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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 21:04

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20101109/tts-france-justice-afrique-ca02f96.html

Poursuites relancées sur les "biens mal acquis" africains (Reuters)

La Cour de cassation a relancé mardi les poursuites judiciaires concernant les logements de luxe et les avoirs bancaires détenus en France par trois présidents africains, une décision à haut risque pour Paris.

La plus haute juridiction française a annulé un arrêt de la cour d'appel de Paris de 2009 déclarant irrecevable la plainte de l'organisation Transparency International concernant les familles d'Ali Bongo (Gabon), de Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et de Teodoro Obiang (Guinée équatoriale).

La Cour ordonne le renvoi du dossier à un juge d'instruction de Paris pour que soit instruite cette plainte de l'ONG, qui considère que les biens en question ont été forcément acquis avec de l'argent public détourné.

Une enquête de police de 2007 avait recensé 39 propriétés et 70 comptes bancaires détenus par la famille Bongo et ses proches, 24 propriétés et 112 comptes bancaires pour la famille Sassou Nguesso, ainsi que des limousines de luxe achetées par la famille Obiang.

L'avocat du président gabonais Ali Bongo, Me Patrick Maisonneuve, a critiqué l'arrêt, même s'il souligne que les faits visés sont antérieurs à l'élection de son client.

"Cela risque d'avoir un effet inflationniste sur les plaintes et présente un risque d'instrumentalisation de la justice pénale à des fins politiques", a-t-il dit à Reuters.

Me Olivier Pardo, avocat du président de la Guinée, s'est dit "étonné" de la décision. "Elle ne signifie pas que ce qu'avance l'association Transparency est juste. Il ne faut pas prendre les chefs d'Etat africains pour des gens sans foi ni loi. C'est fini le temps des rois nègres", a-t-il dit.

UNE AVANCEE "MAJEURE" POUR TRANSPARENCY

Un juge d'instruction avait déjà dans un premier temps, début 2009, ordonné contre l'avis du parquet une enquête pour "recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de biens sociaux, abus de confiance".

Le parquet avait fait appel, suspendant cette décision et, en octobre 2009, la cour d'appel avait déclaré la plainte irrecevable. C'est cet arrêt que la Cour de cassation a annulé.

Transparency a le droit d'agir puisque la lutte contre la corruption est son objet unique et qu'elle y consacre tous ses moyens, dit la Cour. Cet arrêt est un précédent susceptible de permettre d'autres poursuites concernant d'autres chefs d'Etat.

L'affaire a créé dans le passé des remous dans les relations de la France avec les trois pays, pivots de l'influence diplomatique française en Afrique, et où la première société française, Total, a d'importants intérêts.

Les plaignants ont accusé le parquet d'agir comme "bras armé de la raison d'Etat". Transparency a salué dans un communiqué une "avancée juridique majeure".

"Cette décision (...) devrait ainsi permettre à l'avenir de surmonter l'inertie du parquet dans certaines affaires politico-financières sensibles", dit-elle.

L'ONG souhaite que soit faite la lumière sur les conditions d'acquisition des richesses visées, mais aussi sur le rôles des intermédiaires comme les banques.

Lorsque l'enquête sera lancée, le ou les juges d'instructions ne pourront poursuivre les chefs d'Etat, du fait de l'immunité coutumière qui leur est accordée, mais leurs proches n'en bénéficient pas et peuvent donc en théorie être questionnés, voire arrêtés, sauf immunité diplomatique.

Le procès Elf à Paris en 2003 avait démontré que les revenus tirés du pétrole profitaient personnellement aux chefs des Etats en question.

Pour les ONG anti-corruption, les "biens mal acquis" des dictateurs mondiaux ne sont pas symboliques mais pèsent des dizaines, voire des centaines de millions de dollars. Transparency International France souhaite les faire reverser au bénéfice des plus défavorisés des trois pays.



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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 20:53

 

http://www.wsws.org/francais/News/2010/nov2010/aziz-n02.shtml

Tarek Aziz menacé de meurtre judiciaire en Irak

Par Bill Van Auken

2 novembre 2010

La condamnation à mort par pendaison de l’ancien ministre irakien des Affaires étrangères, Tarek Aziz, est un acte barbare de vengeance politique du gouvernement fantoche de Bagdad ainsi qu’un crime de guerre de plus dans la longue liste de crimes commis par Washington depuis l’invasion de 2003.

Aziz avait été des décennies durant le chef de la diplomatie irakienne sur la scène internationale et s’était volontairement rendu en 2003 aux autorités militaires américaines. De toute évidence, il se croyait protégé par sa réputation de longue date sur la scène internationale, dont ses relations diplomatiques avec plusieurs gouvernements américains.

Au lieu de cela, ce malade de 74 ans a dû purger plus de sept ans de prison en isolement, d’abord aux mains de l’armée américaine dans le camp de détention Cropper situé près de l’aéroport international de Bagdad puis, plus récemment, aux mains des forces de sécurité irakiennes. Lorsqu’en juillet dernier les forces d’occupation américaines ont remis Aziz au gouvernement irakien, il a confié à son avocat, « Je suis sûr qu’ils vont me tuer. »

Aziz avait déjà été condamné à des peines de prison totalisant 22 ans sur la base d’allégations d’implication dans l’exécution de commerçants accusés de manipulation des prix durant l’embargo USA/ONU à l’encontre de l’Irak et dans la répression de l’opposition kurde dans le Nord du pays.

La peine de prison représentait en fait une condamnation à perpétuité en raison du mauvais état de santé d’Aziz qui a souffert en prison de plusieurs attaques cérébrales et de problèmes de santé au niveau des poumons et subi une intervention chirurgicale en janvier dernier suite à un caillot de sang dans le cerveau.

Lors de la dernière décision en date, l’ancien ministre des Affaires étrangères a été condamné à mort pour la répression menée par le régime Baathiste dans les années 1980 contre les Islamistes chiite ainsi que le parti islamique Dawa. Les partisans du parti avaient organisé une série d’attaques terroristes soutenues par l’Iran durant cette période, dont des tentatives d’assassinat d’Aziz et de Saddam Hussein. A cette époque, il faut rappeler que Washington soutenait Saddam Hussein en tant que rempart contre l’extension de la révolution iranienne aux populations chiite du monde arabe.

Le tribunal qui a prononcé ces condamnations avait été mis en place suite à un décret émis par le Conseil de gouvernement provisoire irakien sous contrôle de l’occupation américaine afin de juger les membres du gouvernement Baathiste, renversé par l’invasion américaine. Son personnel avait été trié sur le volet et rémunéré par l’ambassade américaine à Bagdad. Dès le début, ce tribunal fantoche s’était servi de méthodes les plus crues de « justice du vainqueur. »

L’homme qui va vraisemblablement signer l’ordre d’exécution est le premier ministre actuel, Nour El-Maliki, personnalité influente du Parti islamique Dawa tandis que le juge qui a prononcé la sentence, Mahmoud Saleh al-Hassan, est un membre du bloc politique chiite de Maliki, la Coalition pour l’Etat de droit.

Aziz a été jugé en grande partie lors des nombreux procès intentés contre lui en l’absence d’avocats de la défense, étant donné que les avocats qui avaient osé le défendre ont été menacés de mort par la milice chiite liée au régime soutenu par les Etats-Unis.

Au fond, il a été reconnu coupable de crimes commis par la police secrète de Saddam Hussein au motif qu’il avait fait partie du gouvernement irakien en tant que chef de la diplomatie du pays. Ceux qui connaissent le fonctionnement du régime Baathiste contestent cette logique en faisant remarquer qu’Aziz n’a jamais fait partie du cercle restreint qui contrôlait les forces de sécurité et qui était en grande partie recruté dans le clan de Hussein basé à Tikrit.

C’est une ironie cruelle qu’Aziz ait été condamné à mort pour persécution religieuse. Né en 1936 dans une famille chrétienne pauvre du Nord de l’Irak, Aziz fut attiré, lorsqu'il avait une vingtaine d'années, par la politique nationaliste oeuvrant pour le renversement de la monarchie soutenue par la Grande-Bretagne. A l’image de nombreux jeunes de sa génération radicalisés dans le monde arabe, il pensait qu’une révolution nationaliste pourrait libérer la région de l’héritage du colonialisme, y compris des divisions ethno-religieuses exacerbées par le recours de l’impérialisme européen à la méthode du diviser pour mieux régner.

Les forces politiques irakiennes supervisant son procès sont liées aux milices impliquées dans l’effusion de sang provoquée pour des raisons religieuses par l’occupation américaine. La population chrétienne irakienne a été décimée et la possibilité pour un chrétien comme Aziz d' occuper un poste de premier plan dans l’actuel gouvernement est absolument inexistante.

Chose plus fondamentale encore, le tribunal et le régime lui-même sont les fruits d’une guerre criminelle et de l’occupation de l’impérialisme américain. La condamnation à mort a été dictée par Washington.

Alors que l’Union européenne a qualifié la condamnation à mort prononcée à l’encontre de Tarek Aziz « d’inacceptable » et que le Vatican et plusieurs gouvernements européens demandent un recours en grâce, le gouvernement Obama garde un silence coupable.

La question évidente que pose le lynchage juridique de Tarek Aziz est la suivante: De quel droit le gouvernement à Washington et ses agents locaux se permettent-ils de juger quiconque pour crimes commis contre le peuple irakien ?

Comme Tarek Aziz l’a lui-même déclaré au journal britannique The Guardian en août dernier lors de l’unique interview qu’il a tenue depuis son emprisonnement, « Nous sommes tous les victimes des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Ils ont tué notre pays. »

Les sept années et demies passées de l’occupation américaine ont détruit la société irakienne et coûté la vie à plus d’un million de personnes, en transformant plus de quatre millions de personnes en réfugiés, en provoquant la famine et le chômage pour des millions de personnes de plus tout en en privant d’autres des services les plus essentiels.

Le fait de condamner Tarek Aziz à mort tandis que les auteurs de ces crimes – tant dans le gouvernement Bush que celui d’Obama – sont assurés de l’impunité n’est pas seulement un crime mais une obscénité.

Les défenseurs d’Aziz en signalant le caractère précipité de la condamnation à mort qui a été prononcée sans respecter le préavis usuel de 30 jours dans l’attente d’une telle décision, ont dit qu’elle était politiquement motivée. Ils ont accusé la cour d’agir au nom de Maliki et de ses commanditaires à Washington pour détourner l’attention de l’opinion publique de la diffusion par WikiLeaks la semaine passée de près de 400.000 documents américains secrets dévoilant le massacre de civils et la torture systématique pratiquée par les forces de sécurité fantoche irakiennes avec l’approbation tacite des Etats-Unis.

La cour martiale sommaire qui a condamné Aziz a opéré en tant qu’instrument de la politique américaine au même titre que le fait la « brigade des loups » que les Etats-Unis ont entraînée et à laquelle l’armée américaine, selon les documents de Wikileaks, a remis des prisonniers pour qu’ils soient torturés – souvent à mort – à l’aide de perceuses électriques, et administration de décharges électriques à haute tension et autres moyens sophistiqués de torture.

Washington a ses propres raisons de vouloir la mort de l’ancien ministre irakien des Affaires étrangères. Il y a ceux qui, au sein de l’establishment politique, ne peuvent accepter qu’il ait clairement réfuté les prétextes fabriqués de toutes pièces – « d’armes de destruction massive » et de liens avec Al Qaïda – pour l’invasion américaine.

De plus, la longue carrière diplomatique d’Aziz le place dans une position exceptionnelle pour révéler au grand jour le bilan criminel de l’impérialisme américain en Irak. Il fut le premier à avoir reçu Donald Rumsfeld (l’ancien secrétaire à la Défense de Bush au moment de l’invasion en 2003) lorsque celui-ci fut, en 1983, l’envoyé spécial du gouvernement Reagan chargé d’offrir le soutien des Etats-Unis à Saddam Hussein dans la guerre Iran-Irak.

Il se trouvait au coeur des manœuvres diplomatiques entre Washington et Bagdad juste avant la première Guerre du Golfe lorsque l’ambassadrice américaine à Bagdad, April Glaspie, avait accordé ce qui avait quasiment servi de feu vert à l’invasion du Koweit par l’Irak en 1990 et qui à son tour devait servir de casus belli pour une intervention massive de l’armée américaine dans le Golfe persique.

Il pourrait aussi révéler comment Washington avait systématiquement rejeté toutes preuves que l’Irak ne disposait pas « d’armes de destruction massive » et saboté toute tentative pour empêcher la guerre déclenchée par les Etats-Unis en 2003.

L’élite dirigeante américaine a grand intérêt à ce que Tarek Aziz emporte dans sa tombe les secrets qu’il détient sur les relations de ces 30 dernières années entre les Etats-Unis et l’Irak. Pourquoi laisser en vie un homme qui pourrait être cité comme témoin clé à leur propre procès pour crimes de guerre ?

C’est pour cette raison que la classe ouvrière internationale doit s’opposer à l’exécution de Tarek Aziz et exiger sa libération immédiate. La justice ne sera rendue au peuple irakien qui souffre que lorsque les responsables, qui ont mené une guerre d’agression illégale engendrant ces innombrables crimes, seront poursuivis.

(Article original paru le 28 octobre 2010)






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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 19:43

 

Le message ci-dessous est la première partie d’une très longue analyse de Sophie Beroud et Karel Yon relative au bilan du mouvement social de septembre octobre 2010. Elle est disponible en totalité si vous consultez le site internet de la revue  Contretemps.

Bernard Fischer

Chercheurs en sciences politiques, Sophie Beroud et Karel Yon analysent à chaud, dans cet entretien, le grand mouvement social de l' automne 2010.  Ils décrivent les principales caractéristiques de ces mobilisations, la manière dont elles s'articulent à un processus de transformation du champ syndical et pointent les questions stratégiques mises à l'ordre du jour par ces semaines de luttes.

CONTRETEMPS - Le mouvement contre la réforme des retraites lancé au printemps dernier s'inscrit une lignée de grands conflits sociaux.


La puissance du conflit, son contenu politique et la dramaturgie même de cette opposition massive de la rue au pouvoir contribuent à inscrire ce mouvement comme un moment aigu des luttes de classes en France.

Il s’inscrit d’abord, bien évidemment, dans la filiation directe des mouvements de 1995 et 2003, qui avaient vu des centaines de milliers de salariés descendre dans la rue et certains secteurs se mettre en grève sur le même thème : l’opposition à la réforme des retraites, celle des régimes spéciaux en 1995, celle du régime général en 2003. La question des retraites produit toujours de grands conflits sociaux. Il s’agit, en effet, d’un élément qui a joué un rôle central tant dans la stabilisation de la condition salariale que dans l’ancrage, via leur participation à la gestion des institutions du salariat, du pouvoir des organisations syndicales.

Par sa durée, par l’ampleur des manifestations, par le blocage quasi total de certains secteurs d’activité, le mouvement présente, en outre, des traits comparables à d’autres grandes séquences de conflictualité sociale. Il s’inscrit dans la lignée des conflits sociaux de l’automne 1995, mais aussi de l’hiver 1986 en raison de sa dynamique d’élargissement progressif et du soutien qu’il a reçu dans la population. La mobilisation s’est étendue des salariés vers une partie de la jeunesse, avec les lycéens et dans une bien moindre mesure les étudiants. En 1986 et 1995, la dynamique était cependant inverse : les mobilisations de la jeunesse scolarisée avaient préfiguré celles des salariés. Au printemps 2006 également, c’est la crainte d’une entrée massive des salariés dans un conflit centré sur le monde éducatif qui avait conduit le Président de la République à céder sur le CPE. Le rôle moteur joué par le front uni des organisations syndicales rappelle bien sûr cette mobilisation contre le CPE de 2006, mais aussi celle de 2009 contre la crise.

Enfin, et là le lien est direct avec la séquence antérieure du printemps 2009, le mouvement s’est certes construit sur la contestation de la réforme des retraites, mais il a été en même temps irrigué par un rejet beaucoup plus large de la politique sarkozienne. De ce point de vue, le contenu politique de la mobilisation actuelle est nettement plus explicite, plus tangible que par exemple en 2003, alors même que Jacques Chirac venait d’être élu, par défaut, face à Jean-Marie Le Pen. La dimension de crise politique est indéniablement plus forte, ce qui explique les références marquées à Mai-juin 68. Elle résulte d’une délégitimation importante du pouvoir politique, qui a été particulièrement mise en lumière par deux événements : l’affaire Woerth-Bettencourt, et la construction d’un « problème Rom » par le gouvernement, ce second événement ayant été assez largement interprété comme une scandaleuse diversion
destinée à faire oublier le premier. Plus profondément, il faut noter que ce mouvement s’inscrit après la séquence du printemps 2009, marquée par d’importantes mobilisations contre la crise. La combinaison de ces éléments engendre un profond sentiment d’injustice. L’image d’un pouvoir qui gouverne pour les milieux d’affaires, qui invite toujours les mêmes à faire des sacrifices s’est imposée. Les contradictions résumées dans la personnalité de Sarkozy, qui se voulait tout à la fois héraut du pouvoir d’achat et président « bling-bling » – le « président des riches », comme disent les Pinçon – ont éclaté à l’occasion de ce conflit.

CONTRETEMPS - Cette mobilisation semble, en effet, se distinguer fortement des mobilisations précédentes. D'abord, peut-être, par la durabilité de l'intersyndicale. Comment analysez-vous la tactique syndicale : la situation actuelle en est-elle la conséquence logique vu l'attitude du pouvoir ou, s'agit-il plutôt de la poursuite d'un processus ouvert dont l'évolution a largement pris de court les directions syndicales ? Dans quelle mesure, en particulier dans le cas de la CGT, est-il important d'avoir à l'esprit les contradictions internes à l'organisation pour comprendre l'attitude de la direction dans le mouvement ? Quelles sont les difficultés face auxquelles se trouve aujourd'hui cette structure intersyndicale et quel rôle peut-elle encore jouer?

On a vu émerger cette intersyndicale à l’occasion du mouvement contre le Contrat première embauche, mais ce sont surtout les manifestations contre la crise qui lui ont donné sa légitimité. C’est une nouveauté dans le paysage syndical français, marqué par les rivalités organisationnelles, que de voir se pérenniser une structure qui reconnaisse le pluralisme du mouvement syndical – y compris jusqu’à ses composantes habituellement maintenues à l’écart – tout en essayant de fabriquer une cohérence.

On peut même noter que le mouvement n’a pas été marqué, jusqu'au vote de la loi en tous cas, par un décrochage entre les équipes syndicales à la base et les directions fédérales ou confédérales. Cela avait été le cas en 2009, où de vifs débats avaient notamment traversé la CGT et Solidaires au sujet d’un cadre intersyndical accusé d’avoir épuisé le mouvement faute de stratégie alternative aux journées d’action « saute-mouton ». Cette année, la construction progressive du mouvement et le succès qu’il n’a cessé de rencontrer, sur le plan de la participation, n’ont pas placé des équipes militantes en position d’affrontement avec leur propre organisation. Nous sommes donc très loin d’une configuration comme celle de 1986 où les coordinations apparaissaient comme l’outil indispensable aux militants pour maîtriser leurs luttes.

Le fait que le cadre de l’intersyndicale ne soit que peu contesté ne veut pas dire qu’il ne fasse pas l’objet de critiques. Les journées d’action ont pu paraître trop espacées au début, l’appel à la grève reconductible dans tous les secteurs n’a jamais été formulé et le fait de revendiquer l’ouverture de négociations, soit une autre réforme, a empêché l’accord sur le mot d’ordre clair du retrait du projet de loi. Mais la dynamique créée par l’intersyndicale et le fait que rien n’est venu s’y substituer a renforcé le rôle central des syndicats. Il aurait pu y avoir un mouvement citoyen à partir des comités unitaires comme sur le TCE par exemple. Or, les comités unitaires pour la retraite à 60 ans, qui ont initialement contribué à labourer le terrain idéologique, ont vite été éclipsés par la mobilisation syndicale et n’ont pas réussi à se développer en lien avec celle-ci. L’acceptation du pluralisme des options syndicales, et le choix fait par Solidaires et FO d’un côté, la CGC et l’UNSA de l’autre, d’assumer publiquement leurs désaccords à diverses occasions, a permis à l’intersyndicale de se présenter comme un cadre démocratique. Il ne s’agit pas d’un état-major syndical qui s’impose en écartant les opinions dissidentes, mais d’un cadre de coordination dont la diversité interne entre en résonance avec la pluralité des options auxquelles les salariés sont confrontés localement. De la sorte, l’intersyndicale s’est présentée comme un cadre souple qui n’empêchait pas d’autres formes d’action, plus radicales, dès lors qu’elles étaient décidées localement. Mais la logique même du cadre l’empêchait d’être la caisse de résonance de ces stratégies.

On l’a vu dans l’attitude de l’intersyndicale, face à la dynamique de radicalisation – ancrage de la grève dans certains secteurs, actions de blocage et affrontements en marges des manifestations lycéennes. Si le communiqué du 21 octobre évoque la responsabilité du mouvement syndical, le soutien de l’opinion publique et « le respect des biens et des personnes », aucun soutien explicite n’est donné aux mouvements de grève en cours, comme si ces derniers n’avaient pas droit de cité dans ce cadre.

La ligne est donc ténue et maintenant que nous entrons dans une phase perçue comme étant celle de la décrue du mouvement, on voit bien qu’on pourrait rapidement connaître une dynamique de dissensions quant à la suite des actions à entreprendre. Le lien entre les équipes syndicales et les salariés mobilisés localement avec les porte-parole syndicaux nationaux est strictement représentatif. Le contrôle sur les orientations nationales est renvoyé aux mécanismes démocratiques internes à chaque organisation. Les responsables de la CGT ont ainsi investi beaucoup de temps dans la fabrication de « choix partagés » au sein de la confédération, à travers des réunions des fédérations notamment, mais aussi des unions territoriales, tout au long du mouvement.

Ce qui est donc clair, c’est que les formes prises par les dernières mobilisations ont remis les organisations syndicales au centre du jeu, et que le cadre de l’intersyndicale a beaucoup contribué à cela. Deux faits majeurs expliquent ce phénomène de l’intersyndicale : la réforme de la représentativité syndicale qui se déploie depuis 2008 et la réorientation stratégique de la CGT, entamée dans les années 1990.

En faisant de la représentativité syndicale un droit ascendant et évolutif, qui se conquiert à partir des résultats recueillis dans les élections d’entreprise, la réforme de 2008 a rendue obsolète la frontière qui opposait les cinq confédérations bénéficiant d’une représentativité « irréfragable » – CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC – aux autres organisations – UNSA, Solidaires, FSU. On saura en 2013 quelles organisations sont représentatives au plan national interprofessionnel. En attendant, il n’y a plus d’enjeu à plus ou moins fermer ou ouvrir le jeu. Cet aplanissement des conditions de la concurrence syndicale se manifeste déjà dans l’accès de Solidaires aux subventions prud’homales ou à certaines instances du « dialogue social » comme les conseils économiques, sociaux et environnementaux national et régionaux. Le mort saisissait le vif en 2009, et c’est au regard de rationalités antérieures qu’il devenait possible d’intégrer les organisations syndicales « non-représentatives » à l’intersyndicale. Ces dernières - la FSU, Solidaires, l’Unsa - étaient elles-mêmes soucieuses de ne pas se couper du cadre unitaire. En 2010, on assiste à une reconfiguration : le champ ne se partage plus entre organisations représentatives et non-représentatives, mais entre dominants et dominés dans le jeu syndical. Le changement de logique de représentativité est intégré et les organisations syndicales dominées s’accordent plus de liberté, celle-ci pouvant devenir une position distinctive. On le voit bien en particulier avec FO, dont la position est déstabilisée par la réforme – qui met fin à l’image des « trois grandes confédérations » – mais qui a les moyens de tenir une position autonome. Solidaires a de même pu s’autoriser une plus grande liberté en décidant de signer au coup par coup les déclarations de l’intersyndicale.

Mais pour que l’intersyndicale existe, il fallait aussi que les organisations syndicales dominantes dans le champ en décident ainsi. La CFDT, après l’épisode traumatique de 2003, avait tout intérêt à éviter le cavalier seul. Mais c’est indéniablement la CGT qui porte avec le plus de volontarisme ce cadre unitaire. Elle l’inscrit en effet dans la perspective stratégique de ce que ses dirigeants appellent le « syndicalisme rassemblé » depuis maintenant la fin des années 1990. C’est le choix d’un cadre unitaire sans exclusive, mais dont l’axe privilégié repose sur la relation avec sa principale rivale, la CFDT. Cette stratégie semble ici porter ses fruits, avec une fragilité intrinsèque liée évidemment au positionnement de la CFDT. Quelque part, le pari fait par la direction de la CGT semble donc gagné : celui d’adopter une posture ouverte, d’appel à la négociation, pour faire porter la responsabilité de la radicalisation du mouvement au gouvernement et « gagner l’opinion publique » ; celui de laisser les salariés « acteurs » décider de leurs façons d’entrer dans le mouvement et de leurs modes d’action ; celui de miser sur une intersyndicale incluant des organisations comme la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. Ce pari semble aussi bien engagé du côté de la démarche de syndicalisation : les équipes CGT réalisent actuellement, dans différents secteurs du privé, un gros travail de distribution de tracts et de prise de contacts avec les salariés dans des entreprises sans présence syndicale. Les résultats concrets de ce travail de sensibilisation se voient bien d’ailleurs dans la participation aux manifestations, avec un renouvellement permanent des cortèges (du point de vue des entreprises, mais aussi des manifestants isolés, plus jeunes, du nombre de femmes qui suivent les banderoles CGT). De même, les cortèges Solidaires, notamment à
Paris, sont impressionnants pour ce qu’ils disent de cette capacité à attirer des sympathisants, des salariés pas nécessairement organisés. Quelque chose est bien en train de se jouer, sans qu’on puisse être certain pour autant que cela débouche vraiment sur de la syndicalisation et la création de nouvelles bases syndicales durables.

Si la force du mouvement conforte la direction de la CGT dans ses choix – et la conforte sans doute auprès d’une large partie de ses adhérents –, elle n’enlève rien à l’ambiguïté de ces derniers. L’idée que c’est aux salariés de décider par eux-mêmes, par respect des pratiques démocratiques – dimension qui est effectivement très importante – masque aussi une forme de retrait syndical : on ne veut pas que ce soient les équipes les plus militantes, celles prêtes à entrer en grève reconductible, à bloquer l’appareil de production qui portent le mouvement afin de mieux élargir celui-ci, de toucher d’autres salariés. Le point de vue s’entend, mais il n’empêche que cela n’annule pas la question de la construction d’un rapport de force réel. On peut légitimement s’interroger sur ce qu’aurait été le mouvement sans le blocage des raffineries ! L’idée de parler en priorité à l’opinion publique, dans un rapport le plus souvent acritique à cette notion et aux instruments de sondage, constitue une étrange intériorisation de la faiblesse structurelle du syndicalisme français. L’opinion publique est saisie comme un tout flottant et cela conduit à évincer un discours qui prendrait appui sur une analyse en termes de classes sociales. Il s’agit d’appréhender comme une finalité décisive l’image du syndicalisme auprès de la population, cette bonne image – le syndicat comme un interlocuteur social légitime, responsable – étant posée comme une condition pour gagner des adhérents. Mais à l’opposé, ce discours conduit à fuir toute projection trop politique où il s’agirait de dire le « nous » mobilisé, à représenter le salariat dressé contre la politique menée en faveur des classes dominantes.

Au regard de ces deux points, il ne semble pas que les directions syndicales « aient été prises de court ». Le cadre intersyndical ne leur est pas imposé par la base, c’est bien elles qui l’ont créé et qui se l’imposent comme une condition sine qua non de la réussite de toute mobilisation. En revanche, la participation massive des salariés – c’est-à-dire aussi l’ampleur de la contestation du gouvernement actuel et de la politique menée par N. Sarkozy – a servi cette intersyndicale en lui permettant de dépasser ses tensions internes, sa faiblesse structurelle liée aux profondes divergences existant au sein de l’arc syndical, de Solidaires à la CFE-CGC. Savoir s’il était possible de faire autre chose de ce potentiel exceptionnel de contestation renvoie à un débat important, mais ce débat n’a pas réellement pris en raison de la mobilisation.

CONTRETEMPS -Un autre fait marquant est que, contrairement aux grandes mobilisations des deux dernières décennies, la locomotive du mouvement ne vienne cette fois-ci ni de l'enseignement, ni des transports – bien que les grèves aient été dans ces deux secteurs importantes- mais du secteur privé avec les salariés des raffineries. Comment expliquer cela ? Plus largement, comment analysez-vous, au niveau sectoriel, la diversité des dynamiques de la mobilisation en cours et, l'articulation entre luttes de salariés et luttes de la jeunesse ?

En raison de la présence plus relative, dans les grèves, des salariés du public qui ont pourtant été les principaux moteurs des luttes interprofessionnelles depuis 1995 (SNCF et éducation nationale, mais aussi La Poste, EDF-GDF…), ce mouvement a plutôt pris la configuration de manifestations massives avec une forte présence de salariés du public mais aussi de salariés de multiples entreprises du privé, combinées à des mouvements de grèves – parfois minoritaires – dans différents secteurs : les cantines scolaires, le transport routier, les convoyeurs de fond, le ramassage des ordures, et bien sûr les raffineries…

Il faut à la fois penser les conditions qui ont pu entraver la mobilisation des secteurs habituellement les plus mobilisés, et celles qui ont favorisé l’émergence de nouveaux fronts de mobilisation. Du côté des obstacles à la mobilisations des cheminots ou des enseignants, on les trouve facilement : dans l’échec de leurs mobilisations précédentes ! Depuis 2003, ces deux secteurs ont été le fer de lance de nombreuses luttes qui ont globalement débouché sur des échecs. Cette situation explique à la fois la difficulté à mobiliser largement les salariés de ces secteurs et la persistance d’une contestation menée par une minorité radicalisée : la faiblesse des taux de grévistes et leur persistance dans le temps. Plus largement, il ne faut pas oublier que l’impact économique et symbolique d’un arrêt des transports urbains et ferroviaires a été considérablement amoindri avec la loi du 21 août 2007 sur le service minimum. Si les militants syndicaux parviennent à contourner, via des grèves tournantes notamment, les nouvelles contraintes liées à l’obligation de continuité du service public, ce dispositif, avec l’obligation individuelle de se déclarer en grève 48h à l’avance, n’en a pas moins les effets attendus en termes d’obstacles supplémentaires à l’action collective.

Ça aura été de ce point de vue une surprise de voir les salariés des raffineries – et, dans une moindre mesure, les transporteurs routiers – prendre le relais des cheminots et des chauffeurs de bus. Si la pointe de la mobilisation était cette année, fait rare, dans le secteur privé, il s’agit cependant d’un secteur que les conditions et la rémunération du travail rapprochent des entreprises publiques. En outre, le rôle joué par les raffineries est très certainement à rechercher du côté des dynamiques propres à ce secteur où plane la menace d’une désindustrialisation de plus, avec la délocalisation du raffinage au plus près des activités d’extraction pétrolière. La lutte pour le maintien de la raffinerie Total de Dunkerque, au cours du premier semestre 2010, a constitué une répétition permettant aux salariés de faire l’expérience de l’efficacité de certains registres d’action. Il faut sans doute également prendre en compte les problématiques internes à la CGT, sa fédération des industries chimiques étant parmi les critiques de la ligne du « syndicalisme rassemblé ».

De même, on doit noter l’ancrage territorial des mobilisations, comme l’illustre la force et l’étendue du mouvement à Marseille et dans les Bouches du Rhône. Le fait qu’il y ait des grèves reconductibles lancées début octobre dans les Monoprix ne peut pas se comprendre sans faire référence à une participation beaucoup plus importante et régulière de salariés du secteur privé à Marseille lors des mobilisations de 2003, 2006 ou 2009. La configuration marseillaise renvoie à la fois à la situation de l’emploi, à l’histoire sociale locale et au travail militant réalisé depuis des années du côté des chômeurs et des précaires.

Dans le commentaire d’un article que nous avions précédemment publié sur contretemps, à propos des mobilisations du printemps 2009 contre la crise, un internaute évoquait une hypothèse. Les mobilisations contre la crise auraient constitué un tournant dans les formes de mobilisation. On passerait de mouvements tirés par des secteurs en lutte, souvent du secteur public, à des formes de mobilisation plus hétérogènes, davantage structurées sur un plan territorial, impliquant davantage d’entreprises du secteur privé… interdisant dans tous les cas de penser les dynamiques de mobilisation comme la résultante de l’action d’un secteur professionnel se plaçant en avant-garde.

 

Cette réflexion est pertinente dans le cadre d’une pensée stratégique orientée par l’objectif d’un « Tous Ensemble ».

Elle renvoie à un équilibre qui évolue entre secteurs public et privé : la puissance du public est entamée, de nouvelles forces émergent dans le privé, parfois issues du public, et la précarité se diffuse partout. Elle tient au renouvellement du salariat et aux politiques managériales qui entament les cultures professionnelles et militantes, qui étaient souvent imbriquées… Cette réflexion invite ainsi à repenser les dynamiques de mobilisation, et en particulier à dépasser l’opposition entre partisans de la grève générale et partisans des manifestations le samedi pour réfléchir à l’articulation de ces formes d’action, en essayant de retourner l’obstacle que constitue l’hétérogénéité croissante du salariat en un atout (voir ce qu’écrit à ce sujet Philippe Corcuff dans Mediapart). La réalité du mouvement syndical aujourd’hui est cependant marquée par l’absence d’une telle pensée stratégique. Si l’on peut rationnellement considérer que seule une dynamique de généralisation du mouvement, de blocage effectif de l’économie
permettrait de faire plier le gouvernement, une grande majorité des syndicalistes partent aujourd’hui du principe, soit qu’une telle dynamique est impossible, soit qu’elle n’est pas souhaitable.

CONTRETEMPS -Ce mouvement fait apparaître à nouveau un phénomène souvent considéré comme paradoxal : d'un côté, la mobilisation est extrêmement forte si l'on considère la participation aux manifestations et la popularité dont la crédite les sondages, y compris dans son durcissement ; d'un autre côté, les grèves reconductibles, n'ont pas véritablement pris. Ce type de phénomène avait déjà été évoqué en 1995 avec l'idée de « grève par procuration », cette logique est explicite lorsque les salariés des raffineries en lutte déclarent : «On bloque pour ceux qui ne peuvent pas faire grève» . Cette fois, cependant, la multiplication des actions de blocage ( routes, flux de combustibles, déchetteries..) mises en oeuvre par des collectifs interprofessionnels semble esquisser un nouveau modèle : on fait la grève si l'on peut, on s'arrange pour participer aux manifestations mais l'inscription dans la mobilisation implique aussi
une recherche d'effets économiques concrets.. Une telle dynamique n'est pas sans rappeler le rôle crucial des barrages routiers dans les lutte des piqueteros en Argentine en 2002-2003 ou, plus encore dans le cycle de mobilisations qui dans la première moitié des années 2000 a précédé l'accession au pouvoir du MAS d'Evo Morales en Bolivie.. En bref, la dégradation de la position de nombre de salariés sur leur lieu de travail aurait donc bien pour effet de rendre extrêmement difficile une généralisation des grèves mais, par contre, elle pourrait laisser la place à une plus grande diversité d'expression de la conflictualité qui n'exclue pas des processus de radicalisation. Que pensez-vous d'une telle lecture ? Et si on la suit, dans quelle mesure peut-on considérer que cette mobilisation marquerait l'entrée, pour la France, dans un nouveau modèle de grand conflit social ?

Le printemps 2003 avait été marqué par des tentatives, portées par les enseignants, de porter leur lutte auprès des salariés du privé. Le CPE, en 2006, avait marqué plus nettement cette volonté de jonction entre le monde éducatif entendu au sens large et le « monde salarial» (bien entendu, l’éducation est aussi un monde du travail !), à travers l’organisation d’assemblée générales interprofessionnelles, mais aussi à travers beaucoup d’actions coup de poing, tout à la fois censées frapper l’opinion et entraver le fonctionnement normal de l’économie. On retrouve ces formes aujourd’hui, et ce qui est peut-être intéressant c’est de voir que la logique des actions coup de poing, des blocages, qui était initialement surtout portée par les franges les plus radicales, est aujourd’hui largement reprise au sein des organisations syndicales elles-mêmes. La diffusion de ces pratiques, parce qu’elle engage des acteurs divers, participe de la recomposition d’une identité collective dont les « grèves par procuration » constituent un autre symptôme. Ce phénomène a été particulièrement visible pendant le mouvement, avec une multitude de soutiens spontanés en faveur des grévistes, la multiplication des caisses de grève et des actions de solidarité, d’habitants, de citoyens, d’enseignants. Certains médias, comme Mediapart, ont joué un rôle important dans la construction de ce mouvement de solidarité. Les cortèges des manifestations, s’ils étaient structurés par les délégués syndicaux, se sont avérés plutôt hétéroclites. L’alignement du privé et du public a effacé le passif de 1993. Le mouvement contre le CPE a révélé l’imbrication désormais étroite entre le monde du travail et celui de l’école. Le mouvement a développé une conscience de sa propre légitimité qui lui a permis de ne pas tomber dans le piège de la stigmatisation des casseurs. Autant d’éléments qui participent de la reconstitution d’une identité commune.




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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 19:32

 

http://www.mai19.justice-europe.org/spip.php?article192

Suite aux événements à Lyon le 21 octobre place Bellecour, de nombreuses associations et organisations se sont réunies pour examiner les réponses à donner au franchissement par le gouvernement d’une étape supplémentaire dans sa dérive sécuritaire et sa remise en cause des libertés fondamentales.
Communiqué :

Le gou­ver­ne­ment a fran­chi à Lyon une étape sup­plé­men­taire dans sa dérive sécu­ri­taire et sa remise en cause des liber­tés fon­da­men­ta­les.

Pendant plu­sieurs jours, un chaos social a été orga­nisé, avec des inter­rup­tions « pré­ven­ti­ves » des trans­ports en commun et une sur- pré­sence de poli­ciers lour­de­ment armés, qui étaient là pour main­te­nir un climat d’angoisse, quand ils n’agis­saient pas en pro­pa­ga­teurs de rumeurs.

Le jeudi 21 octo­bre, entre 13h30 et 19h30, plu­sieurs cen­tai­nes de per­son­nes, majo­ri­tai­re­ment des jeunes, voire des mineurs, ont subi, sur ordre de l’auto­rité pré­fec­to­rale, une garde à vue de fait en plein air, place Bellecour, tota­le­ment illé­gale. Elles étaient venues rejoin­dre le cor­tège d’une mani­fes­ta­tion auto­ri­sée, ou pas­saient sim­ple­ment pour se rendre à leur tra­vail ou ailleurs. Elles ont été gazées, fla­sh­bal­lées, matra­quées, arro­sées pen­dant plu­sieurs heures dans la nasse fermée par un double cordon de CRS, de gen­dar­mes et de poli­ciers qu’était deve­nue la place Bellecour.

De plus, de nom­breux témoi­gna­ges nous condui­sent à nous inter­ro­ger sur les pra­ti­ques dis­cri­mi­na­toi­res des forces de l’ordre, dont cer­tains mem­bres pro­fé­raient des inju­res racis­tes ou libé­raient les jeunes selon leur faciès, et qui plus géné­ra­le­ment, ont sys­té­ma­tisé les contrô­les d’iden­tité de toutes les per­son­nes rete­nues sur la place et les pho­to­gra­phies d’iden­tité au faciès.

A ces accu­sa­tions graves, l’auto­rité pré­fec­to­rale doit appor­ter une réponse claire et per­met­tre une véri­fi­ca­tion de tous les dos­siers cons­ti­tués à cette occa­sion ; il est regret­ta­ble que l’auto­rité judi­ciaire n’ait pas été mise en situa­tion d’assu­rer immé­dia­te­ment sa mis­sion de pro­tec­tion des liber­tés indi­vi­duel­les, rela­ti­ve­ment aux mesu­res de réten­tion col­lec­tive, de contrô­les, de véri­fi­ca­tions et de rele­vés d’iden­ti­tés opé­rées en ces cir­cons­tan­ces.

Au sur­plus, la pro­cé­dure de com­pa­ru­tion immé­diate a été uti­li­sée, laquelle ne permet pas une véri­ta­ble défense indi­vi­duelle, repose rare­ment sur des éléments maté­riels de preuve et répond à un souci de média­ti­sa­tion, au risque de méconnaî­tre les prin­ci­pes du procès équitable énoncés par la Cour Européenne des Droits de l’Homme et repris par le Conseil Constitutionnel et la Cour de Cassation.

Les orga­ni­sa­tions sous­si­gnées enten­dent tout faire pour réta­blir les droits démo­cra­ti­ques et les liber­tés fon­da­men­ta­les bafouées et les faire res­pec­ter. Elles appel­lent la popu­la­tion et les orga­ni­sa­tions atta­chées aux droits démo­cra­ti­ques à faire bloc contre l’ensem­ble de ces attein­tes aux droits.

Elles déci­dent d’orga­ni­ser un mee­ting dans la semaine du 24 novem­bre avec témoi­gna­ges, paro­les de juris­tes et inter­ven­tion d’une per­son­na­lité natio­nale don­nant toute leur dimen­sion à ces pra­ti­ques.

Elles déci­dent de récol­ter des témoi­gna­ges – au sens juri­di­que du terme – pour exa­mi­ner d’une part la pos­si­bi­lité d’un dépôt de plainte, d’autre part assu­rer le sou­tien aux inculpés.

Signatures :

CGT (UD Rhône), COVRA (Collectif Villeurbannais pour un Rassemblement Anti-libé­ral), FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique), GAL (Gauche Alter Lyon), MAN (Mouvement pour une Alternative Non-vio­lente), Mouvement des Jeunes Communistes, Mouvement de la Paix Rhône, Parti Communiste Français Rhône, Parti de Gauche, PAG69 (Pour une Alternative de Gauche), RUSF (Réseau Education Sans Frontières), syn­di­cats Solidaires 69,

et les asso­cia­tions et orga­ni­sa­tions sui­van­tes, mem­bres du CIRDEL (Centre d¹Initiatives et de Réflexion pour la Défense des Libertés) : Alternatifs, attac-Rhône, CABIRIA, Europe Ecologie/Les Verts, FSU, Gauche Unitaire, LDH Rhône, MFPF 69 (Planning fami­lial), MRAP, Ras l¹front69, SAF (Syndicat des Avocats de France), SM (Syndicat de la Magistrature)




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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 20:20

 

COMPTE RENDU DE LA DISCUSSION DE L ASSEMBLEE GENERALE INTERPROFESSIONNELLE GARE DE L EST ET ILE DE FRANCE DU 6 NOVEMBRE 2010

(A l'exception de la discussion sur la réunion publique)

Remarque préalable relative à la réalisation de ce compte rendu. Il ne diffère de la version présentée oralement au terme de la discussion lors de l'AG en question que par quelques ajouts. Les différences sont essentiellement relatives à des oublis de la présentation orale, sur des aspects décidés collectivement pas l'équipe mandatée. Quelques précisions ont également été apportées dans la version écrite, afin de rendre plus explicites certaines idées de la discussion rapportées en synthèse. Enfin, autant la présentation orale que la version écrite comportent nécessairement un aspect subjectif lorsqu'elles synthétisent des points de vue exprimés. Nous avons tenté de limiter le plus possible cet aspect mais, pour ceux qui ne se reconnaitraient pas complétement dans le compte-rendu, il est toujours possible d'en demander la modification sur la base des notes manuscrites réalisées par Yasmina.

Une réalité, exprimée implicitement par la plupart des interventions, est que cette réunion de l'AG inter-pro est, comme les précédentes d'ailleurs, un produit de la mobilisation de la lutte contre le projet de loi contre les retraites, même si elle n'est pas que cela.

Plus généralement, on peut d'ores et déjà mettre en évidence un certain nombre de forces de cette lutte, comme c'est apparu (implicitement et explicitement) à travers de nombreuses interventions :

Sa massivité (dans les manifestations) ;

Les prise de contacts, sous des formes diverses, entre ouvriers de différents secteurs, actifs, précaires ou chômeurs, et de sensibilités différentes ;

Le développement d'une certaines prise de conscience, hétérogène, des nécessités de la lutte, notamment de son extension et sa pris en charge par les ouvriers eux-mêmes ;

L'apparition de minorités qui se dégagent de la lutte avec comme préoccupation de favoriser son développement, notamment sa prise en main par les ouvriers eux-mêmes ;

Le rôle joué par les syndicats, comme saboteurs de la lutte, apparu plus clairement à une partie de la classe ouvrière.

Elle a cependant manifesté des difficultés responsables en particulier de la moindre force du mouvement dans sa phase actuelle :

Son incapacité à faire échec aux manœuvres de l'intersyndicale destinées à l'envoyer dans le mur ;

L'absence d'une coordination réelle des luttes.

Quelle est la dynamique actuelle de la mobilisation contre la réforme des retraites ?

Malgré l'absence d'une homogénéité de tous autours d'une analyse commune à propos de où en est le mouvement, un certain nombre de facteurs non démentis ont été avancés mettant en évidence le déclin de la mobilisation contre la réforme des retraites :

La diminution de la massivité des manifestations ;

La diminution du mouvement de grève ;

La moindre participation des étudiants et lycéens.

Néanmoins, de même que la mobilisation contre la réforme des retraites concernait dans le fond un problème bien plus global que celui de cette attaque particulière, puisque qu'elle s'inscrivait dans une riposte plus large contre toutes les attaques, la lutte est amenée à se poursuivre contre les attaques futures. Vraisemblablement qu'elle ne rebondira pas immédiatement, mais elle rebondira.

La question qui se pose à nous est donc la suivante : comment préparer au mieux les luttes futures. A ce propos, un certain nombre de propositions concrètes ont été faites que nous reproduisons telles qu'elles ont été formulées :

Ne pas attendre 2012, ce qui est une évidence pour tous même si certains disent qu'il faudra voter pour un gouvernement ouvrier ;

Préparer dés maintenant une caisse de grève, ceci afin de faciliter l'entrée en lutte de certains secteurs du privé qui jusqu'à présent n'ont pas bougé. Une telle proposition s'est vue opposée l'objection selon laquelle les grèves générales en 1936 de même que mai 68 n'ont été préparés par aucune caisse de grève ;

Construire des sections syndicales là où il n'en existe pas ;

Réaliser un tract à diffusion massive en direction des grandes surfaces, non pas à l'embauche ou à la sortie, mais pendant les heures mêmes de travail ;

Aller trouver les travailleurs du pôle emploi qui bientôt vont entrer en lutte ;

Mettre en place une Assemblée Générale inter-professionnelle à l'échelle nationale ;

Réfléchir, tirer les leçons de la mobilisation sur les retraites, une prochaine réunion publique pouvant constituer une étape dans la mise en place d'une activité (de type comité de lutte) permettant que les éléments les plus avancés qui se sont détaché de cette lutte gardent le contact autour d'une activité commune ;

Il est apparu qu'une question centrale posée par la lutte est celle de la nature des syndicats comme moyen de lutte pour la classe ouvrière. Deux conceptions fondamentalement différentes se sont opposées :

Les syndicats sont ce qu'on en fait. C'est la raison pour laquelle il est important de militer dans tous les syndicats et de créer des sections syndicales là où il n'en existe pas ;

Les syndicats ne peuvent constituer un moyen de lutte pour la classe ouvrière qui doit s'organiser pat elle-même. Toute l'expérience historique depuis un siècle atteste de cette réalité.

Au sein de cette dernière position, il existe différentes variantes dont une laisse ouverte la possibilité de faire un travail au sein des syndicats, non pas pour les reconquérir mais pour les combattre de l'intérieur.

Des interventions ont articulé la lutte contre les attaques capitalistes avec le projet d'une autre société où les moyens de production seraient mis à la disposition de la satisfaction des besoins humains. Il n'y a eu aucune objection à ce que soit réalisé un tel lien dans la mesure où, dans cette assemblée, personne ne défendait la possibilité de réformer le capitalisme.

Certaines "étapes" du mouvement, correspondant à des visions "classiques", ont été avancées mais non reprises ni réellement discutées :

Nationalisation des banques, contrôle ouvriers, partage du travail, etc.

On fait la grève générale, on s'arrête et on réfléchit collectivement à ce qu'il convient de faire.

Dans la mesure où le premier type de mesures avait une très forte connotation "programme de transition de Trotsky", un participant a déclaré ne pas être partisan d'un projet reproduisant le régime des pays de l'Est qu'il avait vécu personnellement. C'est la raison pour laquelle, il s'orientait plus aujourd'hui vers un écologisme plus à même, selon lui, de modifier les bases de la société.

Une autre intervention a mis en avant la nécessaire analyse critique de l'expérience russe, depuis sa dégénérescence jusqu'à l'instauration du stalinisme.







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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 18:45

 

http://www.nordlittoral.fr/actualite/Faits_divers/Faits_divers/2010/11/06/article_prison_ferme_pour_avoir_outrage_claude_d.shtml

Cérémonies du 14 Juillet perturbées par un no-border

Prison ferme pour avoir outragé Claude Demassieux et des policiers

Le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer n'aura pas eu le loisir de rencontrer souvent Grégory Pasqueille, âgé de 26 ans. En juin dernier, la juridiction avait ordonné une expertise médicale, le prévenu étant placé sous curatelle.

Le jeune homme ne s'est jamais déplacé au rendez-vous du spécialiste... et à cette heure, malgré les recherches, il semble vraiment perdu dans la nature, en tout cas injoignable.

À Calais, le 14 juillet 2009, les festivités de la Fête Nationale se déroulent, comme partout en France. Natacha Bouchart, maire de Calais, est présente, outre Claude Demassieux, son directeur de cabinet. Les autorités municipales sont occupées à distribuer des friandises et des bâtons lumineux aux enfants... C'est alors que le prévenu intervient, se réclamant de la mouvance No Border, et de proclamer à qui veut bien l'entendre, en insultant : «  Madame le maire ne fait rien pour les réfugiés... Il faudrait des douches pour eux, plutôt que de distribuer tout ça...  ». Natacha Bouchart lui fait remarquer que ce n'est ni le lieu, ni le moment. Il faudrait qu'elle le rencontre un peu plus tard.

« Je vais te casser les lunettes »

Et de s'adresser finalement à Claude Demassieux en ces termes : « Toi, le vieux, je vais te casser tes lunettes... ». Les policiers sont appelés aussitôt pour tenter de ramener le calme. Et eux aussi en prennent pour leur grade : « J'en n'ai rien à foutre... appelez la presse et mon avocat... j'ai des relations ».

Maître Tachon intervient en partie civile pour Claude Demassieux : « Cet homme est décidément un drôle de bonhomme. Un ami était initialement venu témoigner pour lui, mais en son absence, il n'a pas souhaité se représenter. Certes, ce garçon prend fait et cause pour des associations aux buts tout à fait légitimes. Pourquoi intervenir ainsi alors qu'il y avait plein d'enfants présents ? Le prévenu avait un avocat... un conseil parisien, puis un Lillois, et enfin un Boulonnais, et au final, plus personne. Mon client est un ancien député ». Il sollicite le versement de l'euro symbolique.

Injoignable et introuvable

Maître Devos-Courtois intervient pour les policiers : « Mes clients étaient là pour ramener l'ordre... tout simplement  ». Pour chacun, cent cinquante euros de dommages et intérêts sont réclamés, outre les frais d'avocat. « Un garçon injoignable, un homme introuvable, avec un comportement qui correspond bien aux idées qu'il veut défendre, précise le substitut. Il a déjà une mention à son casier judiciaire pour avoir refusé de donner ses empreintes... encore une fois dans la droite ligne de ses idées ». Il requiert un mois de prison ferme.

Grégory Pasqueille écope finalement d'un mois de prison ferme. Claude Demassieux reçoit l'euro symbolique, comme sollicité, outre trois cent euros pour les frais d'avocat. Chacun des policiers reçoit également l'euro symbolique, et trois cent euros au titre des frais de justice.



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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 17:58

 

Le samedi 6 novembre à Tours se sont réuni-e-s les délégué-e-s mandaté-e-s ou observateurs/trices de vingt cinq Assemblées Générales (AG) interprofessionnelles, Assemblées Générales de lutte, intersyndicales ouvertes à des non-syndiqué-e-s, collectifs, coordinations intersecteurs, etc..., de Laval, Le Havre, Angers, Béziers, Saint Etienne, Roanne, Chambéry, Nantes, Angoulême, Cognac, Bayonne, Chinon, Nîmes, Tours, Saint Denis, Rouen, Champigny, Paris-Est, Paris-Centre, Paris cinquième et treizième arrondissements, Paris vingtième arrondissement, Vannes, Lille, Grenoble et Nancy (sont excusées les villes de Aubenas, Agen, Brest, Rennes, Montpellier et Sarlat).

Les travailleur/se-s du public et du privé, les chômeur/se-s, les retraité-e-s, les lycéen-ne-s et les étudiant-e-s se sont mobilisé-e-s massivement par la grève, la manifestation et les actions de blocage pour le retrait de la réforme des retraites, avec le soutien de la majorité de la population. Pourtant, le pouvoir n’a répondu que par le mépris, la désinformation, la répression, l’atteinte au droit de grève, et il décide de passer en force.

La lutte contre la réforme des retraites arrive à un moment charnière. Alors que le gouvernement et la plupart des médias nous annoncent depuis des semaines la fin de la mobilisation, des actions de blocage et de solidarité sont menées dans tout le pays et les manifestations sont encore massives. Cette loi doit être abrogée. Nous refusons l’enterrement du mouvement après le vote de la loi.

La stratégie de l’intersyndicale a été un échec pour les travailleur/se-s. Mais l’heure n’est pas à la résignation : nous sommes résolu-e-s à continuer le combat. Dans de nombreuses localités, celles et ceux qui luttent, syndiqué-e-s de diverses organisations et non-syndiqué-e-s, se sont retrouvé-e-s dans des Assemblés générales et des collectifs pour réfléchir et agir ensemble : informer, soutenir les secteurs en lutte, étendre la grève reconductible, organiser des actions de blocage. Nous voulons que cette dynamique de l’auto-organisation et de l’action commune se pérennise, s’amplifie et se coordonne.

Ce mouvement s’inscrit dans une perspective plus large pour donner un coup d’arrêt à la politique du gouvernement et du patronat, qui préparent de nouvelles attaques, notamment sur l’assurance maladie.

Nous restons convaincu-e-s que le seul moyen de gagner contre le gouvernement est le blocage de l’économie et la grève générale.

Nous appelons à faire front contre la répression qui frappe de plus en plus brutalement celles et ceux qui participent au mouvement social.

Nous avons tenu cette réunion nationale pour commencer à discuter entre nous, à nous coordonner et à mener des actions communes.

Nous appelons celles et ceux qui luttent à se réunir en Assemblées générales s’il n’y en a pas encore dans leur localité.

Nous appelons toutes les Assemblées Générales interprofessionnelles, Assemblées Générales de luttes, intersyndicales étendues aux non-syndiqué-e-s, etc., à participer à la prochaine rencontre nationale à Nantes le samedi 27 novembre 2010, en envoyant des délégué-e-s mandaté-e-s.

Nous invitons les organisations syndicales à envoyer des observateur/trice-s à cette rencontre.

Nous appelons aux actions suivantes, venant renforcer les actions de toute nature qui se déroulent quotidiennement :

Une action symbolique le 11 novembre à 11 heures pour l’abrogation du projet de loi et en hommage aux morts au travail avant la retraite ;

Une journée d’action de blocage économique le 15 novembre, pour laquelle nous appelons au soutien international ;

Une action symbolique consistant à brûler le texte de loi le jour de sa promulgation.




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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 20:22

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article5565

Le premier ministre palestinien Ismail Haniyeh rencontre Stephane Hessel

Le Premier ministre palestinien a rencontré une délégation française dans la bande de Gaza, dont l’ancien ambassadeur français Stéphane Frédéric Hessel, un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et Régis Debray, conseiller des affaires étrangères de l’ancien président François Mitterrand.

Ont également assisté à la réunion le ministre de la Justice du gouvernement de Gaza, Mohamed Faraj al-Ghoul, le sous-secrétaire du ministère des Affaires étrangères, le Dr Ahmad Yusuf, le porte-parole du gouvernement Taher al-Nounou, et Issam Younis, directeur du Centre Mizan pour les droits de l’homme.

Le Premier ministre Ismaïl Haniyeh a appelé ses invités à aider les Palestiniens à se libérer de l’occupation, à mettre un terme à l’activité de colonisation sur les terres palestiniennes et à établir un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem comme capitale. Il a souligné la nécessité de mettre fin au siège injuste contre les Palestiniens, en particulier dans la bande de Gaza, transformée en quelque chose ressemblant à une grande prison à ciel ouvert.

Au cours de la réunion, Ismail Haniyeh a également parlé de l’importance d’un dialogue direct avec les gouvernements occidentaux afin d’entendre leurs positions et de mieux comprendre leur vision.

Stephane Hessel a déploré l’incapacité de la communauté internationale à aider les Palestiniens a rétablir leurs droits perdus depuis la Nakba en 1948 et il a déploré les deux poids deux mesures dans l’application du droit international en faveur d’Israël, bien que ce soit l’occupant.

Il souhaite améliorer cette situation en militant pour la restauration des droits des Palestiniens et pour assurer que justice soit faite par l’application du droit international et le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

CAPJPO-EuroPalestine





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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 20:11

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20101106/tts-france-justice-elysee-ca02f96.html

Surveillance de la presse : Guéant et Squarcini portent plainte (Reuters)

Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, et Bernard Squarcini, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), ont décidé de porter plainte pour diffamation après les articles de presse selon lesquels le pouvoir fait surveiller certains journalistes, rapporte samedi le Journal du dimanche (JDD).

Selon Le Canard enchaîné, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a demandé à Bernard Squarcini de créer une cellule spéciale au sein de la DCRI pour surveiller les journalistes travaillant sur "une enquête gênante pour lui ou pour les siens".

Il s'agirait notamment, selon l'hebdomadaire satirique, d'identifier les sources des reporters dans les dossiers liés à Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal, et dans le dossier de l'attentat anti-français de Karachi en 2002.

"C'est la première fois de ma vie que je porte plainte", a déclaré Claude Guéant au JDD. "On ne peut pas laisser dire n'importe quoi, il y a des limites à tout."

"Et puis il y a tellement de journalistes disant du mal du président, je le déplore, que cette tâche que l'on m'impute serait gigantesque", a-t-il ajouté. "Tout cela est absurde."

De son côté, Bernard Squarcini, assure qu'"il n'y a aucun cabinet noir ici", à la DCRI, et que son "seul vrai métier" consiste à déjouer les menaces terroristes.

Le directeur de la DCRI et Frédéric Péchenard, le directeur général de la police nationale, ont été entendus jeudi par des parlementaires sur le sujet. Mais rien n'a filtré de leur audition.

Le Parti socialiste a demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le sujet. Vendredi, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a qualifié de "fantasme" les soupçons d'espionnage de la presse.




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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 20:57

 

http://www.labreche.ch/Ecran/FranceMarchetti11_10.html

Un nouveau modèle de mobilisation

Jean Louis Marchetti *

On écrit des bilans quand c’est fini. Or ce n’est qu’un début… La situation n’est pas du tout stabilisée. Ni sur le plan économique, ni sur le plan social, ni même sur le plan politique. Bien trop tôt pour tirer des bilans, mais pas trop tôt pour commencer à tirer des leçons.

Une nouvelle période

A la suite de l’échec politique de Mai 68 nous avons crié ce n’est qu’un début et c’était vrai ! L’ébranlement de la société française et de l’ordre mondial ne faisait que commencer.

Le problème est aujourd’hui beaucoup plus grave pour les classes dominantes. Un nouveau cycle de radicalisation vient de s’ouvrir. Il va toucher peu à peu toutes les couches de la société, ébranlant l’ordre social en profondeur.

Ce réveil de la classe ouvrière survient au moment d’une crise décisive du système capitaliste, alors que les classes dirigeantes à l’échelle nationale et internationale sont de plus en plus divisées sur les moyens d’y faire face. Le système en crise se retrouve face à son fossoyeur !

A chaque période les militants révolutionnaires ont dans la tête comme référence l’histoire des derniers affrontements. Jusqu’ici nous avions dans la tête Mai 68 – en France voire en Italie – ou juin 36. Or c’est un nouveau modèle de mobilisation qui se construit sous nos yeux. Ouvrons-les

Le retour de la classe ouvrière

On la disait morte et enterrée et un beau jour le pays se réveille et s’aperçoit qu’il ne peut pas fonctionner sans dockers, camionneurs, cantinières, cheminots, traminots, éboueurs, marins, ouvriers de la chimie…

Au même moment le monde fait l’expérience qu’il fonctionnerait beaucoup mieux sans traders irresponsables, sans banquiers avides, sans agence de notations suspectes, sans politiciens véreux et même sans la Bourse !

Et cette leçon a été vue et commentée, souvent avec sympathie, dans le monde entier.

Les événements de 2010 en France, confirment s’il en était besoin la classe ouvrière comme acteur central de tout projet d’émancipation crédible. Sur le plan social bien sûr, mais aussi politique, écologique, voire culturel.

Nous devons en tirer des leçons du point de vue du programme comme de notre système d’organisation et de direction.

Grève générale ou mobilisation politique de masse ?

Nous avons défendu le mot d’ordre de grève générale et il fallait le faire, mais c’est tout autre chose qui s’est produit. Nous ne devons pas interpréter l’échec de la grève générale comme un échec du mouvement de masse, mais comme un palier.

La grève générale n’était pas d’actualité parce que dans la situation de délitement du système, elle ne peut être que le prélude à la prise du pouvoir, objectif qui est encore hors de portée. C’est pourquoi ce mot d’ordre, abstraitement juste, est resté porté seulement par une petite avant-garde. Ce qui ne traduit pas un retard de la conscience, mais au contraire une conscience juste de la profondeur de la crise qui va bien au-delà des capacités du mouvement syndical et souligne l’absence d’instruments politiques pour la résoudre.

La grève générale s’est pourtant bien imposée en France en juin 36 et en Mai 68.

Mais en 36, la question du pouvoir semblait être résolue par le gouvernement de Front Populaire. Personne actuellement ne fait un tel crédit au PS et à ses alliés.

Quant à Mai 68 pour la majeure partie de la classe ouvrière en grève, il s’agissait d’arracher un nouveau partage des fruits de la croissance, sans vraiment remettre en cause le modèle socio économique qui portait cette croissance et semblait durable. Cet objectif a bien été atteint même si la droite est restée au pouvoir.

Maintenant tout le monde a bien compris qu’au-delà des retraites, c’est le système tout entier qui est en cause. Avec la crise écologique, la crise de l’ordre impérialiste, la crise du modèle de civilisation, c’est une remise en cause beaucoup plus fondamentale que nous n’avions jamais pu l’imaginer jusqu’ici.

Dans ce contexte, le mot d’ordre de «grève générale» dépasse le niveau d’un simple affrontement revendicatif et pose la question du pouvoir. Question qui ne peut encore être résolue, ni au plan programmatique, ni au plan organisationnel.

Il s’est donc passé autre chose de totalement imprévue. Le mouvement s’est frayé un chemin vers une mobilisation politique de masse au travers de journées d’action nationales, grèves dures sectorielles bloquantes et blocages interprofessionnels. Et ce n’est qu’un début !

Se faisant la base revendicative s’élargit sans cesse. Paradoxalement, cet élargissement est facilité par l’absence de plate-forme revendicative claire et unitaire dans la bataille sur les retraites.

Au bout du compte, on est arrivé à une situation où la légitimité du gouvernement et de sa politique est remise en cause par tout le pays – y compris les humoristes – sans qu’une autre légitimité ne s’impose.

Une situation qui n’est pas nouvelle en France et que le retour de l’essence dans les stations services n’a nullement réglée.

Les limites du mouvement sur les retraites

Le mouvement contre la loi a atteint un palier. Il s’agit de bien identifier les problèmes à résoudre pour reprendre l’offensive.

Limites programmatiques

Dès le départ il était clair qu’il n’y avait pas d’accord entre les différents opposants au projet gouvernemental sur une proposition alternative. Division syndicale, mais aussi division politique à gauche. Donc pas d’alternative unitaire au projet gouvernemental. Il a fallu attendre les manifs les plus mobilisées pour voir apparaître des slogans en positif portés par la base.

Le principal inconvénient de ce flou revendicatif c’est de renvoyer chaque travailleur et travailleuse à sa situation personnelle et elles sont multiples. Pour la grande masse des enseignants, la catastrophe est survenue en 2003. Depuis lors, il est pratiquement devenu impossible pour un enseignant de prendre une retraite à taux plein à 60 ans. Pour beaucoup de femmes c’est le passage de 65 à 67 ans qui est dramatique. Dans les grosses entreprises, c’est l’hiatus entre les préretraites négociées de 55 à 60 et le nouvel âge de 62 ans pour toucher la retraite définitive…

Il est certain que si le mouvement avait eu dès le départ une exigence revendicative précise et unifiante, les choses auraient pris un autre tour. Pour aller plus loin, il va bien falloir définir sur quels objectifs on continue la bataille.

Limites organisationnelles

Jusqu’ici, la mobilisation est largement restée dans un cadre syndical ou intersyndical. Ce qui prouve en tout cas que, bien qu’affaiblis, les syndicats remuent encore.

La stratégie assumée dans l’unité par les directions confédérales n’a pas été un obstacle au développement du mouvement, même si elle n’a pas permis de faire annuler la loi. Mais il ne sera pas possible de passer à un stade supérieur de l’affrontement, sans un développement massif de l’auto-organisation.

Et le besoin d’auto-organisation croîtra pour répondre à deux nécessités: 1°dépasser le palier que nous avons atteint en suivant la stratégie des confédérations syndicales ; 2° l’extension et l’enracinement des mobilisations sur de multiples terrains bien au-delà de la question des retraites.

Limites politiques

Le mouvement n’a pas de répondant politique.

Ce qui pose un problème particulier face à un gouvernement du type Sarkozy qui adopte une posture intraitable. S’il n’est pas envisageable qu’il se soumette, il ne reste plus qu’une issue possible : qu’il se démette. Mais au profit de qui ?

Encore une fois, cette question ne se posait pas en 1936 où le Front Populaire venait de gagner les élections. Et elle ne se posait pas non plus avec la même acuité en 1968, où le gouvernement a été rapidement contraint par les grévistes de signer les accords de Grenelle (27 mai 2010), certes très en deçà des possibilités, mais représentant quand même de substantielles conquêtes, ouvrant la voie à d’autres conquêtes.

L’obstacle politique actuel est d’autant plus important que ce gouvernement est adossé aux institutions européennes et soumis au contrôle tatillon «des marchés».

Comment définir et appliquer une politique ouvertement contradictoire avec ces forces hostiles ? Avec quelles forces politiques ? Question incontournable.

Si la question posée, c’est bien celle du partage des richesses, elle relève de la responsabilité d’un gouvernement qui ne peut être celui de Sarkozy.

Nos tâches

Quelques pistes à l’arraché

Revoir nos analyses sur la période. Nous ne cessons de courir derrière les événements. Il serait temps de remettre les pendules à l’heure sur la profondeur de la crise du système et la direction tracée par les luttes de masse de cet automne.

Le NPA est le parti de la grève générale, c’est jusqu’ici notre seule perspective stratégique, notre réponse systématique à toutes les situations. C’est manifestement un peu court. Nous devons proposer une stratégie politique à un mouvement politique de masse à l’offensive et qui pose objectivement la question du pouvoir.

On ne peut plus continuer à ignorer le contexte institutionnel européen en pleine construction. C’est maintenant un élément de la politique quotidienne. Il faut y apporter des réponses sous forme de mots d’ordre clairs et agitatoires.

Construire le parti là où les choses se décident. Dans les raffineries et sur les ports, à la SNCF et chez les routiers. La liste n’est pas limitative, mais c’est dans les usines et les transports que s’est joué le blocage du pays. Au moment décisif nous n’étions pas là où les choses se décident.

Il serait rédhibitoire pour un parti comme le nôtre de se montrer incapable de se lier aux secteurs de la classe ouvrière, seuls capables de mettre la bourgeoisie à genoux.

Et pour mettre les points sur les i, il s’agit d’amener la politique du parti à l’usine ; question qui ne se résume pas à la construction de fractions syndicales.

Le parti des luttes ce doit être d’abord le parti de ceux qui luttent. Voilà ce qui doit guider notre fonctionnement comme le choix de nos instances.

Je ne prétends apporter aucune réponse à ces questions dans les limites de ce texte, même si comme tout le monde, j’ai quelques idées.

Il y a au moins une chose dont je suis certain, c’est que la configuration dans laquelle le Congrès du NPA est actuellement engagé ne permet pas de se poser les bonnes questions. Les divisions préexistaient aux «événements». Et l’ensemble du parti, toutes tendances confondues, a couru derrière la mobilisation.

Il serait tout à fait dommageable d’imaginer que l’on puisse refermer la parenthèse et retourner tranquillement à nos petites affaires de tendance.

*Jean-Louis Marchetti, militant syndical dans la FSU (enseignement), membre du NPA des Bouches-du-Rhône et membre de sa commission écologie. Le titre est de la rédaction de A l’Encontre.


    

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