pour but de libérer le travail et de se libérer du travail, de socialiser le revenu pour aboutir au dépérissement de la forme salariale.

« Mais on ne peut éliminer pour autant le « travail » (même si on l'appelle autrement) au sens général d'activité d'appropriation et de transformation d'un environnement naturel. Il s'agit donc de penser les formes sous lesquelles cette activité pourrait devenir créatrice, car il est fort douteux que puisse exister une vie libérée et épanouie si le travail lui-même demeure alièné »


ECOLOGIE : NI MARX , NI ENGELS, NI LENINE, NI TROTSKY


Cependant, quelles que soient les raisons qui conduisent Daniel Bensaïd à considérer, et pour l'essentiel, les questions du travail comme le fait Marx, c'est à la « question écologique » qu'il donne aujourd'hui la priorité.

« Il y a bien chez Marx une critique de la conception abstraite d'un progrès à sens unique (dans les premières pages des Grundrisse), et l'idée que, dans le cadre des rapports sociaux capitalistes, tout progrès a son revers de dégâts et de régressions (à propos de l'agriculture dans le Capital).

« Mais ni lui, ni Engels, ni Lénine, ni Trotsky, n'ont réellement intégré les notions de seuil et de limites.

« La logique de leur polémique contre les courants malthusiens réactionnaires les poussaient à parier sur l'abondance pour résoudre les difficultés. »


L'HOMME, « UN ETRE NATUREL HUMAIN »


« Or, poursuit-il, le développement des connaissances scientifiques nous a fait prendre conscience des risques d'irréversibilité et des différences d'échelle.

« Personne ne peut être sûr aujourd'hui que les dégâts infligés à l'écosystème, à la biodiversité, aux équilibres climatiques, seront réparables.

« Il nous faut donc corriger un certain orgueil prométhéen et se souvenir que, comme le soulignait Marx dans les Manuscrits parisiens de 1844, si l'homme est « un être naturel humain », c'est d'abord un être naturel, donc dépendant de sa niche écologique.

« Si la critique marxiste peut aujourd'hui se nourrir de travaux nés dans d'autres champs de recherche (comme ceux de Saint-Georges), on voit ces dernières années se développer une importante « écologie sociale » inspirée de la critique marxienne (Belles-familles aux États-Unis, Jean-Marie Harribey ou Michel Husson en France, et bien d'autres) ».


LES STRATEGIES POUR CHANGER LE MONDE


Pour avoir donné une place conséquente aux thèmes qui apparaissaient les plus importants retenus par Daniel Bensaïd, nous sommes maintenant contraints de restreindre le volume consacré à d'autres.

C'est ainsi qu'il considère comme important de penser les conséquences stratégiques des changements en cours dans les conditions spatiales et temporelles de la politique. Sa référence au « travail pionnier » de Henri Lefebvre en la matière est significative...

De même pour ce qui est des stratégies pour changer le monde. Moins de quinze ans après la victoire annoncée définitive du capitalisme (la fameuse « fin de l'histoire » selon Francis Fukuyama), l'idée que ce monde du capitalisme réellement existant est inhumain et inacceptable est largement partagée. En revanche, dit-il, il existe un doute très fort sur les moyens de le changer sans reproduire les échecs et les caricatures du socialisme du 20ème siècle.

Donc, sans renoncer à la lutte des classes dans les contradictions du système, penser la pluralité de ces contradictions, de ces mouvements (par exemple les mouvements altermondialistes) de ces acteurs, penser leurs alliances, penser la complémentarité du social et du politique sans pour autant les confondre, reprendre la problématique de l'hégémonie et du front unique laissée en chantier par les débats de la 3ème Internationale ou par les Cahiers de Prison de Gramsci...


DICTATURE DU PROLETARIAT ET/OU DEPERISSEMENT DE L'ETAT


Il y a aussi ce qui est périmé dans la théorie de Marx.

Ainsi, Daniel Bensaïd pense qu'il faudrait reprendre une réflexion de fond sur les notions de dictature du prolétariat et de dépérissement de l'Etat. Les mots n'ont plus aujourd'hui le même sens qu'ils pouvaient avoir sous la plume de Marx. Alors la dictature s'opposait à la tyrannie. La grande nouveauté est la Commune de Paris, un pouvoir d'exception pour la première fois majoritaire. Cette expérience, toutes les formes de démocratie « d'en-bas »...ce n'était pas pour Marx un régime institutionnel défini. C'était plutôt un sens stratégique, celui de souligner la rupture de continuité entre un ordre social et juridique ancien et un ordre nouveau, un « nœud » qu'il convient de trancher...


UNE AUTRE IDEE DE LA POLITIQUE


De même, et c'est encore une grande question, avec les changements intervenus, Marx pense plutôt la politique comme événement (les guerres et les révolutions) et comme invention de formes (la politique de l'opprimé), la politique de ceux qui sont exclus de la sphère étatique à laquelle la pensée bourgeoise réduit la politique professionnelle. Donc, une autre idée de la politique...

Et il y a aussi des « points aveugles » chez Marx, lesquels peuvent favoriser un « court circuit » entre le moment de l'exception (la « dictature du prolétariat ») et la perspective d'un rapide dépérissement de l'Etat (et du droit)...Cela n'aide pas à penser la transition sous ses aspects institutionnels et juridiques. Or, dit Daniel Bensaïd, toutes les expériences du 20ème siècle nous obligent désormais à penser durablement la distinction entre partis, mouvements sociaux, institutions étatiques...


LA RENAISSANCE DE LA PENSEE DIALECTIQUE


Enfin, il y a la dialectique. Elle ne peut être traitée brièvement, Daniel Bensaïd s 'en tient donc là à quelques remarques générales.

En France, l'idéologie conservatrice, après juin 1848, puis la Commune, a tout fait pour se débarrasser de la dialectique. Le « marxisme introuvable » de Guesde et de Lafargue était d'emblée teinté de positivisme, il lui était difficile de passer d'une « logique classificatoire des définitions à une logique dynamique/dialectique des déterminations »telle que mise en œuvre par Marx.

Plus récemment, le structuralisme a pu prolonger ce « refoulement » en donnant à penser des structures pétrifiées, sans évènements ni subjectivité, et des systèmes d'autant plus privés d'histoire que l'histoire réelle du siècle devenait douloureuse à penser.

Le marxisme orthodoxe, dès les années 30, a profité de cet état de choses pour établir l'emprise d'un matérialisme-dialectique dogmatisé et canonisé. Ce fut une seconde mise à mort de la dialectique, une sorte de Thermidor dans la théorie.

Cette réaction s'est combinée à un autre processus. Sous prétexte de défense, légitime dans une certaine mesure, du rationalisme et des Lumières, une sorte de Front populaire en philosophie a complété le Front populaire en politique, scellant une alliance antifasciste sous hégémonie de la bourgeoisie...Ce fut aussi la victoire posthume de la Sainte Méthode cartésienne sur le dialecticien Pascal...

Peut-être assistons-nous à une renaissance de la pensée dialectique. Ce serait un bon signe. Un signe que les vents tournent et que le travail du négatif reprend vigueur contre la communication publicitaire qui nous somme de « positiver » à tout prix, contre les rhétoriques du consensus et de la réconciliation générale.

« Il y aurait de bonnes et fortes raisons pour qu'il en soit ainsi : un urgent besoin de pensée critique et dialectique, porté par l'air du temps. »

Je pense qu'il conviendra impérativement que nous revenions sur cette thématique.

(Rappel : Daniel Bensaïd intitule son entretien avec les membres du groupe Vpered : « Marx débordait son temps et anticipait sur le nôtre. »)

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 20:03

 

 

Sorties scolaires : Non à l'exclusion des mères portant le foulard


Depuis la loi du 15 mars 2004 interdisant l'école publique aux élèves musulmanes portant le foulard, des exclusions se sont multipliées, non seulement à l’encontre des élèves mais aussi à l'encontre des mères d'élèves, que ce soit pour l'accompagnement des sorties scolaires ou pour la participation à des réunions au sein de l'école.


Malgré un avis de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Égalité), rappelant que l'interdiction du foulard ne s'applique pas aux parents d’élèves, le ministre Luc Chatel a annoncé son intention d'instaurer par décret cette nouvelle discrimination. La proposition vient d'être reprise dans le programme de l'UMP pour 2012 – parmi vingt six propositions tout aussi inquiétantes, légalisant notamment la discrimination à l’embauche contre les femmes portant le foulard, y compris dans le secteur privé !


Ces mesures obéissent à une même logique de stigmatisation et d'exclusion, en rupture complète avec les principes laïques tels qu'ils ont été fixés par la loi de 1905 et les lois Ferry-Goblet sur l'école.

Nous refusons ce détournement de la laïcité, qui s'inscrit dans une série interminable d'offensives : loi anti-foulard, loi anti-niqab, "débat sur l'identité nationale", stigmatisation des "prières de rue", des minarets et des menus "halal", invectives de Nicolas Sarkozy sur "l'égorgement du mouton" et de Claude Guéant sur le "trop grand nombre" de musulmans, "débat sur l'Islam" rebaptisé "débat sur la laïcité", appels à généraliser l’interdiction du foulard aux usager-e-s des service publics...

Nous refusons cette logique de guerre et de mise au ban, qui désigne les femmes portant le foulard comme des pestiférées, tend à les disqualifier aux yeux de leurs propres enfants, et leur adresse ce message implicite : "restez dans vos cuisines!"

 Parce que l'école publique ne doit pas choisir son public, parce qu’elle doit être un lieu de rencontre et non d’exclusion, parce qu’elle doit promouvoir le droit à la différence et non le mépris de l’autre ;

Parce que nous tenons au principe de laïcité, aux libertés individuelles, à l'égalité de traitement ;

Parce qu'un État démocratique n'a pas à imposer à ses citoyen-ne-s leur manière de s'habiller ;

Parce que ce sont une fois de plus des musulmans, et une fois de plus des femmes, qui sont discriminé-e-s ;


Nous serons, dans les mois qui viennent, femmes et hommes, avec ou sans foulard, solidaires pour défendre un droit élémentaire : le droit pour une femme portant un foulard de vivre, travailler, et s'impliquer aussi pleinement qu'elle l'entend dans la scolarité de ses enfants, au même titre que n'importe quel autre parent. Sans attendre 2012, nous exigeons l'abandon pur et simple du projet Chatel, et l'arrêt de ces exclusions illégales.

 

Pour celles et ceux qui souhaitent signer et faire signer la pétition ci dessus, vous pouvez envoyer les signatures à l'adresse ci dessous

collectif.mte@gmail.com

 

 

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