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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 21:39

 

Des officiers turcs de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont demandé l'asile en Europe (Reuters)

 

Des officiers turcs en poste à l'OTAN ont déposé des demandes d'asile après la tentative de coup d’état avortée du mois de juillet 2016, a déclaré Vendredi 18 Novembre 2016 le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Reuters a rapporté au mois d’octobre 2016 que des centaines d'attachés turcs en poste à l’OTAN en Europe et aux Etats-Unis avaient été révoqués par les autorités turques avant d'être arrêtés et emprisonnés pour une majorité d'entre eux dès leur retour au pays.  

Jens Stoltenberg a souligné que si la Turquie restait un allié crucial au sein de l'OTAN, elle n'était pas dispensée de respecter l'état de droit, y compris dans les enquêtes qu'elle mène contre les auteurs de la tentative de coup d’état.

« Certains officiers turcs travaillant dans les structures de commandement de l'OTAN ont demandé l'asile aux pays dans lesquels ils travaillent », a déclaré Jens Stoltenberg, ajoutant que ces dossiers relevaient des pays en question.

Depuis le Vendredi 15 Juillet 2016, plus de cent dix mille militaires, fonctionnaires, magistrats, enseignants ou encore policiers ont été révoqués et trente six mille personnes incarcérées attendent d'être jugées pour leur implication présumée dans la tentative de coup d’état. 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 21:24

 

Donald Trump dit ne plus avoir le temps de se battre en justice (Reuters)

 

Donald Trump a dit Samedi 19 Novembre 2016 avoir accepté un accord à l'amiable de vingt cinq millions de dollars pour régler un différend judiciaire avec d'anciens étudiants de l'université qu'il avait fondée parce qu'il doit désormais se consacrer à son rôle de président.

Ces milliers d'anciens élèves disent avoir été floués en payant jusqu'à trente cinq mille dollars pour apprendre des secrets d'investissements dans le secteur de l'immobilier auprès de formateurs triés sur le volet par Donald Trump.

L'annonce d'un accord à l'amiable est intervenue Vendredi 18 Novembre 2016.

Deux procès collectifs avaient été engagés en Californie et une troisième action judiciaire avait été intentée devant le procureur général de New York, Eric Schneiderman.

« J'ai réglé cette affaire de la Trump University parce qu'il faut que je me concentre sur notre pays », dit le futur président des Etats-Unis sur Twitter.

« La seule mauvaise chose concernant la victoire à la présidentielle est que je n'ai pas le temps d'engager une longue procédure judiciaire à propos de Trump University. C’est dommage », ajoute-t-il dans un second tweet sur le sujet.

Cette affaire était devenue source d'embarras pour le candidat républicain lors de la campagne présidentielle. Il s'en était en effet pris au juge instruisant les plaintes en Californie, Gonzalo Curiel, assurant qu'il ne pouvait pas être impartial en raison de son origine mexicaine.

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 21:12

 

Quinze mille fonctionnaires de plus écartés en Turquie (Reuters)

 

Les autorités turques ont annoncé Mardi 22 Novembre 2016 quinze mille nouveaux limogeages dans la fonction publique, l'armée et la police, ainsi que la fermeture d'organes de presse soupçonnés d'être impliqués dans le coup d'état manqué du Vendredi 15 Juillet 2016.

Près de deux mille des personnes visées font partie des forces armées, environ sept mille six cent personnes appartiennent aux forces de police, quatre cent personnes appartiennent à la gendarmerie et plus de cinq mille personnes sont des agents d'institutions publiques, parmi lesquels des infirmières, des médecins et des sages-femmes.

Les dernières annonces, contenues dans deux décrets, portent à plus de cent vingt cinq mille le nombre de personnes renvoyées ou suspendues de leur fonction depuis le coup d'état manqué du mois de juillet 2016 que les autorités turques imputent à Fethullah Gülen, prédicateur musulman qui s'est exilé aux Etats-Unis en 1999.

Depuis le mois de juillet 2016, trente six mille personnes ont été placées en détention dans l'attente de leur procès pour leur rôle présumé dans ce putsch manqué, qui a fait plus de deux cent quarante morts.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que ces mesures avaient permis d'affaiblir de manière significative le réseau qu'auraient constitué les partisans de Fethullah Gülen, tout en précisant que la répression n'était pas achevée.

« Nous savons qu'ils n'ont pas été totalement évincés. Ils sont encore présents dans notre armée, notre police et notre justice », a déclaré Recep Tayyip Erdogan devant la presse. « Nous ne leur abandonnerons pas notre pays. Nous ne les laisserons pas ravager cette nation. Nous ferons le nécessaire ».

Fethullah Gülen, opposant de Recep Tayyip Erdogan après avoir été son allié, a démenti être à l'origine du complot.

Le décret annonce aussi la fermeture de trois cent soixante quinze institutions, de dix huit associations caritatives et de neuf organes de presse. Depuis le mois de juillet 2016, plus de cent trente organes de presse ont été contraints de fermer en Turquie.

Indépendamment des deux décrets rendus publics, les autorités ont émis des mandats d'arrêt Mardi 22 Novembre 2016 contre soixante personnes dont des pilotes de l'armée de l'air basés à Konya, dans le centre du pays, et soupçonnées d'être liées au camp guléniste.

Plus de trois cent pilotes ont d'ores et déjà été interpellés ou renvoyés depuis la tentative de coup de force, au cours de laquelle les putschistes ont utilisé des chasseurs et des hélicoptères, mais aussi des chars, pour bombarder le parlement et d'autres édifices officiels à Ankara et tenter de s'emparer du pouvoir.

Les organisations de défense des droits de l'homme accusent le président Recep Tayyip Erdogan d'exploiter le putsch manqué pour museler l'opposition.

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 20:47

 

DIX HUIT MOIS A LA MAIRIE DE BARCELONE
 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième partie d’un très long message d’Alberto Amo relatif au bilan des dix huit premiers mois d’Ada Colau à la mairie de Barcelone.
 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site du temps des Lilas à l’adresse ci-dessous.
 

Bernard Fischer
 

http://www.lilas.org/textes/alternatives/supervivienda-devenue-maire-de-barcelone
 

Bilan de dix huit mois à la mairie de Barcelone
 

Par Alberto Amo

 

Durant la première année et demi, le conseil municipal de Barcelone a stoppé l’attribution de nouvelles licences de logements touristiques. Il a fortement investi dans les quartiers défavorisés, infrastructures diverses et crèches. Il a ouvert un bureau de signalement des faits de corruption. Il a élaboré un code éthique qui interdit le pantouflage des élus et des responsables de services municipaux. Il a imposé des clauses sociales aux entreprises travaillant pour la municipalité, clauses parmi lesquelles on trouve l’absence de lien avec les paradis fiscaux, des critères favorisant les Petites et les Moyennes Entreprises (PME) qui pratiquent des salaires justes, promeuvent l’égalité de genre et la conciliation de la vie professionnelle et la vie privée. Il a nommé une adjointe à la maire au féminisme et LGBTI et une autre à la participation citoyenne. Il a démantelé le corps antiémeute de la police municipale. Il a créé une entreprise d’électricité municipale permettant aux habitants d’acheter et de vendre l’énergie solaire qu’ils produisent, s’attaquant ainsi à l’oligopole de la production et distribution d’énergie, l’un des plus puissants en Espagne. Il a instauré un programme ambitieux de piétonisation de l’espace public dans chaque quartier, sur un mode qui a suscité de nombreux éloges à l’international, et il a développé un programme d’accueil de réfugiés qui fait référence en Espagne.

Tension entre l’institution et les mouvements sociaux

« Durant la première année nous nous sommes appuyés sur les mouvements sociaux non seulement pour obtenir leur soutien mais pour bénéficier de leurs conseils et de leur expérience de plusieurs années dans le développement d’alternatives », souligne Gerardo Pisarello, premier adjoint à la maire.

Néanmoins, la relation avec les mouvements sociaux a parfois été problématique, tout particulièrement avec la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH).

Une des grandes promesses de Barcelona en Comú était l’arrêt des expulsions. Depuis son arrivée à la mairie, Ada Colau a empêché plus de quatre cent expulsions et a condamné trois banques à des amendes pour logements vides et deux entreprises immobilières à des amendes pour n’avoir pas proposé aux personnes menacées d’expulsion de mettre en place un loyer social adapté. La mairie a relogé toutes les personnes victimes d’expulsions. Mais elle n’a pas pu en finir totalement avec les expulsions, la loi hypothécaire dépendant du gouvernement central et de la région. A ce sujet, la PAH a envoyé au mois de décembre 2015 une lettre à la mairie demandant plus de courage et de fermeté et accusant Ada Colau de ne pas recourir à la loi régionale catalane pour réquisitionner les appartements vacants appartenant aux banques et grands propriétaires.

Ada Colau répondit à la PAH en expliquant que, en matière de logement, la municipalité était débordée et qu’elle avait mis en place une série de mesures d’urgence. Mais elle donnait raison à la PAH, « je ferais de même à votre place ». Et d’ajouter que « je l’ai souvent dit et je le répète avec plus de force et de conviction que jamais, sans une société civile organisée et exigeante, non seulement il n’y aura pas de changement réel, mais il n’y aura pas de démocratie digne de ce nom ». Ada Colau revendiquait ainsi la tension nécessaire entre les mouvements sociaux et le pouvoir institutionnel pour que ce dernier soit un instrument de réponse aux demandes des citoyens.

Réseau des villes rebelles

Barcelone est devenue un lieu d’expérimentation des nouvelles formes de construction d’alternatives à partir de l’institution municipale. Elle démontre que l’espace institutionnel peut impulser des logiques de consommation et d’échanges fondées sur les circuits courts, imposer des modèles plus justes aux entreprises travaillant pour l’administration, rendre poreuse la frontière entre l’espace institutionnel et l’espace citoyen, ou proposer des pistes locales pour répondre à des problèmes globaux comme celui des paradis fiscaux, de la crise des réfugiés ou de la souveraineté monétaire. La ville de Barcelone a aussi montré que la désobéissance institutionnelle est possible, en ne respectant pas le plafond de dépenses sociales imposé par le gouvernement central, l’équivalent du pacte de stabilité que la commission européenne impose aux états. Autant d’éléments qui caractérisent le « nouveau municipalisme » qui veut faire des villes les espaces premiers de la politisation citoyenne, de l’innovation politique, de la défense des plus défavorisés et de la conquête de nouveaux droits. Le conseil municipal de Barcelone cherche ainsi à tisser des liens avec d’autres villes européennes engagées pour le changement, Madrid, Saragosse, Birmingham, Bristol, Naples, Grenoble et Wadowice, entre autres, afin d’échanger les expériences et de commencer à peser collectivement sur les décisions aux niveaux étatique et européen.

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 17:46

 

BIOGRAPHIE D ADA COLAU
 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message d’Alberto Amo relatif à l’action politique d’Ada Colau, de Supervivienda à la mairie de Barcelone.
 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site du temps des Lilas à l’adresse ci-dessous.
 

Bernard Fischer
 

http://www.lilas.org/textes/alternatives/supervivienda-devenue-maire-de-barcelone

 

Comment Supervivienda est devenue maire de Barcelone
 

Par Alberto Amo
 

Au mois de mai 2007, l’héroïne Supervivienda s’invite par surprise dans la campagne des élections municipales à Barcelone. Habillée d’une cape portant le numéro quarante sept, l’article de la constitution espagnole qui établit l’accès au logement comme droit inaliénable, Supervivienda interrompt le discours de la candidate d’Initiative pour la Catalogne Verte (ICV), le parti de la gauche écologiste catalane. 

L’héroïne l’accuse notamment de ne pas prendre au sérieux le problème de l’accès au logement et de ne pas porter de propositions alternatives à celles déjà en place, qui soumettent entièrement le logement au marché.

Le collectif V de Vivienda, à l’origine de l’action, fait de même pour les autres candidats à la mairie. Ada Colau est à l'intérieur du costume de Supervivienda. Huit ans plus tard, en 2015, elle devient maire de Barcelone.

Comment une activiste sociale du mouvement pour le droit au logement est-elle devenue maire de Barcelone ? Quel programme son équipe a t elle porté ?

Lutter contre les expulsions de logement, la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH)

Pour répondre à ces questions, il est intéressant de suivre le parcours militant d’Ada Colau. En 2007, quand Ada Colau se transforme en Supervivienda, le chômage en Espagne affiche le taux le plus bas depuis la mort de Francisco Franco, huit pour cent de la population active.

Malgré cette situation, l’entrée sur le marché du travail des jeunes générations est particulièrement difficile, marquée par des salaires bas, la précarité, l’enchaînement de contrats à durée déterminée et un accès au logement très difficile en raison des effets de la bulle immobilière. Le collectif V de Vivienda est né à ce moment sous la forme d’un « mouvement citoyen », en marge des partis et des syndicats, et composé principalement par des jeunes demandant l’accès à un logement digne, notamment dans les grandes villes. À partir de 2008, l’éclatement de la bulle donne lieu à une forte récession et à une explosion du chômage, vingt sept pour cent au total en 2013 et cinquante sept pour cent des espagnols de moins de vingt cinq ans.

L’une des conséquences est la forte augmentation des expulsions de logement. Soudainement, beaucoup de personnes qui jusque-là avaient un emploi stable se retrouvent au chômage et ne peuvent plus payer leur crédit immobilier.

Désormais, le problème immobilier n’est plus seulement une question de jeunes précaires, pour beaucoup de familles, préserver son logement devient une odyssée. C’est ainsi qu’une part des activistes du collectif V de Vivienda crée en 2009 la PAH, dont Ada Colau devient le porte-parole.

LA PAH est un mouvement auto-organisé et autonome, présent dans plus de deux cent villes espagnoles. C'est un espace d’échange d’expériences et de conseils juridiques pour la négociation avec les banques, de soutien mutuel face aux expulsions de logements qui ont touché, depuis 2008, plus de quatre cent mille familles. La plateforme fonctionne sous forme d’assemblées locales, complètement horizontales, et rassemble des personnes d’une grande diversité sociale, un reflet de la forte hausse du chômage. Ainsi, on trouve des jeunes sans formation qui avaient abandonné leurs études pour travailler dans le bâtiment, industrie florissante pendant les années de la bulle, des personnes d’origine étrangère qui étaient venues en Espagne dans les années 2000, attirées par la forte croissance économique d’alors, des familles de classe moyenne qui se sont retrouvées au chômage après de longues années dans une même entreprise, ou des retraités, qui avaient garanti le crédit de leurs enfants avec leur maison, que désormais des banques leur réclament.

La plateforme prend un essor inédit à partir de mai 2011 et du mouvement d’occupation des places espagnoles, le mouvement du 15 mai 2011. Une réussite majeure de ce mouvement a été sa capacité à modifier profondément la perception de nombreux problèmes, le logement et d’autres, tels que la crise, le chômage ou la précarité au travail. Jusqu’alors ces problèmes étaient considérés comme individuels, le mouvement du 15 mai 2011 en fait des questions collectives et il les transforme en problèmes politiques, notamment celui des expulsions de logement, la loi hypothécaire très défavorable aux occupants des logements, la bulle immobilière et le chômage massif, auxquels il faut trouver des solutions politiques.

À partir du mouvement du 15 mai 2011, la PAH invente de nouvelles formes d’activisme et parvient à inscrire la question du logement dans l’agenda politique espagnol. Outre les actions ponctuelles comme l’occupation d’agences bancaires, en 2011, la PAH ouvre une campagne de blocage d’expulsions, qui trouve un écho médiatique extraordinaire, elle appelle à former une barrière humaine à chaque fois qu’une expulsion est annoncée. Les images de masses de citoyens bloquant l’accès de la police aux maisons dont les habitants sont menacés d’expulsion suscitent une vague de solidarité dans tout le pays. Depuis sa création, la PAH a réussi à empêcher plus de deux mille expulsions.

Parallèlement à l’action dans la rue, en 2013, la PAH présente un million cinq cent mille signatures à l’assemblée nationale pour ouvrir une initiative législative populaire, mécanisme qui, en Espagne, permet aux citoyens de faire une proposition de loi qui sera débattue au parlement.

L’initiative propose de modifier la loi hypothécaire d’alors et en particulier d’instaurer un moratoire sur les expulsions et la dation en paiement. Lors du débat relatif à cette proposition, Ada Colau est invitée à l’assemblée nationale et prend la parole juste après un représentant de l’association espagnole du secteur bancaire, « je ne lui ai pas jeté une chaussure à la figure parce que je pensais qu'il était important de rester ici pour dire ce que j'ai à dire. Cet homme est un criminel et vous devriez le traiter comme tel. Ce n'est pas un expert. Les représentants des institutions financières ont ruiné l'économie entière de ce pays et vous continuez à les qualifier d'experts ».

Pour appuyer l’initiative, la PAH lance une campagne d’escraches. Cette pratique de dénonciation pacifique, importée d’Argentine et d’Uruguay, consiste à se réunir autour du domicile des députés opposés à l’initiative pour dénoncer leur position et pour informer les voisins et les passants du contenu de l’initiative législative populaire.

Les escraches sont condamnées par les grands médias espagnols qui n’hésitent pas à les présenter comme des « actions violentes ». Les sondages montrent que cette forme d’action est néanmoins soutenue par quatre vingt à quatre vingt dix pour cent de la population. En dépit de l’appui de quatre vingt dix pour cent des citoyens à l’initiative législative, elle est finalement rejetée au mois d'avril 2013 par la majorité parlementaire du Parti Populaire.

Ce rejet conduit la PAH à initier de nouvelles formes d’action, notamment « l’œuvre sociale de la PAH », l’occupation d’immeubles vides pour loger des personnes expulsées, tout particulièrement des immeubles appartenant aux banques qui ont investi dans l’immobilier durant les années de la bulle et qui en 2012 ont dû être renflouées par l'état. L’occupation se fait avec l’accompagnement des activistes de la PAH qui a édité un protocole d’action très détaillé contenant la méthode à suivre, les législations à connaitre et un guide de négociation avec la banque propriétaire de l’immeuble occupé. Un élément important de ce type d’action est la diffusion d’une lettre qui explique aux voisins du quartier de l’immeuble occupé les raisons de l’occupation, fournissant des données sur le coût public du sauvetage des banques et les chiffres d’expulsions en Espagne. Un communiqué est systématiquement envoyé à la presse locale les minutes suivant l’occupation. Depuis le début de cette campagne, toujours active aujourd’hui, « l’œuvre sociale » a relogé plus de deux mille cinq cent personnes sur tout le territoire.

Sortir de l’impasse, Barcelona en Comú

Si les années 2012 et 2013 voient le plus grand nombre de manifestations de l’histoire récente de l’Espagne, à la fin de l'année 2013, les mouvements sociaux se trouvent dans une sorte d’impasse.

La lutte dans la rue n’a pas évité les coupes budgétaires ni fait disparaître les expulsions. Elle n’a pas empêché le gouvernement de réduire encore les droits des travailleurs, avec une réforme beaucoup plus agressive que le sera en France la loi travail. Même si la PAH est devenue un mouvement social incontournable, une référence très présente dans la société espagnole, cette impasse conduit Ada Colau et d’autres activistes, notamment des membres d’une plateforme anticapitaliste catalane pour la souveraineté populaire, Procés Constituent, à constituer une liste pour les élections municipales de 2015 à Barcelone, dans le but de transposer cette lutte sur le plan institutionnel. La personnalité ouverte et empathique d’Ada Colau, sa popularité, le respect et l’admiration qu’elle suscite au sein des collectifs sociaux de Barcelone, incitent Podemos et différents partis politiques de la gauche catalane à rejoindre cette candidature. Ainsi, Barcelona en Comú réunit les partis Izquierda Unida, en particulier ses antennes catalanes ICV, le parti contre lequel Ada Colau avait fait une action habillée en Supervivienda en 2007, et Esquerra Unida y Alternativa, le Partido X ainsi que Podemos. Les négociations aboutissent à la présentation d’une liste de quinze personnes menée par Ada Colau et formée à la fois de personnes directement associées au projet Barcelona en Comú et de membres des partis suscités. On y trouve des enseignants-chercheurs engagés au sein de Procés Consituent ou de l’Observatorio para el Hábitat Colectivo y Sostenible, ou encore des avocats, des journalistes et des habitants ayant une expérience des mouvements féministes, de défense du droit au logement ou de transports en commun respectueux de l’environnement. Les candidats s’engagent à suivre un code éthique qui établit une limite salariale de deux mille deux cent euros par mois, trois fois le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) en Espagne, un maximum de deux mandats et les oblige à rendre compte publiquement de leurs actions et de leur gestion.

En parallèle, l’élaboration du programme se fait à partir de propositions et d’axes prioritaires émis par des assemblées de quartier et des commissions de travail thématiques. Il en résulte un programme de quarante points sélectionnés par un vote ouvert à l’ensemble des habitants de Barcelone. Chacune de ces mesures est accompagnée des mécanismes nécessaires à son application et d’un protocole de vérification de sa mise en place et ses résultats. Parmi les principaux points du programme, on trouve, bien sûr, la fin des expulsions de logement ou la reprise par la mairie de certains services publics dont la gestion avait été privatisée par les gouvernements municipaux précédents.

Mais le programme va bien au delà d’un simple rétablissement des droits et des services balayés par les mesures d’austérité des gouvernements précédents. Barcelona en Comú propose une réforme structurelle et un nouveau modèle de ville qui va de la question économique au partage de l’espace public et à la participation citoyenne active. Le programme propose ainsi de repenser la dépendance de la ville de Barcelone à l’égard du tourisme, dont la massification et le manque de régulation commencent à engendrer des problèmes dans plusieurs quartiers de la ville. Le nombre de touristes annuel est passé d'un million huit cent mille en 1990 à plus de huit millions en 2013, entraînant une flambée des prix qui conduit de nombreux habitants à quitter le centre-ville et la disparition de la « vie de quartier ». Le programme de Barcelona en Comu propose la création d’un label éco-solidaire pour favoriser le modèle d’entreprises coopératives de circuit court. Il propose une monnaie locale qui servirait non seulement à payer les taxes municipales mais aussi à l’octroi de micro crédits municipaux, l’inclusion de clauses sociales dans tous les contrats publics entrepris par la mairie ou la piétonisation d’un grand nombre de rues.

La construction du programme joue un rôle très important pour générer un mouvement d’adhésion. Les citoyens participent à la rédaction des mesures qui affectent de manière directe et concrète leur vie quotidienne. La participation de milliers de citoyens de la ville à la discussion et à l’élaboration du programme profite du très fort activisme et de la « vie de quartier » préexistants dans cette ville.

Le 24 mai 2015, Barcelona en Comú remporte les élections municipales avec vingt cinq pour cent des voix, jusqu’à quarante pour cent des voix dans les quartiers populaires. Bien que ce pourcentage soit loin d’atteindre la majorité absolue, Ada Colau est investie maire de Barcelone avec l’appui d'Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), du Parti Socialiste Catalan et de la Candidature d'Unité Populaire (CUP), le parti de la gauche indépendantiste basée sur un modèle d’organisation en assemblées. À l’issue du vote d’investiture, Ada Colau remercie les citoyens « d’avoir rendu possible l’impossible ».

Quelques instants plus tard, elle sort par l’entrée principale de l’hôtel de ville où l’attendent des milliers de personnes pour la couvrir d’une pluie de confettis.

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 17:33

 

http://www.humanite.fr/un-militant-associatif-poursuivi-pour-aide-aux-etrangers-en-situation-irreguliere-618771

 

Un militant associatif poursuivi pour aide aux étrangers en situation irrégulière

 

Un militant d'une association qui avait ouvert Lundi 17 Octobre 2016 un lieu d'accueil pour réfugiés à Saint Dalmas de Tende, dans le département des Alpes-Maritimes, devait être remis en liberté sous contrôle judiciaire Samedi 22 Octobre 2016 dans l'après-midi après être passé devant un juge des libertés et de la détention.

« Solidarité avec les réfugiés, libérez Cédric Herrou », pouvait-on lire sur une banderole accrochée sur les grilles du palais de justice de Nice. Une cinquantaine de militants associatifs s'étaient rassemblés Vendredi 21 Octobre 2016 en début d'après-midi devant le tribunal de Nice en signe de soutien à Cédric Herrou. Cet agriculteur de Breil-sur-Roya, âgé de trente sept ans, déféré au parquet de Nice après quarante huit heures de garde à vue, est poursuivi pour « aide à l'entrée, à la circulation et au séjour d'étrangers en situation irrégulière, et  installation d'une habitation dans des locaux privés ». Son procès est fixé au Mercredi 23 Novembre 2016. Il encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et trente mille euros d'amende.

Membre de l'association Roya Citoyenne, qui prône la solidarité avec les migrants qui tentent de passer en France depuis la ville-frontière de Vintimille, Cédric Herrou avait déjà été interpellé au mois d’août 2016 avec huit érythréens à bord de son véhicule. Le parquet de Nice avait alors classé l'affaire sans suite, s'appuyant sur la législation qui permet d'accorder une immunité à titre humanitaire aux passeurs qui ne sont pas rétribués et qui agissent si la vie des personnes recueillies est jugée en péril.

L'association Roya Citoyenne, pour dénoncer l'inertie des pouvoirs publics face au problème migratoire, avait décidé Lundi 17 Octobre 2016 d'investir une colonie de vacance désaffectée de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) à Saint-Dalmas-de-Tende et de la transformer en lieu de transit pour les migrants recueillis dans la vallée de la Roya, la première vallée alpine côté français, fréquemment empruntée par les réfugiés en provenance d'Italie. Une cinquantaine de réfugiés érythréens y étaient hébergés, mais le département des Alpes-Maritimes et la région Provence Alpes Côte d’Azur (PACA) avaient aussitôt exigé le démantèlement sans délai. George Faye, membre de Roya Citoyenne avait expliqué que « nous ne voulons pas défier les autorités, nous voudrions qu'elles comprennent. Le département a dit qu'il ne voulait pas de migrants et pas de mineurs alors que c'est son devoir ». Jeudi 20 Octobre 2016, les forces de l'ordre étaient intervenues pour évacuer le camp, plaçant quatre personnes en garde à vue, dont trois relâchées rapidement, et plaçant les mineurs étrangers isolés qui s'y trouvaient dans des centres d'hébergement du département. Des migrants adultes avaient pour leur part été confiés à la police en vue d'être reconduits en Italie.

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 17:07

 

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/11/18/des-villes-americaines-se-font-sanctuaires-pour-les-sans-papiers_5033486_829254.html

 

Des villes américaines se font sanctuaires pour les sans-papiers

 

Un mouvement sans précédent se met en place depuis l'élection de Donald Trump

 

Par Corine Lesnes, correspondante du Monde à San Francisco

 

Même dans les universités d’élite de la Silicon Valley, en Californie, les enfants d’immigrants sont inquiets. « J’ai peur », confie Marlene Cerritos-Rivas, vingt et un ans. « Je me sens visée, beaucoup plus qu’avant ».

L’étudiante est en troisième année à l’université jésuite de Santa Clara, au sud de San Francisco. Elle est arrivée, enfant, du Salvador et elle n’a jamais eu de documents en règle. « Qu’est-ce qui va nous arriver maintenant », s’alarme-t-elle. « Donald Trump n’a jamais caché qu’il veut nous déporter ».

Les étudiants de Santa Clara ont manifesté Jeudi 17 Novembre 2016 sur leur campus en signe de solidarité avec leurs camarades sans documents d’identité. Des enseignants ont participé au rassemblement, qui avait le soutien des responsables de l’établissement. Deux jours plus tôt, Mardi 15 Novembre 2016, c’est à Stanford que près de sept cent étudiants manifestaient pour demander à la direction de faire de leur campus un « sanctuaire » contre les expulsions d’immigrés annoncées pendant sa campagne par Donald Trump.

La même mobilisation a été enregistrée dans les universités de la côte est à Harvard, à Yale, à l’université Columbia et à la New York University, en tout, dans une centaine de campus américains. Avec la même revendication, faire des universités des refuges pour les sans-papiers, à l’image des « villes sanctuaires », les quelque trois cent localités américaines qui refusent de coopérer avec la police fédérale chargée des expulsions.

Recours aux polices locales

Depuis l’élection de Donald Trump, c’est un mouvement sans précédent qui s’est propagé dans les villes démocrates et les milieux universitaires, un élan de solidarité avec tous ceux dont le sentiment de sécurité s’est évanoui le Mardi 8 Novembre 2016. Dans sa première interview de président élu, le Dimanche 13 Novembre 2016, le magnat de l’hôtellerie de luxe a indiqué qu’il ne s’en prendrait pas immédiatement aux quelque onze millions de sans-papiers qui vivent dans le pays, mais viserait d’abord les repris de justice, membres de gangs ou revendeurs de drogue. Il a estimé leur nombre à deux ou trois millions de personnes.

Selon les experts, le plan de Donald Trump, même réduit par rapport aux promesses de campagne électorale, sera lourd et difficile à mettre en place, sauf à requérir l’assistance des polices locales. Or, celles-ci ne sont pas censées se préoccuper d’immigration, un domaine qui est du ressort du gouvernement fédéral. Aux Etats-Unis, la police de la route contrôle le permis de conduire d’un contrevenant mais n’est pas censée l’interroger sur sa nationalité ou son permis de séjour.

La tentation de recourir aux polices locales pour faciliter le contrôle de l’immigration n’est pas l’apanage du républicain. Elle avait été identique dans les premières années de l’administration de Barack Obama. Le président démocrate, qui avait essayé de donner des gages de bonne volonté aux républicains dans l’espoir de parvenir à un compromis sur son projet de réforme de l’immigration, avait ordonné une intensification des expulsions. Il y en a eu deux millions cinq cent mille entre 2009 et 2015. Une série de municipalités s’étaient alors déclarées « villes sanctuaires », les maires avaient ordonné à leur police de ne pas servir d’auxiliaires aux forces de l’ordre en charge de l’immigration, sauf dans le cas d’affaires criminelles.

Depuis le Mardi 8 Novembre 2016, les maires de ces villes ont réaffirmé leur refus de prendre part aux « déportations » d’immigrants en situation irrégulière prévues par Donald Trump, laissant présager un affrontement frontal avec la nouvelle administration. « A tous ceux qui sont remplis d’anxiété, je veux dire que vous êtes en sécurité ici », a assuré le maire de Chicago, Rahm Emanuel. « La ville restera une ville sanctuaire ».

Les maires de San Francisco, Seattle, Boston, Santa Fe, Denver, Washington et d’une dizaine d’autres villes ont exprimé la même position. « La dernière chose que nous voulons, c’est nous tourner contre nos voisins », a déclaré le maire de Seattle, Ed Murray.

Le chef de la police de Los Angeles, Charlie Beck, a réaffirmé que ses agents n’entendaient pas participer à des raids qui leur aliéneraient la communauté hispanique et les priveraient des renseignements obtenus dans les quartiers. « J’ai besoin qu’ils travaillent avec leur commissariat de quartier et qu’ils témoignent en cas de crimes violents. Jouer le rôle de police de l’immigration déchire ce tissu social ».

Le maire de New York, Bill de Blasio, a même assuré qu’il détruirait la banque de données où sont portés les noms des sans-papiers bénéficiant de cartes d’identité de la ville et qui leur permettent d’ouvrir des comptes bancaires si l’administration de Donald Trump cherchait à s’en emparer. « Nous n’allons pas sacrifier cinq cent mille personnes qui vivent parmi nous », a-t-il dit. « Nous ferons tout ce que nous pouvons pour résister ».

Menace sérieuse

Pour les républicains, les villes sanctuaires sont un symbole du laxisme démocrate, rien n’oblige la police locale à notifier les agents fédéraux quand ils remettent en liberté un détenu en situation illégale, même s’il s’agit d’un délinquant. Pendant un meeting de campagne, à Phoenix, Donald Trump a menacé les rebelles de leur couper les vivres. « Plus de financements », a-t-il lancé. « Les villes qui refusent de coopérer avec les autorités fédérales ne recevront plus de subventions du contribuable ».

La menace est sérieuse. Si elle était mise à exécution, San Francisco, qui abrite quelque quarante quatre mille sans-papiers, pourrait perdre un milliard de dollars, neuf cent millions d’euros, sur un budget de neuf milliards six cent millions de dollars. Le métro, l’aide aux sans abris et l’assurance-santé des plus pauvres pourraient être affectés. A New York, où le nombre de sans-papiers est estimé à cinq cent soixante quatorze mille personnes, l’aide fédérale s’élève à six milliards de dollars, soit neuf pour cent du budget.

En 2015, le congrès avait déjà essayé de faire adopter une loi coupant les ressources des villes sanctuaires. Les démocrates avaient pu s’y opposer au sénat. L’administration de Donald Trump sera, à partir du mois de janvier 2017, dans une conjoncture législative plus favorable.

Et le candidat a inscrit le dossier, hautement symbolique pour la droite, dans son programme des cent premiers jours.

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 16:27

 

http://www.ekurd.net/french-favor-med-nuce-2016-11-17

 

Le tribunal de commerce de Paris défend la chaîne de télévision kurde Med Nuce Télévision après son interruption par Eutelsat
 

Le tribunal de commerce de Paris s'est prononcé en faveur de la chaîne de télévision kurde Med Nuçe Télévision dont la diffusion avait été interrompue par l'opérateur français Eutelsat. L'avocat de Med Nuçe a déclaré que c'était « une grande victoire au nom de la liberté de la presse ».

Le tribunal devait prononcer le verdict sur Med Nuçe Télévision et Newroz Télévision le Lundi 14 Novembre 2016, mais les juges tardaient à signer. Le verdict sur Newroz Télévision a été annoncé Mardi 15 Novembre 2016 et le verdict sur l'affaire Med Nuçe Télévision a été signé Jeudi 17 Novembre 2016.

Le tribunal de commerce de Paris a condamné Eutelsat dans les deux affaires.

Le tribunal a exigé la diffusion des émissions de Med Nuçe Télévision et de Newroz Télévision.

Eutelsat a arrêté la diffusion de Med Nuce Télévision, qui a des émissions et des programmes en kurde et en turc, le 3 octobre 2016 et a mis Newroz Télévision hors d'antenne le 11 octobre 2016 à la demande de l’autorité audiovisuelle turque (RTUK), qui accuse la station d'avoir des liens avec le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

La décision d'Eutelsat est illégale

Le verdict du tribunal de commerce de Paris sur Med Nuçe Télévision a déclaré que la décision d'arrêter la diffusion appartenait à l'autorité belge de la radio et de la télévision et n’appartenait pas à d’Eutelsat. Le juge Thierry Hubert-Dupon a déclaré qu'Eutelsat n'avait pas prouvé les prétentions du conseil supérieur de la radio et de la télévision turque (RTÜK) et a décrété qu’Eutelsat avait violé la Convention Européenne sur la Télévision Transfrontalière (CETT). Le tribunal a jugé que la décision d'arrêter la diffusion était « clairement illégale ».

Le verdict ordonne « de reprendre la diffusion des programmes de Med Nuçe Télévision et du satellite Hotbird interrompus le 3 octobre 2016 ».

Le tribunal a statué que la détermination des dommages matériels incombait à la société belge. Le tribunal a également condamné Eutelsat à verser cinq mille euros de dommages et intérêts à Med Nuçe Télévision. Avec ce décret, Eutelsat devrait reprendre les émissions de Med Nuçe Télévision sous peine de devoir payer dix mille euros de dommages et intérêts pour chaque jour du retard.

Dix mille euros de dommages et intérêts pour chaque jour du retard

Le tribunal a rendu un verdict similaire concernant Newroz Télévision le Mardi 15 Novembre 2016. Le verdict a exigé qu’Eutelsat permette la diffusion de Newroz Télévision par la société Stiftelsen Kurdish Media (SKM). Le tribunal a ordonné à Eutelsat de verser dix mille euros de dommages-intérêts pour chaque jour de retard.

Le verdict de Newroz Télévision souligne également qu'Eutelsat n'avait aucune preuve « concrète, sérieuse et significative » que la télévision kurde avait des liens avec le PKK. Le tribunal a également jugé que les autorités turques ont recouru à une solution via Eutelsat et ont donc manqué à leurs obligations.

Une grande victoire pour la liberté de la presse

L'avocat de Med Nuçe Télévision, Jean Louis Malterre, a dit à Firat News Agency que le résultat ne changera pas même si Eutelsat fait appel.

Jean Louis Malterre a déclaré que le verdict de la cour était une grande victoire pour la liberté de la presse.

« Eutelsat n'a présenté aucune preuve au tribunal que les émissions incluent et louent la violence », a déclaré Jean Louis Malterre et il a ajouté « qu’Eutelsat aurait dû se conformer aux institutions des pays dans lesquels les émissions sont diffusées et n’aurait pas dû se conformer aux institutions turques. Eutelsat n'a pas non plus respecté la convention européenne. Maintenant, Eutelsat doit se conformer au verdict du tribunal ». Jean Louis Malterre a ajouté qu'Eutelsat avait violé les accords internationaux.

La diffusion a été stoppée à la demande de la Turquie

La première audience de l'affaire déposée par Med Nuçe Télévision devant le tribunal de commerce de Paris a eu lieu le 26 octobre 2016.

L'avocat d'Eutelsat avait accepté de prendre la décision d'arrêter les émissions à la demande de la Turquie et n'avait pas fourni la preuve d'une activité criminelle à l'audience.

Au mois de septembre 2016, les autorités turques ont arrêté les émissions de dix chaînes de télévision en majorité kurdes, y compris la chaîne pour enfants Zarok Télévision.

Il y avait eu des protestations pendant plusieurs jours contre l’arrêt des émissions de Med Nuçe Télévision et de Newroz Télévision. Plusieurs organisations de presse, partis politiques et parlementaires ont condamné la décision et protesté contre le respect par Eutelsat du régime turc. Le gouvernement français avait également déclaré que, si aucune preuve de diffusion violente n'était présentée, la fermeture d'une chaîne d’information était inacceptable.

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 22:32

 

http://www.sudouest.fr/2016/11/19/mont-de-marsan-noel-mamere-a-rendu-visite-a-eric-petetin-detenu-a-la-maison-d-arret-2574261-3452.php

 

Noël Mamère a rendu visite à Eric Pétetin, détenu à la maison d'arrêt de Mont de Marsan

 

Un comité de soutien d'une vingtaine de personnes s'est rassemblé devant le centre pénitentiaire de Pémégnan

 

Eric Pétetin, Pétof ou encore l'indien, a reçu Samedi 19 Novembre 2016 la visite du député-maire de Bègles, Noël Mamère, pour qui il a travaillé pendant sept ans au service des espaces verts de la ville girondine.

 

L'élu avait demandé un parloir avec l'activiste écologiste pour prendre de ses nouvelles depuis son placement en détention le 20 septembre 2016.

 

« Il doit sortir le 23 décembre 2016 mais il peut bénéficier d'une remise de peine. Il espère que le Juge d’Application des Peines (JAP) lui accordera. C'est un moment très difficile pour lui. Il a la foi pour l'aider et vit dans la perspective de sortir le plus vite possible. Mais il n'a rien à faire là, c'est une évidence », constatait Noël Mamère après ces quelques minutes d'entrevue.

 

Il livrait son point de vue devant une vingtaine de personnes venues soutenir celui que l'on présente comme le doyen des zadistes. Eric Pétetin purge trois mois de prison, la conséquence du non-respect d'une obligation de travail d’intérêt général suite à une peine de trois mois de sursis à laquelle il avait été condamné en 2013, à Rennes, après avoir tagué une vitrine en réaction à la situation de Notre-Dame-Des-Landes.

 

Depuis, il a été condamné à deux mois de prison pour avoir jeté de l'eau au visage du maire d’Agen, Jean Dionis du Séjour.

 

« Oui, ce sont des gestes malheureux. Mais il n'est pas pour autant un dangereux criminel », s'agace Noël Mamère. « Peut-on parler de la criminalité des cols blancs en revanche qui, elle, est beaucoup plus grave ? Je soutiens l'homme et la cause qu'il défend. Je trouve cela choquant qu'il soit emprisonné à l'heure où nos prisons sont engorgées » a ajouté le député maire de Bègles, qui invite à écrire à Eric Pétetin à la prison de Mont de Marsan pour « l'aider à passer ce moment difficile de l'enfermement ». 

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 21:20

 

Affrontements entre forces rebelles soutenues par la Turquie et miliciens kurdes en Syrie (Reuters)

 

Des rebelles syriens alliés de la Turquie se sont heurtés Lundi 21 Novembre 2016 à des milices kurdes soutenues par les Etats-Unis, les deux camps étant lancés dans une course de vitesse pour reprendre la localité d’al Bab tenue par l'organisation Etat Islamique dans le nord de la Syrie.

Cette agglomération est la dernière d'importance que contrôle le groupe djihadiste dans la région frontalière de la Turquie.

Les combats se sont produits dans le village de Cheikh Nasser, tenu jusqu'à récemment par l'Etat Islamique. Ils ont impliqué des membres des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), coalition de combattants kurdes et arabes appuyée par le ministère de la défense des Etats Unis et dont les milices des unités de protection du peuple (YPG) forment la colonne vertébrale.

« Nous nous sommes heurtés aux kurdes des YPG et nous avons pris le village », a déclaré Abou Assad Dabiq, commandant d'unité de l'opération Bouclier de l'Euphrate lancée à la fin du mois d’août 2016 par l'armée turque.

Cette opération, qui implique des blindés, des unités d'artillerie et l'aviation turque, soutient principalement des rebelles arabes et turkmènes dans le nord de la Syrie.

Son objectif est de repousser l'Etat Islamique mais également d'empêcher les kurdes de profiter de ce reflux pour obtenir des gains territoriaux.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé la semaine passée que l'objectif premier de l’opération Bouclier de l'Euphrate était de reprendre al Bab située à trente kilomètres au sud de la frontière.

La deuxième étape concernera Manbij dont les kurdes ont chassé cet été les djihadistes et la troisième visera Rakka, fief de l'Etat Islamique en Syrie.

Jusqu'à présent, les affrontements directs entre rebelles soutenus par la Turquie et milices kurdes avaient été limités.

Les FDS ont récupéré d'importantes étendues de territoire à l'est et à l'ouest d’al Bab et se sont emparées de toute une série de villages environnants avant de consolider leurs positions par l'envoi de troupes depuis Manbij.

« Les YPG essaient d'avancer dans des zones où nous progressons », a commenté Abou Assad Dabiq, dont les troupes travaillent à renforcer leurs positions à quelques kilomètres d’al Bab afin de contenir les troupes kurdes.

« Ils sont en concurrence avec nous pour atteindre al Bab. Ils travaillent à couper toutes les routes en provenance d'Alep ou en direction d’al Bab », a-t-il ajouté.

« Les FDS ont créé une enclave de fait entre les groupes rebelles sunnites et les positions de l'armée syrienne plus au sud », a expliqué Abou Assad Dabiq.

La prise d’al Bab constituerait un succès d'importance pour la Turquie qui tente d'imposer une zone tampon entre les combats et son territoire et qui veut empêcher les kurdes de réunir les zones qu'ils contrôlent à l'est et à l'ouest de l'Euphrate.

L'armée syrienne se trouve, elle, à une douzaine de kilomètres de la ville et le gouvernement de Damas a fait savoir qu'il ne laisserait par les alliés de la Turquie s'emparer de la localité.

 

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