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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 18:41

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/26/legislatives-l-accord-avec-le-pcf-en-suspens_5117710_4854003.html

 

L'accord entre le Mouvement de la France Insoumise (MFI) et le Parti Communiste Français (PCF) pour les élections législatives est en suspens

 

Des candidats du MFI et du PCF pourraient s’opposer dans les circonscriptions au premier tour des élections législatives du Dimanche 11 Juin 2017.

 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

 

Mercredi 26 Avril 2017

 

Etudier la carte des circonscriptions où Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête lors du premier tour des élections présidentielles est riche d’enseignements. Elles sont soixante sept et ses scores y sont supérieurs à vingt deux pour cent des voix. En Seine-Saint-Denis, les candidats du Front De Gauche (FDG), dont Marie-George Buffet et Clémentine Autain, pourront y voir un bon point de départ pour leur campagne.

 

Ce n’est pas le cas des candidats du Parti Socialiste qui ont du souci à se faire notamment dans ce département. Dans la circonscription du socialiste Mathieu Hanotin, qui recouvre partiellement la ville de Saint-Denis, Jean Luc Mélenchon réalise sa meilleure performance avec quarante trois pour cent des voix. Il fait également de très bons scores, entre trente quatre pour cent et quarante pour cent des voix, dans les circonscriptions de Razzy Hammadi, d'Elisabeth Guigou, de Bruno Le Roux et de Claude Bartolone.

 

A Paris, Colombe Brossel, maire adjointe du Parti Socialiste, qui se présente dans la circonscription de Daniel Vaillant, une partie du neuvième et du dix huitième arrondissement, peut légitimement montrer quelques signes d’inquiétudes, tout comme le patron du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, dans le dix neuvième arrondissement. Jean Luc Mélenchon obtient trente quatre pour cent des voix chez la première et trente pour cent des voix chez le second. La première place de son ancien camarade dans sa circonscription de Haute-Garonne, avec vingt huit pour cent des voix, n’aura pas non plus échappé au responsable des élections du Parti Socialiste, Christophe Borgel.

 

Jean-Luc Mélenchon et ses partenaires sauront-ils en tirer profit ? Rien n’est moins sûr vu l’état de leurs rapports. Mardi 25 Avril 2017, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a convoqué une conférence de presse pour parler des élections législatives, qui s’annoncent cruciales, notamment pour son parti. Jusqu’à présent, le PCF et le MFI ne sont pas parvenus à trouver un accord. Le sujet a fini par empoisonner leurs relations et Pierre Laurent indiquait Mardi 25 Avril 2017 qu’il n’avait pas réussi à parler à son ancien candidat depuis Dimanche 23 Avril 2017. Le score très élevé de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles, avec vingt pour cent des voix, devrait cependant donner au député européen l’avantage dans le rapport de force.

 

Pierre Laurent ne semble pas l’entendre ainsi. Mardi 25 Avril 2017, il a lancé un appel au rassemblement, notamment au MFI, mais aussi « à toutes les forces de gauche qui sont prêtes à s’en saisir pour éviter une concurrence qui s’avérerait mortelle ». Si rien ne bouge, les candidats communistes, notamment les députés sortants, affronteront des insoumis, mais aussi des écologistes et des socialistes. « Le temps presse », a mis en garde le sénateur de Paris. « Si nous sommes ensemble, la victoire est possible dans des dizaines et des dizaines de circonscriptions. Divisés, nous en gagnerons seulement une poignée ».

 

Pour Pierre Laurent, « les communistes, notamment dans les circonscriptions où ils sont sortants et où leurs positions sont fortes, sont les mieux placés pour conduire cette bataille ».

 

Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean Luc Mélenchon, se dit un peu surpris par ces déclarations mais il assure que des contacts ont été pris avec le PCF. « Nous avions fait une proposition raisonnable de désistements réciproques dans une dizaine de circonscriptions chacun mais le PCF nous a toujours opposé un refus catégorique », affirme-t-il.

 

Parmi ces dernières devaient se trouver les circonscriptions des sept députés PCF sortants.

 

Désormais, Manuel Bompard prévient que ceux qui n’ont pas donné leur parrainage au candidat du MFI pour le premier tour des élections présidentielles pourraient bien voir s’en voir exclus. « C’est une question de cohérence politique », souligne-t-il. Parmi les quatre qui devaient se représenter, André Chassaigne, président du groupe des députés du PCF à l’assemblée nationale, et Patrice Carvalho seraient concernés, de quoi donner une idée de l’ambiance des futures discussions.

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 18:15

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/280417/pour-serrer-les-rangs-insoumis-melenchon-ne-donne-pas-de-consigne?onglet=full

 

https://tendanceclaire.org/breve.php?id=23604

 

Pour serrer les rangs, Jean Luc Mélenchon ne donne pas de consigne de vote

 

Par Christophe Gueugneau

 

Vendredi 28 Avril 2017

 

Le candidat du Mouvement de la France Insoumise (MFI) indique qu'il ne votera pas pour Marine Le Pen lors du second tour des élections présidentielles, sans dire qu'il votera pour Emmanuel Macron.

« Pourquoi je ne le dis pas ? Pour que vous puissiez rester regroupés », lance-t-il aux quatre cent quatre vingt dix mille soutiens du MFI. Le MFI, né il y a un peu plus d'un an, est appelé à faire bloc aux élections législatives.

Et la parole refut. Cinq jours après le premier tour des élections présidentielles, Jean-Luc Mélenchon, défait avec vingt pour cent des voix, a publié Vendredi 28 Avril 2017 à 17 heures 15 une vidéo sur sa chaîne YouTube. Dimanche 23 Avril 2017, sa prise de parole avait été jugée faible au regard de l’enjeu d’un second tour opposant Emmanuel Macron à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen. Depuis, beaucoup parmi les responsables politiques et les éditorialistes lui demandaient des précisions et donc une consigne de vote. Ils seront déçus après avoir visionné les trente deux minutes de la vidéo.

Dans celle-ci, Jean-Luc Mélenchon revient d’abord sur la défaite du premier tour, un « choc d’autant plus rude que, cette fois-ci, nous avions tous senti que cela pouvait le faire. Cela laisse beaucoup d’amertume », estime Jean-Luc Mélenchon. Il en vient ensuite à l’instant que tout le monde attendait. Que fera-t-il lors du second tour du Dimanche 7 Mai 2017 ? « Mais franchement, est-ce qu’il y a une seule personne d’entre vous qui doute que je ne voterai pas pour le Front National », s’interroge le candidat du MFI, après avoir rappelé qu’il portait depuis cinq ans à la boutonnière le triangle rouge, symbole des déportés politiques.

Il rappelle par ailleurs son engagement contre Marine Le Pen lors des élections législatives de 2012 à Hénin-Beaumont. Éliminé au premier tour, Jean-Luc Mélenchon avait non seulement voté pour le candidat socialiste au second tour, mais il avait même fait une campagne de mobilisation pour ce vote. Il avait par ailleurs appelé à voter pour Jacques Chirac en 2002.

Jean Luc Mélenchon poursuit, « je les vois qui se traînent à mes pieds pour que je dise ceci ou que je dise cela, mais je ne dois pas le faire. Ce que nous demande Emmanuel Macron, ce n’est pas un vote antifasciste ou un vote contre l’extrême droite, c’est un vote d’adhésion. Non, nous n’adhérons pas à ce projet. Cela ne va pas m’empêcher, moi en tant que personne, de faire ce que j’ai à faire. J’irai voter, d’abord parce que dans mon programme le vote est obligatoire. Quant à savoir ce que je vais faire, il n’y a pas besoin d’être grand clerc, mais je ne le dis pas pour que vous puissiez rester regroupés ».

Dans cette vidéo, le leader du MFI insiste longuement sur le besoin d’unité de son mouvement. « Si je dis ce que je fais, je vous divise », insiste-t-il. « Je ne suis pas un gourou, je ne suis pas un guide », ajoute-t-il. « Je ne vous connais pas tous, mais je vous connais assez pour savoir ce que vous n’allez pas faire », dit-il encore. « Beaucoup d’entre vous sont bouleversés par la décision qu’ils ont à prendre. Je vous encourage à rester unis ». La question de l’unité du MFI traverse toute la vidéo.

Créé il y a un tout petit peu plus d’un an, le MFI compte quatre cent quatre vingt dix mille soutiens mais cette jeunesse le rend fragile, selon l’analyse du candidat. C’est au nom de l’unité que la consultation a été organisée. Les soutiens peuvent dire jusqu’au Mardi 2 Mai 2017 ce qu’ils comptent faire le Dimanche 7 Mai 2017, soit s’abstenir, soit voter pour Emmanuel Macron, soit voter blanc. « Avez-vous remarqué que dans cette liste, il n’y a pas l’option du vote pour Marine Le Pen », fait remarquer Jean-Luc Mélenchon dans sa vidéo.

Sur la plateforme Discord Insoumis, cet espace de discussion en ligne créé par des militants du MFI, la fragilité du mouvement apparaît au grand jour. Nous avons passé deux jours à observer les échanges sur le fil réservé à la consultation du second tour. Trois quarts d’heure après la mise en ligne de la vidéo, Prae faisait le constat suivant, « cela ne va pas être évident de perdurer quand même. Le problème d'un mouvement c'est son manque de structure hiérarchique. Il faut absolument concrétiser cela en députés, parce que cela donne une structure stable et des représentants dans le temps ».

« Les gens sont dans un traquenard. Quoi que nous fassions, ils auront un truc pour nous défoncer », remarquait déjà Ghork, Jeudi 27 Avril 2017. Sur Discord Insoumis, pendant ces quarante huit heures, les messages étaient nombreux, ceux qui comptent s’abstenir, ceux qui veulent voter blanc ou nul, ceux qui voteront pour Emmanuel Macron et ceux qui défendent un vote potentiel pour Marine Le Pen. Mais pas seulement, on décortique les programmes et les propos, on s’invective un peu aussi, on tente de se convaincre et on propose des opérations.

On trouve régulièrement le slogan « pas une voix pour le Front National » comme mot d’ordre et comme définition de ce qu’est un insoumis.

C’est peu dire que la vidéo de Marine Le Pen, diffusée Vendredi 28 Avril 2017 en tout début d’après-midi, a été mal reçue sur le forum.

Dans cette vidéo d’un peu plus de trois minutes, la candidate du Front National a franchi un nouveau pas dans sa tentative de triangulation des voix du MFI. Elle y admet avoir des « relations politiques sportives », dit avec le sourire, avec Jean-Luc Mélenchon, mais elle juge que pour faire barrage à Emmanuel Macron, il faut mettre « les querelles et les divergences de côté et tourner la page ».

Pour appuyer sa demande, Marine Le Pen n’hésite pas à rappeler que le drapeau bleu, blanc et rouge, a remplacé, en 2017, les drapeaux rouges que l’on voyait en 2012 dans les meetings de Jean-Luc Mélenchon et qu’on y chante la Marseillaise. Marine Le Pen explique également qu’elle s’engage à supprimer la loi travail, à l’antipode du vrai projet social du Front National.

Sur le forum Discord Insoumis, personne n’est dupe. Quelques minutes après la mise en ligne de la vidéo, les réactions fusent, « pour Marine Le Pen, nous sommes des crasseux et maintenant elle vient nous racoler », estime Fabrice. « L'appel de Marine Le Pen aux insoumis est intolérable, elle qui nous a fustigés de communistes destructeurs de la culture pendant toute la campagne », ajoute Lasil, tandis qu’Unkichkun remarque que « si elle voulait vraiment faire barrage à Emmanuel Macron elle aurait voté pour le MFI au premier tour ». Demestrios est plus mesuré, jugeant que Marine Le Pen « a l'intelligence de nous parler comme à des électeurs libres de leurs choix et sensibles à la raison. Tandis que l'autre camp ne tarit pas d'insultes et de mépris ».

Quelques minutes plus tard, la vidéo est sous-titrée par quelques Insoumis.

Jeudi 27 Avril et Vendredi 28 Avril 2017, sur Discord Insoumis, rares étaient les internautes prêts à voter pour la candidate d’extrême droite.

À quelques exceptions près, qui relevaient surtout d’un débarquement sur le forum de militants lepénistes. « Sérieux ce tchat devient pourri par les militants du Front National infiltrés ou quoi », s’interroge Jeudi 27 Avril 2017 Foux après qu’un certain Pseud eut lancé quelques messages favorables à Marine Le Pen.

« Les insoumis qui envisagent de voter pour le Front National n'en sont pas », tranche Hoboy. Et de poursuivre que « n’oubliez pas que le Front National est raciste car il propose la priorité nationale comme mesure phare et qu’il est d'un antisémitisme latent de par ses aînés. La lutte contre le libéralisme ne doit pas aveugler face au chaos d'une société divisée et haineuse qu'elle représenterait ». « Je me suis fait une petite piqûre de rappel de ce qu’était la violence et le côté liberticide du Front National », explique Rocka, « je voulais voter blanc mais je pense que je vais voter pour Emmanuel Macron ». « Le Front National est contre les libertés individuelles et collectives », note de son côté Blop, tandis qu’un autre internaute rappelle que Marine Le Pen voulait « interdire les manifestations contre la loi travail ».

Ces rappels fonctionnent pour partie sur Discord Insoumis. Majoritairement favorables à l’abstention, le vote blanc ou nul, les posts indiquant un vote pour Emmanuel Macron se sont multipliés ces dernières vingt quatre heures, à mesure en fait qu’Emmanuel Macron semblait rater sa campagne d’entre les deux tours. « Si Emmanuel Macron fait une grosse erreur, nous voterons massivement. Nous ne sommes pas fous », explique Ciaxus. « Je me suis promis que je ne le ferais plus jamais après avoir dû voter pour Jacques Chirac en 2002, mais j'irai mettre mon bulletin pour Emmanuel Macron sans hésiter », indique Xikariya.

Certains dissertent tout de même longuement sur l’équivalence entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, l’élection du premier entraînant, selon eux, l’élection de la seconde en 2022. « Je te dis que, avec Emmanuel Macron, nous n’aurons pas le Front National tout de suite et que nous nous donnons cinq ans pour gagner des voix contre le Front National et le combattre », répond Nausicaa à l’un d’eux. Tandis que Carolin votera pour Emmanuel Macron « car Marine Le Pen ne peut pas être banalisée, c'est un parti fasciste et nous ne pouvons pas renvoyer tout le monde dos à dos, mais le Lundi 8 Mai 2017, je combattrais Emmanuel Macron et sa clique comme je l'ai fait jusqu'à présent et avec encore plus de détermination ».

Une grosse part d’intervenants estime qu’il est légitime de voter blanc ou bien même de s’abstenir. Ainsi, Hibouscule propose de faire « une revue de la littérature pour répondre à la question de savoir si l’abstention profite-t-elle vraiment au Front National ». Zeauro n’est pas d’accord, « ce n’est pas bon pour l'image du mouvement. Si nous nous abstenons, nous allons passer pour des branleurs qui n'ont rien à faire de la démocratie. Mais cette critique sera illégitime si nous votons blanc ou nul ».

Pour Saufcila, « le vote blanc peut être très efficace si nous l’annonçons comme notre arme pour disqualifier les deux candidats ».

« Le vote blanc était à deux pour cent au premier tour. Si les insoumis s'y mettent, nous pourrons montrer que nous sommes toujours là et unis », remarque Silreg. Sauf que les sondages et la mauvaise campagne d’Emmanuel Macron font douter. « L’abstention, je peux comprendre vu ce que nous pensons d’Emmanuel Macron mais, si jamais l'écart se resserre dans les sondages, j'espère que les abstentionnistes feront un effort pour nous éviter Marine Le Pen », lance ainsi Spartacus.

L’idée point alors d’une abstention maîtrisée. Deux insoumis se mettraient d’accord, l’un votant blanc ou s’abstenant et l’autre votant pour Emmanuel Macron. « Le problème, c'est que pour y arriver, nous avons besoin de maîtriser notre abstention. Il faut savoir jusqu'où nous pouvons aller sans faire passer Marine Le Pen », dit Ghork. Mouais abonde, « nous avons tous des sensibilités et des avis différents, autant s’organiser pour éviter le dosage mortel entre l’abstention, le vote blanc et le vote pour Emmanuel Macron ». « Est-ce vraiment raisonnable d'augmenter un peu les chances du Front National pour montrer notre protestation contre Emmanuel Macron. Qu'il ait quatre vingt pour cent ou bien cinquante cinq pour cent, il va faire les mêmes choses. Ce qui va le rendre illégitime, c'est notre score aux élections législatives et notre protestation dans la rue », estime Rocka.

Jean-Luc Mélenchon n'a pas dit autre chose dans sa vidéo. « La France insoumise peut être au deuxième tour dans quatre cent cinquante et une circonscriptions à l’occasion des élections législatives », y explique-t-il.

Pour cela, le mouvement va devoir non seulement rester groupé, mais aussi traiter avec ses alliés, communistes notamment.

 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 19:59

 

Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) gagnent du terrain contre l'Etat Islamique, Recep Tayyip Erdogan est contrarié (Reuters)

 

Les FDS soutenues par les Etats-Unis ont annoncé Vendredi 28 Avril 2017 avoir pris plusieurs quartiers de la ville de Tabka à l'Etat Islamique dans le cadre de la campagne visant à chasser l'organisation sunnite fondamentaliste de sa capitale, Rakka, située non loin de là.

Les FDS rassemblent plusieurs groupes de combattants kurdes et arabes syriens et notamment la puissante milice kurde des unités de protection du peuple (YPG). Celle-ci est considérée par le secrétariat d’état à la défense des Etats Unis comme un partenaire fiable en Syrie mais pas par Ankara qui la voit comme une extension du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en lutte depuis 1984 pour l'autonomie des kurdes de Turquie.

Vendredi 28 Avril 2017, le président turc Recep Tayyip Erdogan a fait savoir qu'il souhaitait que Rakka soit plutôt reprise avec l'aide de rebelles qu'il soutient, à savoir ceux de l'Armée Syrienne Libre (ASL).

Les FDS ont commencé leur campagne pour la reprise de Rakka au mois de novembre 2016 mais son rythme a ralenti ces dernières semaines.

En descendant du nord, les FDS essaient pour l'heure de reprendre le secteur de Tabka et son barrage, le plus grand de la Syrie, qui se trouve à une quarantaine de kilomètre en amont de Rakka.

Les FDS ont réussi à la fin du mois de mars 2017 à couper Tabka du vaste territoire occupé par l'Etat Islamique et qui va jusqu'en Irak et elles sont désormais déployées tout autour de la ville.

Vendredi 28 Avril 2017, les FDS ont annoncé avoir poursuivi leur percée dans la ville et pris les quartiers de Nababila et de Zahra. Jeudi 27 Avril 2017, elles avaient pris le quartier de Wahab.

Dans ce contexte, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré Vendredi 28 Avril 2017 qu'il essaierait de convaincre Donald Trump d'avoir recours à des forces soutenues par la Turquie pour reprendre Rakka, plutôt qu'aux FDS, quand il rencontrera son homologue américain au mois de mai 2017.

Selon Recep Tayyip Erdogan, le soutien de Washington aux combattants des YPG fait du tort à l'esprit de solidarité avec la Turquie.

« Pourquoi demande-t-on de l'aide aux organisations terroristes ? Nous somme là », a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence à Istanbul. « La Turquie, les forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis et l'ASL tous ensemble peuvent balayer les combattants de l'Etat Islamique. Ce n'est pas difficile pour nous. Je pense que nous pouvons y parvenir et je le dirai à Donald Trump », a ajouté le chef de l’état turc.

Le gouvernement turc craint la création d'un territoire contrôlé par les kurdes syriens à sa frontière sud qui, estime Ankara, pourrait être utilisé en soutien à l'insurrection du PKK en Turquie et aider à la création d'un état kurde qui comprendrait aussi une partie du territoire turc.

L'armée turque mène des frappes aériennes contre les YPG depuis plusieurs jours à la frontière turco-syrienne.

« Nous n'autoriserons pas la création d'une corridor terroriste à notre frontière sud », a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 19:34

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/04/27/nouvelle-epuration-dans-les-rangs-de-la-police-en-turquie_5118291_3214.html

 

Nouvelle épuration dans les rangs de la police en Turquie

 

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul

 

Ralenties au moment du référendum qui a renforcé les pouvoirs du président, Recep Tayyip Erdogan, les purges sont reparties de plus belle en Turquie, Mercredi 26 Avril 2017, lorsque des poursuites ont été engagées contre onze mille policiers, « une opération de choc », selon le quotidien gouvernemental Milliyet.

Accusées d’être des adeptes du prédicateur Fethullah Gülen, montré du doigt par Ankara comme l’instigateur du putsch raté du mois de juillet 2016, les personnes visées représentent, selon les autorités, une menace à la sécurité nationale. A l’issue des opérations du Mercredi 26 Avril 2017, mille policiers ont été placés en détention et neuf mille cent trois ont été suspendus.

En tout, sept mille mandats d’arrêt ont été émis contre des policiers dans quatre vingt une villes du pays. Parmi les personnes concernées par ces mandats, mille neuf personnes sont décrites comme ayant joué le rôle d'imams secrets agissant au sein de la police. Les autres seraient de simples adeptes de Fethullah Gülen, un ancien allié de Recep Tayyip Erdogan devenu sa bête noire depuis 2013.

Avant la brouille entre les deux chefs, le parti de la justice et du développement (AKP) et la confrérie de Fethullah Gulen travaillaient de concert. Des années durant, celle-ci a eu tout le loisir d’infiltrer les institutions de l'état, notamment la police et l’appareil judiciaire, avec la bénédiction du parti au pouvoir.

« Que ne leur a-t-on pas donné », a pour coutume de répéter Recep Tayyip Erdogan. Les listes des gülenistes sont d’autant plus faciles à établir que l’AKP a largement contribué à leurs nominations, puis à leurs promotions dans les rangs de l’administration et la justice.

Il était une époque où le président envoyait régulièrement ses saluts transatlantiques à l’imam Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis depuis 1999. Les ministres du gouvernement se bousculaient, c’était à qui ferait le voyage jusqu’en Pennsylvanie pour embrasser les mains du maître. Bien sûr, aucun de ces responsables n’a été inquiété, seuls des fonctionnaires de rangs inférieurs ont été mis en examen ou limogés.

Cette purge s’inscrit dans la vaste vague de répression engagée par le président turc après la tentative de putsch par une partie de l’armée.

Depuis, cent vingt cinq mille salariés, dans le public comme dans le privé, ont été limogés, et quarante sept mille personnes, dont dix mille sept cent policiers et sept mille quatre cent militaires, ont été privées de liberté.

Alors que l’état d’urgence mis en place depuis le mois de juillet 2016 vient d’être prolongé de trois mois, le gouvernement a toute latitude pour réprimer. Quinze jours avant le référendum du Dimanche 16 Avril 2017, remporté de justesse par Recep Tayyip Erdogan, le porte-parole du gouvernement, Numan Kurtulmus, avait prévenu que la lutte contre les gülenistes allait se poursuivre et qu’elle allait prendre des années. « Ils sont encore très présents dans les institutions et nous savons qui marche dans la neige sans laisser de traces », avait-il déclaré à la presse le 31 mars 2017.

Cette vaste épuration intervient alors que l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a placé la Turquie sous contrôle, Mardi 25 Avril 2017, en raison de ses violations de l'état de droit et des droits de l’homme.

C’est la première fois qu’un pays membre du conseil de l'Europe se retrouve astreint à une nouvelle procédure de suivi. En 1996, la Turquie était passée par cette procédure avant d’en être libérée en 2005 grâce aux réformes entreprises par le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan dans le cadre des négociations d’adhésion à l’Union Européenne.

La décision de l’APCE est politique, déplore le président turc dans une interview publiée Mardi 25 Avril 2017 par l’agence Reuters. Fustigeant l’attitude des européens, il a de nouveau indiqué qu’il était prêt à organiser un référendum sur l’adhésion de son pays à l’Union Européenne, « le Royaume-Uni a demandé à son peuple et celui-ci a choisi le Brexit. Les britanniques ont l’esprit tranquille et ils cheminent vers un nouvel avenir. La même chose peut s’appliquer à la Turquie ».

 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 19:01

 

https://www.akb.bzh/spip.php?article1189

 

Raids de l'aviation turque contre des positions kurdes à Shengal et au Rojava

 

Communiqué de la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan (CNSK)


 

Mardi 25 Avril 2017, l’aviation turque a mené des frappes aériennes contre des positions des unités de protection du peuple (YPG) au Rojava de Syrie, causant la mort de plusieurs combattants et faisant de nombreux blessés. Ces bombardements à proximité des villes d'al Malikiyah et d'Hassaké interviennent, après le référendum, aux résultats contestés, qui permet à Recep Tayyip Erdogan de s’octroyer tous les pouvoirs politiques et institutionnels de Turquie et au moment ou les forces kurdo arabes des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) viennent de reprendre à l'Etat Islamique la ville de Tabqa, dernier verrou des djihadistes avant Raqqa capitale autoproclamée du califat islamiste.


 

Alors que l’offensive est imminente contre ce dernier bastion des terroristes de l'Etat Islamique, la Turquie fait, une nouvelle fois le choix de venir au secours de ceux qui ont commis les pires actes de barbarie et sont responsables des attentats perpétrés en France et en Europe.


 

Au même moment, des raids aériens ont eu lieu également dans le nord de l’Irak dans la province de Sinjar, visant les forces de défense des yézidis, minorité kurde victime d’un véritable génocide perpétré à son encontre par l'Etat Islamique et qui ne doit sa survie qu’à l’intervention des forces militaires du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).


 

Recep Tayyip Erdogan veut ajouter sa pierre au supplice de ce peuple pour parachever ce que l'Etat Islamique n’a pu accomplir.


 

Aveuglé par la haine des kurdes, de la démocratie et de l’auto détermination des peuples, il ajoute, par ses actes indignes, de la violence à la violence, des destructions aux destructions et de la guerre à la guerre.


 

Il est temps de le stopper, c’est un homme dangereux pour les peuples de la région et de Turquie.


 

La CNSK condamne et dénonce ces bombardements et porte l’exigence d’une réaction appropriée de la France et de l’Union Européenne afin que soit mis un terme à des actes de guerre contraires aux conventions internationales.

 

Premiers signataires


 

Alternative Libertaire (AL), Amitiés Kurdes de Bretagne (AKB), Association Solidarité France Kurdistan (ASFK), Conseil Démocratique Kurde de France (CDKF), Ensemble, Mouvement de la Jeunesse Communiste de France (MJCF),Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié́ entre les Peuples (MRAP), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste Français (PCF), Réseau Sortir du Colonialisme (RSC), Union Démocratique Bretonne (UDB), Union Syndicale Solidaire (USS)

 

 

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 17:58


 

https://anfenglish.com/kurdistan/people-of-rojava-flock-to-qerecox-to-protest-turkish-attacks-19715

 

Le peuple du Rojava afflue vers Karachok pour protester contre les attaques turques

 

Le coprésident du conseil démocratique syrien, Ilham Ehmed, et le coprésident du conseil exécutif de la fédération démocratique du nord de la Syrie, Foza Yûsif, ont déclaré qu'ils allaient arrêter l'opération contre Raqqa et commencer la résistance si les attaques turques ne sont pas entravées.

 

Des milliers de personnes des villes de Qamishli, de Derik et d’Hassaka, se sont précipitées dans la région de Karachok dans la campagne de la ville de Derik qui a été bombardée par l'armée turque d’invasion, dans la nuit du Lundi 24 Avril au Mardi 25 Avril 2017. Les personnes chantent « Erdogan assassin » et portent les drapeaux des unités de protection du peuple (YPG), du mouvement pour une société démocratique (TEV DEM) et du leader du peuple kurde Abdullah Öcalan, alors qu'ils protestent contre l'attaque turque.

 

Les personnes convergent vers le mont Karachok, où sont situés le quartier général du commandement général des YPG et la station de radio Voice of Rojava, ainsi que les établissements civils qui ont également été ciblés par les attaques aériennes turques.


 

Les personnes de la région, qui incluent le coprésident du conseil démocratique syrien, Ilham Ehmed, et le coprésident du conseil exécutif de la fédération démocratique du nord de la Syrie, Foza Yûsif, ont condamné les attaques de l'état turc et ils ont déclaré qu'ils avaient la force de protéger leurs terres et qu'ils continueront de résister jusqu'à la fin.


 

Foza Yûsif et Ilham Ehmed ont appelé la coalition internationale et les États-Unis à ne pas laisser leur réaction limitée à une déclaration.


 

Foza Yûsif et Ilham Ehmed ont déclaré que cette attaque donnerait un répit à l'Etat Islamique qui est actuellement assiégé à Raqqa,qu'ils arrêteront et qu'ils reconsidéreront l'opération Colère de l'Euphrate si la réaction nécessaire ne se manifeste pas.


 

Foza Yûsif et Ilham Ehmed ont exigé que les États-Unis empêchent de telles attaques aériennes, soulignant que, si nécessaire, ils arrêteraient l'opération contre Raqqa et qu'ils résisteraient à l'armée turque afin de protéger leurs terres.

 

 

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 17:37

 

Quatrième rapport du groupe de travail du cercle Podemos de Paris sur les élections présidentielles françaises

 

Lundi 24 Avril 2017

 

Tout est fait. Le lendemain du premier tour de ces élections atypiques ouvre un scénario politique inédit et très intéressant autour de trois domaines politiques en recomposition.

Aucun des deux blocs dominants de la droite et de la gauche qui ont régné au cours des dernières décennies n’a réussi à se qualifier et deux français sur trois ont voté pour de nouvelles options qui disent ne pas reconnaître les institutions de la cinquième république.

Le candidat Emmanuel Macron, qui n’a aucun sens en soi, est apparu au bon moment pour soutenir le système politique et la droite néo gaulliste et le Parti Socialiste ont été prompts à appeler à voter au second tour pour lui. La droite traditionaliste de Sens Commun, qui s’est constituée dans la chaleur des mobilisations contre le mariage pour tous et qui était la principale base sociale du candidat François Fillon, s’est démarquée de ce front républicain. Emmanuel Macron apparaît clairement comme le candidat chargé de reconstruire un ordre en décomposition et les élites économiques et politiques l’ont compris ainsi. Le candidat contre le système doit reconstruire le système depuis l’extrême centre.

Le Front National, « premier parti de France », a finalement été le « deuxième », en grande partie grâce au Mouvement de la France Insoumise (MFI) qui lui a disputé le vote dans les zones de déploiement frontiste, au nord et à l'est du pays, en particulier, et aussi dans le sud, des territoires où Marine Le Pen a gagné, mais avec moins de clarté que prévu. En attendant une analyse plus précise de la géographie du vote, le MFI s’est imposé dans plusieurs départements, dans l’Ariège, en Seine-Saint-Denis, dans les Départements d’Outre Mer (DOM) et dans les Territoires d’Outre Mer (TOM), dans certaines grandes villes, à Marseille, à Toulouse et à Lille, et dans certaines grandes villes périphériques, dans la banlieue parisienne, dans l’agglomération de Lille, à Bordeaux et à Lyon, récupérant et amplifiant l’électorat du vieux Parti Communiste Français (PCF).

A moyen terme, la stratégie du MFI doit être sa consolidation territoriale dans les élections municipales qui se tiendront dans trois ans, génération de nouveaux dirigeants et dépassement définitif du Parti Socialiste, et le conflit idéologique contre le Front National dans les élections européennes. Ensuite, nous verrons si, au-delà de la candidature de Jean Luc Mélenchon, le MFI réussit à articuler et à consolider un mouvement réel de changement à long terme.

Le scénario pour le second tour est cependant le pire de tous, parce que nous sommes le seul camp qui n'a rien à gagner. Deux forces qui s’auto proclament comme rénovatrices ont construit un scénario de contestation politique du type front républicain contre xénophobie qui peut réellement être lu comme le désordre néo libéral contre l'ordre social autoritaire et xénophobe.

Ce scénario dessine en fait une fracture sociologique entre les gagnants et les perdants de la globalisation, qui est aussi une fracture géographique, l’est désindustrialisé contre l’ouest florissant, les villes connectées au capitalisme mondialisé contre les périphéries péri urbaines, l’européanisme contre le souverainisme, l'individualisme contre le communautarisme et le marché contre la patrie.

Nous sommes confrontés au paradoxe suivant. D’une part, selon les sondages, Emmanuel Macron gagnerait facilement contre Marine Le Pen. D’autre part, Emmanuel Macron est son ennemi idéologique parfait, car il représente clairement tout ce qu'elle entend dénoncer et il sert à approfondir sa stratégie de construction du peuple contre les élites.

Il est difficile de prédire qui va gagner le second tour, bien que tous les sondages disent que Marine Le Pen a atteint son sommet. Si elle a atteint son sommet, c’est parce que Jean Luc Mélenchon l’a contesté sur son terrain avec ses propres armes. Nous avons vu depuis hier soir comment le front républicain commence à travailler en profondeur pour Emmanuel Macron.

Mais il ne faut pas oublier qu'il y a un troisième tour, ce sont les élections législatives dans lesquelles il y aura nécessairement un pacte de gouvernement pour rétablir le paysage politique dans lequel personne ne peut former une majorité à lui tout seul. Le jeu des alliances et le transfert des forces ne sont pas claires du tout. Le candidat Emmanuel Macron a répété que les listes du Mouvement En Marche aux élections législatives ne permettraient pas la double appartenance.

Ce qui voudrait dire que le Parti Socialiste se sépare d’une grande partie de ses cadres pour se rallier au vainqueur des élections présidentielles. Ce sera également l'occasion de tester la capacité à court terme du MFI de s’installer dans le paysage politique et d’incarner la bataille de la véritable opposition.

 

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 20:08

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/26/presidentielle-melenchon-federe-la-contestation-de-gauche_5117738_4854003.html

 

Jean Luc Mélenchon fédère la contestation de gauche

 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

 

Mercredi 26 Avril 2017

 

Le score est historique pour sa famille politique. Avec vingt pour cent des suffrages, soit sept millions de voix, Jean-Luc Mélenchon a réussi à redonner des couleurs à la gauche radicale lors du premier tour des élections présidentielles du Dimanche 23 Avril 2017. Le candidat du Mouvement de la France Insoumise (MFI) améliore son résultat de plus de huit pour cent par rapport à 2012 et enregistre une progression de plus de trois millions de voix.

Avec sa campagne visant à fédérer le peuple contre l’oligarchie, le député européen a réussi son pari de rassembler largement. « C’est un mix de vote protestataire et de personnes qui donnent traditionnellement leur voix au Parti Socialiste », souligne Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Institut Français d'Opinion Publique (IFOP). Même si sa stratégie n’était pas de se positionner ainsi, Jean Luc Mélenchon est apparu pour de nombreux électeurs comme le vote de gauche, reléguant le socialiste Benoît Hamon très loin derrière, avec six pour cent des voix. Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean Luc Mélenchon, préfère souligner que « pour beaucoup, Jean Luc Mélenchon était celui qui était en capacité de répondre aux problématiques du quotidien ».

En regardant la cartographie du vote pour Jean Luc Mélenchon, plusieurs données frappent. S’il réalise des percées dans des zones rurales, c’est dans les grandes villes que Jean Luc Mélenchon recueille ses meilleures performances. A Lille, où Martine Aubry s’était rangée derrière Benoît Hamon, à Montpellier ou à Avignon, des villes du Parti Socialiste ou des divers gauche, il est en tête, autour de trente pour cent des voix. Plus surprenant, c’est aussi vrai pour des communes de droite.

A Marseille, Jean Luc Mélenchon, qui obtient vingt cinq pour cent des voix, devance d’un cheveu Marine Le Pen, qui obtient vingt quatre pour cent des voix. Il s’impose aussi à Toulouse, à Saint-Etienne, au Havre, à Tourcoing et à Roubaix.

L'ancien président de l’Union pour une Majorité Populaire (UMP), Jean-François Copé, a également dû avoir quelques sueurs froides en découvrant que ses administrés ont choisi de faire de l’ancien socialiste le numéro un dans sa ville de Meaux. A Paris, il finit derrière Emmanuel Macron et François Fillon mais il l’emporte dans le dix neuvième et dans le vingtième arrondissement. Le cœur de son programme, l’environnement, a également séduit là où un maire écologiste est présent, comme à Grenoble, Eric Piolle, avait appelé à voter pour lui, à Grande-Synthe, à Sevran et à Bègles, le fief de Noël Mamère, qui soutenait Benoît Hamon.

Dans trois départements de métropole, dirigés par des socialistes, il a pris la première place, la Seine-Saint-Denis, la Dordogne et l’Ariège.

De même en Martinique, où il s’est rendu au mois de décembre 2016, à la Réunion et à Mayotte, où il fait la course en tête. En Seine-Saint-Denis, longtemps détenu par le Parti Communiste Français (PCF), c’est un véritable raz-de-marée. Il y réalise trente quatre pour cent des suffrages contre trente neuf pour cent pour François Hollande en 2012, soit près de vingt pour cent de plus qu’il y a cinq ans.

Là encore, des villes de gauche comme de droite, dont plusieurs ont connu un maire PCF par le passé, l’ont placé en première position.

Parmi les communes socialistes, nous trouvons Clichy-sous-Bois, Les Lilas, Bagnolet, Pantin et Le Pré-Saint-Gervais, où est implanté le président de l'assemblée nationale, Claude Bartolone. A droite, nous trouvons Bobigny, Drancy, dont le patron de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI), Jean-Christophe Lagarde, est le maire, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, Montfermeil et Saint-Ouen.

Sans surprise, les communes communistes en ont fait leur candidat préféré et lui ont donné bien souvent des scores supérieurs à quarante pour cent des voix, à Nanterre, La Courneuve, Montreuil, Saint-Denis, Champigny-sur-Marne, Ivry-sur-Seine, Vénissieux, Saint-Pierre-des-Corps et Dieppe. La palme revient à Gennevilliers, où il réalise, avec quarante sept pour cent des suffrages, sa meilleure performance.

A noter cependant que certaines villes PCF ont choisi Marine Le Pen avant Jean-Luc Mélenchon. C’est notamment le cas de petites communes du Nord et du Pas-de-Calais, mais aussi dans les Bouches-du-Rhône, à Arles, à Gardanne et à Martigues. Le PCF, qui dirige le Val-de-Marne, peut également s’inquiéter de la forte poussée d’Emmanuel Macron dans ce département, le seul qui lui reste. L'ancien ministre de l’économie y termine premier, devant leur candidat.

Un autre enseignement est que le leader du MFI a clairement réussi à contenir la poussée électorale de Marine Le Pen en captant une partie du vote protestataire. C’est particulièrement frappant dans les villes dirigées par le Front National où il se place systématiquement deuxième, derrière la candidate d’extrême droite, même si cette dernière est loin devant. Il y a une exception à Mantes-la-Ville, où il bat la présidente du Front National. Le raisonnement vaut pour la région des Hauts-de-France, où Jean Luc Mélenchon occupe la deuxième place, avec vingt pour cent des voix, derrière Marine Le Pen, avec trente et un pour cent des voix, en Seine-Maritime et dans les Bouches-du-Rhône.

Quant aux quartiers populaires, même si l’abstention y reste élevée, ils ont très majoritairement voté en faveur de Jean Luc Mélenchon quand ils avaient donné leurs voix à François Hollande en 2012. A Mantes-la-Jolie, qui avait voté à quarante quatre pour cent, il y a cinq ans pour François Hollande, Jean Luc Mélenchon améliore son score de presque vingt pour cent, avec trente quatre pour cent des voix, pour terminer premier. A Trappes, la ville des Yvelines où Benoît Hamon a été élu député, Jean Luc Mélenchon réalise trente trois pour cent des voix contre vingt quatre pour cent des voix pour Benoît Hamon. Ce dernier trouvera peut-être une consolation en regardant les résultats d’Evry, chez Manuel Valls en Essonne, où Jean Luc Mélenchon arrive en première position devant ses concurrents. La percée est tout aussi notable dans les quartiers nord de Marseille, à Vaulx-en-Velin, à Clichy-sous-Bois, à Garges-lès-Gonesse, à Sarcelles et à Villiers-le-Bel, où il passe presque toujours la barre des trente pour cent des voix pour finir en tête.

L'ancien sénateur obtient ses moins bonnes performances dans des départements comme le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, l’Aube, les Alpes-Maritimes et la Corse, où ses scores sont sous la barre des quinze pour cent des voix. Des résultats à nuancer car Jean Luc Mélenchon progresse partout par rapport à 2012.

Pour compléter ce tableau, nous pouvons ajouter que plusieurs sondages, réalisés le jour du vote, le donnent comme le candidat des jeunes entre dix huit et vingt quatre ans, devant Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Autant de succès qu’il faudra maintenant réussir à transformer aux élections législatives. Le plus dur ne fait que commencer.

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 19:35

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/250417/la-france-insoumise-sonde-ses-troupes?onglet=full

 

https://tendanceclaire.org/breve.php?id=23551

 

Le Mouvement de la France Insoumise (MFI) sonde ses troupes

 

Par Christophe Gueugneau

 

La consultation des quatre cent quarante mille soutiens du MFI commence Mardi 25 Avril 2017. Les militants pourront dire s’ils veulent voter Emmanuel Macron, blanc ou nul, ou s’abstenir.

Le candidat ne devrait pas s’exprimer avant le résultat. De leurs côtés, le Parti Communiste Français (PCF) et Ensemble appellent à battre le Front National.

Le MFI, depuis Dimanche 23 Avril 2017, a pris des airs de France injoignable. Depuis la déclaration de Jean-Luc Mélenchon, quelques heures après les résultats du premier tour des élections présidentielles qui le plaçaient en quatrième position, avec plus de dix neuf pour cent des voix, dans laquelle il confirmait la tenue d’une consultation, ces jours prochains, des plus de quatre cent quarante mille soutiens du MFI, l’équipe de campagne du candidat, ce noyau de très proches, est aux abonnés absents, ou presque. Alexis Corbière, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, était l’invité Lundi 24 Avril 2017 de BFM Télévision et de la cinquième chaîne de la télévision française. Mais les messages envoyés par les journalistes restent le plus souvent sans réponse. La fameuse consultation, annoncée pour Mardi 25 Avril 2017, a vu le jour à 18 heures. La faute à une série de réunions dans l’équipe de campagne, mais aussi au contrecoup, après des mois d’effervescence, l’équipe prend un peu plus le temps.

La déclaration, Dimanche 23 Avril 2017, de Jean-Luc Mélenchon, dans laquelle perçait l’amertume, appelle pourtant une suite. Dans cette courte intervention, Jean-Luc Mélenchon semblait renvoyer dos à dos les deux finalistes, parlant d’un « second tour entre deux candidats qui approuvent et veulent prolonger, les deux, les institutions actuelles, qui n’expriment aucune prise de conscience écologique, ni sur le péril qui pèse sur la civilisation humaine, et qui les deux comptent s’en prendre une fois de plus aux acquis sociaux les plus élémentaires du pays ».

Quarante-huit heures plus tard ou presque, les choses ont peu progressé. La consultation a été mise en ligne Mardi 25 Avril 2017 à 18 heures et elle a été annoncée par un communiqué.

« Elle devrait être mise en ligne sous peu, le texte vient d’être finalisé », nous avait annoncé Éric Coquerel, coordinateur du Parti de Gauche, Mardi 25 Avril 2017 à 17 heures. Le communiqué, envoyé par l’équipe presse de Jean Luc Mélenchon, en donne le texte final, « aucun d’entre nous ne votera pour l’extrême droite. Pour autant, doit-on donner une consigne de vote ? Nous étions convenus depuis le début de notre campagne que les votes du premier tour ne seraient pas récupérés pour quelqu’un d’autre au second tour. Notre candidat, Jean-Luc Mélenchon, a loyalement respecté son engagement à ce sujet. Donc, comme cela avait été indiqué depuis le lancement de la campagne présidentielle du MFI, nous organisons ce jour la prise de parole des insoumis à propos de la position qu’ils adoptent personnellement sur le second tour de l’élection présidentielle. Il ne s’agit pas de donner une consigne de vote mais de faire connaître la position des insoumis. Nous vous invitons donc à nous faire part de votre choix à ce sujet parmi les différentes possibilités ci-dessous. Cette consultation sera close Mardi 2 Mai 2017 à 12 heures et elle est réservée aux signataires du MFI enregistrés avant Dimanche 23 Avril 2017 à 22 heures. Ce choix est secret. Nous n’en publierons que le résultat et la liste des participants sera détruite. Comme chacun le sait, le MFI est, par définition, lié aux principes de notre devise républicaine, liberté, égalité et fraternité. Le vote pour la candidate d’extrême droite ne saurait donc représenter une option. Je dis mon choix, je vote blanc ou nul, je vote pour Emmanuel Macron ou bien je m’abstiens ».

Lundi 24 Avril 2017, sur BFM Télévision, Alexis Corbière, qui a écrit de nombreux ouvrages pour la lutte contre le Front National, avait fait part du terrible dilemme dans lequel se trouve l’équipe de la campagne. À propos de la consultation, il avait ajouté que « l'affaire est simple, personne ne votera pour le Front National. J’irai voter, mais il va y avoir plusieurs attitudes et elles sont toutes dignes. Mais quelqu’un qui va voter pour Marine Le Pen se trompe, parce que cela n’est pas avec la xénophobie que nous allons régler les problèmes. Entre le pire et ceux qui fabriquent le pire, l’un nourrit l’autre. Il faut que tout le monde comprenne bien que nous n’aurons rien à voir avec Emmanuel Macron s’il est élu président de la république ». Le même était le même jour sur la cinquième chaîne de la télévision française, sur le plateau de l'émission « c'est à vous ». Et il a redit « qu'il n’y aura pas une voix pour le Front National », mais il a également dénoncé la remise en cause, voulue par Emmanuel Macron, « du code du travail par ordonnance ».

Mardi 25 Avril 2017, Éric Coquerel a précisé, à propos de la consultation, « qu'il y aura un préalable dans lequel il sera dit que pas une voix ne doit aller au Front National et ensuite il y aura des cases à cocher ». Éric Coquerel précisait « qu'à la fin, nous donnerons tous les résultats et chacun décidera en conscience ». Le vote devrait donc être clos Mardi 2 Mai 2017. Jean-Luc Mélenchon ne devrait pas s’exprimer publiquement d’ici là, « du moins, c’est ce qui est prévu », selon Eric Coquerel.

Le Parti de Gauche a publié Mardi 25 Avril 2017 un communiqué dans lequel il estime que le second tour ne réglera en rien la situation de la France. « Il n’y a heureusement aucune chance que la candidate de la haine, de la division et de la xénophobie l’emporte, c’est donc la poursuite de la politique des deux quinquennats passés qui continuera », ajoute le texte. Un conseil national de la formation se réunira Samedi 29 Avril 2017 pour donner « sa position sur la suite et notamment le second tour des élections présidentielles », est-il précisé.

Dans un communiqué publié Dimanche 23 Avril 2017, Ensemble, autre parti allié au MFI pour les campagnes présidentielles et législatives, était, lui, clairement en faveur d’un vote de barrage au Front National.

« Il faut désormais empêcher une victoire de l’extrême droite qui ferait courir un grave danger aux libertés fondamentales et aux droits démocratiques et sociaux, d’autant plus que la constitution de la cinquième république donne des pouvoirs considérables au président de la république », estime le texte. « Ensemble appelle à la mobilisation, dans la rue Lundi Premier Mai 2017, en votant contre Marine Le Pen, Dimanche 7 Mai 2017, pour empêcher l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite ».

Le Parti Communiste Français (PCF) appelle lui aussi clairement à voter contre Marine Le Pen au second tour, Dimanche 7 Mai 2017.

« Dans un seul et même mouvement », a déclaré Mardi 25 Avril 2017 le secrétaire national Pierre Laurent, lors d’une conférence de presse, le PCF appelle « à battre le plus largement possible Marine Le Pen, Dimanche 7 Mai 2017, et à construire, dès le lendemain, des victoires aux élections législatives dans le maximum de circonscriptions pour pouvoir combattre résolument les choix libéraux d’Emmanuel Macron comme les forces ultra réactionnaires de l’extrême droite et de la droite ». Pierre Laurent a cependant jugé, lors de cette intervention, qu'il était irresponsable de la part d’Emmanuel Macron « de chercher à faire du vote du second tour une adhésion à son programme ».

Mais la conférence de presse du PCF avait un autre but qu’un simple appel à faire barrage au Front National au second tour des élections présidentielles. Alors qu’aucun accord n’a encore été trouvé avec le MFI pour les élections législatives du mois de juin 2017, Pierre Laurent a tenté de faire monter la pression. Le secrétaire national du PCF a estimé que ces élections législatives étaient cruciales et que la dynamique enclenchée lors du premier tour des élections présidentielles « se poursuivra à condition que les forces qui ont permis ensemble le score de Jean-Luc Mélenchon envoient très vite un signal fort de mise en commun de leurs forces dans cette nouvelle bataille. C’est l’appel que je lance, notamment au MFI, dont je ne comprends pas le silence à nos appels pour une discussion commune sur les élections législatives depuis Dimanche 23 Avril 2017, mais aussi à toutes les forces de gauche qui sont prêtes à s’en saisir ».

Il n’y a vraisemblablement pas que les journalistes qui aient du mal à joindre Jean Luc Mélenchon et ses proches ces jours-ci.

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 19:49

 

http://next.liberation.fr/cinema/2017/04/25/je-ne-suis-pas-votre-negre-magistrale-genealogie-du-racisme-aux-etats-unis_1565279

 

« Je ne suis pas votre nègre », magistrale généalogie du racisme aux Etats Unis

 

Par Elisabeth Franck-Dumas

 

Le documentaire consacré par Raoul Peck à l'écrivain américain James Baldwin passe Mardi 25 Avril 2017 sur Arte, en avant-première, avant sa sortie en salle le 10 mai 2017. A ne pas rater.

Important est un mot galvaudé, mais parfois il s’impose. Le documentaire que le cinéaste Raoul Peck a consacré à l’écrivain américain James Baldwin, « je ne suis pas votre nègre », qui passe en avant-première Mardi 25 Avril 2017 sur Arte et qui sortira au cinéma le 10 mai 2017, nous aurons l’occasion d’y revenir plus longuement, est par exemple un film important.

S’y déploient les mots d’un immense écrivain, trop peu connu en France, dont la pensée limpide s’est attaquée aux tourments américains, à son identité fracturée, à la question noire et à l’ignorance blanche et qui n’a rien perdu, les années passant, de son tranchant. Si l’on ne saurait trop recommander de voir le film également à sa sortie en salle, car c’est aussi un objet de et sur le cinéma, un visionnage en ces temps troubles aurait pour mérite de remettre violemment les idées en place.

Son point de départ est un manuscrit laissé inachevé par James Baldwin, mort en 1987, des notes prises en vue de l’écriture de Remember this House. Il comptait le consacrer à trois leaders des droits civiques aux Etats-Unis, tous assassinés dans les années 1960, Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King. Moins dissemblables que l’histoire n’a bien voulu le laisser croire, ils étaient des amis de James Baldwin et ils ont surtout, à la fin de leur vie, convergés dans leurs luttes. Si Raoul Peck s’appuie sur d’autres textes de James Baldwin, notamment le brillant Devil Finds Work, consacré à Hollywood, dont nous n’avons pas connaissance d’une traduction, pourvu que cela change, son film peut être vu comme la deuxième étape d’une magnifique course de relais, reprenant Remember this House là où James Baldwin l’avait laissé. Car, non content de raconter les destinées des trois leaders noirs et de puiser abondamment dans les écrits de James Baldwin, la voix off est assurée par Samuel Jackson pour la version originale et par Joey Starr pour la version française, Raoul Peck les juxtapose à des scènes d’actualités, notamment du mouvement Black Lives Matter, démontrant habilement que la pensée de l’écrivain a gardé sa pleine vérité, notamment lorsqu’il énonce que le racisme constitutif de la nation américaine resterait son pire ennemi, tant que les mensonges fondateurs du pays, le massacre des indiens et l’esclavage des noirs, ne seraient pas exhumés et exposés au grand jour. Il le resterait tant que les blancs et la culture dominante, car blanc est synonyme de pouvoir, ici comme ailleurs, ont, en inventant la figure du nègre, créé un exutoire à leurs propres terreurs, leur violence rentrée, leur sexualité immature et le grand vide émotionnel de leur existence, vouée à une consommation toute puissante et anesthésiante.

Le propos, qui renverra chacun à son imaginaire et à ses préjugés, parfois douloureusement, est développé par un montage habile. Aux scènes quasi insoutenables d’humiliations subies par une enfant noire se rendant, suite aux lois de déségrégation, dans une école blanche, Raoul Peck interpose des séquences joyeuses et idiotes de films de l’époque, où les blancs s’amusent entre eux et où les noirs n’apparaissent qu’aux marges, souvent en position servile. Et tandis que la voix de James Baldwin évoque les corps de ses frères morts, ce sont les visages de Trayvon Martin ou d’Eric Garner qui surgissent.

La démonstration fait de l’élection de Barack Obama un heureux accident et de celle de Donald Trump l’accomplissement d’une destinée manifeste dévoyée.

Si le film est captivant, c’est aussi parce qu’y apparaissent des extraits d’émissions télévisées dans lesquelles James Baldwin, extraordinaire orateur, brille d’élégance et d’intelligence, son doux parlé staccato et sa manière faussement nonchalante vous décillant les yeux d’un coup sec. Ils font regretter l’âge d’or de la télévision, livrant aussi une critique implicite du divertissement contemporain. Qui, aujourd’hui, inviterait ce genre de penseur à discourir aussi longtemps avec une telle liberté de ton ? C’est évidemment l’endroit où l’on souhaite féliciter Arte de s’être lancée dans la coproduction du documentaire.

Quels enseignements tirer d’un tel film ? Ils sont innombrables et ne concernent pas seulement les Etats-Unis. Mais nous aimerions aujourd’hui rappeler la puissance d’une idée toute simple et pourtant trop rarement énoncée, qu’en maltraitant les siens, un pays tout entier s’avilit et se condamne à la catastrophe. C’est ce message passé de mode que ce beau film martèle et que James Baldwin lui-même martelait, refusant que le problème noir soit vu autrement qu’un problème américain, un défi lancé au pays tout entier.

 

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