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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 18:27

 

https://npa2009.org/communique/declaration-de-philippe-poutou-sur-le-mouvement-des-policiers

 

Déclaration de Philippe Poutou sur le mouvement des policiers 

Vendredi 21 octobre 2016 

Insolites, les manifestations policières de ces derniers jours. Des manifestations interdites, sous des capuches et à visages cachés, c'est osé, car c'est exactement ce qui avaient reproché à des jeunes dans les manifestations contre la loi travail il y a quelques semaines.

Insolite aussi la compréhension de ces médias qui nous parlent de la colère des policiers, de leur mal-être et de leur peur, alors que, au printemps dernier, il était plus difficile d'y faire entendre la colère des cheminots ou des éboueurs contre les violences policières. Il semble donc difficile d'avoir de la compassion pour une corporation qui, il y a peu, frappait et gazait des dizaines de milliers de manifestants, allant parfois jusqu'à blesser ou défigurer certains d'entre nous. 

Mais il faut comprendre ce qui est train de se jouer sous nos yeux. Ces derniers temps, plusieurs policiers ont été agressés ou blessés, dont un de Viry-Châtillon est dans un état très grave, à l'évidence victimes d'attaques de personnes liées à la grande délinquance ou même au banditisme. Le malaise et le ras-le-bol sont donc réels et nous ne sommes pas indifférents à ce qui se passe. Nous vivons dans une société de plus en plus violente, quartiers sinistrés, populations exclues par le chômage de masse et personnes qui sombrent dans la pauvreté. Et en partie liée à cette situation, une délinquance qui se développe avec son cortège de trafics et de violences. 

Pour y faire face, les policiers demandent aujourd'hui des moyens supplémentaires, plus d'effectifs et plus d'armes, pour se protéger et pour mieux réprimer. Mais ils ne semblent pas comprendre, ou ne le veulent pas, que plus de moyens pour réprimer est totalement inutile et même contre-productif. Car la violence de cette répression se retourne souvent contre eux et contribue à une escalade violente, voire meurtrière. L'intérêt des policiers, en tant qu'individus, devrait être de manifester pour plus d'éducateurs, plus d'enseignants et plus de services publics, contre les licenciements, le chômage et l'état d'urgence, pour plus de social et moins de pénal. 

S'ils étaient moins aveuglés par des syndicats de droite ou d'extrême droite, leurs revendications, plus constructives, les couperaient moins de l'ensemble de la population. A l'inverse, dans cette mobilisation, ils s'enfoncent dans leurs difficultés par une fuite en avant réactionnaire. 

L'urgence est bien d'en sortir en imposant des mesures sociales.

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 18:17

 

Début du démantèlement de la jungle de Calais (Reuters)

 

L'opération de démantèlement de la jungle de Calais a débuté Mardi 25 Octobre 2016, parallèlement à la poursuite de l'évacuation des migrants qui a permis en deux jours de diriger la moitié des occupants du bidonville vers des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO). 

Le préfet du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a donné le coup d'envoi du démantèlement entourée de quelque deux cent membres des forces de l'ordre présentes pour protéger la trentaine de personnes chargées de vérifier si les tentes étaient vides. 

« Les migrants savent depuis longtemps que le démantèlement va avoir lieu », a-t-elle dit. « Nous faisons en sorte d'être en situation que cela se fasse le mieux possible ». 

Deux bulldozers et une vingtaine d'ouvriers armés de marteaux sont ensuite entrés en action pour démanteler les abris de fortune jouxtant le Centre d’Accueil Provisoire (CAP) où les mineurs sont pour l'instant cantonnés. 

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, et la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, ont indiqué dans un communiqué commun que mille six cent trente six migrants avaient été « mis à l'abri », Mardi 25 Octobre 2016, soit un total de quatre mille quatorze personnes depuis le début de l'évacuation du camp. 

Ils ont été soit dirigés, pour les majeurs, vers des CAO partout en France, soit installés, pour les mineurs, dans le CAP de Calais. 

Le nombre de volontaires pour le départ semblait se tarir Mardi 25 Octobre 2016 puisqu'il n'y avait plus de files d’attente de migrants devant le hangar à partir duquel ils sont répartis vers les CAO, mais seulement des petits groupes isolés. 

« Nous savons que la jungle, c'est fini », a déclaré Aarash, un afghan âgé de vingt et un ans en se dirigeant vers le hangar à partir duquel les migrants sont orientés. 

« Nous allons voir si nous pouvons prendre un bus aujourd'hui mais nous voulons aller dans une bonne ville, par exemple près de Paris. Si nous ne pouvons pas, nous retournerons dans la jungle ». 

Certains travailleurs humanitaires craignent que de nombreux migrants, déterminés à rejoindre la Grande-Bretagne ou déçus par le processus, décident à l'avenir de retourner à Calais. 

Au total, sept mille cinq cent places ont été réservées dans les quatre cent cinquante CAO français pour les migrants. 

Pour ce qui est des mineurs isolés, au nombre de mille trois cent à Calais environ avant le début du démantèlement, Bernard Cazeneuve avait assuré que le Royaume-Uni accueillerait tous ceux « dont les attaches familiales en Grande-Bretagne sont établies ». 

« Près de mille mineurs isolés sont en sécurité », peut-on lire dans le communiqué ministériel publié Mardi 25 Octobre 2016. « Par ailleurs, deux cent dix sept mineurs présents à Calais et dont les liens familiaux en Grande-Bretagne ont pu être établis ont rejoint le Royaume-Uni depuis le 17 octobre 2016 ». 

Depuis les accords d'Amiens signés au mois de mars 2016, « ce sont donc trois cent mineurs isolés qui ont été pris en charge outre-Manche », ajoute-t-on. 

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 20:11

 

Un tiers des migrants de la jungle de Calais évacués (Reuters)

 

Plus d'un tiers des quelque six mille migrants présents dans la jungle de Calais ont été évacués dans le calme Lundi 24 Octobre 2016, première journée de cette opération à haut risque pour le gouvernement. 

La préfecture prévoyait pour Lundi 24 Octobre 2016 le départ de soixante bus, soit environ deux mille cinq cent personnes, puis quarante cinq bus Mardi 25 Octobre 2016 et quarante bus Mercredi 26 Octobre 2016. Ils se rendront dans l’un des quatre cent cinquante Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) français dans lesquels sept mille cinq cent places ont été réservées pour les migrants. 

Quelque deux mille trois cent dix huit migrants ont été « mis à l'abri » au premier jour de l'opération d'évacuation de la jungle de Calais, a annoncé le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve. 

Sur ce total, « mille neuf cent dix huit majeurs ont quitté Calais pour rejoindre quatre vingt CAO situés dans onze régions de France », a-t-il précisé dans une déclaration à la presse. 

Quatre cents mineurs ont pour leur part été orientés au Centre d’Accueil Provisoire (CAP), situé sur le campement, dans l'attente de l'instruction de leur dossier. 

Une aide supplémentaire de quarante millions d'euros sera versée par le Royaume-Uni, a ajouté Bernard Cazeneuve, pour qui cette première journée de démantèlement s'est effectuée « dans le calme et la maîtrise ». 

La grille bloquant l'accès à un vaste hangar, sorte de gare routière où se déroule la répartition des migrants, a été ouverte Lundi 24 Octobre à 8 heures du matin pour accueillir les centaines de candidats à l'acheminement vers des CAO qui faisaient la queue, parfois depuis des heures. 

A la différence des précédentes opérations, cette fois l'objectif est de « démanteler totalement le camp de la Lande », d'où une présence importante des forces de l'ordre qui se maintiendra pour « éviter que des gens ne viennent réinvestir la lande ou pour que des squats se multiplient », a expliqué Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l’intérieur. 

« Il n'y a pas de moyens coercitifs employés à l’encontre » des migrants et le dispositif policier conséquent est là « simplement pour sécuriser la lande », a-t-il ajouté. 

Le démantèlement proprement dit, destruction des tentes et des abris, doit commencer Mardi 25 Octobre 2016. 

Sept mille cinq cent places réservées dans des CAO 

Lundi 24 Octobre 2016 peu avant 8 heures, des bus sont venus stationner aux abords du hangar de départ et les forces de l’ordre ont pris place pour permettre l’accès aux migrants répartis entre quatre groupes, mineurs isolés, personnes vulnérables, familles et adultes. 

Les premiers migrants qui ont pénétré à l’intérieur du hangar ont eu le choix entre deux régions d’accueil, la Bretagne et la région Auvergne Rhône Alpes. Devant une carte de France, ils ont choisi l’une de ces deux régions et un bracelet de couleur correspondant leur a été distribué. 

Le premier bus est parti en direction de la Bourgogne suivi rapidement de plusieurs autres, en direction du Morbihan, de la Haute-Saône, de la Haute-Loire et de la Drôme. 

« Je voulais partir depuis un moment mais il n’y avait pas de place, maintenant c’est possible », dit Idriss, la vingtaine, parti avec un petit groupe de soudanais.

Amadou Diallo, dix sept ans, qui dit avoir fui la Guinée Conakry, espère pouvoir débuter des études en France. 

« Mes parents sont morts et je suis seul, je dois essayer de m'en sortir », a-t-il expliqué. « Peu importe où je vais. Je m'en fiche. Ce n'est pas le plus important ». 

D'autres, en revanche, sont récalcitrants. 

« Moi je veux aller en Grande-Bretagne, pas aller dans une autre région française loin de Calais », dit Hamid, un afghan de vingt quatre ans.

« Pourquoi on ne peut pas passer ? Pourquoi ils ne veulent pas ? Vous ne voulez pas de nous à Calais mais ailleurs en France oui et en Grande-Bretagne non ? Je ne comprends pas ». 

Le sort des mille trois cent mineurs isolés du bidonville est toujours incertain, mais les négociations avec les autorités britanniques, qui ont accepté d'en accueillir un certain nombre, « progressent », assure-t-on au ministère de l’intérieur. 

« Le Royaume-Uni accueillera tous les mineurs isolés présents à Calais dont les attaches familiales en Grande-Bretagne sont établies », a assuré Bernard Cazeneuve. 

Possibilité de retour 

Pierre-Henry Brandet a indiqué que deux cent d'entre eux avaient pris le chemin du Royaume-Uni la semaine dernière. Le ministère de l’intérieur a fait savoir que le processus était suspendu jusqu’au Mardi 25 Octobre 2016, le temps d'effectuer le plus gros du transfert des migrants vers les CAO. 

Le climat de relative sérénité observé Lundi 24 Octobre 2016 s’explique par le fait que les migrants désireux de quitter Calais et ses conditions de vie très précaires ont été les premiers à se rendre au point de rassemblement. 

« Nous allons vivre une forme de phénomène d’entraînement, les départs vont en provoquer d’autres, les choses se mettent en place », a dit Fabienne Buccio, le préfet du Pas-de-Calais. 

Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) qui viennent en aide depuis des années aux migrants présents à Calais ont elles aussi exprimé leur satisfaction initiale mais sont plus perplexes sur la suite des opérations. 

« Il va falloir ensuite décider les autres qui sont soit interrogatifs, soit rétifs au départ », dit Christian Salomé, de l’Auberge des Migrants. « L’état a ouvert des Centres de Rétention Administrative (CRA), qui sont des prisons. Ces migrants qui iront en CRA seront ensuite libérés et reviendront ». 

Les risques de débordements existent, notamment avec les militants alter mondialistes du mouvement No Border présents sur le site et quelque mille deux cent cinquante policiers et gendarmes sont prévus pour encadrer cette opération.

 

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 19:49

 

http://www.fakirpresse.info/pour-le-rattachement-de-la-france-a-la-wallonie

https://www.change.org/p/paul-magnette-pour-le-rattachement-de-la-france-à-la-wallonie

 

Pour le rattachement de la France à la Wallonie 

Vendredi 21 Octobre 2016 

Le parlement wallon, seul sur le continent, s’est opposé au Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA), le traité de libre-échange avec le Canada. Et du coup, on lit dans les journaux que « la Wallonie bloque l’Europe ». 

Mais non, au contraire, c’est la Wallonie qui fait avancer l’Europe et qui la fait avancer sur le chemin de la démocratie. 

Car qu’on sonde les peuples sur ce CETA, et sur tous les autres traités du même genre, de Varsovie jusqu’à Madrid, de Copenhague jusqu’à Athènes, on en fera du papier pour se torcher. 

Côté français, on a trouvé la solution, exemplairement démocratique. 

« C’est trop facile de suivre les opinions publiques », alerte Emmanuel Macron. Bien sûr, on ne va pas faire voter le peuple, c'est trop risqué. 

Mais on ne va pas non plus faire voter l'assemblée nationale ou, du moins, pas avant les élections. On verra cela après, dans un an, alors que le CETA sera déjà entériné. 

Aussi, la commission européenne adresse-t-elle un « ultimatum » à la Wallonie qui « bloque et prend en otage » ce traité de libre-échange. 

Résistez, wallons. 

En votre honneur, nous qui militons plutôt pour une Grande Picardie Socialiste (GPS), qui irait de Paris jusqu’à Bruxelles, nous retournons notre veste. 

Nous acceptons votre suprématie. Nous réclamons le rattachement de la France à la Wallonie. 

Signez la pétition.

 

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 16:56

 

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/10/21/syrie-ces-casques-blancs-qui-ecoutent-les-bombes_5017995_3210.html

 

Ceux qui écoutent les bombes 

Secouristes, ambulanciers, pompiers volontaires et cameramen improvisés, les casques blancs incarnent avec héroïsme une société civile syrienne active mais occultée 

Par Cécile Hennion 

Dimanche 23 Octobre 2016 

Et s’il subsistait une lueur d’espoir dans le vaste cimetière qu’est devenue la Syrie ? Depuis qu'au mois de mars 2011, une révolution a éclos dans ce pays, un écheveau complexe d’événements a mené à la guerre civile, avec son corollaire de morts, de disparus et de réfugiés.

Cette ultra violence quotidienne a fini par occulter un phénomène pourtant exceptionnel à bien des égards, la ténacité, dans de telles circonstances, de la société civile syrienne. Foisonnante et dynamique, elle persiste à agir au jour le jour, en Syrie, et pour une Syrie nouvelle. 

« Quand une bombe tombe, nous sommes les premiers sur les lieux », répètent les volontaires de la défense civile syrienne, plus connus sous l’appellation de casques blancs. Au sein de la galaxie d’organisations hétéroclites composant la société civile, celle-ci est sans doute la plus héroïque. Ces jeunes syriens, une poignée d’adolescents lors de sa création, à Idlib et à Alep en 2013, près de trois mille hommes et soixante dix huit femmes aujourd’hui, interviennent dans les zones rebelles ou échappant au contrôle du régime. A Alep, Idlib, Lattaquié, Homs et Deraa, ils sont les fouilleurs de gravats à la recherche des survivants, les transporteurs de blessés, les pompiers qui matent l’incendie et les témoins caméra au poing. Après qu’un raid aérien a dévasté une maison ou un quartier, ils incarnent le dernier espoir de vie pour leurs habitants. 

En lice pour le prix Nobel de la paix 

Le surnom de casques blancs que leur a valu la couleur de leur équipement n’est pas sans évoquer l’absence des casques bleus et l’impuissance de l'Organisation des Nations Unies (ONU) à jouer un rôle de modérateur, sinon de pacificateur, dans l’interminable conflit syrien. A l’heure où les quartiers orientaux d’Alep, deuxième ville de Syrie, située dans le nord du pays, sont littéralement anéantis par un déluge de bombes, le courage de l’organisation a été récompensé, le 22 septembre 2016, par le Right Livelihood Award, le « prix Nobel alternatif », décerné par la fondation éponyme suédoise. Les casques blancs ont même été en lice pour le prix Nobel de la paix, finalement attribué au président colombien, Juan Manuel Santos. 

A l’image de la plupart des Organisations Non Gouvernementales (ONG) nées dans le sillage de la guerre en Syrie, la défense civile syrienne est l’aboutissement d’une initiative locale lancée par des jeunes d’un même quartier. La plupart des volontaires n’avaient, à l’origine, aucune expérience dans le secourisme ni dans le domaine médical. A leur tête, Raed al Saleh, né en 1983 à Jisr al Choghour, était vendeur de matériel électrique. Le groupe compte un ancien tailleur de costumes et plusieurs anciens combattants issus de la rébellion. Le code de conduite des volontaires stipule que les armes sont interdites.

Tous ont en commun, quelle que soit leur trajectoire personnelle, d’avoir rejeté la violence, sans pour autant se détourner de la révolution. 

Abdelrahman al Mawwas est l’un de ces casques blancs. Il n’avait pas vingt cinq ans quand les manifestations ont éclaté, d’abord à Deraa, non loin de la frontière jordanienne, puis, par ricochet, dans tout le pays. Il se trouvait alors à Damas, où il projetait de finir des études en ingénierie mécanique, financées grâce à un job déniché dans une banque. Quand Alep, d’où il est originaire, se soulève à son tour contre Bachar al Assad, le jeune homme abandonne études et travail pour rentrer chez lui. 

Malgré sa réputation de cité « indocile », elle avait été le siège du soulèvement des Frères Musulmans à la fin des années 1970, Alep s’est insurgée relativement tard, à partir du printemps 2012. « Il n’y avait guère le choix, il fallait, dès le début, rejoindre la révolution ou soutenir le régime », raconte Abdelrahman al Mawwas. « J’étais paralysé par la peur, je rasais les murs. Je ne suis pas allé dans les manifestations. Mes parents m’ont mis en garde, j’étais leur seul garçon, le soutien de la famille aux côtés de trois filles. Pour eux, il était hors de question que je m’implique de quelque manière que ce soit ».

Comment expliquer que la génération d’Abdelrahman al Mawwas, malgré une enfance et une adolescence bercées par les préceptes d’une dictature qui ne favorisait guère l’éveil des consciences politiques, ait pris goût à l’engagement civique ? Quels sont les ressorts de ce pluralisme instinctif propre à ces jeunes de la société civile ? « Les prisons », avance François Burgat, spécialiste de la région et ancien directeur de l’Institut Français du Proche-Orient (IFPO), à Damas, entre 2008 et 2013. « La machine carcérale syrienne s’est révélée être une formidable institution de formation. Les anciens détenus, et ils sont extrêmement nombreux, disent tous la même chose, ils se sont retrouvés en situation de pluralisme politique. C’est là qu’ils ont forgé les instruments de coexistence et du dépassement des appartenances confessionnelles ». 

C’est vrai de beaucoup, y compris au sein de la défense civile syrienne. Ammar, autre volontaire alépin souhaitant rester anonyme, a été jeté en prison alors qu’il participait à sa toute première manifestation. Au bout d’un mois, son père réussit à l’en sortir, au prix des économies de la famille. Tel n’est pas le cas d’Abdelrahman, dont la première étape, non des moindres à en croire son récit, consista à s’émanciper de l’autorité paternelle. C’est d’abord en cachette qu’il se porte volontaire auprès d’ONG alépines. Puis en provoquant des « scènes terribles » avec ses parents, et une « angoisse insupportable ». 

Ces derniers ont fini par admettre sa décision. Après qu’ils se sont réfugiés en Turquie, « la relation s’est apaisée ». Mais ses activités, « distribuer de l’aide humanitaire et aider les journalistes étrangers », paraissent vaines aux yeux du jeune homme, tandis que se multiplient les tirs de missiles sur la ville. A partir de l’été 2012, des groupes armés rebelles se sont emparés par surprise de la moitié d’Alep. Le « fleuron » de l’économie syrienne est devenu le principal champ de bataille de la guerre civile. 

« La situation était tragique, il y avait tant de blessés et de souffrance », insiste-t-il. « Je connaissais l’un des types qui avaient monté le bureau des casques blancs à Alep, c’était un voisin. Je savais aussi qu’ils cherchaient des volontaires grâce à Halab al Youm, une radio contrôlée par l’opposition, émettant à Alep depuis la Turquie. 

Aussitôt recruté, il se forme, sur le terrain aux missions de sauvetage devenues plus périlleuses avec l’apparition des bombes barils. « Ce sont des barriques rouillées, pleines d’explosifs, de clous, de verre, de shrapnels, parfois de haches », décrit Raed al Saleh, dans une lettre, publiée au mois de mars 2015 par le New York Times. Les hélicoptères du régime les « jettent sur les zones civiles afin d’éviter que le vent les détourne sur ses troupes, sur les lignes de front. Les plus grosses peuvent ravager un espace correspondant au volume de dix immeubles ». 

Certaines scènes dont Abdelrahman fut le témoin l’ont profondément affecté. Une femme errant dans une rue pulvérisée d’Alep. Son fils était sorti jouer, quelques minutes avant l’explosion, le temps qu’elle prépare son déjeuner. Elle répétait comme une folle, « le repas est prêt. J’ai fait des patates, comme tu aimes ». « Un autre jour », raconte-t-il au cours d’un entretien sur Skype, « c’est un marché de la ville qui venait d’être frappé. Dix-huit morts, beaucoup de blessés, le sol était couvert de sang et je n’avais pas d’autre choix que de marcher dedans ». Malgré lui, il profanait les corps des victimes. Il assista au spectacle déchirant d’un de ses collègues retirant d’un immeuble en ruine le bras arraché du corps de sa propre sœur. « Des histoires horribles, il y en a plein. La colère m’a envahi », confesse-t-il. « Elle ne me quitte plus. Seul le sauvetage d’un enfant me permet encore d’effacer ce mauvais sentiment ». 

« Sauver une vie, c’est sauver l’humanité », telle est la devise des casques blancs. Comme elle est extraite du Coran, cette phrase est aussi utilisée comme élément à charge par leurs détracteurs. Selon leur théorie, la défense civile syrienne est aux mains d’islamistes radicaux liés au Front al Nosra, la branche syrienne d’al Qaida, l’organisation, rebaptisée Front Fatah al Cham, dit avoir rompu avec la nébuleuse djihadiste depuis l’été 2016. Les casques blancs affirment porter secours au peuple syrien, sans distinction politique ou de religion. 

Leurs accusateurs n’ont pas apporté la preuve du contraire. Pour étayer leurs allégations, ces derniers, très actifs sur les réseaux sociaux et dans les médias russes, rappellent que Raed al Saleh s’est vu refuser l’accès au territoire américain, au mois de mai 2016, où il devait recevoir le prix humanitaire 2016 d’Inter Action, un groupe rassemblant cent quatre vingt ONG internationales. A la suite de contrôles pointilleux à l’aéroport de Dulles, à Washington, il avait été expulsé vers Istanbul, sans explication. « Un incident très embarrassant » pour le gouvernement américain, avait alors déclaré la cofondatrice du Migration Policy Institute, un think tank expert en politiques migratoires, Kathleen Newland, interrogée par le magazine Newsweek.

D’autant plus embarrassant que les Etats-Unis sont aujourd’hui, par l’intermédiaire d’USAID, l’Agence américaine pour le développement international, le principal soutien financier de l’organisation, avec une aide s’élevant à vingt trois millions de dollars, vingt et un millions d’euros. Cette manne constitue un autre élément à charge, selon ces mêmes détracteurs, mais dans un registre diamétralement opposé au premier, les casques blancs seraient aussi les marionnettes de l’occident, des Etats-Unis ou de la Central Intelligence Agency (CIA). 

« Notre problème, ce sont ceux qui regardent les syriens mourir en restant les bras croisés. L’identité de nos donateurs étrangers n’est pas un secret, nous n’en avons pas honte », se défend Abdelrahman al Mawwas. Arrivé à Paris, le 18 octobre 2016, il a revêtu un costume-cravate pour rencontrer le président François Hollande qui a rendu un hommage appuyé aux casques blancs et pour témoigner devant l’assemblée nationale. Il est devenu coordinateur des opérations des casques blancs pour l’ensemble de la Syrie. Son chef, Raed al Saleh, s’est entretenu le lendemain avec le président français. 

Outre l’appui de Washington, la défense civile syrienne reçoit le soutien financier de nombreux gouvernements, Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Danemark et Japon. L’aide est parfois ponctuelle. « La France », précise-t-il, « a financé cinq séances de formation pour réagir en cas d’attaque chimique, ainsi que la remise en service d’un centre détruit à Alep. Mais donnera-t-elle plus ? » 

« Je ne suis plus seulement en colère », poursuit Abdelrahman. « J’ai peur. Peur de faire ce travail quand, à tout instant, la mort peut vous emporter. Le pire, c’est le sifflement des bombes. C’est comme une voix qui susurre que vous allez mourir. Quand l’une d’elles s’écrase à côté, nous disons que ce n’est pas notre nom qu’elle murmurait aujourd’hui. C’est devenu une blague dans notre unité, pour relâcher la pression ». Depuis la création de la défense civile syrienne, cent quarante sept casques blancs ont été tués, le plus souvent fauchés par une deuxième déflagration sur le site où ils étaient venus porter secours. 

Quand l’aviation russe s’est mise au service du régime de Bachar al Assad, la défense civile syrienne a dénoncé l’apparition de bombes à fragmentation. Abdelrahman assure que ses camarades et lui, à force d’habitude, savent tous différencier, à l’oreille, le type d’avion qui les survole et la catégorie de l’explosif largué. A Alep, ils pensent ainsi avoir identifié de nouveaux missiles, des bunker busters, conçus pour atteindre des cibles profondément enfouies. 

Les casques blancs sont sortis de l’anonymat. La chaîne américaine Netflix leur a consacré un documentaire, disponible depuis le 16 septembre 2016, utilisant des images spectaculaires filmées par les caméras embarquées par les volontaires. On les voit aussi qui s’entraînent à l’utilisation d’un nouveau matériel, des stéthoscopes géants, permettant d’écouter les appels des vivants, même enterrés sous des monceaux de gravats. Selon leur propre décompte, les casques blancs ont sauvé soixante mille personnes et disposent aujourd’hui de cent vingt centres en Syrie. 

La notoriété leur a donné de l’argent et une voix, au nom de la révolution et de la société civile syrienne. Mais elle a son revers. Au lendemain du Right Livelihood Award, le 22 septembre 2016, trois des quatre centres d’Alep ont été pilonnés lors de raids aériens menés par l’aviation du régime et de la Russie, un centre a été rasé, une ambulance, un véhicule de service et un camion de pompiers ont été détruits. Cinq membres du personnel ont été tués. Le 20 octobre 2016, au lendemain de la visite de Raed al Saleh à l’Elysée, des frappes aériennes ont encore visé deux centres des casques blancs dans la province d’Idlib. Ces attaques ont fait un mort et plusieurs blessés parmi les volontaires. 

« Notre volonté de vie est plus forte », affirme Abdelrahman. « Nous nous préparons à de nouvelles missions, comme réparer le réseau électrique, ou à la reconstruction, pour des jours meilleurs. Peut-être que sera créée une zone protégée d’exclusion aérienne, comme nous en avons beaucoup entendu parler ». 

Le jeune casque blanc s’est marié en 2015. Son épouse est installée en Turquie. « Nous n’avons pas encore décidé si nous voulons un enfant », dit-il. « Peut-être, si nous avions un peu d’espoir pour nos vies. J’aimerais aussi finir mes études ». Il ajoute que « je n’ose pas réfléchir à ma situation personnelle car l’urgence est en Syrie ». A chaque fois qu’il franchit la frontière pour une autre mission, le jeune homme oublie tout. « Le silence entre dans ma tête. Il me faut écouter les bombes ».

 

 

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 16:19

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/10/21/jungle-de-calais-le-gouvernement-detaille-l-operation-de-demantelement-qui-debutera-lundi_5018279_1653578.html

 

Jungle de Calais, le démantèlement débutera Lundi 24 Octobre 2016 à l’aube 

Lundi 24 Octobre 2016 à partir de 8 heures du matin, les premiers autocars commenceront à évacuer six mille quatre cent exilés vers deux cent quatre vingt lieux répartis dans toute la France. 

Par Maryline Baumard 

C’est une opération inédite en France. L’évacuation des six mille quatre cent migrants de la jungle de Calais, qui doit commencer Lundi 24 Octobre 2016 à l’aube, équivaut au démantèlement d’une véritable petite ville. L'état s’est donné une semaine pour y parvenir. 

Lundi 24 Octobre 2016, les premiers autocars devraient quitter Calais tous les quarts d’heure à partir de 8 heures du matin, afin que plus de deux mille quatre cent personnes quittent le bidonville dès le premier jour. La noria des bus ne s’arrêtera que le soir avec le départ du soixantième véhicule. Au fil de la semaine, les six mille quatre cent exilés qui campaient aux portes de l’Angleterre seront répartis dans toutes les régions de France, à l'exception de la Corse. 

Loué pour l’occasion, un hangar de trois mille mètres carrés situé à trois cent mètres de la jungle sera au cœur du dispositif. A l’entrée, « les migrants seront séparés en quatre files, les hommes seuls majeurs, les mineurs isolés, les familles et les personnes vulnérables », rappelle le préfet du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, à la tête des opérations. 

« Chaque personne se présentera à un guichet géré par l’Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII), où elle choisira entre deux régions et se verra remettre un bracelet dont la couleur indiquera sa destination. Puis elle se rendra sous la tente spécifiquement réservée à son départ. Un bus garé quelques rues plus loin arrivera dès que cinquante migrants seront réunis sous une même tente et l’embarquement se fera immédiatement », a prévu Fabienne Buccio. 

Le centre de commandement, situé sous le même hangar, contactera alors le préfet de la région concernée pour qu’il puisse anticiper l’heure d’arrivée dans son Centre d'Accueil et d'Orientation (CAO). 

Avant, chaque migrant aura dû décliner son identité, sa date de naissance et sa nationalité, mais « aucun examen de la situation administrative n’aura lieu là », assure l’entourage du ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve. Ce qui signifie que même les migrants sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) seront les bienvenus dans le bus. 

Depuis la rentrée, le préfet du Pas-de-Calais se concentre sur ce défi. Dès qu’elle a su que les heures du plus grand bidonville de France étaient comptées, avant que l’information ne soit rendue publique le 2 septembre 2016, elle a installé trois groupes de travail. « L’un sur l’organisation des opérations, le second sur leur sécurisation et le dernier sur le nettoyage du terrain », raconte-t-elle. Depuis lors, les trois groupes creusent leur sujet chaque mardi après-midi, avant que le vendredi matin Fabienne Buccio les réunisse tous en plénière, pour prendre en compte les avancées, mutualiser l’information et lancer les chantiers suivants. 

Derrière ses murs en pierre de taille tricentenaires, l’hôtel particulier de la préfecture d’Arras a vécu la vie agitée d’un quartier général depuis le début du mois de septembre 2016. Toutes les informations ont convergé vers le bureau du préfet, avant de redescendre sur le territoire, en accord avec Bernard Cazeneuve, qui a suivi le dossier de très près. 

Les visio conférences avec le cabinet du ministre et les préfets de région ont ponctué les semaines, trouvant place entre les réunions, les visites de terrain et les allers et les retours avec les autres chevilles ouvrières de cette opération. 

« L’OFII et la sécurité civile ont organisé le transport. La Direction Générale des Etrangers de France (DGEF) a centralisé les places en CAO qu’ont fait remonter les régions », ajoute Delphine Brard qui a été la chef d’orchestre des six mille quatre cent départs. 

« Après Lundi 24 Octobre 2016, le premier jour où nous essaierons de faire partir tous les volontaires, vers toutes les régions de France, nous devrions affréter quarante-cinq bus le Mardi 25 Octobre 2016 et quarante bus le Mercredi 26 Octobre 2016 », explique celle qui a tout prévu, des trajets à suivre par les chauffeurs, aux arrêts pipi et aux pauses déjeuner, pour que chaque fois la police ou la gendarmerie locale soit présente sur les lieux. 

C’est l’OFII qui a trouvé les quelque cent soixante dix bus nécessaires pour disperser, partout sur le territoire, soudanais, afghans et érythréens massés depuis des mois à Calais. « Chaque véhicule comptera deux accompagnateurs et sera équipé d’un système de géolocalisation », complète Didier Leschi, son directeur général. Certains estiment que c’est le moyen d’éviter les fuites dans la nature à la première pause, d’autres y voient simplement une façon pour les préfectures et les CAO de savoir à quelle heure arriveront leurs hôtes. 

Personne ne sait prédire si la résistance au départ sera forte ou marginale. Les mille deux cent cinquante policiers mobilisés en plus des deux mille cent agents déjà présents à Calais auraient ordre de laisser sortir les migrants qui veulent quitter la jungle par leurs propres moyens. 

Le ministère dément avoir réservé des places en Centre de Rétention Administrative (CRA) pour les récalcitrants qui refuseraient de renoncer à leur rêve de Grande-Bretagne. Mais le Comité Inter Mouvements Auprès Des Evacués (CIMADE) a observé « qu'à Hendaye, Strasbourg et Plaisir, trois CRA jusque-là fermés ont rouvert leurs portes en prévision de cette opération de démantèlement. Ils représentent une centaine de places, auxquelles s’ajoutent plus de deux cent autres réservées dans tous les CRA de France métropolitaine ». 

La direction des étrangers du ministère de l’intérieur reconnaissait tout de même, Jeudi 20 Octobre 2016, en restant très floue, que « des contrôles d’identité pourront être opérés ainsi que des placements en rétention administrative ». 

Au mois d'octobre 2015, l’opération menée pour réduire la présence des migrants à Calais avait conduit à un millier de placements en rétention. Des enfermements assez aléatoires pour que quatre vingt quinze pour cent des victimes en soient rapidement libérées par les juges et pour que le contrôleur des lieux de privation de liberté condamne la méthode. 

Pour cette évacuation promise avant la fin de l’année, les préfectures ont été beaucoup sollicitées. Le ministre de l’intérieur a en effet sommé ses préfets de région de trouver des lieux d’hébergement. Ces derniers ont fait redescendre la demande aux préfets, qui ont répertorié les bâtiments vides aménageables rapidement en centre d’accueil. 

Les deux cent quatre vingt lieux trouvés sont un à un remontés à la DGEF, qui a piloté la constitution de ce parc, en lien avec le cabinet du ministre, les préfectures et les opérateurs, afin de pouvoir proposer une liste cohérente à Fabienne Buccio. L’objectif de neuf mille places n’a pas été atteint, le compteur s’est arrêté à sept mille cinq cent places. Ce qui devrait suffire pour Calais, puisque près de deux mille migrants ont déjà quitté le lieu, en prévision du démantèlement, sans doute parce qu’ils ne veulent pas demander l’asile en France, et que les mille deux cent quatre vingt onze mineurs de la jungle ne prendront pas de bus. 

Sur ce dossier épineux, « les négociations avec les britanniques se poursuivent », insiste le cabinet de Bernard Cazeneuve. Depuis le début de la semaine, quatre vingt dix huit mineurs ont été autorisés à traverser la Manche pour rejoindre un membre de leur famille installé au Royaume-Uni et cent deux mineurs partent Samedi 22 Octobre 2016.

Ce qui fera un total de deux cent départs avant le début du démantèlement. Puis quatre cent autres devraient suivre ces deux prochaines semaines. 

Le premier jour du démantèlement, tous les adolescents qui se présentent seront orientés vers les conteneurs du Centre d'Accueil Provisoire (CAP). Ils resteront là deux semaines avant d’être envoyés pour « une période transitoire » vers des CAO spécialement prévus pour eux, avec un dispositif d’accompagnement renforcé. 

Eviter de nouveaux campements 

Si les britanniques refusent de les accueillir, ils rejoindront ensuite le dispositif français de prise en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) et seront répartis dans les départements petit à petit. La France aimerait non seulement que les britanniques les prennent tous, mais qu’ils acceptent l’ouverture d’un corridor pérenne pour la réunification familiale. 

En parallèle, Bernard Cazeneuve plaide aussi pour que les femmes de la jungle qui ont un époux au Royaume-Uni puissent y entrer légalement. Si, sur le premier dossier, Londres fait désormais le nécessaire, sur le second, nous en sommes au point mort. 

Une fois ce démantèlement terminé, il restera à éviter que de nouveaux campements se reconstituent dans cette zone qui en a toujours connu depuis l’aube des années 1990. Bernard Cazeneuve a chargé le préfet Jean Aribaud et le président de l'observatoire national de la pauvreté, Jérôme Vignon, déjà auteurs d’un rapport sur Calais, de lui faire des propositions sous dix jours. 

Si le déplacement ailleurs en France des conteneurs du CAP pour offrir un lit aux migrants est à l’étude, la réponse sera surtout sécuritaire, avec présence de forces de l’ordre à Calais « pour empêcher l’installation de squats », rappelle le préfet, mais aussi dans le Calaisis, à la frontière belge et à la frontière italienne. 

« Cela plaît à l’opinion, mais nous ne sommes pas près de juguler les passages à pied par la montagne à Menton », remarque un associatif calaisien, bien plus dubitatif sur l’après-Calais que sur le démantèlement. 

 

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 15:39

 

L'armée irakienne reprend Qaraqosh, près de Mossoul (Reuters)

 

L'armée irakienne a annoncé Samedi 22 Octobre 2016 avoir repris la ville chrétienne de Qaraqosh, qui était sous le contrôle du groupe Etat Islamique depuis 2014, dans le cadre des opérations en cours pour dégager les abords de Mossoul, grand bastion urbain de l'Etat Islamique dans le nord de l'Irak. 

Le ministre de l’intérieur du gouvernement régional kurde a indiqué de son côté que les peshmergas n'étaient plus qu'à cinq kilomètres de la ville, où il a dit s'attendre à devoir mener une bataille « féroce » contre l'Etat Islamique dont le chef, Abou Bakr al Baghdadi, aurait encore été vu il y a trois jours dans la ville, selon des informations non confirmées. 

A Bagdad, dans le même temps, le secrétaire américain à la défense, Ashton Carter, est arrivé pour une visite inopinée au cours de laquelle il a été reçu par le premier ministre Haïdar al Abadi. Celui-ci a annoncé à cette occasion avoir décliné la proposition de la Turquie de participer à l'offensive de Mossoul, lancée Lundi 17 Octobre 2016. 

Depuis six jours, l'armée irakienne s'efforce de progresser vers Mossoul à partir du sud, tandis que les combattants kurdes tiennent les fronts à l'est et au nord de la métropole. 

Sur le front sud, des unités de l'armée ont atteint Samedi 22 Octobre 2016 le centre de Qaraqosh, ville à une vingtaine de kilomètres de Mossoul, et entrepris une opération de nettoyage de la ville, qui a été vidée de sa population en 2014, lorsque les djihadistes ont mené une offensive-éclair dans le nord et l'ouest de l'Irak. 

Avant de s'attaquer à Qaraqosh, des unités spéciales de l'armée irakienne avaient reconquis cette semaine Bartella, une localité chrétienne au nord de la ville. 

Un militaire américain a estimé à moins de deux cent le nombre de combattants djihadistes encore présents à Qaraqosh. 

« J'ai vu des barricades et je suppose qu'il y a des tranchées et des tunnels entre les bâtiments », a-t-il ajouté sous le sceau de l'anonymat. 

Mille personnes intoxiquées 

Selon le service de presse de l'armée irakienne, une cinquantaine de villages ont été repris à l'Etat Islamique depuis le déclenchement de l'offensive. Quatre à huit mille djihadistes sont retranchés dans Mossoul, selon diverses estimations. 

Un photographe de Reuters présent sur le front sud a vu des colonnes de fumée qui s'élevaient d'une usine de soufre sous le contrôle de l'Etat Islamique, dispersant des gaz toxiques dans l'atmosphère. On ignore si ce sont les djihadistes qui l'ont incendiée pour couvrir leur retraite, comme des puits de pétrole voisins, ou si elle a été endommagée au cours des combats. 

Les émanations toxiques ont provoqué l'hospitalisation de près d'un millier d'habitants pour des difficultés respiratoires depuis Vendredi 21 Octobre 2016, mais n'ont causé pour le moment aucun décès, a-t-on appris Samedi 22 Octobre 2016 de sources hospitalières. 

Les soldats américains déployés dans ce secteur, en particulier sur la base aérienne de Kayyara Ouest, ont reçu l'ordre de porter leurs masques à gaz à titre de précaution, ont dit des responsables de l'armée américaine. 

Le journaliste de Reuters a aussi vu des soldats irakiens équipés de masques à gaz. 

A Kirkouk, où l'Etat Islamique avait lancé Vendredi 21 Octobre 2016 une attaque de diversion, les autorités ont indiqué Samedi 22 Octobre 2016 avoir repris le contrôle de la ville et partiellement levé le couvre-feu décrété la veille, a rapporté la télévision d’état irakienne en citant son correspondant dans la ville. 

Haïdar al Abadi avait ordonné Vendredi 21 Octobre 2016 à une brigade de l'armée de faire marche sur Kirkouk pour aider les peshmergas, qui contrôlent la ville, à venir à bout des djihadistes retranchés dans certains bâtiments. 

Une cinquantaine de morts à Kirkouk 

Une cinquantaine de personnes ont été tuées dans les affrontements, en grande majorité des membres des services de sécurité kurdes mais aussi quatre ingénieurs iraniens qui effectuaient des travaux de maintenance dans une centrale électrique située au nord de la ville, selon une source médicale. On dénombre en outre quatre vingt blessés. 

Ce bilan n'englobe pas les djihadistes qui ont été tués ou se sont fait exploser durant ces affrontements. 

Les combattants kurdes ont pris le contrôle de Kirkouk en 2014, après le retrait de l'armée irakienne de la région, face à l'avancée-éclair de l'Etat Islamique dans le nord et l'ouest de l'Irak. 

Selon le ministre de l’intérieur du gouvernement régional kurde, les derniers développements sur le terrain montrent que les djihadistes se battront jusqu'au bout pour défendre Mossoul. 

« Si Mossoul tombe, le califat qu'ils ont proclamé est fini », a déclaré Karim Sindjari à Reuters. « S'ils perdent Mossoul, ils n'auront plus nulle part où aller, à part Rakka en Syrie ». 

Le responsable kurde, qui détient aussi le portefeuille de la défense, s'attend à ce que ses troupes aient à livrer une bataille acharnée dans les ruelles de la vieille ville de Mossoul. 

« Les rues sont très étroites. Nous ne pouvons pas y envoyer des véhicules et des chars. Cela va être un combat d'homme à homme », prédit-il. 

D'après Karim Sindjari, la bataille de Mossoul a en réalité déjà commencé à l'intérieur de la ville, où des habitants se seraient soulevés contre les djihadistes et auraient abattu plusieurs d'entre eux en pleine rue. 

« Ils ne veulent pas de l’Etat Islamique. Il y a des gens qui ont des armes, qui lancent des attaques ciblées la nuit puis qui disparaissent », a-t-il dit en évoquant des « informations concordantes » que Reuters n'a pas pu vérifier. 

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 15:23

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/23/espagne-les-socialistes-decident-de-laisser-le-conservateur-rajoy-former-un-gouvernement_5018808_3214.html

 

Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) décide de laisser le conservateur Mariano Rajoy former un gouvernement 

Le PSOE a décidé de faciliter une nouvelle investiture du premier ministre pour éviter de troisièmes élections législatives et mettre fin à dix mois de paralysie politique. 

L’horizon s’éclaircit pour Mariano Rajoy, président du Parti Populaire et chef du gouvernement espagnol par intérim. Après dix mois de blocage politique, le PSOE a décidé, Dimanche 23 Octobre 2016, à l’occasion d’une réunion de son comité fédéral, de s’abstenir lors du prochain débat d’investiture. 

Les délégués du comité fédéral du PSOE réuni à Madrid ont pris cette décision à une large majorité, par cent trente neuf voix contre quatre vingt seize, pour permettre à Mariano Rajoy, au pouvoir depuis la fin de l'année 2011, de former un gouvernement minoritaire. Le PSOE, fracturé et en perte de vitesse, évite ainsi aux espagnols de retourner aux urnes pour la troisième fois en un an, un scrutin où il risquait une nouvelle déroute. 

Une logique de moindre mal défendue par Javier Fernandez, président de la commission exécutive provisoire qui a pris les rênes du parti. Le PSOE est certes encore divisé entre ceux qui veulent maintenir le non à Mariano Rajoy coûte que coûte et ceux qui préfèrent le laisser gouverner pour éviter de nouvelles et périlleuses élections. Mais les défenseurs de l’abstention, qui ont obtenu au début du mois d'octobre 2016 la tête du secrétaire général sortant Pedro Sanchez, ont finalement eu le dernier mot. 

Lundi 24 Octobre et Mardi 25 Octobre 2016, le roi Felipe VI convoquera les chefs de file des divers partis pour les sonder sur la possible tenue d’un nouveau débat d’investiture. Il recevra ensuite Mariano Rajoy, Mardi 25 Octobre 2016 à 15 heures 30. 

Maintenant assuré de la neutralité socialiste, Mariano Rajoy devra faire savoir au roi qu’il pense pouvoir obtenir la confiance du congrès de trois cent cinquante députés, avec les cent trente sept voix du Parti Populaire et les trente deux voix que lui ont promises les centristes de Ciudadanos. 

Le roi pourra ensuite le désigner comme candidat à l’investiture, probablement dès Mardi 25 Octobre 2016. C’est la présidente de la chambre des députés, Ana Pastor, qui annoncera la nouvelle. Mariano Rajoy sera alors reconduit à la tête du gouvernement espagnol. 

Ana Pastor devra décider quand elle convoque les débats parlementaires au cours desquels la candidature de Mariano Rajoy sera soumise au vote. 

La constitution prévoit deux votes, espacés de quarante huit heures.

Mariano Rajoy a besoin de la majorité absolue au premier tour. Au second tour, il suffit que les voix pour l’emportent sur les voix contre. 

La première séance de vote pourrait avoir lieu Jeudi 27 Octobre ou Vendredi 28 Octobre 2016, la seconde et dernière séance, Samedi 29 Octobre ou Dimanche 30 Octobre 2016, certains souhaitant que le débat final ne se tienne pas avant le retour du roi de Colombie. Felipe VI se rend en effet du Jeudi 27 Octobre au Samedi 29 Octobre 2016 dans ce pays d’Amérique du Sud à l’occasion du sommet ibéro-américain de Carthagène des Indes. 

La constitution ne précise qu’une chose, que le vote d’investiture doit se tenir avant le Lundi 31 Octobre 2016 à minuit, faute de quoi les chambres seront dissoutes et les espagnols devront retourner aux urnes au mois de décembre 2016. 

 

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 15:28

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/10/22/la-turquie-reaffirme-ses-pretentions-en-syrie-et-en-irak_5018514_3218.html

 

L’Irak refuse que la Turquie participe à la bataille de Mossoul 

Le premier ministre irakien a refusé la proposition de la Turquie de prendre part à l’offensive. Washington avait pourtant fait état d’un accord de principe entre Bagdad et Ankara après une réunion avec le président turc. 

Par Marie Jégo, correspondante du Monde à Istanbul 

L’éventualité d’une intervention de la Turquie dans l’offensive des forces irakiennes contre l’organisation Etat Islamique s’éloigne. Le premier ministre irakien Haïdar al Abadi a annoncé Samedi 22 Octobre 2016 avoir refusé la proposition de la Turquie de prendre part à l’offensive contre l’organisation djihadiste à Mossoul. 

« Je sais que les turcs veulent y participer, nous leur disons merci, mais c’est quelque chose que nous, irakiens, allons gérer nous-mêmes », a déclaré Haïdar al Abadi aux journalistes qui accompagnent le secrétaire à la défense américain, Ashton Carter, à Bagdad. 

« Si nous avons besoin d’aide, nous en demanderons à la Turquie ou à d’autres pays de la région ». 

Ashton Carter s’est pourtant rendu Samedi 22 Octobre 2016 à Bagdad pour une visite non annoncée, durant laquelle il devait faire un point sur l’offensive des forces irakiennes contre l’Etat Islamique à Mossoul, dans le nord du pays. A cette occasion, le chef du ministère de la défense des Etats Unis devait chercher à faciliter un accord entre les gouvernements turcs et irakiens sur la participation de troupes turques à la bataille de Mossoul. Mais ses efforts semblent vains. 

Interrogations sur la Syrie 

La veille, en visite à Ankara, Ashton Carter avait déjà tenté de rassurer l’allié turc, impatient de jouer un rôle dans cette offensive malgré les réticences des autorités irakiennes. En revanche, il est resté muet sur les combats entre forces kurdes et rebelles syriens parrainés par Ankara dans le nord de la Syrie, qui risquent d’entraver la guerre contre l’Etat Islamique. 

En Irak, la présence de l’armée turque au nord-est de Mossoul, où près de trois mille combattants arabes sunnites sont entraînés, irrite Bagdad, qui réclame son départ. « Nous voulons que la Turquie participe aux opérations contre l'Etat Islamique. Entre nous des divergences existent, mais sur le principe, nous sommes toujours d’accord. La Turquie doit prendre part aux opérations sur Mossoul », a tempéré Ashton Carter après s’être entretenu avec le président Recep Tayyip Erdogan. Selon l'américain, « un accord de principe » a été conclu entre Ankara et Bagdad sur le rôle que pourrait jouer l’armée turque en Irak. 

Deuxième armée de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), la Turquie supporte mal d’être tenue à l’écart des opérations.

Le président Recep Tayyip Erdogan, en défenseur des sunnites, veut voir reconnaître les villes de Kirkouk et de Mossoul, deux anciennes entités administratives de l'empire ottoman, comme faisant partie de la zone d’influence turque. Un haut responsable américain a laissé entendre, Vendredi 21 Octobre 2016, sous couvert d’anonymat, qu’Ankara pourrait jouer un rôle « non directement militaire », centré sur l’aide humanitaire ou la formation militaire, une option bien en deçà du rêve de reconquête néo-ottomane caressé par le numéro un turc. 

Disert sur l’Irak, Ashton Carter est en revanche resté muet sur la Syrie, où l’armée turque a bombardé à dix-huit reprises les positions des unités de protection du peuple (YPG) dans la région de Marea, au nord-ouest d’Alep, dans la nuit du Mercredi 19 Octobre au Jeudi 20 Octobre 2016. Selon Ankara, deux cent combattants kurdes ont été tués. Selon des sources kurdes, onze combattants kurdes ont été tués. 

Les frappes avaient été précédées par des échanges de tirs d’artillerie sur Afrin, le canton kurde du nord-ouest de la Syrie. Considérées comme « terroristes » par la Turquie, les YPG sont soutenues par les Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre l’Etat Islamique en Syrie.

Lorsque l’armée turque s’est engagée dans le nord de la Syrie le 24 août 2016, il s’agissait tout autant de combattre les YPG que l’Etat Islamique. 

« Situation inquiétante » 

Ashton Carter a éludé les frappes contre les YPG, tandis que des militaires américains confiaient que les milices kurdes visées à Marea ne faisaient pas partie du contingent entraîné par eux. Ces frappes ont fait monter la tension entre Damas et Ankara. Jeudi 20 Octobre 2016, l’armée syrienne a menacé « d’abattre par tous les moyens les avions militaires turcs qui se risqueraient à franchir une fois encore l’espace aérien de la Syrie ». Mais la seule vraie maîtresse du ciel syrien est la Russie. Or Moscou n’a guère réagi aux frappes turques, se contentant d’évoquer « une situation inquiétante ». 

Vendredi 21 Octobre 2016, au moment même où Ashton Carter était à Ankara, les combats entre rebelles syriens de l’Armée Syrienne Libre (ASL), épaulés par l’armée turque, et miliciens kurdes, soutenus par les Etats-Unis, se sont intensifiés, alors que les deux parties sont censées combattre l’Etat Islamique. Près d’une centaine de roquettes ont visé des positions kurdes. C’est la course à qui prendra al Bab, ville stratégique au nord d’Alep. Libérer al Bab du joug de l’Etat Islamique représente, aux yeux des kurdes, l’assurance d’établir la jonction entre les deux cantons kurdes du nord-est de la Syrie, les cantons de Kobané et de Djézireh, et le canton d'Afrin, un scénario catastrophe pour Ankara. Pour les rebelles syriens, la prise d'al Bab ouvrirait la voie vers Alep. Enfin, l’armée syrienne, épaulée par l’aviation russe, est au sud de la ville tant convoitée. 

 

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 15:08

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/22/echec-du-ceta-l-isolement-de-l-europe-est-un-contresens_5018548_3232.html

 

Echec du Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA), l’isolement de l’Europe est un contresens 

Editorial du Monde 

Après l’échec des négociations du traité de libre-échange avec le Canada, l’Union Européenne se montre de plus en plus isolée, une aberration pour un continent exportateur net vers le reste du monde 

Samedi 22 Octobre 2016 

Les canadiens ont sonné la fin de la partie et ils ont eu raison. Après avoir multiplié les concessions, exempté de visas les bulgares et les roumains, alors que ce n’était pas l’objet de la négociation, ils sont rentrés à Ottawa faute d’accord pour signer avec l’Europe un traité de libre-échange. 

« L’Union Européenne n’est pas capable de conclure un accord international, même avec un pays qui a autant de valeurs européennes que le Canada », a déploré la négociatrice canadienne, Chrystia Freeland. 

Le Canada explicite une réalité consternante, l’Europe est fermée pour travaux. Fermée comme le fut l'état fédéral américain sous Barack Obama, bloquée par l’intransigeance des républicains. L’historien Francis Fukuyama avait alors dénoncé une Amérique victime de la « vetocratie », victime d’intérêts minoritaires. C’est le sort dans lequel se complaît l’Union Européenne. 

Vetocratie 

Le blocage est venu du ministre-président de Wallonie, le socialiste Paul Magnette, dont le parti est pourtant des plus europhiles. L’Union Européenne n’est même plus une « fédération d'états nations », expression inventée par Jacques Delors pour signifier que Bruxelles ne pouvait pas faire abstraction des états. Elle est un patchwork de vingt huit principautés, sous-découpées en régions, dont on découvre les pouvoirs improbables, en organisant le démantèlement de leur état central, les belges ont confié la compétence commerciale aux régions et à Paul Magnette un pouvoir exorbitant. 

L’Union Européenne n’avait pas besoin de cet épisode humiliant. Cette vetocratie conduit au délitement de la parole des européens. On pourrait chercher à la contourner, en négociant des accords purement commerciaux, relevant de la seule commission européenne. C’est techniquement ce qu’il aurait fallu faire, mais les dirigeants européens, à commencer par François Hollande et Angela Merkel, n’en ont pas voulu, soucieux de pouvoir bloquer à chaque instant la commission européenne. 

Nous assistons ainsi à une farandole de veto, veto au traité d’association avec l’Ukraine, bloqué au parlement néerlandais après un Référendum d'Initiative Populaire (RIP) négatif. Refus de l’accord de répartition des migrants, voté à la majorité à Bruxelles, mais que les pays de l'est n’appliquent pas et que la Hongrie de Viktor Orban a contesté par référendum. Ajoutons-y le Brexit, dont la seule certitude est qu’il plonge l’Union Européenne dans un brouillard paralysant. Nul ne voudra s’engager avec les européens tant qu’ils n’auront pas réglé cette affaire. 

Splendide isolement 

Les fatalistes verront dans ces blocages la conséquence inexorable du populisme ambiant et de la contestation de la mondialisation. C’est un peu court. D’abord, l’accord avec le Canada est un traité raisonnable. Il a été amendé avec succès par le parlement européen, tandis que l’avènement de Justin Trudeau à Ottawa a permis d’obtenir des concessions. 

Mais, surtout, il ne faut pas tomber dans le piège d’un prétendu mouvement mondial protectionniste. C’est inexact. En dépit du ralentissement du commerce mondial, les économies sont de plus en plus imbriquées. 

Quant à la « trumpisation » du discours, elle révèle un malaise de l’Amérique face à la mondialisation, mais elle ne l’a pas encore stoppée. 

La preuve, Washington a signé un traité de libre-échange avec les économies du Pacifique dont la ratification n’est pas impossible. 

Le splendide isolement de l’Europe est un contresens pour un continent exportateur net vers le reste du monde. Il va la conduire à sa marginalisation. Elle ne peut pas en rester là. 

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