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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 20:53

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/02/28/a-mugla-en-turquie-les-auteurs-du-putsch-rate-contre-erdogan-risquent-six-fois-la-perpetuite_5087133_3218.html

 

Les auteurs du putsch raté contre Recep Tayyip Erdogan risquent six fois la perpétuité

 

Dans treize villes du pays, les tribunaux vont juger plus de mille cinq cent militaires, policiers et civils, accusés d’avoir participé à la tentative de coup d'état du mois de juillet 2016

 

Par Marie Jégo, envoyée spéciale du Monde à Mugla

 

La saison des procès de l’après-putsch est ouverte en Turquie. Dans treize villes du pays, dont Istanbul, Ankara, Bursa, Malatya et Antalya, les tribunaux jugent ou vont juger une partie des participants présumés du putsch raté du 15 juillet 2016, trente deux civils, soixante et un policiers et mille cinq cent seize militaires.

Le plus grand procès de trois cent trente personnes a commencé à Ankara, Mardi 28 Février 2017, en pleine campagne pour le référendum pour renforcer les pouvoirs du président, Recep Tayyip Erdogan. Mais le plus emblématique, décrit par le procureur en chef, Necip Topuz, comme « le plus important de l’histoire de la Turquie », se déroule depuis le Lundi 20 Février 2017 à Mugla, une ville paisible du sud-ouest du pays. Quarante-sept personnes, pour la plupart des militaires, y sont citées à comparaître pour avoir tenté d’assassiner le président Recep Tayyip Erdogan.

Dans la nuit du Vendredi 15 Juillet au Samedi 16 juillet 2016, au plus fort des affrontements entre loyalistes et putschistes à Ankara et à Istanbul, Recep Tayyip Erdogan, alors en congé dans la station balnéaire de Marmaris, sur la côte égéenne, doit en effet quitter précipitamment les lieux quelques heures avant l’arrivée d’un commando venu l’assassiner ou l’enlever.

Pour les autorités turques, c’est le prédicateur Fethullah Gülen, qui dirige sa confrérie secrète depuis les Etats-Unis où il vit en exil depuis 1999, qui a commandité l’opération. Et son dessein était d’éliminer le président, d’où l’opération de Marmaris. L’imam Fethullah Gülen, qui nie toute implication, figure désormais en première position sur la liste des quarante sept accusés du procès de Mugla, avec la mention « en fuite ». Egalement sur la liste, Ali Yazici, l’aide de camp personnel du président Recep Tayyip Erdogan au moment des faits, est, lui, présent.

 

Le parquet a requis six fois la perpétuité

 

En tout, trente sept hommes doivent répondre de multiples charges, dont tentative d’assassinat du président, appartenance à un groupe terroriste et entrave à l’ordre constitutionnel. La plupart sont des militaires aguerris, membres de commandos d’élite de l’armée. Pour chacun, le parquet a requis six fois la perpétuité. Une vingtaine d’avocats les défendent et autant sont présents au nom des parties civiles, auxquelles Recep Tayyip Erdogan s’est associé. Les audiences ont lieu sous étroite surveillance policière dans une salle de la chambre de commerce de Mugla, celles du tribunal étant trop exiguës.

Les familles se dirigent à pas pressés vers l’intérieur, soulagées que les manifestants qui réclamaient la pendaison pour les accusés à l’ouverture du procès, le Lundi 20 Février 2017, ne soient plus là. A 9 heures 15, Ayse se présente au contrôle. Voici huit jours qu’elle ne rate pas une audience, en soutien à son frère qui comparaît. Elle ne veut pas révéler son nom de famille, « de peur que cela lui nuise ». Pour elle, son frère, un sous-officier des forces spéciales, « n’a jamais fait qu’obéir aux ordres de son supérieur », le général de brigade Gökhan Sahin Sönmezates.

C’est sous son commandement qu’en début de soirée, Vendredi 15 Juillet 2016, à l'académie militaire d’Istanbul, une équipe de professionnels est recrutée pour effectuer ce qu’il présentera alors comme une mission spéciale. « Une routine pour ces hommes dont c’était le travail quotidien et qui ne pouvaient ni demander des précisions ni discuter les ordres », explique l’avocat Harun Gözübüyük, qui défend la cause de son frère aîné, le capitaine Muammer Gözübüyük, trente quatre ans, numéro huit sur la liste des conjurés.

 

Les militaires ont imaginé une opération sérieuse

 

Harun Gözübüyük tente de reconstituer ce qui s’est passé grâce aux bribes de récit recueillies auprès de son frère, lors de leurs entrevues, très surveillées, en prison. Celui-ci lui a raconté qu’une fois transportés par hélicoptère à Cigli, une base militaire des environs d’Izmir, sur les bords de la mer Egée, les hommes du commando ont dû attendre cinq heures leur départ en mission.

Voyant cinq hélicoptères Sikorsky alignés sur le tarmac et approvisionnés en kérosène, ils ont pensé qu’il s’agissait d’une opération sérieuse, décidée dans le cadre de la chaîne de commandement. « On leur avait pris leurs portables, ils n’étaient pas au fait de la tentative de putsch », assure l’avocat. Plus tard dans la nuit, « leur supérieur leur a dit qu’ils devaient aller chercher le président et le ramener sain et sauf sur la base d’Akincilar », le quartier général des putschistes, non loin d’Ankara. « Il leur a montré la déclaration publiée sur le site de l’état-major, selon laquelle l’armée avait pris le pouvoir, tout en leur rappelant que, en cas d’insoumission, ils risquaient la cour martiale ».

Son frère n’a rien à voir avec la confrérie de Fethullah Gülen, « il est un farouche kémaliste attaché à la république ». La plupart des accusés disent la même chose. Leur supérieur, le général Gökhan Sahin Sönmezates, a reconnu sa participation à l’opération de Marmaris. Il a dit avoir agi sur ordre de l’état-major pour ramener le président sain et sauf au quartier général des conjurés. Mais le donneur d’ordre, le général factieux Semih Terzi, a été tué la nuit du soulèvement.

 

Mauvaise série noire

 

Pour le reste, l’accusation s’appuie sur les dépositions de deux témoins secrets, dont les surnoms, Chapeau et Corbeau, font penser à des acteurs d’une mauvaise série noire. Selon leurs témoignages, le général Gökhan Sahin Sönmezates était présent à la réunion préparatoire au putsch dans une villa à Ankara, à laquelle participait aussi Adil Öksüz, l’imam de la base d’Akincilar agissant pour le compte de Fethullah Gülen. Brièvement interpellé au lendemain du putsch, l’imam Adil Öksüz a été relâché et il n’a plus réapparu depuis.

Les récits de ces préparatifs bien huilés contrastent avec les dépositions des accusés, frappantes en ce qu’elles révèlent d’impréparation de la part des putschistes. Arrivé à Izmir à 22 heures, le commando ne partira pas en mission avant 3 heures du matin car personne ne sait où est Recep Tayyip Erdogan. Lorsqu’à 3 heures 30, le commando amorce sa descente héliportée sur l’Hôtel Grand Yazici, le président n’est plus là, son avion a décollé de Dalaman à 1 heure 43.

Une fois sur place, le commando doit affronter la contre-offensive des forces de sécurité, placées aux abords de l’hôtel après le départ du chef de l’état. Deux policiers sont tués.

« Cinq mille douilles ont été ramassées, quatre mille neuf cent tirées par des policiers, le reste par le commando », assure Harun Gözübüyük. Le procès va-t-il contribuer à faire la lumière sur les heures obscures du putsch ? Mürsel Alban, représentant du parti républicain du peuple (CHP) à Mugla, est sceptique, « jusqu’ici, nous n’avons toujours rien compris. Etait-ce un putsch ou une révolte ».

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 20:34

 

Des milliers de russes rendent hommage à Boris Nemtsov tué en 2015 (Reuters)

 

Des milliers de russes ont défilé Dimanche 26 Février 2017 dans les rues du centre de Moscou pour rendre hommage à l'opposant Boris Nemtsov tué il y a deux ans près du Kremlin et pour réclamer une nouvelle enquête sur son assassinat.

 

L'ancien vice premier ministre, devenu l'un des principaux détracteurs du président Vladimir Poutine, a été abattu le 27 février 2015 par des individus circulant en voiture sur un pont alors qu'il rentrait d'un restaurant avec sa petite amie. Il était particulièrement critique envers l'intervention russe en Ukraine.

 

Plusieurs tchétchènes ont été inculpés pour ce meurtre, mais les avocats de la fille de Boris Nemtsov estiment que l'enquête n'a pas permis d'identifier le commanditaire du crime.

 

Les opposants rassemblés Dimanche 26 Février 2017 à Moscou ont réclamé que les investigations ne se limitent pas aux exécutants tout en demandant des réformes et la libération des prisonniers politiques.

 

La marche a coïncidé avec la sortie de prison du militant contre le Kremlin Ildar Daldine, première personne à avoir été emprisonnée en vertu d'une nouvelle législation qui a fait de certaines manifestations non violentes un délit pénal. Ildar Daldine a purgé sa peine dans une prison de Sibérie.

 

Les manifestants moscovites étaient cinq mille selon la police, plus de quinze mille selon un groupe d'observateurs.

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 20:21

 

CRISE FINALE

 

Par Bernard Fischer

 

Mercredi Premier Mars 2017

 

La situation politique française connaît depuis plusieurs mois des évolutions rapides et spectaculaires et des bouleversements importants.

Dans une telle situation, l’existence d’une boussole politique et l’utilisation et l’application d’une stratégie politique sont d’autant plus importantes. Mais, précisément, la gauche et l’extrême gauche française n’ont plus ni de stratégie ni de boussole politique depuis longtemps.

Les deux formes d’expression les plus importantes de cette situation étaient bien évidemment l’organisation et les résultats des élections primaires de la droite au mois de novembre 2016 et de la gauche au mois de janvier 2017.

Les élections primaires de la droite voyaient l’élimination d’un ancien président de la république, Nicolas Sarkozy, et d’un ancien premier ministre, Alain Juppé, au profit d’un autre ancien premier ministre, François Fillon. Ce n’était pas la fin de l’histoire. Suite à des révélations du Canard Enchaîné, le Parquet National Financier (PNF) décidait l’ouverture d’une enquête préliminaire puis d’une instruction judiciaire contre François Fillon en raison de l’affaire des emplois fictifs de sa femme. Il recevait finalement une convocation d’un juge d’instruction en vue de sa mise en examen.

Les élections primaires de la gauche voyaient d’abord l’abandon par anticipation avant le début de la compétition de l’actuel président de la république François Hollande. Elles voyaient ensuite l’élimination d’un ancien premier ministre, Manuel Valls, et d’un ancien ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, au profit d’un ancien ministre de l’éducation nationale, Benoît Hamon.

Le comble de la politique politicienne électoraliste appartenait aux écologistes français. Ils organisaient d’abord une élection primaire de l’écologie au mois d’octobre et au mois de novembre 2016. Cette élection primaire commençait par l’élimination de l’ancienne première secrétaire du parti et ancienne ministre du logement, Cécile Duflot, au profit de Yannick Jadot. Il y avait une évidence dès le premier jour. Les écologistes français n’avaient aucune intention de présentation de cette candidature au premier tour des élections présidentielles. C’était seulement un moyen de pression dans le cadre d’une négociation et d’un accord de répartition des circonscriptions pour les élections législatives entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie Les Verts (EELV). Et c’était très exactement le résultat de ces négociations trois mois plus tard.

La campagne pour les élections présidentielles de cette année confirme et accélère les deux tendances les plus profondes de la vie politique française depuis des dizaines d’années.

C’est, premièrement, le glissement à droite et la crise finale de la sociale démocratie française, la transformation définitive du Parti Socialiste en un parti de droite de gestion néo libérale du capitalisme à cent pour cent.

Entre les deux tours des élections présidentielles de 2007, Ségolène Royal chantait la sérénade sous les fenêtres de François Bayrou et, en 2012, François Bayrou votait pour François Hollande au deuxième tour des élections présidentielles.

Contrairement aux apparences et au discours médiatique majoritaire, il n’y a pas de divergence fondamentale et il y a une profonde convergence et continuité politique entre Emmanuel Macron et François Hollande, le premier est l’héritier politique du second.

Le deuxième phénomène majeur de la campagne pour les élections présidentielles, c’est l’installation du Front National au centre de la vie politique française.

La totalité des organisations politiques françaises de droite comme de gauche n’oubliaient rien et n’apprenaient rien depuis 2002.

En 2002, l’immense majorité des militants et des organisations de la gauche et de l’extrême gauche française votaient et appelaient au vote pour Jacques Chirac contre Jean Marie Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles.

De la même manière et pour la même raison, de plus en plus de responsables, de militants et d’électeurs de gauche voteront et appelleront au vote pour Emmanuel Macron dans les derniers jours de la campagne du premier tour et dans la campagne du deuxième tour des élections présidentielles.

La candidature de Benoît Hamon est la dernière tentative de sauvetage et de prolongation de l’agonie de la sociale démocratie française.

L’accord entre Benoît Hamon et Yannick Jadot n’apportera pas beaucoup de voix supplémentaires à Benoît Hamon. Par contre, elle accélèrera le mouvement des responsables, des militants et des électeurs traditionnels du Parti Socialiste vers Emmanuel Macron.

Il en irait de même en cas d’éventuel accord entre Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon. La moitié des électeurs de Jean Luc Mélenchon ne le suivraient pas et cet éventuel accord précipiterait les responsables, les militants et les électeurs traditionnels du Parti Socialiste vers Emmanuel Macron.

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 19:59

 

http://www.fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1683KE?sp=true

 

François Fillon inflexible, premières fissures à droite (Reuters)

 

François Fillon, qui a annoncé Mercredi Premier Mars 2017 sa convocation par les juges le Mercredi 15 Mars 2017 en vue de sa mise en examen, a déclaré qu'il irait jusqu'au bout de sa candidature à la présidence de la république, provoquant un début de scission dans son camp.

Le candidat de la droite et du centre, gravement fragilisé par l'enquête sur les emplois présumés fictifs de son épouse révélés le 25 janvier 2017 par le Canard Enchaîné, a dénoncé un assassinat politique et une instrumentalisation de la justice.

François Hollande lui a répliqué dans un communiqué, soulignant qu'une candidature à la magistrature suprême n'autorisait pas « à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges », une critique reprise par plusieurs autres candidats.

L'ancien premier ministre, qui répondra aux juges, a fait valoir que sa convocation intervenait deux jours avant la date limite de dépôt des parrainages d'élus.

« Par le choix de ce calendrier, ce n'est pas moi seulement qu'on assassine. C'est l'élection présidentielle. C'est le vote des électeurs de la droite et du centre qui est fauché », a-t-il lancé lors d'une déclaration solennelle à son quartier général de campagne.

« C'est au peuple français que je m'en remets, parce que seul le suffrage, et non une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain président de la république française », a poursuivi François Fillon, persistant à se poser en victime.

Et de marteler, « je ne céderai pas. Je ne me rendrai pas. Je ne me retirerai pas ».

Après avoir annoncé le 26 janvier 2017 sur la première chaîne de la télévision française qu'il renoncerait s'il était mis en examen, François Fillon avait dit le 16 février 2017 au Figaro qu'il s'en remettait « désormais au seul jugement du suffrage universel ».

Invoquant le « respect de la parole donnée », Bruno Le Maire a annoncé démissionner de ses fonctions de conseiller pour les affaires internationales et européennes auprès du candidat. Une défection saluée par plusieurs de ses soutiens, Arnaud Robinet, Franck Riester, Yves Jégo et Laure de La Raudière.

Dans des rangs déjà ébranlés par la tournure des événements, les velléités frondeuses ont resurgi et non des moindres.

L'Union des Démocrates et des Indépendants (UDI), parti centriste allié à François Fillon, a décidé de suspendre sa participation à la campagne dans l'attente d'une décision définitive la semaine prochaine. La tentation d'un ralliement à Emmanuel Macron grandirait en son sein.

La sarkozyste Catherine Vautrin, vice-présidente des Républicains de l’assemblée nationale, juge dans le journal l’Union « qu’il est grand temps que nous puissions avoir un autre candidat », tandis qu'un autre sarkozyste, le député des Républicains Pierre Lellouche, a demandé le retrait de François Fillon et la saisine du conseil constitutionnel en vue du report des élections présidentielles.

Selon plusieurs sources des Républicains, Nicolas Sarkozy a appelé ses troupes à soutenir son ancien premier ministre. Doutes et interrogations saisissent aussi les juppéistes.

Alain Juppé, qui se trouvait Mercredi Premier Mars 2017 à Paris pour une réunion des présidents de métropole, s'est refusé à tout commentaire dans l'immédiat. Le nom du maire de Bordeaux avait été de nouveau évoqué Mercredi Premier Mars 2017 comme possible recours.

Les spéculations à droite étaient à leur comble depuis l'annonce surprise, Mercredi Premier Mars 2017 peu après 8 heures du matin, du report sine die de la venue de François Fillon au salon de l’agriculture.

La nouvelle avait pris de court les membres mêmes de son entourage sur place, ainsi que les élus formant la délégation. Aucune explication n'était avancée alors que François Fillon avait appris dans la nuit, de son avocat, sa probable mise en examen le Mercredi 15 Mars 2017, selon une source proche du premier cercle.

Le candidat a alors décidé de convoquer les ténors des Républicains à son quartier général afin de décider de la marche à suivre. Il s'est également entretenu au téléphone avec Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, selon une source proche du parti.

Des scénarios contradictoires circulent sur la teneur de ces consultations. Selon un parlementaire des Républicains, François Fillon, poussé notamment par Gérard Larcher, proche de longue date, et Bruno Le Maire, se serait résolu un temps à se retirer au profit d'Alain Juppé, finaliste malheureux des élections primaires de la droite.

L'entourage du maire de Bordeaux avait affirmé à Reuters qu'il serait aux côtés de François Fillon pour sa déclaration. Gilles Boyer, ancien directeur de campagne d'Alain Juppé, avait ensuite démenti cette information sur Twitter.

Le maire de Bordeaux, resté en retrait dans la tourmente, avait réaffirmé le 21 février 2017 qu'il ne se prêterait pas à « un plan B contre la volonté de l’intéressé ». Mais à des parlementaires juppéistes, qui ont récemment déjeuné avec lui, il avait confié vouloir y aller si François Fillon le lui demandait.

« François Fillon a demandé à Alain Juppé s’il serait prêt à lui succéder. Alain Juppé lui a répondu qu'il ne le ferait que s'il le lui demandait expressément », selon ce proche du premier cercle.

C'était sans compter avec Nicolas Sarkozy et ses soutiens, mais aussi avec les quadragénaires du parti.

Selon des élus des Républicains, l'ancien président se serait catégoriquement opposé à l'option d’Alain Juppé, plaidant pour la candidature du sénateur-maire de Troyes François Baroin. Une perspective intenable pour les autres quadragénaires du parti, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand ou Nathalie Kosciusko-Morizet.

D'autres sources expliquent que Nicolas Sarkozy a exhorté son ancien premier ministre à s'accrocher. « Il lui a dit de tenir bon. Gérard Larcher lui dit qu'il faut lâcher et Jean-Christophe Lagarde lui dit que, s'il est mis en examen, les centristes ne le soutiendront pas », rapporte la source au fait des discussions.

Patrick Stefanini, son directeur de campagne condamné en 2004 avec Alain Juppé dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, a prévenu pour sa part que « si vous êtes mis en examen, moi je ne sais pas faire », ajoute cette même source.

Selon plusieurs élus, François Fillon aurait beaucoup hésité, remaniant son intervention à la dernière minute. « Il a été à deux doigts de lâcher vers 10 heures 30 mais, entre 11 heures et 11 heures 30, il s'est repris », témoigne l'un d'eux.

Le candidat, souriant, s'est finalement rendu Mercredi Premier Mars 2017 dans l'après-midi au salon de l’agriculture durant deux heures, une visite dans une cohue monstre qui s'est déroulée sans incident. Un grand rassemblement de soutien est envisagé Dimanche 5 Mars 2017 à Paris par son équipe.

« Nous sommes dans un truc de dingues », juge un parlementaire des Républicains.

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 21:05

 

Une commission de Strasbourg pour lever l'immunité de Marine Le Pen (Reuters)

 

La commission des affaires juridiques du parlement européen s'est prononcée Mardi 28 Février 2017 à une large majorité pour la levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen demandée par la justice française pour diffusion d'images violentes.

Ce vote préliminaire doit être confirmé par un vote en séance plénière pour devenir définitif.

L'une des membres de la commission, Laura Ferrara, qui est en charge du dossier, a précisé qu'aucune date n'avait été encore fixée pour le vote en assemblée plénière. Une source avait auparavant évoqué un vote Jeudi 2 Mars 2017.

La candidate du Front National fait l'objet d'une enquête ouverte en France pour l'envoi, au mois de décembre 2015, d’un tweet contenant des photos d'exécution menées par l'Etat Islamique, dont celle du journaliste américain James Foley.

Si elle était confirmée, la levée de l'immunité parlementaire serait limitée aux faits incriminés et ne concernerait pas l'affaire des assistants du Front National au parlement européen, pour laquelle Marine Le Pen a refusé d'être entendue par la police la semaine dernière.

Mais elle ne serait pas sans risque pour la candidate du Front National, les faits qui lui sont reprochés étant punis de trois ans d'emprisonnement et de soixante quinze mille euros d'amende.

« Montrer l'horreur de l'islamisme, comme le nommer, c'est permettre de le combattre. Honneur à Marine Le Pen pour mener ce combat et déshonneur pour ceux qui veulent l'en empêcher », a réagi le vice-président du Front National, Florian Philippot.

Après une journée de polémique, la dirigeante du Front National avait finalement retiré de son tweet la photographie du corps décapité de James Foley le 17 décembre 2015.

« Je ne savais pas que c'était une photo de James Foley. Elle est accessible par tous sur Google. J'apprends ce matin que sa famille me demande de la retirer. Bien évidemment, je l'ai aussitôt retirée », avait-elle dit.

Le député du Front National Gilbert Collard est également visé par une enquête pour diffusion d'images violentes après avoir publié sur Twitter des images d'une victime de l’Etat Islamique. Là aussi, une demande de levée de l'immunité parlementaire a été transmise à l’assemblée nationale française.

Cette demande a été rejetée la semaine dernière par le bureau de l’assemblée nationale, qui a estimé qu'elle n'était pas suffisamment précise.

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 18:33

 

Les démocrates américains choisissent Tom Perez pour diriger le parti (Reuters)

 

Le parti démocrate, en pleine crise depuis son échec aux élections américaines, a porté Samedi 25 Février 2017 à sa tête Tom Perez, ancien secrétaire au travail de l'administration de Barack Obama, pour mener la lutte politique contre Donald Trump et les républicains majoritaires au congrès.

Les membres du comité national démocrate, chargé de promouvoir les idées du parti et de coordonner ses collectes de fonds et sa stratégie électorale, ont choisi Tom Perez au second tour de scrutin.

Ce fils d'immigrés dominicains a été préféré à Keith Ellison, soutenu par Bernie Sanders et l'aile gauche du parti. Il a obtenu deux cent trente cinq voix et son adversaire a obtenu deux cent voix.

Appuyé par des ténors de l'administration de Barack Obama, comme l'ancien vice-président Joe Biden, Tom Perez aura pour lourde tâche de rajeunir et de réunifier le parti qui est sorti profondément divisé de la lutte entre Hillary Clinton et Bernie Sanders pendant les élections primaires en vue de l'élection présidentielle.

Le comité national démocrate a été vivement critiqué pour avoir favorisé Hillary Clinton et va devoir se réconcilier avec sa base pour organiser une résistance efficace face à Donald Trump et aux républicains.

« Nous souffrons d'une crise de confiance et de pertinence », a reconnu Tom Perez, qui s'est engagé à mener la lutte contre la nouvelle administration de Donald Trump.

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 18:18

 

Avis de tempête sur la campagne de Benoît Hamon (Reuters)

 

Elu à l’élection primaire de la gauche sur une ligne frondeuse et en panne dans les sondages, Benoît Hamon est attaqué de toutes parts au Parti Socialiste, où certains dénoncent l’impasse stratégique de sa campagne présidentielle, sur fond de mouvement vers Emmanuel Macron.

Après l'accord passé avec l'écologiste Yannick Jadot et l'échec des négociations avec Jean-Luc Mélenchon, le candidat socialiste désormais allié à Europe Ecologie Les Verts (EELV) stagne en quatrième place dans les intentions de vote, autour de quinze pour cent des voix.

A moins de deux mois du premier tour des élections présidentielles, l'inquiétude ronge les rangs du Parti Socialiste, où les tenants d'une ligne sociale démocrate se désolent de voir leur candidat absent du trio de tête composé de la présidente du Front National, Marine Le Pen, et de l'ancien ministre de l’économie Emmanuel Macron, qui a pris l'avantage dans les sondages sur le candidat de la droite François Fillon.

Si certains lui reprochent d'avoir perdu trop de temps à discuter avec des formations étrangères au Parti Socialiste, la plupart des critiques ciblent le projet de Benoît Hamon, jugé « utopiste, irréaliste voire dangereux » par le député Marc Goua.

« Nous sommes extrêmement inquiets de la tournure prise par la campagne menée par Benoît Hamon et Yannick Jadot », a déclaré le député Gilles Savary au sortir d'une réunion d'une quinzaine de députés réformateurs à l’assemblée nationale, Mardi 28 Février 2017.

La réunion s'est tenue en présence de lieutenants d'Emmanuel Macron, comme le maire de Lyon, Gérard Collomb, et le député Christophe Caresche, qui a rejoint le fondateur du mouvement En Marche, dont le programme sera dévoilé Jeudi 2 Mars 2017.

Autre converti macroniste, le député radical de gauche Alain Tourret décrit « une dynamique en train de se faire autour d’Emmanuel Macron dans tous les secteurs de l'opinion, en rupture avec le programme de Benoît Hamon qui ce n'est pas celui d'une gauche rationnelle et raisonnable marquée par l'esprit des Lumières ».

Gilles Savary décrit un moment extrêmement compliqué. « Il y a aujourd'hui des gens qui sont tentés tout de suite d'aller chez Emmanuel Macron, d'autres qui sont tentés de le faire plus tard et d'autres qui sont dans l'attentisme », a-t-il dit.

Signe de la mauvaise humeur générale, la réunion du comité parlementaire du Mardi 28 Février 2017 a fait l'objet d'une passe d'armes entre Benoît Hamon et ses contradicteurs. Les réformistes et les vallsistes ne voulaient pas aller au siège de campagne de Benoît Hamon, qui a lui-même refusé de se rendre à l’assemblée nationale, rapporte une source parlementaire.

Le résultat est que la réunion s'est tenue en terrain neutre à l'espace Tapis Rouge, non loin du quartier général du candidat qui a dit à son arrivée que le climat à l’intérieur du Parti Socialiste était excellent.

« Pendant deux ans, la gauche s'est disloquée. La responsabilité de Benoît Hamon, notre candidat, c'est de cimenter à nouveau la gauche et il s'y emploie. Ce n'est pas toujours facile et il y encore des dispersions et des ambitions », a reconnu devant la presse le député Christian Paul.

Pour son collègue Alexis Bachelay, « l'arbre de quelques voix discordantes ne saurait cacher la forêt de l'immense majorité des parlementaires qui souhaitent que Benoît Hamon l'emporte et fasse une bonne campagne ».

Le Mardi 28 Février 2017 a aussi marqué le grand retour du finaliste malheureux de l’élection primaire du Parti Socialiste, Manuel Valls.

Après de longues vacances en Espagne, l'ancien premier ministre a déjeuné avec des députés de son courant au ministère de Laurence Rossignol, ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, a-t-on appris de source parlementaire.

Manuel Valls réunit ses troupes à l’assemblée nationale Mardi 28 Février 2017 en fin de journée pour tenter de peser sur une campagne jugée mal engagée.

« Quand on veut être président de la république, il faut tendre la main à son camp et à ceux qui sont au sein même du Parti Socialiste. Jusqu'à présent, je n'ai pas vu cette main tendue », a déploré le député vallsiste Hugues Fourage.

Jean-Marie Le Guen a dénoncé quant à lui l’impasse stratégique dans laquelle s'est engouffré Benoît Hamon, tenant d'une ligne trop radicale à ses yeux pour séduire une majorité.

« Il ne peut pas s'adresser simplement à vingt pour cent des français qui, pour telle ou telle raison, sont sensibles à des thèmes d'une gauche radicalisée », a insisté sur Radio Télévision Luxembourg (RTL) le secrétaire d’état à la francophonie, proche de Manuel Valls.

« Nous sommes dans une élection présidentielle, il est le candidat d'un parti de gouvernement et nous ne sommes pas un parti altermondialiste pour mener la contestation sociale ».

De l'avis d'une ministre, tout devrait se jouer avant la fin du mois de mars 2017, date à laquelle la question de faire rempart au Front National deviendra prioritaire pour les socialistes, au point de les faire éventuellement basculer du côté d'Emmanuel Macron.

« Dans dix à quinze jours va se poser la question du vote utile à gauche », explique-t-elle.

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 21:08

 

http://greenaction.org/wp-content/uploads/2017/02/The-Indigenous-Environment-Network-Responds-to-Forced-Evacuation-of-DAPL-Resistance-Camps.pdf

 

http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article805

 

Le réseau indigène pour l’environnement réagit à l'évacuation forcée du camp de résistance contre le Dakota Access Pipe Line (DAPL)

 

Mercredi 22 Février 2017 à 14 heures, les protecteurs d'eau de l'Oceti Sakowin ont été expulsés par le corps des ingénieurs de l'armée. Malgré les efforts des leaders du camp demandant plus de temps pour nettoyer le camp, l'Army Corp est restée ferme avec son plan d’évacuation du camp. L’Army Corp dit qu’elle est juridiquement propriétaire du terrain sur lequel le camp est situé même si le terrain se trouve dans les territoires du traité de Fort Laramie.

Les personnes qui ont volontairement quitté le camp Mercredi 22 Février 2017 avant 14 heures avaient le choix de prendre un autobus pour être transportées dans un centre d'évacuation ou de se déplacer dans d'autres camps en dehors de la zone d’évacuation. Les protecteurs d'eau restant dans le camp risquent maintenant d'être arrêtés.

Il ya trois autres sites de campement dans la région ou les protecteurs d'eau peuvent se réinstaller, Sacred Stone, Cheyenne River et les camps de la septième génération.

Plusieurs juridictions chargées de l'application de la loi étaient présentes sur place, y compris le sheriff du comté de Morton, la patrouille des autoroutes de l’état de Dakota du Nord, la garde nationale du Dakota du Nord et le service des rangers du parc national. Le service d'application des lois du bureau des affaires indiennes a établi un point de contrôle de la circulation et un barrage sur la terre de la réserve de la tribu sioux de Standing Rock, sur l’autoroute 1806, au sud du pont de la rivière Cannon Ball.

Ce qui suit est une déclaration de Tom Goldtooth, le directeur exécutif du réseau indigène pour l’environnement

Nous sommes consternés par l’évacuation forcée des populations indigènes du camp de Standing Rock d'aujourd'hui, elle constitue une violation violente et inutile du droit constitutionnel des protecteurs de l'eau de protester pacifiquement et d'exercer leur liberté d'expression. Cela nuit au processus de nettoyage du camp et cela crée la confusion et le chaos qui provoque un risque de pollution du fleuve Missouri provenant de la destruction et des débris du camp.

L'expulsion d'aujourd'hui est la continuation d'une pratique vieille de plusieurs siècles, où le gouvernement des États-Unis éloigne vigoureusement les peuples autochtones de nos terres et de nos territoires. Nous exhortons les protecteurs de l'eau à continuer à résister à cette parodie en organisant des mobilisations de masse, en organisant des actions contre les violations des droits conférés par les traités à la tribu sioux de Standing Rock et au conseil des sept feux de la Grande Nation Sioux et en continuant à organiser des actions de contestation contre le DAPL.

Nos cœurs ne sont pas vaincus. La fermeture du camp n'est pas la fin d'un mouvement ou d'un combat, c’est un nouveau commencement. Ils ne peuvent pas éteindre le feu qui a commencé à Standing Rock. Il brûle à l'intérieur de chacun d'entre nous. Nous allons nous lever, nous résisterons et nous réussirons. Nous envoyons des pensées d'amour aux protecteurs d'eau le long des rives de la rivière Cannon Ball, aujourd'hui. Que tous soient aussi forts que possible.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 19:51

 

L'enquête contre François Fillon confiée à des juges d'instruction (Reuters)

 

Le Parquet National Financier (PNF) a annoncé Vendredi 24 Février 2017 avoir ouvert une information judiciaire contre François Fillon à deux mois du premier tour des élections présidentielles, notamment pour les emplois présumés fictifs dont aurait bénéficié sa famille.

L'enquête, désormais confiée à trois juges d'instruction, et non plus à la police, est ouverte des chefs de détournements de fonds publics, abus de biens sociaux et recel, trafic d'influence et manquement aux obligations déclaratives.

Dans un communiqué, les avocats de François et de Pénélope Fillon, qui avaient mis en cause la légitimité du PNF et qualifié son enquête d’illégale, ont salué une décision logique.

En ouvrant une information judiciaire au lieu de le renvoyer directement en procès, « le PNF confirme qu'il n'a pas pu démontrer la réalité des infractions poursuivies », écrivent-ils. « Nous ne doutons pas que, à l'issue d'une procédure sereine avec des juges indépendants, l'innocence de François et de Penelope Fillon sera enfin reconnue », ajoutent-ils.

Sur Twitter, l'un des soutiens du candidat de la droite, Philippe Bas, président de la commission des lois du sénat, a également salué l'ouverture d'une information judiciaire comme la preuve que « le PNF n'a pas trouvé assez d'éléments pour saisir un tribunal. C'est une réalité très rassurante ».

François Fillon, qui est désormais éliminé du second tour des élections présidentielles dans tous les sondages au profit de la présidente du Front National, Marine Le Pen, et du candidat du mouvement En Marche, Emmanuel Macron, a fait savoir la semaine dernière qu'il serait candidat jusqu'à la victoire, quelle que soit la suite donnée par la justice à cette affaire, y compris dans l'éventualité d'une mise en examen.

« Si nos convictions déclenchent autant de fureur et si ma personne est attaquée avec tant d'acharnement, c'est parce qu'elles heurtent le consensus mou qui n'aime la droite que lorsqu'elle marche à l'ombre et lorsqu'elle réforme à minima », a déclaré le candidat de la droite lors d'un meeting à Maisons Alfort, dans le département du Val-de-Marne, sans faire directement référence à l'enquête.

Les juges ont désormais la maîtrise du calendrier. En tout état de cause, d'éventuelles poursuites à son encontre seront suspendues pendant cinq ans s'il est élu président.

Le 16 février 2017, le PNF avait fait savoir, après réception des premiers résultats de l'enquête préliminaire, qu'il écartait en l'état un classement sans suite de la procédure. Une source proche du dossier avait ajouté que le classement sans suite était improbable au terme de l'enquête.

Mais deux options s'offraient à lui, l'ouverture d'une information judiciaire ou une citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris d'un ou plusieurs protagonistes de l'affaire.

Le PNF explique dans un communiqué avoir finalement opté pour l'information judiciaire afin d'éviter que certains faits anciens soient prescrits, en vertu d'une loi adoptée le 16 février 2017 et qui doit entrer en vigueur au début de la semaine prochaine.

Une citation directe devant le tribunal « aurait eu le même effet d'interruption de la prescription », soulignent dans un communiqué les avocats de François et de Pénélope Fillon. Mais pour faire ce choix, il fallait que tous les actes d'enquête soient prêts, « ce qui n'était pas le cas », a indiqué une source proche du dossier.

L'enquête préliminaire, ouverte le 25 janvier 2017, concernait initialement des cas de détournements de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits, et visait notamment François Fillon et son épouse, Pénélope Fillon.

Pénélope Fillon a été employée par son mari comme assistante parlementaire de 1988 à 1990 puis de 1998 à 2002 et du mois de mai 2012 au mois de novembre 2013. Elle a aussi travaillé auprès de son suppléant Marc Joulaud du mois de mai 2002 au mois d’août 2007.

Pénélope Fillon a par ailleurs été employée comme conseillère littéraire de la prestigieuse Revue des Deux Mondes, propriété d'un ami de la famille, l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, entre le mois de mai 2012 et le mois de décembre 2013.

Des postes dont les enquêteurs doutent de la matérialité.

L'enquête a par la suite été élargie aux activités des deux enfants aînés du couple, Marie et Charles Fillon, qui ont effectué des missions auprès de leur père au sénat entre 2005 et 2007.

Puis, au terme de celle-ci, le PNF a décidé d'ajouter plusieurs délits, dont celui de trafic d'influence, plongeant un peu plus dans la tourmente la campagne du candidat de la droite et du centre au premier tour des élections présidentielles.

Ce délit potentiel vise probablement les conditions d'attribution, sur rapport de François Fillon, du grade suprême de grande croix de la Légion d’Honneur au propriétaire de la Revue des Deux Mondes, où son épouse Penelope Fillon est soupçonnée d'avoir eu un emploi fictif.

Le Monde avait en effet révélé que les enquêteurs s'intéressaient de près à la remise de ce grade très rare à Marc Ladreit de Lacharrière le 31 décembre 2010, moins d'un an et demi avant qu'il embauche Penelope Fillon.

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 18:18

 

http://www.la-sociale.viabloga.com/news/hamon-et-melenchon-deux-gauches-irreconciliables

 

Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon, deux gauches irréconciliables

 

C'est le question européenne qui constitue le fond de l'affaire et c'est ce que ne veulent pas comprendre les pleureuses de l'unité

 

Par Denis Collin

 

Lundi 27 Février 2017

 

Ainsi les dés sont jetés. Il y aura deux candidats se réclamant de la gauche et, à moins d’événements extraordinaires, la bataille des élections présidentielles devrait se jouer entre les trois candidats principaux de la droite, Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen. Nous pouvons déplorer cette situation et crier « unité de la gauche » en trépignant, la réalité sociale et politique s’impose et nul n’a le pouvoir magique de la transformer, fût-ce avec des pétitions, des suppliques et des objurgations en tous genres. Les candidatures de Jean Luc Mélenchon et de Benoît Hamon ne sont pas le résultat d’une guerre des egos, même si cet aspect existe, ni d’une volonté diabolique de l’un, de l’autre ou des deux de précipiter la défaite. Il y a des causes profondes.

En vérité, ce que cette situation met en lumière, c’est que la gauche n’existe plus. Formation transitoire, née au début du vingtième siècle de l’alliance de la bourgeoisie républicaine, les radicaux, et du mouvement ouvrier, formation ambiguë qui reposait sur l’idée d’une conciliation à long terme des intérêts de la bourgeoisie éclairée et des travailleurs, la gauche a toujours eu une existence mouvementée et fort incertaine.

La création du Parti Communiste Français (PCF) en 1920 est une fracture claire, vingt ans après l’affaire du capitaine Alfred Dreyfus. Le parti né de la révolution russe ne fait pas partie de la gauche, il s’oppose au cartel des gauches qui associe la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) au parti radical. Aux vingt et une conditions d’adhésion à l’Internationale Communiste est ajoutée une vingt deuxième condition spécifique à la France, l’interdiction d’appartenir à la franc-maçonnerie, carrefour privilégié des rencontres entre les chefs socialistes et les bourgeois de toutes obédiences, union de la gauche dont l’influence parlementaire fut si importante. Il faudra attendre 1935 et la création du Front Populaire pour que se reconstitue la gauche. Et cette reconstitution ne survivra pas au pacte germano-soviétique et à la mise hors la loi du PCF. Dans les années qui ont suivi la Libération, un scénario semblable se reproduit. Après le gouvernement d’union nationale issu de la résistance, la guerre froide met le PCF hors de la gauche. Comme le dit Guy Mollet, les communistes ne sont ni à droite, ni à gauche. Ils sont à l'est. Face à Charles de Gaulle, là encore la gauche se brise. Alors que Guy Mollet avait été investi à la tête du Front Républicain en 1956 grâce au soutien du PCF, c’est le même Guy Mollet qui engage la guerre à outrance en Algérie et ouvre la voie à Charles de Gaulle et à une première saignée dans l’électorat communiste.

Et encore, je n’ai évoqué ici que les rapports entre le PCF, la SFIO et le parti radical. Jusqu’aux années 1970, les trotskistes se sont toujours clairement opposés à la gauche. Quand la Ligue Communiste d'Alain Krivine décide en 1972 de soutenir l'union de la gauche, nouvellement formée, elle se heurte à l’hostilité interne de militants comme Gérard Filoche qui dénonce l’alliance avec la bourgeoisie et à l’hostilité externe de la plupart des autres courants du trotskisme, Lutte Ouvrière, Organisation Communiste Internationaliste (OCI), Ligue Spartakiste et Contre le Courant. Sans parler non plus de tous ces courants ouvriers anarchisants ou anarcho-syndicalistes qui sont restés longtemps influents dans le mouvement ouvrier français.

Bref, l'union de la gauche n’a jamais été qu’un slogan politique et non le contenu de l’histoire sociale et politique dans ce pays. Certes, à la base, il y a toujours eu plus ou moins un sentiment vague de communauté d’aspirations politiques mêlant républicanisme, patriotisme et revendications sociales. Ce sentiment populaire très ancien dans notre pays croyait trouver une expression politique dans l’alliance des partis ouvriers et des radicaux laïcs et anticléricaux. Mais cette formule politique a surtout fonctionné comme le moyen de trahir les revendications populaires et de faire rentrer dans le rang le mouvement social. Les acquis sociaux de 1936 sont le produit de la grève générale qui contraint la bourgeoisie à faire appel à Léon Blum pour calmer le jeu.

Les acquis de la Libération sont le fruit du mouvement quasi-insurrectionnel de la Libération, mouvement qui a vu s’instaurer brièvement un véritable double pouvoir dans le pays. Le mouvement de mai et de juin 1968 ignore totalement l'union de la gauche qui avait pourtant mis Charles de Gaulle en ballottage en 1965 et ne lui avait laissé qu’un siège de majorité en 1967. Identifier le mouvement populaire avec ses exploiteurs politiques est une grave erreur.

Manuel Valls a dit deux choses très vraies, avant de vouloir devenir le candidat du Parti Socialiste. Il a dit, premièrement, qu’il fallait changer le nom du Parti Socialiste et se débarrasser de cette étiquette socialiste devenue vide de sens. Il a dit, deuxièmement, qu’il y a deux gauches irréconciliables. Que le Parti Socialiste ne soit plus socialiste, à quelque titre que ce soit, même celui du réformisme le plus plat, c’est évident. Je renvoie à l’ouvrage que Jacques Cotta et moi-même avons publié en 2001, l'Illusion Plurielle, aux éditions Jean Claude Lattès.

Qu’il y ait deux gauches irréconciliables, c’est non moins évident et ce depuis au moins les années 1982 et 1983. François Mitterrand est élu en 1981 sur la base d’un programme formellement anticapitaliste. Il s’agissait même, disaient quelques ténors du Parti Socialiste, de sortir du capitalisme en cent jours, rien que cela. C’était, en tout cas, un programme à côté duquel celui de Jean Luc Mélenchon en 2017 semble très rose pâle. Il a fallu moins de deux ans pour que tout cela soit balayé. Jacques Delors impose dès l’automne 1981 une pause suivie d’un tournant de la rigueur en 1982 et en 1983 et finalement d’une réorientation radicale à droite avec le premier gouvernement de Laurent Fabius préposé au sale boulot, selon ses propres termes, de la liquidation des bastions de la classe ouvrière. Sur quoi tout cela s’est-il joué ? Tout simplement sur la question de l’Europe. Fallait-il adapter la politique de la France au système monétaire européen ou, au contraire, aller vers une autre politique, plus indépendante, éventuellement protectionniste et plus étatiste ? Nous le savons, Pierre Mauroy et Jacques Delors ont obtenu gain de cause et c’est le choix européen qui a balayé les derniers espoirs d’une gauche réformiste de transformation sociale. Chez François Mitterrand, ce sont ne d’ailleurs pas tant les raisons économiques qui l’ont emporté que les considérations géostratégiques et notamment son atlantisme invétéré, révélé au grand jour par l’accueil triompha réservé à Ronald Reagan au sommet de Versailles en 1982 et par le fameux discours devant le parlement allemand, « les pacifistes sont à l’ouest et les missiles sont à l’est », apportant son soutien à la stratégie américaine visant à démanteler l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS).

Il n'y a rien de nouveau sous le soleil donc. Le rocardien Benoît Hamon est « indéfectiblement attaché à l’intégration européenne », selon sa déclaration sur France-Inter, le Lundi 27 Février 2017, tandis que Jean Luc Mélenchon a entrepris, à reculons, certes, de rompre, sans jamais le dire, avec son passé mitterrandiste. Il y a deux gauches irréconciliables donc, parce qu’il est impossible d’avancer, même timidement, dans la voie de la satisfaction des revendications sociales si nous restons indéfectiblement attaché à l’intégration européenne.

Certes, comme nous l'avons montré il y a peu, le programme de Jean Luc Mélenchon est loin d’être satisfaisant et le soutien qu’on peut lui apporter ne peut guère être qu’un soutien critique et insoumis aux injonctions de communier dans le culte du chef. Mais entre le timide programme de Jean Luc Mélenchon et le hollandisme à peine repeint en rose de Benoît Hamon, il y a un fossé. Que des militants socialistes ou communistes se laissent prendre encore au vieux piège de l'union de la gauche sans comprendre ce qui est vraiment en cause est tout à fait étonnant. Gérard Filoche et ses amis font de fait campagne pour que Jean Luc Mélenchon se désiste au profit de Benoît Hamon. Mais si une telle éventualité, écartée aujourd’hui, semble-t-il, se réalisait, cela ne signifierait pas du tout une éventuelle victoire de la gauche, la défaite de ce candidat unique est presque assurée, mais la disparition du maigre espoir que se reconstitue un mouvement social populaire digne de ce nom en France.

Ce serait laisser la critique de l’Europe à Marine Le Pen qui parachèverait ainsi sa conquête des classes populaires et notamment des ouvriers. Vu des Catégories Socio Professionnelles (CSP) supérieures et du « boboland », Benoît Hamon fait certes un candidat de gauche présentable. Mais cette gauche-là a définitivement disparu du cœur et des pensées des classes populaires.

Elle incarne cette nouvelle petite-bourgeoisie satisfaite d’elle-même et de ses valeurs et si prompte à faire à tout le monde des leçons de morale insupportables. Se rallier à Benoît Hamon au nom de l’unité de la gauche et de l’efficacité, c’est tout simplement vendre son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, dans lequel il y aura d’ailleurs plus de cailloux que de lentilles.

En 1977 et jusqu’en 1981, je me souviens avoir fait campagne pour l’unité dès le premier tour et donc pour l’unité en faveur du candidat socialiste. À l’automne 1980, je faisais signer pour le vote pour François Mitterrand dès le premier tour des élections présidentielles.

Et effectivement dans les conditions de l’époque, la candidature de Georges Marchais, tout comme la ligne de la deuxième gauche de Michel Rocard, était une candidature de division au service de Valéry Giscard d'Estaing et de la bourgeoisie française. Aujourd’hui, la candidature de division, la candidature clairement contre Jean Luc Mélenchon est celle de Benoît Hamon. Nos petits camarades filochards et autres devraient réfléchir au changement qu’induit le changement des situations avant de répéter bêtement des slogans vieux de quarante ans.

 

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