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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 17:36

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/10/27/calais-subtil-glissement-de-l-humanitaire-vers-l-operation-policiere_5021551_3224.html

 

Calais, subtil glissement de l’humanitaire vers l’opération policière

Au quatrième jour du démantèlement de la jungle de Calais, le Comité Inter Mouvements Auprès Des Evacués (CIMADE) comptabilisait quatre vingt dix migrants placés en Centre de Rétention Administrative (CRA) plutôt que dans des Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO).

Par Maryline Baumard

L’opération humanitaire qui se termine laissera-t-elle place à une opération policière ? Au quatrième jour de l’opération d’évacuation de la jungle de Calais, Jeudi 27 Octobre 2016, le glissement devient sensible. Reste à savoir jusqu’où ce changement s’opérera.

Jeudi 27 Octobre 2016, le CIMADE s’inquiétait des arrivées en CRA.

Quarante-sept avaient déjà été comptabilisées dans le CRA de Coquelles, vingt-quatre dans le CRA de Vincennes, quinze dans le CRA du Mesnil-Amelot et quatre dans le CRA de Metz.

Forte de ce constat, l’organisation d’aide aux migrants rappelait fermement au gouvernement que « les CRA ne peuvent pas servir de solution d’hébergement dans l’opération d’évacuation de la jungle ».

Chargé du dossier au CIMADE, David Rohi comptabilisait déjà en effet un total de « quatre-vingt-dix places de rétention remplies par des migrants interpellés à Calais entre Lundi 24 Octobre et Jeudi 27 Octobre 2016 ».

A l’heure où certains étaient privés de leur liberté, d’autres partaient contre leur gré dans les CAO ailleurs en France, acculés au départ face à l’avancée des pelleteuses dans le quartier de la jungle où ils résidaient.

Jeudi 27 Octobre 2016 vers 11 heures du matin, Marmoud a ainsi quitté son abri. Il était un des rares de son quartier à être repassés à sa cabane ce matin. La veille, l'afghan avait dormi devant le centre d’enregistrement qu’il avait décidé de rallier tard, après sa fermeture.

« Ce matin je suis revenu à ma cabane vers 9 heures, quand les policiers nous ont renvoyés dans la jungle. Mais aujourd’hui je pars. C’est décidé. Mes amis m’attendent plus loin. Nous allons nous reposer dans leurs CAO et après nous verrons ».

Plusieurs jeunes afghans l’attendent pour monter dans le minivan qui les conduira dans le sas de départ du ministère de l’intérieur, rue des Garennes, près du camp. Officiellement fermé aux arrivées individuelles, le lieu continue à recevoir des migrants du camp, arrivés par minibus. Les départs vers les CAO continuent donc d’avoir lieu, comme la veille. La différence, c’est que cette fois ils n’ont plus le choix entre deux destinations.

Un observateur fait remarquer que, contrairement aux départs des premiers jours, certains partent tellement à contrecœur qu’une présence policière renforcée sur les aires de repos où ils s’arrêtent faire une pause sera sans doute nécessaire. A l’heure actuelle, selon nos informations, il n’y aurait pas eu de fuyards pendant les voyages.

Les migrants seraient tous arrivés à bon port et le seul incident déploré aurait été la fermeture d’une station-essence par un pompiste qui ne souhaitait pas servir un bus rempli de migrants.

Jeudi 27 Octobre 2016 en fin de matinée, des cordons de Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) entouraient chaque zone de démolition dans la jungle et la préfecture estimait déjà qu’un quart du camp avait été nettoyé des restes des incendies et des habitations de fortune qui y subsistaient. Les pelleteuses, avec leurs griffes, continuaient leur danse à un rythme soutenu, arrachant des pans entiers d’abris dans le brouhaha et la poussière. Les abris, eux, s’effondraient à un rythme régulier, laissant entendre des craquements répétés et des longues déchirures. Les bennes se remplissaient très vite et filaient vers les déchetteries, avant de revenir vides chercher un nouveau chargement.

Communication à destination des migrants d’autres pays

Face à ce spectacle de démolition, quelques dizaines de migrants restaient hébétés, n’y comprenant pas grand-chose. « Je suis nouveau ici. J’ai entendu dire que, de Calais, les mineurs partaient en bus vers la Grande-Bretagne. Moi aussi je veux y aller, alors je suis venu du Danemark », expliquait un jeune garçon issu d’un groupe bien plus large.

Plus loin, deux sœurs, des éthiopiennes, leurs époux et trois petits enfants terminaient à pied le dernier kilomètre les séparant des départs de bus.

« Un ami, qui nous aide beaucoup en Belgique nous a amenés ici en voiture. Il nous a dit que ce serait mieux pour nous que de se faire aider par des églises. Nous allons bien voir », expliquait une des femmes.

De nombreuses femmes sont aussi arrivées ces derniers jours dans le centre qui les héberge à Jules-Ferry, le centre de jour. « Elles viennent de Hollande, d’Allemagne et de Paris et veulent partir vers la Grande-Bretagne », rappelle une bénévole qui les a beaucoup accompagnées.

Comme chez les hommes, celles qui ont plus de dix huit ans, vivent difficilement le fait que seules les mineures seront éligibles à une entrée officielle en Grande-Bretagne. Toutes sont inquiètes de leur sort et se savent malvenues en France.

Effectivement, c’est pour stopper ces arrivées de migrants que le préfet, Fabienne Buccio, a annoncé Mercredi 26 Octobre à 12 heures la fin de la jungle et a officiellement fermé Mercredi 26 Octobre 2016 les départs de bus. Il s’agit d’une opération de communication à destination des migrants d’autres villes et d’autres pays « afin d’éviter un afflux ici. Calais n’a pas vocation à devenir le lieu où se règle la question migratoire », observait Fabienne Buccio lors d’un point de presse matinal, Jeudi 27 Octobre 2016.

 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 20:13

 

https://www.passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/10/26/destruction-du-bidonville-fini-de-jouer

 

Destruction du bidonville, fini de jouer

Les départs volontaires sous la menace commençaient à se tarir et surtout l’organisation chaotique du dispositif commençait à le rapprocher dangereusement de l’implosion.

On est donc passé, dans l'après midi du Mercredi 26 Octobre 2016, en mode expulsion musclée et destruction. Quelques soixante-dix fourgons de Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) accompagnés d’autres variétés de police, Police Aux Frontières (PAF) et Brigade Anti Criminalité (BAC), ont encerclé le bidonville et expulsé les habitants d’un premier secteur qui a aussitôt été détruit.

L’accès au bidonville a été interdit à la presse, malgré les garanties données par la préfecture.

Cet après-midi, les CRS ont obligé les personnes qui attendaient pour être enregistrées au hangar de tri d’où se font les départs vers les Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) à s’asseoir par terre pour mieux les contrôler. Vers 16 heures, il leur a été annoncé qu’il n’y aurait plus de départs aujourd’hui. Pas de chance pour les personnes dont la cabane venait d’être détruite.

Mais ce sont les mineurs qui trinquent le plus violemment, et ce depuis le début. D’abord on va arrêter d’écrire mineurs, parce que les mineures, sous prétexte que quelques-unes ont été acceptées au Royaume Uni la semaine dernière au titre du regroupement familial, ont complètement disparu du viseur. Si tant est que les autorités se soient jamais préoccupées d’elles. Elles sont toujours là, mais pour le moment invisibles.

Il y a donc cette longue queue pour accéder au hangar où se fait le tri pour le départ vers les CAO et les Centres d'Accueil et d'Orientation pour les Mineurs Isolés Étrangers (CAOMIE). Il y a un premier tri des mineurs au faciès, toi tu es mineur, toi tu es majeur. Puis un entretien de moins de cinq minutes, la queue est longue, par un salarié de France Terre d’Asile (FTA) et un officiel britannique pour confirmer la minorité et orienter. Les mineurs qui déclarent avoir de la famille au Royaume Uni vont rester dans le camp de containers qui jouxte le bidonville en attendant que les autorités britanniques statuent sur leur sort. Les autres partent vers les CAOMIE.

Mais pour mettre des mineurs dans le camp de containers, il a fallu vider des places, puisqu’il y avait déjà des gens dans les containers.

On a donc envoyé les CRS pour les expulser. Mais, parmi les personnes expulsées, il y avait des mineurs, qui se sont donc retrouvés sans abris et ont dû aller s’enregistrer au camp de containers.

Et puis il y a eu un moment où il y a eu trop de mineurs et pas assez de places libérées, alors cent cinquante mineurs ont dû dormir par terre dans les parties communes du camp de containers. Et puis il y a les mineurs qui étaient déjà dans une procédure de regroupement familial au Royaume Uni, qui ont dû quand même faire la queue pour être enregistrés à nouveau et avoir accès au camp de containers, mais qui n’ont pas forcément été reconnus mineurs au tri au faciès, qui ne sont donc pas admis dans les containers et qui ne savent plus où ils en sont. Il y a les mineurs qui étaient suivis par une association qui a perdu leur trace dans ce chaos. Il y a les mineurs qui appellent les associations parce qu’en besoin de comprendre ce qui leur arrive, parce que perdus, parce qu’en besoin de repères et parce que considérés comme majeurs et obligés de monter dans un bus pour une destination qu’ils n’ont pas comprise.

Alors, ce matin les jeunes étaient révoltés par ce qu’ils percevaient comme injuste. La tension est montée, les CRS appelés comme réponse au sentiment d’injustice des jeunes. Dans le hangar, ils les ont matés à coup de matraque sur les cuisses et les genoux, loin du regard des journalistes.

Cette nuit, ce sont les mosquées du bidonville qui ont ouvert leur porte aux mineurs sans abri. Leur communauté veille sur eux. En attendant que les bulldozers détruisent tout.

 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 19:57

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/26/turquie-ankara-arrete-les-maires-kurdes-de-diyarbakir_5020557_3214.html

 

Ankara arrête les maires kurdes de Diyarbakir

Les élus sont accusés d’avoir soutenu le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) quand de violents affrontements ont commencé à l’automne 2015.

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul

Gültan Kisanak et Firat Anli, les deux maires de Diyarbakir, la capitale kurde du sud-est de la Turquie, ont été interpellés, Mardi 25 Octobre 2016, dans le cadre d’une enquête antiterroriste. Il s’agit des plus hautes personnalités du camp kurde placées en garde à vue depuis l’imposition de l’état d’urgence, après le coup d'état manqué du Vendredi 15 Juillet 2016. Le parti démocratique des peuples (HDP), qui a cinquante-neuf élus au parlement, a appelé ses militants à protester. Selon la parité en vigueur dans les partis pro-kurdes, Diyarbakir était dirigée conjointement par une femme et un homme.

La maire a été interpellée, Mardi 25 Octobre 2016, à l’aéroport de Diyarbakir, alors qu’elle descendait de l’avion qui la ramenait d’Ankara. Son collègue a été arrêté chez lui, en ville. Selon l’Agence France Presse (AFP), plusieurs dizaines de policiers et des blindés légers ont été déployés, Mardi 25 Octobre 2016, autour de la mairie où une perquisition était en cours. D’autres ont eu lieu aux domiciles des gardés à vue.

Militante de longue date de la cause kurde, Gültan Kisanak, cinquante cinq ans, a été détenue pendant quatre ans et demi à la prison locale, après le coup d'état militaire de 1980. Elle a raconté à plusieurs reprises y avoir été torturée et violée.

Vingt-quatre maires suspendus au mois de septembre 2016

Le parquet soupçonne les deux édiles d’avoir apporté un soutien idéologique ou matériel au PKK, interdit en Turquie, quand des combats violents ont commencé, à l’automne 2015, dans le quartier historique de Sur, à Diyarbakir, entre des jeunes, armés et entraînés par le PKK et les forces d’Ankara.

Les affrontements avaient duré plusieurs mois, faisant des centaines de morts.

Au mois de septembre 2016, vingt-quatre maires accusés de liens avec le PKK ont été suspendus de leurs fonctions et remplacés par des administrateurs proches du parti de la justice et du développement (AKP), le parti islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002. Aydin Mustu, l’un des administrateurs désignés par le gouvernement pour gérer un quartier de la ville de Van, a été tué par balles le 16 octobre 2016. L’acte n’a pas été revendiqué. Un autre cadre de l’AKP, Deryan Aktert, qui dirigeait la représentation du parti dans le district de Dicle, à Diyarbakir, avait subi le même sort cinq jours plus tôt, un assassinat revendiqué par le PKK. En guerre depuis 1984 contre l'état turc, au prix de quarante mille morts, le PKK a relancé son offensive à l’été 2015, après la rupture d’un cessez-le-feu qui a tenu deux ans.

 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 19:52

 

http://www.courrierinternational.com/article/vu-du-royaume-uni-moi-daniel-blake-le-meilleur-film-de-ken-loach

 

Vu du Royaume-Uni, Moi, Daniel Blake, le meilleur film de Ken Loach

Par Julien Guintard

Le long-métrage du réalisateur britannique, Palme d’Or lors du dernier Festival de Cannes, sort Mercredi 26 Octobre 2016 en France. La presse britannique apprécie la force de ce long-métrage et en fait un classique instantané du cinéaste.

Ken Loach a commencé à filmer le Royaume-Uni bien avant l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher et, si tout se passe bien, il continuera de filmer son pays après le Brexit. À quatre vingt ans, le réalisateur compte à son actif plus d’une trentaine de longs-métrages, récompensés par deux Palmes d’Or, dont la dernière en date obtenue cette année pour Moi, Daniel Blake. 

Ken Loach versus Woody Allen

Une si longue carrière expose à certains écueils. En effet, certains artistes, devenus de vénérables institutions au fil du temps, peuvent perdre le fil de leur propos ou leur pertinence.

Le Times s’en inquiète et propose un comparatif, « y a-t-il deux réalisateurs plus proches que Ken Loach et Woody Allen ? Nés à six mois d’intervalle dans des familles de la classe ouvrière de part et d’autre de l’Atlantique, ils se sont tous deux lancés dans le cinéma au cours des années 1960, Ken Loach avec Pas de Larmes pour Joy, Woody Allen avec Prends l’Oseille et Tire Toi, et ils ont produit une œuvre essentielle, importante et récompensée jusqu’à la fin des années 1990, après quoi ils ont commencé à sombrer dans une forme de répétition et d’auto parodie. Alors que les films de Woody Allen resservent continuellement le même ragoût familier de personnages bizarrement névrosés pris dans des relations amoureuses bancales, Ken Loach paraît perpétuellement partagé entre l’envie de raconter une histoire prenante, en s’appuyant sur des acteurs remarquables, et la tentation de saboter son histoire par des scènes lourdes d’agitation et de propagande où les personnages s’insurgent contre les injustices qui pèsent sur l’ouvrier sans reproche ».

Mais plutôt que de porter l’estocade, le critique du Times se ravise, « Moi, Daniel Blake, cependant, n’a rien à voir avec cela. C’est, au contraire, pour poursuivre le parallèle avec Woody Allen, le Blue Jasmine de Ken Loach, le travail passionné, émouvant et intelligent d’un réalisateur maestro à l’automne de sa carrière ».

Son film « le plus énervé »

Le Guardian partage cette lecture, « Ken Loach a beau avoir passé un demi-siècle à faire des films centrés sur la colère sociale, il est sur le point de sortir son film le plus énervé ».

« Moi, Daniel Blake est un Ken Loach sur l’histoire d’un menuisier de Newcastle qui n’est plus en état de travailler et qui doit faire face à une administration sociale qui ne l’écoute pas, qui l’humilie et qui le met plus bas que terre, donc c’est amusant, tellement amusant, tout le long », ironise le Spectator, le journal de référence des intellectuels et dirigeants conservateurs. « Oui, c’est ce genre de Ken Loach-là, mais comme ce Ken Loach est aussi plus puissant que la plupart des autres films, qu’il est redoutablement émouvant, j’ai pleuré, et qu’il est redoutablement touchant, j’ai pleuré à nouveau, vous allez devoir l’endurer. Le film est coécrit par Paul Laverty, collaborateur de longue date de Ken Loach, qui avait déclaré que l’un des points de départ de l’écriture de cette œuvre était le fait que le grand public croit que la fraude aux allocations sociales représente vingt quatre pour cent des versements alors que les organismes l’estiment à 0,7 %. J’allais oublier. Le film est aussi redoutablement révoltant ». 

Ce n’est donc pas une surprise, prévient l’Evening Chronicle, le journal de Newcastle, si Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste, « s’est transformé en critique de cinéma pour faire la promotion de Moi, Daniel Blake ». Après avoir assisté à la première londonienne, Mardi 25 Octobre 2016, Jeremy Corbyn a posté un commentaire sur Facebook ne tarissant pas d’éloges à propos du film tourné dans le Tyneside. Il a notamment écrit que « s’il y a une seule chose à faire cette année, c’est d’aller voir Moi, Daniel Blake. C’est l’un des films les plus émouvants que j’aie jamais vu. Tant de gens souffrent de l’indignité montrée dans ce film auprès des services sociaux, en raison des décisions politiques désastreuses et injustes de ce gouvernement conservateur ».

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 19:21

 

L'évacuation de la jungle de Calais touche à sa fin (Reuters)

 

L'évacuation de la jungle de Calais, devenue un symbole de la crise migratoire, était quasiment achevée Mercredi 26 Octobre 2016, après trois jours d'une opération de grande envergure qui s'est déroulée sans incident majeur.

« C'est aujourd'hui la fin de la jungle », a dit le préfet du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, sur le site qui abritait des milliers de migrants depuis une décennie dans des conditions très précaires. « Il n'y a plus de migrants au sein de la lande ».

Elle a annoncé lors d'un point de presse que les derniers des quelque six mille migrants présents avant l'opération auraient quitté le bidonville dans les prochaines heures.

Selon la préfecture, un peu plus de cinq mille six cent personnes avaient d'ores et déjà été « mises à l'abri », dirigées vers des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) dispersés dans tout le pays pour les majeurs ou placées dans le Centre d’Accueil Provisoire (CAP), un local en « dur » à Calais, pour mille deux cent mineurs isolés dont certains iront au Royaume-Uni.

Parmi eux, un millier de migrants majeurs, via vingt sept bus, et cent trente trois mineurs ont été évacués Mercredi 26 Octobre 2016.

« C'est une page qui se tourne et une page positive puisque ces gens sont accueillis en France et vont pouvoir commencer une nouvelle vie », a dit Fabienne Buccio.

« Quatre afghans ont été interpellés et placés en garde à vue pour avoir participé à la mise à feu des abris de fortune vides, provoquant de nombreux incendies dans le camp et, à plusieurs reprises, des explosions de bouteilles de gaz », a-t-elle ajouté.

Des moyens mécaniques plus importants que les petits tractopelles utilisés depuis le début du démantèlement ont ensuite été mobilisés pour raser les abris restants.

« Pour certains migrants, il s'agit d'une coutume de mettre le feu à leur habitation lorsqu'ils sont amenés à la quitter », a dit un porte-parole de la préfecture.

La préfecture assure qu'elle avait anticipé ce phénomène et prépositionné des pompiers qui ont mis du temps à intervenir.

En revanche, aucun heurt entre des militants No Border et les mille deux cent cinquante policiers déployés sur place, un scénario que redoutaient les autorités, n'a été signalé depuis Lundi 24 Octobre 2016.

Calais, « c'est un beau visage de la France. Voilà une opération humanitaire qui est menée en tenant compte d'hommes et de femmes qui fuient la guerre, qui demandent l'asile et qui est menée aussi avec fermeté », s'est félicité dans la matinée le premier ministre, Manuel Valls.

Les pouvoirs publics avaient planifié en amont l'évacuation du campement qui nécessitait de trouver des places d'accueil dans les régions françaises et de régler la question des mineurs isolés désireux de gagner le Royaume-Uni.

Le coût du démantèlement de la jungle n'avait pas été chiffré à l'avance, en raison de la souplesse du dispositif, le nombre définitif de bus et de forces de l'ordre déployés pouvait être réévalué à tout moment.

Mais le plus cher est le placement en CAO, qui coûte vingt cinq euros par jour et par personne, soit près de cent quatre vingt dix mille euros par jour pour les sept mille cinq cent places ouvertes, précisait-t-on en fin de semaine dernière au ministère de l’intérieur.

De Sangatte à Calais

Même si rien ne garantit que des migrants ne resteront pas dans la région, l'opération qui a débuté Lundi 24 Octobre 2016 représente un succès pour le gouvernement sur ce dossier qui empoisonne la vie politique française depuis vingt ans.

A partir du milieu des années 1990, la suppression des contrôles aux frontières entre les pays de l'espace Schengen a permis aux migrants qui arrivaient dans des pays du sud de l'Europe, essentiellement d'Afrique au départ, de se diriger vers les pays du nord de l'Union Européenne, plus prospères.

Ceux qui voulaient passer au Royaume-Uni, qui n'a jamais été membre de Schengen, pour rejoindre leurs puissantes communautés issues de l'immigration, ont alors commencé à se regrouper dans des camps de fortune près de Calais, avec son port et son tunnel sous la Manche propices aux passages clandestins.

Un hangar désaffecté d'Eurotunnel leur a été ouvert en 1999 sur la commune de Sangatte mais, trois ans plus tard, en 2002, sous la pression de son homologue britannique David Blunkett, le ministre français de l’intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, a décidé la fermeture définitive de ce lieu.

Les quelque mille six cent migrants qui s'y trouvaient se sont alors déplacés vers la jungle de Calais et, en février 2003, Paris et Londres ont signé les accords du Touquet qui établissent que les contrôles aux frontières auront désormais lieu du côté français de la Manche.

Avec la crise migratoire, notamment due aux affrontements au Soudan et à la guerre en Syrie, le nombre de migrants a explosé et jusqu'à dix mille d'entre eux se sont retrouvés dans la jungle.

Le durcissement des conditions d'accueil au Royaume-Uni en 2016 et le vote des britanniques en faveur du Brexit, surtout motivé par la volonté de mieux contrôler l'immigration, a progressivement changé la donne à Calais.

Le passage au Royaume-Uni rendu de plus en plus difficile par des mesures de sécurité en partie financées par Londres a contribué à changer la donne et des migrants de plus en plus nombreux ont commencé à demander l'asile en France.

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 19:26

 

http://www.humanite.fr/accueil-des-refugies-les-villes-sorganisent-contre-leurope-de-la-honte-618586

 

Accueil des réfugiés 

Les villes s’organisent contre l’Europe de la honte 

Par Jean Jacques Régibier 

Mercredi 19 Octobre 2016 

Réunis à Bruxelles pour Solidarcities, des dizaines de maires venus de toute l’Europe ont durement critiqué l’attitude de l’Union Européenne et des états pour leur lâcheté face à la crise des réfugiés. A cette déroute de l’Union Européenne, ils opposent leurs multiples expériences pour accueillir les migrants, seul remède selon eux pour faire barrage à la xénophobie et au racisme. 

« Aucun être humain n’est illégal », tonne Spiros Galinos, le maire de Lesbos. Il parle de sa fierté d’être le maire de cette île grecque qui a accueilli, malgré la crise économique provoquée par l’Europe, plus de huit cent cinquante mille réfugiés, dix fois la population de l’île, venus de Turquie sur des embarcations de fortune. Beaucoup d’entre eux ne doivent leur vie que d’avoir été secourus par les marins de Lesbos et les gardes côtes grecs. « Nous avons réparé la dignité de la Grèce qui a été foulée aux pieds par l’Union Européenne, nous avons montré l’exemple », poursuit le maire de cette île devenue le symbole du dévouement des populations civiles que rien n’avait préparé à cette épreuve, à l’aide aux réfugiés. Nous prendrons la mesure de cet effort gigantesque déployé pratiquement sans aide extérieure par la population de Lesbos, en rappelant un simple chiffre, rien qu’au mois d’octobre 2015, ce sont quarante huit mille réfugiés, plus de la moitié de la population totale de l’île, venus essentiellement de Syrie et, parmi eux, un quart d’enfants, qui sont arrivés sur les côtes de l’île grecque. Spyros Galinos dit que « nous nous sentons comme l’haltérophile qui doit soulever un poids insupportable ». 

Des exemples de citoyens se portant au secours des réfugiés et offrant leur aide de multiples manières, il y en a beaucoup d’autres en Europe, mais on n’en parle très peu. C’est pour briser ce silence que des dizaines de maires de villes et de villages d’Europe, mais aussi des militants d’Organisations Non Gouvernementales (ONG), des réfugiés et des députés européens, se sont retrouvés Mardi 18 Octobre 2016 à Bruxelles à l’initiative de la Gauche Unitaire Européenne (GUE) pour Solidarcities, à la fois dans le but de partager leurs expériences et de préparer l’avenir, mais aussi pour faire entendre leur colère. 

Colère contre l’Europe, colère aussi contre les gouvernements des états qui, à l’exception notable de l’Allemagne, font tout pour se débarrasser du problème des migrants, qui n’est rien d’autre, les mots ont dans cette conjoncture une importance décisive, que la plus grande crise humanitaire qu’a connue l’Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale. 

Car c’est bien en tant que crise humanitaire, tous les intervenants l’ont souligné, et non pas en tant que lutte contre l’immigration clandestine comme on l’entend souvent dans la bouche des représentants des états, que doit être traité l’afflux de migrants, ne serait-ce d’abord que parce que les lois internationales et les constitutions des pays l’exigent. 

Spyros Galinos explique que « c’est précisément parce que l’Europe traite cette crise, beaucoup n’aiment pas le mot, des réfugiés comme une menace larvée, que tous les xénophobes et les racistes peuvent en faire leur cheval de bataille. Le résultat, c’est que les grandes valeurs fondatrices de l’Europe de paix, de solidarité, de respect des droits humains et d'égalité, se sont transformées en leur contraire, sur la question des migrants, seuls ceux qui veulent les renvoyer chez eux et dénoncent les dangers qu’ils font courir à l’Europe sont audibles. Nous devons protéger l’Europe de ce retour en arrière », prévient-il. 

Comme en 1938 

Pour l’association Migreurop, spécialisée dans les droits des migrants et l’analyse des politiques migratoires de l’Union Européenne, Claire Rodier n’hésite pas à faire un rapprochement entre la situation actuelle et celle de la fin des années 1930 avec laquelle elle voit beaucoup de résonnance. 

Elle rappelle l’épisode largement oublié de la conférence d’Evian en 1938. 

Après la création du Troisième Reich, les migrants juifs originaires d’Autriche et d’Allemagne affluent, notamment vers les Etats-Unis, mais le pays ne délivre que très peu de visas. Franklin Delano Roosevelt décide d’organiser une conférence internationale pour régler le problème. La plupart des pays européens se font tirer l’oreille pour y participer, certains pays comme la Pologne, la Roumanie et la Hongrie, n’envoient que des observateurs, tous exigent qu’on ne leur demande pas d’augmenter leur quota de migrants. Résultat, la conférence est un fiasco total. 

Nous connaissons malheureusement l’effroyable suite de l’histoire. 

Claire Rodier s’interroge sur deux chiffres paradoxaux, « en 2015, sept cent cinquante mille migrants sont arrivés en Europe, en 2016, ce nombre chute à trois cent dix sept mille, mais il y a plus de morts. Les causes de départ n’ayant pas diminué, ce sont les mesures dissuasives mises en place par l’Europe qui l’expliquent, rendant les tentatives de ceux qui choisissent malgré tout le chemin de l’exil de plus en plus dangereuses ». 

Car c’est bien effet la dissuasion qui caractérise la politique de l’Europe vis-à-vis des réfugiés et des migrants en 2016. Plusieurs intervenants en ont détaillé les modalités de son renforcement, tout au long de l’année. C'est l'activation du processus de Khartoum qui permet à l’Europe de mettre à distance les migrants en sous-traitant avec les pays d'Afrique comme le Soudan, l'Erythrée et la Libye, pays que fuient précisément les migrants pour cause de guerre ou de répression. C'est l'accord qui a fait de la Turquie, contre financement, le pays qui retient les réfugiés venant de Syrie et d’Irak. C'est l'accord avec l’Afghanistan passé en toute discrétion au début du mois d'octobre 2016 pour le renvoi de quatre vingt mille afghans dans leur pays, là encore contre promesses financières. C'est le retour du contrôle aux frontières et la construction de murs anti-migrants, en Hongrie ou à Calais. C'est le renforcement de  l'agence FRONTEX qui permet de déployer aux frontières de l’Europe des moyens d’intervention pour empêcher que les migrants  les franchissent. C'est le maintien du règlement de Dublin inutile. Autant de mesures qui ont pour conséquence de rendre les périples des migrants et des réfugiés de plus en plus difficiles et donc de plus en plus dangereux, comme les chiffres de 2016 le montrent. 

Villes et villages au secours des migrants 

« Nous entendons le cri des personnes qui se noient dans la mer », dit David Llistar, de la municipalité de Barcelone, expliquant que la capitale de la Catalogne a reçu très vite seize mille courriels d’habitants proposant d’accueillir et d’héberger des réfugiés. Barcelone, qui travaille déjà avec Lesbos et Lampedusa, veut créer une « masse critique » de villes européennes qui prendront en charge les migrants de la Méditerranée. 

« Nous sommes les premières administrations à avoir entendu le cri des migrants », complète David Llistar, « nous devons faire preuve de créativité pour réaliser leur rêve et faire contrepoids à cette Europe de la honte ». 

Ann Margharete Livh, la maire adjointe de Stockholm, explique comment, à l’automne 2015, la gare centrale de la capitale de la Suède a été envahie de réfugiés qui ne savaient pas où aller et se sont retrouvés à dormir dans la rue. « Mais la gare s’est aussi remplie de centaines de volontaires qui apportaient de la nourriture et proposaient un hébergement », rapporte-t-elle, rappelant là aussi la faillite du gouvernement suédois, là où la ville, dirigée par les verts et des partis de gauche, a pris en charge elle-même l’accueil des réfugiés, en construisant six cent logements ou en en restaurant d’autres. «  Ces logements n’ont pas été pris à d’autres », explique-t-elle, « les familles de Stockholm accueillent les réfugiés, cela marche très bien ». 

Mais il n’y a pas que les grandes villes pour donner l’exemple. 

Un habitant de Camini, un village de Calabre qui compte moins de huit cent habitants, au bord de la mer ionienne, explique comment son village a accueilli quatre vingt réfugiés venant de Libye ou du Liban. 

« Nous avons ouvert des maisons qui étaient fermées. Nous n’avions que huit enfants à l’école, maintenant, nous en avons cinquante, nous avons démontré que nous aussi les gens du sud, dans cette région de Calabre durement frappée par la crise, nous pouvions aider des migrants » s’enthousiasme-t-il. Le maire de Camini, Giuseppe Alfarano, complète en disant que « l’accueil des migrants, c’est une façon d’affronter le dépeuplement des villages et d’enrichir les citoyens, cela permet aussi de reconstruire un futur pour les jeunes de chez nous. Maintenant, tout le monde a du travail. Nous avons remis en route les services essentiels, les boutiques ont rouvert et l’artisanat se développe, nous avons retapé tout le centre historique, les enfants jouent dans les rues et les gens travaillent dans les champs, c’est un monde riche de couleurs, c'est un monde pacifique. La fusion entre les différentes ethnies est possible. C’est l’espoir de notre survie dans cette civilisation », a-t-il conclut, très applaudi. 

Comme tous les intervenants, le directeur de cabinet du maire de Grande-Synthe, a lui aussi pointé, « la défaillance des états » dans la crise migratoire et, face à cette situation, l’importance de la réponse locale. Si le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, a décidé de construire, avec l’appui de Médecins Sans Frontières (MSF), un camp d’accueil aux normes, c’est tout simplement parce que des migrants vivaient sur place dans « des conditions innommables dans un camp de la honte », explique Olivier Caremelle, rappelant que la ville avait dû non seulement pallier aux manques de l’état, mais même s’opposer au gouvernement et au préfet qui, dans un premier temps, ne voulaient pas entendre parler de ce camp. 

Même constat à Madrid pour Rommy Arce qui dénonce elle aussi la politique de refus des migrants du gouvernement espagnol, base selon elle, d’une véritable «  discrimination institutionnelle et de tous les arguments racistes. Il faut mettre un frein à ce retour nationaliste. Nous demandons qu’on débloque l’arrivée des réfugiés », ajoute-t-elle, « nous avons les moyens et l’organisation qu’il faut pour les accueillir ». 

Une analyse partagée par toutes les villes européennes, Gand, Valence, Thessalonique, Saragosse, Paris et Irun, qui commencent à faire entendre leurs voix et à prendre conscience de leur force parce que, comme l’explique le député européen écologiste espagnol Ernest Urtasun, « la ville est le premier niveau d’accueil des migrants quand l’état est incapable de réagir ». 

Les villes estiment donc avoir gagné le droit de décider de recevoir des migrants et que l’on ouvre les frontières pour cela. 

Giovanni Manoccio, le maire d’une autre petite commune de Calabre, Acquaformosa, qui revit grâce à l’accueil des migrants, rappelant que « nous allons continuer à privilégier les ponts plutôt que les murs », a tenu à rappeler la phrase d’un prêtre qui lui avait dit il y a longtemps, « quelque chose de très important, ce sont les damnés de la terre qui sauveront l’humanité ». 

Peppone ne devait pas être loin. 

Des rencontres européennes de la solidarité, toujours autour de la problématique de l’accueil des migrants dans les villes d’Europe, auront lieu du 25 novembre au 27 novembre 2016 à Valence, en Espagne.

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 18:37

 

https://www.ensemble-fdg.org/content/communique-de-ensemble-manifestation-de-policiers-en-colere-une-menace-contre-la-democratie

 

Communiqué d'Ensemble 

Les manifestations des policiers en colère sont une menace contre la démocratie. 

Lundi 24 Octobre 2016 

La semaine passée a vu l'émergence de policiers en colère, des manifestations de nuit de policiers dont la plupart étaient en service, certains armés et/ou masqués.  Le déclencheur en a été l'embuscade de Viry-Châtillon où des policiers ont été gravement blessés.

Ensemble condamne cette agression. 

Le malaise existant parmi les policiers en raison des politiques d’austérité et de la recherche du chiffre, élevées en principe suprême par la présidence de Nicolas Sarkozy, poursuivies par François Hollande, des conditions de travail liées notamment aux prescriptions sécuritaires décidées par la hiérarchie, est compréhensible. 

Mais cela ne peut pas faire oublier que la police, en tant qu'appareil de coercition armée ne saurait être considérée comme  un service public comme un autre et bénéficie de l'impunité pour les violences commises contre des populations victimes de discriminations racistes, le mouvement social de ce printemps ou les mobilisations écologistes.

Le contraste est d'ailleurs saisissant avec la mansuétude du gouvernement envers les policiers en colère qui défilent de nuit sans autorisation au mépris d'un état d'urgence qu'ils ont revendiqué. 

Ce mouvement, concernant une minorité de policiers, est d'abord porté et légitimé par le discours dominant dans l'espace politique en France, sécuritaire, réactionnaire et raciste . Si elles sont alimentées par des revendications corporatistes, les manifestations réclament particulièrement l’absence du moindre contrôle juridique sur les actes de la police et prônent une vision ultra-répressive de l’action policière et judiciaire. Or ce n’est pas à certains policiers, ni même à la police comme institution, de décider quelle doit être la politique pénale, mais à la société dans son ensemble, et ce démocratiquement. 

Alors que le gouvernement a procédé à un tournant sécuritaire qui, sous couvert d'antiterrorisme, remet en cause l'état de droit, ces manifestations, en se situant sur le terrain de l’extrême droite et la droite extrême, constituent une menace antidémocratique. D’autant plus que la présidence de François Hollande est en voie de décomposition. Pour ces raisons, Ensemble appelle à la plus grande vigilance et à la constitution d’un front de défense des droits démocratiques et au combat antiraciste. 

Au-delà, Ensemble propose qu’un grand débat associant toutes les organisations démocratiques, du mouvement ouvrier et de l'écologie permette de discuter des fondamentaux des politiques de sûreté publique. 

La tranquillité de toutes et tous ne pourra être réelle qu'en mettant fin à l'insécurité sociale et aux oppressions racistes et sexistes par la construction d’un lien social renouvelé permettant l'implication populaire. 

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 18:27

 

https://npa2009.org/communique/declaration-de-philippe-poutou-sur-le-mouvement-des-policiers

 

Déclaration de Philippe Poutou sur le mouvement des policiers 

Vendredi 21 octobre 2016 

Insolites, les manifestations policières de ces derniers jours. Des manifestations interdites, sous des capuches et à visages cachés, c'est osé, car c'est exactement ce qui avaient reproché à des jeunes dans les manifestations contre la loi travail il y a quelques semaines.

Insolite aussi la compréhension de ces médias qui nous parlent de la colère des policiers, de leur mal-être et de leur peur, alors que, au printemps dernier, il était plus difficile d'y faire entendre la colère des cheminots ou des éboueurs contre les violences policières. Il semble donc difficile d'avoir de la compassion pour une corporation qui, il y a peu, frappait et gazait des dizaines de milliers de manifestants, allant parfois jusqu'à blesser ou défigurer certains d'entre nous. 

Mais il faut comprendre ce qui est train de se jouer sous nos yeux. Ces derniers temps, plusieurs policiers ont été agressés ou blessés, dont un de Viry-Châtillon est dans un état très grave, à l'évidence victimes d'attaques de personnes liées à la grande délinquance ou même au banditisme. Le malaise et le ras-le-bol sont donc réels et nous ne sommes pas indifférents à ce qui se passe. Nous vivons dans une société de plus en plus violente, quartiers sinistrés, populations exclues par le chômage de masse et personnes qui sombrent dans la pauvreté. Et en partie liée à cette situation, une délinquance qui se développe avec son cortège de trafics et de violences. 

Pour y faire face, les policiers demandent aujourd'hui des moyens supplémentaires, plus d'effectifs et plus d'armes, pour se protéger et pour mieux réprimer. Mais ils ne semblent pas comprendre, ou ne le veulent pas, que plus de moyens pour réprimer est totalement inutile et même contre-productif. Car la violence de cette répression se retourne souvent contre eux et contribue à une escalade violente, voire meurtrière. L'intérêt des policiers, en tant qu'individus, devrait être de manifester pour plus d'éducateurs, plus d'enseignants et plus de services publics, contre les licenciements, le chômage et l'état d'urgence, pour plus de social et moins de pénal. 

S'ils étaient moins aveuglés par des syndicats de droite ou d'extrême droite, leurs revendications, plus constructives, les couperaient moins de l'ensemble de la population. A l'inverse, dans cette mobilisation, ils s'enfoncent dans leurs difficultés par une fuite en avant réactionnaire. 

L'urgence est bien d'en sortir en imposant des mesures sociales.

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 18:17

 

Début du démantèlement de la jungle de Calais (Reuters)

 

L'opération de démantèlement de la jungle de Calais a débuté Mardi 25 Octobre 2016, parallèlement à la poursuite de l'évacuation des migrants qui a permis en deux jours de diriger la moitié des occupants du bidonville vers des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO). 

Le préfet du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a donné le coup d'envoi du démantèlement entourée de quelque deux cent membres des forces de l'ordre présentes pour protéger la trentaine de personnes chargées de vérifier si les tentes étaient vides. 

« Les migrants savent depuis longtemps que le démantèlement va avoir lieu », a-t-elle dit. « Nous faisons en sorte d'être en situation que cela se fasse le mieux possible ». 

Deux bulldozers et une vingtaine d'ouvriers armés de marteaux sont ensuite entrés en action pour démanteler les abris de fortune jouxtant le Centre d’Accueil Provisoire (CAP) où les mineurs sont pour l'instant cantonnés. 

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, et la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, ont indiqué dans un communiqué commun que mille six cent trente six migrants avaient été « mis à l'abri », Mardi 25 Octobre 2016, soit un total de quatre mille quatorze personnes depuis le début de l'évacuation du camp. 

Ils ont été soit dirigés, pour les majeurs, vers des CAO partout en France, soit installés, pour les mineurs, dans le CAP de Calais. 

Le nombre de volontaires pour le départ semblait se tarir Mardi 25 Octobre 2016 puisqu'il n'y avait plus de files d’attente de migrants devant le hangar à partir duquel ils sont répartis vers les CAO, mais seulement des petits groupes isolés. 

« Nous savons que la jungle, c'est fini », a déclaré Aarash, un afghan âgé de vingt et un ans en se dirigeant vers le hangar à partir duquel les migrants sont orientés. 

« Nous allons voir si nous pouvons prendre un bus aujourd'hui mais nous voulons aller dans une bonne ville, par exemple près de Paris. Si nous ne pouvons pas, nous retournerons dans la jungle ». 

Certains travailleurs humanitaires craignent que de nombreux migrants, déterminés à rejoindre la Grande-Bretagne ou déçus par le processus, décident à l'avenir de retourner à Calais. 

Au total, sept mille cinq cent places ont été réservées dans les quatre cent cinquante CAO français pour les migrants. 

Pour ce qui est des mineurs isolés, au nombre de mille trois cent à Calais environ avant le début du démantèlement, Bernard Cazeneuve avait assuré que le Royaume-Uni accueillerait tous ceux « dont les attaches familiales en Grande-Bretagne sont établies ». 

« Près de mille mineurs isolés sont en sécurité », peut-on lire dans le communiqué ministériel publié Mardi 25 Octobre 2016. « Par ailleurs, deux cent dix sept mineurs présents à Calais et dont les liens familiaux en Grande-Bretagne ont pu être établis ont rejoint le Royaume-Uni depuis le 17 octobre 2016 ». 

Depuis les accords d'Amiens signés au mois de mars 2016, « ce sont donc trois cent mineurs isolés qui ont été pris en charge outre-Manche », ajoute-t-on. 

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 20:11

 

Un tiers des migrants de la jungle de Calais évacués (Reuters)

 

Plus d'un tiers des quelque six mille migrants présents dans la jungle de Calais ont été évacués dans le calme Lundi 24 Octobre 2016, première journée de cette opération à haut risque pour le gouvernement. 

La préfecture prévoyait pour Lundi 24 Octobre 2016 le départ de soixante bus, soit environ deux mille cinq cent personnes, puis quarante cinq bus Mardi 25 Octobre 2016 et quarante bus Mercredi 26 Octobre 2016. Ils se rendront dans l’un des quatre cent cinquante Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) français dans lesquels sept mille cinq cent places ont été réservées pour les migrants. 

Quelque deux mille trois cent dix huit migrants ont été « mis à l'abri » au premier jour de l'opération d'évacuation de la jungle de Calais, a annoncé le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve. 

Sur ce total, « mille neuf cent dix huit majeurs ont quitté Calais pour rejoindre quatre vingt CAO situés dans onze régions de France », a-t-il précisé dans une déclaration à la presse. 

Quatre cents mineurs ont pour leur part été orientés au Centre d’Accueil Provisoire (CAP), situé sur le campement, dans l'attente de l'instruction de leur dossier. 

Une aide supplémentaire de quarante millions d'euros sera versée par le Royaume-Uni, a ajouté Bernard Cazeneuve, pour qui cette première journée de démantèlement s'est effectuée « dans le calme et la maîtrise ». 

La grille bloquant l'accès à un vaste hangar, sorte de gare routière où se déroule la répartition des migrants, a été ouverte Lundi 24 Octobre à 8 heures du matin pour accueillir les centaines de candidats à l'acheminement vers des CAO qui faisaient la queue, parfois depuis des heures. 

A la différence des précédentes opérations, cette fois l'objectif est de « démanteler totalement le camp de la Lande », d'où une présence importante des forces de l'ordre qui se maintiendra pour « éviter que des gens ne viennent réinvestir la lande ou pour que des squats se multiplient », a expliqué Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l’intérieur. 

« Il n'y a pas de moyens coercitifs employés à l’encontre » des migrants et le dispositif policier conséquent est là « simplement pour sécuriser la lande », a-t-il ajouté. 

Le démantèlement proprement dit, destruction des tentes et des abris, doit commencer Mardi 25 Octobre 2016. 

Sept mille cinq cent places réservées dans des CAO 

Lundi 24 Octobre 2016 peu avant 8 heures, des bus sont venus stationner aux abords du hangar de départ et les forces de l’ordre ont pris place pour permettre l’accès aux migrants répartis entre quatre groupes, mineurs isolés, personnes vulnérables, familles et adultes. 

Les premiers migrants qui ont pénétré à l’intérieur du hangar ont eu le choix entre deux régions d’accueil, la Bretagne et la région Auvergne Rhône Alpes. Devant une carte de France, ils ont choisi l’une de ces deux régions et un bracelet de couleur correspondant leur a été distribué. 

Le premier bus est parti en direction de la Bourgogne suivi rapidement de plusieurs autres, en direction du Morbihan, de la Haute-Saône, de la Haute-Loire et de la Drôme. 

« Je voulais partir depuis un moment mais il n’y avait pas de place, maintenant c’est possible », dit Idriss, la vingtaine, parti avec un petit groupe de soudanais.

Amadou Diallo, dix sept ans, qui dit avoir fui la Guinée Conakry, espère pouvoir débuter des études en France. 

« Mes parents sont morts et je suis seul, je dois essayer de m'en sortir », a-t-il expliqué. « Peu importe où je vais. Je m'en fiche. Ce n'est pas le plus important ». 

D'autres, en revanche, sont récalcitrants. 

« Moi je veux aller en Grande-Bretagne, pas aller dans une autre région française loin de Calais », dit Hamid, un afghan de vingt quatre ans.

« Pourquoi on ne peut pas passer ? Pourquoi ils ne veulent pas ? Vous ne voulez pas de nous à Calais mais ailleurs en France oui et en Grande-Bretagne non ? Je ne comprends pas ». 

Le sort des mille trois cent mineurs isolés du bidonville est toujours incertain, mais les négociations avec les autorités britanniques, qui ont accepté d'en accueillir un certain nombre, « progressent », assure-t-on au ministère de l’intérieur. 

« Le Royaume-Uni accueillera tous les mineurs isolés présents à Calais dont les attaches familiales en Grande-Bretagne sont établies », a assuré Bernard Cazeneuve. 

Possibilité de retour 

Pierre-Henry Brandet a indiqué que deux cent d'entre eux avaient pris le chemin du Royaume-Uni la semaine dernière. Le ministère de l’intérieur a fait savoir que le processus était suspendu jusqu’au Mardi 25 Octobre 2016, le temps d'effectuer le plus gros du transfert des migrants vers les CAO. 

Le climat de relative sérénité observé Lundi 24 Octobre 2016 s’explique par le fait que les migrants désireux de quitter Calais et ses conditions de vie très précaires ont été les premiers à se rendre au point de rassemblement. 

« Nous allons vivre une forme de phénomène d’entraînement, les départs vont en provoquer d’autres, les choses se mettent en place », a dit Fabienne Buccio, le préfet du Pas-de-Calais. 

Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) qui viennent en aide depuis des années aux migrants présents à Calais ont elles aussi exprimé leur satisfaction initiale mais sont plus perplexes sur la suite des opérations. 

« Il va falloir ensuite décider les autres qui sont soit interrogatifs, soit rétifs au départ », dit Christian Salomé, de l’Auberge des Migrants. « L’état a ouvert des Centres de Rétention Administrative (CRA), qui sont des prisons. Ces migrants qui iront en CRA seront ensuite libérés et reviendront ». 

Les risques de débordements existent, notamment avec les militants alter mondialistes du mouvement No Border présents sur le site et quelque mille deux cent cinquante policiers et gendarmes sont prévus pour encadrer cette opération.

 

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