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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 18:57

https://www.zamanfrance.fr/article/calvaire-journalistes-intellectuels-turcs-apres-putsch-avorte-22959.html

Le calvaire des journalistes et intellectuels turcs après le putsch avorté

Vingt et un des quatre vingt neuf journalistes qui font l’objet d’un placement en garde à vue ont été présentés aux juges chargés de l'enquête sur la tentative du coup d'état du Vendredi 15 Juillet 2016.

Parmi eux, figurent des pointures de la vie médiatique et intellectuelle de la Turquie.

Vendredi 29 Juillet 2016

La libérale Nazli Ilicak, le conservateur Ahmet Turan Alkan, l’islamiste Ali Bulaç et le nationaliste Mümtazer Türköne, voici quelques-uns des quatre vingt neuf journalistes et chroniqueurs arrêtés ou recherchés dans le cadre de la vague de répression qui s’est abattue sur la Turquie depuis la tentative de putsch du Vendredi 15 Juillet 2016.

Ces personnalités, dont la diversité de profil en dit long sur la proportion alarmante des purges, sont accusées de faire partie d’un groupe terroriste.

Des rafles contre des intellectuels, journalistes et chroniqueurs

« Il est difficile de croire que ces rafles toujours plus larges ne servent que l’objectif légitime de démasquer les putschistes et leurs complices », a déclaré Johann Bihr, responsable du bureau de l’Europe de l’Est et de l’Asie Centrale de Reporters Sans Frontières (RSF). « Il est triste d’avoir à le répéter, critiquer le gouvernement ou travailler pour des médias favorables à la confrérie de Fethullah Gülen ne sont en aucun cas des preuves d’une implication dans le coup d’état raté. Si les autorités ne peuvent apporter d’éléments plus crédibles, elles ne font que poursuivre des délits d’opinion, ce qui est intolérable ».

Le journaliste Mahir Zeynalov a écrit des tweets pour les présenter et donner un bref récit de leur carrière.

C’est donc, pour certains, les menottes aux mains que vingt et un d’entre eux ont été présentés devant le juge, Vendredi 29 Juillet 2016.

Nazli Ilicak, un vétéran du journalisme, soixante douze ans, et une femme entêtée qui n'a eu de cesse de défendre la démocratie libérale. Elle a été arrêtée.

Ahmet Turan Alkan, l’une des plus grandes plumes de Turquie et virtuose de la satire, c’est la tête haute qu'il va en prison.

Hilmi Yavuz, aussi vieux que la république, un grand cerveau littéraire et un immense poète et chroniqueur, il a été arrêté.

Sahin Alpay, politologue d’obédience sociale libérale, il avait dû s’exiler en Suède après le coup d’état de 1980. On ne connaît pas mieux que lui pour défendre la démocratie en Turquie. C’est un grand défenseur des libertés. Il a été arrêté.

Mümtazer Türköne, professeur de sciences politiques, arrêté et torturé après le coup d’état de 1980, avec un style exceptionnel, il a toujours défendu les libertés. Il a été arrêté.

Ali Bulaç, un esprit élevé et un des rares sociologues islamistes de la Turquie, il a refusé de prêter allégeance à Recep Tayyip Erdogan. Il a été arrêté.

Nuriye Akman, l’une des plus grandes intervieweuses de Turquie, donnez-lui un café et elle vous pose toutes les questions les plus surprenantes.

Cevheri Güven, rédacteur en chef de Nokta, ce magazine avait publié en 2007 le journal intime du chef de la marine, l’amiral Özden Örnek, révélant des plans de coup d’état au sein de l’armée après l’arrivée au pouvoir du parti de la justice et du développement (AKP) en 2002.

Emre Soncan, si vous vouliez tout savoir sur l'armée, il était le journaliste à suivre. Il a été arrêté.

Büsra Erdal, grande chroniqueuse judiciaire, admirée et vilipendée, elle s'est fait beaucoup d'ennemis. Elle a été arrêtée.

Bülent Mumay, ancien rédacteur en chef du site internet d’Hürriyet, un homme habitué à travailler dur, qui s'est fait beaucoup d'ennemis dans le cercle le plus intime de Recep Tayyip Erdogan pour son journalisme de qualité. Il a été arrêté.

Mehmet Gündem, un grand interviewer qui captive l'attention des lecteurs avec brio, il a été arrêté.

Cihan Acar, ses collègues l'appelaient « Cihan le cimetière » pour ses exceptionnelles couvertures des cérémonies funéraires, des kurdes aux célébrités.

Yakup Cetin, tout le monde connaît son visage. Comme tout grand reporter, il a été arrêté.

Bayram Kaya a passé sa carrière à écrire sur l'économie turque. Il a été arrêté pour ses reportages dans le monde judiciaire.

Hasim Söylemez, un journaliste d'investigation qui a écrit sur presque tout. Il a été arrêté.

Ufuk Sanli, chroniqueur économique à al Monitor, lecteur avide et excellent reporter, il a été arrêté.

Abdullah Kiliç, ironie suprême, il était connu pour ses recherches sur le coup d’état de 1960. Il a été arrêté pour tentative de putsch.

Cemal Kalyoncu, toute une vie passée aux reportages et à l'édition, il a été arrêté pour avoir refusé de se soumettre au pouvoir.

Arda Akin, ancien journaliste d’Hürriyet, connu pour ses articles qui dérangeaient le gouvernement. Un homme capable de rugie quand cela s'impose et un homme sans crainte. Il a été arrêté.

Bünyamin Köseli, un grand esprit et un excellent journaliste d'investigation, il a été arrêté pour avoir fait son métier.

Ahmet Memis, un gourou du journalisme digital, confiez-lui un site d'information et vous verrez qu'il en fait grimper la popularité, un homme critique du pouvoir. Il a été arrêté.

Yakup Saglam, des manifestations aux guerres, Yakup Saglam a été sur le terrain à chaque fois que les choses tournaient mal. Il a refusé de se soumettre au gouvernement. Il a été arrêté.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 15:14

http://www.aubervilliers.fr/La-Cour-administrative-d-appel-de-Versailles-reconnait-a-la-commune-la

La cour administrative d’appel de Versailles reconnaît à la commune d’Aubervilliers la possibilité de nommer Marwan Barghouti citoyen d’honneur de la ville.

Suite à cette décision de justice, la municipalité d’Aubervilliers présentera une nouvelle délibération au conseil municipal.

Au mois de septembre 2015, la ville d’Aubervilliers a fait appel du jugement rendu par la tribunal administratif de Montreuil qui annulait sa délibération nommant le député palestinien Marwan Barghouti citoyen d’honneur de la ville.

Dans son jugement du 7 juillet 2015, le tribunal administratif considérait notamment que la délibération « n’est pas justifiée par un intérêt public local mais porte sur une affaire relevant de la politique étrangère de la France ».

Mardi 19 Juillet 2016, la cour administrative d’appel de Versailles a rendu son arrêt.

Si celle-ci maintient l’annulation de la délibération au motif qu’elle « relève de la politique étrangère de la France et son intervention dans un conflit de portée internationale », la cour se positionne cependant différemment sur la notion d’absence d’intérêt local. En effet, le seul fait d’attribuer « la qualité de citoyen d’honneur par un conseil municipal a, par elle-même, le caractère d’un hommage public dont la nature la fait entrer par principe dans la catégorie des affaires de la commune ».

Parce qu’Aubervilliers maintient sa volonté de rendre un hommage public à Marwan Barghouti, au même titre que plusieurs autres communes françaises, la municipalité présentera une nouvelle délibération au conseil municipal, conforme à l’arrêt qui vient d’être rendu par la juridiction d’appel.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 15:02

La Turquie réorganise son armée, Washington regrette les purges (Reuters)

La Turquie a commencé à réorganiser son armée à la suite du putsch manqué du Vendredi 15 Juillet 2016, mais les Etats-Unis se plaignent de l'impact négatif de cette purge sur sa coopération avec Ankara dans la lutte contre l'organisation Etat Islamique.

Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a annoncé lors d'un discours retransmis en direct, Vendredi 29 Juillet 2016, que les casernes d'où étaient partis des putschistes au soir du Vendredi 15 Juillet 2016 allaient être fermées, y compris une base aérienne proche d'Ankara qui avait servi aux comploteurs.

Réuni Jeudi 28 Juillet 2016 pendant cinq heures, le conseil militaire suprême (YAS), organe de supervision des forces armées en Turquie, a promu quatre vingt dix neuf colonels au rang de général ou d'amiral et placé quarante huit généraux à la retraite.

Près de deux semaines après la tentative de coup d’état d'un groupe au sein de l'armée, qui a fait au moins deux cent quarante six morts et qui a valu à près de mille sept cent militaires, dont quarante pour cent des généraux et des amiraux, d'être congédiés pour conduite déshonorante, les principaux responsables de l'état-major sont maintenus à leur poste.

Seuls changements notables, le chef d'état-major adjoint, le général Yasar Guler, est nommé commandant de la gendarmerie et le chef de la prestigieuse première armée, le général Umit Dundar, le remplace en tant que numéro deux de l'état-major, toujours dirigé par Hulusi Akar.

Jeudi 28 Juillet 2016, à l'issue de la réunion du YAS, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a fait savoir qu'il souhaitait que l'armée et les services secrets (MIT) soient placés sous le contrôle de la présidence et non plus du premier ministre.

Recep Tayyip Erdogan accuse l'imam Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis, d'avoir fomenté le coup d’état, ce que ce dernier dément.

Cet ancien allié, devenu ennemi juré du chef de l’état, a estimé dans une interview au Corriere della Sera publiée Vendredi 29 Juillet 2016 que Recep Tayyip Erdogan était empoisonné par le pouvoir.

Le nombre d'employés du secteur public limogés depuis le putsch avorté s'élève désormais à soixante six mille, dont quarante trois mille dans l'enseignement, a rapporté l'agence de presse officielle Anadolu.

Les adversaires du président turc, qui a échappé de justesse à un enlèvement voire à une possible exécution pendant la tentative de coup de force, accusent Recep Tayyip Erdogan de se servir du putsch comme prétexte pour procéder à une répression aveugle de toute opposition dans le pays de quatre vingt millions d'habitants.

Les Etats-Unis et l'Union Européenne ont déjà fait part de leur inquiétude face à l'ampleur des purges.

Jeudi 28 Juillet 2016, le directeur du renseignement américain, James Clapper, a déclaré que les limogeages d'officiers avaient un impact sur la coopération entre Ankara et Washington contre l'Etat Islamique.

« Beaucoup de nos interlocuteurs ont été arrêtés », a-t-il relevé. « Nul doute que cela va rendre la coopération plus difficile avec les turcs ».

Le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a balayé ces inquiétudes Vendredi 29 Juillet 2016 en jugeant que l'armée turque sortirait renforcée une fois nettoyée de ses éléments gülénistes.

La Turquie autorise les Etats-Unis à utiliser sa base aérienne d'Incirlik pour mener des raids contre l'Etat Islamique en Irak et en Syrie. Ces opérations ont été temporairement interrompues à la suite de la tentative de coup d’état.

Autre critique émanant de Washington, le département d’état s'est dit profondément préoccupé par les arrestations de journalistes lancées depuis le début de la semaine en Turquie.

Mevlut Cavusoglu a répondu que les personnes interpellées dans les médias n'étaient pas de vrais journalistes.

Vendredi 29 Juillet 2016, la police a également appréhendé le président du conglomérat Boydak Holding et deux cadres du groupe. Six membres de la famille Boydak font au total l'objet d'un mandat d'arrêt. Ils sont accusés de financer le mouvement de Fethullah Gülen, qui chapeaute de nombreuses écoles et organisations caritatives.

Le parquet d'Izmir, sur la mer Egée, a de son côté ordonné l'arrestation de deux cent policiers, rapporte l'agence Dogan.

Le ministre du travail, Suleyman Soylu, a déclaré de son côté Vendredi 29 Juillet 2016 que les autorités enquêtaient sur les liens éventuels de mille trois cent agents du ministère avec la tentative de putsch.

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 15:38

http://www.kedistan.net/2016/07/24/istanbul-charlie-place-taksim

Istanbul, Charlie turc place Taksim

Place Taksim à Istanbul, Dimanche 24 Juillet 2016, neuf jours après la tentative avortée de coup d’état d’une fraction de l’armée, se tient un rassemblement « pour la république et la démocratie ».

A l’écoute des médias officiels turcs, ceux dont les discours sont passés au crible de la censure du président Recep Tayyip Erdogan, nous y apprenons que le régime se félicite de ce « grand rassemblement populaire, qui devrait démontrer à toutes les critiques, en Europe et ailleurs, que la démocratie est vivante en Turquie ».

Nous y apprenons aussi que ce rassemblement d’opposition est en fait unitaire, puisque le parti de la justice et du développement (AKP), le parti de Recep Tayyip Erdogan, y figure et le met en avant.

La logistique du meeting place Taksim a été assurée grâce aux services de la mairie d’Istanbul et la place Taksim, symbole de toutes les luttes, a été rouverte à l’occasion.

Tout semble donc se faire dans la plus grande unité nationale. Le parti républicain du peuple (CHP) kémaliste qui organise, l’AKP qui s’invite et le parti d’action nationaliste (MHP) qui amène la sauce. Le grand Charlie turc promène ses drapeaux et ses portraits du père fondateur, sans oublier de rappeler l’actuel.

A Kedistan, nous sommes plus qu’attristés que, face à cette mascarade, l’effet de peur, de choc, de grande trouille et de panique, aient, comme en France au début de l’année 2015, amené la gauche démocratique et écologique, voire la gauche de la gauche, à appeler aussi à communier avec les foules sous le drapeau, pour la photographie de famille, avec tous les grands frères.

Non content d’avoir réussi un coup d’état qu’il n’a pas eu à organiser, Recep Tayyip Erdogan vient encore de prouver qu’il avait un boulevard politique face à la faiblesse organisée de ses opposants, toujours prêts à s’abriter derrière le grand père kémaliste, le CHP.

Contribuer à prouver en effet par cette supercherie de rassemblement, abondamment médiatisé en Europe et par le monde, à faire croire à l’unité pour la démocratie, n’est pas seulement une erreur politique et une imbécilité, au sens faible d’esprit du terme. C’est aussi un immense fossé qui est creusé, vis à vis de celles et ceux pour qui tous les combats contre Recep Tayyip Erdogan s’appuyaient aussi sur celui d’une minorité assassinée, les kurdes, et de toutes les autres dans le pays.

Nous avions déjà pu constater qu’aux élections du mois de novembre 2015, sondage grandeur nature, la fêlure était présente et une partie de ces opposants politiques avaient choisi la stabilité avec le CHP. Le militantisme pour la paix était devenu la trouille de la guerre. Les mêmes aujourd’hui, par opportunisme ou crainte d’être les suivants sur la liste, désertent dans la confusion et les justifications en tous genres.

Istanbul croule sous les drapeaux et la démocratie retrouvée.

Cette démocratie là va devoir s’arranger des milliers d’arrestations, des fonctionnaires mis en vacances et interdits de voyager et des biens expropriés qui vont des cliniques, des hôpitaux et des centres culturels, même des restaurants parfois, aux écoles et secteurs d’université. Vive la nationalisation, nous avons bien dit expropriés et mis en gérance, via un ajout dans la loi anti terroriste. Autant les listes étaient prêtes, autant l’arsenal législatif avait été voté en conséquence, y compris par les députés du CHP, la belle opposition kémaliste d’aujourd’hui sur la place, drapeau de la république à la main.

Elle va devoir s’arranger aussi de l’éviction des juges et des purges dans la justice. Elle va peut être demain s’arranger du retour de la peine de mort pour les centaines de putschistes arrêtés dans l’état major, jusque dans la garde présidentielle dissoute. Elle va devoir fermer les yeux sur la torture, les arrestations et les détentions arbitraires, validées par l’état d’urgence nationale. La liste serait longue si l’on devait tout citer.

Nous ne savons pas quel terme appliquer à cette mise en place d’un totalitarisme nationalo-islamique, qui trouvera demain son triomphe dans une totale présidentialisation et un règne absolu de Recep Tayyip Erdogan.

Le sultan est habile mais il parvient à ses fins, en utilisant les tentatives de coups de tous les adversaires et en trouvant toutes les faiblesses à exploiter, quand ce n’est pas tout simplement la peur que son régime inspire.

L’opposition de gauche se défend avec des drapeaux de papier et des « ce n’est pas nous », qui inévitablement se retourneront contre elle, après que Recep Tayyip Erdogan aura fait son grand chambardement. Au passage, les accusations de terrorisme à l’encontre des vrais combattants de la démocratie seront le prix à payer des trahisons et des confusions politiques.

Nous savons bien que certaines et certains de nos lecteurs vont nous reprocher un jugement sévère à distance sur ce rassemblement de la place Taksim. Ils se trompent. Nous nous faisons la voix de celles et ceux qui ne sont pas prêts à plier en Turquie.

Ils sont souvent majoritairement kurdes ou défenseurs de la cause kurde, veuillez nous en excuser. Ils se battent au Rojava et ailleurs, pour proposer une alternative régionale et une démocratie en Turquie, qui ne soit pas le resucé des recettes et du refoulé kémaliste qui ont fourni à la Turquie ses massacres et ses charniers, sous bannière nationaliste. Nous n’avons même pas besoin de parler du refus du régime de l’AKP.

Loin de nous l’idée de nous faire donneurs de leçons dans une situation si inextricable.

Mais quand la parole des minorités, une fois de plus, se retrouve écrasée par des alliances nationalistes contre nature et que même la gauche y flotte comme dans un marigot, nous sommes en colère.

En remerciement pour leur posture positive prise lors du putsch, les dirigeants du CHP et du MHP seront demain au palais, à l’invitation de Recep Tayyip Erdogan et du premier ministre. Ils ont accepté pour parler de l’avenir de la démocratie.

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 14:55

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/07/28/le-parlement-catalan-defie-le-tribunal-constitutionnel-espagnol_4975822_3214.html

Le parlement catalan défie le tribunal constitutionnel espagnol

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

C’est « un attentat contre la démocratie », selon le Parti Populaire, un « mépris de la loi » pour Ciudadanos et « un défi à l’autorité du tribunal constitutionnel d’une extraordinaire gravité, qui met le parlement catalan hors la loi », pour le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Le parlement régional catalan a franchi un nouveau cap dans ce qu’il appelle le « processus de déconnexion » du reste de l’Espagne en votant, Mercredi 27 Juillet 2016, les conclusions de la « commission d’étude du processus constituant », prélude à une sécession unilatérale.

Le texte, voté dans une ambiance très tendue, les députés du Parti Populaire et de Ciudadanos ont quitté l’hémicycle, les députés du Parti Socialiste Catalan (PSC) ont refusé de participer au vote et le parti affilié à Podemos a voté contre, stipule que « le peuple de Catalogne a la légitimité pour commencer son propre processus constituant ».

Celui-ci se diviserait en trois phases, un « processus participatif et une deuxième phase de déconnexion de l'état et de convocation d’élections constituantes, à travers un mécanisme unilatéral visant à former une assemblée constituante qui disposera de pleins pouvoirs et rédigera un projet de constitution ». Projet qui, dans une troisième étape, « sera ratifié par le biais d’un référendum ». Pour se justifier de ce coup de force, le texte affirme qu’il « n’y a aucune marge de manœuvre pour la reconnaissance du droit à décider du peuple catalan dans le cadre juridique constitutionnel et légal espagnol ».

Ce débat n’était pas à l’ordre du jour de la session du parlement catalan du Mercredi 27 Juillet 2016, mais a été ajouté à la dernière minute à la demande de la coalition indépendantiste au pouvoir, Ensemble pour le oui, et des séparatistes anticapitalistes de la Candidature d’Unité Populaire (CUP). Le tribunal constitutionnel espagnol avait non seulement déclaré, au mois de décembre 2015, que le « processus de déconnexion » catalan n’était pas conforme à la loi, mais il a aussi prévenu le bureau du parlement catalan, Mardi 19 Juillet 2016, qu’il était de son « devoir d’empêcher ou de paralyser toute initiative » allant dans ce sens.

La réponse de Madrid ne s’est pas fait attendre. Dans les heures suivantes, le président du gouvernement par intérim, le conservateur Mariano Rajoy, a appelé les chefs de file des principaux partis de l’opposition, PSOE, Podemos et Ciudadanos, afin de les informer qu’il présenterait en conseil des ministres, Vendredi 29 Juillet 2016, un nouveau recours de l’avocat général de l’état. Le tribunal constitutionnel pourrait alors utiliser les outils dont il dispose pour paralyser le processus, qui vont de simples amendes à l’ouverture d’une procédure pénale en passant par la suspension de leur fonction des élus concernés.

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 10:00

http://www.liberation.fr/planete/2016/07/27/tariq-ali-sortie-a-gauche_1468895

Tariq Ali, sortie à gauche

Par Guillaume Gendron

Mercredi 27 Juillet 2016

Totem de la gauche radicale britannique et proche de Jeremy Corbyn, l’écrivain d’origine pakistanaise se félicite du Brexit.

Aux confins de la Lituanie, il existe un parc où ont été regroupées toutes les statues de l’ère soviétique sauvées de la destruction après l’effondrement du bloc, des dizaines de Vladimir Lénine, de Joseph Staline et d’autres illustres monolithes en pleine forêt, un Jurassic Park communiste. Le quartier bourgeois et boisé de Highgate, sur les hauteurs de Londres, c’est un peu la même chose. On peut s’y recueillir sur la tombe de Karl Marx, moyennant six livres sterling à l’entrée du cimetière, les capitalistes ont gagné, et se réjouir de vivre, à l’ombre des grands chênes, dans le dernier bastion trotskiste du royaume. Jeremy Corbyn, le contesté leader du parti travailliste, est un voisin. Mais celui que l’on est venu trouver, c’est Tariq Ali, cet « ami de quarante ans » qui l’a récemment mis dans l’embarras en déclarant au New Yorker que son camarade était en réalité un brexiter convaincu, malgré la ligne officielle du parti travailliste. Et pendant que Jeremy Corbyn démentait et défendait du bout des lèvres le maintien de la Grande Bretagne dans l’Union Européenne, Tariq Ali multipliait les appels à voter pour le Brexit au nom du Brexit des gauchistes contre l’austérité et pour les migrants.

Il reçoit dans son salon, sous un tableau de Vladimir Lénine plongé dans ses notes.

« Je n’ai jamais cru que les choses iraient mieux en votant pour le Brexit. Mais l’Union Européenne avait besoin d’un bon coup de pied au cul. Les arguments de chaque camp étaient nombrilistes, c’était qu’est-ce qui va me bénéficier à moi ». Il fallait donc punir « cette institution non démocratique dominée par la bourgeoisie allemande, qui nous refuse la moindre tentative d’expérience sociale-démocrate ».

Les tirades sortent d’autant plus facilement que Tariq Ali n’a, depuis un demi-siècle, jamais dévié de sa ligne.

Au mois d’avril 2016, il débattait avec le grec Yánis Varoufákis. « Tout ce qu’il avait à dire, c’est qu’il était d’accord avec moi à quatre vingt dix pour cent. Sauf que lui croit qu’on peut se battre à l’intérieur du système ». Le focus médiatique sur les actes xénophobes post-Brexit n’est que propagande selon lui, visant à culpabiliser les partisans du Brexit en les traitant de racistes sous-éduqués. « Faire croire que la Grande-Bretagne est plus raciste que le reste de l’Union Européenne. Nigel Farage est bourré de préjugés, mais il est clair là-dessus. Manuel Valls est au moins aussi raciste, sauf qu’il ne joue pas franc-jeu ». Il compare la réaction hystérique de la jeunesse au Brexit à la mort de la princesse Diana, « ils ne savent même pas pourquoi ils pleurent ». Il roule ses yeux, deux grandes billes fiévreuses, puis éclate d’un grand rire de sale gosse, fier de sa double profanation envers l’Europe et la monarchie.

Tariq Ali a soixante douze ans et plus d’une vingtaine de livres au compteur. Des essais politiques sur l’impérialisme américain, le fondamentalisme religieux ou l’impasse politique de l’extrême centre, mais aussi deux cycles romanesques, l’un sur la chute du communisme et l’autre sur l’islam, et même une bande dessinée pour les adolescents, « Trotsky pour les débutants ». Il réalise des documentaires, donne une interview hebdomadaire pour la télé vénézuélienne et continue de sillonner la planète.

Le « Street Fighting Man » qui a inspiré la chanson des Rolling Stones est un homme affable et vif, la moustache et les mèches, aujourd’hui blanches, aussi drues et rebelles qu’à ses vingt ans, quand il était l’infatigable manifestant dont John Lennon convoitait l’estime. On ne peut s’empêcher de faire une remarque sur sa demeure, vaste bâtisse néogothique surnommée « château Tariq », a priori aux antipodes des idéaux marxistes dans un Londres où la jeunesse s’entasse dans des colocations sordides. Il a l’habitude des contradictions, après tout, c’est un athée qui a écrit un quintette sur la grandeur de la civilisation musulmane. « Ce qui définit une personne, ce ne sont pas les origines sociales, mais le positionnement politique », répond-il.

« Je n’ai jamais eu à réfléchir à ce dilemme car je suis né avec ». Plus précisément en 1943 à Lahore, alors sous férule britannique, descendant d’une lignée « plutôt aristocratique », que ses parents avaient rejeté en faveur d’un communisme militant. Encore mineur, il combat la dictature militaire établie en 1958. Un oncle haut placé conseille de l’envoyer en Angleterre pour sa sécurité. L’exil se fait dans l’élite, à Oxford, où il suit le prestigieux cursus Philosophie Politique Economie (PPE), passeport pour le pouvoir. Il devient président du principal syndicat étudiant de l’université en 1965, ce qui lui permet de débattre avec Malcolm X. Journaliste à la fin des sixties, il couvre la guerre du Vietnam et la mort d’Ernesto Che Guevara, son modèle. En tête de tous les cortèges, il rêve d’un mai 1968 britannique, signe un appel à la légalisation du cannabis avec les Beatles, et se présente au parlement sous étiquette trotskiste. Autant dire que Tariq Ali a longtemps cru davantage à la révolution qu’à la victoire dans les urnes.

L’impensable s’est pourtant produit, les dinosaures de Highgate ont enfin capté la lumière. Au mois de septembre 2015, Jeremy Corbyn est élu à la tête du parti travailliste, grâce à des vingtenaires exaltés qui peinent à croire qu’il fut un temps où l’université était gratuite. Tariq Ali, « le néo libéralisme efface l’histoire sociale. Pas un hasard si tout ce qu’il y a à la télévision, ce sont les Tudors ». Complots internes et démissions s’enchaînent au parti travailliste depuis que Jeremy Corbyn, trop rouge pour les héritiers de Tony Blair, est aux commandes. « Un vrai lynchage, mais ils ne le connaissent pas. Ce n’est pas un faible, il a une volonté d’acier ».

De passage à Paris, il déjeune avec Edwy Plenel, « nous nous connaissons depuis 1971 », et il rêve d’un Mediapart anglais. Ses modèles d’écriture restent français, Stendhal d’abord, puis Honoré de Balzac, dont l’obsession pour l’argent l’a toujours amusé, lui qui en prônait l’abolition. Il préfère en rire, « nous l’avons au moins fait virtuellement avec les cartes de crédit ». Il vit avec sa femme, Susan Watkins, qui dirige la revue marxiste New Left Review, dont il est la plume principale. Il a trois enfants, une productrice de télévision, une attachée de presse reconvertie institutrice et un fils qui passe son droit.

Il refuse les caricatures de l’islam en religion malfaisante et il pense que chaque texte sacré porte en lui justification à la violence. L’Etat Islamique n’est, à ses yeux, que la dernière métastase d’un cancer inoculé par l’Amérique et ses alliés, coupables d’avoir éradiqué laïcs et nationalistes du Moyen-Orient. Dans les années 1950, au Pakistan, aucun de ses amis n’était croyant. Tariq Ali raconte la campagne pakistanaise d’antan et ses festivals soufis où, pendant des jours entiers, « des poètes gays enchaînaient orgies et joints. C’était très relax ». Tout cela a pris fin en 1977 avec un nouveau coup d’état militaire islamisant, « soutenu par l’Amérique, encore une fois ». Pas de doute, pour Tariq Ali, le monde d’aujourd’hui est bien pire que celui dans lequel il a grandi. La montée de l’extrême droite l’inquiète, mais il est persuadé que « chaque génération trouve les solutions à ses problèmes ». Une fois de plus, il a choisi d’y croire.

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 09:31

La Turquie congédie des militaires et ferme des médias (Reuters)

Les autorités turques ont congédié près de mille sept cent militaires et fermé plus de cent trente organes de presse, ont dit Mercredi 27 Juillet 2016 des sources officielles, dans le cadre d'une vaste répression, qui ne laisse pas d'inquiéter les alliés du pays au sein de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), suivant la tentative de coup d'Etat du Vendredi 15 Juillet 2016.

Un total de mille six cent quatre vingt quatre soldats ont été exclus de l'armée pour conduite déshonorante, a précisé un responsable gouvernemental turc, citant leur rôle joué dans la putsch avorté du Vendredi 15 Juillet et du Samedi 16 Juillet 2016, quand certains militaires ont tenté de renverser le gouvernement.

Aux yeux du président turc Recep Tayyip Erdogan, le prédicateur en exil aux Etats-Unis Fethullah Gülen a fomenté le complot avorté. Depuis, les autorités ont suspendu, interpellé ou placé en détention plus de soixante mille militaires, policiers, magistrats, enseignants, fonctionnaires et autres personnes soupçonnés de liens avec le mouvement de Fethullah Gülen.

Le prédicateur, qui a condamné la tentative de coup d’état en Turquie, a dit que cette dernière avait peut-être été montée de toutes pièces pour servir les intérêts du pouvoir turc.

Parmi les militaires dont la destitution a été annoncée, Mercredi 27 Juillet 2016, cent quarante neuf étaient des généraux et des amiraux, a dit le responsable gouvernemental.

Cela représenterait quelque quarante pour cent de tous les généraux et amiraux que compte l'armée turque, selon des données militaires.

Par ailleurs, dans son journal officiel, le gouvernement a dit avoir ordonné à trois agences de presse, seize chaînes de télévision, quarante cinq quotidiens, quinze magazines et vingt neuf éditeurs de mettre la clef sous la porte.

Ces fermetures d'organes de presse, qui interviennent après des fermetures d'autres médias soupçonnés d'avoir des liens avec le mouvement de Fethullah Gülen, ne manqueront pas de soulever les inquiétudes des associations de droits de l'homme ainsi que les alliés occidentaux du pays, qui redoutent de voir le président Recep Tayyip Erdogan profiter de la tentative ratée de coup d’état pour accentuer son emprise sur le pays.

Lors d'un point de presse, le porte-parole du département d’état américain a ainsi dit que les Etats-Unis, tout en comprenant la nécessité éprouvée par la Turquie d'arrêter les auteurs du putsch, voyaient l'arrestation d'encore plus de journalistes comme une évolution troublante.

Dans la journée, une source gouvernementale a dit que les autorités turques avaient lancé des mandats d'arrêt à l'encontre de quarante sept journalistes dans le cadre de la répression visant les gülenistes depuis le putsch raté.

Sur la liste figurent néanmoins aussi des journalistes connus pour leur militantisme de gauche mais qui ne partagent pas la vision religieuse du mouvement güleniste.

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 19:54

http://enmarchepourlademocratie.fr/2016/07/26/presse-yonne-les-militants-de-nuit-debout-sont-en-marche/

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne/yonne/auxerre/yonne-les-militants-de-nuit-debout-sont-en-marche-1055051.html

Les militants du mouvement des Nuits Debout sont en marche

Le mouvement des Nuits Debout réalise un tour de France à la marche pour diffuser leurs idées.

Ils sont une quinzaine. Ils faisaient étape à Auxerre, dans l’Yonne, Mardi 26 Juillet 2016, avant de reprendre la route pour Paris.

Le mouvement des Nuits Debout est un mouvement citoyen et spontané qui s’est créé le Jeudi 31 Mars 2016 en réponse à la loi travail. Pendant deux mois, ils ont occupé la place de la République, à Paris, ainsi que de nombreux autres agoras en province. Ils sont également très actifs sur les réseaux sociaux. Ils se sont fixé comme but d’alimenter le débat démocratique et de redonner la parole au peuple.

Alors que le mouvement avait disparu de l’espace public aussi vite et mystérieusement qu’il l’avait envahi, le voilà qui réapparaît sous la forme d’une marche. Une quinzaine de citoyens a quitté Marseille le Samedi 18 Juin 2016. Ces marcheurs doivent arriver à Paris le Jeudi 4 Août 2016. Leur objectif consiste à diffuser les idées du mouvement des Nuits Debout au fil de leur périple.

C’est précisément ce qu’ils ont fait à Auxerre, Lundi 25 Juillet et Mardi 26 Juillet 2016, lors d’une étape. Ils ont lancé le débat autour de revendications qui leur tiennent à cœur telles que la fin de la cinquième république, la démission du gouvernement et la fin des accords de libre-échange transatlantique avec l’Amérique et le Canada. Ils veulent voir le citoyen remis au centre des décisions.

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 19:37

https://nuitdebout.fr/blog/2016/07/27/en-marche-pour-la-democratie/

En marche pour la démocratie

Le mouvement en marche pour la démocratie s’est élancé le Samedi 18 Juin 2016 de Marseille et arrivera le Jeudi 4 Août 2016 à Paris sur le Champ-de-Mars à 17 heures.

Nous avons créé cet événement Facebook spécialement pour cette dernière étape qui partira de la mairie de Créteil le Jeudi 4 Août 2016 à 10 heures.

La marche passera par les lieux historiques du Paris révolutionnaire.

Jeudi 4 Août 2016, pique-nique de 12 heures 30 à 14 heures, place de la Nation.

Jeudi 4 Août 2016 à 14 heures 30, place de la Bastille.

Jeudi 4 Août 2016 à 15 heures, place de la République.

Jeudi 4 Août 2016 à 15 heures 30, place de l'Hôtel de Ville.

Jeudi 4 Août 2016 à 16 heures, jardin des Tuileries.

Jeudi 4 Août 2016 à 16 heures 15, place de la Concorde.

Jeudi 4 Août 2016 à 16 heures 30, Assemblée Nationale.

Jeudi 4 Août 2016 à 17 heures, Champ de Mars.

Nous vous invitons à nous rejoindre pour cette dernière étape afin d’arriver nombreuses et nombreux sur le Champ-de-Mars Jeudi 4 Août 2016 à 17 heures tout en revivant le Paris révolutionnaire à travers quelques uns de ces lieux emblématiques.

Un événement Facebook pour l’arrivée sur le Champ-de-Mars existe par ailleurs.

Nous vous invitons à le rejoindre.

Le mouvement en marche pour la démocratie porte quatre revendications, l'abrogation de la loi travail, le rejet des traités de libre échange, la démission du gouvernement et l'initiation d'un processus de constitution citoyenne.

Nous vous invitons à converger avec nous vers le Champ-de-Mars le Jeudi 4 Août 2016 et à faire entendre ces quatre revendications.

Par ailleurs, nous vous invitons à nous rejoindre pour les étapes restantes. Vous trouverez tous les informations sur notre page Facebook et notre site internet.

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 14:20

http://www.kedistan.net/2016/07/26/gazi-hdp

Qui a parlé du meeting de Gazi à Istanbul, Samedi 23 Juillet 2016 ?

Alors qu’un rassemblement se tenait à l’initiative du parti démocratique des peuples (HDP) dans le quartier rebelle de Gazi à Istanbul, Samedi 23 Juillet 2016, notre site était encore quasi inaccessible. Nous n’avions donc pu retranscrire le déroulé de ce rassemblement.

Depuis, un autre rassemblement, à l’initiative cette fois du parti républicain du peuple (CHP), parti désormais libéral démocrate, qui continue à pousser devant lui une image de gauche qu’on ne peut plus lui reconnaître depuis longtemps, était autorisé par Recep Tayyip Erdoğan lui même, sur la place historique de Taksim à Istanbul.

Ce rassemblement du Dimanche 24 Juillet 2016, rejoint à la fois dans une totale confusion nationale, autant par une partie des écologistes, de la gauche désorientée, d’organisations de la société civile, de corporations et de syndicats, que par des représentations du parti de la justice et du développement (AKP) qui s’étaient annoncées, a eu, lui, l’honneur des médias en Europe et en Turquie, les médias de Recep Tayyip Erdoğan en premier.

Même ici en France, alors que le Monde lui même prenait quelques distances, que n’a-t-on pas vu l’Humanité titrer « par centaines de milliers, pour la démocratie et la laïcité » à propos de ce Charlie turc, auquel le HDP justement n’avait pas voulu se mêler. Refuser de se mettre en remorque de ceux là même qui avaient voté aussi au parlement la levée de l’immunité parlementaire de leurs députés, menacés désormais d’emprisonnement, était une décision justifiée.

Nous avons depuis, nous aussi, consacré un billet entier à ce meeting du CHP du Dimanche 24 Juillet 2016, dont beaucoup, peu motivés et qui pourtant y ont participé pour occuper la rue et la place Taksim, sont depuis revenus. Ils ont comme tout le monde, constaté comment le CHP kémaliste, principal organisateur, a vendu à Recep Tayyip Erdoğan cette mascarade « contre le coup d’état et pour la démocratie ».

A la sortie du palais présidentiel ce matin, où leur dirigeant était reçu pour la première fois, c’était déjà devenu une concorde nationale.

Et nous avons beau chercher, cette supercherie a littéralement effacé le meeting de la veille, qui a bien failli ne pas pouvoir se tenir lui, puisqu’organisé par la seule opposition aujourd’hui crédible et réelle à Recep Tayyip Erdoğan. Des correspondants de presse y étaient pourtant présents, tant turcs qu’européens. Trois lignes par-ci, trois lignes par-là et un paragraphe dans le fameux article de l’Humanité qui glorifie lui le rassemblement de la confusion nationaliste en paragraphes entiers.

Et comme d’habitude, nous nous sommes tournés vers les amis et nous relayons une mise en forme des tweets d’une journaliste qui mérite qu’on lui rende hommage et dont nous avions déjà retranscrit les articles parus dans le Monde Diplomatique de ce mois de juillet 2016.

Voici donc, comme si vous y étiez, avec retard, les seuls témoignages, hors ceux du HDP lui même, que nous ayons trouvés, sans langue de bois, sans recul faux cul, et riche de contenus. Mille mercis encore à Laura Maï.

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