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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 17:52

 

http://www.revue-ballast.fr/marwan-barghouti

 

http://www.france-palestine.org/Pourquoi-nous-sommes-en-greve-de-la-faim-dans-les-prisons-d-Israel

 

Pourquoi nous sommes en grève de la faim dans les prisons d’Israël

 

Par Marwan Barghouti

 

Le texte original est paru en anglais le Dimanche 16 avril 2017 dans les colonnes du New York Times, sous le titre « why we are on hunger strike in Israel’s prisons »

 

Traduction d'Yves Jardin, membre du groupe de travail de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) sur les prisonniers, pour l'AFPS et Ballast.

 

« Nous devons faire de Marwan Barghouti le Nelson Mandela d’aujourd’hui », lança Rony Brauman, ancien président de Médecins Sans Frontières (MSF). La comparaison n’est pas rare et les voix abondent, de par le monde, pour exiger la libération du leader palestinien qui, derrière les barreaux, ambitionne pourtant de briguer un jour la présidence. Condamné à perpétuité pour terrorisme et emprisonné depuis plus d’une décennie, Marwan Barghouti, né en 1959, fut dirigeant de la branche armée du Fatah et joua un rôle important lors des deux intifadas. En 2012, le député appela toutefois, de sa cellule, à une résistance populaire pacifique puis condamna la récente intifada des couteaux. Le parlement tunisien proposa l’an passé sa candidature au prix Nobel de la paix et le journal israélien Haaretz va jusqu’à le décrire comme l’homme qui pourrait mener son peuple à l’indépendance. Nous vous proposons, en partenariat avec l'AFPS, la traduction de sa dernière tribune, parue Dimanche 16 Avril 2017 dans le New York Times. Marwan Barghouti y explique les raisons du mouvement qui vient d’être lancé par plus de mille prisonniers palestiniens, dont lui, une grève de la faim pour la longue marche vers la liberté.

 

Ayant passé les quinze dernières années dans une prison israélienne, j’ai été à la fois témoin et victime du système illégal israélien d’arrestations collectives arbitraires et des mauvais traitements des prisonniers palestiniens. Après avoir épuisé toutes les autres options, j’ai décidé que le seul choix pour résister à ces mauvais traitements était de se mettre en grève de la faim.

Quelques mille prisonniers palestiniens ont décidé de participer à cette grève de la faim, qui commence aujourd’hui, la journée que nous célébrons ici comme la journée des prisonniers.

Faire la grève de la faim est la forme la plus pacifique de résistance qui existe. Elle fait souffrir uniquement ceux qui y participent et ceux qui leur sont chers, dans l’espoir que leur estomac vide et leur sacrifice aideront à ce que le message trouve un écho au-delà des limites de leur sombre cellule.

Des décennies d’expérience ont prouvé que le système israélien inhumain d’occupation coloniale et militaire a pour but de briser le courage des prisonniers et de la nation à laquelle ils appartiennent, en infligeant des souffrances à leur corps, en les séparant de leur famille et de leur société et en faisant usage de mesures humiliantes pour les obliger à se soumettre. Malgré de tels traitements, nous ne nous soumettrons pas.

Israël, la puissance occupante, a violé le droit international de multiples façons depuis près de soixante dix ans et a cependant bénéficié de l’impunité pour ses actes. Il a perpétré de graves violations des conventions de Genève contre les palestiniens. Les prisonniers, parmi lesquels des hommes, des femmes et des enfants, ne font pas exception.

Je n’avais que quinze ans quand j’ai été emprisonné pour la première fois. J’avais à peine dix huit ans quand un interrogateur israélien m’a forcé à écarter les jambes, alors que j’étais debout et dénudé dans la salle d’interrogatoire, avant de me frapper sur les parties génitales. Je me suis évanoui de douleur et la chute qui en a résulté m’a laissé au front une cicatrice pour le reste de ma vie. L’interrogateur s’est ensuite moqué de moi, en disant que je ne procréerai jamais parce que des gens comme moi ne donnent naissance qu’à des terroristes et à des meurtriers.

Quelques années plus tard, je me suis trouvé de nouveau dans une prison israélienne, menant une grève de la faim, quand mon premier fils est né. Au lieu des bonbons que nous distribuons habituellement pour célébrer de telles nouvelles, j’ai distribué du sel aux autres prisonniers.

Quand il a eu à peine dix huit ans, il a à son tour été arrêté et il a passé quatre ans dans les prisons israéliennes.

L’aîné de mes quatre enfants est maintenant un homme de trente et un ans. Cependant, je suis toujours ici, poursuivant ce combat pour la liberté en même temps que des milliers de prisonniers et des millions de palestiniens avec le soutien de tant de personnes dans le monde entier. Quel problème y a-t-il avec l’arrogance de l’occupant, de l’oppresseur et de leurs partisans qui les rende sourds à cette simple vérité, nos chaînes seront brisées avant que nous ne le soyons, parce qu’il est dans la nature humaine de répondre à la demande de liberté, quel qu’en soit le prix.

Israël a construit presque toutes ses prisons en Israël plutôt que dans les territoires occupés. En agissant ainsi, il a illégalement, et par la force, transféré les civils palestiniens en captivité et il a utilisé cette situation pour restreindre les visites des familles et pour infliger des souffrances aux prisonniers par de long transports dans des conditions douloureuses. Il a transformé des droits fondamentaux qui doivent être garantis en application du droit international, y compris certains obtenus à grand peine par les grèves de la faim précédentes, en privilèges que son service pénitentiaire décide de nous accorder ou de nous retirer.

Les prisonniers et les détenus palestiniens ont souffert de la torture, de traitements inhumains et dégradants et de négligences médicales.

Certains ont été tués alors qu’ils étaient détenus. Selon le dernier bilan du club des prisonniers palestiniens, environ deux cent prisonniers palestiniens sont morts depuis 1967 du fait de tels actes. Les prisonniers palestiniens et leurs familles demeurent aussi une cible prioritaire de la politique israélienne d’imposition de châtiments collectifs.

Par notre grève de la faim, nous cherchons à mettre un terme à ces mauvais traitements.

Au cours des cinq décennies passées, selon l’association Addameer de défense des droits de l’homme, plus de huit cent mille palestiniens ont été emprisonnés ou détenus par Israël, soit l’équivalent d’environ quarante pour cent de la population masculine des territoires palestiniens. Aujourd’hui, environ six mille cinq cent d’entre eux sont toujours emprisonnés, avec parmi eux certains qui ont la lugubre distinction de détenir les records mondiaux des plus longues périodes de détention de prisonniers politiques. Il n’y a guère de famille en Palestine qui n’ait enduré de souffrances provoquées par l’emprisonnement d’un ou de plusieurs de ses membres.

Comment rendre compte de cet incroyable état de choses ?

Israël a créé un double régime juridique, une forme d’apartheid judiciaire, qui assure une quasi-impunité aux israéliens qui commettent des crimes contre les palestiniens, tout en criminalisant la présence et la résistance palestinienne. Les tribunaux d’Israël sont une parodie de justice et sont clairement des instruments de l’occupation coloniale et militaire. Selon le département d'état, le taux de condamnation des palestiniens devant les tribunaux militaires est de presque quatre vingt dix pour cent.

Parmi les centaines de milliers de palestiniens qu’Israël a emmenés en captivité, il y a des enfants, des femmes, des parlementaires, des activistes, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme, des universitaires, des personnalités politiques, des militants, des passants et des membres de la famille des prisonniers. Et tout cela avec un seul but, enterrer les aspirations légitimes d’une nation toute entière.

Au lieu de cela, cependant, les prisons d’Israël sont devenues le berceau d’un mouvement durable pour l’auto détermination palestinienne. Cette nouvelle grève de la faim démontrera une fois encore que le mouvement des prisonniers est la boussole qui guide notre combat, le combat pour la liberté et la dignité, nom que nous avons choisi pour cette nouvelle étape dans notre longue marche vers la liberté.

Israël a cherché à tous nous marquer au fer en tant que terroristes pour légitimer ses violations du droit, parmi lesquelles les arrestations collectives arbitraires, les tortures, les mesures punitives et le restrictions rigoureuses. Dans la volonté israélienne à saper la lutte palestinienne pour la liberté, un tribunal israélien m’a condamné à cinq peines de prison à perpétuité et à quarante ans de prison au cours d’un procès transformé en spectacle politique qui a été dénoncé par les observateurs internationaux.

Israël n’est pas la première puissance occupante ou coloniale à recourir à de tels expédients. Tout mouvement de libération nationale dans l’histoire peut rappeler des pratiques analogues. C’est pourquoi tant de personnes qui se sont battues contre l’oppression, le colonialisme et l’apartheid, se tiennent à nos côtés. La campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens, que la figure emblématique de la lutte contre l'apartheid, Ahmed Kathrada, et ma femme, Fadwa Barghouti, ont lancé en 2013 depuis l’ancienne cellule de Nelson Mandela sur l’île de Robben Island, a bénéficié du soutien de huit lauréats du prix Nobel de la paix, de cent vingt gouvernements, de centaines de dirigeants, de parlementaires, d’artistes et d’universitaires du monde entier.

Leur solidarité révèle l’échec moral et politique d’Israël. Les droits ne sont pas conférés par un oppresseur. La liberté et la dignité sont des droits universels qui sont inhérents à l’humanité et qui doivent profiter à toutes les nations et à tous les êtres humains. Les palestiniens ne feront pas exception. Seul le fait de mettre fin à l’occupation mettra fin à cette injustice et marquera la naissance de la paix.

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 20:02

 

https://www.change.org/p/jean-marc-ayrault-liberté-pour-ebru-firat

 

Liberté pour Ebru Firat

 

Ebru Firat, jeune française de vingt cinq ans, a été arrêtée le 8 septembre 2016 à l'aéroport d'Istanbul alors qu'elle allait rejoindre sa famille à Toulouse.

 

Elle avait déjà pris toutes les dispositions pour s'y installer et rechercher du travail.

 

Il y a quelques mois, elle avait combattu l'Etat Islamique au sein de la résistance kurde aux côtés des femmes qui avaient repris Kobane aux barbares de l' Etat Islamique. C'est certainement pour cela qu'elle a été arrêtée.

 

Les valeurs de liberté, de démocratie, d'égalité entre les femmes et les hommes et de laïcité sont aussi les nôtres .

 

Aussi, il ne nous appartient pas ici de juger les formes de son engagement passé mais plutôt d'être solidaires avec celles et ceux qui agissent contre la barbarie.

 

Nous réclamons la libération immédiate d'Ebru Firat et demandons aux autorités françaises d'agir dans ce sens pour sa défense, sa protection et sa libération.

 

Comité de soutien à l'initiative de Jean-Christophe Sellin, conseiller régional Languedoc Roussillon Midi Pyrénées Occitanie

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 19:38

 

PODEMOS PARA TODAS

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message d’Héloïse Nez relatif à Podemos.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.alencontre.org ou bien le site www.laviedesidees.fr aux adresses ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.alencontre.org/debats/debat-que-podemos-un-parti-en-puissance.html

 

 

http://www.laviedesidees.fr/Que-podemos.html

 

Que podemos ?

 

Un parti en puissance

 

Par Héloïse Nez

 

Mardi 11 Avril 2017

 

La vitalité de Podemos fait figure d’exception en Europe. Le mouvement espagnol peut-il survivre à son institutionnalisation ? Son positionnement au-dessus du clivage entre la droite et la gauche reste-t-il d’actualité ? À ces questions, les militants du jeune parti offrent des réponses parfois contradictoires.

En trois ans, Podemos a connu une croissance fulgurante. Le projet d’un mouvement politique contre l'austérité a été lancé le 17 janvier 2014 par un groupe d’universitaires et de militants qui se sont présentés aux élections européennes quelques mois plus tard. Il s’agissait, dans un contexte de forte crise économique, sociale et politique, de convertir l’indignation en changement politique. Les fondateurs de Podemos cherchaient ainsi à donner une traduction électorale au mouvement des indignés qui a émergé en Espagne à partir du 15 mai 2011, en portant leurs revendications pour une démocratie réelle et plus de justice sociale à l’agenda institutionnel. Ils ont de cette manière contribué à l’exception espagnole, qui met au centre du débat public la lutte contre les inégalités et la corruption quand l’Europe se tourne vers l’extrême droite. Leur proposition a tout de suite reçu un écho considérable. Des assemblées territoriales ou thématiques appelées cercles se sont multipliées à travers le pays, en s’appuyant sur la dynamique du mouvement du 15 mai 2011. Dans les urnes, Podemos a créé la surprise en remportant près de huit pour cent des suffrages aux élections européennes du 25 mai 2014.

Un processus d’institutionnalisation s’est alors enclenché pour transformer le mouvement en parti politique et le doter de statuts. Leur rédaction a fait l’objet d’un important travail de démocratie interne, avec l’implication de nombreux militants dans l’élaboration de la charte d’éthique et des documents politiques et organisationnels de la nouvelle formation. Différents projets ont ainsi été défendus lors du premier congrès de Podemos à Vistalegre au mois d'octobre 2014.

L’équipe formée autour du leader charismatique Pablo Iglesias est sortie largement vainqueur du vote, avec son projet de machine de guerre électorale visant à se mettre rapidement en ordre de marche pour les élections municipales, régionales et surtout législatives de 2015. Les résultats électoraux ont été impressionnants. Podemos a certes manqué son pari de prendre d’assaut le pouvoir à l’échelle nationale, mais il est entré dans de nombreuses institutions et s’est imposé comme troisième force politique en récoltant plus de vingt pour cent des voix aux élections législatives du 20 décembre 2015. Ce parti gouverne désormais les grandes villes du pays dans le cadre de coalitions d’unité populaire et forme l’une des principales forces d’opposition au congrès des députés et dans les parlements régionaux.

Alors que ce cycle électoral s’est aujourd’hui refermé, avec la réélection du conservateur Mariano Rajoy à la tête du gouvernement au mois d'octobre 2016 grâce à l’abstention du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), Podemos se trouve confronté à de nouveaux défis.

Les contradictions qui traversent ce jeune parti en attente de pouvoir ont été mises en évidence lors de son deuxième congrès national, qui a eu lieu les 11 et 12 février 2017 à Vistalegre. Les médias en ont surtout retenu la lutte fratricide entre le numéro un, le secrétaire général Pablo Iglesias, et le numéro deux, Íñigo Errejón, secrétaire politique jusqu’au 18 février 2017, en résumant l’événement à un combat d’égos. Les conflits internes risquent effectivement d’affaiblir la jeune formation, qui n’a pas échappé à un processus de bureaucratisation éloignant des militants de base les élites et les permanents qui s’affrontent notamment pour la répartition des postes de pouvoir. Cette disjonction entre les attentes et les intérêts des uns et des autres a été très visible lors du congrès. Les militants des cercles présents dans le public ou à la tribune n’ont cessé de rappeler à l’ordre leurs dirigeants nationaux, en scandant « unidad » à chacune de leurs interventions. La lutte à laquelle se livrent les trois tendances développées ces derniers mois au sein de Podemos, les partisans de Pablo Iglesias, ceux d’Íñigo Errejón et les anticapitalistes, ne se résume pourtant pas à une querelle de personnes. Elle porte avant tout sur la nouvelle feuille de route que doit adopter le parti dans un contexte politique qui a changé.

Quatre principaux enjeux ont ainsi été posés au deuxième congrès, la redéfinition d’une stratégie politique à l’échelle nationale, l’épreuve du pouvoir dans les villes où Podemos gouverne avec d’autres formations politiques, la place des femmes au sein de l’organisation et la démocratisation du parti. Si l’objectif commun reste d’impulser un processus de transformation sociale en remportant les prochaines élections législatives, les stratégies divergent sur les moyens d’y parvenir. Faut-il privilégier le travail institutionnel ou investir davantage la rue pour contester les politiques de la droite ? L’élargissement de la base électorale du parti passe-t-elle toujours par un dépassement du clivage entre la gauche et la droite ou par un ancrage et des alliances plus marquées à gauche ? Jusqu’où démocratiser l’organisation en interne et quel rôle donner au leader ?

 

Un discours et des alliances ancrées à gauche

 

Les divergences politiques entre les deux noyaux fondateurs de Podemos, les professeurs de science politique de l'université de la Complutense à Madrid et les militants de la Gauche Anticapitaliste, datent du congrès fondateur du parti. Les premiers avaient alors cherché à exclure les seconds des organes de direction, en interdisant le double militantisme au sein de deux organisations distinctes, et ils avaient réussi à imposer leur projet politique. Il s’agissait de mettre en place une machine de guerre électorale fondée sur une organisation centralisée et un discours qui dépasse les étiquettes de gauche et de droite. Cette quête de transversalité par l’élaboration de nouvelles lignes de clivage, entre la caste et le peuple et entre ceux d’en haut et ceux d’en bas, était fortement portée par Íñigo Errejón. Le directeur des campagnes de Podemos en 2014 et en 2015 s’inspirait ainsi des expériences de gouvernement en Amérique Latine et des théories d’auteurs post marxistes comme Ernesto Laclau et Chantal Mouffe.

Les anticapitalistes, alors associés au physicien Pablo Echenique, réclamaient davantage de démocratie interne et de pouvoir pour les cercles, tout en reconnaissant la nécessité de sortir du discours habituel de l’extrême gauche.

À partir des élections législatives du 20 décembre 2015, de nouvelles lignes de fracture sont apparues au sein de l’équipe dirigeante. Elles se sont accrues dans la phase de négociation pour tenter de former un gouvernement. Alors que Pablo Iglesias attaquait durement le PSOE, en dénonçant par exemple le terrorisme d'état du gouvernement de Felipe González en Euskadi, Íñigo Errejón était partisan d’une approche moins frontale. Le secrétaire général de Podemos, qui avait raillé pendant la campagne le drapeau rouge d'Izquierda Unida, qui l’éloignait de toute perspective de victoire électorale, n’a pas hésité à renouer avec cet héritage symbolique de la gauche dans ses premiers discours au congrès des députés. Ceux-ci abondaient en références historiques à la guerre civile et au franquisme et ils étaient associés à des symboles gestuels comme le poing levé dans l’hémicycle. Pablo Iglesias, qui a commencé à militer à quatorze ans aux jeunesses communistes, a ainsi en partie tourné le dos à la stratégie de communication mise en avant par son secrétaire politique. Il a aussi été l’artisan de l’alliance avec Izquierda Unida pour les élections législatives répétées du 26 juin 2016, contre l’avis d’Íñigo Errejón qui cherchait toujours à dessiner l’image d’un parti au-dessus des clivages traditionnels.

Les différences de point de vue au sein de la direction nationale de Podemos se sont renforcées à l’issue de ces élections jugées décevantes, du fait de la perte d’un million de voix par rapport au précédent scrutin, si on additionne les scores de Podemos et d'Izquierda Unida. Elles sont perceptibles dans les documents politiques défendus par l’équipe de Pablo Iglesias, « Podemos para todas », et celle d’Íñigo Errejón, « Recuperar la ilusión ». Les divergences concernent le discours, les alliances politiques et l’équilibre entre action institutionnelle et contestataire en vue de former un mouvement populaire capable de gagner les prochaines élections.

Rejoignant ici le projet des anticapitalistes, Pablo Iglesias souhaite développer un bloc historique populaire avec d’autres forces du changement dont Izquierda Unida et soutenir les luttes sociales.

« Podemos est né en comprenant qu’il fallait passer de la rue aux institutions, mais en sachant qu’il n’y a jamais eu de changement historique pour la majorité sans impulsion citoyenne », c’est une citation du document politique de l’équipe « Podemos para todas ».

Les élus sont donc conçus comme des « activistes institutionnels » dont le rôle ne peut se limiter au travail parlementaire, mais suppose une « étroite collaboration avec les mouvements sociaux ».

Le document d’Íñigo Errejón critique ouvertement « ces positions de résistance partisanes d’un agenda de revendications axées exclusivement sur les secteurs les plus appauvris, d’un agenda institutionnel qui fuit tout engagement et tout accord et d’une ligne idéologique qui considère que la transversalité a donné tout ce qu’elle pouvait et que nous devons consacrer nos efforts à construire une force politique qui rassemble l’ensemble de la gauche ». Il promeut, au contraire, le maintien d’un discours transversal pour attirer les secteurs de la population encore éloignés du vote Podemos, les femmes, les plus de quarante cinq ans, les ouvriers et le monde rural, « l’unité du peuple est plus ambitieuse, radicale et transformatrice que l’unité de la gauche ». Son projet politique, mis en minorité au deuxième congrès, relativise la portée des manifestations et donne la priorité à la constitution d’une force de changement crédible dans les institutions.

« Il faut récupérer l’initiative en démontrant que nous sommes capables de faire pression sur le gouvernement, de mener des accords ou de mettre des questions à l’agenda national », c’est une citation du document politique de l’équipe « Recuperar la ilusiòn ».

Cette articulation entre l’action de rue et le travail institutionnel se pose à toute formation politique qui cherche à changer les choses en prenant le pouvoir. Elle a été théorisée par Joan Subirats, professeur de science politique et membre actif de Barcelona en Comú, la coalition citoyenne qui gère la ville de Barcelone depuis le mois de juin 2015. Selon lui, l’apparition de nouveaux partis comme Podemos correspond au « passage d’un processus destituant de protestation et de dénonciation à un processus constituant visant à occuper les institutions, « avec le mouvement du 15 mai 2011, la crise de la forme partisane comme dispositif de médiation des demandes des citoyens s’est exprimée avec force. Mais les blocages institutionnels continus ont montré la nécessité de mettre en place des partis politiques d’une nouvelle génération ».

Cette tension entre l’intérieur et l’extérieur est au cœur des expériences des mairies du changement qui gouvernent désormais vingt pour cent de la population.

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 19:01

 

L'opposition turque dépose une demande d'annulation du référendum turc (Reuters)

 

Le principal parti de l'opposition turque a déposé Mardi 18 Avril 2017 une requête en annulation du référendum constitutionnel, qui a octroyé Dimanche 16 Avril 2017 des pouvoirs étendus au président Recep Tayyip Erdogan.

Le vice-président du parti républicain du peuple (CHP), Bülent Tezcan, a déposé Mardi 18 Avril 2017 en début d'après-midi la demande d'invalidation auprès de la commission électorale.

Le CHP a évoqué des pressions des autorités sur les électeurs, disant avoir reçu de nombreuses plaintes de personnes qui n'ont pas pu se rendre dans l'isoloir.

Le parti démocratique des peuples (HDP) a, lui, dénoncé un coup de force et il a déposé un recours contre la décision de dernière minute de la commission électorale de comptabiliser des bulletins qui n'avaient pas été tamponnés par des scrutateurs, initiative selon lui contraire à la loi.

Le CHP a de même critiqué cette décision, qui concerne trois millions de bulletins de vote, soit plus de deux fois le nombre de voix d'avance, un million deux cent cinquante mille voix, du oui, qui l'a emporté avec cinquante et un pour cent des suffrages, selon des résultats préliminaires.

La commission européenne a demandé Mardi 18 Avril 2017 à la Turquie d'enquêter sur les irrégularités qui auraient entaché le référendum et invité Recep Tayyip Erdogan à faire preuve de retenue après sa victoire étriquée.

L'exécutif européen, qui ne félicite pas Recep Tayyip Erdogan pour cette victoire, met l'accent sur les conclusions des missions d'observateurs, qui ont pointé une série d'irrégularités.

« Nous demandons aux autorités d'engager une enquête transparente sur ces irrégularités présumées », a déclaré Margaritis Schinas, porte-parole de la commission européenne.

Deux missions d'observateurs européens ont jugé que le référendum, qui va engendrer la plus importante refonte politique en Turquie depuis l'avènement de la république au début des années 1920, était en deçà des normes internationales en matière de démocratie.

Dans leurs conclusions, les observateurs de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) estiment que les deux camps n'ont pas été placés sur un pied d'égalité.

Le soutien en faveur du oui a dominé la couverture médiatique de la campagne, qui a été entachée par l'arrestation de journalistes et la fermeture de certains médias, disent-ils.

« De manière générale, le référendum a été en deçà des normes du conseil de l'Europe. Le cadre juridique a été insatisfaisant pour la tenue d'un processus authentiquement démocratique », a estimé Cezar Florin Preda, chef d'une délégation de l'APCE.

La Turquie est l'un des quarante sept pays membres du conseil de l'Europe, plus importante organisation des droits de l'homme du vieux continent.

La mission d'observateurs de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a elle aussi estimé que le scrutin était en deçà des normes internationales démocratiques.

C'est la première fois, au cours des dernières décennies, qu'un scrutin national en Turquie est critiqué de façon aussi catégorique par des observateurs internationaux.

Mais le président Recep Tayyip Erdogan a balayé ces observations.

« La mentalité de croisés de l’occident et de ceux qui, chez nous, la servent, nous a attaqués », a-t-il dit.

Le score serré traduit les divisions de la société turque. Si le oui l'a largement emporté dans les régions rurales conservatrices, le non est nettement en tête dans les grandes villes comme Istanbul et Izmir, mais aussi dans le sud est, à population majoritairement kurde.

La réforme constitutionnelle prévoit de conférer davantage de pouvoirs au président de la république, en supprimant notamment le poste de premier ministre, et de remplacer le régime parlementaire par un régime présidentiel.

Le président Recep Tayyip Erdogan argue qu'une concentration des pouvoirs entre les mains du président est essentielle pour éviter l'instabilité de la Turquie au moment où le pays fait face aux attentats islamistes, à l'insurrection kurde, aux conséquences de la guerre civile en Syrie voisine et aux effets de la tentative de coup d’état du mois de juillet 2016.

Après l'annonce de la victoire du oui, le chef de l’état turc a dit son espoir de voir le parlement envisager un rétablissement de la peine de mort, mesure qu'il approuverait. Une telle mesure signerait la fin des efforts de la Turquie pour rejoindre l'Union Européenne.

Le gouvernement a prolongé pour trois mois l'état d'urgence en vigueur depuis la tentative de putsch du mois de juillet 2016.

Le président américain, Donald Trump, a appelé Recep Tayyip Erdogan pour le féliciter de sa victoire et le remercier de son soutien aux frappes de missiles américaines en Syrie, menées après l'attaque au gaz du Mardi 4 Avril 2017 à Khan Cheikhoune, a dit la Maison Blanche.

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 18:40

 

http://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20170403.OBS7502/tancrede-ramonet-en-2017-l-anarchisme-s-exprime-a-notre-dame-des-landes-nuit-debout-ou-dans-le-feminisme-pro-sexe-d-ovidie.html

 

En 2017, l'anarchisme s'exprime à Notre-Dame-des-Landes, à Nuit Debout ou avec Ovidie

 

« Il y en a pas un pour cent mais pourtant ils existent ». Ce documentaire sur l'histoire de l'anarchisme prouve que Léo Ferré avait raison et que les anarchistes continuent d'influencer le monde entier.

 

Interview de Tancrède Ramonet par Anne Sogno

 

Dimanche 9 Avril 2017

 

Anne Sogno. Pourquoi faire un documentaire sur l'anarchisme en 2017 ?

 

Tancrède Ramonet. Il n'y a jamais eu de somme sur l'histoire de l'anarchisme, un mouvement multiple et protéiforme. Il existe pourtant de nombreux films sur des sujets précis comme la révolution libertaire en Catalogne ou la bande à Jules Bonnot, mais ces focus ont contribué à l'image d'éparpillement et d'incohérence qui colle à l'anarchisme dans la mémoire collective. Or, ce qui m'a frappé, c'est précisément la cohérence et la continuité du mouvement pendant cent cinquante ans. Nous trouvons des mouvements de lutte en Europe et en Amérique du Nord mais aussi en Afrique, en Asie et au Proche-Orient. Aujourd'hui, l'insurrection laïque, libertaire, anticapitaliste et anti-islamiste qui a lieu au Kurdistan syrien en est une expression. Ce mouvement se réclame d'Abdullah Öcalan, ancien communiste emprisonné en Turquie. Sa théorie du confédéralisme démocratique est elle-même inspirée de Murray Bookchin, un anarchiste écologiste américain, père du municipalisme libertaire et grand inspirateur du mouvement hippie.

 

Anne Sogno. Aujourd'hui, quelles sont les résonances de l'anarchisme dans notre société ?

 

Tancrède Ramonet. J'ai eu envie de faire découvrir aux nouvelles générations cette autre forme de socialisme. Parce qu'il est à l'origine de toutes les grandes conquêtes sociales, bourses du travail, journée de huit heures et nouvelles formes d'éducation, et parce qu'il peut aider à répondre à des questions actuelles, la démocratie directe, les luttes minoritaires et le recours à la violence. On ne prend pas de carte de militant anarchiste, ce qui le définit, c'est sa pratique. Or nous trouvons en 2017 cet esprit dans des mouvements contre les violences policières, pour les migrants avec No Border, à la Zone A Défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, à Nuit Debout ou encore dans le féminisme pro-sexe d'Ovidie. Il s'exprime aussi dans l'exigence d'une démocratie directe ou dans l'idée de convergence des luttes. Alors que le communisme n'oppose que les travailleurs à la bourgeoisie, l'anarchisme a toujours pointé d'autres formes d'exploitation plus insidieuses, des hommes contre les femmes, des blancs contre les noirs, des pays du nord contre les pays du sud et de l’homme contre la nature.

 

Anne Sogno. Ce documentaire est l'un des éléments d'un projet plus global.

 

Tancrède Ramonet. Le projet comprend aussi le livre de Gaetano Manfredonia, conseiller historique du documentaire, un site internet et un disque du groupe Achab dans la tradition des chansons contre, édité en partenariat avec Arte. Le site s'inspire de la phrase du géographe libertaire Elysée Reclus, « la liberté de penser fait de tous les hommes des anarchistes sans le savoir », et il montre que nous vivons tous les jours des moments anarchistes, en improvisant une partie de football sans arbitre, en prêtant son marteau à un voisin sans faire signer de contrat de location et en n'appelant pas la police quand un enfant vole un bonbon. Nous décidons de règles et nous les modifions, nous sommes capables d'assurer une autorité légitime mais aussi de critiquer une autorité illégitime. Je montre la diversité des parcours anarchistes en amenant les gens à se poser les questions des révolutionnaires. Est-ce que j'utilise la lutte armée ? Est-ce que je pratique l'action individuelle d'éclat ? Ou est-ce que je décide de m'organiser en syndicat ?

 

Anne Sogno. Y aura-t-il une suite à ce film ?

 

Tancrède Ramonet. Arte n'a pas voulu du troisième volet, les réseaux de la colère, qui porte sur la période de 1945 à nos jours. Nous y expliquons pourtant comment l'anarchisme renaît de ses cendres après la seconde guerre mondiale et devient l'inspirateur de toutes les formes de résistance qu'ont été les mouvements hippie, punk, situationniste, Action Directe, le retour à la lutte armée, Black Bloc, ZAD, mouvance anarcho-autonome ou Nuit Debout. Des mouvements épars mais reliés entre eux qui disent, à l'instar du sous-commandant Marcos, que « nous ne voulons pas prendre le pouvoir, nous voulons pouvoir ».

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 16:39

 

LA REVOLUTION RUSSE ET L UKRAINE

 

La revue de l’émancipation syndicale et pédagogique publiait récemment une très longue histoire de l’Ukraine.

 

Vous trouverez ci-dessous les paragraphes relatifs à l’histoire de l’Ukraine pendant la révolution russe.

 

Bernard Fischer

 

Le pays qui voulait exister

 

Au mois de février 1917, la révolution éclate à Petrograd, elle s’étend à tout l'empire russe et elle fait exploser cette prison des peuples que constituait l’empire du tsar. Pour les nationalités opprimées, c'est une opportunité historique pour s’émanciper. Le processus de la révolution sociale se combine alors avec l’aspiration démocratique des peuples à décider de leur propre avenir. Compte tenu de l'extrême diversité des situations, ce processus diffère selon chaque cas et il conduit à des débats complexes et à des évolutions très rapides. C’est le cas de l’Ukraine.

 

Une aspiration trop longtemps refoulée

 

En Ukraine, l’aspiration à constituer une nation a été longtemps refoulée par la plus brutale des répressions. Cette aspiration s’était réfractée dans les premières organisations ouvrières de la seconde moitié du dix neuvième siècle et du début du vingtième siècle. Elle s’est encore exprimée à la veille de la première guerre mondiale. Le 11 mars 1914 à Kiev une manifestation interdite commémorant le poète nationaliste Taras Chevtchenko rassemble des dizaines de milliers de manifestants. Des manifestations ont lieu dans d’autres villes ukrainiennes.

La révolution qui balaie les territoires ukrainiens au mois de février 1917 libère alors une formidable énergie. La question nationale est immédiatement posée. Mais les réponses données à cette question varient selon les organisations et prolongent les débats qui avaient traversé le jeune mouvement ouvrier avant 1917.

Surtout, ce qui rend alors confus les débats, c’est l’extrême rapidité avec laquelle se succèdent, sur le territoire ukrainien ravagé par la guerre puis la guerre civile, des événements de grande ampleur.

 

Du mois de février 1917 au mois d'octobre 1917

 

On retrouve en Ukraine, avec des modulations locales, les mêmes débats et conflits que dans l’ensemble de la Russie, en particulier la lutte entre les réformistes, qui pactisent avec la bourgeoisie et qui refusent de mettre fin à la guerre et d’accorder la terre aux masses paysannes qui la revendiquent, et les révolutionnaires, qui mènent le combat pour la terre et la paix.

Ce débat se combine avec la question nationale, se concrétisant avec l’institution de la Rada. La Rada, le Conseil en ukrainien, créée à Kiev au mois de mars 1917, est généralement présentée comme un parlement bourgeois ukrainien.

Mais par certains traits, au début surtout, cela ressemble un peu à un soviet, avec des délégués d’usines, de quartiers ou d’associations culturelles, plus ou moins contrôlés par des partis. En fait, sa nature est rapidement donnée par sa politique et celle des partis qui y sont majoritaires. Comme le gouvernement provisoire de Petrograd, la Rada refuse de satisfaire l’exigence des paysans qui revendiquent la terre.

Cette Rada centrale est présidée par l’historien Mykhailo Hrushevsky, un nationaliste issu du parti radical ukrainien de 1905 et désormais membre du parti ukrainien des socialistes révolutionnaires (UPSR).

Puis, le gouvernement de Petrograd ignorant la revendication d’autonomie, la Rada proclame, au mois de juin 1917, l’autonomie de l’Ukraine. Il n’est alors pas question d’indépendance.

 

Une palette de groupes et de courants

 

En Ukraine, l’influence directe des deux partis, le parti bolchevik et le parti menchevik, issus de la sociale démocratie russe est d’abord limitée, pour l’essentiel, aux ouvriers d’origine russe embauchés dans l’est de l’Ukraine. Ce qui domine, c’est toute une palette d’organisations ukrainiennes combinant à des titres divers nationalisme bourgeois, politique réformiste de collaboration, politique révolutionnaire, revendications sociales et revendications nationales.

À la Rada siège ainsi un parti proche des mencheviks de gauche internationalistes, le parti ouvrier social démocrate ukrainien (USDRP), avec Volodymyr Vynnytchenko, désigné chef du gouvernement par la Rada. Nous pouvons rattacher à ce courant, dans son aile la plus à droite, le personnage de Simon Petlioura, qui dégénère rapidement.

Il y a aussi des populistes ukrainiens, les socialistes révolutionnaires, ainsi que des sociaux fédéralistes héritiers du populiste Mykhailo Drahomanov. Nous trouvons aussi les représentants de différentes minorités, dont celle des juifs, représentés par le Bund et le Poale Zion. Les anarchistes sont également actifs en Ukraine. Nestor Makhno est libéré de prison par la révolution du mois de février 1917 et il retourne à Gouliaï Polié, dans le sud-est de l’Ukraine, où il organise des paysans armés. Voline peut revenir d’exil au mois de juillet 1917 et il participe à la construction de Nabat, confédération d’organisations anarchistes en Ukraine.

 

Du mois d'octobre 1917 au mois de novembre 1918

 

À la fin de l’été 1917, en Russie, les révolutionnaires deviennent majoritaires dans les soviets. Au mois d'octobre 1917, le gouvernement d'Alexandre Kerensky est chassé et les soviets prennent le pouvoir. Vladimir Lénine signe immédiatement deux décrets, l’un pour l’arrêt de la guerre et l’autre pour l’expropriation des grands propriétaires fonciers. Ceux–ci, avec les débris de l’armée tsariste, lancent la contre révolution armée.

À Kiev, on change alors de fusil d’épaule. La Rada centrale, le 7 novembre 1917, proclame l’indépendance de l’Ukraine que reconnaissent la France et le Royaume-Uni. Cette république populaire ukrainienne est dirigée par Mykhailo Hrushevsky.

Ce retournement est souvent interprété comme une manœuvre pour échapper au nouveau pouvoir soviétique instauré à Petrograd et à Moscou.

En même temps, nous devons prendre en compte le fait que, en Ukraine, le processus de radicalisation s’est développé tout autant qu’en Russie. Lassés d’attendre le partage des terres, les paysans ukrainiens ont multiplié les occupations sauvages des grandes propriétés. L’exigence de la fin de la guerre se fait pressante. Cette radicalisation se traduit par le développement des soviets dans les villes qui concurrencent le pouvoir de la Rada. Le soviet de Kiev forme ainsi, le 22 octobre 1917, un comité révolutionnaire destiné à prendre le pouvoir.

On peut donc aussi lire cette proclamation de la république populaire ukrainienne comme une concession majeure faite aux masses. Il n’en reste pas moins que ce gouvernement de la Rada est un gouvernement bourgeois.

Quant aux bolchéviks, avec l'appui des socialistes révolutionnaires et des sociaux démocrates de gauche, ils organisent un congrès des soviets d’Ukraine qui se tient à Kharkiv au mois de décembre 1917.

Ensuite est constitué un gouvernement, le comité central exécutif d’Ukraine, dirigé par Yevgenia Bosch, une militante appartenant à l’aile luxemburgiste du bolchevisme. Or, ce courant est hostile à ce que soient formés de nouveaux états indépendants.

Dans cette situation de double pouvoir, la Rada en appelle à l’impérialisme allemand, rompant avec ses soutiens français et anglais, et écrase, sous la direction de Simon Petlioura, un soulèvement révolutionnaire à l’arsenal de Kiev.

Quelques jours plus tard, au mois de février 1918, ce même Simon Petlioura, avec la Rada, s’enfuit de Kiev à l’approche de l'armée rouge.

C’est l’armée allemande qui rétablit alors la situation au mois de mars 1918, qui met fin au premier gouvernement des soviets ukrainiens et qui prend le contrôle de Kiev.

Puis, au mois d'avril 1918, les autorités allemandes apportent leur appui à un coup d'état organisé par les hobereaux et l’hetman Pavlo Skoropadsky. Ce chef de guerre entreprend de restaurer les grandes propriétés foncières, provoquant révoltes paysannes et guérillas de partisans rouges et noirs.

 

De 1918 à 1920

 

La défaite, au mois de novembre 1918, de l'empire allemand marque la fin de ce pouvoir fantoche balayé par une insurrection générale.

C’est désormais la guerre civile, exacerbée par l’intervention des puissances étrangères, qui ravage le pays. S'y affrontent quatre forces au moins, les armées blanches d'Anton Denikine soutenues par les armées françaises et anglaises, celles de Simon Petlioura, les cavaliers de Nestor Makhno et les forces soviétiques, sans compter un certain nombre de bandes autonomes.

Les armées blanches, encadrées par d'anciens officiers tsaristes, reçoivent dès la fin de l'année 1918 le renfort des français et des anglais qui débarquent à Odessa et à Sébastopol.

Pendant ce temps, à Kiev, un nouveau gouvernement , le directoire, est constitué par des socialistes, dont l'USDRP. Il est dirigé d’abord par Volodymyr Vynnytchenko, qui démissionne au mois de février 1919, puis il passe sous le contrôle de l’aventurier Simon Petlioura, qui défend les grands propriétaires et qui fait alliance avec des chefs de guerre pogromistes.

La troisième force s’organise dans les territoires historiques des cosaques zaporogues sous la direction de Nestor Makhno. Sur ce territoire, les paysans insurgés organisent des communes autonomes.

Niant l'état, refusant tout pouvoir central, Nestor Makhno tente d’avoir une politique indépendante des armées blanches et de l'armée rouge, quitte à passer desalliances improbables. Durant l’été 1919, il est rejoint par Voline qui devient responsable du conseil militaire insurrectionnel. Voline, plus tard, fera de Nestor Makhno un portrait à la fois élogieux et très critique.

Quant au pouvoir soviétique, il se reconstitue comme république soviétique autonome, dirigé par Iouri Piatakov à partir du mois de novembre 1918.

Il a, dans les villes, le soutien, variable selon les moments, de deux importants partis ukrainiens qui s'affirment révolutionnaires et indépendantistes, les borotbistes, nouvelle appellation des socialistes révolutionnaires de gauche, et les oukapistes, le parti communiste indépendantiste (UKP), l'ancienne gauche sociale démocrate.

L’année 1919 est marquée par la progression des troupes d'Anton Denikine. Ces troupes se livrent à des pogroms, en particulier à Kiev.

D’autres pogroms, plus nombreux encore, sont imputables aux forces de Simon Petlioura.

Puis la situation militaire s’infléchit. Les troupes blanches sont prises à revers par la cavalerie paysanne de Nestor Makhno. Durant l'hiver de 1919 et de 1920, l'armée rouge, qui avait dû se replier à l’est, reprend l’offensive.

Sa progression a été facilitée par des accords militaires passés par Iouri Piatakov avec diverses forces dont celles de Nestor Makhno.

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 14:50

 

L'attentat contre des cars près d'Alep a fait cent vingt six morts (Reuters)

 

Le bilan de l'attentat du Samedi 15 Avril 2017 contre un convoi de cars près d'Alep, dans le nord de la Syrie, a été revu à la hausse, avec au moins cent vingt six morts, a rapporté Dimanche 16 Avril 2017 l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), qui s'attend à ce qu'il s'alourdisse encore.

La défense civile, organisation de secouristes syriens, a déclaré avoir extrait au moins une centaine de corps des lieux de l'attentat, qui a atteint de plein fouet des cars d'habitants chiites attendant de pouvoir entrer dans Alep, sous contrôle gouvernemental, dans le cadre d'un accord d'évacuation.

Parmi les morts figurent surtout des habitants des localités d’al Foua et de Kefraya, situées dans la province d'Idlib, mais aussi des insurgés qui gardaient le convoi, a précisé l'OSDH.

L'attentat, qui selon les médias favorables à Damas a été commis par un kamikaze au volant d'un véhicule piégé, n'a pas été revendiqué pour le moment.

L'attaque a été condamnée par le pape lors de sa bénédiction pascale.

Le pape François a dénoncé un acte ignoble.

La France a également fait part de son indignation. « Les responsables de ces crimes abjects devront rendre des comptes à la justice », a déclaré le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.

Le convoi avait à son bord au moins cinq mille personnes, dont des civils et plusieurs centaines de combattants loyaux au régime de Damas, qui ont pu être évacués de deux villages chiites assiégés par les rebelles.

En vertu de l'accord d'évacuation, plus de deux mille personnes, dont des insurgés, ont obtenu de pouvoir quitter Madaya, ville des environs de Damas assiégée par les troupes du régime et par leurs alliés.

A Damas même, des obus de mortier tirés par les insurgés ont touché dimanche la place des Omeyyades, faisant au moins un mort et plusieurs blessés, a rapporté un organe de communication du Hezbollah, milice chiite libanaise alliée au régime syrien.

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 14:35

 

https://french.palinfo.com/news/2017/4/17/Les-prisonniers-palestiniens-commencent-leur-gr-ve-de-la-dignit

 

Les prisonniers palestiniens commencent leur grève de la dignité

 

Plus de mille cinq cent palestiniens dans les prisons de l'occupation israélienne ont commencé, Lundi 17 Avril 2017, leur grève de la faim intitulée grève de la dignité et de la liberté pour protester contre leur détention prolongée, les conditions difficiles et les violations systématiques de l'administration pénitentiaire contre eux et leurs familles durant les visites.

L'ancien détenu Abdul Rahman Chedid, directeur du bureau des médias des prisonniers, avait déclaré au Centre Palestinien d'Information (CPI) que la grève sera lancée avec la participation de toutes les forces et factions palestiniennes, ce qui indique que la grève commencera à partir de la prison Hadarim pour ensuite gagner d'autres prisons.

Selon des prisonniers, l'administration pénitentiaire sioniste a commencé depuis ce matin une large campagne de transfert des prisonniers grévistes de la faim.

Il est à noter que les prisonniers ont treize exigences pour améliorer leurs conditions à l'intérieur de la prison, ce qui a été rejeté par l'administration pénitentiaire qui a affirmé qu'elle prendrait les mesures nécessaires pour faire briser la grève.

Pour sa part, le comité médiatique de la grève de la liberté et de la dignité a confirmé qu'environ mille cinq cent prisonniers dans les prisons israéliennes ont commencé Lundi 17 Avril 2017 une grève de la faim illimitée, avec la participation de toutes les factions palestiniennes sans exception.

Le comité des médias a souligné que la grève de masse des prisonniers est un droit légitime garanti par les conventions internationales, tout en appelant les organisations de défense des droits de l'homme locaux et internationaux à exercer leur rôle en faisant pression sur la puissance occupante pour répondre aux demandes des prisonniers afin de raccourcir la durée de la grève et respecter les conventions humanitaire et internationales qui protège les prisonniers sous occupation.

Enfin, il a appelé les institutions des droits de l'homme et juridiques internationales à la nécessité d'assumer leur responsabilité et de mettre la pression sur l'ennemi occupant pour répondre aux revendications légitimes des prisonniers palestiniens, améliorer leurs conditions de détention en vertu du droit international et humanitaire, libérer immédiatement tous ceux qui ont purgé leur peine et arrêter la politique de négligence médicale et la détention administrative sans inculpation.

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 14:21

 

Les opposants du parti républicain du peuple (CHP) demandent l'invalidation du référendum turc (Reuters)

 

Le vice-président du principal parti d'opposition turc, le CHP, a de nouveau mis en cause Lundi 17 Avril 2017 la légitimité de la victoire du oui au référendum sur l'élargissement des pouvoirs présidentiels et souhaité l'invalidation du scrutin entaché selon lui par de nombreuses irrégularités.

Bulent Tezcan a notamment dénoncé des pressions des autorités sur les électeurs, disant avoir reçu de nombreuses plaintes de personnes qui n'ont pas pu se rendre dans l'isoloir.

« Les votes ont eu lieu en public et ont été comptés en secret », a-t-il accusé alors que le oui est donné vainqueur avec cinquante et un pour cent des voix.

Bulent Tezcan a réitéré les critiques du CHP contre la décision de dernière minute de la commission électorale (YSK) de comptabiliser de bulletins qui n'ont pas été tamponnés par des scrutateurs, jugeant cette initiative contraire à la loi.

Dénonçant un coup de force des autorités électorales, le parti démocratique des peuples (HDP) a pour sa part annoncé avoir porté réclamation contre trois millions de bulletins non tamponnés et souligné que leur invalidation suffirait à changer l'issue du vote.

Le oui l'a emporté avec environ un million deux cent cinquante mille voix d'avance, selon les derniers décomptes officieux. Le HDP dit avoir relevé des divergences entre les chiffres publiés par la commission électorale (YSK) et ses propres décomptes dans des centaines de bureaux de vote.

Le président de l'YSK, Sadi Guven, a défendu Lundi 17 Avril 2017 sa décision de comptabiliser tous les bulletins en écartant toute tentative de manipulation des résultats et en affirmant que le cas s'était déjà produit par le passé.

« Pour le moment, il n'est pas possible de dire combien de bulletins sont concernés », a réagi Bulent Tezcan.

« C'est pourquoi la seule décision qui mettrait fin au débat sur la légitimité du scrutin et qui apaiserait les inquiétudes des gens serait l'annulation de cette élection par l'YSK », a-t-il insisté.

Si les autorités électorales ne donnent pas suite aux plaintes déposées par le CHP, a prévenu son vice-président, le parti d'opposition saisira la cour constitutionnelle turque, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) ou toute autre autorité compétente.

 

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 17:05

 

Des manifestants réclament les déclarations d'impôts de Donald Trump (Reuters)

 

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé Samedi 15 Avril 2017 à New York, à Los Angeles et dans plus de cent cinquante villes américaines pour exiger la publication des déclarations d'impôts de Donald Trump, ce que le président américain refuse de faire contrairement à tous ses prédécesseurs depuis plus de quarante ans.

Environ cinq mille personnes, selon un décompte de Reuters, se sont rassemblées pour cette Tax March dans le Bryant Park de Manhattan, d'où ils devaient rejoindre Central Park, et le même nombre environ s'est réuni à Los Angeles.

A Washington, quelque mille cinq cent personnes se sont regroupées devant le Capitole, où plusieurs élus se sont adressés à la foule, qui s'est ensuite dirigée vers le Lincoln Memorial.

Le sénateur démocrate de l'Oregon Ron Wyden, membre de la commission des finances de la chambre haute, a déclaré que Donald Trump ressemblait à un « adolescent essayant de cacher un mauvais bulletin de notes ».

Les manifestations se sont déroulées dans le calme alors que, en parallèle, des échauffourées ont opposé militants pour et contre Donald Trump dans un parc à Berkeley, où neuf personnes ont été interpellées.

Donald Trump a refusé à plusieurs reprises de publier ses déclarations d'impôts qui pourraient préciser la réalité de ses revenus ou liens d'affaires.

Au mois de septembre 2016, il affirmait sur ABC News que personne ne s'en préoccupait à l'exception de certains membres de la presse.

Selon les organisateurs de la Tax March, qui espèrent jusqu'à cent mille manifestants au total, l'appel à manifester est venu d'un tweet diffusé après la manifestation géante pour les droits des femmes le 21 janvier 2017 au lendemain de l'investiture du milliardaire à la Maison Blanche.

« Donald Trump affirme que personne ne se préoccupe de ses impôts. La prochaine grande manifestation devrait être une journée des impôts pour prouver qu'il a tort », écrivait le satiriste Frank Lesser sur son compte, un tweet rediffusé plus de vingt et une mille fois.

La date du Samedi 15 Avril 2017 a été choisie car elle correspond généralement à la date butoir pour déclarer ses impôts aux Etats-Unis, même si elle a été repoussée cette année au Mardi 18 Avril 2017.

Dans un sondage publié Mardi 4 Avril 2017 par l'université de Quinnipiac, plus des deux tiers des personnes interrogées jugeaient que le locataire de la Maison Blanche devait publier ses déclarations d'impôts.

La Maison Blanche n'a pas fait de commentaire sur ces manifestations.

Quelques informations ont été tout de même diffusées sur les impôts payés par Donald Trump. Au mois d’octobre 2016, le New York Times a rapporté que le futur président américain avait déclaré une perte de neuf cent seize millions de dollars en 1995.

Au mois de mars 2017, la chaîne de télévision MSNBC a dit s'être procuré deux pages de déclarations fiscales de 2005 montrant que le président américain avait payé cette année-là trente huit millions de dollars d'impôts et déclaré plus de cent cinquante millions de dollars de revenus.

 

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