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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 16:08

 

Le tueur des Champs-Elysées avait déjà menacé des policiers (Reuters)

 

L'assaillant qui a tué Jeudi 20 Avril 2017 un policier et en a blessé deux autres sur les Champs-Elysées à Paris avait déjà menacé de s'en prendre aux forces de l'ordre, la dernière fois au mois de février 2017, selon des sources proches de l'enquête.

L'enquête en flagrance ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris a rapidement permis d'identifier cet homme de trente neuf ans, Karim Cheurfi, né à Livry-Gargan, dans le département de la Seine-Saint-Denis, connu pour de multiples actes de délinquance et radicalisé, sans doute en prison.

Un parcours désormais classique qui s'est achevé sur l'avenue la plus symbolique de la capitale, où il a ouvert le feu avec une arme automatique sur des policiers en faction, avant d'être lui-même abattu.

« Il a ouvert le feu sur des policiers sachant qu'il allait se faire tuer par eux », estime une source proche de l'enquête.

Un mot manuscrit défendant l’Etat Islamique a été retrouvé près du corps de l'assaillant, a-t-on appris Vendredi 21 Avril 2017 de source proche du dossier.

Selon une source judiciaire, un fusil à pompe et des armes blanches ont été également trouvés dans sa voiture abandonnée à proximité des lieux de l'attaque, ainsi que les adresses de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), de trois armureries et du commissariat de police de Lagny-sur-Marne, dans le département de la Seine-et-Marne, département où il vivait.

Trois membres de son entourage familial ont été interpellés et placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête.

Karim Cheurfi, célibataire et sans enfant, hébergé chez sa mère à Chelles, dans le département de la Seine-et-Marne, était depuis le 14 octobre 2015 en mise à l'épreuve après une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour une série de petits délits.

Il était en recherche d'emploi, selon un rapport d'évaluation de sa mise à l'épreuve daté du 17 janvier 2017.

Quelques jours plus tard, au mois de février 2017, alors qu'il est entendu par la police judiciaire de Meaux dans une affaire de droit commun, il menace de mort les policiers.

Il est alors placé en garde à vue par la brigade criminelle de Versailles « pour avoir ouvertement annoncé qu'il souhaitait abattre des policiers », mais il est libéré « faute de preuves », a-t-on précisé à Reuters de source proche de l'enquête.

La Sous Direction Anti Terroriste (SDAT) de la police judiciaire transmet l’information à la DGSI, qui l'a enregistré dans son fichier des personnes radicalisées, distinct du fichier S, ajoute-t-on de même source.

Quatorze ans plus tôt, en 2001, il avait déjà tiré sur des policiers après avoir percuté accidentellement, au volant d'une voiture volée, le véhicule de deux agents en civil et tenté de s'enfuir en ouvrant le feu quand ils s'étaient identifiés.

Arrêté, il avait alors dérobé l'arme d'un policier pendant sa garde à vue et tiré sur lui à cinq reprises, le touchant trois fois. Des faits qui lui ont valu d'être condamné à vingt ans de prison, ramenés à quinze ans de prison. Il sera libéré au bout de dix ans.

La question de savoir comment cet homme, signalé pour sa dangerosité, est passé à l'acte aussi facilement se pose inévitablement, comme à chaque fois dans ce type d'affaire.

« Il n'aurait jamais dû être dehors. Il y a un problème de justice pénale sur lequel il faudra se pencher », a ainsi déclaré à Reuters le secrétaire général du Syndicat Alternative Police de la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT), Denis Jacob, pour qui il y a aussi un problème de transmission des informations entre services de renseignement.

Ce n'est pas la seule question sans réponse.

La revendication de l'attentat par l'organisation de l'Etat Islamique au nom d'Abou Youssouf al Belgiki ne correspond absolument pas à l'identité de Karim Cheurfi.

« Nous ne comprenons pas pourquoi l'Etat Islamique a cité une personne qui n'est pas la bonne », a déclaré à Reuters une source proche de l'enquête. « Ce qui semble logique, c'est que l'Etat Islamique avait l'intention de faire quelque chose pendant la campagne pour les élections présidentielles ».

Les autorités belges avaient adressé aux services de police français des renseignements annonçant l'arrivée imminente en France d'un « individu très dangereux », prénommé Youssouf.

Dans la soirée, les services français diffusaient une fiche de recherche intitulée « attentat sur les Champs Elysées, urgent », avec le nom et la photographie de cet homme, signalant qu'il était « arrivé depuis la Belgique avec le Thalys ».

Ce Youssouf avait-il des liens avec Karim Cheurfi ou ces deux affaires sont-elles distinctes ?

Le porte-parole du ministère de l’intérieur français, Pierre-Henry Brandet, a en tout cas confirmé que les autorités françaises enquêtaient sur un homme signalé par la Belgique.

Mais selon l'agence Belga, un individu répondant à cette identité s'est rendu spontanément à la police d'Anvers.

Karim Cheurfi a-t-il agi seul ou avait-il des complices ? Les premiers éléments communiqués Jeudi 20 Avril 2017 de source policière laissaient entendre qu'au moins un autre homme était impliqué et en fuite. Mais l'on n'écartait plus Vendredi 21 Avril 2017 de sources proches de l'enquête l'hypothèse d'un acte solitaire.

 

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 15:41

 

http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/04/16/le-pen-melenchon-meme-combat-en-faveur-de-bachar-al-assad

 

Marine Le Pen et Jean Luc Mélenchon, même combat en faveur de Bachar al-Assad

 

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont tous deux sacrifié le peuple syrien à une vision littéralement inhumaine des relations internationales.

 

La vision caricaturale d'un monde sans peuple

 

Par Jean Pierre Filiu

 

Dimanche 16 Avril 2017

 

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont généralement décrits comme des populistes, avec ou sans les précautions d’usage. Ces deux candidats au premier tour des élections présidentielles s’accordent pourtant pour nier au peuple syrien, non seulement son droit à l’autodétermination, mais sa réalité d’acteur de son propre destin.

Marine Le Pen ne s’embarrasse pas de nuances. la Syrie est confrontée selon elle à un « choix binaire entre Bachar al-Assad d’un côté et l’Etat Islamique de l’autre ». Elle a exprimé cette prise de position lors de son déplacement à Beyrouth des 20 février et 21 février 2017, affirmant que telle était son analyse « depuis le début de la crise syrienne ». Personne n’a relevé que les manifestations pacifiques contre le régime de Bachar al Assad ont éclaté au mois de mars 2011 et que l’Etat Islamique en Irak et au Levant n’a été proclamé qu’au mois d’avril 2013 dans la ville syrienne de Raqqa, soit plus de deux ans après « le début de la crise syrienne ».

Peu importe à la présidente du Front National, auréolée à Beyrouth de sa première rencontre de présidentiable avec un chef d’état, le libanais Michel Aoun. Elle a réitéré au cours de son séjour sa conviction que le maintien de Bachar al-Assad au pouvoir représentait « évidemment aujourd’hui une solution bien plus rassurante pour la France ».

L’inconscience le dispute à l’indécence dans la coïncidence entre de telles déclarations et l’hommage rendu par Marine Le Pen aux « soldats tombés pour la France au Liban depuis 1975 », dont les cinquante huit parachutistes du poste Drakkar, tués le 23 octobre 1983, dans un attentat largement attribué aux réseaux de Hafez al-Assad, le père de Bachar al Assad.

Marine Le Pen a été reçue avec éclat, le 24 mars 2017, par Vladimir Poutine au Kremlin. Elle renouvelé à cette occasion son soutien inconditionnel à l’intervention russe en Syrie « qui a porté un coup sérieux au fondamentalisme ». Elle n’a pas là plus qu’ailleurs commenté le fait que cette intervention ne vise l’Etat Islamique qu’à la marge et qu’elle a été concentrée, notamment dans la terrible bataille d’Alep, contre les forces opposées à la fois à Bachar al Assad et à l’Etat Islamique. Après le bombardement chimique sur Khan Cheikhoun, le Mardi 4 Avril 2017, Marine Le Pen a affirmé « ne croire personne ». Et les exigences qu’elle a posées pour une « enquête internationale indépendante » ne sont pas très éloignées de celles de Bachar al-Assad.

Jean-Luc Mélenchon a toujours eu beaucoup de mal à accepter l’existence d’un peuple syrien doué de raison et voué à être souverain sur sa terre de Syrie. Cette terre n’est pas pour lui l’un des foyers majeurs de la civilisation universelle, c’est un espace vide où se déploient à loisir les stratégies de domination internationale, à l’image de ce jeu de Risk dont le candidat du Mouvement de la France Insoumise (MFI) a peut-être abusé dans sa jeunesse. En Syrie, il n’y a donc pas un dictateur qui opprime et des opprimés qui lui résistent. Non, il y a un chef d’état, Bachar al-Assad donc, qui résiste à des projets « de gazoducs et de pipelines » imposés depuis l’étranger.

Qu’aucun de ces projets « de gazoducs et de pipelines » n’ait connu le moindre début de conception, a fortiori de construction, importe peu à Jean Luc Mélenchon, car il tient là la réponse définitive à toutes les interrogations sur la Syrie. Nous espérions d’un présidentiable une analyse à la mesure de l’enjeu, après le bombardement sur Khan Cheikhoun, puis le raid américain sur Shayrat, deux jours plus tard. Non, Dimanche 9 Avril 2017, face aux dizaines de milliers de personnes venues l’écouter sur le Vieux-Port de Marseille, il a encore martelé « gazoducs et pipelines, même si ces guerres ont eu parfois la religion pour prétexte ».

Religion comme prétexte et hydrocarbures comme réalité, voilà à quoi est réduite la lutte du peuple syrien pour sa liberté. En revanche, Jean Luc Mélenchon a pris la peine d’affirmer, au cours du Grand Débat du Mardi 4 Avril 2017, qu’il « faut s’occuper du malheureux lycée Charles de Gaulle à Damas que des compatriotes français s’efforcent de faire vivre admirablement ». Pour mémoire, la France a fermé son ambassade à Damas au mois de mars 2012 et a logiquement appelé ses ressortissants à quitter le pays. Le consulat de Beyrouth continue d’assister le millier de français demeurés malgré tout en Syrie. Le lycée Charles de Gaulle, tout proche du palais présidentiel, est géré par un comité de parents d’élèves, sous l’étroite tutelle du régime de Bachar al Assad et de ses services de sécurité. Si Jean Luc Mélenchon est favorable au rétablissement des relations avec la dictature syrienne, libre à lui de se prononcer franchement en ce sens plutôt que de mettre en avant un « malheureux lycée ».

L’engagement de Marine Le Pen en faveur de Bachar al-Assad a l’avantage d’être clair et affiché. Celui de Jean-Luc Mélenchon se camoufle sous des élucubrations géopolitiques qui suscitent un authentique malaise. Mais l’une et l’autre ont bel et bien rejeté le peuple syrien dans les poubelles de l’histoire. C’est le fruit pour eux d’une politique constante et réfléchie, à l’heure même où tous deux briguent l’Elysée.

 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 20:01

 

https://medium.com/@salam.abbara/franco-syriennes-voilà-pourquoi-nous-ne-voterons-pas-mélenchon-4ac32124f34b

 

Franco-syriennes, voilà pourquoi nous ne voterons pas pour Jean Luc Mélenchon

 

Devant une tragédie humaine qui montre aujourd’hui le rapport de chaque homme politique au pouvoir, à la justice, à la liberté et à l'humanité, les prises de position de chacun sur la question sont révélatrices.

 

Par Salam et Alia Abbara

 

Françaises d’origine syrienne, plus proches de la gauche que de la droite et n’ayant de toute façon aucune affinité pour le programme de François Fillon ou de Marine Le Pen, nous nous sommes intéressées de près à la position de Jean Luc Mélenchon, au-delà des courtes citations dans les articles et des raccourcis dans les vidéos, pour découvrir à quel point sa position sur la Syrie dénote, à notre sens, d’une profonde immoralité. Vous trouverez dans les références de quoi étayer nos propos et nourrir votre réflexion.

 

Pas de soutien à Vladimir Poutine, sauf en Syrie

 

Jean Luc Mélenchon affirme lors de son meeting au Havre qu’il ne soutient pas Vladimir Poutine, soit. Néanmoins, sur la question syrienne, le discours n’est pas le même. Partant d’un exemple très particulier et discuté, le fait que les russes auraient coupé une sortie du pétrole de l'Etat Islamique par la Turquie, et d’une citation, « la première victime d’une guerre, c’est la vérité », Jean Luc Mélenchon généralise, paradoxalement très sûr de lui, en disant qu’il ne pense pas que les russes ciblent en majorité des civils et des révolutionnaires et qu’ils font, en gros, du bon travail en Syrie. S’il a besoin de preuves, qu’il discute avec les médecins dans les hôpitaux de campagne de Médecins Sans Frontières (MSF), de l’Union des Organisations de Secours et de Soins Médicaux (UOSSM) ou de Syria Charity, bombardés par l’aviation syrienne et par l'aviation russe. Qu’il lise les rapports de Human Rights Watch (HRW), Amnesty International et nous en passons, citant les crimes de guerre commis par la Russie en Syrie.

 

L’absence de condamnation des agissements de Bachar el Assad

 

Ce qui sidère sans doute le plus, c’est que, depuis 2011, Jean Luc Mélenchon n’a à aucun moment clairement condamné les agissements de Bachar al Assad. Dans le dernier rapport du Syrian Network for Human Rights (SNHR), sur les deux cent sept mille civils décédés recensés depuis 2011, plus de quatre vingt quatorze pour cent auraient été tués par l’alliance syro-irano-russe. Face à un désastre humanitaire incroyable, près d'onze millions de déplacés ou réfugiés, plus de quatre cent cinquante mille morts, une nouvelle génération perdue, l’extermination en masse de dizaines de milliers de personnes, y compris des enfants, dans les prisons du régime, l’utilisation avérée de l’arme chimique et de bombes incendiaires par le régime syrien, Jean Luc Mélenchon continue à faire l’autruche. Sans oublier les bombes-barils explosives larguées depuis des hélicoptères et qui tuent sans distinction parmi la population civile. Il n’est plus un secret pour personne aujourd’hui que Bachar al Assad est la cause première du désastre syrien. Non, il ne s’agit pas, en toute simplicité, comme Jean Luc Mélenchon pense le résumer, d’une guerre de gazoducs et d’oléoducs.

Il s’agit de la volonté initiale d’un peuple de se libérer d’une dictature. Il s’agit d’une frustration et d’une révolte qui a débuté avec la torture d’enfants à Deraa en 2011. Après des manifestations pacifiques du peuple, c’est la répression sanguinaire du clan de Bachar al Assad, la torture, les cadavres, le goût du sang et les défections dans l’armée qui ont poussé les révolutionnaires aux armes. Puis c’est secondairement dans les ruines d’une Syrie bombardée par son dictateur et ses alliés russes et iraniens que les groupes extrémistes comme l'Etat Islamique ont pu proliférer. Lors de la dernière attaque au gaz chimique, Jean Luc Mélenchon a encore une fois condamné quiconque aurait fait cette attaque, sans nommer le coupable. Le coupable a un nom, il a une adresse et il a des alliés. Le coupable, c’est Bachar al Assad. Ne pas condamner ses agissements aujourd’hui, c’est les approuver.

Concernant l’arme chimique, les bombes incendiaires, la torture et les bombardements, nous renverrons n’importe quelle personne doutant encore aux rapport d'HRW sur la Syrie, mais également aux paroles et vidéos des Organisations Non Gouvernementales (ONG) médicales qui oeuvrent dans les zones de conflit en Syrie, aux photos de milliers de torturés prises par César dans les prisons militaires et aux témoignages des soignants qui soignent au quotidien les victimes.

 

L'Etat Islamique, ceux qu’il faut écraser, et les kurdes, ceux qui doivent gagner

 

Vu le franc-parler de Jean Luc Mélenchon, nous peinons à croire que le fait qu’il ne condamne pas Bachar al Assad relève d’une hésitation sur le sujet. D’ailleurs il le dit, pour lui, c’est la victoire d’une minorité, les kurdes, qu’il souhaite. Très clairement, cela équivaut à cracher sur tous les syriens, de toutes croyances, qui sont morts ou ont vu leurs proches mourir pour un idéal de liberté en se positionnant uniquement pour une minorité. Car respecter leur mort et leur lutte impose de condamner fermement leur bourreau, Bachar al Assad.

L’humilité lui étant visiblement inconnue, Jean Luc Mélenchon a des positions très tranchées sur un sujet dont il n’a qu’une méconnaissance flagrante. Il va même jusqu’à avoir le culot de se soucier pendant le débat présidentiel du Mardi 4 Avril 2017 du sort du lycée français de Damas. Nous aimerions qu’il se soucie d’abord des milliers de torturés à morts dans la prison militaire mitoyenne à ce lycée, dont les corps ont été photographiés par César.

Quant à l'Etat Islamique, Jean Luc Mélenchon fait mine d’oublier que si l'Etat Islamique a pu proliférer, c’est dans les ruines d’un pays mortifié par Bachar al Assad. Il oublie également le jeu de tolérance mutuel entre Bachar al Assad, l'Etat Islamique et d'autres groupes extrémistes. Les exemples sont nombreux, citons ponctuellement 2011, quand Bachar al Assad libère à deux reprises de ses prisons des centaines d’islamistes dont certains boosteront la création du Front al Nosra. Mais également, aujourd’hui l'Etat Islamique massacre dans les rangs des révolutionnaires. Bachar al Assad a voulu se faire passer pour l’unique rempart face aux groupes extrémistes islamistes et il a contribué à réaliser sa propre prophétie. Frappons l'Etat Islamique uniquement et, dans les ruines de la Syrie, renaîtront de nouveaux extrémistes. Tant qu’il n’y aura pas de réelle action pour une transition politique dans laquelle Bachar al Assad n’a aucune place, dire que l’on lutte contre le terrorisme en Syrie est hypocrite.

 

Un retour à la paix rapide, l’hypocrisie de Jean Luc Mélenchon

 

Organiser des élections et aller vers un retour à la paix rapide. Si Jean Luc Mélenchon souhaitait réellement un retour à la paix rapide et l’organisation d’élections populaires, il aurait pu se positionner en faveur d’un blocus aérien demandé par la population en Syrie dès le début du conflit, avant que la révolution ne soit armée. Il aurait pu soutenir les tentatives du Conseil National Syrien (CNS) il y a quelques années pour organiser une transition en Syrie. Il aurait pu oeuvrer en ce sens à un moment où il n’était pas question de l'Etat Islamique en Syrie et où les choses n’étaient pas si complexes. Peut être que nous aurions pu endiguer le conflit, voir naître une démocratie et tarir les tentatives d’extrémistes d’infiltrer la Syrie. Mais non, Jean Luc Mélenchon parle d’élections et de retour à la paix, sans avoir durant ces six ans condamné Bachar al Assad et en soutenant l’action des russes en Syrie. Soyons clairs, nos ennemis en Syrie sont tout autant l'Etat Islamique que Bachar al Assad.

Quelle paix veut-il ? Jean Luc Mélenchon n’a-t-il pas vu comment une courte trêve au mois de mars 2016 s’est suivie par le retour de manifestations populaires ? Seule la poudre et les obus font taire les syriens et, tant que Bachar al Assad est au pouvoir, toute paix est impossible, à moins d’une fausse paix totalitaire, dictatoriale, armée et violente. Car si la violence s’arrête, les foyers de contestation se rallumeront.

 

La nécessité d’une position indépendante française

 

Obsédé par les Etats Unis, la Turquie et la volonté d’avoir une position qui s’alignerait à nos intérêts en France, Jean Luc Mélenchon en oublie toute morale et enterre la dignité humaine et la lutte du peuple syrien.

Avoir une position indépendante ne signifie pas rejeter en bloc des milliers de preuves sous prétexte qu’elles sont soutenue entre autres par les Etats Unis et qu’elles mettent en cause en partie la Russie.

Vouloir lutter efficacement contre l'Etat Islamique ne se fera pas en laissant l’aviation russe bombarder les forces de l’opposition armée modérée qui se battent au quotidien contre l'Etat Islamique et en laissant Bachar al Assad, cause première du mal, au pouvoir. Avoir une position indépendante et morale sur la Syrie et vouloir la paix, commence par faire un diagnostic correct et condamner les bourreaux dans le conflit en les citant, Bachar al Assad, les russes, l’Iran, l'Etat Islamique et les groupes armés extrémistes. Puis, oeuvrer pour une transition politique démocratique citoyenne sans Bachar al Assad et juger les criminels devant un tribunal international. Toute paix basée sur la perpétuation d’une injustice n’est qu’hypocrisie et faux semblants. Alors qu’on le dise clairement, Jean Luc Mélenchon n’est pas pour une paix juste.

Voilà pourquoi nous ne mettrons pas dans l’urne ni le nom de Jean Luc Mélenchon, ni celui de François Fillon ou de Marine Le Pen.

 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 19:29

 

https://www.politis.fr/articles/2017/04/melenchon-et-lorient-complique-36673

 

Jean Luc Mélenchon et l'orient compliqué

 

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Par Denis Sieffert

 

Editorial de Politis

 

Mercredi 12 Avril 2017

 

Le rapport que chacun entretient avec les sondages me rappelle l’histoire du juif athée qui dit à son fils que « dans notre religion, il n’y a qu’un seul dieu et nous n’y croyons pas ».

Nombreux sont ceux qui font profession de ne pas croire aux sondages mais ils les attendent impatiemment, ils les scrutent et ils s’en inspirent dans leurs analyses politiques. Et, depuis deux semaines, toutes les enquêtes d’opinion nous livrent le même message. Jean Luc Mélenchon est en hausse. Et ce n’est pas du gagne-petit. Le candidat du Mouvement de la France Insoumise (MFI) serait maintenant à la hauteur de François Fillon, voire un peu devant.

Et, comme le tandem de tête entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron fait du surplace, nous pouvons dire aujourd’hui que tout est possible, même l’accession au second tour et même la victoire, à laquelle on ne croyait guère il y a une semaine encore.

Cette remontée spectaculaire est le résultat d’une campagne menée de main de maître. Le candidat a su jouer de tous les registres de la communication pour élargir progressivement la mobilisation par cercles concentriques, jusqu’à toucher des électeurs venus d’horizons improbables. C’est aussi le fruit d’une stratégie gagnante. Jean Luc Mélenchon a policé son personnage. Le colérique atrabilaire est devenu un sage. Il sait désormais habiter les fonctions régaliennes, comme il l’a fait dimanche à Marseille. Sur un ton grave et parfois anxiogène, il a parlé de la guerre, évoquant longuement la situation en Syrie. Mais c’est peu dire que son analyse sur le sujet nous trouble profondément.

Je le dis d’autant plus tranquillement que nous approuvons sa démarche dans beaucoup d’autres domaines. Mais la Syrie, ce n’est pas rien. C’est en soi une tragédie sans nom. Et c’est aussi un miroir où chacun dit son rapport au monde, à la démocratie et au pouvoir. Le double événement de la semaine, c’est évidemment la nouvelle attaque au gaz contre une localité tenue par les rebelles et l’opération américaine contre une base aérienne syrienne. Une opération que le candidat du MFI a immédiatement dénoncée comme un acte criminel et irresponsable. Et c’est là que le bât blesse. Nous l'aurions évidemment approuvé sans réserve si nous l'avions entendu prononcer les mêmes mots quand l’aviation de Vladimir Poutine anéantissait Alep-Est sous les bombes. Mais, à l’époque, il n'y a rien eu, sinon une sorte d’approbation, « je pense que Vladimir Poutine va régler le problème », des confusions, les rebelles et l’Etat Islamique, c’est du pareil au même, et des généralités, « que voulez-vous, c’est la guerre ». Voilà qu’aujourd’hui Jean Luc Mélenchon invoque le droit international et qu’il en appelle à l’Organisation des Nations Unies (ONU), comme si la Russie n’avait pas, pendant cinq mois, violé l’un et méprisé l’autre.

Voilà qu’il fait mine de douter de la responsabilité du régime dans l’attaque au gaz contre la localité de Khan Cheikhoun, suggérant même que ce pourrait être l’œuvre du Front al Nosra, qui, simple détail, n’a pas d’avions, ou du Qatar, que l’on imagine mal se hasarder dans ce genre d’aventure. Les rebelles se gazant eux-mêmes pour faire du tort à Bachar al Assad, le soupçon a évidemment fait le miel des complotistes, toujours avides de nouvelles théories. C’est surtout ignorer la nature de ce régime depuis 1970 et la longue série de massacres auxquels il s’est livré contre sa population, souvent d’ailleurs en usant de l’arme chimique.

Quant au slogan « c’est aux syriens de décider eux-mêmes de leur avenir », il pourrait demain s’appliquer aux coréens du nord avec la même déconcertante naïveté. Depuis le début de la dictature baassiste en 1963, seule la coalition formée autour du parti Baas est admise aux élections. Et l’unique scrutin présidentiel, en 2014, a confirmé Bachar al Assad avec plus de quatre vingt huit pour cent des voix. Comment imaginer des élections libres avec un dictateur à la fois président et candidat ? Bien entendu, je ne crois pas que Jean-Luc Mélenchon ait de la sympathie pour Vladimir Poutine, mais il emprunte son discours et c’est bien trop. Cela dit, je partage son inquiétude après la réaction de Donald Trump, non pas tant d’ailleurs en raison de l’acte lui-même, la Syrie, hélas, en a vu d’autres depuis six ans, que du caractère impulsif qu’il révèle. Nous attendrons cependant pour en juger. Si l’opération n’est suivie d’aucun effort diplomatique visant à favoriser une transition politique, nous pourrons crier à l’esbroufe.

Il est probable que la tragédie syrienne ne déterminera pas le vote des électeurs français. Et puis, dans cet orient décidément compliqué dont parlait Charles de Gaulle, un autre dossier historique nous réconcilie avec Jean Luc Mélenchon. C’est le conflit israélo-palestinien. En regard des frilosités de Benoît Hamon, qui s’est récemment déclaré hostile au mouvement pour le Boycott, pour le Désinvestissement et pour les Sanctions (BDS), le candidat du MFI ne mégote pas son engagement.

Nous sommes d’ailleurs frappés par la symétrie des situations, veto russe d’un côté, pour permettre à Bachar al Assad de massacrer à loisir, et veto américain de l’autre, encourageant Israël à coloniser jusqu’à obsolescence les territoires palestiniens. Cette symétrie mortifère devrait nous prémunir contre toutes les formes d’inconditionnalité. « Guérissez de cette manie d’attendre d’un homme une perfection qu’il ne peut pas avoir », a lancé joliment Jean Luc Mélenchon à la foule qui scandait son nom à Marseille. Pour notre part, nous sommes guéris.

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 19:03

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/04/19/le-bus-anticorruption-de-podemos-indigne-les-socialistes-espagnols_5113504_3214.html

 

Le bus contre la corruption de Podemos indigne le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE)

 

La formation de gauche circule dans les rues de Madrid avec un véhicule affichant les principales figures politiques citées dans des affaires de corruption ces dernières années.

 

Par Isabelle Piquer, correspondante du Monde à Madrid

 

Mercredi 19 Avril 2017

 

Cela roule pour Pablo Iglesias. Au mois de février 2017, après avoir été reconduit à la tête de Podemos, le leader de la formation de gauche avait promis de faire peur aux élites en réveillant les mouvements sociaux. Et c’est par le biais d’un bus contre la corruption, qui circule cette semaine dans les rues de Madrid pour « démasquer la mafia politico-financière qui tire les ficelles du pouvoir », qu’il a choisi de faire passer son message.

 

Placardées sur les deux étages du véhicule, les principales figures des scandales qui ont éclaboussé la vie politique espagnole semblent se moquer des piétons, Luis Barcenas, l’ancien trésorier du Parti Populaire, accusé de cacher une comptabilité occulte au sein du mouvement, Rodrigo Rato, l’ancien patron du Fonds Monétaire International (FMI), condamné pour détournement de fonds, ou encore l’ancien président catalan, Jordi Pujol, mis en examen pour fraude fiscale.

 

Sont également représentés, et c’est ce qui a alimenté la controverse, l’ancien premier ministre socialiste Felipe Gonzalez, son successeur, le conservateur José María Aznar, le journaliste Eduardo Inda, qui dirige le quotidien numérique OK Diario, et Juan Luis Cebrian, président du groupe de presse espagnol Prisa, qui est actionnaire du Monde. On voit aussi, de dos, le premier ministre actuel, Mariano Rajoy, lançant un texto de soutien à Luis Barcenas, comme l’avait révélé la presse ibérique en 2013. Les réactions n’ont pas tardé. Le PSOE a qualifié l’initiative de répugnante et il a accusé Podemos de chercher l’affrontement. La vice-première ministre, Soraya Saenz de Santamaria, elle, a estimé que la campagne était « puérile et antidémocratique ».

 

C’est Pablo Iglesias lui-même qui, micro en main, Lundi 17 Avril 2017, a inauguré le premier parcours du bus, un tour des « centres de pouvoir qui parasitent les institutions », le conglomérat bancaire Bankia, le groupe de construction ACS, le fournisseur d’électricité Endesa, la Bourse de Madrid et même le parlement, où Podemos a soixante sept députés sur trois cent cinquante. Pablo Iglesias a annoncé que, après Madrid, le bus de Podemos parcourra d’autres villes, comme Valence, Murcie et Barcelone, et, surtout, qu’il « affichera d’autres visages » pour dénoncer les affaires locales.

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 18:45

 

MUNICIPALISME ET FEMINISME

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième partie du message d’Héloïse Nez relatif à Podemos.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.laviedesidees.fr à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.laviedesidees.fr/Que-podemos.html

 

L’épreuve du pouvoir municipal

 

Les élections municipales n’ont pas été définies comme une priorité lors du congrès fondateur de Podemos. Contre l’avis d’une partie des militants et de candidats concurrents, les universitaires de la Complutense craignaient alors que ces comices locaux, fixés au mois de mai 2015, ne viennent perturber la dynamique nationale prévue pour la fin de l’année 2015.

Podemos ne s’est donc pas présenté en son nom, mais a intégré des coalitions d’unité populaire rassemblant des mouvements sociaux, des partis politiques et des citoyens non organisés. La victoire de ces listes citoyennes dans les deux plus grandes villes du pays, à Madrid et à Barcelone, mais aussi dans plusieurs capitales régionales et provinciales, à Saragosse, à Saint-Jacques de Compostelle, à Valence, à La Corogne et à Cadix, et dans de plus petites villes, a été l’une des surprises du cycle électoral de 2015. Podemos a exploité cette dynamique municipale pour redonner du souffle à sa campagne pour les élections législatives, en organisant des meetings avec Ada Colau, la nouvelle maire de Barcelone issue du mouvement contre les expulsions de logement.

Ces coalitions d’unité populaire présentent une grande diversité de configurations. Podemos y joue parfois un rôle moteur, comme à Cadix où le maire est un ancien militant anticapitaliste.

Dans d’autres cas, le parti occupe une position moins centrale au sein d’un regroupement dirigé par une figure qui lui est extérieure, comme à Madrid, à Barcelone ou à Valence.

Ces conquêtes municipales montrent qu’il est possible d’avoir une prise sur les institutions, en expérimentant de nouvelles pratiques démocratiques et en opposant à l’austérité des politiques sociales ambitieuses. À Barcelone et à Madrid, les équipes municipales ont lancé un important programme d’investissements et de dépenses sociales dans les quartiers populaires, qui s’étaient fortement mobilisés pour les élire. En écho au slogan de campagne de Manuela Carmena, « gouverner en écoutant », la capitale a organisé la participation des citoyens à l’élaboration du budget et de certains projets de transformation urbaine. Ces politiques participatives marquent une rupture nette avec les vingt quatre ans de gestion du Parti Populaire, mais aussi avec les pratiques de participation ailleurs en Espagne. L’un des dispositifs les plus novateurs, inspiré des référendums d’initiative populaire, a été conçu par Pablo Soto, un informaticien qui s’est investi dans le mouvement du 15 mai 2011 avant d’être élu maire adjoint à la participation. Il s’agit du site Decide Madrid qui permet aux citoyens de faire des propositions sur les politiques locales et de voter pour qu’elles fassent l’objet d’un débat et d’un référendum décisionnel, à partir du moment où elles reçoivent le soutien de un pour cent des madrilènes de plus de seize ans. Même dans les villes où ces coalitions ne sont pas arrivées au pouvoir, comme à Parla, dans la banlieue de Madrid, les conseillers municipaux issus des listes citoyennes font pression sur les équipes en place pour promouvoir la transparence et la participation dans les politiques publiques.

Ces expériences municipales connaissent toutefois un certain nombre de difficultés. Le passage de dirigeants associatifs au gouvernement local risque tout d’abord d’affaiblir l’action collective, comme cela a été le cas lors des premières élections municipales au retour de la démocratie en 1979. Plusieurs porte-parole de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH), le collectif de lutte contre les expulsions de logement, ont ainsi rejoint les exécutifs locaux.

Conscients de leurs compétences limitées, ces nouveaux élus encouragent les mouvements sociaux à maintenir la pression. Ada Colau a certes sanctionné financièrement les banques qui continuent à expulser des ménages, mais la résolution du problème du logement dépend d’une loi nationale. Certaines promesses de campagne, comme la remunicipalisation des services publics ou l’arrêt de projets urbanistiques d’ampleur, sont difficiles à tenir du fait des engagements pris auprès des entreprises par les équipes antérieures.

La capacité d’action de ces coalitions citoyennes est limitée par leur position minoritaire au sein des conseils municipaux, qui les contraint à obtenir le soutien du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) ou à gouverner par décret. Elle l’est aussi par la loi de Cristobal Montoro, votée par le gouvernement de Mariano Rajoy en 2013, qui les oblige à consacrer tout excédent budgétaire au remboursement de la dette. Les nouvelles équipes municipales peuvent pourtant se vanter d’une gestion efficace, les dettes publiques ayant diminué en un an de vingt pour cent à Madrid et de dix pour cent à Cadix. Dans son « plan 2020 pour gagner face au Parti Populaire et pour gouverner l’Espagne », Pablo Iglesias compte s’appuyer sur l’effet de démonstration de cette gestion locale, « dans chaque mairie du changement, nous démontrons, au jour le jour, que nous sommes prêts à affronter le défi de gouverner de manière cohérente et fiable ».

 

Féminiser la politique et le parti

 

Outre le fait de ne pas se limiter à un seul parti et d’avoir été élaborées de manière plus horizontale et participative, ces coalitions citoyennes à la tête des grandes villes du pays présentent une autre différence par rapport à Podemos, des leaderships féminins avec les figures emblématiques d’Ada Colau à Barcelone, de Manuela Carmena à Madrid et de Mònica Oltra à Valence. Ces trois femmes tiennent à incarner une autre manière de gouverner, comme l’explique Manuela Carmena, « n’est-il pas temps de remplacer toutes ces valeurs verticales et rigides d’autorité, de force et de fermeté, par celles, nettement plus horizontales et souples, de persuasion, de conviction et d’habileté dans la résolution des conflits, des valeurs qui font partie de la culture féminine ».

En comparaison, les dirigeants de Podemos représentent une conception masculine voire machiste du pouvoir, fondée sur la verticalité et la confrontation. Ada Colau a d’ailleurs cherché à se distancier d’un « certain style de Pablo Iglesias et du noyau fondateur de Podemos dans lequel nous ne nous retrouvons pas, dans l’arrogance et dans la manière de s’exprimer ». Miguel Urbán avait lui-même déclaré, en plein conflit entre les deux leaders nationaux, qu’il fallait arrêter avec « ce feuilleton télévisé du mâle dominant auquel il participe ».

La place des femmes a été une question centrale lors du deuxième congrès de Podemos, alors qu’elle n’avait été que très peu abordée lors du premier congrès. En plus des trois textes fondateurs du parti, politiques, organisationnels et éthiques, déjà discutés et votés en 2014, un quatrième document d’égalité a été élaboré cette fois-ci par chaque équipe. Il a été présenté exclusivement par des femmes à la tribune, qui ont ainsi consacré plus de trente minutes à la défense d’une organisation féministe et d’une féminisation de la politique.

Toutes équipes confondues, elles ont rendu hommage aux militantes « qui ont passé ces trois années à réaliser des tâches essentielles mais tout à fait invisibles et qui ont vu leurs camarades occuper les fonctions de portes paroles et les places à la tribune et aux militantes qui sont parties parce qu’elles en avaient ras-le-bol des meetings au lieu des assemblées et des interventions interminables et que les décisions soient remises en cause dans les discussions au bar après les réunions ». Clara Serra, membre de la direction nationale, a énuméré quelques mesures pour construire un parti où le militantisme soit compatible avec la vie, « nous voulons des ludothèques dans nos manifestations et nos assemblées. Nous voulons des horaires pour les réunions, des horaires de début et des horaires de fin. Nous ne voulons pas d’une culture militante où tout se décide quand les femmes sont déjà rentrées chez elles ».

Ces thématiques ont été portées par de nombreux intervenants tout au long du congrès, des femmes et des hommes qui ont dénoncé la présence d’une culture machiste au sein de la société et de leur organisation. Certains ont fait référence aux violences dont sont victimes les femmes, d’autres ont remis en cause l’utilisation de métaphores guerrières dans le discours de Podemos, « la machine de guerre électorale, les partisans et la guerre de mouvement ». Pablo Iglesias, très friand de ce vocabulaire et amateur de la série télévisée Game of Thrones, a veillé comme les autres à utiliser systématiquement le genre féminin, une pratique courante dans les assemblées du mouvement du 15 mai 2011, qui vise à remettre en cause la domination masculine dans le discours. Il a ainsi introduit les débats, « aujourd’hui nous parlons aux ouvrières, aux précaires, aux chômeuses, aux indépendantes, aux étudiantes, aux petites entrepreneuses, aux grands-mères qui n’arrivent pas à la fin du mois avec leur retraite, aux exilées et aux mères qui ont des journées de vingt heures ».

Malgré ces avancées dans les discours, les inégalités demeurent dans les pratiques. La répartition des temps de parole était particulièrement déséquilibrée lors du congrès fondateur de Podemos, où les femmes étaient très minoritaires à la tribune. Au deuxième congrès de Vistalegre, bien que certains candidats aient fait attention à ce que leurs documents soient présentés de manière paritaire, les hommes se sont à nouveau davantage exprimés. Surtout, ils ont exposé les documents les plus importants et polémiques, en prenant le double du temps de parole sur les enjeux politiques et organisationnels, alors que les femmes ont dominé la scène sur les questions d’égalité. Les trois principaux projets en concurrence étaient d’ailleurs portés par des hommes, Pablo Iglesias, Íñigo Errejón et Miguel Urbán. Certes, les candidates des cercles de Podemos pour le conseil citoyen national étaient plus nombreuses, il y avait douze candidates, à la tribune que les hommes, il y avait neuf candidats. Cependant, il n’y avait que deux candidats à la fonction de secrétaire général, Pablo Iglesias et Juan Moreno Yagüe.

Les inégalités entre les hommes et les femmes au sein de Podemos concernent donc aussi la répartition des postes de pouvoir. Jusqu’à la rénovation du conseil citoyen national le 18 février 2017, les principales fonctions au sein de la direction du parti étaient occupées par des hommes, Pablo Iglesias au secrétariat général, Íñigo Errejón comme secrétaire politique, Juan Carlos Monedero qui a été secrétaire du processus constituant et du programme jusqu’au mois d’avril 2015, Sergio Pascual puis Pablo Echenique au secrétariat d’organisation.

Cette plus forte visibilité des leaders masculins explique les résultats du vote pour composer le nouveau conseil citoyen national. Alors que les listes alternaient systématiquement un homme et une femme, seules deux femmes sont arrivées dans les dix premières positions. On repère toutefois des avancées dans les décisions prises à l’issue du congrès.

Les deux premiers postes restent occupés par Pablo Iglesias et Pablo Echenique, mais le conseil de coordination compte à présent plus de femmes, il y a huit femmes, que d’hommes, il y a sept hommes. Un secrétariat « d’égalité, féminisme et LGTB » a été créé. La fonction de porte-parole au congrès des députés, jusque-là assurée par Íñigo Errejón, est désormais tenue par Irene Montero. La place des femmes est donc de plus en plus prise en compte dans le parti, qui reste néanmoins très masculin dans les formes et les leaderships.

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 18:12

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/03/29/ahmed-kathrada-une-existence-de-combat-en-afrique-du-sud_5102726_3212.html

 

Ahmed Kathrada, une existence de combat en Afrique du Sud

 

D’origine indienne, Ahmed Kathrada, militant anti-apartheid et compagnon de détention et de lutte de Nelson Mandela, est mort Mardi 28 Mars 2017 à l’âge de quatre vingt sept ans.

 

Par Jean-Philippe Rémy, correspondant du Monde à Johannesburg

 

C’était l’un des derniers géants sud-africains, ceux dont l’existence a embrassé et surmonté toute la gamme des beautés et des horreurs de leur pays, depuis la discrimination jusqu’à la démocratie multi raciale, travail inachevé, par nature. Ahmed Kathrada n’avait jamais abandonné ce combat. Il n’avait jamais abandonné les notions fondamentales de justice qui l’avaient poussé, jeune adolescent, à entrer dans l’action politique pour lutter contre les lois iniques sud-africaines. Il s’en est allé sur la pointe des pieds, Mardi 28 Mars 2017, emporté par les suites d’une embolie cérébrale. Il avait quatre vingt sept ans.

Fils de commerçants indiens originaires de la région du Gujarat, il naît en 1929 et il grandit dans une petite ville de ce qui était alors le Transvaal-Ouest. La population y est, en substance, composée d'afrikaners dans la ville et de noirs dans le township. Coincé au milieu, le jeune garçon apprendra à comprendre, plutôt qu’à haïr, ces deux communautés qui vivent, déjà, séparées et le seront encore plus lorsque les lois de l’apartheid formaliseront la ségrégation, après 1948.

A douze ans, jugeant insupportable le système d’oppression raciale, il entre dans l’action politique, distribue des tracts. A dix sept ans, il s’y plonge à plein-temps, au sein du congrès indien du Transvaal. Ahmed Kathrada est actif dans la campagne de défiance contre les mesures discriminatoires qui vont augmenter en flèche dans les années 1950.

Le jeune homme fougueux a la vie des militants de l’époque, allers et retours entre les tribunaux et les cellules et une liberté de plus en plus soumise à des contraintes. C’est alors un jeune talent, au tempérament fougueux, dont les premières rencontres avec Nelson Mandela, la star du congrès national africain (ANC) sont tendues. Ils s’affrontent même dans un débat public. En 1951, il part en Hongrie participer à la conférence de la jeunesse mondiale. Ce voyage dure près d’un an. Il saisit l’occasion pour visiter le camp d’extermination d’Auschwitz, en Pologne, et en revient marqué à jamais. En 1955, il est l’un des organisateurs de la grande réunion où sera adoptée la Freedom Charter, qui fonde une grande partie de la philosophie politique non raciale de l’ANC.

En 1963, il est présent à Liliesleaf Farm, une ferme du quartier de Rivonia, au nord de Johannesburg où la branche armée de l’ANC, Umkhonto we Sizwe, fondée deux ans plus tôt, a établi son quartier général clandestin. Ahmed Kathrara, qui a rejoint le parti communiste sud-africain (SACP), en fait partie. Nelson Mandela, dont il a organisé à un moment la clandestinité, a déjà été arrêté. Umkhonto we Sizwe s’apprête à passer à l’action. Le coup de filet de la police est un désastre pour l’organisation.

Le procès de Rivonia où sont jugés les huit responsables présents à Liliesleaf aurait pu se conclure par des condamnations à mort. Ce sera, pour Nelson Mandela et Ahmed Kathrada, la prison à vie. A Robben Island, une ancienne léproserie et site de relégation au large du Cap où on les transfère, les conditions sont d’une dureté terrible. Plus tard, il dira comment la peur que lui inspirait un régime carcéral destiné, à peu de chose près, à tuer les détenus à petit feu, l’a brûlé pendant longtemps. Il a fallu toute la force de ses détenus, à commencer par son amitié avec Nelson Mandela, le frère, pour la vaincre.

De cet enfer, les détenus vont faire une université. Ahmed Kathrada sera le premier à y passer des diplômes, lui qui avait abandonné l’école très tôt. Ils en font aussi un laboratoire politique et une école de la vie pour l’après-apartheid qui, alors, semble indéboulonnable.

Lorsque le système finit par craquer, à la fin des années 1980, Ahmed Kathrada sera l’un des premiers à être libéré de la prison de Pollsmoor où il a été transféré.

Après 1994, lorsque Nelson Mandela devient président, il en sera le conseiller. Il est aussi député. Mais la vie publique ne lui convient pas.

Bientôt, il quitte le pouvoir et il s’éloigne. Il se consacre à sa fondation, refait sa vie avec Barbara Hogan, une militante blanche de l’ANC. Il écrit ses mémoires, il revient sur une existence de combat et il se fait une réputation de sagesse à la Nelson Mandela.

Il a cassé des cailloux dans une carrière et il a souffert de la faim, du froid et de l’éloignement, en compagnie d’autres détenus, dont l’actuel président de la république, Jacob Zuma. A ce dernier, il s’est donc permis d’écrire une lettre. Une lettre ouverte, publiée au mois de mars 2016, par laquelle Ahmed Kathrada conseille au chef de l'état, empêtré dans une interminable série de scandales, de démissionner. La lettre provoque un choc dans le pays. C’était son legs et son testament politique. Elle n’a jamais reçu aucune réponse.

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 17:52

 

http://www.revue-ballast.fr/marwan-barghouti

 

http://www.france-palestine.org/Pourquoi-nous-sommes-en-greve-de-la-faim-dans-les-prisons-d-Israel

 

Pourquoi nous sommes en grève de la faim dans les prisons d’Israël

 

Par Marwan Barghouti

 

Le texte original est paru en anglais le Dimanche 16 avril 2017 dans les colonnes du New York Times, sous le titre « why we are on hunger strike in Israel’s prisons »

 

Traduction d'Yves Jardin, membre du groupe de travail de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) sur les prisonniers, pour l'AFPS et Ballast.

 

« Nous devons faire de Marwan Barghouti le Nelson Mandela d’aujourd’hui », lança Rony Brauman, ancien président de Médecins Sans Frontières (MSF). La comparaison n’est pas rare et les voix abondent, de par le monde, pour exiger la libération du leader palestinien qui, derrière les barreaux, ambitionne pourtant de briguer un jour la présidence. Condamné à perpétuité pour terrorisme et emprisonné depuis plus d’une décennie, Marwan Barghouti, né en 1959, fut dirigeant de la branche armée du Fatah et joua un rôle important lors des deux intifadas. En 2012, le député appela toutefois, de sa cellule, à une résistance populaire pacifique puis condamna la récente intifada des couteaux. Le parlement tunisien proposa l’an passé sa candidature au prix Nobel de la paix et le journal israélien Haaretz va jusqu’à le décrire comme l’homme qui pourrait mener son peuple à l’indépendance. Nous vous proposons, en partenariat avec l'AFPS, la traduction de sa dernière tribune, parue Dimanche 16 Avril 2017 dans le New York Times. Marwan Barghouti y explique les raisons du mouvement qui vient d’être lancé par plus de mille prisonniers palestiniens, dont lui, une grève de la faim pour la longue marche vers la liberté.

 

Ayant passé les quinze dernières années dans une prison israélienne, j’ai été à la fois témoin et victime du système illégal israélien d’arrestations collectives arbitraires et des mauvais traitements des prisonniers palestiniens. Après avoir épuisé toutes les autres options, j’ai décidé que le seul choix pour résister à ces mauvais traitements était de se mettre en grève de la faim.

Quelques mille prisonniers palestiniens ont décidé de participer à cette grève de la faim, qui commence aujourd’hui, la journée que nous célébrons ici comme la journée des prisonniers.

Faire la grève de la faim est la forme la plus pacifique de résistance qui existe. Elle fait souffrir uniquement ceux qui y participent et ceux qui leur sont chers, dans l’espoir que leur estomac vide et leur sacrifice aideront à ce que le message trouve un écho au-delà des limites de leur sombre cellule.

Des décennies d’expérience ont prouvé que le système israélien inhumain d’occupation coloniale et militaire a pour but de briser le courage des prisonniers et de la nation à laquelle ils appartiennent, en infligeant des souffrances à leur corps, en les séparant de leur famille et de leur société et en faisant usage de mesures humiliantes pour les obliger à se soumettre. Malgré de tels traitements, nous ne nous soumettrons pas.

Israël, la puissance occupante, a violé le droit international de multiples façons depuis près de soixante dix ans et a cependant bénéficié de l’impunité pour ses actes. Il a perpétré de graves violations des conventions de Genève contre les palestiniens. Les prisonniers, parmi lesquels des hommes, des femmes et des enfants, ne font pas exception.

Je n’avais que quinze ans quand j’ai été emprisonné pour la première fois. J’avais à peine dix huit ans quand un interrogateur israélien m’a forcé à écarter les jambes, alors que j’étais debout et dénudé dans la salle d’interrogatoire, avant de me frapper sur les parties génitales. Je me suis évanoui de douleur et la chute qui en a résulté m’a laissé au front une cicatrice pour le reste de ma vie. L’interrogateur s’est ensuite moqué de moi, en disant que je ne procréerai jamais parce que des gens comme moi ne donnent naissance qu’à des terroristes et à des meurtriers.

Quelques années plus tard, je me suis trouvé de nouveau dans une prison israélienne, menant une grève de la faim, quand mon premier fils est né. Au lieu des bonbons que nous distribuons habituellement pour célébrer de telles nouvelles, j’ai distribué du sel aux autres prisonniers.

Quand il a eu à peine dix huit ans, il a à son tour été arrêté et il a passé quatre ans dans les prisons israéliennes.

L’aîné de mes quatre enfants est maintenant un homme de trente et un ans. Cependant, je suis toujours ici, poursuivant ce combat pour la liberté en même temps que des milliers de prisonniers et des millions de palestiniens avec le soutien de tant de personnes dans le monde entier. Quel problème y a-t-il avec l’arrogance de l’occupant, de l’oppresseur et de leurs partisans qui les rende sourds à cette simple vérité, nos chaînes seront brisées avant que nous ne le soyons, parce qu’il est dans la nature humaine de répondre à la demande de liberté, quel qu’en soit le prix.

Israël a construit presque toutes ses prisons en Israël plutôt que dans les territoires occupés. En agissant ainsi, il a illégalement, et par la force, transféré les civils palestiniens en captivité et il a utilisé cette situation pour restreindre les visites des familles et pour infliger des souffrances aux prisonniers par de long transports dans des conditions douloureuses. Il a transformé des droits fondamentaux qui doivent être garantis en application du droit international, y compris certains obtenus à grand peine par les grèves de la faim précédentes, en privilèges que son service pénitentiaire décide de nous accorder ou de nous retirer.

Les prisonniers et les détenus palestiniens ont souffert de la torture, de traitements inhumains et dégradants et de négligences médicales.

Certains ont été tués alors qu’ils étaient détenus. Selon le dernier bilan du club des prisonniers palestiniens, environ deux cent prisonniers palestiniens sont morts depuis 1967 du fait de tels actes. Les prisonniers palestiniens et leurs familles demeurent aussi une cible prioritaire de la politique israélienne d’imposition de châtiments collectifs.

Par notre grève de la faim, nous cherchons à mettre un terme à ces mauvais traitements.

Au cours des cinq décennies passées, selon l’association Addameer de défense des droits de l’homme, plus de huit cent mille palestiniens ont été emprisonnés ou détenus par Israël, soit l’équivalent d’environ quarante pour cent de la population masculine des territoires palestiniens. Aujourd’hui, environ six mille cinq cent d’entre eux sont toujours emprisonnés, avec parmi eux certains qui ont la lugubre distinction de détenir les records mondiaux des plus longues périodes de détention de prisonniers politiques. Il n’y a guère de famille en Palestine qui n’ait enduré de souffrances provoquées par l’emprisonnement d’un ou de plusieurs de ses membres.

Comment rendre compte de cet incroyable état de choses ?

Israël a créé un double régime juridique, une forme d’apartheid judiciaire, qui assure une quasi-impunité aux israéliens qui commettent des crimes contre les palestiniens, tout en criminalisant la présence et la résistance palestinienne. Les tribunaux d’Israël sont une parodie de justice et sont clairement des instruments de l’occupation coloniale et militaire. Selon le département d'état, le taux de condamnation des palestiniens devant les tribunaux militaires est de presque quatre vingt dix pour cent.

Parmi les centaines de milliers de palestiniens qu’Israël a emmenés en captivité, il y a des enfants, des femmes, des parlementaires, des activistes, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme, des universitaires, des personnalités politiques, des militants, des passants et des membres de la famille des prisonniers. Et tout cela avec un seul but, enterrer les aspirations légitimes d’une nation toute entière.

Au lieu de cela, cependant, les prisons d’Israël sont devenues le berceau d’un mouvement durable pour l’auto détermination palestinienne. Cette nouvelle grève de la faim démontrera une fois encore que le mouvement des prisonniers est la boussole qui guide notre combat, le combat pour la liberté et la dignité, nom que nous avons choisi pour cette nouvelle étape dans notre longue marche vers la liberté.

Israël a cherché à tous nous marquer au fer en tant que terroristes pour légitimer ses violations du droit, parmi lesquelles les arrestations collectives arbitraires, les tortures, les mesures punitives et le restrictions rigoureuses. Dans la volonté israélienne à saper la lutte palestinienne pour la liberté, un tribunal israélien m’a condamné à cinq peines de prison à perpétuité et à quarante ans de prison au cours d’un procès transformé en spectacle politique qui a été dénoncé par les observateurs internationaux.

Israël n’est pas la première puissance occupante ou coloniale à recourir à de tels expédients. Tout mouvement de libération nationale dans l’histoire peut rappeler des pratiques analogues. C’est pourquoi tant de personnes qui se sont battues contre l’oppression, le colonialisme et l’apartheid, se tiennent à nos côtés. La campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens, que la figure emblématique de la lutte contre l'apartheid, Ahmed Kathrada, et ma femme, Fadwa Barghouti, ont lancé en 2013 depuis l’ancienne cellule de Nelson Mandela sur l’île de Robben Island, a bénéficié du soutien de huit lauréats du prix Nobel de la paix, de cent vingt gouvernements, de centaines de dirigeants, de parlementaires, d’artistes et d’universitaires du monde entier.

Leur solidarité révèle l’échec moral et politique d’Israël. Les droits ne sont pas conférés par un oppresseur. La liberté et la dignité sont des droits universels qui sont inhérents à l’humanité et qui doivent profiter à toutes les nations et à tous les êtres humains. Les palestiniens ne feront pas exception. Seul le fait de mettre fin à l’occupation mettra fin à cette injustice et marquera la naissance de la paix.

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 20:02

 

https://www.change.org/p/jean-marc-ayrault-liberté-pour-ebru-firat

 

Liberté pour Ebru Firat

 

Ebru Firat, jeune française de vingt cinq ans, a été arrêtée le 8 septembre 2016 à l'aéroport d'Istanbul alors qu'elle allait rejoindre sa famille à Toulouse.

 

Elle avait déjà pris toutes les dispositions pour s'y installer et rechercher du travail.

 

Il y a quelques mois, elle avait combattu l'Etat Islamique au sein de la résistance kurde aux côtés des femmes qui avaient repris Kobane aux barbares de l' Etat Islamique. C'est certainement pour cela qu'elle a été arrêtée.

 

Les valeurs de liberté, de démocratie, d'égalité entre les femmes et les hommes et de laïcité sont aussi les nôtres .

 

Aussi, il ne nous appartient pas ici de juger les formes de son engagement passé mais plutôt d'être solidaires avec celles et ceux qui agissent contre la barbarie.

 

Nous réclamons la libération immédiate d'Ebru Firat et demandons aux autorités françaises d'agir dans ce sens pour sa défense, sa protection et sa libération.

 

Comité de soutien à l'initiative de Jean-Christophe Sellin, conseiller régional Languedoc Roussillon Midi Pyrénées Occitanie

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 19:38

 

PODEMOS PARA TODAS

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message d’Héloïse Nez relatif à Podemos.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.alencontre.org ou bien le site www.laviedesidees.fr aux adresses ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.alencontre.org/debats/debat-que-podemos-un-parti-en-puissance.html

 

 

http://www.laviedesidees.fr/Que-podemos.html

 

Que podemos ?

 

Un parti en puissance

 

Par Héloïse Nez

 

Mardi 11 Avril 2017

 

La vitalité de Podemos fait figure d’exception en Europe. Le mouvement espagnol peut-il survivre à son institutionnalisation ? Son positionnement au-dessus du clivage entre la droite et la gauche reste-t-il d’actualité ? À ces questions, les militants du jeune parti offrent des réponses parfois contradictoires.

En trois ans, Podemos a connu une croissance fulgurante. Le projet d’un mouvement politique contre l'austérité a été lancé le 17 janvier 2014 par un groupe d’universitaires et de militants qui se sont présentés aux élections européennes quelques mois plus tard. Il s’agissait, dans un contexte de forte crise économique, sociale et politique, de convertir l’indignation en changement politique. Les fondateurs de Podemos cherchaient ainsi à donner une traduction électorale au mouvement des indignés qui a émergé en Espagne à partir du 15 mai 2011, en portant leurs revendications pour une démocratie réelle et plus de justice sociale à l’agenda institutionnel. Ils ont de cette manière contribué à l’exception espagnole, qui met au centre du débat public la lutte contre les inégalités et la corruption quand l’Europe se tourne vers l’extrême droite. Leur proposition a tout de suite reçu un écho considérable. Des assemblées territoriales ou thématiques appelées cercles se sont multipliées à travers le pays, en s’appuyant sur la dynamique du mouvement du 15 mai 2011. Dans les urnes, Podemos a créé la surprise en remportant près de huit pour cent des suffrages aux élections européennes du 25 mai 2014.

Un processus d’institutionnalisation s’est alors enclenché pour transformer le mouvement en parti politique et le doter de statuts. Leur rédaction a fait l’objet d’un important travail de démocratie interne, avec l’implication de nombreux militants dans l’élaboration de la charte d’éthique et des documents politiques et organisationnels de la nouvelle formation. Différents projets ont ainsi été défendus lors du premier congrès de Podemos à Vistalegre au mois d'octobre 2014.

L’équipe formée autour du leader charismatique Pablo Iglesias est sortie largement vainqueur du vote, avec son projet de machine de guerre électorale visant à se mettre rapidement en ordre de marche pour les élections municipales, régionales et surtout législatives de 2015. Les résultats électoraux ont été impressionnants. Podemos a certes manqué son pari de prendre d’assaut le pouvoir à l’échelle nationale, mais il est entré dans de nombreuses institutions et s’est imposé comme troisième force politique en récoltant plus de vingt pour cent des voix aux élections législatives du 20 décembre 2015. Ce parti gouverne désormais les grandes villes du pays dans le cadre de coalitions d’unité populaire et forme l’une des principales forces d’opposition au congrès des députés et dans les parlements régionaux.

Alors que ce cycle électoral s’est aujourd’hui refermé, avec la réélection du conservateur Mariano Rajoy à la tête du gouvernement au mois d'octobre 2016 grâce à l’abstention du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), Podemos se trouve confronté à de nouveaux défis.

Les contradictions qui traversent ce jeune parti en attente de pouvoir ont été mises en évidence lors de son deuxième congrès national, qui a eu lieu les 11 et 12 février 2017 à Vistalegre. Les médias en ont surtout retenu la lutte fratricide entre le numéro un, le secrétaire général Pablo Iglesias, et le numéro deux, Íñigo Errejón, secrétaire politique jusqu’au 18 février 2017, en résumant l’événement à un combat d’égos. Les conflits internes risquent effectivement d’affaiblir la jeune formation, qui n’a pas échappé à un processus de bureaucratisation éloignant des militants de base les élites et les permanents qui s’affrontent notamment pour la répartition des postes de pouvoir. Cette disjonction entre les attentes et les intérêts des uns et des autres a été très visible lors du congrès. Les militants des cercles présents dans le public ou à la tribune n’ont cessé de rappeler à l’ordre leurs dirigeants nationaux, en scandant « unidad » à chacune de leurs interventions. La lutte à laquelle se livrent les trois tendances développées ces derniers mois au sein de Podemos, les partisans de Pablo Iglesias, ceux d’Íñigo Errejón et les anticapitalistes, ne se résume pourtant pas à une querelle de personnes. Elle porte avant tout sur la nouvelle feuille de route que doit adopter le parti dans un contexte politique qui a changé.

Quatre principaux enjeux ont ainsi été posés au deuxième congrès, la redéfinition d’une stratégie politique à l’échelle nationale, l’épreuve du pouvoir dans les villes où Podemos gouverne avec d’autres formations politiques, la place des femmes au sein de l’organisation et la démocratisation du parti. Si l’objectif commun reste d’impulser un processus de transformation sociale en remportant les prochaines élections législatives, les stratégies divergent sur les moyens d’y parvenir. Faut-il privilégier le travail institutionnel ou investir davantage la rue pour contester les politiques de la droite ? L’élargissement de la base électorale du parti passe-t-elle toujours par un dépassement du clivage entre la gauche et la droite ou par un ancrage et des alliances plus marquées à gauche ? Jusqu’où démocratiser l’organisation en interne et quel rôle donner au leader ?

 

Un discours et des alliances ancrées à gauche

 

Les divergences politiques entre les deux noyaux fondateurs de Podemos, les professeurs de science politique de l'université de la Complutense à Madrid et les militants de la Gauche Anticapitaliste, datent du congrès fondateur du parti. Les premiers avaient alors cherché à exclure les seconds des organes de direction, en interdisant le double militantisme au sein de deux organisations distinctes, et ils avaient réussi à imposer leur projet politique. Il s’agissait de mettre en place une machine de guerre électorale fondée sur une organisation centralisée et un discours qui dépasse les étiquettes de gauche et de droite. Cette quête de transversalité par l’élaboration de nouvelles lignes de clivage, entre la caste et le peuple et entre ceux d’en haut et ceux d’en bas, était fortement portée par Íñigo Errejón. Le directeur des campagnes de Podemos en 2014 et en 2015 s’inspirait ainsi des expériences de gouvernement en Amérique Latine et des théories d’auteurs post marxistes comme Ernesto Laclau et Chantal Mouffe.

Les anticapitalistes, alors associés au physicien Pablo Echenique, réclamaient davantage de démocratie interne et de pouvoir pour les cercles, tout en reconnaissant la nécessité de sortir du discours habituel de l’extrême gauche.

À partir des élections législatives du 20 décembre 2015, de nouvelles lignes de fracture sont apparues au sein de l’équipe dirigeante. Elles se sont accrues dans la phase de négociation pour tenter de former un gouvernement. Alors que Pablo Iglesias attaquait durement le PSOE, en dénonçant par exemple le terrorisme d'état du gouvernement de Felipe González en Euskadi, Íñigo Errejón était partisan d’une approche moins frontale. Le secrétaire général de Podemos, qui avait raillé pendant la campagne le drapeau rouge d'Izquierda Unida, qui l’éloignait de toute perspective de victoire électorale, n’a pas hésité à renouer avec cet héritage symbolique de la gauche dans ses premiers discours au congrès des députés. Ceux-ci abondaient en références historiques à la guerre civile et au franquisme et ils étaient associés à des symboles gestuels comme le poing levé dans l’hémicycle. Pablo Iglesias, qui a commencé à militer à quatorze ans aux jeunesses communistes, a ainsi en partie tourné le dos à la stratégie de communication mise en avant par son secrétaire politique. Il a aussi été l’artisan de l’alliance avec Izquierda Unida pour les élections législatives répétées du 26 juin 2016, contre l’avis d’Íñigo Errejón qui cherchait toujours à dessiner l’image d’un parti au-dessus des clivages traditionnels.

Les différences de point de vue au sein de la direction nationale de Podemos se sont renforcées à l’issue de ces élections jugées décevantes, du fait de la perte d’un million de voix par rapport au précédent scrutin, si on additionne les scores de Podemos et d'Izquierda Unida. Elles sont perceptibles dans les documents politiques défendus par l’équipe de Pablo Iglesias, « Podemos para todas », et celle d’Íñigo Errejón, « Recuperar la ilusión ». Les divergences concernent le discours, les alliances politiques et l’équilibre entre action institutionnelle et contestataire en vue de former un mouvement populaire capable de gagner les prochaines élections.

Rejoignant ici le projet des anticapitalistes, Pablo Iglesias souhaite développer un bloc historique populaire avec d’autres forces du changement dont Izquierda Unida et soutenir les luttes sociales.

« Podemos est né en comprenant qu’il fallait passer de la rue aux institutions, mais en sachant qu’il n’y a jamais eu de changement historique pour la majorité sans impulsion citoyenne », c’est une citation du document politique de l’équipe « Podemos para todas ».

Les élus sont donc conçus comme des « activistes institutionnels » dont le rôle ne peut se limiter au travail parlementaire, mais suppose une « étroite collaboration avec les mouvements sociaux ».

Le document d’Íñigo Errejón critique ouvertement « ces positions de résistance partisanes d’un agenda de revendications axées exclusivement sur les secteurs les plus appauvris, d’un agenda institutionnel qui fuit tout engagement et tout accord et d’une ligne idéologique qui considère que la transversalité a donné tout ce qu’elle pouvait et que nous devons consacrer nos efforts à construire une force politique qui rassemble l’ensemble de la gauche ». Il promeut, au contraire, le maintien d’un discours transversal pour attirer les secteurs de la population encore éloignés du vote Podemos, les femmes, les plus de quarante cinq ans, les ouvriers et le monde rural, « l’unité du peuple est plus ambitieuse, radicale et transformatrice que l’unité de la gauche ». Son projet politique, mis en minorité au deuxième congrès, relativise la portée des manifestations et donne la priorité à la constitution d’une force de changement crédible dans les institutions.

« Il faut récupérer l’initiative en démontrant que nous sommes capables de faire pression sur le gouvernement, de mener des accords ou de mettre des questions à l’agenda national », c’est une citation du document politique de l’équipe « Recuperar la ilusiòn ».

Cette articulation entre l’action de rue et le travail institutionnel se pose à toute formation politique qui cherche à changer les choses en prenant le pouvoir. Elle a été théorisée par Joan Subirats, professeur de science politique et membre actif de Barcelona en Comú, la coalition citoyenne qui gère la ville de Barcelone depuis le mois de juin 2015. Selon lui, l’apparition de nouveaux partis comme Podemos correspond au « passage d’un processus destituant de protestation et de dénonciation à un processus constituant visant à occuper les institutions, « avec le mouvement du 15 mai 2011, la crise de la forme partisane comme dispositif de médiation des demandes des citoyens s’est exprimée avec force. Mais les blocages institutionnels continus ont montré la nécessité de mettre en place des partis politiques d’une nouvelle génération ».

Cette tension entre l’intérieur et l’extérieur est au cœur des expériences des mairies du changement qui gouvernent désormais vingt pour cent de la population.

 

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