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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 20:58

 

http://www.reuters.com/article/us-usa-election-recount-idUSKBN13J18X

 

Le Parti Vert des Etats Unis recueille trois millions cinq cent mille dollars pour le recomptage des voix des élections présidentielles (Reuters)

 

Jill Stein, la candidate du Parti Vert des Etats Unis aux élections présidentielles, a annoncé Jeudi 24 Novembre 2016 avoir recueilli trois millions cinq cent mille dollars pour recompter les résultats des élections présidentielles du Mardi 8 Novembre 2016 dans le Wisconsin, dans le Michigan et en Pennsylvanie, trois états dans lesquels Donald Trump a remporté des victoires étroites.

La campagne a dépassé son objectif initial de recueillir deux millions cinq cent mille dollars et a assez d'argent pour payer les frais de dépôt du Wisconsin d’un million cent mille dollars, Vendredi 25 Novembre 2016. Dans le même temps, le Parti Vert a déclaré qu'il a porté son objectif à quatre millions cinq cent mille dollars, avant la date limite de dépôt du Lundi 28 Novembre 2016 en Pennsylvanie et du Mercredi 30 Novembre 2016 dans le Michigan.

Jill Stein est en train de pousser pour les recomptages parce que les experts ont souligné des anomalies statistiques dans les résultats dans les trois états, selon le site internet du Parti Vert.

Donald Trump, un républicain qui a fait une campagne d’un indépendant anti-establishment, a remporté les trois états par des marges étroites en dépit des sondages d'opinion publique prévoyant la victoire d’Hillary Clinton, la candidate démocrate.

« Nous méritons des élections auxquelles nous pouvons avoir confiance », a déclaré la candidate du Parti Vert, ajoutant que l'effort n'était pas destiné à aider Hillary Clinton.

Un représentant de l'équipe de transition du président élu n'a pas pu être contacté.

Mais Kellyanne Conway, la principale conseillère de Donald Trump, a suggéré que les efforts pour forcer les recomptages étaient ironiques, étant donné les critiques dures contre Donald Trump avant l'élection quand il refusait de dire s'il accepterait le résultat de ce qu'il a appelé un système politique truqué.

« Regardez qui refuse d’accepter les résultats des élections », a déclaré Kellyanne Conway dans un message Twitter, en soulignant un titre du New York Times qui disait que « les supporters d’Hillary Clinton appellent au recomptage des voix dans les états disputés ».

Bien qu’Hillary Clinton a gagné plus de voix que Donald Trump au niveau national, le promoteur immobilier a dépassé le nombre nécessaire de voix dans le collège électoral pour prendre la présidence. Les grands électeurs sont répartis état par état, la plupart du temps le candidat arrivant en première position dans un état prend tous les grands électeurs de l’état.

Jill Stein a obtenu un peu plus d’un pour cent des voix, tandis que le candidat du parti libéral Gary Johnson est arrivé à la troisième place derrière Donald Trump et Hillary Clinton.

Jill Stein a déclaré que le coût total des recomptages des voix dans les trois états était de six à sept millions de dollars, mais elle n'a pas expliqué les raisons pour lesquelles le nouvel objectif de la campagne était de seulement quatre millions cinq cent mille dollars.

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 20:23

 

Recep Tayyip Erdogan menace de laisser passer les migrants vers l'Europe (Reuters)

 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé Vendredi 25 Novembre 2016 d'ouvrir les frontières de la Turquie et de laisser passer les migrants si les européens poursuivaient dans la voie d'un gel des négociations sur l'adhésion turque au bloc communautaire.

Cette mise en garde intervient au lendemain d'un vote du parlement européen invitant la commission européenne et les états membres à entamer un gel temporaire des négociations d'adhésion en cours avec la Turquie.

« Si vous allez plus loin, la porte des frontières sera ouverte », a lancé Recep Tayyip Erdogan lors d'un congrès à Istanbul. « Ni moi, ni mon peuple, ne serons affectés par ces menaces vides. Cela n'aura aucune importance si vous approuvez tous le vote du parlement européen », a-t-il ajouté.

Jeudi 24 Novembre 2016, le premier ministre turc Binali Yildirim avait estimé que l'Europe serait noyée sous des vagues de migrants si elle ne pouvait plus compter sur l'aide de la Turquie qui, selon lui, a beaucoup moins à perdre que les européens dans le gel de la procédure d'adhésion turque.

Le vote du parlement européen, Jeudi 24 Novembre 2016, qui n'est qu'une recommandation et n'a pas de valeur contraignante, entend exprimer les inquiétudes de l'Union Européenne face à la répression menée en Turquie depuis le coup d’état manqué du Vendredi 15 Juillet 2016.

Européens et turcs ont un intérêt commun à s'en tenir à l'accord conclu sur la gestion des flux migratoires, a indiqué un porte-parole du ministère allemand des affaires étrangères.

« Si nous nous en tenons aux faits, nous constatons que les deux parties respectent l'accord et nous espérons que cela reste le cas dans l'intérêt des deux parties », a déclaré Sawsan Chebli.

L'Union Européenne, qui observe d'un oeil méfiant ce qu'elle considère comme une dérive autoritaire du régime de Recep Tayyip Erdogan avec des restrictions sur la liberté de la presse et sur le respect des droits de l'homme, a besoin de l'aide d'Ankara pour gérer la crise des réfugiés.

Plus d’un million trois cent mille personnes sont arrivées en 2015 en Europe, provoquant des tensions entre les états membres sur la manière de faire face à cette situation. L'accord passé avec la Turquie a ralenti de manière significative le nombre de nouveaux arrivants.

La Turquie précise qu'elle abrite la plus grande population de réfugiés au monde avec deux millions sept cent mille syriens et trois cent mille irakiens.

Il est peu probable que les gouvernements européens tiennent compte de la recommandation du parlement de Strasbourg. Si l'Autriche est favorable à un arrêt des négociations avec la Turquie, l'Allemagne, la France et la plupart des autres pays membres, continuent de soutenir le processus, redoutant de compromettre la collaboration avec Recep Tayyip Erdogan.

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 20:06

 

http://www.humanite.fr/laisser-ouverte-la-porte-du-rassemblement-626557

 

Laisser ouverte la porte du rassemblement

 

Texte collectif de vingt deux secrétaires départementaux du Parti Communiste Français (PCF).

 

Lundi 21 Novembre 2016

 

Si l’on doit retenir une leçon de l’élection de Donald Trump, c’est que le capitalisme rend les sociétés malades. En l’absence d’alternative forte de gauche et de solutions immédiates de portée systémique pour améliorer la vie des gens, les électeurs choisissent le repli sur soi, l’égoïsme, l’individualisme et la haine de l’autre. Cela vaut pour les Etats Unis comme pour la France.

Cette situation inquiète sur la possibilité d’un succès du Front National en France. Il questionne la stratégie à adopter pour faire reculer l’extrême droite et battre la droite.

Il nous faut offrir une alternative crédible au tout marché et à la finance toute puissante qui génère des océans de pauvres, d’exclus et de laissés pour compte. Façonnée par des contenus crédibles et ciment d'un rassemblement large à gauche, elle constitue le socle d'un processus à vocation majoritaire capable de déjouer les pronostics d’un second tour entre la droite et le Front National. C'est pourquoi il faut laisser largement ouverte la construction de ce rassemblement en se donnant les moyens  de le pousser jusqu'au bout.

Dans ce contexte, les communistes vont voter pour savoir qui représentera leurs idées au premier tour des élections présidentielles.

La conférence nationale a fait un choix clair à plus de cinquante cinq pour cent pour engager une candidature communiste dans la bataille du rassemblement.

La deuxième option, présenter une candidature communiste porteuse de rassemblement, est la seule option qui laisse réellement la porte ouverte à ce rassemblement politique indispensable que nous souhaitons. Dans ce choix, il est en effet envisagé que soit réexaminée la situation politique si les conditions du rassemblement s’ouvrent enfin.

Par sa posture, Jean Luc Mélenchon n’offre pas de possibilité de dépasser le cadre du mouvement de la France Insoumise, son nouveau parti. Il ferme toute possibilité de rassemblement à gauche à vocation majoritaire, par principe. Ce rassemblement étant selon lui contraire au rassemblement du peuple. Et, les conditions d’intégration de la France insoumise aux élections législatives sont un repoussoir au rassemblement. La charte que doivent signer les candidats subordonne leur liberté de parole d'élu aux choix du mouvement de la France Insoumise.

Choisir la première option nous condamnerait donc à acter l’échec du rassemblement, nous enfermerait dans le cadre de propositions du mouvement de la France Insoumise et nous  paralyserait dans la poursuite de nos efforts pour débloquer la situation à gauche y compris après les échéances électorales. Elle ferait de notre engagement une participation de témoignage inféodée à Jean-Luc Mélenchon.

Choisir la deuxième option nous semble donc plus en cohérence avec la résolution adoptée à quatre vingt quatorze pour cent par la conférence nationale du PCF et plus à même de fédérer les communistes. Elle fait du rassemblement à vocation majoritaire un objectif politique du combat contre le risque d'un second tour des élections présidentielles entre la droite et le Front National. Elle place au cœur du rassemblement un pacte d'engagements communs, permettant d'ouvrir une perspective politique d'espoir, et elle laisse des marges de liberté aux communistes dans cette bataille politique.

La décision que nous prendrons influencera fortement la construction des candidatures et des programmes aux élections législatives. Nous contenterons nous d’un rassemblement autour de Jean Luc Mélenchon, qui présentera malgré tout des candidats du mouvement de la France Insoumise partout, y compris contre nos députés sortants, ou travaillerons nous les conditions d’un rassemblement plus large dans chacune des cinq cent soixante dix sept circonscriptions comme cela se prépare activement dans nos fédérations ? D’autant que nos députés ont un bilan précieux, preuve de l’utilité de nos élus. Nous pouvons nous appuyer sur cette action pour fédérer la gauche d’alternative.

Le vote du Jeudi 24 Novembre au Samedi 26 Novembre 2016 est donc important. Nous appelons les communistes à poursuivre sereinement le débat et à voter. Nous sommes évidement satisfaits que la conférence nationale ait majoritairement et clairement soutenu la deuxième option avec cinquante six pour cent des voix, celle d’une candidature communiste de rassemblement. Nous appelons les communistes à conforter par leur vote cette orientation. Quel que soit le choix finalement adopté, nous nous rassemblerons pour qu’il soit mis en œuvre. L’unité des communistes est notre bien commun.

 

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 19:46

 

http://www.ldh-france.org/je-soutiens-laccueil-des-migrants

 

Je soutiens l'accueil des migrantes et des migrants 

Mercredi 23 Novembre 2016 

A l’initiative de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), cent soixante dix neuf élues locales et élus locaux ont signé à ce jour ce manifeste de soutien à l’accueil des migrantes et migrants partout sur notre territoire. 

Parce que je n’oublie pas que notre pays a toujours donné refuge à ceux qui fuyaient des terres lointaines pour des terres plus hospitalières. 

Parce que je n’oublie pas que nos aïeux ont été accueillis lorsqu’ils fuyaient la guerre, la dictature ou la misère. 

Parce que je n’oublie pas que personne ne s’exile par plaisir mais pour des raisons graves. 

Parce que je n’oublie pas que chacun a droit au respect de sa personne dans sa dignité et dans ses droits. 

Parce que je ne veux pas avoir honte du sort réservé aux migrants qui ont réussi à rejoindre notre pays. 

Parce que les réactions xénophobes dont les migrants sont victimes, suite aux accords de relocalisation prévus par l’Union Européenne et au démantèlement de la jungle de Calais, ternissent la devise « liberté, égalité, fraternité » portée par notre république. 

Je déclare soutenir toutes les initiatives, proches de chez moi comme partout sur le territoire, qui offrent aux migrants des conditions d’accueil respectueuses de leurs droits fondamentaux. 

Premiers signataires

Julien Bayou, Jacques Boutault, Daniel Breuiller, Ian Brossat, Damien Carême, Laurent Cathala, Pascal Cherki, Sergio Coronado, Cécile Duflot, Sylvie Fuchs, Benoît Hamon, Mathieu Hanotin, Pierre Laurent, Louis Le Pensec, Didier Le Reste, Roger Madec, Mohamed Mechmache, Marie Pierre Vieu

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 19:52

 

http://www.liberation.fr/france/2016/11/24/colere-a-beaumont-sur-oise-apres-l-incarceration-de-deux-freres-d-adama-traore_1530671

 

Colère à Beaumont-sur-Oise après l'incarcération de deux frères d'Adama Traoré

 

Par Ismaël Halissat

 

Les deux jeunes hommes sont poursuivis pour des incidents en marge d'un conseil municipal à Beaumont-sur-Oise. Ils étaient venus protester contre l'attitude de la maire de leur commune qui a engagé une plainte en diffamation contre leur sœur qui s'en était indignée.

 

Bagui et Youssouf Traoré, deux frères d’Adama Traoré, le jeune homme mort cet été après son arrestation par des gendarmes, ont été placés en détention provisoire Mercredi 23 Novembre 2016 en attente d’un procès prévu au mois de décembre 2016. La justice les poursuit pour « outrages et violences » à l’encontre d’agents dépositaires de l’autorité publique.

Leur incarcération intervient après plusieurs jours de tensions à Beaumont-sur-Oise, dans le département du Val d'Oise, où vit une partie de la famille Traoré. Côté judiciaire, le dossier est pratiquement vide selon leur avocat.

Cette nouvelle séquence débute le Jeudi 17 Novembre 2016. Ce jour-là, la maire de l'Union des Démocrates et des Indépendants (UDI) de Beaumont sur Oise, Nathalie Groux, annonce son intention de porter plainte en diffamation contre Assa Traoré, la sœur d’Adama Traoré, pour des propos tenus le 28 septembre 2016 sur Canal Plus. « La maire de Beaumont-sur-Oise a choisi son camp, elle se met du côté des gendarmes, c’est-à-dire du côté des violences policières », avait réagi Assa Traoré. Peu de responsables politiques ont exprimé un soutien à la famille. Nathalie Groux en premier lieu, dont le seul lien établi avec les proches d’Adama Traoré est désormais une plainte. Le conseil municipal doit même voter la prise en charge des frais de justice de l’élue, une somme pouvant aller jusqu’à dix mille euros. Plusieurs soutiens de la famille veulent alors se rendre au conseil municipal où sera débattue la prise en charge de ces frais. L’accès leur est refusé, « faute de place suffisante », explique le parquet de Pontoise. C’est à ce moment-là, selon les dépositions des policiers municipaux et des gendarmes, qu’ont eu lieu des outrages et des violences de la part de Bagui et de Youssouf Traoré.

Syndrome asphyxique

Ces faits interviennent plus de quatre mois après la mort du jeune homme de vingt quatre ans, dont les circonstances précises demeurent toujours floues. Le 19 juillet 2016, Adama Traoré est interpellé dans un appartement après avoir tenté de prendre la fuite lors d’un contrôle.

Selon leurs propres déclarations, les gendarmes se jettent sur lui pour le maintenir avec un plaquage ventral. Une technique policière controversée qui peut dans les cas les plus graves entraîner la mort.

Au moment de l’interpellation, Adama Traoré leur fait part de difficultés à respirer. Il perd connaissance quelques minutes plus tard et meurt menotté, face contre terre dans la cour de la gendarmerie de Persan Beaumont, commune limitrophe de Beaumont-sur-Oise.

Dans la foulée, le procureur de la république de Pontoise en poste à l’époque, Yves Jannier, communique sur les causes du décès. Selon lui, Adama Traoré avait une « infection très grave touchant plusieurs organes » puis évoque une « pathologie cardiaque ». Mais ses déclarations sont contredites par les éléments du dossier d’enquête.

Les deux autopsies indiquent notamment que l’une des causes de la mort est un « syndrome asphyxique ». Ce qui pose la question des conditions d’interpellation par les gendarmes, non évoquées dans la communication du procureur. Aujourd’hui, l’affaire est « dépaysée » à Paris sur demande de la famille. Yves Jannier a depuis été muté, sans lien avec cette affaire officiellement. Et les résultats définitifs de plusieurs examens médicaux ne sont toujours pas connus.

Risque de renouvellement des violences

Les deux frères d'Adama Traoré ont été interpellés le Mardi 22 Novembre 2016. Après deux jours de garde à vue, Bagui et Youssouf Traoré se sont retrouvés Marcredi 23 Novembre 2016 devant le tribunal en comparution immédiate. Leur avocate a demandé le renvoi du procès pour préparer leur défense. En réponse, le parquet requiert leur placement en détention provisoire dans l’attente de l’audience.

Contacté, le procureur de Pontoise par intérim, Jacques Cholet, motive ses réquisitions par la « gravité des faits poursuivis et le risque de renouvellement des violences ». Bagui et Youssouf Traoré sont incarcérés dans la foulée sur décision des juges. Le parquet de Pontoise a également profité d’avoir Bagui Traoré sous la main pour mettre à exécution une condamnation antérieure à la mort de son frère, de six mois ferme. Les deux frères seront jugés le 14 décembre 2016 pour les faits allégués de violence devant la mairie de Beaumont-sur-Oise.

« Tout repose sur des déclarations des policiers municipaux et gendarmes qui sont critiquables », selon Yassine Bouzrou, avocat de la famille. Aucun témoin extérieur n’a été auditionné.

Les violences les plus importantes commises contre une policière municipale ont été estimées à un jour d’Incapacité Totale de Travail (ITT). Après l’annonce de l’incarcération des deux frères, des violences urbaines ont eu lieu à Beaumont-sur-Oise, dans la nuit du Mercredi 23 Novembre au Jeudi 24 Novembre 2016. Une dizaine de personnes y auraient participé.

Selon la préfecture, « un bus a été incendié, ainsi que six autres véhicules ». Un rassemblement est organisé à Beaumont sur Oise Jeudi 24 Novembre 2016 pour demander la libération des deux frères.

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 21:39

 

Des officiers turcs de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont demandé l'asile en Europe (Reuters)

 

Des officiers turcs en poste à l'OTAN ont déposé des demandes d'asile après la tentative de coup d’état avortée du mois de juillet 2016, a déclaré Vendredi 18 Novembre 2016 le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Reuters a rapporté au mois d’octobre 2016 que des centaines d'attachés turcs en poste à l’OTAN en Europe et aux Etats-Unis avaient été révoqués par les autorités turques avant d'être arrêtés et emprisonnés pour une majorité d'entre eux dès leur retour au pays.  

Jens Stoltenberg a souligné que si la Turquie restait un allié crucial au sein de l'OTAN, elle n'était pas dispensée de respecter l'état de droit, y compris dans les enquêtes qu'elle mène contre les auteurs de la tentative de coup d’état.

« Certains officiers turcs travaillant dans les structures de commandement de l'OTAN ont demandé l'asile aux pays dans lesquels ils travaillent », a déclaré Jens Stoltenberg, ajoutant que ces dossiers relevaient des pays en question.

Depuis le Vendredi 15 Juillet 2016, plus de cent dix mille militaires, fonctionnaires, magistrats, enseignants ou encore policiers ont été révoqués et trente six mille personnes incarcérées attendent d'être jugées pour leur implication présumée dans la tentative de coup d’état. 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 21:24

 

Donald Trump dit ne plus avoir le temps de se battre en justice (Reuters)

 

Donald Trump a dit Samedi 19 Novembre 2016 avoir accepté un accord à l'amiable de vingt cinq millions de dollars pour régler un différend judiciaire avec d'anciens étudiants de l'université qu'il avait fondée parce qu'il doit désormais se consacrer à son rôle de président.

Ces milliers d'anciens élèves disent avoir été floués en payant jusqu'à trente cinq mille dollars pour apprendre des secrets d'investissements dans le secteur de l'immobilier auprès de formateurs triés sur le volet par Donald Trump.

L'annonce d'un accord à l'amiable est intervenue Vendredi 18 Novembre 2016.

Deux procès collectifs avaient été engagés en Californie et une troisième action judiciaire avait été intentée devant le procureur général de New York, Eric Schneiderman.

« J'ai réglé cette affaire de la Trump University parce qu'il faut que je me concentre sur notre pays », dit le futur président des Etats-Unis sur Twitter.

« La seule mauvaise chose concernant la victoire à la présidentielle est que je n'ai pas le temps d'engager une longue procédure judiciaire à propos de Trump University. C’est dommage », ajoute-t-il dans un second tweet sur le sujet.

Cette affaire était devenue source d'embarras pour le candidat républicain lors de la campagne présidentielle. Il s'en était en effet pris au juge instruisant les plaintes en Californie, Gonzalo Curiel, assurant qu'il ne pouvait pas être impartial en raison de son origine mexicaine.

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 21:12

 

Quinze mille fonctionnaires de plus écartés en Turquie (Reuters)

 

Les autorités turques ont annoncé Mardi 22 Novembre 2016 quinze mille nouveaux limogeages dans la fonction publique, l'armée et la police, ainsi que la fermeture d'organes de presse soupçonnés d'être impliqués dans le coup d'état manqué du Vendredi 15 Juillet 2016.

Près de deux mille des personnes visées font partie des forces armées, environ sept mille six cent personnes appartiennent aux forces de police, quatre cent personnes appartiennent à la gendarmerie et plus de cinq mille personnes sont des agents d'institutions publiques, parmi lesquels des infirmières, des médecins et des sages-femmes.

Les dernières annonces, contenues dans deux décrets, portent à plus de cent vingt cinq mille le nombre de personnes renvoyées ou suspendues de leur fonction depuis le coup d'état manqué du mois de juillet 2016 que les autorités turques imputent à Fethullah Gülen, prédicateur musulman qui s'est exilé aux Etats-Unis en 1999.

Depuis le mois de juillet 2016, trente six mille personnes ont été placées en détention dans l'attente de leur procès pour leur rôle présumé dans ce putsch manqué, qui a fait plus de deux cent quarante morts.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que ces mesures avaient permis d'affaiblir de manière significative le réseau qu'auraient constitué les partisans de Fethullah Gülen, tout en précisant que la répression n'était pas achevée.

« Nous savons qu'ils n'ont pas été totalement évincés. Ils sont encore présents dans notre armée, notre police et notre justice », a déclaré Recep Tayyip Erdogan devant la presse. « Nous ne leur abandonnerons pas notre pays. Nous ne les laisserons pas ravager cette nation. Nous ferons le nécessaire ».

Fethullah Gülen, opposant de Recep Tayyip Erdogan après avoir été son allié, a démenti être à l'origine du complot.

Le décret annonce aussi la fermeture de trois cent soixante quinze institutions, de dix huit associations caritatives et de neuf organes de presse. Depuis le mois de juillet 2016, plus de cent trente organes de presse ont été contraints de fermer en Turquie.

Indépendamment des deux décrets rendus publics, les autorités ont émis des mandats d'arrêt Mardi 22 Novembre 2016 contre soixante personnes dont des pilotes de l'armée de l'air basés à Konya, dans le centre du pays, et soupçonnées d'être liées au camp guléniste.

Plus de trois cent pilotes ont d'ores et déjà été interpellés ou renvoyés depuis la tentative de coup de force, au cours de laquelle les putschistes ont utilisé des chasseurs et des hélicoptères, mais aussi des chars, pour bombarder le parlement et d'autres édifices officiels à Ankara et tenter de s'emparer du pouvoir.

Les organisations de défense des droits de l'homme accusent le président Recep Tayyip Erdogan d'exploiter le putsch manqué pour museler l'opposition.

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 20:47

 

DIX HUIT MOIS A LA MAIRIE DE BARCELONE
 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième partie d’un très long message d’Alberto Amo relatif au bilan des dix huit premiers mois d’Ada Colau à la mairie de Barcelone.
 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site du temps des Lilas à l’adresse ci-dessous.
 

Bernard Fischer
 

http://www.lilas.org/textes/alternatives/supervivienda-devenue-maire-de-barcelone
 

Bilan de dix huit mois à la mairie de Barcelone
 

Par Alberto Amo

 

Durant la première année et demi, le conseil municipal de Barcelone a stoppé l’attribution de nouvelles licences de logements touristiques. Il a fortement investi dans les quartiers défavorisés, infrastructures diverses et crèches. Il a ouvert un bureau de signalement des faits de corruption. Il a élaboré un code éthique qui interdit le pantouflage des élus et des responsables de services municipaux. Il a imposé des clauses sociales aux entreprises travaillant pour la municipalité, clauses parmi lesquelles on trouve l’absence de lien avec les paradis fiscaux, des critères favorisant les Petites et les Moyennes Entreprises (PME) qui pratiquent des salaires justes, promeuvent l’égalité de genre et la conciliation de la vie professionnelle et la vie privée. Il a nommé une adjointe à la maire au féminisme et LGBTI et une autre à la participation citoyenne. Il a démantelé le corps antiémeute de la police municipale. Il a créé une entreprise d’électricité municipale permettant aux habitants d’acheter et de vendre l’énergie solaire qu’ils produisent, s’attaquant ainsi à l’oligopole de la production et distribution d’énergie, l’un des plus puissants en Espagne. Il a instauré un programme ambitieux de piétonisation de l’espace public dans chaque quartier, sur un mode qui a suscité de nombreux éloges à l’international, et il a développé un programme d’accueil de réfugiés qui fait référence en Espagne.

Tension entre l’institution et les mouvements sociaux

« Durant la première année nous nous sommes appuyés sur les mouvements sociaux non seulement pour obtenir leur soutien mais pour bénéficier de leurs conseils et de leur expérience de plusieurs années dans le développement d’alternatives », souligne Gerardo Pisarello, premier adjoint à la maire.

Néanmoins, la relation avec les mouvements sociaux a parfois été problématique, tout particulièrement avec la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH).

Une des grandes promesses de Barcelona en Comú était l’arrêt des expulsions. Depuis son arrivée à la mairie, Ada Colau a empêché plus de quatre cent expulsions et a condamné trois banques à des amendes pour logements vides et deux entreprises immobilières à des amendes pour n’avoir pas proposé aux personnes menacées d’expulsion de mettre en place un loyer social adapté. La mairie a relogé toutes les personnes victimes d’expulsions. Mais elle n’a pas pu en finir totalement avec les expulsions, la loi hypothécaire dépendant du gouvernement central et de la région. A ce sujet, la PAH a envoyé au mois de décembre 2015 une lettre à la mairie demandant plus de courage et de fermeté et accusant Ada Colau de ne pas recourir à la loi régionale catalane pour réquisitionner les appartements vacants appartenant aux banques et grands propriétaires.

Ada Colau répondit à la PAH en expliquant que, en matière de logement, la municipalité était débordée et qu’elle avait mis en place une série de mesures d’urgence. Mais elle donnait raison à la PAH, « je ferais de même à votre place ». Et d’ajouter que « je l’ai souvent dit et je le répète avec plus de force et de conviction que jamais, sans une société civile organisée et exigeante, non seulement il n’y aura pas de changement réel, mais il n’y aura pas de démocratie digne de ce nom ». Ada Colau revendiquait ainsi la tension nécessaire entre les mouvements sociaux et le pouvoir institutionnel pour que ce dernier soit un instrument de réponse aux demandes des citoyens.

Réseau des villes rebelles

Barcelone est devenue un lieu d’expérimentation des nouvelles formes de construction d’alternatives à partir de l’institution municipale. Elle démontre que l’espace institutionnel peut impulser des logiques de consommation et d’échanges fondées sur les circuits courts, imposer des modèles plus justes aux entreprises travaillant pour l’administration, rendre poreuse la frontière entre l’espace institutionnel et l’espace citoyen, ou proposer des pistes locales pour répondre à des problèmes globaux comme celui des paradis fiscaux, de la crise des réfugiés ou de la souveraineté monétaire. La ville de Barcelone a aussi montré que la désobéissance institutionnelle est possible, en ne respectant pas le plafond de dépenses sociales imposé par le gouvernement central, l’équivalent du pacte de stabilité que la commission européenne impose aux états. Autant d’éléments qui caractérisent le « nouveau municipalisme » qui veut faire des villes les espaces premiers de la politisation citoyenne, de l’innovation politique, de la défense des plus défavorisés et de la conquête de nouveaux droits. Le conseil municipal de Barcelone cherche ainsi à tisser des liens avec d’autres villes européennes engagées pour le changement, Madrid, Saragosse, Birmingham, Bristol, Naples, Grenoble et Wadowice, entre autres, afin d’échanger les expériences et de commencer à peser collectivement sur les décisions aux niveaux étatique et européen.

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 17:46

 

BIOGRAPHIE D ADA COLAU
 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message d’Alberto Amo relatif à l’action politique d’Ada Colau, de Supervivienda à la mairie de Barcelone.
 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site du temps des Lilas à l’adresse ci-dessous.
 

Bernard Fischer
 

http://www.lilas.org/textes/alternatives/supervivienda-devenue-maire-de-barcelone

 

Comment Supervivienda est devenue maire de Barcelone
 

Par Alberto Amo
 

Au mois de mai 2007, l’héroïne Supervivienda s’invite par surprise dans la campagne des élections municipales à Barcelone. Habillée d’une cape portant le numéro quarante sept, l’article de la constitution espagnole qui établit l’accès au logement comme droit inaliénable, Supervivienda interrompt le discours de la candidate d’Initiative pour la Catalogne Verte (ICV), le parti de la gauche écologiste catalane. 

L’héroïne l’accuse notamment de ne pas prendre au sérieux le problème de l’accès au logement et de ne pas porter de propositions alternatives à celles déjà en place, qui soumettent entièrement le logement au marché.

Le collectif V de Vivienda, à l’origine de l’action, fait de même pour les autres candidats à la mairie. Ada Colau est à l'intérieur du costume de Supervivienda. Huit ans plus tard, en 2015, elle devient maire de Barcelone.

Comment une activiste sociale du mouvement pour le droit au logement est-elle devenue maire de Barcelone ? Quel programme son équipe a t elle porté ?

Lutter contre les expulsions de logement, la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH)

Pour répondre à ces questions, il est intéressant de suivre le parcours militant d’Ada Colau. En 2007, quand Ada Colau se transforme en Supervivienda, le chômage en Espagne affiche le taux le plus bas depuis la mort de Francisco Franco, huit pour cent de la population active.

Malgré cette situation, l’entrée sur le marché du travail des jeunes générations est particulièrement difficile, marquée par des salaires bas, la précarité, l’enchaînement de contrats à durée déterminée et un accès au logement très difficile en raison des effets de la bulle immobilière. Le collectif V de Vivienda est né à ce moment sous la forme d’un « mouvement citoyen », en marge des partis et des syndicats, et composé principalement par des jeunes demandant l’accès à un logement digne, notamment dans les grandes villes. À partir de 2008, l’éclatement de la bulle donne lieu à une forte récession et à une explosion du chômage, vingt sept pour cent au total en 2013 et cinquante sept pour cent des espagnols de moins de vingt cinq ans.

L’une des conséquences est la forte augmentation des expulsions de logement. Soudainement, beaucoup de personnes qui jusque-là avaient un emploi stable se retrouvent au chômage et ne peuvent plus payer leur crédit immobilier.

Désormais, le problème immobilier n’est plus seulement une question de jeunes précaires, pour beaucoup de familles, préserver son logement devient une odyssée. C’est ainsi qu’une part des activistes du collectif V de Vivienda crée en 2009 la PAH, dont Ada Colau devient le porte-parole.

LA PAH est un mouvement auto-organisé et autonome, présent dans plus de deux cent villes espagnoles. C'est un espace d’échange d’expériences et de conseils juridiques pour la négociation avec les banques, de soutien mutuel face aux expulsions de logements qui ont touché, depuis 2008, plus de quatre cent mille familles. La plateforme fonctionne sous forme d’assemblées locales, complètement horizontales, et rassemble des personnes d’une grande diversité sociale, un reflet de la forte hausse du chômage. Ainsi, on trouve des jeunes sans formation qui avaient abandonné leurs études pour travailler dans le bâtiment, industrie florissante pendant les années de la bulle, des personnes d’origine étrangère qui étaient venues en Espagne dans les années 2000, attirées par la forte croissance économique d’alors, des familles de classe moyenne qui se sont retrouvées au chômage après de longues années dans une même entreprise, ou des retraités, qui avaient garanti le crédit de leurs enfants avec leur maison, que désormais des banques leur réclament.

La plateforme prend un essor inédit à partir de mai 2011 et du mouvement d’occupation des places espagnoles, le mouvement du 15 mai 2011. Une réussite majeure de ce mouvement a été sa capacité à modifier profondément la perception de nombreux problèmes, le logement et d’autres, tels que la crise, le chômage ou la précarité au travail. Jusqu’alors ces problèmes étaient considérés comme individuels, le mouvement du 15 mai 2011 en fait des questions collectives et il les transforme en problèmes politiques, notamment celui des expulsions de logement, la loi hypothécaire très défavorable aux occupants des logements, la bulle immobilière et le chômage massif, auxquels il faut trouver des solutions politiques.

À partir du mouvement du 15 mai 2011, la PAH invente de nouvelles formes d’activisme et parvient à inscrire la question du logement dans l’agenda politique espagnol. Outre les actions ponctuelles comme l’occupation d’agences bancaires, en 2011, la PAH ouvre une campagne de blocage d’expulsions, qui trouve un écho médiatique extraordinaire, elle appelle à former une barrière humaine à chaque fois qu’une expulsion est annoncée. Les images de masses de citoyens bloquant l’accès de la police aux maisons dont les habitants sont menacés d’expulsion suscitent une vague de solidarité dans tout le pays. Depuis sa création, la PAH a réussi à empêcher plus de deux mille expulsions.

Parallèlement à l’action dans la rue, en 2013, la PAH présente un million cinq cent mille signatures à l’assemblée nationale pour ouvrir une initiative législative populaire, mécanisme qui, en Espagne, permet aux citoyens de faire une proposition de loi qui sera débattue au parlement.

L’initiative propose de modifier la loi hypothécaire d’alors et en particulier d’instaurer un moratoire sur les expulsions et la dation en paiement. Lors du débat relatif à cette proposition, Ada Colau est invitée à l’assemblée nationale et prend la parole juste après un représentant de l’association espagnole du secteur bancaire, « je ne lui ai pas jeté une chaussure à la figure parce que je pensais qu'il était important de rester ici pour dire ce que j'ai à dire. Cet homme est un criminel et vous devriez le traiter comme tel. Ce n'est pas un expert. Les représentants des institutions financières ont ruiné l'économie entière de ce pays et vous continuez à les qualifier d'experts ».

Pour appuyer l’initiative, la PAH lance une campagne d’escraches. Cette pratique de dénonciation pacifique, importée d’Argentine et d’Uruguay, consiste à se réunir autour du domicile des députés opposés à l’initiative pour dénoncer leur position et pour informer les voisins et les passants du contenu de l’initiative législative populaire.

Les escraches sont condamnées par les grands médias espagnols qui n’hésitent pas à les présenter comme des « actions violentes ». Les sondages montrent que cette forme d’action est néanmoins soutenue par quatre vingt à quatre vingt dix pour cent de la population. En dépit de l’appui de quatre vingt dix pour cent des citoyens à l’initiative législative, elle est finalement rejetée au mois d'avril 2013 par la majorité parlementaire du Parti Populaire.

Ce rejet conduit la PAH à initier de nouvelles formes d’action, notamment « l’œuvre sociale de la PAH », l’occupation d’immeubles vides pour loger des personnes expulsées, tout particulièrement des immeubles appartenant aux banques qui ont investi dans l’immobilier durant les années de la bulle et qui en 2012 ont dû être renflouées par l'état. L’occupation se fait avec l’accompagnement des activistes de la PAH qui a édité un protocole d’action très détaillé contenant la méthode à suivre, les législations à connaitre et un guide de négociation avec la banque propriétaire de l’immeuble occupé. Un élément important de ce type d’action est la diffusion d’une lettre qui explique aux voisins du quartier de l’immeuble occupé les raisons de l’occupation, fournissant des données sur le coût public du sauvetage des banques et les chiffres d’expulsions en Espagne. Un communiqué est systématiquement envoyé à la presse locale les minutes suivant l’occupation. Depuis le début de cette campagne, toujours active aujourd’hui, « l’œuvre sociale » a relogé plus de deux mille cinq cent personnes sur tout le territoire.

Sortir de l’impasse, Barcelona en Comú

Si les années 2012 et 2013 voient le plus grand nombre de manifestations de l’histoire récente de l’Espagne, à la fin de l'année 2013, les mouvements sociaux se trouvent dans une sorte d’impasse.

La lutte dans la rue n’a pas évité les coupes budgétaires ni fait disparaître les expulsions. Elle n’a pas empêché le gouvernement de réduire encore les droits des travailleurs, avec une réforme beaucoup plus agressive que le sera en France la loi travail. Même si la PAH est devenue un mouvement social incontournable, une référence très présente dans la société espagnole, cette impasse conduit Ada Colau et d’autres activistes, notamment des membres d’une plateforme anticapitaliste catalane pour la souveraineté populaire, Procés Constituent, à constituer une liste pour les élections municipales de 2015 à Barcelone, dans le but de transposer cette lutte sur le plan institutionnel. La personnalité ouverte et empathique d’Ada Colau, sa popularité, le respect et l’admiration qu’elle suscite au sein des collectifs sociaux de Barcelone, incitent Podemos et différents partis politiques de la gauche catalane à rejoindre cette candidature. Ainsi, Barcelona en Comú réunit les partis Izquierda Unida, en particulier ses antennes catalanes ICV, le parti contre lequel Ada Colau avait fait une action habillée en Supervivienda en 2007, et Esquerra Unida y Alternativa, le Partido X ainsi que Podemos. Les négociations aboutissent à la présentation d’une liste de quinze personnes menée par Ada Colau et formée à la fois de personnes directement associées au projet Barcelona en Comú et de membres des partis suscités. On y trouve des enseignants-chercheurs engagés au sein de Procés Consituent ou de l’Observatorio para el Hábitat Colectivo y Sostenible, ou encore des avocats, des journalistes et des habitants ayant une expérience des mouvements féministes, de défense du droit au logement ou de transports en commun respectueux de l’environnement. Les candidats s’engagent à suivre un code éthique qui établit une limite salariale de deux mille deux cent euros par mois, trois fois le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) en Espagne, un maximum de deux mandats et les oblige à rendre compte publiquement de leurs actions et de leur gestion.

En parallèle, l’élaboration du programme se fait à partir de propositions et d’axes prioritaires émis par des assemblées de quartier et des commissions de travail thématiques. Il en résulte un programme de quarante points sélectionnés par un vote ouvert à l’ensemble des habitants de Barcelone. Chacune de ces mesures est accompagnée des mécanismes nécessaires à son application et d’un protocole de vérification de sa mise en place et ses résultats. Parmi les principaux points du programme, on trouve, bien sûr, la fin des expulsions de logement ou la reprise par la mairie de certains services publics dont la gestion avait été privatisée par les gouvernements municipaux précédents.

Mais le programme va bien au delà d’un simple rétablissement des droits et des services balayés par les mesures d’austérité des gouvernements précédents. Barcelona en Comú propose une réforme structurelle et un nouveau modèle de ville qui va de la question économique au partage de l’espace public et à la participation citoyenne active. Le programme propose ainsi de repenser la dépendance de la ville de Barcelone à l’égard du tourisme, dont la massification et le manque de régulation commencent à engendrer des problèmes dans plusieurs quartiers de la ville. Le nombre de touristes annuel est passé d'un million huit cent mille en 1990 à plus de huit millions en 2013, entraînant une flambée des prix qui conduit de nombreux habitants à quitter le centre-ville et la disparition de la « vie de quartier ». Le programme de Barcelona en Comu propose la création d’un label éco-solidaire pour favoriser le modèle d’entreprises coopératives de circuit court. Il propose une monnaie locale qui servirait non seulement à payer les taxes municipales mais aussi à l’octroi de micro crédits municipaux, l’inclusion de clauses sociales dans tous les contrats publics entrepris par la mairie ou la piétonisation d’un grand nombre de rues.

La construction du programme joue un rôle très important pour générer un mouvement d’adhésion. Les citoyens participent à la rédaction des mesures qui affectent de manière directe et concrète leur vie quotidienne. La participation de milliers de citoyens de la ville à la discussion et à l’élaboration du programme profite du très fort activisme et de la « vie de quartier » préexistants dans cette ville.

Le 24 mai 2015, Barcelona en Comú remporte les élections municipales avec vingt cinq pour cent des voix, jusqu’à quarante pour cent des voix dans les quartiers populaires. Bien que ce pourcentage soit loin d’atteindre la majorité absolue, Ada Colau est investie maire de Barcelone avec l’appui d'Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), du Parti Socialiste Catalan et de la Candidature d'Unité Populaire (CUP), le parti de la gauche indépendantiste basée sur un modèle d’organisation en assemblées. À l’issue du vote d’investiture, Ada Colau remercie les citoyens « d’avoir rendu possible l’impossible ».

Quelques instants plus tard, elle sort par l’entrée principale de l’hôtel de ville où l’attendent des milliers de personnes pour la couvrir d’une pluie de confettis.

 

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