Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 18:07

 

 

http://www.france-palestine.org/Salah-Hamouri-arrete-sans-aucun-motif-par-l-armee-israelienne

 

https://www.humanite.fr/salah-hamouri-arrete-sans-aucun-motif-par-larmee-israelienne-640857

 

Salah Hamouri arrêté sans aucun motif par l’armée israélienne

 

Par Laurence Mauriaucourt

 

Le jeune franco-palestinien a été arrêté dans la nuit par l’armée israélienne. Sa compagne et le député Alain Bruneel enjoignent le président de la république française Emmanuel Macron à intervenir très rapidement.

L’information a été diffusée Mercredi 23 Août 2017 sur Facebook par sa compagne, Elsa Lefort, « Salah Hamouri a été arrêté cette nuit à notre domicile de Jérusalem-Est par l’armée d’occupation venue en grand nombre le cueillir dans son sommeil. Comme souvent, les autorités militaires ne donnent aucun motif à cette arrestation et nous n’avons que peu d’informations au sujet de sa détention. Il n’a pu contacter personne. Nous demandons à la France d’agir avec conviction pour protéger et obtenir la libération de notre concitoyen qui subit une fois de plus l’arbitraire israélien ».

Les internautes, souvent soutiens de longue date du militant, s’emploient à partager cette information inquiétante.Salah Hamouri est depuis des années et sans cesse dans le collimateur du pouvoir israélien. Il avait fallu une mobilisation internationale pour qu’il soit libéré de prison en 2011. Le jeune homme, qui a déjà passé sept années dans les geôles israéliennes, avait alors été accueilli dans de nombreuses villes de France et notamment dans le Douaisi. Ainsi, immédiatement après cette annonce de nouvelle arrestation arbitraire, le député du Nord du Parti Communiste Français (PCF), Alain Bruneel, a réagi en sollicitant l’intervention du président de la république française Emmanuel Macron.

« L’acharnement n’a que trop duré », argumente le député. « Israël ne peut continuer à confondre le légitime combat politique pour les droits nationaux du peuple palestinien avec la criminalité ou le terrorisme », tempête l’élu nordiste, dans sa lettre adressée à l’Elysée Mercredi 23 Août 2017 en milieu de journée, exigeant du président de la république qu’il « œuvre dès aujourd’hui, au nom de la France, pour la libération de Salah Hamouri ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 17:57

 

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/08/24/rassemblement-de-soutien-a-loup-bureau-detenu-en-turquie-mon-fils-n-a-commis-aucun-delit_1591730

 

Rassemblement de soutien à Loup Bureau, détenu en Turquie, « mon fils n’a commis aucun délit »

 

Par Willy Le Devin

 

Une petite centaine de personnes s'est rassemblée Jeudi 24 Août 2017 à Paris pour réclamer la libération du journaliste Loup Bureau. Depuis un mois, les autorités turques l'accusent de terrorisme, au motif d'un reportage sur le Kurdistan syrien diffusé en 2013 sur la cinquième chaîne de la télévision française.

Une bâche de plus, déployée sur le fronton d’une mairie parisienne, cette fois-ci, elle affiche le visage juvénile de Loup Bureau, journaliste français de vingt sept ans incarcéré depuis un mois en Turquie. Pour la première fois, son comité de soutien appelait Jeudi 24 Août 2017 à un rassemblement public. Une petite centaine de personnes, dont de nombreux journalistes parisiens, a répondu à l’appel.

Mis en examen pour participation à un groupe terroriste, Loup Bureau est actuellement placé à l’isolement au centre pénitentiaire de Sirnak, dans le sud est de la Turquie. Les autorités turques, qui n’ont pas permis à la défense d’accéder au dossier à ce stade, reprochent à Loup Bureau la réalisation d’un documentaire sur les unités de protection du peuple (YPG) au Kurdistan syrien. Un travail qui avait été diffusé sur la cinquième chaîne de la télévision française en 2013. Or Ankara considère les YPG comme une composante armée de son ennemi héréditaire, le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

« Mon fils n’a commis aucun délit. Il a simplement tendu son micro à des hommes pour raconter un morceau du monde », s’est indigné, sur le fronton de la mairie du quatrième arrondissement de Paris, Loïc Bureau, le père du reporter. Après un premier entretien téléphonique avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, Emmanuel Macron avait juré qu’il renouvellerait l’opération cette semaine. Loup Bureau ne dispose actuellement que de trente minutes de promenade par jour et il a droit de recevoir un coup de fil d’environ cinq minutes tous les quinze jours.

« Ses conditions d’incarcération, quand bien même les prisons turques ne sont pas les enfers dépeints par Hollywood, sont particulièrement difficiles », assène Martin Pradel, l’un de ses avocats français, « quelques livres lui sont parvenus, mais son seul lien vers l’extérieur est son conseil turc, qui le visite autant que possible. Il n’est pas admissible que la situation perdure plus longtemps. Loup Bureau n’exerçait que son métier de journaliste et doit être libéré ».

Au cours des dix derniers mois, un journaliste et un photographe français ont été placés en rétention en Turquie. Olivier Bertrand, du site des Jours, et Mathias Depardon, qui effectuait un reportage pour National Geographic. Le pays occupe la cent-cinquante-cinquième place sur cent quatre vingt du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières (RSF). « Si la Turquie persiste à incarcérer les journalistes étrangers, la France va devoir sérieusement songer à des mesures de boycott », a prévenu Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF, « la Turquie est un grand pays, mais elle semble s’éloigner irrémédiablement du chemin de la démocratie ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 19:04

 

 

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/08/21/caracas-capitale-de-l-angoisse_5174516_3222.html

 

https://www.letemps.ch/monde/2017/08/21/caracas-capitale-langoisse

 

Glissement vers la dictature au Venezuela, Caracas, capitale de l’angoisse

 

La dictature qui s’installe, l’insécurité et la débâcle économique pèsent sur le moral des habitants de la capitale vénézuélienne.

 

Par Fanny du Villars, envoyée spéciale du Monde à Caracas

 

Lundi 21 Août 2017

 

Les turbulents perroquets vert et bleu et les grenouilles coqui qui chantent presque sans arrêt à Caracas ont beau distraire ses habitants, les « Nicolas Maduro assassin », « non à la dictature » et autres graffitis qui tapissent la ville rappellent chaque jour ces derniers à la réalité. Après quatre mois de manifestations, qui ont fait au moins cent vingt cinq morts et qui n’ont abouti qu’à la démoralisation de l’opposition, les uns pleurent leurs morts et les autres observent incrédules le glissement du Venezuela vers la dictature. Personne n’est épargné par l’effondrement économique et l’insécurité dans cette ville qui compte parmi les plus dangereuses au monde.

Pour Elvira Llovera et José Pernalete, la vie est suspendue. Ils ont perdu leur fils unique, Juan Pablo, tué le 26 avril 2017 par les forces de sécurité, en pleine manifestation. Il était étudiant à la prestigieuse université Metropolitana, il était champion de basket-ball et il rêvait d’être admis dans le championnat de la National Basketball Association (NBA), le championnat américain. En quatre mois, le couple est devenu paria dans sa propre communauté. « Nos amis et nos proches nous évitent par peur de représailles, car notre fils a été labellisé terroriste par le gouvernement », s’offusque José Pernalete, rencontré avec son épouse dans un café de la capitale. « Juan Pablo ne faisait pas de politique, mais il était bouleversé par tant de misère et d’injustice. C’est pour cela qu’il manifestait », s’insurge sa mère.

José Mendes et sa compagne, Mercedes Mendes, économistes à Caracas, ne reconnaissent plus leur ville. Il y a six mois encore, on pouvait visiter le palais présidentiel. Aujourd’hui, Miraflores est une forteresse. A quelques encablures, l’Hélicoïde, décrit par le poète chilien Pablo Neruda comme « l’une des créations les plus exquises sorties de la tête d’un architecte », destiné à accueillir une galerie commerciale géante en drive thru, ne désemplit pas de prisonniers politiques. Le légendaire bâtiment abrite en effet le service bolivarien du renseignement et ses cellules en sous-sol. Le nombre de prisonniers politiques a augmenté de six cent pour cent depuis le début du mois d'avril 2017 au Venezuela, d’après l’organisation Foro Penal.

Tandis que le gouvernement célèbre les progrès de l'assemblée constituante sur les ondes, la ville bruisse de rumeurs de coup d'état, de rébellion armée ou d'invasion militaire. Dans les groupes Whats App, dont sont friands les vénézuéliens, les conversations sautent facilement du coq à l’âne. Coup d'état, prix du kilo de farine et vols à main armée, « nous avons l’impression de vivre dans un hôpital psychiatrique », résume José Mendes.

« Entre l’extrême pauvreté, les gens qui meurent faute de soins médicaux, l’explosion de la violence et la polarisation politique, les habitants de Caracas souffrent à divers degrés du syndrome de stress post-traumatique. Nous observons beaucoup d’anxiété et de dépression », note Adriana Paz Castillo, professeure de psychologie à l'université centrale du Venezuela.

Partout en ville domine le sentiment que le désastre économique ne fait que commencer. Le Fonds Monétaire International (FMI) prévoit une inflation de sept cent vingt pour cent en 2017. Le défaut de paiement est jugé probable par les économistes en 2017 ou au début de l'année 2018. Le cabinet Ecoanalitica, basé à Caracas, évalue à soixante dix pour cent le risque de chute de Nicolas Maduro d’ici à un an. « Il est difficile de dire s’il sera remplacé par l’opposition, par une partie du gouvernement actuel ou bien par l’armée », explique l’économiste Jean-Paul Leidenz.

Dans les bastions chavistes, l’inquiétude est palpable aussi. Depuis l’installation de l'assemblée constituante, acquise au président Nicolas Maduro et dotée des pouvoirs législatifs de l'assemblée nationale dominée par l’opposition, l’extrême volatilité de la devise vénézuélienne face au dollar a plongé la population dans le désarroi. Le prix du sac de riz a doublé depuis le début du mois d'août 2017.

« Nous sommes pris à la gorge, je ne sais pas si c’est à cause de la guerre économique des Etats-Unis ou pas, mais la hausse des prix nous étrangle », se lamente Yajaira, responsable des Comités Locaux d'Approvisionnement et de Production (CLAP), le programme gouvernemental d’aide alimentaire aux plus démunis, à Antimano, un barrio de l’ouest de la capitale.

« Au gouvernement, il y a des gens bien, mais il y en a d’autres qui mettent beaucoup d’argent dans leurs poches », accuse-t-elle, « le gouvernement a arrêté de financer nos programmes parce que les deux derniers présidents du conseil communal sont partis sans rien faire pour la communauté ».

La madurista ignore sûrement que, à quelques kilomètres de là, certains proches du président chaviste, comme Tibisay Lucena, présidente du Conseil National Electoral (CNE), possèdent des villas estimées à des dizaines de millions de dollars au très chic Country Club. Devant sa résidence, une large demeure aux murs blancs acquise en 2015, une douzaine de soldats de la garde nationale bolivarienne monte la garde jour et nuit.

Les nouveaux riches vénézuéliens n’ont pas bonne réputation au Country Club, fief des plus vieilles fortunes du pays, quelque peu malmenées par le chavisme. Les millionnaires bolivariens y sont affublés de surnoms méprisants. Il y a les boliburguesos, c’est la première génération des bourgeois bolivariens enrichis sous Hugo Chavez. Il y a les bolichicos, c’est la nouvelle génération des jeunes bolivariens. Il y a les enchufados, ce sont les branchés au système.

« En dix ans, le gouvernement a détruit l’économie du Venezuela, aucun investissement n’a été réalisé et l’économie grise a profité du système », fustige Alberto Martinez Santander, directeur des affaires juridiques d’une entreprise pharmaceutique, dont la famille est membre du Country Club depuis des générations. Ces derniers temps, le Country Club se fait de plus en plus désert. Beaucoup ont quitté le pays. Alberto y vient en famille aussi souvent qu’il le peut. « C’est mon refuge. Avant je pratiquais le triathlon dans les avenues de Caracas, mais j’ai abandonné l’an dernier, quand un ami a été kidnappé », confie-t-il.

Jadis destination favorite du continent sud-américain, Caracas a atteint un tel niveau d’insécurité que, à la nuit tombée, elle se transforme en ville morte. Au lieu des dîners, les restaurants proposent des déjeuners tardifs. Les mariages ont lieu en journée. Les rares compagnies aériennes qui n’ont pas encore quitté le pays évitent de proposer des vols trop tôt le matin ou tard la nuit, car la route de l’aéroport est un coupe-gorge.

Le directeur d’un grand cabinet d’audit international confie avoir organisé récemment le transfert de dizaines d’employés d’une multinationale vers la Colombie. « La situation n’était plus tenable », dit-il. Face à l’exode qui vide Caracas de ses habitants pour des raisons économiques autant que sécuritaires, lui-même a ouvert des comptes en dollars à l’étranger, afin de retenir ses employés.

Le week-end, on trouve toujours des irréductibles qui font la fête dans les rares lieux nocturnes de Caracas. Au Buddha Bar, ce soir-là, les minirobes et les décolletés généreux sont de rigueur. Le club, ouvert en 2015, attire un mélange d’entrepreneurs faisant affaire avec l’état, de personnes dont les revenus sont en dollars et de rares étrangers.

Daniel, un homme d’affaires dans l’industrie de la restauration, et son épouse Alejandra, la directrice d’un institut de beauté, sont venus fêter un anniversaire. « Nous finissons par nous habituer à tout, même à la dictature et aux pauvres qui mangent dans les poubelles. Il faut bien continuer à vivre », fait-il valoir. Au Buddha Bar, les cinq sushis d’anguille fumée coûtent l’équivalent du salaire minimum vénézuélien, deux cent cinquante mille bolivars avec le ticket d’alimentation, autour de quinze dollars. C’est une aberration parmi tant d’autres à Caracas, cette ville que l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez appelait la cité infernale.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 18:33

 

 

https://www.change.org/p/président-de-la-république-urgence-humanitaire-à-gaza-levée-du-blocus-opengaza/fbog/28991875

 

Urgence humanitaire à Gaza, levée du blocus, open Gaza

 

Gaza vit une crise humanitaire sans précédent, près de deux millions de civils enfermés dans une petite bande de terre de quarante kilomètres sur dix kilomètres, privés d'électricité, d'eau potable et de médicaments, et des enfants en train de mourir chaque jour, à cause d'un blocus inhumain qui dure depuis dix ans.

Cela n'est pas acceptable et nous demandons au gouvernement français d'intervenir pour obtenir la levée immédiate de ce siège immoral et illégal contre une population entière prise en otage.

En raison de ce blocus imposé par Israël, quarante trois pour cent de la population est condamnée au chômage et plus de cinquante pour cent des palestiniens de Gaza dépendent exclusivement de l'aide humanitaire pour leurs besoins alimentaires de base.

Deux cent médicaments considérés comme indispensables, les antibiotiques, les anti-inflammatoires, les médicaments contre l'hypertension, les médicaments contre le diabète et les chimiothérapies, sont complètement introuvables depuis des mois.

Des milliers d'adultes et d'enfants, dont les trois cent vingt et une personnes atteintes de mucoviscidose, sont en train de mourir dans l'attente de traitement ou d'un transfert systématiquement refusé, atteste une Organisation Non Gouvernementale (ONG) israélienne de médecins, Physicians for Human Rights.

Les infrastructures sont exsangues. La reconstruction des immeubles, des écoles et des hôpitaux, détruits par les bombardements israéliens de 2014 qui ont fait deux mille cent soixante morts, dont cinq cent soixante dix enfants, sont au point mort, en raison du blocus qui empêche les matériaux d'entrer.

Des pêcheurs sont chaque semaine blessés, voire tués, et la pêche est interdite par la puissance occupante dans les eaux de Gaza, au-delà de quelques miles, au mépris du droit maritime international.

La nouvelle réduction d'approvisionnement en électricité, seulement deux à trois heures par jour, a des conséquences particulièrement dramatiques. Après avoir détruit la principale centrale électrique de Gaza à l’été 2014, l’occupant israélien ne vend plus à Gaza que dix pour cent de l’électricité dont elle a besoin. Et il empêche, avec la collaboration du régime égyptien, l'entrée de tout matériel, y compris celui qui pourrait permettre à Gaza d'accéder à des énergies renouvelables.

La plupart des hôpitaux ont cessé d’opérer. Les bébés et les dialysés reliés à des appareils électriques meurent.

Les eaux d’égout ne peuvent plus être assainies faute d'essence et d'électricité. Le risque d'infections et d'épidémies inquiète.

Quatre vingt quinze pour cent de l'eau n'est pas potable, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

La pollution de l’air s'accroit avec la multiplication de générateurs fonctionnant au diesel, ainsi que les incendies liés à l'utilisation de bougies dans les foyers. 

Le journaliste israélien Gideon Lévy s’alarme, « les habitants de Gaza sont les sujets d’une expérience. Peuvent-ils survivre avec une heure d’électricité par jour ? Est-ce que dix minutes ne suffiraient pas ? Et s’ils résistent en envoyant la moindre roquette, le signal sera lancé pour les bombarder à nouveau ».

Nous ne pouvons pas nous rendre complices de cette barbarie. Nous exigeons la levée immédiate du blocus inhumain de Gaza, qui martyrise deux millions d'hommes, de femmes et d'enfants.

Personne ne pourra dire que nous ne savions pas et encore moins le gouvernement français, qui a jugé bon d'inviter le responsable en chef de ce crime. 

 

Premiers signataires

 

Dominique Lesparre, Azzedine Taibi, Olivier Le Cour Grandmaison, Alain Brossat, Jacques Gaillot, Odile Tobner, Christine Delphy, Jacques-Marie Bourget, Xavier Renou, Jean-Claude Amara, Olivia Zémor

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 18:14

 

 

L’ancienne procureure du Venezuela a quitté la Colombie pour le Brésil (Reuters)

 

L'ancienne procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, qui a fui son pays la semaine dernière en disant craindre pour sa vie, a quitté la Colombie où elle avait trouvé refuge pour le Brésil, a annoncé Mardi 22 Août 2017 l'agence colombienne de l'immigration.

 

« La procureure générale du Venezuela Luisa Ortega Diaz est partie aujourd’hui Mardi 22 Août 2017 en direction du Brésil », a dit l'agence dans un communiqué.

 

Ancienne alliée de Nicolas Maduro, Luisa Ortega a rompu avec le président vénézuélien à la fin du mois de mars 2017 et elle a multiplié depuis les critiques contre le chef de l’état, confronté à une violente contestation dans la rue.

 

La nouvelle assemblée constituante récemment installée par Nicolas Maduro l'a relevée de ses fonctions dès sa première séance le Samedi 5 Août 2017.

 

Elle était arrivée Vendredi 18 Août 2017 en Colombie accompagnée de son mari, le député German Ferrer, à bord d'un avion privé en provenance d'Aruba, dans les Antilles néerlandaises

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 18:02

 

 

http://24-aout-1944.org/jeudi-24-aout-2017-Hommage-a-la

 

https://paris.demosphere.eu/rv/56386

 

http://www.cnt-f.org/urp/agenda-cnt/hommage-aux-antifascistes-de-la-nueve

 

Hommage aux espagnols antifascistes de la Nueve et à tous les étrangers engagés dans la lutte pour la liberté contre le nazisme

 

« Nous allons vivant, gémissant, oubliant,

Oubliés, changeant de chemin,

Il n’y a pas de coin sur terre,

Sans qu’on entende nos soupirs,

Réfugié, toi, l’étranger,

Celui qui gêne le monde entier »

 

Poème de Juan Sanchez, directeur de la revue Recordatoria, exilé en France puis en Suède

 

Jeudi 24 Août 2017 à 17 heures 15 devant le jardin des combattants de la Nueve, 3 rue Lobau, métro Hôtel de Ville, à Paris

 

Hommage aux espagnols antifascistes de la Nueve et leur rôle dans la libération de Paris, des paroles évoqueront leurs idéaux et la grande richesse humaine qu’ils apportent à notre société.

 

Diverses prises de paroles évoqueront le combat des étrangers engagés dans la lutte pour la liberté contre le nazisme.

 

Venez participer à cette évocation particulière au cours de laquelle nous rendrons hommage à ces défenseurs de Paris et partisans de la liberté, en présence des élus de Paris.

 

Jeudi 24 Août 2017 à 15 heures 15, l’association du 24 août 1944 se joindra à la cérémonie organisée par la mairie de Paris et l’Amicale des Anciens Guerilleros Espagnols en France des Forces Françaises de l’Intérieur (AAGEF FFI), pour le dévoilement de la plaque en hommage à José Baron Carreño à l’angle du boulevard Saint-Germain et de la rue Villersexel dans le septième arrondissement de Paris.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 19:14

 

 

https://ftdes.net/crime-contre-lhumanite/

 

Crime contre l’humanité

 

Déclaration commune de l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), du Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES), de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) et du Réseau Euro Méditerranéen des Droits de l'Homme (REMDH)

 

Vendredi 18 Août 2017

 

Les organismes signataires expriment tout leur soutien aux Organisations Non Gouvernementales (ONG) de sauvetage qui se trouvent dans les eaux méditerranéennes et qui sont criminalisées par certains pays européens qui veulent les réduire à l’inaction dans leur mission humanitaire de sauvetage dans le sud de la Méditerranée et qui veulent laisser les migrants se noyer sans témoins. Ce qui résulte de l’arrêt de travail de trois bateaux de recherche et de sauvetage qui sont le navire Iuventa de Jugend Rettet, arrêté et saisi le 2 août 2017 par les autorités italiennes et accusé de favoriser l’immigration clandestine, le navire Prudence affrété par Médecins Sans Frontières (MSF) et le navire Sea Eye qui ont arrêté leur mission à cause de l’insécurité qui règne actuellement au sud de la Méditerranée. Ce blocage des activités des ONG humanitaires de sauvetage est bien réel puisque la Libye a annoncé la création au large de ses côtes en méditerranée d’une zone de sécurité illimitée de recherche et de sauvetage interdite, sauf autorisation préalable, aux navires étrangers.

A ce sujet l’ONG espagnole Proactiva Open Arms a annoncé le 15 août 2017 que l’équipe de son bateau Golfo Azzurro a eu une confrontation avec des gardes côtes libyens dans les eaux internationales.

Les organisations signataires dénoncent fermement la politique migratoire restrictive et inhumaine de l’Union Européenne. En effet, celle-ci, dans le cadre d’une gouvernance sécuritaire des migrations, se renferme de plus en plus sur elle-même, au détriment du respect de toutes les conventions internationales relatives aux droits des migrants.

L’Union Européenne, au lieu d’agir humainement face aux flux migratoires en favorisant le sauvetage des vies et en leur offrant une protection, préfère fermer ses frontières et s’engager dans un processus de refoulement des migrants irréguliers et l’encouragement au retour des migrants réguliers.

La priorité pour les pays européens est donc de garantir la cohésion de l’espace Schengen en intervenant directement, dans le cadre d’une externalisation de la gestion de ses frontières, auprès des états tiers afin qu’ils contrôlent ses portes. Pour y arriver, l’Europe est maintenant contrainte de se tourner vers la Libye, le pays principal à partir duquel les migrants prennent le départ pour appliquer la même démarche qu’elle a suivi avec la Turquie. Cette option risque de coûter plus cher que ce qui était prévu, mais l’Union Européenne semble prête à tout pour empêcher l’arrivée des migrants sur son territoire.

En effet, les différentes forces libyennes au pouvoir veulent profiter de cette manne pour renforcer leur emprise, faisant de la migration une carte à jouer pour légitimer leurs existences respectives. Elles ont demandé à l’Union Européenne de mettre plus d’argent sur la table pour les aider à contenir les départs de migrants dans des centres de rétention en violation des droits fondamentaux de l’homme. Les garde-côtes libyens ont alors reçu des équipements pour empêcher les traversées et des formations en techniques d’opération de recherche et de sauvetage en mer. Par ailleurs, l’effort européen nécessaire pour aider à bloquer les flux de migrants dans le désert libyen dans l’insécurité, le servage et l’exploitation par les forces terroristes, a été estimé par les libyens à vingt milliards de dollars sur vingt ou vingt cinq ans.

Les organisations signataires mettent en doute la fiabilité du partenariat avec les autorités et les factions en Libye, car la situation du pays reste instable et imprévisible et il y règne encore le chaos et l’insécurité. Jusqu’à ce jour, la Libye n’a ratifié ni la convention de Genève sur les droits des réfugiés de 1952 ni la quatre-vingt-dix-septième ni la cent-quarante-troisième convention de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) relatives aux droits des travailleurs migrants. La Libye a ratifié la convention de l'Organisation des Nations Unies (ONU) sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille de 1990 mais les informations recueillies font état de vivent inquiétudes au sujet de la situation des travailleurs migrants et des membres de leur famille pris au cœur de la crise humanitaire, sociale et politique qui s’aggrave de jour en jour.

 Les organisations signataires décident de se constituer en comité de vigilance pour le suivi de cette situation dramatique et pour développer des actions de plaidoyer auprès des pays de l’Union Européenne, des organisations internationales compétentes, de l’Union Africaine, des forces démocratiques en Libye et des autorités tunisiennes, pour adopter une gouvernance basée sur les droits des migrations en Méditerranée,

Les organisations signataires appellent instamment l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) à se mobiliser pour condamner les violations des droits et des réfugiés et les restrictions contraires aux normes internationales imposées aux ONG humanitaires de sauvetage en Méditerranée tout en exprimant leur solidarité active avec ces ONG.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 18:48

 

 

LA QUESTION DES RELATIONS ENTRE PODEMOS ET LE PSOE

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie du message du site Le Vent Se Lève (LVSL) relatif à l’actuelle situation politique espagnole.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site LVSL à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://lvsl.fr/lvsl-dans-le-laboratoire-des-gauches-espagnoles

 

Vers un rapprochement entre Podemos et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) ?

 

Vendredi 11 Août 2017

 

Le 21 mai 2017, Pedro Sánchez remportait l'élection primaire du PSOE devant la présidente du gouvernement régional d’Andalousie, Susana Díaz. Cette dernière bénéficiait de l’appui sans faille des barons du parti hostiles à toute alliance avec Podemos, au premier rang desquels l’ancien président du gouvernement Felipe González. Ce résultat représente donc une lourde défaite pour l’appareil du PSOE et un triomphe personnel pour Pedro Sánchez, candidat malheureux à la présidence du gouvernement lors des deux dernières élections générales.

Au mois d'octobre 2016, désavoué par un comité fédéral dominé par l’aile droite du parti, Pedro Sánchez démissionnait de son poste de secrétaire général. Quelques jours plus tard, la direction du PSOE par intérim enjoignait aux députés du PSOE de s’abstenir lors du vote d’investiture de Mariano Rajoy, ce qui a ainsi permis au Parti Populaire de rempiler pour quatre ans au gouvernement. En désaccord avec cette décision, Pedro Sánchez renonçait à grand bruit à son siège de député et plaidait pour un PSOE fermement opposé à Mariano Rajoy et respectueux de ses engagements vis-à-vis des militants. Il laissait déjà entrevoir son probable retour en force en annonçant vouloir « prendre sa voiture pour parcourir de nouveau tous les recoins de l’Espagne ».

Sa stratégie de reconquête du parti par la base militante a porté ses fruits. Celui qui déclarait dans une interview remarquée avoir subi des pressions des pouvoirs économiques et médiatiques pour ne pas s’allier à Podemos retrouve donc le poste de secrétaire général qu’il avait déjà occupé de 2014 à 2016. Le 21 mai 2017, devant le siège du PSOE à Madrid, les militants entonnaient l’Internationale. Depuis, Pedro Sánchez réaffirme ostensiblement l’ancrage à gauche d’un PSOE bien décidé à faire oublier les errements des derniers mois. Une victoire de Susana Díaz aurait permis à Pablo Iglesias de se positionner en unique recours à la triple alliance entre le Parti Populaire, le PSOE et Ciudadanos, mais la victoire de Pedro Sánchez inaugure une configuration bien différente.

Depuis les résultats de l'élection primaire du PSOE, les relations entre Podemos et le PSOE se sont nettement détendues. En témoigne la cordialité des échanges lors des débats sur la motion de censure entre Pablo Iglesias et José Luis Abalos, nouveau porte-parole du groupe socialiste et proche de Pedro Sánchez. Le temps où Iglesias attaquait rudement le PSOE, reprochant à l’ancien président Felipe González son passé « entaché de chaux vive », en référence aux exactions commises dans les années 1980 par les Groupes Antiterroristes de Libération (GAL) dans leur lutte contre Euskadi Ta Askatasuna (ETA), semble bien révolu.

Au mois de juillet 2017, le PSOE et Podemos ont formé une équipe de travail parlementaire afin de coordonner leur opposition au Parti Populaire et de fixer un agenda social en commun, lutte contre la précarité, le chômage des jeunes et le mal-logement, hausse du salaire minimum et revalorisation des pensions de retraite.  Selon les députés de Podemos, la création de cette équipe de travail préfigure un futur gouvernement alternatif à celui du Parti Populaire. Ils encouragent d’ailleurs le PSOE à déposer à son tour une motion de censure pour destituer Mariano Rajoy et ouvrir la voie à une coalition des forces progressistes.  L’idée d’un scénario à la portugaise semble avoir fait son chemin. Au Portugal, le Parti Socialiste Portugais (PSP) gouverne avec l’appui parlementaire du Parti Communiste Portugais (PCP) et du Bloco de Esquerda. En Espagne, les rapports de force entre la gauche radicale et le PSOE sont plus équilibrés que chez le voisin portugais, ce qui conduit Pablo Iglesias à envisager une possible coalition au sein de laquelle LE PSOE et Podemos seraient sur un pied d’égalité.

Le PSOE préfère minimiser la portée de cette coopération parlementaire et freiner les ardeurs de Podemos. Le PSOE écarte l’éventualité d’une motion de censure dans l’immédiat et il s’évertue à rappeler que Pablo Iglesias a déjà eu l’opportunité d’éjecter Mariano Rajoy. Au mois de mars 2016, lorsque les députés de Podemos ont rejeté l’investiture de Pedro Sánchez, alors allié avec la droite libérale de Ciudadanos.  Le PSOE temporise et observe d’un bon œil les dernières enquêtes électorales. Le baromètre du centre de recherches sociologiques du mois de juillet 2017 indique une forte progression des intentions de vote en faveur du PSOE depuis la victoire de Pedro Sánchez. Pour la première fois, le bloc des gauches du PSOE et d'Unidos Podemos surpasse le bloc des droites du Parti Populaire et de Ciudadanos, comme l’a souligné le secrétaire à l’organisation de Podemos, Pablo Echenique. Néanmoins, l’enquête suggère également une évolution des rapports de force internes au bloc des gauches. La perspective du sorpasso semble s’éloigner pour Pablo Iglesias, ce qui ne peut qu’inciter le PSOE à temporiser davantage afin de reconquérir les franges de son électorat récupérées ces dernières années par Podemos.

Au-delà de ces différences de rythmes et de stratégies politiques, le dialogue entre les deux formations achoppe également sur la question de l’organisation territoriale et de la Catalogne. Sous l’impulsion de Pedro Sánchez et au grand désarroi des barons du PSOE, les positions du PSOE évoluent aujourd’hui vers la reconnaissance de la pluri nationalité de l’Espagne, un concept habituellement employé par les dirigeants de Podemos. Néanmoins, le PSOE reste fermement opposé à la tenue d’un référendum sur l’indépendance de la Catalogne. Ce n’est pas le cas de Podemos, qui défend l’idée d’une patrie pluri nationale ainsi que le droit à l’auto détermination du peuple catalan. L’annonce par le gouvernement régional catalan de l’organisation d’un nouveau référendum unilatéral le premier octobre 2017 devrait de nouveau placer la crise territoriale espagnole sur le devant de la scène politique et médiatique.

Malgré ces divergences notables, le rapprochement entre Podemos et le PSOE s’est matérialisé ces derniers jours par la signature d’un accord de gouvernement entre les deux partis dans la communauté autonome de Castille la Manche. Au mois de juillet 2017, le président du PSOE de la communauté, Emiliano García-Page, a offert à Podemos d’entrer au gouvernement afin de garantir la stabilité de la région, dans un contexte de débats inextricables autour du budget. Les militants de Podemos dans la région se sont prononcés à près de soixante dix huit pour cent en faveur d’un accord de gouvernement. Pour la première fois, les deux partis gouverneront donc ensemble, dans une région comptant plus de deux millions d’habitants, qui sera désormais scrutée comme le laboratoire de la coopération entre les deux principales forces de la gauche espagnole.

Ce rapprochement avec le PSOE ne fait pas l’unanimité parmi Podemos et ses alliés. L’accord de gouvernement en Castille la Manche a donné lieu à d’âpres débats dans la sphère militante et suscité l’opposition résolue du courant anticapitaliste. Les anticapitalistes, par la voix de Teresa Rodríguez et de Miguel Urbán, ont fait entendre leur désaccord vis-à-vis de ce qu’ils perçoivent comme le prélude à une subalternisation de Podemos vis-à-vis du PSOE. Cette critique fait d’autant plus sens que les membres du courant anticapitaliste avaient déjà fait scission avec Izquierda Unida en 2008, qu’ils accusaient d’être devenue le supplétif du PSOE.

Izquierda Unida, désormais alliée à Podemos au sein de la coalition Unidos Podemos, ne ménage pas non plus ses critiques à l’égard du parti de Pablo Iglesias. Dans un rapport interne du mois de juin 2017, le coordinateur fédéral d’Izquierda Unida Alberto Garzón exprime sa méfiance à l’égard du supposé virage à gauche du PSOE et il insiste sur la nécessité « d'organiser politiquement les classes populaires ».

Pour Alberto Garzón, à la tête d’une formation politique qui a vu la majorité de ses électeurs de 2011 se tourner vers Podemos en 2015, Izquierda Unida doit davantage se démarquer de son allié, en réinvestissant notamment l’arène des mouvements sociaux.

L’intensité des débats internes et des discussions stratégiques est l’une des caractéristiques premières de Podemos, un parti politique qui regroupe en son sein des militants de cultures politiques diverses. Les désaccords manifestés à l’égard du réchauffement des relations avec le PSOE sont en réalité révélateurs d’une tension constitutive de Podemos, parfaitement mise en lumière et théorisée par le politiste Javier Franzé, la tension entre régénération et contestation. Au cours de sa première année d’existence, Podemos affirmait ouvertement sa volonté de rompre avec le régime de 1978 et ses deux grands partis, le Parti Populaire et le PSOE, agglomérés sous les expressions de PPSOE et de caste. Désormais, la priorité semble aller à la destitution du Parti Populaire et du bloc de la restauration qui a séquestré et dénaturé les institutions.

Des institutions qu’il ne s’agit plus tant de contester en elles-mêmes que de débarrasser de ses éléments perturbateurs afin de les rendre aux gens. De l’évolution de cette tension propre à Podemos et des choix stratégiques de Pedro Sánchez dépendra l’avenir politique de l’Espagne et d’une Europe du sud encore marquée par les espoirs déçus d’Alexis Tsipras en Grèce.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 18:15

 

EN QUEL TEMPS VIVONS-NOUS

Vous trouverez ci-dessous la deuxième partie d’une interview de Jacques Rancière par Aude Lancelin.

L’interview est disponible en totalité si vous consultez le site www.elcorreo.eu.org à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.elcorreo.eu.org/En-quel-temps-vivons-nous-Entretien-avec-Jacques-RANCIERE

EN QUEL TEMPS VIVONS-NOUS

Lundi 7 Août 2017

Aude Lancelin. Vous ne croyez pas au fait de passer par les institutions pour les réformer voire les mettre à bas ?

Jacques Rancière. Je crois que, à ce moment-là, il faut jouer un jeu unique avec l’institution, ne pas être à la fois président sur le mode des présidents de la cinquième république et en même temps dire vouloir le détruire. Si nous ne sommes là que pour le détruire, nous n’avons qu’un seul mot d’ordre et nous n’allons pas chercher à ramasser un peu de protection sociale, un peu d’écologie, un peu de républicanisme et un peu de socialisme, pour faire un programme. Nous disons que nous ne voulons que cela et que nous sommes ceux qui nous nous présentons pour l’abolition de la présidence. Cela, c’est clair. A ce moment, nous utilisons l’institution.

Aude Lancelin. C’était d’une certaine façon le programme du Mouvement de la France Insoumise (MFI), une assemblée constituante, puis la mise à bas de la monarchie présidentielle. Vous ne le voyez que comme un instrument de conquête du pouvoir ?

Jacques Rancière. Je pense que nous pouvons jouer un jeu avec les institutions, mais c’est un jeu qui est déterminé et que ce n’est pas ce double jeu qui a quand même abouti à cette chose très misérable, les affiches que nous avons vues pour le deuxième tour des élections présidentielles avec la cohabitation pour des jours heureux. Excusez-moi, les jours heureux, pour les gens de mon âge, cela veut dire autre chose que le fait d’avoir un ministre du MFI avec un président de la République En Marche (REM). Il faut être sérieux. La cohabitation pour les jours heureux a quand même quelque chose d’un peu grotesque. Jean Luc Mélenchon a repris exactement les vieux mots d’ordre de la droite, à savoir qu’il ne faut pas donner tous les pouvoirs aux socialistes. Il a dit qu’il ne faut pas donner tous les pouvoirs à Emmanuel Macron. Est-ce vraiment un mot d’ordre de mobilisation d’un peuple nouveau ? C’est quoi cette grande déclaration du MFI qui reprend le mot d’ordre le plus misérable, à savoir qu’il ne faut pas donner tous les pouvoirs à ceux qui ont gagné et qu’il faut nous en donner un peu aussi. C’est un premier problème. Il y a un deuxième problème dans l’idée que nous allons élire une assemblée constituante. Mais ce ne sont pas les assemblées constituantes qui ont fait quelque chose dans l’histoire. Les assemblées constituantes naissaient de mouvements révolutionnaires ou de mouvements de masse importants. Ce ne sont pas les assemblées constituantes décrétées simplement comme application de mesures proposées dans un programme électoral.

Aude Lancelin. Par rapport au slogan « abolissons les élections présidentielles, plus de président », pensez-vous vraiment que l’incarnation soit l’objet d’un rejet au sein de la population ? Ne pensez-vous pas que par hyper-démocratisme nous risquons de promouvoir des revendications tout sauf populaires ?

Jacques Rancière. La question est de savoir si nous favorisons des formes autonomes de discussion et de décision qui soient un peu à l’écart du jeu ? Ou est-ce que, d’une manière générale, nous ouvrons l’initiative au plus grand nombre de ceux qui le veulent. Je ne pense pas qu’il faille se reconnaître dans un chef plus ou moins charismatique qui, malgré tout, se rappelle que tous les quatre ans il y a une élection. Un leader populaire authentique, c’est autre chose. Auguste Blanqui, au dix neuvième siècle, ce n’était pas quelqu’un qui tout à coup disait qu’il y a une élection l’année prochaine et qu’il va falloir soulever le peuple des profondeurs. Si nous sommes vraiment les leaders d’un mouvement populaire, nous participons à ce mouvement populaire, à ses initiatives et à la création de formes autonomes, au lieu de chercher à ramasser la mise tous les cinq ans.

Aude Lancelin. Pour remettre de la démocratie dans notre système, vous proposez toutefois dans votre livre de 2005, « la haine de la démocratie », d’introduire du tirage au sort, d’introduire évidemment des mandats courts non cumulables et non renouvelables et toutes sortes de mesures dont nous avons discuté depuis notamment dans le mouvement des Nuits Debout. Est-ce à dire que pour vous quelque chose de bon malgré tout peut encore sortir des urnes ? Est-ce qu’il y a encore quelque chose à sauver dans le système électoral ?

Jacques Rancière. Le système électoral crée des comportements, des attitudes, des croyances et toute une série de choses qui affectent les vies. Mon idée, c’est que nous n’allons pas faire la révolution en élisant un président de la république de gauche, mais nous n’allons pas attendre que les vraies luttes et l’insurrection généralisée amènent un pouvoir révolutionnaire en ignorant totalement l’existence de tout cela. Un mouvement politique marche sur deux pieds et par conséquent peut se servir de ses institutions, ou en tout cas se définir par rapport à elles, ce qui n’est pas la même chose. Nous pouvons avoir une stratégie par rapport aux élections présidentielles, une stratégie de déclaration de refus de ces élections et de déclaration de candidature à la non-présidence ou que sais-je. C’est possible. A ce moment-là, nous nous rapportons à ce système qui existe, comme nous nous rapportons à toute une série de systèmes qui existent. C’est une forme de domination comme une autre. Par conséquent, nous avons un comportement par rapport à cette forme de domination comme nous en avons par rapport à d’autres. Nous pouvons proposer des mesures institutionnelles, mais nous les proposons en sachant que tout cela prend un sens quand c’est l’émanation d’un mouvement qui a sa propre dynamique et ses propres structures. C’est cela qui est important. Les mouvements qui disent simplement « sixième république, assemblée constituante et puis tout ira bien », n’ont pas de sens. Nous pouvons toujours écrire sur le papier une constitution de la sixième république, cela ne prend un sens que si c’est l’émanation d’un mouvement capable de porter les revendications par ailleurs inscrites dans cette constitution.

Aude Lancelin. Vous avez suivi ce qui s’est passé dans le mouvement des Nuits Debout au printemps 2016. Quelles ont été selon vous les erreurs stratégiques, par exemple le fait de se focaliser sur le Parti Socialiste et sur le bilan catastrophique de la gauche de gouvernement ?

Jacques Rancière. Je ne suis pas du tout là pour dire ce que le mouvement des Nuits Debout a mal fait ou aurait dû faire. Je pense qu’un mouvement comme le mouvement des Nuits Debout est de toute façon un mouvement hétérogène avec des vieux routiers de la lutte sociale ou de la révolution et des gens qui débarquent. Et puis il y a ce problème que nous retrouvons avec tous les mouvements des places. A savoir qu’il y a comme une réalisation directe de la démocratie. Nous sommes ensemble, nous sommes une assemblée, nous sommes égaux et nous sommes heureux d’être égaux. Cela devient très difficile de conjuguer la forme de l’être ensemble avec la forme de l’être contre. Ce n’est pas la question de savoir qui est responsable de quoi. Je crois que nous n’avons pas dépassé cette juxtaposition entre, d’une part, les gens pour qui l’important c’est d’abord d’être ensemble et de constituer un peuple ensemble et, d’autre part, ceux pour qui l’important c’est de se battre contre l’ennemi avec l’idée que nous allons constituer un peuple en déclarant la lutte violente et en obligeant les gens à choisir leur camp. Nous n’avons pas encore inventé de logique qui aille au-delà. Il y a des pays où cela a été un petit peu plus loin. Nous pensons à la Grèce et à tout le mouvement des espaces sociaux libres qui essaient d’institutionnaliser des formes d’être ensemble qui en même temps ne sont pas les formes du parti et qui ne sont pas non plus des formes éphémères d’assemblée générale. Il y a quelque chose qui se passe là.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 14:46

 

https://columnacero.com/espana/4609/la-nueve-la-gran-olvidada-por-la-historia/

 

La Nueve, la grande oubliée de l’histoire

 

Par Ivan Leal Ramos

 

Mercredi 16 Août 2017

 

La Nueve était une compagnie d'environ cent cinquante soldats républicains espagnols qui ont été décisifs pour la défaite des nazis à Paris au mois d’août 1944.

 

Le 26 août 1944, Charles de Gaulle entrait triomphalement dans les rues de Paris. L'armée alliée avait libéré la capitale française après quatre années d'occupation nazie.

 

Deux jours avant la victoire des alliés contre les nazis, les grands protagonistes de la libération de Paris et  en même temps les grands oubliés de l'histoire sont les cent cinquante soldats républicains espagnols, membres de la Nueve qui ont été décisifs dans la défaite des nazis à Paris.

 

Le groupe de cent cinquante soldats républicains espagnols est entré dans les rues de la capitale française dans la nuit du 24 août 1944. Ils battent les troupes allemandes, ils traversent la porte d'Italie et la place de la Concorde, ils arrivent à l'Hôtel de Ville et ils obtiennent  la capitulation nazie à Paris. La Nueve, composée d'espagnols et de français, est la première compagnie à entrer à Paris et à libérer Paris de la domination nazie.

 

Histoire de la Nueve

 

La victoire franquiste dans la guerre civile a entraîné l'exil forcé de milliers de républicains, de communistes et d'anarchistes. Beaucoup d'entre eux sont arrivés en France. Après l'occupation nazie de la France en 1940, beaucoup de républicains exilés sont arrivés en Afrique du Nord, où la France a toujours conservé des colonies.

 

À l'appel de Charles de Gaulle pour résister et récupérer la France, certains d'entre eux ont vu l'opportunité de survivre dans la légion étrangère de l'armée française. Les soldats, avec une expérience de durs combats, étaient intégrés dans la deuxième division blindée du général Philippe Leclerc. Ils formaient une partie de la neuvième compagnie blindée.

 

Formée d’une majorité de soldats espagnols, la compagnie était  surnommée la Nueve. En particulier, les soldats républicains espagnols dénommaient leurs groupes de combat avec des noms faisant référence à des lieux de la géographie espagnole ou des aspects de la culture populaire, entre autres Don Quichotte, Cap Serrat, Madrid, Guadalajara, Teruel, Guernica et Espana Cañí.

 

Bien que nous nous souvenions de la Nueve pour son rôle décisif dans la libération de Paris, elle a également participé à plusieurs combats en Afrique du Nord contre les troupes allemandes et italiennes.

 

L'oubli de la Nueve

 

En France et en Espagne, nous avons enterré décennie après décennie le souvenir et la mémoire de la Nueve. Tout récemment, ces dernières années, a commencé un processus de récupération pour se rappeler ce que ces soldats espagnols ont fait pour défendre les valeurs de la démocratie et de la liberté.

 

Au mois d’avril 2017, la maire de Madrid, Manuela Carmena, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, ont assisté à l'inauguration du « jardin des combattants de la Nueve » qui a été le premier hommage officiel de la capitale espagnole à cette compagnie formée par cent cinquante exilés espagnols.

 

D'autre part, Anne Hidalgo, maire de Paris, a promu la reconnaissance de la Nueve en plaçant douze plaques en différents points de la route suivie par le bataillon des espagnols.
 

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens