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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 20:41

 

http://www.lexpress.fr/region/rhone-alpes/a-grenoble-eric-piolle-dans-la-tourmente_1842740.html

 

À Grenoble, Eric Piolle dans la tourmente

 

Par Amandine Hirou

 

Vendredi 21 Octobre 2016

 

Trou d'air pour l'équipe municipale d'Eric Piolle, deux ans et demi après son arrivée à l'hôtel de ville, la majorité grenobloise se retrouve confrontée à une vague de critiques sans précédent.

La cité iséroise, sujette aux fortes variations de température, a connu un été très chaud, aussi bien sur le plan climatique que politique. Le 11 juillet 2016, deux cent manifestants, intersyndicale des agents territoriaux, comités d'usagers, unions de quartiers et Nuit Debout, pancartes et porte-voix en bandoulière, investissent les marches de l'hôtel de ville où doit se tenir le conseil municipal.

Le ton monte encore d'un cran lorsque les protestataires envahissent la salle du conseil municipal. La séance est annulée. Elle se tiendra la semaine suivante sous haute surveillance policière. « Jamais, à Grenoble, nous n'avons connu un tel climat de mécontentement et de grogne », s'exclame Marie-José Salat, militante du Parti Socialiste, conseillère municipale d'opposition.

Si le thermomètre a baissé depuis, les esprits restent échauffés. Economie, immobilier, urbanisme, transports et culture, nombreux sont les sujets de discorde. Le maire, Eric Piolle, avait pourtant suscité de grands espoirs lors de sa victoire aux dernières municipales. Au mois de mars 2014, son équipe, une alliance inédite regroupant Europe Ecologie-Les Verts (EELV), le Parti de Gauche et des mouvements citoyens, crée la surprise en l'emportant face aux socialistes avec quarante pour cent des voix.

Grenoble, première ville de plus de cent cinquante mille habitants dirigée par un écologiste, est perçue comme un laboratoire. L'enjeu est de proposer une nouvelle voie à gauche. Deux ans et demi plus tard, ces élus qui rêvaient d'une troisième révolution urbaine se retrouvent brutalement confrontés à l'épreuve du pouvoir.

Ce qui a définitivement mis le feu aux poudres dans la capitale alpine est l’annonce, au printemps 2016, d'un plan de sauvegarde des services publics locaux. « Un plan de destruction, plutôt », ironise Matthieu Chamussy, militant des Républicains, conseiller municipal d'opposition.

« De la part de ceux qui se targuent de défendre l'équité sociale, certains choix sont plus qu'étonnants », poursuit-il.

Parmi les sujets qui fâchent, la fin de la gestion municipale de deux centres sociaux, une baisse des moyens alloués au service de santé scolaire, le non-remplacement d'une centaine de d'agents municipaux après des départs en retraite ou encore la fermeture de trois bibliothèques, dont deux situées dans des quartiers populaires. « Une décision brutale et incompréhensible de la part de ceux qui s'étaient engagés, sur le papier, à maintenir la totalité du réseau », soupire Cécile Cenatiempo, présidente de l'union de quartier du village olympique Vigny Musset, qui se bat contre la disparition de la bibliothèque Prémol.

Pour le maire à vélo, il n’est pas question de rétro pédaler. « Aujourd'hui, si nous voulons éviter une mise sous tutelle préfectorale, nous n'avons plus le choix », explique Eric Piolle, évoquant la baisse des dotations de l’état, qui représenterait un manque à gagner de dix sept millions d'euros pour la ville entre 2013 et 2017. Un coup d'autant plus dur que Grenoble se hisse dans le top cinq des villes les plus endettées de France, malgré une fiscalité locale élevée.

Dès son arrivée, l'équipe pastèque, verte et rouge, avait communiqué sur ses propres efforts, baisse des indemnités des élus de vingt cinq pour cent, diminution drastique du parc automobile de la ville et budget de la communication divisé par deux, des mesures symboliques, aujourd'hui insuffisantes. Pour Raymond Avrillier, figure historique de l'écologie grenobloise et parrain attentif de la majorité, celle-ci aurait trop tardé à réagir. « Peu habitués à piloter ce lourd paquebot que représente la municipalité, les élus ont sous-estimé l'iceberg budgétaire auquel ils se heurtent », reconnaît-il.

Les voilà donc sommés de prendre des décisions en urgence, quitte à se voir reprocher un manque criant de concertation, un comble pour ces grands défenseurs de la démocratie participative. « Donner le pouvoir d'agir à chaque habitant », tel est leur leitmotiv depuis leur arrivée. « Il ne faut pas s'étonner que les grenoblois le prennent au pied de la lettre. L'espoir qu'ils ont suscité se retourne désormais contre eux », tacle encore Matthieu Chamussy, oubliant un peu vite la mise en place et l'application des fameux outils collaboratifs promis durant la campagne.

« Outre ces mesures d'austérité qui frappent les esprits, la nouvelle équipe suit la ligne qu'elle s'était fixée », souligne Jean Vaylet, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Grenoble, rappelant les inquiétudes initiales du monde économique face au plan de circulation et de déplacement annoncé. « Nos craintes se sont, hélas, déclarées fondées », soupire-t-il.

Doublement du parc Métro Vélo, augmentation de la capacité des parkings-relais, développement des voies piétonnes et cyclistes et baisse des tarifs jeunes dans les transports en commun, nous avançons, martèle Yann Mongaburu, vice-président de la métropole délégué aux déplacements, sur son compte Twitter.

« Oui, mais à marche forcée, certaines décisions sont beaucoup trop radicales », s'insurge Christian Hoffmann, président de la fédération des unions commerciales de Grenoble, qui constate une baisse de fréquentation du centre-ville. Il y a un an, son collectif lançait une vaste campagne d'affichage pour dénoncer la saleté des rues et les problèmes d'insécurité mais aussi, et surtout, la hausse des tarifs de stationnement et l'installation d'une autoroute à vélos sur un grand boulevard traversant.

Pour Eric Piolle, toutes les périodes de transition sont forcément houleuses. « Par le passé, les premières mesures de piétonisation ou l'arrivée du tramway avaient aussi suscité des levées de boucliers. Aujourd'hui, tout le monde s'est habitué », explique le premier magistrat sans se départir de son flegme.

Cet hiver encore, l'ancien cadre de Hewlett Packard était la cible des chefs d'entreprises iséroises. A travers un manifeste, cinquante d'entre eux insistaient sur l'urgence de « redonner une dynamique au territoire », en cause, notamment, la question de l'engorgement routier autour de Grenoble. Eric Piolle, qui n'a jamais caché son opposition à l'élargissement de l’autoroute urbaine de Grenoble, campait sur ses positions.

« A cause de nos problèmes d'embouteillages, véritable serpent de mer isérois, notre territoire perd cruellement de son attractivité », s'inquiétait Pierre Streiff, président du mouvement des entreprises de France (MEDEF) du département de l’Isère. Depuis, un arrangement semble enfin avoir été trouvé entre les différents acteurs du dossier. Mais le combat aura été rude. Si le dialogue entre la ville et la métropole, dirigée par le socialiste écolo-compatible Christophe Ferrari, paraît fluide, il n'en est pas de même avec la région et le département, ancrés à droite.

Pour Jean-Pierre Barbier, militant des Républicains, président du conseil départemental de l'Isère, Eric Piolle est en train de transformer Grenoble en une ville peau de chagrin. « Sa politique est fondée sur la décroissance. Or notre responsabilité d'élus n'est pas seulement de dépenser moins, mais de nous battre pour aller chercher des recettes et relancer l'économie », attaque-t-il en prenant pour exemple la suppression des trois cent vingt six panneaux de Jean Claude Decaux et le manque à gagner financier, six cent mille euros de recettes annuelles, pour la ville.

« Quelle est la ligne directrice et quelles sont les ambitions de cette mandature », interroge pour sa part l'ancien maire Michel Destot, militant du Parti Socialiste, connu, et controversé aussi en son temps, pour ses grands projets, rocades, Esplanade, stade des Alpes et candidature aux Jeux Olympiques de 2018.

« Stop au tout béton », répond la nouvelle équipe. Depuis deux ans, le ballet des grues et des pelleteuses a ralenti le rythme. Certains chantiers, comme celui de la Zone d’Aménagement Concertée (ZAC) de l'Esplanade, ont été gelés et totalement remis à plat. « L'urbanisme de tours est devenu totalement anachronique. Aujourd'hui, nous privilégions la qualité des espaces publics et du paysage urbain, tout en rééquilibrant la place réservée aux piétons par rapport à celle vouée au stationnement », justifie Vincent Fristot, maire adjoint à l'urbanisme.

Des chantiers d'un nouveau genre, basés sur la co-construction avec les habitants, ont vu le jour. « Résultat, nous avons perdu deux ans et demi », tonne Olivier Gallais, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI) des Alpes. La part belle faite aux logements sociaux, les contraintes liées aux nouvelles règles de qualité et de performance énergétique ou encore la politique d'encadrement des loyers défendue par Eric Piolle inquiètent les professionnels du secteur. « Certains gros acteurs, comme Icade ou Kaufman and Broad, ont préféré délocaliser leur agence », alerte Olivier Gallais.

A Grenoble, l'action coup de poing visant à manifester son mécontentement est un sport local qui perdure. Lors du conseil municipal du 26 septembre 2016, une fois de plus encadré par les forces de l'ordre, les opposants à la fermeture des bibliothèques ont érigé un mur symbolique de livres devant les vitres de l'hôtel de ville.

Certains en ont profité pour mettre en cause, à nouveau, la politique culturelle dans son ensemble. Là encore, Eric Piolle se retranche derrière les contraintes budgétaires et la redéfinition des priorités.

La municipalité ne manque pas une occasion de vanter la mise en place de son vaste plan pour les écoles, une promesse de campagne cette fois revue à la hausse. « Lorsque nous sommes arrivés, nous nous sommes rendu compte que le manque criant de places était bien plus grave que prévu », explique Fabien Malbet, maire adjoint à l'éducation, qui promet l'ouverture de cinquante à soixante classes d'ici à 2020.

Un investissement total de soixante six millions d'euros, soit un tiers du budget global de la ville, c’est un virage à cent quatre vingt degrés et ce sont des choix tranchés dont l'équipe d’Eric Piolle, qui arrivera à la moitié de son mandat au mois de mars 2017, devra répondre. A elle de prouver que, à Grenoble, l'herbe peut être plus verte qu'ailleurs.

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 19:21

 

http://fr.hdpeurope.com/?p=3856

 

Communiqué du parti démocratique des peuples (HDP) sur les attaques incessantes envers les locaux du HDP
 

Par Hisyar Ozsoy, co-président adjoint du HDP chargé des affaires étrangères et député de Bingol

 

Le Samedi 17 décembre 2016, un attentat à la bombe tuait quatorze personnes et blessait plus de cinquante soldats turcs non armés à Kayseri. Comme lors des attaques précédentes, le HDP a condamné cette attaque dans les termes les plus forts.

Cependant, nous pensons qu’il est urgent d’aller au-delà des déclarations de condamnation et de prendre une initiative politique pour mettre fin aux stratégies militaristes qui représentent le contexte dans lequel beaucoup de nos citoyens sont tués quasi quotidiennement.

Malheureusement, le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan n’est pas disposé à assumer une quelconque responsabilité politique à cet égard. Au contraire, ce dernier poursuit sa manœuvre de militarisation, de nationalisme raciste et de polarisation socio politique à outrance et il canalise la colère accumulée dans la société contre le HDP. Cela constitue une politique de bouc-émissaire qui sert à couvrir sa propre responsabilité concernant l’état d’insécurité actuel dans lequel se trouve le pays.

Par conséquent, le Samedi 17 Décembre et le Dimanche 18 Décembre 2016, des dizaines de bureaux du HDP ont été attaqués par des groupes gouvernementaux et ultra nationalistes à travers le pays.

Peu de temps après l’attaque de Kayseri, des groupes gouvernementaux et ultra nationalistes ont attaqué notre bureau de Kayseri. Tandis que la police et les pompiers démantelaient le siège de notre parti, ces groupes chantaient « sang pour sang, vengeance ». Avant de brûler partiellement le bâtiment, ils suspendaient un drapeau à trois croissants, emblème des ultranationalistes turcs. En même temps que le HDP, les bâtiments du parti du travail de Turquie (EMEP) et de la confédération des syndicats progressistes de Turquie (DISK) ont également été attaqués et endommagés, tandis que les membres du parti républicain du peuple (CHP) ont pratiquement évité de justesse d’être lynchés par des groupes similaires.

A Istanbul, nos bureaux de district se situant à Beykoz, Bayrampasa et Eyüp, ont été attaqués avec des pierres. À Bagcilar, des assaillants ont tenté de pénétrer dans le bureau. Selon les rapports initiaux de nos responsables provinciaux, des assaillants ont saboté notre bureau de district à Beylikdüzü et, à la suite d’un incendie, une bouteille de gaz a explosé et y a causé de grands dommages.

A Erzincan, le bureau de notre parti a été attaqué et la pancarte à l’effigie de notre parti a été détruite. Des groupes nationalistes se sont emparés des meubles de bureau dans le district de Yenimahalle, à Ankara, et les ont brûlés. Pendant ce temps à Canakkale, un groupe d’assaillants a attaqué notre bâtiment à coups de pierres. Lorsque les membres de notre parti ont réagi à ces actions, la police arrivée sur les lieux a répondu aux agressions par la détention de deux de nos collègues, sans tenir compte des véritables auteurs des agressions. À Darica, un quartier de Kocaeli, le bâtiment de notre parti a été la cible de tirs quatre ou cinq fois en provenance d'un véhicule sans plaque d'immatriculation.

Notre bureau à Cukurova, un quartier d’Adana, a été gravement endommagé. Notre bureau à Yildirim, un district de Bursa, a également été endommagé et brûlé. Notre bureau à Buca, un quartier d’Izmir, a été pillé et le sigle de notre parti a été démantelé. À Eskisehir, les représentants de notre parti, Zelal Yardimci et Emine Kaya, ont d’abord été attaqués par un groupe avant d’être détenus par la police. En plus des dommages causés par les groupes ultranationalistes, la police a arrêté vingt deux représentants de notre parti à Kirsehir. Un petit groupe a marché vers notre siège d’Ankara vers minuit et a chanté des slogans racistes. Plus tard, Dimanche 18 Décembre 2016 vers 13heures 15, un autre petit groupe est revenu et a essayé de brûler notre siège général ainsi que les voitures garées dans le garage, malgré des douzaines de policiers en garde sur les deux côtés de la rue. En plus des bureaux du HDP, des étudiants kurdes ont également été attaqués dans les dortoirs de leur université. Les étudiants kurdes ont du quitter leurs dortoirs pour des raisons de sécurité alors que les foules se réunissaient autour des dortoirs et erraient dans les rues avec des voitures pour attaquer les kurdes, visiblement en représailles de l’attentat à la bombe à Kayseri.

Des attaques semblables se sont poursuivies dans cinq villes et sept districts le lendemain des faits, par des auteurs similaires. Les renseignements personnels concernant nos représentants provinciaux et de districts ont été publiés sur les réseaux sociaux accompagnés par des récits racistes et provocateurs. La maison d'Hasan Ekici, un ancien représentant de notre parti, a été la cible d’attaques à plusieurs reprises.

Plus tard, ce dernier a été détenu avec deux autres représentants du HDP. Par ailleurs, un officier de police est tombé d’un toit et est mort alors qu’il était occupé avec des individus qui accrochaient un drapeau turc sur notre bureau de district à Istanbul.

Ce n’est pas la première fois que nos bureaux sont attaqués de la sorte. Entre le mois d'avril et le mois de novembre 2015, des centaines de nos bureaux, y compris notre siège à Ankara, ont été attaqués par des foules racistes et beaucoup ont été incendiés. Ces attaques se sont produites devant les yeux de la police et du ministère de l'intérieur, qui n’ont pris aucune mesure pour empêcher les attaques ou poursuivre les auteurs.

Tout au long de ces attaques, toutes nos tentatives de communiquer avec les fonctionnaires de l'état et du gouvernement sont restées sans réponse.

De telles attaques contre nos sièges, les membres et les partisans du HDP, sont devenues monnaie courante en Turquie.

Aussi déconcertant que cela puisse paraître, le gouvernement n’a a aucun moment condamné ces flambées de violence visant notre parti à travers tout le pays. Un seul député de l’AKP et un ministre ont écrit via leur compte twitter que les attaques contre le HDP devaient être arrêtées. Le HDP est devenu le bouc-émissaire du régime de l'AKP de Recep Tayyip Erdogan pour ne pas assurer la sécurité des citoyens et détourner l’attention sur son abandon du processus de paix.

Nous invitons la communauté démocratique internationale à rappeler aux autorités turques leurs obligations, leur demander d’agir dans le respect de la loi et d’arrêter les attaques contre le HDP.

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 17:35

 

https://www.bataillesocialiste.wordpress.com/2016/10/08/80eme-anniversaire-de-la-revolution-espagnole

 

Quatre vingtième anniversaire de la révolution espagnole

 

Par Stéphane Julien

 

Cet été, c’était le quatre vingtième anniversaire de la révolution espagnole, une révolution dans un pays voisin, suivie de près par nos anciens de la Révolution Prolétarienne, tout particulièrement Nicolas Lazarévitch et Robert Louzon. Cette révolution ne fut pas seulement une guerre laboratoire avant la seconde guerre mondiale, mais elle joua un rôle important dans la gauche politique et syndicale internationale, révélant notamment le rôle contre-révolutionnaire du stalinisme et les faiblesses de l’anarchisme, courant majoritaire dans la classe ouvrière catalane.

La révolution ouvrière de juillet 1936

L’Espagne comptait en 1936 autour de vingt cinq millions d’habitants. C’était un pays avec un retard d’industrialisation, surtout en dehors de la Catalogne et du pays basque, et une tradition de violence d'état contre les luttes ouvrières. Depuis 1931, c’était une république. Une république qui n’avait pas mis en œuvre l’indispensable réforme agraire. Un Front Populaire avait remporté les élections du mois de février 1936. Ce front électoral avait été largement construit et soutenu sur un mot d’ordre d’amnistie des prisonniers politiques, notamment les survivants de l’insurrection des Asturies de 1934. Les forces les plus réactionnaires du pays organisèrent alors un coup d'état militaire dirigé par Francisco Franco au mois de juillet 1936.

Le gouvernement fut incapable d’y faire face mais les travailleurs contre-attaquèrent efficacement. A Barcelone, les ouvriers, principalement les militants de la Confédération Nationale des Travailleurs (CNT), mirent l’armée en déroute en quelques heures.

« Les ouvriers anarchistes, socialistes, poumistes et eux seuls presque sans armes, ont sauvé Madrid et Barcelone et, avec les deux capitales, c’est le pays tout entier qui serait sauvé si le gouvernement n’était effrayé par le caractère socialiste que prend aussitôt la défense de la république. Les ouvriers ne se sont pas jetés sur les mitrailleuses par amour des chefs républicains, qu’ils ont déjà vus à l’œuvre de 1931 à 1933, mais parce que la foi révolutionnaire les anime. Il est tout de suite évident que la lutte n’est plus cette fois entre les démocrates impuissants de Manuel Azaña et les généraux rebelles mais entre le socialisme et le fascisme. Les grands exploiteurs, industriels et féodaux agrariens qui ne se font pas d’illusions sont tous passé chez Francisco Franco. Et Benito Mussolini aussi le comprend. Il envoie immédiatement du renfort et il contribue à assurer le libre passage entre le Maroc et l’Espagne franquiste, ce qui permet à Francisco Franco de constituer cette troupe de choc, légionnaires et tirailleurs marocains, sans laquelle il aurait été contraint de capituler rapidement », écrit Alfred Rosmer dans la préface de « stalinisme en Espagne », en 1938.

L’appareil d’état s’effondra à l’été 1936 entre l’insurrection militaire et l’insurrection populaire. Les travailleurs prirent les armes, exproprièrent et s’organisèrent en comités et milices syndicales. Mais l’appareil d’état se reconstitua rapidement, en intégrant les dirigeants ouvriers tout en organisant les transferts d’autorité. En Catalogne, la CNT maîtresse de la rue laisse le pouvoir au gouvernement régional. Le comité central des milices et le gouvernement régional étaient composés des mêmes forces politiques dans les mêmes proportions, celles d’un Front Populaire élargi à la CNT et au Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (POUM). Des leaders de la CNT entrèrent dans le gouvernement de Francisco Largo Caballero au mois de novembre 1936.

Nombre d’exploitations, usines et services, tout particulièrement en Catalogne, furent collectivisés, souvent sous l’autorité du syndicat. Un air de liberté et de fraternité flotta indiscutablement. Un recueil de documents sur les collectivisations, préfacé par Augustin Souchy, fut publié dès 1937, « l’oeuvre constructive de la révolution espagnole ».

Mais il ne fut pas mis en place les prémices d’une économie non marchande, sauf peut-être en Aragon, et divers décrets allaient s’efforcer de reprendre en main ces initiatives.

Une guerre internationale

Alors que les franquistes bénéficièrent aussitôt du soutien des fascistes, Léon Blum, chef du gouvernement de Front Populaire en France annonça une politique de non intervention. Les tendances de gauche de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) organisèrent cependant dès 1936 un Comité d’Action Socialiste Pour l’Espagne (CASPE). En lien avec la CNT, Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) organisa de nombreux meetings réunissant anarchistes, trotskystes et socialistes de gauche. Des colis et convois furent envoyés. Plusieurs militants français rejoignirent l’Espagne et s’engagèrent, notamment dans la milice du POUM. Hippolyte Etchebéhère, du groupe Que Faire, ami d’Alfred et de Marguerite Rosmer, mourut au combat sur le front au mois d’août 1936. Au moins trente quatre libertaires français sont morts en Espagne en 1936.

Deux options étaient défendues dans le camp antifasciste, « la guerre d’abord, la révolution ensuite » ou bien « la guerre pour défendre la révolution ». De fait, c’est la guerre qui dévora la révolution, à commencer par le chantage aux armes. Alors que l’Espagne républicaine était isolée, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) accepta de lui vendre des armes, en contrepartie d’un transfert de la plus grande partie des réserves en devises de la banque d’Espagne vers Moscou au mois de septembre 1936 et d’une pression constante pour éradiquer l’extrême-gauche au profit d’une ligne d’union nationale, le POUM fut exclu du gouvernement régional de Catalogne, le comité central des milices antifascistes fut dissous, les milices furent militarisées et les collectivisations furent remises en cause. Joan Comorera, ministre stalinien du ravitaillement, lança une « guerre du pain » avec la formule « plus de pain et moins de comités ».

Les hommes du Guépéou furent placés, ses prisons secrètes prêtes à la répression.

Les journées de mai 1937

Une provocation fut orchestrée à Barcelone avec la tentative de prise de contrôle du central téléphonique, des barricades furent levées contre la police stalinienne mais les dirigeants de la CNT intervinrent pour qu’on cesse le combat et reprenne le travail. Les minorités révolutionnaires, les Amis de Buenaventura Durruti et le POUM, durent renoncer. Ce fut la fin de toute perspective révolutionnaire.

« D’une part, donc, la supériorité militaire de la CNT s’avéra, en ces journées, éclatante mais, d’autre part, la CNT refusa, à tout moment, d’employer cette supériorité pour s’assurer la victoire. En effet, avant tout, la CNT ne voulait pas remporter la victoire. La CNT était prête à tout, à tous les abandons, à tous les renoncements et à toutes les défaites, à condition de ne pas avoir la victoire. Parce que, après avoir remporté une victoire militaire contre le bloc bourgeois stalinien, après avoir vaincu au cours d’une bataille de rues ses alliés ou soi-disant alliés de la veille, elle n’avait plus alors d’autre alternative que de prendre le pouvoir, le prendre seule et officiellement. Or, fidèle à la politique qu’elle a obstinément suivie depuis le 19 juillet 1936, la CNT ne veut pas être, ouvertement, au pouvoir », écrit la Révolution Prolétarienne, le 10 juin 1937.

La police espagnole et les agents du Guépéou organisèrent la terreur contre les révolutionnaires. Andreu Nin, Kurt Landau, Camillo Berneri et bien d’autres furent assassinés. Le POUM fut interdit et ses dirigeants emprisonnés. Beaucoup de militants se réfugièrent dans l’anonymat du combat au front. Une grande partie de la gauche internationale, y compris des anarchistes français, ferma les yeux sur cette répression et les renoncements qui l’avaient permise.

N’ayant plus de révolution à défendre et face à des fascistes toujours mieux armés par l’Allemagne et l’Italie, l’Espagne avança vers la défaite totale.

Barcelone tomba au mois de janvier 1939 et Madrid tomba au mois de mars 1939. Un exode de masse, la Retirada, emmena cinq cent mille réfugiés vers la frontière française. Les rouges qui ne purent pas pu fuir furent exterminés en masse. Francisco Franco resta dictateur du pays jusqu’à sa mort en 1975.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 16:48

 

Israël rappelle dix ambassadeurs après la résolution du conseil de sécurité de l’ONU (Reuters)

 

En colère après l'adoption d'une résolution du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) demandant l'arrêt immédiat des activités de colonisation en Cisjordanie, le gouvernement israélien a rappelé dix de ses ambassadeurs et formulé de nouvelles critiques contre l'administration de Barack Obama.

Lors du conseil des ministres israélien, Dimanche 25 Décembre 2016, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé que les Etats-Unis avaient agi en concertation avec les palestiniens pour faire adopter cette résolution par le conseil de sécurité de l’ONU.

Le texte a été adopté Vendredi 23 Décembre 2016 par quatorze des quinze pays siégeant au conseil de sécurité de l’ONU tandis que les Etats-Unis se sont abstenus et n'ont pas opposé leur veto comme ils le font régulièrement sur ce sujet.

« Selon nos informations, nous n'avons aucun doute sur le fait que l'administration de Barack Obama est à l'initiative de cette résolution, qu'elle est derrière elle, qu'elle a coordonné sa rédaction et qu’elle a demandé qu'elle soit adoptée », a déclaré Benjamin Netanyahu lors de la réunion du gouvernement.

Les autorités israéliennes ont rappelé pour consultation leurs ambassadeurs dans dix des quatorze pays qui se sont prononcés en faveur de la résolution et avec lesquels elles entretiennent des relations diplomatiques. Il s'agit de la Grande-Bretagne, la France, la Chine, la Russie, l'Egypte, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l'Uruguay, l'Espagne et l'Ukraine.

Ce rappel, qui intervient le jour de Noël, est particulièrement inhabituel.

Dans un premier temps, la résolution avait été portée par l'Egypte mais sous la pression d'Israël et du président élu Donald Trump, les autorités égyptiennes avaient renoncé à leur initiative.

Celle-ci avait ensuite été reprise par la Nouvelle-Zélande, le Sénégal, le Venezuela et la Malaisie.

« Depuis des décennies, les administrations américaines et les gouvernements israéliens sont en désaccord à propos des colonies mais nous étions d'accord sur le fait que le conseil de sécurité de l’ONU n'était pas le lieu pour régler cette question », a commenté Benjamin Netanyahu.

« Nous savons que ce qu'il s'est passé là-bas va rendre les négociations plus difficiles et éloigner encore plus la paix. Comme je l'ai dit à John Kerry, des amis ne traduisent pas d'autres amis devant le conseil de sécurité de l’ONU », a poursuivi le premier ministre israélien.

De nombreux pays estiment que les activités de peuplement en Cisjordanie occupée sont illégales. Israël affirme que ces colonies se justifient par des raisons bibliques et des questions de sécurité.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 16:24

 

http://orientxxi.info/l-orient-dans-la-guerre-1914-1918/les-accords-sykes-picot-deuxieme-phase-du-plan-de-partition-du-proche-orient,1602

 

http://plateforme-palestine.org/Les-accords-Sykes-Picot-deuxieme-phase-du-plan-de-partition-du-Proche-Orient

 

Les accords Sykes Picot, deuxième phase du plan de partition du Proche-Orient

 

Par Kawthar Guediri

 

Jeudi Premier Décembre 2016

 

Aucun nom ne soulève autant de passion au Proche-Orient que celui des accords Sykes Picot, symbole, aux yeux des nationalistes arabes mais aussi turcs, de la volonté de Paris et de Londres de se partager la région. Ces accords entre la France et le Royaume-Uni ignoraient, bien sûr, les aspirations des peuples de la région.

Il y a exactement cent ans, en 1916, extrapolant la chute imminente de l’empire ottoman et dans le but d’étendre leur sphère d’influence au Proche-Orient, le Royaume-Uni et la France concluaient un ensemble d’accords secrets avec le consentement de la Russie tsariste, connu sous le nom d'accords Sykes-Picot, d’après les patronymes de ses deux négociateurs.

François Georges-Picot, consul français à Beyrouth avant la première guerre mondiale, puis au Caire, et membre du parti colonial français, défendait une Syrie intégrale ou Grande Syrie sous le joug colonial français. Mark Sykes, conseiller diplomatique et membre du parti conservateur britannique, avait pour objectif d’élargir l’influence coloniale au Proche-Orient. Le fruit de leurs négociations dans l’ombre définit la partition et le démembrement des provinces arabes de l’empire ottoman ainsi que la répartition de ses provinces entre les deux puissances, même si le tracé final devait varier considérablement par rapport à celui prévu par les accords Sykes-Picot. Les arabes eux-mêmes n’en ont été informés qu’en 1917, lorsque les bolcheviks ont publié le texte après la chute du tsar.

Depuis lors, les accords Sykes-Picot sont devenus au Proche-Orient le symbole de l’impérialisme et de la partition arbitraire. Pourtant, même si ces accords constituent un événement majeur, la croyance qu’ils constituent le point tournant de l’histoire du Proche-Orient moderne doit être déconstruite. C'est une étape nécessaire à la compréhension des processus de séparation et de partition. En effet, ces processus ne cessent de se reproduire depuis un siècle. Comme nous l’avons vu dans « la correspondance entre Henry Mac Mahon et Sayyed Hussein Ben Ali, première phase du plan de partition du Proche-Orient », les échanges entre Henry Mac Mahon et Sayyed Hussein Ben Ali, le chérif de La Mecque, ont permis au Royaume-Uni de négocier des territoires arabes au-delà de sa zone d’influence, suivant une logique de séparation ethnico-religieuse. Ainsi, et en accord avec les intérêts français, Londres entendait exclure les provinces où se trouvaient des arabes non musulmans des territoires prêts à être reconnus comme arabes et indépendants. Les deux documents ne peuvent pas être considérés hors de leur contexte. Ils résultent de dynamiques régionales antérieures à la première guerre mondiale.

Extension des empires européens

Au début du dix neuvième siècle, la présence occidentale s’accroît dans l’empire ottoman. Un réseau d’influence se manifeste par le développement d’écoles missionnaires et de sociétés culturelles et par l’utilisation de langues étrangères, en particulier le français pour les questions administratives, et aussi comme vecteur de colonisation. La France domine l’Algérie où sévit une politique du « diviser pour régner » et le Royaume-Uni s’empare d’Aden. De plus, la France et la Russie se considèrent protectrices des populations catholiques et orthodoxes de l’empire. Leur présence augmente au lendemain de la guerre de Crimée, entre 1853 et 1856. Endetté, l’empire ottoman est forcé de s’en remettre à des accords financiers avec les puissances étrangères, ce qui permet aux banquiers et aux financiers étrangers d’accéder à de nouveaux marchés. Pendant ce temps, la France et le Royaume-Uni redoublent d’efforts pour exercer un contrôle exclusif sur certaines zones des provinces arabes de l’empire ottoman. À la fin du siècle, les deux puissances ont étendu leurs empires encore au-delà. Londres prend le contrôle de l’Égypte et de Chypre et Paris établit un protectorat en Tunisie. Le Maroc suivra en 1912.

L’alliance entre l’Allemagne et l’empire ottoman se matérialise par le projet ferroviaire ottoman. Cependant, les projets d’extension ferroviaire au début du vingtième siècle font de l’ombre au Royaume-Uni et à la France qui se battent pour défendre leurs intérêts et le rail devient l’objet d’une compétition féroce entre ceux qui veulent obtenir le contrôle sur des portions du réseau. Chaque puissance négocie l’exclusivité du passage dans sa zone d’influence, la France en Syrie et au Liban et le Royaume-Uni en Mésopotamie et en Palestine.

Finalement, les deux pays comprennent la nécessité de négocier ensemble pour organiser un front commun. Le Royaume-Uni va jusqu’à empêcher que l’empire ottoman établisse une connexion entre Hedjaz et Aqaba, demandant que le Sinaï fasse partie de l’Égypte, et pas de la Palestine, pour ne pas mettre en péril le canal de Suez. En 1911, l’Italie décide qu’il lui faut sa propre part et attaque l’empire pour s’emparer de la Libye. La défaite de l’empire ottoman en Libye et dans les Balkans est considérée par la France et le Royaume-Uni comme des preuves de faiblesse et, à partir de 1912, ils commencent à négocier l’avenir de la Syrie.

À la veille de la première guerre mondiale et de la correspondance entre Henry Mac Mahon et Sayyed Hussein Ben Ali, l’empire ottoman est de facto l’enjeu d’une partition économique, culturelle et religieuse.

La guerre et l’alliance ottomane avec l’Allemagne fourniront finalement à la France et au Royaume-Uni l’occasion de disqualifier les autres prétendants et de formaliser politiquement une situation de négociation qui avait déjà commencé depuis longtemps.

Indépendance arabe ou partition coloniale ?

Le texte de l’accord signé le 16 mai 1916 mêle indépendance et protection. Il attribue le sud-est de la Turquie, le nord de l’Irak, la Syrie et le Liban à la France. La bande côtière entre la mer et le fleuve Jourdain, la Palestine d’alors, aujourd’hui la Jordanie, le sud de l’Irak, l’Égypte et de petites zones incluant les ports de Haïfa et d’Acre vont au Royaume-Uni, avec comme volonté de faire de Jérusalem une zone internationale. L’accord stipule que, dans chacune de leur zone, la France et la Grande-Bretagne auront un droit de priorité sur les entreprises et les emprunts locaux et qu'elles seront les seules, dans chacune de leur zone, à fournir des conseillers ou des fonctionnaires étrangers à la demande de l'état arabe ou de la confédération des états arabes.

Bien que le chérif de la Mecque et le gouvernement britannique se soient quittés sans formaliser un accord stricto sensu, le partenaire du chérif et des arabes devait être le Royaume-Uni et ne devait pas être la France. Ainsi, les accords Sykes-Picot introduisaient une tierce partie sur la scène diplomatique, bien que le chérif ait stipulé dans ses derniers échanges avec Henry Mac Mahon qu’il était résolument opposé à laisser une partie du territoire à la France ou à une autre puissance. Et s’ils considéraient clairement les territoires arabes comme un ensemble, les accords Sykes-Picot envisageait la division et la partition de ce territoire, même si cela devait finalement conduire, comme le texte le stipulait, à l’indépendance des arabes.

La France et la Grande-Bretagne sont disposées à reconnaître et à soutenir un état arabe indépendant ou une confédération d'états arabes dans chacune de leurs zones, sous la suzeraineté d’un chef arabe.

Promesses contradictoires

Ces accords masquent difficilement la méfiance du gouvernement britannique envers les arabes et surtout leurs objectifs coloniaux au Proche-Orient. L’incompatibilité entre les accords Hussein Mac Mahon et les accords Sykes-Picot a déjà été soulevée par de nombreux spécialistes et le débat est loin d’être terminé. Du point de vue arabe, ces accords secrets n’étaient pas au diapason de la correspondance entre Sayyed Hussein Ben Ali et Henry Mac Mahon. Ainsi, les arabes n’étaient pas du tout au courant que le Royaume-Uni négociait avec la France les territoires de l’empire ottoman depuis le début du siècle, bien que les officiels britanniques aient assuré, au moins publiquement, que les deux accords n’étaient pas contradictoires.

Cette incohérence fut soulevée et utilisée au sein du gouvernement britannique peu après la signature des accords Sykes-Picot, ainsi qu’en atteste une note écrite dans l’Eastern Report par William Ormsby Gore le 31 mai 1917, « les intentions françaises en Syrie sont incompatibles avec les objectifs de guerre des alliés définis par le gouvernement russe. Si l’autodétermination des nationalités doit être un principe, l’interférence de la France dans la sélection des conseillers du gouvernement arabe et la suggestion par la France des émirs choisis par les arabes à Mossoul, Alep et Damas, est totalement incompatible avec nos conceptions de la libération de la nation arabe et avec l’établissement d’un état arabe libre et indépendant. Le gouvernement britannique, en autorisant que ces lettres soient communiquées au roi Hussein à la veille du déclenchement de la révolte par Henry Mac Mahon, met en doute la cohérence entre les promesses faites au roi Hussein en tant que chef de la nation arabe et les intentions françaises de faire de la Syrie et de la Haute Mésopotamie un nouveau Tunis. Si notre soutien au roi Hussein et aux autres leaders arabes de souches moins nobles et moins prestigieuses veut dire quelque chose, cela veut dire que nous sommes prêts à reconnaître l’entière souveraineté des arabes d’Arabie et de Syrie. Le moment est venu d’informer le gouvernement français de notre loyauté au roi Hussein et que ce dernier en soit informé clairement, que ce soit lui ou un autre qui gouvernera Damas. Celle-ci est la seule capitale possible pour un futur état arabe qui soumettra les autres émirats arabes ».

Des traits sur des cartes

Que le gouvernement britannique ait estimé que les engagements étaient incompatibles et contraires au principe d’autodétermination, ou bien que le commentaire de William Ormsby Gore soit principalement destiné à être utilisé pour dénigrer l’accord avec les français, et de ce fait leur refuser leur butin de guerre, n’est pas essentiel à la compréhension de la situation. Cela révèle pourtant un certain nombre de doutes depuis le début qui ne sont pas passés inaperçus chez les nationalistes arabes.

Craignant une trahison britannique, ils ont demandé des clarifications dès qu’ils ont su la nouvelle.

Tandis que les groupes hachémites et nationalistes arabes basés en Syrie se battaient pour leur future indépendance et leur souveraineté, se préparant à la fin de l’empire, le Royaume-Uni et la France traçaient des traits sur des cartes afin de diviser les régions arabes de l’empire ottoman.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 15:47

 

DU SECOND EMPIRE A LA COMMUNE DE PARIS

 

Des militants du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) publiaient récemment une nouvelle édition d’une brochure de 1997 relative à l’histoire de la lutte des classes en France depuis la révolution française de 1789.

Il y a bien évidemment dans cette brochure de nombreuses considérations relatives à la période contemporaine mais il y a aussi une présentation synthétique de l’histoire de la lutte des classes en France au dix neuvième siècle.

Vous trouverez ci-dessous les paragraphes relatifs à une période de vingt deux ans entre 1848 et 1870.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.npa-dr.org à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.npa-dr.org/index.php/9-article-lettre/51-la-question-du-parti

 

DU SECOND EMPIRE A LA COMMUNE DE PARIS

 

La pression de la classe ouvrière conduisit le gouvernement à lui concéder des droits. En 1864, la loi d’Isaac Le Chapelier fut abolie et le droit d'association reconnu.

En 1862, à l'occasion de l’exposition universelle qui eut lieu à Londres, le gouvernement favorisa la constitution d'une délégation ouvrière.

Celle-ci entra en contact avec des représentants de la classe ouvrière anglaise et confronta avec elle les conditions qui étaient faites aux différentes classes ouvrières.

Les perspectives de développement qui s'ouvraient au mouvement ouvrier, non seulement en France mais dans tous les pays industriels d'Europe, exigeaient que les idées se mettent en accord avec les nouvelles conditions ainsi créées. Les idées proudhoniennes, le mutualisme et le mouvement coopératif étaient dépassées, tout autant que les sociétés secrètes et les conceptions blanquistes.

Il fallait que les militants s'arment d'une conception politique, théorique et nouvelle, celle du marxisme.

Le mouvement coopératif contribuait à donner confiance aux travailleurs en leur démontrant qu'ils étaient capables eux-mêmes de gérer la production. Mais il fallait que cette conscience aille beaucoup plus loin et qu'elle s'élève jusqu'à la conscience de la nécessité pour la classe ouvrière de gérer l'ensemble de la société. Le mouvement ouvrier ne pouvait dans son développement se contenter d'un cadre purement national. La classe ouvrière était une classe internationale. Elle ne pouvait se contenter d'organisations nationales.

C'est pour répondre à ces besoins que fut créée à Londres en 1864, l'Association Internationale des Travailleurs (AIT), la première internationale. Karl Marx en rédigea le manifeste dans lequel il affirmait que « l'émancipation des travailleurs doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. Les efforts des travailleurs pour conquérir leur émancipation ne doivent pas tendre à constituer de nouveaux privilèges mais à établir pour tous des droits et des devoirs égaux et à anéantir la domination de toute classe. L'émancipation économique des travailleurs est le grand but auquel tout mouvement politique doit être subordonné comme moyen. Tous les efforts faits jusqu'ici ont échoué faute de solidarité entre les ouvriers des différentes professions dans chaque pays et d'une union fraternelle entre les travailleurs des différentes contrées. L'émancipation des travailleurs n'est ni locale ni nationale, mais sociale. Elle embrasse tous les pays dans lesquels la vie moderne existe et elle nécessite pour sa solution leur concours théorique et pratique ».

Elle lançait à tous les travailleurs cet appel, « prolétaires de tous les pays, unissez-vous ».

Pour son rédacteur comme pour tous ceux qui y adhéraient, ce manifeste était un appel à l'initiative lancé aux travailleurs pour qu'ils prennent eux-mêmes en main la construction de leur propre organisation en s'emparant de ces idées.

Le développement de l'AIT reposa bien souvent sur l'énergie et la volonté de tout petits groupes de militants, voire de militants isolés.

A Paris, l'activité de l'ouvrier relieur Eugène Varlin en témoigne.

Dès qu'il avait fini de gagner son pain et qu'il laissait son atelier et ses reliures, Eugène Varlin courait d'un bout à l'autre de Paris prendre contact avec des ouvriers et des camarades à la sortie des ateliers, des restaurants et des cafés. Maurice Dommanget raconte ainsi sa vie, « il les anime et les entraîne, les entretenant de ce qui a été fait et de ce qui se fera. Il les pousse à redoubler d'ardeur, à avoir du courage et à ne pas se laisser abattre par les difficultés. On estime qu'à cette époque, Eugène Varlin amena à lui seul à la section parisienne de l'internationale les trois quarts de ses membres ».

Bien que convaincu de la nécessité de faire pénétrer dans la classe ouvrière les idées de la lutte de classe, il ne négligeait aucune forme d'organisation, quelle qu'elle soit. Il disait que « les sociétés ouvrières, sous quelque forme qu'elles existent actuellement, ont déjà cet immense avantage d'habituer les hommes à la vie de société et de les préparer ainsi pour une organisation sociale plus étendue. Elles les habituent non seulement à s'accorder et à s'entendre, mais encore à s'occuper de leurs affaires, à s'organiser, à discuter et à raisonner de leurs intérêts matériels et moraux, toujours au point de vue collectif, puisque leur intérêt personnel, individuel et direct, disparaît dès qu'ils font partie d'une collectivité ».

Les sections de l'internationale qui se créèrent, bien souvent se structuraient à partir des organisations existantes, à partir de coopératives ouvrières de production ou de consommation, de caisses de secours ou de corporations de métiers.

Parfois, elles se créaient à partir d'un correspondant, entouré de quelques amis, comme ce correspondant de Castelnaudary qui écrivait au bureau parisien de l'AIT que « nous sommes ici quelques hommes qui, désirant prendre une part active à l'évolution qui porte la classe ouvrière vers la conquête légitime et pacifique de ses droits, avons formé le dessein de nous constituer en section de la société internationale. Nous vivons au sein d'une population très arriérée, très réfractaire à toutes les idées de progrès et d'amélioration et très dominée par le fanatisme et l'ignorance. Dans un tel milieu, il est de très grande importance que nous agissions avec prudence. Nous ne savons comment nous y prendre pour nous concerter et pour nous réunir ».

Tous ces efforts dispersés, rassemblant dans une volonté commune des hommes aux idées souvent très différentes, au passé et aux expériences diverses, qui les uns et les autres ne manquaient pas de préjugés, dont la culture politique était extrêmement faible et ignorant tout des idées du communisme, ne purent prendre toute leur signification que quand ils furent enrichis, démultipliés en quelque sorte, par la vague des luttes ouvrières qui éclatèrent à partir de 1867 et surtout en 1869.

Eveillés par les luttes, les ouvriers se tournaient vers l'AIT dont l'influence dépassait largement celle de ses militants le plus souvent dispersés, isolés et sans grands moyens.

Cet essor du mouvement ouvrier aboutit dans le cours de la guerre de 1870 à ce que l'on peut considérer comme la première tentative d'exercice du pouvoir par le prolétariat, la Commune de Paris, dont Friedrich Engels pouvait dire qu'elle était de par l'esprit l'enfant de l'AIT.

Le 4 septembre 1870, le second empire s'effondrait. Louis Napoléon Bonaparte qui s'était lancé dans l'aventure d'une guerre contre l'Allemagne pour essayer de sauver son régime discrédité, était fait prisonnier avec son armée à l'issue de la bataille de Sedan. Les armées allemandes encerclaient Paris. La république fut proclamée à l'issue du soulèvement du peuple de Paris. Les politiciens bourgeois, portés au pouvoir au profit de l'écroulement de l’empire, craignaient bien plus le prolétariat que les armées prussiennes. Et leur seul souci était de composer avec l'armée prussienne et de désarmer la classe ouvrière.

Le 18 mars 1871, alors que les troupes d’Adolphe Thiers cherchaient à prendre ses canons au peuple de Paris, celui-ci s'insurgea, le gouvernement et la bourgeoisie prises de panique s'enfuirent à Versailles.

Les ouvriers parisiens étaient maîtres de la ville. Ils organisèrent leur pouvoir, la Commune de Paris.

Ce pouvoir reposait sur l'armement du prolétariat, organisé dans les bataillons de la garde nationale. Les élus de la Commune de Paris étaient tous contrôlables et révocables à tout moment. Ils recevaient un salaire d'ouvrier. Les décisions de la Commune de Paris étaient exécutoires immédiatement. Les ouvriers abolirent la séparation entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif, sur laquelle repose la démocratie bourgeoise, et ils instaurèrent la démocratie directe, l'application par ceux qui les votent de toutes les décisions, le pouvoir reposant sur le peuple en armes, la dictature du prolétariat selon les mots de Karl Marx.

La bourgeoisie ne pardonna pas à la classe ouvrière d'avoir osé contester sa domination et d'avoir postulé pour elle-même à la direction de la société. Elle le lui fit payer par le massacre de la semaine sanglante.

Au lendemain de la Commune de Paris, le mouvement ouvrier, vaincu, se disloqua. Des milliers d'ouvriers étaient morts sur les barricades, des milliers d'autres furent déportés ou s'enfuirent en exil. Il ne restait rien, de fait, des organisations ouvrières. Le mouvement ouvrier disparut de la scène politique, occupée par la réaction, l'armée et l’église, les piliers de la troisième république, alors que la bourgeoisie se lançait dans la conquête coloniale.

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 18:10

 

http://www.madrid15m.org/absueltos-cinco-anos-despues-los-once-detenidos-en-la-manifestacion-de-juventud-sin-futuro

 

https://www.diagonalperiodico.net/libertades/32542-absueltos-cinco-anos-despues-once-detenidos-la-manifestacion-juventud-sin-futuro

 

Onze personnes arrêtées dans une manifestation de Juventud Sin Futuro acquittées cinq ans plus tard

 

Mardi 20 Décembre 2016

 

La vingt quatrième cour pénale de Madrid a acquitté onze personnes accusées de désordre public, l’une d’entre elles également d’atteinte à l’autorité, dans le cadre d’une manifestation appelée par Juventud Sin Futuro le 7 Avril 2011 à Madrid.

Les onze personnes arrêtées étaient accusées de « trouble à l’ordre public », selon l'accusation, d’avoir jeté des pierres et des objets à des agents de police, ainsi que d’avoir brûlé des conteneurs et des clôtures publiques. L'une d’entre elles était également accusée d'avoir agressé un agent de police. Le ministère public avait demandé pour elles des peines allant de un à trois ans de prison.

L'acquittement, auquel a eu accès Diagonal, dit qu’il n’a pas été prouvé pendant le procès que les manifestants aient agi en groupe, ni qu’ils ont revendiqué les dommages et altérations de la voie publique dont ils ont été accusés. Il n’y a pas eu non plus de preuve que la personne accusée d'atteinte à l'autorité était la personne qui avait jeté une pierre contre l'un des agents.

« Nous sommes satisfaits du jugement », a déclaré à Diagonal l'avocat Daniel Amelang, membre du réseau juridique. « C’était le seul résultat possible, les policiers ont reconnu qu’ils ne se souvenaient pas très bien des faits et leurs histoires étaient criblées de contradictions », ajoute-t-il.

La manifestation, appelée par Juventud Sin Futuro sous le slogan « contre les coupures contre les jeunes », avait eu lieu dans au moins sept capitales provinciales, impulsée par des groupes universitaires qui protestaient contre la privatisation de l'éducation et la précarité de la jeunesse. C’était l’une des manifestations qui ont précédé le mouvement du 15 mai 2011 qui explosait un mois plus tard dans les rues de centaines de villes.

A Madrid, la manifestation avait rassemblé plus de deux mille personnes qui avaient défilé de la place Anton Martin au musée Reina Sofia à Atocha.

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 17:13

 

http://www.huffingtonpost.fr/esther-benbassa/erdogan-turquie-opposants

 

http://www.estherbenbassa.eelv.fr/non-erdogan-nest-pas-invincible-huffington-post-12-decembre-2016

 

Non, Recep Tayyip Erdogan n'est pas invincible. 

 

Recep Tayyip Erdogan n'est pas hors d'atteinte. L'Europe doit savoir lui dire non.


 

Par Esther Benbassa, sénatrice Europe Ecologie Les Verts (EELV) du Val-de-Marne et directrice d'études à l'EcolePratique des Hautes Etudes (EPHE)


 

Sergio Coronado, Cécile Duflot, députés, et moi-même, sénatrice, sommes partis trois jours en Turquie du Jeudi 8 Décembre au Samedi 10 Décembre 2016 pour rencontrer des associations LGBT, des avocats défenseurs des députés du parti démocratique des peuples (HDP) détenus, des élus du parti de la justice et du développement (AKP), du parti républicain du peuple (CHP) et du HDP, des journalistes, des signataires de la pétition Academics for Peace soutenant la paix avec les kurdes, des militants de l'association turque des droits de l'homme et des gens du journal Cumhuriyet, un des derniers à garder son indépendance, créé il y a quatre vingt treize ans et dont dix des journalistes se trouvent en détention.

Notre départ pour la Turquie ne fut pas facilité par les réticences du Quai d'Orsay que notre détermination finit par faire tomber, au final, trois journées marathon entre Istanbul et Ankara.

Mustafa Kemal et les foulards

Lorsque nous arrivons à Istanbul, nous débarquons dans un aéroport moderne qui ressemble à un centre commercial illuminé. Il est décoré d'arbres de Noël, une vieille tradition qui perdure donc. Une multitude de photos grand format de Mustafa Kemal, le fondateur de la république laïque, complète la mise en scène parfaite. Des femmes circulent en foulard, narguant celui qui avait fini par découvrir de force la tête de leurs aïeules. Il n'y a aucun slogan islamiste et des enseignes européennes. Rien ne dénote non plus, dans les rues, que le pays va mal et que les opposants au régime subissent une rude répression, tantôt associés au terrorisme du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), tantôt aux adeptes de Fethullah Gülen.

Fethullah Gülen, le dirigeant d'une sorte d'Opus Dei islamiste, fut un temps le compagnon de route de Recep TayyipErdogan lors de sa marche vers le pouvoir. Leurs chemins finirent par se séparer après des affaires de corruption dont il l'accusa. Longtemps, le mouvement güleniste noyauta différents secteurs de la société turque, allant de l'armée à la justice. Le putsch raté du mois de juillet 2016, attribué aux chevilles ouvrières de ce mouvement, alors même que celui-ci le condamna sans ambiguïté, n'a eu qu'un effet, la consolidation du régime autoritaire de Recep Tayyip Erdogan et la répression qui s'est ensuivie à travers le pays.

La société turque est entrée dans une ère du soupçon, les gens se dénonçant mutuellement. L'islamo-nationalisme écrase désormais la scène politique. Recep Tayyip Erdogan prend sa revanche sur ses opposants, profitant de l'état d'urgence déclaré à la suite de la tentative de putsch. Et préparant la voie au référendum susceptible de consacrer sa future présidence sans contre-pouvoir parlementaire. Recep Tayyip Erdogan est le futur calife président des sunnites conservateurs et nationalistes, base de son électorat.

Une répression impitoyable et aveugle

Son ennemi, sur cette route, était jusqu'ici le HDP, ce parti kurde l'empêchant d'avoir une majorité suffisante auparlement, en obtenant treize pour cent des voix aux élections législatives de 2015. Cinq mois plus tard, aux nouvelles élections, et malgré la détérioration du climat avec la reprise du conflit kurde et la répression, le HDP faisait encore un score de dix pour cent.

Il n'y avait, de nouveau, pas de majorité suffisante pour l'AKP, le parti de Recep Tayyip Erdogan, qui lui permette de réformer la constitution et d'asseoir son régime présidentiel autoritaire.

La tentative de putsch a donné des ailes à Recep Tayyip Erdogan. Tous les opposants sont devenus des terroristes. Ainsi la députée d'Istanbul Serap Yasar, membre de l'AKP, sorte de voix de son maître, assise tête couverte sous le portrait de Mustafa Kemal, nous affirmera-t-elle que « le terrorisme ne consiste pas seulement à tuer, le terrorisme, c’est aussi soutenir le terrorisme ». Des écrivains, des journalistes et des intellectuels ne seraient donc pas arrêtés pour leurs écrits, mais pour terrorisme. Soit en raison de leur soutien aux kurdes, soit parce qu'ils seraient des gülenistes, alors même que la plupart d'entre eux, ne serait-ce que par leur façon de penser, sont évidemment loin d'avoir les moindres accointances avec ces derniers.

Il n'y a plus de logique politique. Mille cent vingt huit universitaires signent le 11 janvier 2016 une pétition pour la paix avec les kurdes, ils sont accusés d'être des gülenistes et d'humilier l’état. Les procès contre eux se multiplient et les passeports de certains d'entre eux sont annulés pour les empêcher de partir à l'étranger. Le gouvernement décide de nommer les recteurs des universités pour mieux les contrôler, à peine vingt pour cent des enseignants de l’université de Galatasaray, francophone, s'y opposent. Ils ont peur de perdre leur emploi. Les étudiants sont fatigués.

Des avocats défendent comme ils le peuvent les onze élus du HDP en détention, prétendument pour propagande terroriste et insulte contre l’état turc. Lorsqu'ils se rendent en prison pour rencontrer leurs clients, leurs numéros de cartes d'identité sont fichés. Les conditions de détention sont dégradantes, la torture et l'isolement sévissent. Des avocats sont à leur tour mis en détention, à tel point que les avocats sortant de prison se donnent pour tâche première de défendre leurs collègues qui y entrent.

L'absurdité est sans limite, une femme portant à un mariage un vêtement traditionnel kurde est arrêtée. La violence n'a de cesse, des villages kurdes sont rasés.

Des médias bâillonnés

Soixante dix pour cent des médias se sont transformés en organes de presse gouvernementaux, environ trente pour cent des autres journaux sont devenus stériles pour ne pas être importunés par le régime. Cent quarante six journalistes sont arrêtés sans motif, la plupart sans chef d'accusation précis. Le journal social-démocrate Cumhuriyet a dix de ses journalistes en prison, ce qui paralyse son fonctionnement. Lui-même est accusé d'être güleniste. Accusation invraisemblable, s'agissant d'un journal laïc, pilier du kémalisme jusqu'à un passé récent. Quatre vingt à quatre vingt cinq médias kurdes ont été voués au silence. Y compris une chaîne de télévision kurde pour enfants. Parce que les schtroumpfs s'y exprimaient en kurde.

Dans cette atmosphère, il ne faudra pas s'étonner que les colombes kurdes se transforment en faucons, pour reprendre les mots d'un député du HDP que nous avons rencontré. Les attentats perpétrés Samedi 10 Décembre 2016 à Istanbul, à peu près à l'heure où nous atterrissions à Paris, très vite attribués par le pouvoir au PKK, ne risquent pas de démentir cette crainte.

Interdire la représentation légale des kurdes, c'est ouvrir une guerre qui ne pourra être qu'importante, ainsi que nous l'a déclaré le même député.

Plus de cent mille fonctionnaires sont suspendus ou déchus de leurs droits, leurs épouses et les membres de leurs familles subissent les mêmes persécutions. Ils sont condamnés à la mort civile et à un dénuement complet. Quelques milliers de sociétés, avec des milliers de travailleurs, voient leurs capitaux saisis, des administrateurs judiciaires sont nommés à leurs têtes et elles sont censées être vendues par un fonds public ad hoc.

Les droits humains bafoués

La Turquie de Recep Tayyip Erdogan viole quotidiennement et massivement les droits humains. La garde à vue est prolongée à trente jours, l’état a le droit de changer l'avocat du détenu. Le courrier en direction de la prison est censuré. Trois cent soixante dix associations et Organisations Non Gouvernementales (ONG) sont dissoutes. Des milliers de personnes sont en garde à vue ou en détention. Trente six mille personnes sont détenues pour relations avec les gülenistes. Le taux d'incarcération est de trois sur mille en Turquie quand, en Europe, il est de un sur mille. Le nombre de détenus est passé de cent quatre vingt trois mille à cent quatre vingt dix sept mille.

Nos interlocuteurs demandent à l'Union Européenne de ne pas lâcher la Turquie, qui risque de se tourner davantage vers l'islam et vers l’orient. La décision de geler son entrée dans l'Union Européenne a fait dégringoler la livre turque de trente pour cent en quelques jours. Recep Tayyip Erdogan a beau vociférer qu'il n'a pas besoin de l'Europe, économiquement il en a cruellement besoin. L'Union Européenne ne peut laisser faire Recep Tayyip Erdogan. Elle ne peut le laisser durcir son régime autoritaire. Notre ministre des affaires étrangères ne peut plus se contenter de déclarer qu'il faut laisser la Turquie se défendre.

Cette tolérance de l'Europe envers le régime répressif turc a plusieurs motifs. Elle a surtout un, nous avons choisi de sous-traiter nos réfugiés à la Turquie, dans l'espoir sans doute vain d'endiguer nos propres populismes. Alors nous fermons les yeux.

Non, Recep Tayyip Erdogan n'est pas invincible

La Turquie est en guerre à l'intérieur et à l'extérieur. Son chef rêve d'extirper l’occident de son pays, qui regarde pourtant en cette direction depuis le dix huitième siècle. Il finira par plonger plus encore dans l'islamo-nationalisme. Il a la base électorale nécessaire pour y arriver. Que feront alors les démocrates de ce pays, sous la férule d'un dictateur charismatique, qui continuera à sévir au nom de la lutte contre le terrorisme, pratiquant une politique paranoïaque de répression toujours plus impitoyable ?

Des sanctions économiques pourraient freiner quelque peu cette fuite en avant. Recep Tayyip Erdogan n'est pas hors d'atteinte. L'Europe doit savoir lui dire non. Et cesser de trembler au motif que la Turquie occupe une place importante dans le dispositif de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), ou parce qu'elle constituerait une muraille, toute imaginaire, contre l’Etat Islamique et ses djihadistes.

Recep Tayyip Erdogan semble invincible. Lui-même doit croire qu'il ne l'est pas. En revanche, pour s'imaginer entouré de tant d'ennemis, il doit se sentir bien en danger. En attendant, les opposants à son régime antidémocratique paient un lourd tribut. La tolérance de nos dirigeants à son endroit est politiquement irresponsable et éthiquement scandaleuse. À nous de le leur rappeler.

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 16:14

 

DE LA MONARCHIE DE JUILLET AU SECOND EMPIRE

 

Des militants du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) publiaient récemment une nouvelle édition d’une brochure de 1997 relative à l’histoire de la lutte des classes en France depuis la révolution française de 1789.

Il y a bien évidemment dans cette brochure de nombreuses considérations relatives à la période contemporaine mais il y a aussi une présentation synthétique de l’histoire de la lutte des classes en France au dix neuvième siècle.

Vous trouverez ci-dessous les paragraphes relatifs à une période de dix huit ans entre 1830 et 1848.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.npa-dr.org à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.npa-dr.org/index.php/9-article-lettre/51-la-question-du-parti

 

DE LA MONARCHIE DE JUILLET AU SECOND EMPIRE

 

Au cours des années 1830, le mouvement ouvrier anglais avait accompli de son côté des progrès impressionnants. En Angleterre aussi, la bourgeoisie industrielle s’était servie de la combativité des prolétaires pour renforcer sa position dans la société et dans l'état. En 1832, les industriels obtinrent le droit de vote, rien que pour eux-mêmes. A la suite de cette trahison, des militants liés à la classe ouvrière relevèrent le défi et organisèrent un vaste mouvement dans tout le pays pour que les travailleurs obtiennent eux aussi des droits politiques.

Ils regroupèrent leurs revendications dans une charte, d’où le nom de mouvement chartiste, pour obtenir notamment le suffrage universel et une indemnité parlementaire permettant à de futurs députés ouvriers de siéger au parlement. Ces revendications politiques permettaient à la conscience de classe des ouvriers anglais de prendre corps. Mais elle s’accompagnait aussi de l’illusion que, avec le suffrage universel, la majorité des voix irait aux candidats ouvriers, lesquels pourraient ensuite résoudre les problèmes liés à l’exploitation de la classe ouvrière.

En 1840 au congrès de Manchester, tous les groupes locaux chartistes se regroupèrent dans une organisation nationale. Mais le parti chartiste restait très hétérogène avec des tenants de la lutte exclusivement légale et d’autres de la préparation à l’insurrection armée. Le mouvement chartiste atteignit son point culminant en 1842. Des meetings monstres se tinrent dans les régions industrielles. Une pétition avançant en plus des revendications politiques, des revendications économiques telles que la limitation du temps de travail, recueillit plus de trois millions de signatures. La pétition fut repoussée par le parlement. Les chartistes tentèrent de riposter en déclarant une grève générale, le mois sacré, qui fut un échec. De nombreux militants chartistes furent emprisonnés.

Vladimir Lénine considérait que le chartisme avait été « le premier grand mouvement révolutionnaire prolétarien, réellement massif et politiquement cristallisé ». A l’époque du chartisme, le jeune Friedrich Engels, fils d’industriel allemand, avait été envoyé en stage à Manchester dans une usine paternelle. Ce fut pour lui l’occasion de se lier au mouvement chartiste et d’en dégager des enseignements précieux.

Il lui appartint avec un autre jeune intellectuel d’origine allemande, Karl Marx, qui devint son ami, de formuler les idées nouvelles qui résultaient de toute l’évolution antérieure. Ils surent voir dans la classe ouvrière la force sociale qui, en s’émancipant elle-même de l’exploitation, émanciperait l’ensemble de la société de la propriété bourgeoise pour construire une société communiste. Ces deux jeunes intellectuels militaient dans une petite organisation, la Ligue des Communistes qui avait été fondée à Paris par des ouvriers allemands de l'émigration politique, dont la fréquentation était pour eux une source d'enthousiasme et surtout de leçons et que Friedrich Engels décrivit ainsi, « ils étaient les premiers prolétaires révolutionnaires que j'eusse vus. Et bien que, sur des points de détail, il y eut alors de grandes divergences entre nos idées, à leur communisme égalitaire borné, j'opposais encore une part d'orgueil philosophique non moins bornée, je n'oublierai jamais l'impression que ces trois hommes véritables firent sur moi qui n'étais encore qu'en train de devenir un homme ».

Ces deux jeunes intellectuels ne tardèrent pas à gagner la confiance des ouvriers communistes et à les aider à évoluer du blanquisme vers les idées communistes modernes et la science de la lutte du prolétariat pour son émancipation. Pour eux, il en découlait la nécessité d’un parti regroupant les éléments les plus conscients de la classe ouvrière, un parti représentant les intérêts généraux du mouvement ouvrier international intervenant dans toutes les luttes économiques et politiques en fonction de ce but historique. Ce parti ne pouvait en aucune façon être une secte, avec ses prophètes, sa manie du secret, son sentimentalisme, son incapacité à être attentif aux capacités du mouvement ouvrier et sa tendance à se substituer à lui et à passer à l’offensive sans tenir compte des conditions politiques et sociales.

En 1848, ils publièrent une petite brochure qui devait constituer le programme de la Ligue des Communistes. Ils l'appelèrent « le manifeste communiste ».

Ils y exposaient pour la première fois sous forme d'un programme leurs conceptions.

Dégageant les leçons de l'évolution des sociétés humaines et des sociétés de classes comme de l'évolution de la société bourgeoise, ils affirmaient que « de plus en plus, la société entière se partage en deux camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées l'une à l'autre, la bourgeoisie et le prolétariat ». Décrivant les crises qui accompagnaient le développement du capitalisme pourtant alors en pleine expansion, ils écrivaient que « les armes dont la bourgeoisie s'est servie pour abattre la féodalité se retournent aujourd'hui contre la bourgeoisie elle-même. Mais la bourgeoisie n'a pas seulement forgé les armes qui la mettront à mort, elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes, les ouvriers modernes, les prolétaires ».

A peine publiées, les idées formulées par Karl Marx et Friedrich Engels allaient pleinement se vérifier dans la révolution de 1848.

La bourgeoisie libérale française s'était lancée en 1848 dans une agitation politique pour obtenir une réforme électorale. Sa forme préférée d'action, les banquets républicains, ne faisait pas trembler le régime, jusqu'au jour où en réponse à une provocation policière, au mois de février 1848, le peuple de Paris, ouvriers en tête, se souleva. En trois jours, la monarchie fut balayée et la république fut proclamée.

Les bourgeois libéraux qui avaient pris la direction du mouvement n'avaient pas d'autres ambitions que de conquérir des droits politiques pour leur propre compte afin de participer à la gestion des affaires de l'état pour y défendre leurs propres intérêts. Le roi chassé et la république proclamée, pour eux, la révolution était finie. Les ouvriers qui avaient été les artisans de cette révolution n'y avaient pas d'objectifs et de politique propres.

Les mois qui suivirent la révolution de février 1848 leur révélèrent qu'on ne cherchait qu'à les duper et que les discours sur la république sociale n'étaient que des mensonges creux derrière lesquels se profilait une politique bourgeoise anti-ouvrière. La bourgeoisie, quant à elle, n'avait qu'une obsession, désarmer moralement et physiquement les ouvriers parisiens. De provocations en provocations, le prolétariat parisien n'eut d'autre choix que l'insurrection.

Au mois de juin 1848, pour la première fois de son histoire, le prolétariat en armes se mesura à la société bourgeoise.

La bourgeoisie se vengea sauvagement de cette audace des opprimés. Le mois de juin 1848 vit le massacre de plus de quarante mille travailleurs. Les ouvriers insurgés qui ne furent pas exécutés sur le champ furent emprisonnés et déportés par milliers.

En s'insurgeant, le prolétariat parisien avait pris conscience de lui-même et révélait aux yeux de tous les travailleurs que, entre la bourgeoisie et lui, il n'y avait plus aucun intérêt commun.

Tirant les leçons de l'insurrection de juin 1848 et de toute la période passée, Karl Marx écrivait que « le temps des coups de main et des révolutions exécutées par de petites minorités conscientes à la tête de masses inconscientes est passé. Là où il s'agit d'une transformation complète de l'organisation de la société, il faut que les masses elles-mêmes y coopèrent, qu'elles aient déjà compris elles-mêmes de quoi il s'agit et les raisons pour lesquelles elles interviennent avec leur corps et avec leur vie. Voilà ce que nous a appris l'histoire des cinquante dernières années. Mais pour que les masses comprennent ce qu'il y a à faire, un travail long et persévérant est nécessaire ».

Ce travail trouve au lendemain de la révolution de 1848 un vaste et large terrain, du fait d'un nouvel essor du mouvement ouvrier dû au développement industriel. Le second empire, celui de Louis Napoléon Bonaparte qui garantit l'ordre bourgeois au lendemain de la révolution impose le silence à la classe ouvrière dans le même temps qu'il favorise et protège le développement de la bourgeoisie.

L'état impulsa une politique de grands travaux, les grands travaux publics qui transformèrent le centre de Paris et des grandes villes, la construction des chemins de fer et le développement de l'industrie minière, textile, chimique et métallurgique. Le gouvernement impulsa la création des grandes compagnies des mines, de transport, de navigation et de crédit.

Un prolétariat moderne, concentré dans les grandes villes, se développait extrêmement vite, connaissant des conditions de vie le plus souvent misérables.

Méprisé, surveillé par la police, repoussé dans les quartiers misérables et insalubres à la périphérie des grandes villes dont on rénovait le centre, ce jeune prolétariat, qui vit ses conditions de vie bouleversées en l'espace de quelques années, s'éveillait aux nécessités de la lutte.

Des grèves éclatèrent, parfois très déterminées, et la jeune classe ouvrière trouva le chemin des luttes et de l'organisation.

 

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 15:38

 

Le conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) demande l'arrêt des colonies israéliennes en Cisjordanie (Reuters)

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté Vendredi 23 Décembre 2016 par quatorze voix pour et une abstention, celle des Etats Unis, une résolution demandant l'arrêt des constructions visant à la colonisation par Israël de la Cisjordanie, une mesure dont l’état hébreu a immédiatement refusé l'application.

Les Etats-Unis, qui d'ordinaire opposaient leur veto à toute résolution visant la question de la colonisation des territoires occupés palestiniens, se sont cette fois abstenus sur le texte présenté par la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Venezuela et le Sénégal.

La veille, l'Egypte qui avait proposé le texte avait décidé de faire machine arrière sous la pression d'Israël et du président élu américain Donald Trump.

La résolution a été adoptée, sous les applaudissements, par quatorze des quinze états membres siégeant au conseil de sécurité de l'ONU, une première sur ce sujet depuis près de huit ans.

L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Samantha Power, a expliqué que la poursuite des constructions en Cisjordanie « menaçait sérieusement la sécurité d'Israël. Les Etats-Unis ont adressé le message selon lequel les implantations privées et publiques devaient cesser pendant près de cinq décennies », a-t-elle expliqué devant le conseil de sécurité.

« On ne peut pas à la fois se faire le défenseur d'un accroissement des colonies israéliennes et d'une solution à deux états qui soit viable pour mettre fin au conflit », a-t-elle poursuivi. « Il faut faire un choix entre la colonisation et la séparation ».

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a salué l'adoption de cette résolution et a appelé israéliens et palestiniens « à travailler avec la communauté internationale pour créer un environnement propice à la reprise de négociations significatives ».

Les services du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont annoncé que l’état hébreu ne respecterait pas cette résolution et se sont dit impatients de travailler avec l'administration de Donald Trump.

« L'administration de Barack Obama n'a pas seulement failli à la protection d'Israël contre le traquenard à l'ONU, elle s'en est rendue complice en coulisses », affirme un communiqué du gouvernement.

« Israël attend avec impatience de travailler avec le président élu Donald Trump et avec tous nos amis au congrès, républicains et démocrates, pour annuler les effets négatifs de cette résolution absurde », ajoute le texte.

Le ministre israélien de l’énergie Yuval Steinitz a estimé que les Etats-Unis avaient abandonné son pays.

« Ce n'est pas une résolution contre les colonies, c'est une résolution anti-israélienne, contre le peuple juif et contre l’état des juifs », a-t-il dit.

« Ce soir, les Etats-Unis ont tout simplement abandonné leur seul ami au Proche-Orient », a estimé Yuval Steinitz, un proche de Benjamin Netanyahu sur la chaîne de télévision Channel Two.

La décision de s'abstenir a été critiquée par le président républicain de la chambre des représentants Paul Ryan ainsi que par le sénateur John Mac Cain qui a jugé que les Etats-Unis s'étaient rendus « complices d'une attaque odieuse ».

Réagissant immédiatement sur son compte Twitter, Donald Trump a affirmé que les choses « seraient différentes après le 20 janvier 2017 », date à laquelle il doit être investi président des Etats-Unis.

La Maison Blanche a défendu la position des Etats-Unis sur cette résolution, rappelant que malgré les critiques de Donald Trump, Barack Obama demeurait président jusqu'au 20 janvier 2017.

« Nous ne pouvions pas en toute conscience opposer un veto à la résolution qui exprimait les inquiétudes face à la tendance qui sape les fondations d'une solution à deux états », a commenté Ben Rhodes, porte-parole de la présidence américaine.

Les palestiniens ont accueilli cette résolution comme un jour de victoire, le président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas estimant qu'il s'agissait d'un camouflet pour la politique israélienne.

« La résolution du conseil de sécurité de l’ONU est un énorme revers pour la politique israélienne, une condamnation internationale unanime des colonies et un soutien fort à une solution à deux états », a déclaré Nabil Abou Rdainah, porte-parole de Mahmoud Abbas cité par l'agence Wafa.

« Il s'agit d'une journée de victoire du droit international, une victoire pour le dialogue civilisé et la négociation et un rejet total des forces extrémistes en Israël », a déclaré le négociateur palestinien Saeb Erekat.

« La communauté internationale a dit aux israéliens que la sécurité et la paix ne seraient pas atteintes par l'occupation, mais par la paix, la fin de l'occupation et l'établissement d'un état palestinien à côté de l’état d'Israël suivant les frontière de 1967 », a ajouté Saeb Erekat.

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