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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 12:13

 

 
Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 09:15

Selon l’ONG Transparency International, l’Irak est le quatrième pays le plus corrompu au monde sur une liste de cent soixante dix huit Etats. A Kerbala, le 15 décembre 2010, lors des cérémonies de deuil d’Achoura, des pèlerins ont dénoncé la corruption massive qui frappe le pays depuis l’invasion de 2003. Ils accusaient la Commission d’intégrité - organisme bidon créé par les « pro-consul » américain Paul Bremmer en janvier 2004 - de ne pas arrêter les voleurs, c'est-à-dire les dirigeants qui se remplissent les poches. Les manifestants criaient: « Commission d’intégrité, faites votre devoir, dénoncez tous les voleurs qui se sont emparés des richesses de l’Irak. Ne nous trahissez pas. Dénoncez les coupables quelle que soit leur position et brisez leur le cou »

  

L’agence russe RIA Novosti rapporte que le 4 février 2011, « inspirés par le succès des manifestants égyptiens ayant arraché des concessions au président Hosni Moubarak, des milliers d'Irakiens sont descendus dans les rues de Bagdad pour protester contre la politique des autorités.

 

Les manifestants se sont dirigés vers la « zone verte », secteur ultra-protégé de la capitale où siègent le gouvernement et le parlement, en exigeant de « modifier la façon dont le pays est administré et d'améliorer la qualité de vie du peuple » qui souffre du chômage massif, du manque d'eau et d'électricité.

 

Les participants à la marche ont appelé les députés du nouveau parlement « à tenir les promesses faites au peuple » au cours de la campagne électorale. Ils scandaient « A bas le parlement et le gouvernement, incapables de garantir la sécurité » et invitaient les Irakiens à organiser sous peu une manifestation antigouvernementale sur la place Tahrir, au centre de Bagdad ».

 

Gilles Munier

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 12:03

 

La peur au ventre

  

Tous les régimes arabes passeront irréversiblement à la casserole tôt ou tard

  

Chronique du monde arabe

  

par Chérif BOUDELAL - 4 février 2011 - immigrationstorys@yahoo.fr

 

Quand les peuples se réveilleront leurs bourreaux trembleront.

 

Laissez-nous juste terminer nos mandats, nous ne nous représenteront plus aux élections présidentielles, nos enfants ne se présenteront pas non plus. Nous levons l’état d’urgence, nous faisons baisser les prix, luttons contre la corruption et proclamons même la démocratie, etc. Telles sont les implorations et promesses des tyrans arabes aujourd’hui après le tsunami de la Tunisie et de l’Egypte notamment. Ces promesses ont été d’abord faites par le sanguinaire Ben Ali, le bourreau du peuple tunisien (vingt trois ans au pouvoir), puis par Moubarak, le tyran des Egyptiens (trente ans au pouvoir), et puis par Ali Abdellah Salah (trente deux ans au pouvoir), ou encore la volte face de Bouteflika qui a fait baisser les prix et fait d’autres concessions pour calmer le peuple en colère. Tous ces présidents cités sont des ex-militaires « travestis en civils » dont la carrière présidentielle est illimitée ; et même quand la constitution limite les mandats, ils l’arrangent à leur profit pour demeurer au pouvoir à vie, ou le donner à un héritier lorsqu’ils ne peuvent plus bouger.

 

Ils sont des monarques sans titre et/ou des présidents sans légitimité. Quant aux monarques attitrés, où un semblant de démocratie existe, leurs peuples vident leur colère sur les gouvernements élus « démocratiquement » dont les dirigeants proviennent souvent des partis dits d’opposition, comme en Jordanie ou au Maroc. Dans ces pays, on est certes libre de critiquer les gouvernements tant qu’on ne dépasse pas la ligne rouge, c’est-à-dire de critiquer les rois, puisque ces derniers sont généralement des descendants directs de la famille du prophète, ou prétendant l’être ; et donc ils ne sont pas sujets aux critiques. C’est une règle dans l’islam, ou plutôt ce qu’est inculqué aux peuples ; on n’a pas le droit de critiquer tout ce qui vient du côté de la famille du prophète (c’est le cas des royaumes d’Arabie Saoudite, de Jordanie et du Maroc). Et dans ce cas précis, l’immunité de la famille royale est totale, les sujets doivent s’abstenir de la critiquer même si ses membres commettent des injustices les plus aveugles ou des crimes moraux ou physiques les plus barbares.

 

Que les royalistes me pardonnent de dire que leurs rois, s’ils persistent dans leurs politiques de mépris envers leurs peuples dont la majorité d’entre eux ne mangent pas à leur faim, ils finiront tôt ou tard par passer casserole comme les autres bourreaux de leurs acabits. Comme dit l’adage « trop de pression provoque l’explosion », et les peuples arabes, en majorité écrasante, en ont déjà beaucoup trop que le seuil tolérable.

 

Dernières nouvelles

 

Egypte

 

En Egypte, ce « vendredi de la colère » a vu manifester encore des millions dans toutes les villes du pays. Sur la place Tahrir, au centre du Caire, il y avait plus de deux millions de manifestants ; à Alexandrie environ un million et dans les autres villes le nombre varie entre des dizaines et des centaines de milliers. Malgré la détermination des manifestants, la situation reste inchangée au palais « royaliste » de Moubarak. Lors d’un entretien téléphonique avec Obama, Moubarak aurait affirmé (d’après Al Jazeera) qu’il était prêt à démissionner, mais il a « peur que le pouvoir tombe entre les mains des frères musulmans qui mèneront le pays à la dérive ». Moubarak joue désespérément sa dernière carte en jouant sur les sentiments des « anti-terroristes » occidentaux, en espérant faire changer d’avis des USA et de ses alliés pour renverser la vapeur en sa faveur. Mais ces derniers voient en lui un cadavre encombrant, ils essaient plutôt de s’accrocher aux fringues des futurs nouveaux dirigeants qui accéderont au pouvoir instamment afin de préserver leurs intérêts, et peut-être leur domination sur la politique du nouveau régime.

 

Pour rassurer les occidentaux et mettre Moubarak dos au mur, les dirigeants des frères musulmans ont affirmé qu’ils n’ont aucunement l’intention de présenter une candidature aux élections présidentielles, ni ne participer au prochain gouvernement. Quant aux peuple égyptien, il est déterminé à continuer ses manifestations et rassemblements jusqu’à la victoire totale, c’est-à-dire jusqu’à ce que Moubarak démissionne des ses fonctions de président. Les manifestations de soutien à la révolution égyptienne se multiplient à travers le monde, aussi bien en en Occident qu’en Orient.

 

Les milices de Moubarak font la chasse aux journalistes en général, et aux journalistes étrangers en particulier, car ils ne veulent pas qu’ils montrent les marées humaines qui rejettent le système et réclament la démission de leur bourreau. Ils ont une haine particulière envers les journalistes d’Al Jazeera, car cette chaîne couvre les événements vingt quatre heures sur vingt quatre, et passe les images en direct. Le régime ne veut pas non plus qu’ils montrent la brutalité que ces milices exercent contre les manifestants. Le vice président, Omar Sulaiman, a « regretté » que « des pays amis permettent à des chaînes de télévision de dénigrer l’Egypte », sans nommer toutefois la chaîne qatarie.

 

Dernière nouvelles du Caire

 

Le ministère de la santé donne les nombres de morts et de blessés de la semaine : onze morts dans les affrontements d’hier jeudi, lors de l’attaque des milices du régime contre les manifestants de la place Tahrir, cinq mille blessés comptabilisés (depuis vendredi dernier) dont beaucoup d’entre eux sont dans un état grave, d’autres dans un état très graves. La chaine de TV Al Jazeera a montré pour la première fois une voiture portant la plaque diplomatique fonçant à toute allure sur la foule, tuant et blessant plusieurs personnes. Cette image a été prise le 28 janvier, près de la place Tahrir, par un amateur d’Internet qui l’a publiée sur Facebook. Elle a montré aussi un fourgon de police qui fonçait sur des manifestants en renversant plusieurs d’entre eux. Les manifestants ont arrêté plusieurs miliciens du régime dont certains avaient des cartes de policiers sur eux, occupant des voitures bourrées d’armes.

 

Yémen

 

Au Yémen, les manifestations continuent de façon sporadique depuis plusieurs semaines. Ce vendredi il y aurait plus de cent mille manifestants à Sanaa qui réclament le départ de leur bourreau, Ali Abdellah Salah. Bien que ce dernier ait promis de ne plus se présenter aux élections présidentielles prochaines, les manifestants veulent sa démission immédiate. Les policiers et miliciens du régime ont agressé les manifestants et arrêté plusieurs s d’entre eux. 

 

Algérie

 

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika a créé la surprise par sa déclaration, quelque peu tardive, de lever l’état d’urgence (en place depuis 1992). Par ailleurs, il a donné l’ordre aux médias étatiques (radios et télévisions notamment) « d’assurer » désormais la couverture des activités de l'ensemble des partis politiques légaux, entre autres, en leur ouvrant de « façon équitable » leurs canaux, selon l'Agence de presse APS. Sachant que ces médias n’avaient pour rôle que de vanter le pouvoir en place et les partis qui le soutiennent.

 

La surprise ne vient pas du fait qu’il ait déclaré la levée de l’état d’urgence, mais elle vient plutôt de sa reconnaissance implicite d’avoir exercé une politique antidémocratique sur son peuple depuis son arrivée au pouvoir en 1999.

 

Par cet ordre officiel donné aux médias pour ouvrir leurs canaux à l’opposition, il a reconnu avoir muselé le peuple algérien durant sa présidence dont le troisième mandat encours expirera en 2014. Il convient de rappeler quand même que Bouteflika est le plus démuni en matière d’ancienneté au pouvoir par rapport au aux autres présidents arabes, puisqu’il n’aura (meskine) que quinze ans au pouvoir au terme de son mandat !

 

Bouteflika a fait une erreur monumentale, celle d’avoir exclu la capitale, Alger, de cette levée de l’état d’urgence ; mais aussi d’avoir marginalisé des partis politiques « non reconnus », notamment « les islamistes », comme si leurs adhérents n’étaient pas des citoyens comme les autres. Ceci montre qu’il n’a rien compris dans la politique sociale et sociologique du peuple algérien qui n’a fait qu’une hibernation passagère dont le réveil ne doit pas tarder si les injustices sociales et politiques continuaient à sévir au sein des masses populaires laissées pour compte.

 

Si j’ai un conseil à donner à Bouteflika, en tant que citoyen algérien, c’est de lui recommander de lever toute interdiction sur le peuple ; mais aussi de s’adresser aux Algériens pour leur dire qu’il ne se présentera plus aux élections présidentielles à venir. De leur dire également qu’il n’est qu’un pion entre les mains de quelques généraux qui se partagent les secteurs économiques du pays, provoquant le chômage chez beaucoup de citoyens, obligeant nombre d’entre eux à fuir le pays quand ils le peuvent, et d’autres  à se résigner à faire le « trabando » pour faire vivre leurs familles.

 

Le tsunami populaire mettra fin aux dictateurs du monde arabe

 

Tous les rois et président-rois dits arabes ont perdu leur sommeil en voyant le raz de marée qui a emporté Ben Ali, mais aussi Moubarak qui est en train de faire ses valises et négocie son départ avec ses maître d’hier (les dirigeant des USA) qui le remercient cyniquement pour ses bons et loyaux services.

 

Tous ces régimes gouvernent leurs peuples avec une main de fer, se croyant propriétaires éternels de leur pays, alors qu’ils ne sont que des tigres en papier, comme disait Mao Zedong. Dans tous ces pays où les peuples veulent en finir avec leurs tortionnaires, on assiste à un changement à bâton rompu dans les discours des dirigeants arabes ; chacun de ces tyrans au pouvoir espère qu’il en soit épargné, en prenant des initiatives de « réformer leurs politiques ». Il a fallu que des centaines de morts et des milliers de blessés (en Tunisie et en Egypte) pour que ces bourreaux acceptent « d‘instaurer la démocratie », alors qu’ils étaient sourds aux nombreux appels de détresse de leurs peuples qui souffraient de leurs jougs. De qui se moque-t-on ? Peut-on croire que les dictateurs d’hier puissent devenir des démocrates aujourd’hui ou demain ?

 

Après les Tunisiens, les Egyptiens et les Yéménites sont en train de transformer le visage de leurs systèmes politique, voire de leurs sociétés. A qui sera le tour dans les jours, les semaines ou les mois à venir ? C’est difficile de répondre à cette question puisque le tsunami est généralement imprévisible et prend de cout toutes les prévisions. Mais on peut imaginer que tous les bourreaux sont en trin de préparer leurs valises, car « Arrahil - le départ » est devenu irréversible pour eux tôt ou tard. Il n’y a plus de palace aux tyrans dans ce monde arabe dont les peuples n’en peuvent plus.

 

Les peuples veulent s’émanciper et pouvoir choisir démocratiquement ceux qui les gouvernent ; ils veulent vivre libres et dignes, ayant un pouvoir qui instaure une justice pour tous sur le même pied d’égalité. Ils ne veulent plus que leurs richesses soient partagées entre des bandes de voleurs au pouvoir qui n’ont aucune gêne de vivre dans l’opulence, alors que la majorité du peuple vit en dessous du seuil de pauvreté. Enfin, ils veulent vivre dans un système politique et social juste, où les richesses nationales doivent être réparties équitablement sur l’ensemble des citoyens.

 

L’Histoire nous a appris que les justes luttes des peuples sont invincibles, et la victoire de chacune d’entre elle est irréversible. Que le combat pour l’émancipation des peuples arabes continue jusqu’à la victoire finale, car les droits ne se donnent pas mais ils s’arrachent.

 

 

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 20:28

 

 

LA RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE ÉGYPTIENNE : L’ARMÉE VA TRANCHER

 

 

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Pourquoi le feu de la révolte populaire embrase-t-il la rue depuis Alger jusqu’au Caire? Parce que les peuples arabes sont opprimés, exploités, sans emploi et sans pain parfois. Tous ces motifs avérés ont déjà été soulignés, mais il en demeure un autre qui constitue, à notre avis, un vecteur de changement encore plus important. Tous les pays arabes sont passés (progressivement, mais plus lentement que l’Occident) de la société patriarcale artisanale, un monde de petits entrepreneurs régionaux, à une économie marchande de livraison de ressources naturelles et de produits manufacturés à des marchés globalisés.

 

S’appuyant sur le pouvoir, sur les ressources de l’État et sur le pillage de leurs budgets, une couche de milliardaires, de millionnaires, de grands capitalistes, a délogé peu à peu les propriétaires fonciers et les commerçants du souk de l’administration de l’appareil étatique. Les emprunts grotesques qu’ils ont contractés (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Jordanie, Yémen, Syrie) ont servi, pour l’essentiel, à abonder trois postes budgétaires :

 

1) Payer l’armée, les policiers et les services de sécurité, toute une engeance répressive pour maintenir la dictature des riches. Bon an mal an, les États-Unis ont accordé 1,3 milliard d’aide au gouvernement Moubarak, essentiellement pour qu’il puisse payer cet appareil régressif. 

 

2) Créer, supporter puis enrichir une classe de grands capitalistes qui ont fait construire des édifices et des infrastructures civiles, développé des services tertiaires, financiers et boursiers, ainsi que des moyens de transports, etc. Ces travaux ont requis le développement d’une classe ouvrière de plus en plus nombreuse et mieux formée. Quand la crise économique occidentale s’est abattue sur les pays arabes, en 2008, des milliers de travailleurs ont été jetés sur le pavé sur les ordres du FMI (1). Or, Il n’y a pas de filet de sécurité, dans ces pays dévastés où la classe des riches accapare tout et ne laisse rien pour la survie. La cellule familiale étendue, en voie de désintégration dans ces contrées en cours d’industrialisation et de tertiarisation, n’a pas permis comme auparavant de compenser les déficiences de ces états qui n’ont rien de « providentiel ».

 

3) Enfin, de façon moins importante, les ressources de l’État ont contribué à développer quelques institutions collectives et sociales comme les écoles, les hôpitaux, les dispensaires, les garderies, les services d’adduction d’eau, les centrales électriques, les logements, les transports publics et les autres services essentiels à la formation et la reproduction de la force de travail.

 

Depuis trente ans, tous ces développements, y compris la constitution d’une caste de grands capitalistes, de marchands monopolistes et de petit-bourgeois du commerce  et des communications ont profondément transformé le paysage social des pays arabes (moins en Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis pour cause de rentes pétrolières immenses). Les anciens rapports de production néocoloniaux et quasi-féodaux, que les colonialistes français, britanniques et italiens avaient laissé perdurer, ont été détruits progressivement pour être remplacés par les rapports sociaux caractéristiques de l’impérialisme triomphant.

 

Quand un nouveaux système de production s’installe sur un territoire national, il nécessite impérativement le développement de nouveaux rapports sociaux de production, de nouveaux rapports entre les hommes et les femmes, de nouvelles structures familiales, une nouvelle répartition des responsabilités et une nouvelle distribution des pouvoirs entre les différentes classes sociales en conflit, ainsi que de nouveaux rôles pour l’État et pour ses institutions. Il entraîne l’apparition de nouvelles élites et d’une nouvelle couche de bourgeois laïcisants, phénomène qui débouche sur la remise en cause du statut et du rôle des anciennes élites, religieuses notamment, héritées du monde précédent.

 

Les anciens rapports sociaux néo coloniaux et semi-féodaux ont été mis à mal dans tous les pays arabes, car ils ne pouvaient survivre aux transformations de la cellule familiale et des superstructures idéologiques. Les anciennes couches sociales dégradées ont résisté et se sont accrochées au pouvoir, ce qui a suscité la résurgence de courants religieux islamistes éphémères. La crispation de courants religieux islamistes dans la plupart des pays arabes n’est pas l’indicateur d’un retour en arrière et d’une cristallisation des anciens rapports sociaux ; c’est, au contraire, le baroud d’honneur d’un ancien monde en voie de décrépitude. Dans les grandes villes industrielles arabes, la pratique religieuse recule, comme dans toutes les sociétés industrialisées.

 

Ce qu’Emmanuel Todd, dans un écrit récent, identifie comme étant la cause des modifications profondes de la société arabe est en réalité la résultante de ces transformations en cours, lesquelles se mesurent par des indicateurs démographiques très précis, comme les pratiques endogames, les taux d’alphabétisation et de scolarisation, particulièrement chez les femmes, le nombre d’enfants par ménage, l’âge du mariage, etc.  Tous ces indicateurs attestent de l’évolution économique, industrielle, commerciale, sociale et démographique de la plupart des pays arabes, qui ont pour plusieurs désormais rejoint la « modernité » dans le sens économique du terme (2).

 

Une société capitaliste en expansion requiert que l’État joue son rôle de régulateur de l’économie, de bâtisseur d’infrastructures, de gestionnaire des services de formation et de reproduction de la main-d’œuvre, ainsi que d’arbitre des intérêts conflictuels entre les différentes couches de la bourgeoisie. Le rôle de répression des mouvements populaires et sociaux est censé s’atténuer si l’on sait bien utiliser l’appareil idéologique pour produire du consentement. En effet, un système capitaliste qui fonctionne bien ne tend pas à instaurer une dictature politique ou militaire qui provoque des tensions sociales, de la répression, des conflits incessants, des baisses de productivité et l’émergence d’une économie souterraine incontrôlée.  

 

La « démocratie » parlementaire, caractérisée par l’alternance de partis au pouvoir, comme on en retrouve dans la plupart des sociétés occidentales et dans plusieurs sociétés misérables du tiers-monde, en Afrique et en Amérique du Sud, est préférable. Les libertés de parole, de publication et de manifestation, tant que le pouvoir des riches n’est pas mis en péril, sont plus convenables. Évidemment, encore faut-il que le peuple sache voter. Un jour, les Chiliens n’ont pas su utiliser le privilège « démocratique » qui leur était accordé : Pinochet le leur a retiré. Un jour, en Palestine occupée, les Palestiniens n’ont pas su apprécier le privilège « démocratique » que l’occupant sioniste leur avait concédé, et ils ont élu le Hamas : le colonisateur le leur a retiré. Un jour, en 1992, le peuple algérien pauvre a souhaité se révolter, et il a mal voté : l’armée le lui a retiré son droit de vote. Un jour, les Libanais n’ont pas usé correctement de leur privilège démocratique et ils ont voté pour le Hezbollah… Mais, cette fois-là, le pouvoir n’a pas pu leur retirer le droit de voter, car le peuple libanais était armé. C’est le particularisme du modèle libanais (3). Le Royaume saoudien n’a pas encouragé les bouleversements du gouvernement au Liban ; il les tolère, faute de pouvoir les contrer. Le nouveau Premier ministre Mikati est un milliardaire libano-syrien, et non pas saoudien, et le Hezbollah Chiite n’est pas le choix de la dynastie Wahhabite sunnite de Riyad, qui est aussi l’alliée de Tel-Aviv et qui a financé, selon Thierry Meyssan, l’agression sanguinaire contre Gaza, n’en déplaise à certains analystes tenants de la surdétermination antisioniste (4). L’idéologie sioniste n’est jamais qu’une variante régionale de l’idéologie impérialiste américaine.

 

Le Liban fut le premier pays à se libérer de ses anciens rapports sociaux coloniaux, un modèle pour les peuples arabes selon une enquête de la revue Slate.fr. Le multipartisme y existe depuis des années et une majorité des Arabes ayant répondu à une enquête effectuée dans plusieurs pays rêve de vivre au Liban (51%). Rien d’étonnant, le Liban est la contrée la plus tertiarisée des pays arabisés (5).

 

Force est d’observer que dans la plupart des soulèvements qui ont cours, en Tunisie, en Égypte, en Jordanie, en Algérie ou au Yémen, les islamistes et la hiérarchie religieuse musulmane et copte n’ont pas joué un rôle déterminant. Ce sont les autorités égyptiennes qui ont souhaité le retour d’exil d’un leader islamiste et les « Frères musulmans » ont d’abord été très réticents à soutenir le mouvement. En Tunisie, les islamistes sont à-peu-près absents, tout comme en Algérie. Quand les sionistes prétendent être inquiets du retour de la mouvance islamiste, c’est en fait un appel à ressortir ce vieil épouvantail qui servira de sortie de secours au cas, sait-on jamais, où de véritables révolutionnaires parviendraient à s’emparer de la direction des révoltes démocratiques, ce qui risque peu de se produire.

 

La révolution démocratique bourgeoise qui a éclaté au Maghreb et au Mashrek est bien accueillie par les anciennes puissances coloniales et par les Américains. Les Etats-Unis, cependant, l’ont compris plus rapidement et ils sont favorables à ces changements : en Égypte, ils font la promotion de leur candidat présumé, qu’ils présentent comme un grand leader de l’opposition. Ce leader autoproclamé, qui leur a déjà servi à la tête de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA), a présenté son « Plan de transition du pouvoir » non pas au peuple égyptien en révolte et souffrant, mais à l’ambassadrice américaine au Caire, afin de bien signifier à qui il souhaitait plaire (6). Que cet homme soit adoubé par les « Frères musulmans », cela chaud peu aux militaires de Washington dès lors que ce prétendant défend une politique de compromission et de négociation avec Israël et en soutien aux magouilleurs-négociateurs de l’Autorité de Ramallah.

 

Le maintien de dictateurs usés, déconsidérés et détestés n’est pas une option pour le champion du développement des rapports impérialistes de production. Barak Obama sait mieux que personne que la seule voie, pour les pays arabes, c’est l’établissement de gouvernements bourgeois pluralistes assurant l’alternance « démocratique ». De cette façon, les clans capitalistes se surveillent et s’observent, s’entendent et se concurrencent, tout en s’assurant que les crédits gérés par l’État ne servent pas qu’à enrichir les riches sans fournir aucun service aux travailleurs et à la population, que l’on doit obligatoirement nourrir, éduquer, soigner, amuser si l’on souhaite les voir retourner au travail la semaine suivante. La roue industrielle et commerciale doit tourner et c’est à l’Etat qu’il incombe de s’en assurer.

 

Il demeure toutefois une source de préoccupation pour Obama : les peuples arabes sont-ils suffisamment endoctrinés et dressés pour bien user de ces libertés et comprendre que l’alternance du pouvoir parlementaire doit se faire entre un parti bourgeois et un remplaçant équivalent, un peu comme aux États-Unis entre les partis démocrate et républicain ou, en France, entre pseudo-socialistes et UMP ? Ce n’est pas évident.  C’est ce danger de « dérapage démocratique » qu’Hubert Védrine, ancien ministre socialiste français des Affaires Étrangères, tentait de prévenir en indiquant que  « les pays du Sud – entendez du Sud méditerranéen – ne sont pas mûrs pour la démocratie; il a fallu plusieurs siècles pour que, nous, les Occidentaux, nous accédions à la démocratie. En attendant, les puissances européennes doivent traiter avec les États et les élites au pouvoir » (7). Selon Washington et les capitales européennes, les peuples arabes peuvent et doivent voter, mais seulement parmi les interlocuteurs désignés comme acceptables par les Américains et leurs alliés. Des candidats qui ne remettront pas en cause la politique internationale de l’Égypte, vis-à-vis d’Israël, par exemple, et qui n’auront pas de rêves d’indépendance, comme Nasser en avait. Les autres partis pourront se présenter aux élections, mais ils ne devront jamais gagner, sinon ces « libertés » seront retirées par l’armée.

 

C’est à cette tâche que se dévouent présentement les officines des ambassades américaines, les services secrets occidentaux, le Mossad et toute une panoplie d’agitateurs infiltrés dans les mouvements populaires arabes. De cette évolution « démocratique » et du respect des oukases Étatsuniens dépendra l’intervention musclée ou non des armées sorties des casernes et répandues dans les rues.

 

L’armée étant divisée en deux clans, dans « l’Égypte au bord du sang » (8), Moubarak conserve l’espoir de sauver sa dynastie déchue, mais cet espoir du vieux Rais n’aura qu’un temps très bref : sous peu, la majorité de l’État-major de l’armée fera comprendre à ce clan que son règne est terminé. Si le maintien d’une dictature réactionnaire en Égypte était le premier choix de Bush le néocon, ce n’est pas celui de l’Amérique d’Obama, pour les raisons que nous avons déjà évoquées. La démocratie parlementaire bourgeoise avec alternance est le mode de gouvernance préféré en société capitaliste.

 

Comme en Tunisie, c’est l’armée (égyptienne) qui jugera de ce que la petite bourgeoisie aura accompli au cours de ces jours de sursis et c’est elle qui décidera si elle doit retourner dans ses casernes ou rester sur les parvis et les marchés pour encadrer, voire sanctionner, au besoin, la « démocratie » accordée ou refusée. Les peuples arabes de Tunisie et d’Égypte auront l’autorisation de voter et ils pourront  recommencer aussi souvent que souhaité, s’ils savent voter pour le candidat qu’on leur aura désigné. La petite bourgeoisie arabe et occidentale, aux anges, calmera le jeu jusqu'à la prochaine révolte populaire pour le pain, le travail, l’équité et la dignité.


 

Robert Bibeau

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 20:14

 

http://www.rue89.com/2011/02/05/a-paris-un-defile-degyptiens-entre-joie-et-colere-189195

 

A Paris, un défilé d'Egyptiens entre joie et colère

 

Alors que la télévision nationale a annoncé samedi en fin d'après-midi qu'Hosni Moubarak quittait la tête du Parti national démocrate (PND) au pouvoir en Egypte, trois mille personnes selon les organisateurs, mille quatre cent selon la police ont défilé à Paris dès 14 heures 30 place de la République jusqu'à la Madeleine.

 

Dans le défilé se mêlaient des sourires et des rictus de colère, les deux expressions qu'arboraient les membres de la communauté égyptienne descendus dans la rue. Des sentiments que les manifestants ont exprimé en scandant les slogans « Moubarak dégage », « Moubarak assassin », à tue-tête.

 

Un peu peu loin, du haut d'un camion, un homme, un drapeau égyptien attaché autour du cou, s'adressait en arabe à la foule dans un micro. « Moubarak, tu veux que le peuple baise tes pieds », lançait-il. « Le peuple ne baisera jamais tes pieds », lui répondaient les manifestants, également en arabe.

 

Omar El Shafei, 43 ans, était parmi ces Egyptiens descendus dans les rues de Paris. Arrivé en France en 2002 pour réaliser une thèse en droit international, il explique ce sentiment ambivalent qu'il ressent lui aussi :

 

« Le peuple égyptien semblait complètement abattu. Pourtant, il a su s'unifier pour se révolter, effacer les différences de religion par exemple.

 

Nous sommes aussi en colère parce que Moubarak promet la stabilité, mais la stabilité avec lui, ça signifie imposer la terreur. Ces pratiques, nous n'en voulons pas. »

 

« Démocratie, Révolution, Dignité », pouvait-on également lire sur la plupart des pancartes brandies par les manifestants. D'autres appelaient à la liberté et à la justice sociale.

 

Egyptiens, mais aussi Tunisiens, Algériens, Marocains

 

Si la contestation se cristallisait autour du départ d'Hosni Moubarak, d'autres manifestants avaient des revendications plus politiques, comme Mohamed, 19 ans, étudiant en droit et en sciences politiques.  

 

De nombreuses personnes originaires des pays du Maghreb s'étaient aussi déplacées. Des Tunisiens, des Marocains, mais aussi et surtout des Algériens, qui brandissaient les drapeaux de leur pays, plein d'espoir de voir le mouvement s'étendre. « Mais faire pareil, c'est impossible. Chaque pays a son propre régime. C'est à chaque peuple de décider comment il construit sa société », explique Saïda, Algérienne.

 

Le défilé s'est achevé en fin d'après-midi place de la Madeleine. Au moment où, en France, on apprenait qu'Hosni Moubarak renonçait à diriger le PND, son parti. De quoi stimuler la foule.

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 16:34

 

 

L’histoire de nos combats communs

 

Le mouvement ouvrier tunisien est profondément influencé par le courant syndicaliste révolutionnaire. Mais cette histoire n’a jamais été écrite car elle dérangeait la dictature et les partis politiques qui parlent au nom des travailleurs.

 

En Tunisie, cette tendance naît chez les travailleurs immigrés (entre autre Italiens) mais elle va rapidement s’étendre au prolétariat arabe. Dès le début du vingtième siècle siècle, des syndicats CGT, semi illégaux, organisent les travailleurs tunisiens et se proclament « internationalistes ». En 1905, c’est un travailleur arabe qui ouvre le cortège du premier mai, portant un drapeau rouge.

 

La CGT de Tunisie (Bourse du Travail de Tunis, Syndicat des Cheminots de Tunis,…) participe au congrès d’Amiens de 1906 où va être adoptée la Charte d’Amiens. Puis la première guerre mondiale va être marquée par la trahison de certains syndicalistes qui soutiennent le militarisme et le colonialisme français. En 1919, les internationalistes de la CGT constituent en France, en Algérie et en Tunisie des Comités Syndicalistes Révolutionnaires.

 

L’action des syndicalistes révolutionnaire débouche sur les grèves de 1919 et 1920. Cette tendance diffuse un journal, l’Avenir Social, qui renforce son combat anti-colonialiste.

 

Exclus de la CGT colonialiste, ces militants constituent une CGTU (syndicaliste-révolutionnaire) qui a pour mot d’ordre « la Tunisie aux Tunisiens et la Tunisie aux travailleurs ».

 

Les responsables de cette organisation syndicale sont réprimés. Robert Louzon, après six mois de prison, est expulsé de Tunisie. Car dès sa création la CGTU défend le mot d’ordre d’indépendance de la Tunisie. La CGTU publie plusieurs quotidiens en arabe, tous interdits, elle lance des campagnes de syndicalisation auprès des travailleurs arabes. Jean Paul Finidori prend la relève. Il est révoqué de son poste de fonctionnaire, ce qui ne l’empêche pas d’organiser de puissantes grèves à Bizerte et à Tunis en 1924 et en janvier 1925.

 

Ces militants syndicalistes révolutionnaires choisissent finalement de lancer la création de la CGTT en 1924. Mohamed Ali est élu secrétaire de la nouvelle centrale. La CGTT participe aux actions de l’Internationale Syndicale Rouge, qui regroupe les tendances et confédérations syndicalistes révolutionnaires.

 

Arrêté en février 1925 avec ses camarades tunisiens, Finidori est condamné à dix ans de bannissement, tout comme son ami Mohamed Ali, en raison de son combat anti-colonial.

 

Finidori et Louzon vont continuer à soutenir le combat de leurs camarades tunisiens en publiant en France régulièrement des articles de soutien dans la revue des syndicalistes révolutionnaires, la Révolution Prolétarienne. Les syndicalistes révolutionnaires tentent de maintenir l’action de la CGTT. C’est le cas des enseignants Charles Boussinot et Maurice Raimbault ainsi que les anciens des Jeunesses Syndicalistes. ais la CGTT ne pourra survivre à la répression coloniale.

 

Cependant l’influence syndicaliste révolutionnaire se maintient au sein de prolétariat tunisien. Dès la création de l’UGTT en 1944-45, Hached et ses camarades se revendiquera régulièrement de la Charte d’Amiens. Cette revendication d’indépendance syndicale permet à l’UGTT d’intervenir comme une force autonome par rapport au Néo-destour. Cependant cette stratégie d’autonomie ouvrière ne sera pas maintenue avec assez de rigueur et de clarté. La centrale syndicale s’associe finalement à la gestion du nouvel Etat au lieu de construire le Socialisme, c’est à dire la gestion ouvrière. La perte de son indépendance politique constituera pour l’UGTT une impasse.

 

Malgré cet échec relatif, beaucoup de militants de l’UGTT continueront de défendre l’indépendance syndicale comme une forme de contre-pouvoir. C’est pourquoi les syndicalistes de l’UGTT ont été le fer de lance de la révolte de janvier 2011.

 

Malheureusement le syndicalisme révolutionnaire a perdu progressivement de son influence en Tunisie comme en France. Notre courant syndical est en train de se reconstruire en France. Mais il ne peut limiter son combat à un pays car son ennemi, le capitaliste, est international.

 

Comme autrefois les syndicalistes de nos deux pays doivent lutter coude à coude, comme des frères.

 

"L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes"
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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 13:04

 

 
Haïti : le candidat du pouvoir écarté du second tour de la présidentielle
 
Le Monde.fr | 03.02.11 | 12h28  •  Mis à jour le 03.02.11 | 13h16
 
Le second tour de l'élection présidentielle en Haïti opposera Mirlande Manigat à Michel Martelly le 20 mars, ont annoncé jeudi 3 février des membres du Conseil provisoire électoral qui a partiellement inversé les résultats provisoires du premier tour.
 
Annoncés début décembre 2010, les résultats provisoires plaçaient Jude Célestin, le dauphin du président René Préval, en deuxième position derrière Mirlande Manigat. Ils avaient provoqué la colère des partisans du chanteur Michel Martelly et trois jours d'émeutes. Sur la base d'un rapport d'experts de l'Organisation des Etats américains (OEA), les principaux bailleurs de fonds, Etats-Unis en tête, ont exercé de fortes pressions pour exclure Jude Célestin du deuxième tour, au profit du chanteur surnommé "Sweet Micky".
 
Mercredi 2 février, date annoncée pour les résultats définitifs, les rumeurs n'ont cessé de circuler. Dans la matinée, on annonçait le départ pour Washington du président du Conseil électoral provisoire (CEP), Gaillot Dorsinvil. "Je suis là, ne vous inquiétez pas, vous aurez les résultats avant minuit moins cinq", glissait-il, goguenard, à la mi-journée, dans ses bureaux installés dans un ancien gymnase.
 
CRAINTE D'UNE FLAMBÉE DE VIOLENCE
  
Blindés légers de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), policiers haïtiens, un important dispositif de sécurité protégeait le siège du CEP. Des casques bleus et des unités de la police étaient sur le qui-vive dans plusieurs quartiers de la capitale où les écoles et les commerces fermaient leurs portes plus tôt que d'ordinaire. Il y avait foule dans les quelques supermarchés et épiceries restées ouvertes. Par crainte d'une nouvelle flambée de violence, les clients stockaient des vivres et de l'eau potable.
 
"C'est une cabale du club des ambassadeurs qui ont décidé que le candidat du président de la République devait être écarté", s'emportait un ministre, qui préférait rester anonyme. "On ne peut plus continuer à accepter que la pression de la rue décide les processus électoraux", ajoutait-il.
 
Dirigeant de l'Inité (Unité en créole), le parti présidentiel, le ministre de la justice, Paul Denis, dénonçait ouvertement la communauté internationale. "Ils ont tiré des résultats de leurs poches, ils agissent comme des colons, mais il y a des hommes et des femmes dans ce pays qui exigent d'être traités avec dignité", s'exclamait-il.
 
Un communiqué du Black Caucus, les élus noirs au Congrès américain, réclamant de nouvelles élections, a redonné du baume au cœur aux partisans du pouvoir. "La volonté du peuple d'Haïti n'a pas été représentée", soulignait ce communiqué, rappelant les multiples irrégularités qui ont entaché le scrutin du 28 novembre.
 
L'annulation des élections était aussi demandée par un rassemblement de partis d'opposition. Ils réclament le départ du président René Préval le 7 février, son remplacement par un juge de la Cour de cassation et la formation d'un gouvernement provisoire. Mais une manifestation pour appuyer cette "proposition de sortie de crise" n'a rassemblé que quelques centaines de personnes.
 
ÉVITER UN VIDE DU POUVOIR
 
Craignant un vide du pouvoir, la communauté internationale a demandé à M. Préval de rester à son poste au-delà de l'échéance constitutionnelle de son mandat, le 7 février. A condition que le CEP accepte la recommandation de l'OEA excluant Jude Célestin du deuxième tour, a insisté Hillary Clinton, lors de sa visite à Port-au-Prince dimanche 30 janvier.
 
La présence en Haïti de l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier et le possible retour de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide ont ajouté à la confusion. "C'est moi qui ai lancé le processus démocratique en Haïti, quand on me traite de tyran, ça me fait rire parce que les gens souffrent d'amnésie", a dit Bébé Doc à Univision, une chaîne hispanophone diffusée aux Etats-Unis et en Amérique latine.
 
Des plaintes pour crimes contre l'humanité ont été déposées contre M. Duvalier, qui a été inculpé pour détournement de fonds publics et association de malfaiteurs peu après son retour à la mi-janvier. Il a affirmé n'avoir aucun compte gelé en Suisse, soutenant que les 4,6 millions d'euros bloqués appartenaient à une fondation créée par sa mère. Les autorités suisses ont annoncé l'ouverture d'une procédure de confiscation de ces avoirs "pour les restituer au peuple haïtien".
 
Le gouvernement haïtien a confirmé qu'un passeport diplomatique serait délivré à l'ancien président Aristide, en exil en Afrique du Sud depuis 2004, lorsqu'il en ferait la demande. Il a déclaré vouloir rentrer en Haïti pour se consacrer à l'éducation.
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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 19:20

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110204/tts-egypte-le-caire-top-ca02f96_4.html

 

Nouvelle mobilisation massive contre Moubarak (Reuters)

 

Des centaines de milliers d'Egyptiens se sont de nouveau mobilisés vendredi au Caire et dans d'autres villes du pays pour réclamer la démission immédiate du président Hosni Moubarak.

 

Ce "jour du départ", qui coïncidait avec les prières du vendredi, n'a pas donné lieu à des incidents, après deux jours de violents affrontements entre pro et anti Moubarak pour le contrôle de la place Tahrir, point de ralliement de l'opposition dans le centre de la capitale égyptienne.

 

Les militaires, en nombre plus important que les jours précédents, ont maintenu l'ordre et canalisé la foule alors que jusqu'à la nuit tombée, les partisans du président ne s'étaient pas manifestés.

 

Dès le matin, des milliers d'hommes et de femmes de toutes catégories sociales ont convergé vers la grande place du Caire, où au moins deux cent mille personnes se sont réunies.

 

Laïques, religieux, membres des Frères musulmans ou de la minorité chrétienne copte, classes moyennes et populaires ont scandé ensemble des slogans appelant au départ de Moubarak, agité le drapeau national ou chanté l'hymne égyptien.

 

Le ministre de la Défense, Mohamed Hussein Tantoui, venu sur les lieux, s'est entretenu avec des soldats. "L'armée et le peuple sont unis", a crié la foule.

 

Cité parmi les possibles dirigeants de la transition, Amr Moussa, ancien ministre des Affaires étrangères et actuel secrétaire général de la Ligue arabe, s'est lui aussi rendu sur la place.

 

L'IRAN SALUE UN SOULÈVEMENT ISLAMIQUE

 

S'exprimant publiquement pour la première fois sur les événements en Egypte, le "guide suprême" de la Révolution, en Iran, Ali Khamenei a salué un "mouvement de libération islamique" et prédit que les Etats-Unis subiraient une défaite irrémédiable" dans la région.

 

A Washington, des responsables américains ont déclaré qu'ils discutaient avec des dirigeants égyptiens d'un certain nombre d'options de transfert du pouvoir qui permettront de garantir la stabilité du pays. Une de ces options est un départ anticipé de Hosni Moubarak, ont-ils précisé. Les Etats-Unis fournissent des milliards de dollars d'aide militaire à l'Egypte.

 

A Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne ont de nouveau appelé à une transition immédiate et ordonnée. Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, s'est distingué de ses pairs en estimant que Moubarak était un homme sage qui devait rester en fonctions durant cette période de transfert.

 

Mardi dernier, à l'issue d'une mobilisation déjà massive, Hosni Moubarak avait annoncé à la télévision qu'il ne se représenterait pas à la présidentielle de septembre, une annonce jugée insuffisante par les leaders de l'opposition dont les Frères musulmans et Mohamed ElBaradeï.

 

Le président égyptien a fait valoir jeudi, dans un entretien avec la chaîne américaine ABC, qu'il en avait assez d'être au pouvoir mais tenait à rester pour préserver son pays du "chaos".

 

Les ministres du gouvernement qu'il a nommé il y a une semaine dans une première réponse à la contestation qui secoue le pays depuis onze jours ont relayé son message.

 

Le Premier ministre, Ahmed Chafik, cité par les médias officiels, a déclaré que "plus de 95% du peuple égyptien voterait pour que le président achève son mandat (...) et ne se retire pas, maintenant que l'Amérique et certains pays occidentaux le réclament".

 

Le nouveau ministre des Finances, Samir Radouane, a déclaré que les pertes économiques dues aux manifestations seraient "énormes". Le tourisme, qui représente environ un dixième du produit intérieur brut et un emploi sur huit, a été particulièrement touché.

 

AMR MOUSSA N'EXCLUT PAS D'ÊTRE CANDIDAT

 

Sur ABC, Hosni Moubarak s'est présenté comme un rempart contre une arrivée au pouvoir des islamistes.

 

Un jour après avoir été invités par le vice-président Omar Souleimane à participer à un dialogue national, les Frères musulmans ont déclaré vendredi qu'ils ne chercheraient pas à présenter un candidat à la présidentielle.

 

Interrogé sur Europe 1, Amr Moussa a déclaré qu'il n'excluait pas de se présenter à ce scrutin. Il a dit croire que Moubarak resterait en place jusqu'à ce vote. Mais, a-t-il ajouté prudemment, "il y a des choses extraordinaires qui arrivent et il y a du chaos et peut-être qu'il prendra une autre décision".

 

L'Onu estime que trois cent personnes ont péri depuis le début du soulèvement égyptien le 25 janvier. Les heurts de mercredi et jeudi auraient fait dix morts et plus de huit cent blessés.

 

Navi Pillay, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a demandé que les services de sécurité et de renseignement "cessent de saper l'autorité de l'Etat qu'ils sont censés servir". L'ancienne magistrate sud-africaine a également dénoncé les agressions dont de nombreux journalistes ont été victimes ces derniers jours dans une "tentative évidente d'empêcher d'informer sur ce qui se déroule en Egypte".

 

 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 20:45

 

http://www.egyptesolidarite.wordpress.com/2011/02/03/grande-manifestation-a-paris-samedi-5-fevrier-2011-14h-30-place-de-la-republique

 

Manifestation à Paris samedi 5 février 2011 à 14 heures 30 Place de la République

 

Depuis la « Journée de la colère » du 25 janvier 2011 en Egypte contre la dictature et la pauvreté ( la moitié de la population -soit quarante millions de personnes- vit avec moins de deux dollars par jour ), un mouvement populaire sans précédent dans son histoire récente se développe partout dans le pays, du Caire à Suez, d’Alexandrie à Assouan, d’Ismaïlia au bastion ouvrier de Mahalla el Koubra. Elle touche désormais l’ensemble des couches sociales. Malgré la censure ( y compris coupures internet et tél.), l’intimidation policière, les provocations, le couvre-feu et une répression sanglante ( plus de trois cent morts et des milliers de blessés au 1er février selon l’ONU ), des millions de gens manifestent et tiennent la rue, exigeant la chute de Moubarak et de son régime. Ils réclament la LIBERTE. La DIGNITE. La JUSTICE SOCIALE.

 

Depuis plus de trente ans, l’Égypte vit sous le joug d’une dictature associant pouvoir et argent : un régime autoritaire, corrompu, illégitime qui gouverne le pays au détriment de son peuple, au profit de lui-même et de quelques alliés stratégiques. Moubarak, mais aussi sa famille, sa cour de ministres aux ordres et ses hommes d’affaires véreux sont autant de vieux visages qui tiennent les mêmes discours pour détourner les Egyptiens de leurs véritables ennemis : corruption, misère, chômage, répression (l’état d’urgence décrété en 1981 est toujours en vigueur), absence d’éducation et libertés muselées, sous le regard complaisant des gouvernements voire la complicité active des instances internationales comme le FMI.

 

Depuis plus de trente ans, des générations se sont succédées et ont fait face à la même rengaine, aux mêmes discours, à la même politique : toujours au détriment du peuple égyptien et au profit d’un « pharaon » autocrate entouré de notables corrompus.

 

Aujourd’hui, tout change ! L’Egypte ne sera plus jamais la même car son peuple à relevé la tête et le défi du changement, bien décidé à ne plus accepter la soumission. Le vent de liberté réclamant démocratie et justice sociale, venu de Tunisie, a désormais atteint l’Egypte et se propage dans l’ensemble du monde arabe. Les gens n’ont plus peur.

 

Le soulèvement populaire ne se contentera pas de vagues promesses de « transition » démocratique. Et les Egyptiens comme les autres peuples arabes n’entendent se faire dicter par personne – surtout pas par les dirigeants français, européens et américains complices de Moubarak et du régime – la conduite pour la suite de leur mouvement.

 

Ils comptent  sur un large mouvement de solidarité internationale pour dire Halte ! à la répression de leurs aspirations à la liberté, et pour gagner ensemble de nouvelles conquêtes démocratiques, sociales et politiques au niveau international, à commencer par la liberté d’aller et venir et de s’organiser.

 

Plus que jamais, la paix passe par la réussite de la révolution démocratique en cours.

 

Dans l’immédiat, le peuple égyptien veut mettre en échec les manoeuvres dilatoires d’un régime aux abois. Celui-ci a lancé mercredi 2 février 2011 ses « baltaguiya » – des nervis et des milices armées maquillés en manifestants « pro-Moubarak » – à l’assaut du mouvement qui occupait pacifiquement la place Tahrir pour provoquer un sentiment de chaos et pour diviser la population, dans l’espoir de reprendre la main. Le bilan de cette journée est lourd : encore plusieurs morts et des centaines de blessés.

 

Avec les Egyptiens, la communauté internationale doit dire :

 

« LE PEUPLE ÉGYPTIEN EXIGE LA CHUTE DU RÉGIME »

 

« SOLIDARITÉ AVEC LES LUTTES DES PEUPLES ARABES »

 

« HALTE AU SOUTIEN AUX DICTATURES »

 

« HALTE A LA REPRESSION! DISSOLUTION DES MILICES PARA-MILITAIRES»

 

« MOUBARAK DEGAGE ! »

 

« VIVE LA REVOLUTION EGYPTIENNE ! »

 

« VIVE LE PEUPLE TUNISIEN ! VIVE LE PEUPLE EGYPTIEN ! »

 

« VIVENT LES PEUPLES ARABES EN LUTTE ! »

 

 « SOLIDARITE  AVEC LA REVOLUTION EGYPTIENNE ET ARABE ! »

 

Comité de Solidarité avec la Lutte du Peuple Egyptien

 

Premiers signataires :


Citoyens Egyptiens de France-Fédération des Tunisiens-Citoyens des deux Rives FTCR-Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’ Homme en Tunisie CRLDHT-Association des Travailleurs Maghrébins en France ATMF-CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien)-Parti Communiste Français PCF-Europe-Ecologie les Verts EELV-Nouveau Parti Anticapitaliste NPA-Parti de Gauche-Confédération Nationale du Travail CNT- Parti des Indigènes de la République PIR -ATTAC-Mouvement contre le racisme et pour l’Amitié entre les peuples MRAP-Ligue des Droits de l’Homme LDH-CEDETIM-L’Etoile Nord Africaine Anticapitaliste- Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie PCOT-Association des Tunisiens en France ATF Paris-Solidarité Tunisienne-Voix Libre Tunisienne-Parti Démocratique Progressiste Tunisie PDP-Manifeste des Libertés-Le Mouvement pour une Citoyenneté Active MCA-l’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie-Les Amis de l’AMDH Paris-Commission arabe des droits de l’Homme-Coalition Internationale contre les Criminels de Guerre (ICAWC)-Centre de Damas d’Études Théoriques et des Droits Civiques-Bahreïn Society for Human Rights-Observatoire français des Droits de l’Homme-Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme dans le Monde Arabe (PADDH)-Organisation Nationale des Droits de l’Homme en Syrie-Voix libre pour la défense des Droits de l’homme-Rencontre Culturel Euro-arabe-Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc-Observatoire Syrien des Droits de l’Homme-Association de l’Amitié Euro-arabe-Arab Network for Human Rights Information-Addameer pour les Droits de l’Homme – Gaza-Comités de Défense des Libertés Démocratiques & des Droits de l’Homme en Syrie-Collectif des Familles de Disparus en Algérie-Regard Citoyen-Manifeste des libertés-Rencontre des citoyens-Gauche Unitaire-Syndicat Solidaires-Europe solidaire sans frontières ESSF-Union des travailleurs immigres tunisiens UTIT_Jeunesse Émigrée Réunionnaise en France-Les Alternatifs-Sortir du colonialisme-Section française de la Ligue internationale des femmes pour la la paix et la liberté WILPF-ISM-FranceACTUS/prpe(Tchad)-Collectif International pour les libertés-Le soutien aux mouvements populaires en Algérie-Acor SOS Racisme Suisse-La Coordination de l’Appel de Strasbourg (Collectif européen)-Farrah-France (réfugiés) ; Civimed Initiatives OINGD-Militant Association tous égaux sous un même drapeau-L’Association des Tunisiens de Corbeil Essonnes-Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture (REMCC)-Union juive française pour la paix (UJFP)-Capjpo/Europalestine-Epices -Sud-Etudiant…La Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique (FASE)...

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 20:23

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110203/twl-egypte-monde-bd5ae06_2.html

 

Le face à face entre pro et anti Moubarak se poursuit en Egypte (Reuters)

 

Les heurts se sont poursuivis entre partisans et opposants au président Hosni Moubarak jeudi aux abords de la place Tahrir dans le centre du Caire, à la veille d'une nouvelle grande journée de contestation en Egypte baptisée "jour du départ".

 

Les manifestants, qui réclamaient haut et fort pour la dixième journée consécutive la démission de Hosni Moubarak, tenaient toujours la place malgré les violents affrontements de mercredi et de la nuit avec les partisans du raïs, qui ont fait dix morts et huit cent blessés, selon des médecins présents place Tahrir. Le ministère de la Santé avait auparavant avancé un bilan de six morts et huit cent trente six blessés.

 

Dix mille manifestants étaient massés jeudi après-midi sur cette place, épicentre du mouvement de contestation. Une partie d'entre eux ont formé une chaîne humaine pour en contrôler les accès. Certains se sont barricadés derrière de grandes plaques métalliques en prévision d'autres troubles.

 

Dans la matinée, après être restés passifs tout au long de mercredi puis de la nuit, des éléments de l'armée ont entrepris d'établir une zone tampon entre les deux camps aux abords de la place Tahrir. Cela n'a pas empêché une reprise des troubles, durant lesquels quelques tirs ont retenti. L'armée avait fait savoir lundi qu'elle jugeait légitimes les revendications des protestataires et qu'elle n'ouvrirait pas le feu sur eux.

 

D'autres rassemblements de l'opposition ont eu lieu en dehors du Caire, notamment dans le nord-est du pays, à Suez où quatre mille opposants ont manifesté, ou à Ismaïlia, où ils étaient deux mille.

 

GAMAL MOUBARAK PAS CANDIDAT

 

Si Hosni Moubarak ne s'est plus exprimé en public depuis son intervention télévisée de mardi soir, les hautes autorités ne sont pas restées silencieuses jeudi.

 

Le nouveau Premier ministre, Ahmed Chafik, a présenté des excuses pour les violences du Caire. Le gouvernement avait démenti un peu plus tôt avoir joué le moindre rôle dans la mobilisation des partisans de Moubarak et indiqué qu'une enquête serait ouverte sur l'origine des violences.

 

Le vice-président Omar Souleimane, nouvellement nommé, a déclaré que les Frères musulmans, mouvement d'opposition le plus organisé d'Egypte, avaient été invités à rencontrer le nouveau gouvernement dans le cadre d'un dialogue national avec toutes les parties.

 

Une offre de discussion avec ce groupe interdit aurait été impensable avant qu'éclatent les manifestations, le 25 janvier, mais les Frères musulmans ont refusé de négocier avant le départ de Moubarak.

 

Omar Souleimane a par ailleurs annoncé que le fils de Moubarak, Gamal, ne serait pas candidat à la succession de son père. Agé de 47 ans, Gamal Moubarak était considéré comme un successeur potentiel du raïs jusqu'à ce que l'Egypte bascule dans la révolte.

 

Omar Souleimane, issu de l'armée et chef des services de renseignement, a aussi fait savoir que les autorités libéreraient tous les jeunes gens arrêtés depuis le début du mouvement de contestation n'étant pas impliqués dans des actes criminels.

 

L'agence officielle Mena rapporte de son côté que la justice égyptienne a gelé les comptes bancaires et interdit de voyages à l'étranger plusieurs ex-ministres du gouvernement, dont Habid el Adli, ministre de l'Intérieur honni en raison des agissements des forces de police.

 

Ces restrictions concernent également les ex-ministres du Tourisme Ahmed el Maghrabi et du Logement Zouhair Garana ainsi qu'Ahmed Ezz, homme d'affaires et ancien responsable du Parti national démocrate (PND) au pouvoir.

 

BAN PRÔNE UNE TRANSITION RAPIDE

 

Plusieurs journalistes étrangers et égyptiens ont été agressés au Caire lors des violences, ce qui a conduit la Commission de protection des journalistes (CPJ) à accuser le gouvernement égyptien de tentative d'intimidation et de censure généralisée à l'encontre des médias.

 

Jeudi, des partisans de Moubarak ont fait irruption dans plusieurs hôtels de la capitale où ils traquaient les journalistes, a rapporté la chaîne Al Arabia.

 

Le département d'Etat américain a condamné une "campagne concertée d'intimidation des journalistes étrangers au Caire et d'ingérence dans leurs reportages".

 

Sur le plan diplomatique, cinq chefs d'Etat et de gouvernement européens, dont Nicolas Sarkozy, ont appelé à une "transition rapide et ordonnée" en Egypte. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, leur a emboîté le pas quelques heures plus tard.

 

Face à la dégradation de la situation, les autorités canadiennes ont recommandé à leurs ressortissants de quitter l'Egypte. A Paris, le Premier ministre, François Fillon, a dit que la France n'organisait pas d'évacuation de ses ressortissants mais se tenait prêt à aider ceux qui voulaient rentrer.

 

L'onde de choc de la révolte tunisienne et des troubles égyptiens continue de se propager à travers le monde arabe.

Au Yémen, des dizaines de milliers d'opposants au président Ali Abdallah Saleh ont manifesté dans plusieurs villes, et en Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika a annoncé que l'état d'urgence en vigueur depuis 1992 serait levé "dans un très proche avenir". Il a en outre ordonné à son gouvernement d'adopter des mesures favorables à la création d'emplois.

 

Les cours du pétrole ont grimpé face aux craintes de propagation des troubles à l'Arabie saoudite ou d'un risque de perturbation du trafic maritime dans le canal de Suez. Le Brent, ainsi, a dépassé les 103 dollars.

 

 

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 20:50

 

http://www.palestine-solidarite.org/interview.Mostefa_Bouchachi.010211.htm


http://www.elwatan.com/entretien/mostefa-bouchachi-le-12-fevrier-nous-marcherons-01-02-2011-109704_121.php

 

Mostefa Bouchachi : « Le 12 février, nous marcherons »

 

Le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), Mostefa Bouchachi affirme que la marche du 12 février prochain est maintenue quelle que soit la décision de la wilaya d’Alger et du ministère de l’Intérieur. Il dénonce, dans ce sens, l’interdiction des manifestations à Alger qui, selon lui, ne repose sur aucun texte réglementaire.


  

El Watan : Le ministre de l’Intérieur vient de réaffirmer l’interdiction des marches dans la capitale. Il anticipe déjà sur la marche à laquelle a appelé la Coordination nationale pour le changement et la démocratie. Qu’en pensez-vous ?


Mostefa Bouchachi : Il n’y a aucun texte de loi qui interdise une marche dans n’importe quelle wilaya, qu’elle soit Djelfa ou Alger. Toutes les wilayas du pays sont des wilayas d’Algérie. De ce fait, le système politique, représenté par un groupe de ministres, ne peut pas demander à des jeunes, nés et grandis sous état d’urgence, de présenter leurs revendications de manière pacifique. Et quand des partis politiques, des syndicats et des associations demandent une autorisation d’une marche pacifique, on leur dit que c’est interdit. Le ministre de l’Intérieur, et à travers lui le régime, continue d’interdire aux Algériens d’exprimer pacifiquement leurs revendications économiques, sociales et politiques. De plus, je crois que l’état d’urgence, instauré peut-être pour lutter contre la violence politique et le terrorisme durant les années 1990, est exploité, aujourd’hui, contre le peuple algérien pour l’empêcher d’exprimer son point de vue par rapport au régime.


El Watan : Le ministre de l’Intérieur affirme une nouvelle fois que «l’état d’urgence n’influe pas sur l’activité des partis politiques et des associations». Concrètement, comment le maintien de l’état d’urgence empêche-t-il l’opposition et les organisations autonomes de faire leur travail ?


Mostefa Bouchachi : Le régime algérien est autoritaire. Il s’appuie sur l’état d’urgence pour empêcher le peuple algérien d’exprimer son point de vue. Parallèlement, ce régime agit hors la loi et le maintien de l’état d’urgence illustre parfaitement cette situation. Je voudrais rappeler à monsieur le ministre de l’Intérieur que durant ces dix dernières années, on a interdit la création d’associations et de partis, on a interdit les marches et tous les rassemblements, même dans des salles. L’état d’urgence et toutes les lois ont été mis en place pour neutraliser le peuple algérien et permettre, ainsi, au régime de gérer le pays en méprisant les aspirations de la population à plus de liberté, de démocratie et de justice sociale.


El Watan : On a l’impression que le pouvoir a réussi, à travers la répression et l’état d’urgence, à décourager même les militants politiques les plus téméraires…


Mostefa Bouchachi : Il n’y a pas de doute que le régime politique algérien a exploité la violence des années 1990 pour faire peur aux Algériens. De plus, il a utilisé tous les moyens pour porter atteinte à la crédibilité des partis politiques et à celle des organisations de la société civile. Conséquence : quand les jeunes nés sous l’état d’urgence se sont révoltés à Bab El Oued, ils n’ont trouvé aucune société civile pour les encadrer et cela a engendré des dépassements. Cette situation devra être assumée par le régime, dont l’action n’était pas de construire une société et un Etat, mais de neutraliser le peuple et de l’isoler. Et cela, en utilisant les mêmes procédés. Aidé par les recettes pétrolières et gazières, le régime achète au prix fort son maintien. Le plus important, pour lui, est d’assurer sa survie au détriment du peuple. Ce qui s’est passé au début du mois de janvier dernier est très minime, comparé à ce qui s’est passé dans le pays, durant les quatre dernières années. Les manifestations et les protestations éclatent dans toutes les wilayas, mais elles n’ont pas le même écho que les dernières émeutes. Le peuple algérien exprime également son sentiment d’injustice à travers la harga (émigration clandestine), l’immolation par le feu. Ce sont des messages adressés aux autorités. L’immolation par le feu n’a pas commencé en Tunisie. En 2003, un jeune Algérien s’est immolé par le feu à l’intérieur de la Maison de la presse, à Alger, pour dénoncer l’injustice dont il était victime. Donc, les Algériens ne se révoltent pas uniquement pour des problèmes économiques et sociaux. Ils le font aussi pour exiger plus de liberté et de justice.   


El Watan : Le régime refuse de comprendre tous ces messages ou essaye de leur donner une autre interprétation qui l’arrange mieux. Comment expliquer cette attitude ?


Mostefa Bouchachi : Le régime sait qu’il est dictatorial. Les aspirations de la population sont le dernier de ses soucis. Il croit qu’avec le recours à la répression, en renforçant ses mécanismes tels que la bureaucratie, l’instrumentalisation de la justice et les services de sécurité, il finira par contrôler la situation. Il dépense beaucoup d’argent pour acheter le silence du peuple. Aujourd’hui, cette politique s’est avérée vaine. Le régime a compris qu’il n’a aucune légitimité populaire et qu’aucune institution ne représente réellement le peuple. Il est conscient de tout cela, mais il s’obstine à diriger le pays selon la même logique adoptée depuis l’indépendance. Je pense qu’il a reçu tous les messages qui lui sont adressés et je souhaite qu’il accepte de réviser sa stratégie. Il faut qu’il accepte le passage à une transition démocratique, dont les mécanismes doivent être minutieusement étudiés et débattus. Il y a deux choix : soit attendre une révolution comme celles de la Tunisie et de l’Egypte pour faire tomber le régime ;  soit opter pour la sagesse et faire preuve de beaucoup de nationalisme dans la démarche pour le changement du système. C’est ce que proposent actuellement les organisateurs de la marche du 12 février prochain.


El Watan : Le ministre de l’Intérieur vient de rappeler que les marches sont interdites à Alger en anticipant sur l’action de la Coordination pour le changement et la démocratie…


Mostefa Bouchachi : La majorité des membres de la Coordination qui ont pris part à la dernière réunion ont décidé de formuler une demande d’autorisation de cette marche pour respecter les procédures légales. Mais nous allons marcher avec ou sans autorisation. Telle est la décision de la Coordination. Nous ne pouvons pas accepter des lois arbitraires décidées par les autorités qui ne cessent de trier les textes législatifs à appliquer et de passer sous silence le reste. Je rappelle qu’il n’y a pas de loi interdisant les marches et que l’état d’urgence est anticonstitutionnel. Un régime qui ne respecte pas ses propres lois est un régime déficitaire.


El Watan : Pensez-vous que la démarche de la Coordination aboutira à des résultats concrets, alors que certains de ses membres n’arrivent pas à dépasser leurs querelles partisanes ?      


Mostefa Bouchachi : Il faut rappeler que l’idée de la création de cette coordination a germé suite aux dernières émeutes. A la Laddh, nous nous sommes réunis et nous avons dit qu’il fallait encadrer la manifestation de la jeunesse pour éviter les dépassements qui légitimeraient la violence du pouvoir. Nous avons décidé d’assumer nos responsabilités pour protéger les biens publics et privés et donner une image civilisée de la protestation en Algérie. Des syndicats se sont joints à nous et nous avons signé un communiqué commun. Suite à cela, nous avons organisé une réunion à laquelle nous avons convié tous les partis de l’opposition. Nous avons appelé, à l’issue de cette réunion, à une marche pacifique pour demander la levée de l’état d’urgence et le changement du système. Nous ne voulons pas un remaniement du gouvernement qui serait synonyme d’un changement à l’intérieur du système. Ce n’est pas le gouvernement qui prend les décisions. Notre appel n’était pas destiné uniquement à l’opposition, mais également au régime. L’Algérie n’est pas prête à vivre d’autres violences politiques. La violence produira un système politique similaire à celui que nous dénonçons aujourd’hui.


El Watan : Le FFS et l’association RAJ se sont retirés de la Coordination. Ne pensez-vous pas que cette division de l’opposition sert beaucoup plus le régime ?      


Mostefa Bouchachi : Le FFS est l’un des rares partis à avoir milité pour la démocratie depuis 1962. Il est l’un des rares à avoir inscrit dans son programme la lutte pour la levée de l’état d’urgence et le changement du système. Je respecte la position des amis du FFS, qui ont d’autres moyens de lutte. Mais toutes les formes de protestation ont un seul but : briser le statu quo. Chaque parti a le droit de choisir ses moyens de lutte et ses stratégies.


El Watan : La Tunisie, l’Egypte et d’autres pays moyen-orientaux connaissent actuellement des révoltes populaires. Comment expliquer ce réveil des peuples de la région ? 


Mostefa Bouchachi : En Tunisie, le système était fermé. Le peuple tunisien s’est levé contre la dictature et les problèmes sociaux, tels que la corruption, le chômage… La révolution en Tunisie est celle du peuple. Contrairement à ce que pensent certains analystes, les puissances étrangères n’ont pas été les instigatrices de cette révolution. Au contraire, ces dernières préfèrent les dictateurs qu’elles gèrent à leur guise. C’est le cas aussi en Egypte. Ces révolutions sont celles des peuples et elles dépassent les partis et les sociétés civiles. La révolution en Tunisie peut influer sur toute la région. Mais il faut être prudent. Il faut encadrer ses révolutions pour produire des systèmes démocratiques.


El Watan : Les mêmes conditions qu’en Egypte et en Tunisie existent en Algérie. Selon vous, la révolution à la tunisienne peut-elle se reproduire en Algérie ?


Mostefa Bouchachi : Il est vrai que la corruption a touché toutes les institutions jusqu’au sommet de l’Etat. Les libertés sont inexistantes et la rue a déclaré son divorce avec le système. Donc on a les mêmes données. Mais pour parler de révolution, je pense qu’il faut prendre en considération la particularité du système algérien, qui est compliqué. Le gouvernement n’est pas la source de décision. Le président n’est pas également le seul à prendre les décisions. Il y a des centres de décision invisibles qui décident ou qui participent à la prise de décision. Et quand le vrai pouvoir est invisible, la réussite de la révolution devient difficile. En outre, le régime algérien a adopté la politique de «diviser pour régner» ; il a divisé le peuple algérien. C’est pour cela que nous devons rester prudents. Nous avons la responsabilité de mener une révolution pacifique pour protéger l’Algérie en tant qu’Etat. Le régime, l’opposition et le peuple algérien doivent s’entendre sur une période de transition qui sera gérée par des gens crédibles. Je pense que c’est la voie à suivre pour en finir avec ce système qui dure depuis 1962.

 

 

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