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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 17:11

 

 

La ville de Chicago va porter plainte contre l'administration de Donald Trump (Reuters)

 

La ville de Chicago va poursuivre en justice l'administration de Donald Trump, qui menace de suspendre les financements des villes sanctuaires pratiquant une politique de tolérance à l'égard des immigrants clandestins, a annoncé Dimanche 6 Août 2017 le maire de la ville, Rahm Emanuel.

 

Il y a deux semaines, le ministre de la justice Jeff Sessions a annoncé que son département priverait ces villes de certains fonds fédéraux à moins qu'elles n'octroient aux agents de l'immigration un accès illimité aux prisons et ne les préviennent de toute libération imminente d'immigrant clandestin pour faciliter les expulsions.

 

« La ville de Chicago ne laissera pas ses policiers devenir des pions politiques dans le débat », a déclaré l'élu démocrate Rahm Emanuel lors d'une conférence de presse. « Chicago n'abandonnera jamais son statut de ville accueillante », a-t-il ajouté.

 

Les financements visés, d'un montant provisionnel de trois millions deux cent mille dollars pour Chicago cette année, sont principalement utilisés pour équiper les forces de l'ordre.

 

L'administration de Donald Trump a promis de renforcer la lutte contre l'immigration illégale et elle cherche à sanctionner le mouvement des villes sanctuaires, qui compte un nombre croissant d'adhérents, de New York à Los Angeles et de Chicago à San Francisco.

 

Ces villes refusent d'expulser les immigrants en situation irrégulière pris dans les filets de la police pour des infractions mineures comme des contraventions.

 

La ville de Chicago va notamment faire valoir que le gouvernement américain ne peut « requérir des agences de police locales qu'elles mettent en oeuvre des fonctions liées à la loi fédérale sur l'immigration », a précisé l'avocat de la municipalité Ed Siskel.

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 19:47

 

 

Après Charlottesville, le Président Directeur Général (PDG) du groupe pharmaceutique Merck démissionne d'un comité conseillant le gouvernement (Reuters)

 

Kenneth Frazier, PDG du groupe pharmaceutique Merck, a annoncé Lundi 14 Août 2017 qu'il démissionnait du conseil des entrepreneurs américains, une commission consultative conseillant le gouvernement fédéral, soulignant que les dirigeants des Etats-Unis doivent « rejeter clairement les expressions de haine, de sectarisme et de suprématie d'un groupe ».

Sa démission, même s'il ne le précise pas, survient en pleine polémique sur la réaction de Donald Trump à la suite de la mort d'une manifestante antifasciste lors d'un rassemblement organisé Samedi 12 Août 2017 à Charlottesville, en Virginie, par l'extrême droite suprémaciste américaine.

Le président américain a suscité la controverse en ne condamnant pas spécifiquement l'extrême droite, les néonazis et les suprémacistes blancs, poussant la Maison Blanche à publier Dimanche 13 Août 2017 une déclaration en forme de mise au point.

Dans le communiqué annonçant sa démission, Kenneth Frazier, qui est noir, souligne que « la force de notre pays découle de sa diversité et des contributions d'hommes et de femmes de fois, de races, d'orientations sexuelles et de convictions politiques différentes. Les dirigeants américains doivent honorer nos valeurs fondamentales en rejetant clairement les expressions de haine, de sectarisme et de suprématie d'un groupe qui vont à l'encontre de l'idéal américain selon lequel nous naissons tous égaux », poursuit le PDG de Merck.

« En tant que PDG de Merck et par conscience personnelle, je ressens la responsabilité de me lever contre l'intolérance et l'extrémisme », conclut-il.

Dans la demi-heure suivant son annonce, Donald Trump a pris acte de sa démission et il a contre-attaqué. « A présent que Kenneth Frazier de Merck Pharma a démissionné du conseil des entrepreneurs du président, il aura davantage de temps pour baisser les prix astronomiques des médicaments », a-t-il tweeté.

D'autres dirigeants d'entreprises, comme Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, ont également réagi aux violences à Charlottesville.

« Abraham Lincoln, une maison divisée contre elle-même ne peut subsister. Isole ceux qui veulent nous diviser. Pas d'équivalence avec ceux qui nous réunissent », a-t-il écrit sur Twitter, citant un discours d'Abraham Lincoln.

Ce n'est pas la première fois que des dirigeants de grandes entreprises américaines quittent des groupes consultatifs présidentiels pour protester contre sa politique.

Après l'annonce de Donald Trump de se retirer de l'accord de Paris sur le climat, le PDG de Tesla Incorporation, Elon Musk, ou celui de Walt Disney, Robert Iger, avaient claqué la porte du forum stratégique et politique du président.

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 19:33

 

 

http://www.liberation.fr/france/2017/08/11/venezuela-en-crise-embarras-de-la-france-insoumise_1589536

 

Venezuela en crise, embarras du Mouvement de la France Insoumise (MFI)

 

Par Lilian Alemagna

 

Vendredi 11 Août 2017

 

La situation à Caracas met mal à l’aise les mélenchonistes, dont le leader considère la révolution bolivarienne d’Hugo Chávez comme une source d’inspiration pour son combat politique.

 

« Je m’en remets aux réponses de mes amis sur le sujet », laissant cette phrase sur son blog, Jean-Luc Mélenchon est parti en vacances sans expression publique sur la situation à Caracas. Le nouveau député des Bouches-du-Rhône n’a pas envie d’alimenter le bashing utilisé contre le MFI au sujet d’un Venezuela dont il a fait depuis quinze ans une source d’inspiration. Reprenons donc les réponses de ses amis. Ces dernières semaines, à chaque interview, on leur a demandé s’il y avait un malaise dans les rangs du MFI, s’il est encore possible de défendre le successeur d'Hugo Chávez et s’ils condamnent les arrestations d’opposants politiques au Venezuela. Leur ligne est que les médias français font preuve de manichéisme, voire de désinformation. Leur version est que les Etats-Unis sont derrière cette crise qui vient avant tout de la chute brutale des cours du pétrole, une partie de l’opposition de droite dure et d’extrême droite est armée, des chavistes, dont des députés, ont aussi été assassinés et le Venezuela n’est pas une dictature puisque Nicolas Maduro a été élu. Ils en appellent à une solution politique.

Cette position est partagée par leurs camarades du Parti Communiste Français (PCF) qui dénoncent eux aussi la caricature médiatique d’une « opposition démocratique face à un gouvernement dictatorial », fait valoir Lydia Samarbakhsh, responsable des relations internationales du conseil national du PCF. Dans ce contexte, « il est très difficile de dire que ce n’est peut-être pas la réalité », explique-t-elle. Et pour éviter toute polémique, elle précise que « nous dénonçons et nous condamnons les assassinats, les meurtres et les violences. La seule solution pour sortir de cette crise violente est le dialogue national ».

Mais dans cette gauche radicale, d’autres prennent clairement leurs distances avec les événements au Venezuela. « Le gouvernement de Nicolas Maduro a choisi la fuite en avant dans le seul objectif de se maintenir au pouvoir », peut-on lire dans un communiqué d'Ensemble qui dénonce également la « pseudo assemblée constituante mise en place après une farce électorale ». Le texte pointe enfin la « répression des opposants politiques, le Venezuela n’est plus aujourd’hui un état de droit ». Signe du malaise qui parcourt cette gauche, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) n’a pas pris de position récente. Dans un article de son hebdomadaire daté du 25 juillet 2017, la formation d’Olivier Besancenot et de Philippe Poutou s’accorde seulement sur le fait que « les classes populaires vénézuéliennes n’ont rien à gagner dans cette polarisation réactionnaire » entre Nicolas Maduro et l’opposition.

Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, Hugo Chávez et le Venezuela font l’objet de rudes débats au sein de la gauche anticapitaliste française. Et avec Nicolas Maduro, ce n’est pas près de s’arrêter. Les amis insoumis de Jean-Luc Mélenchon interrogent pourtant, comme l’a fait la semaine dernière Eric Coquerel, « la manière dont se fait la répression » ou bien « la manière dont Nicolas Maduro essaie de sortir de l’ornière ». Auprès de Libération, le député de Seine-Saint-Denis insiste sur la « différence à faire entre le régime de Nicolas Maduro et celui d'Hugo Chávez ». Alexis Corbière, son collègue à l'assemblée nationale, admet également que « le régime est dans un moment de durcissement ».

Mais ces bémols restent inaudibles tant ils sont enrobés de mises en garde. « Ce qui nous est demandé, c’est de renier un régime de gauche en disant qu’il a sombré dans la dictature », justifie Eric Coquerel, « dans un contexte où les Etats-Unis sont à la manœuvre pour déstabiliser ce pays et que la droite libérale est à l’offensive, nous n’avons pas envie d’exprimer de réserve sur Nicolas Maduro ».

« On attend de nous une délégitimation totale de Nicolas Maduro, d’Hugo Chávez et, derrière cela, de toutes les expériences sociales en Amérique du Sud », ajoute Clémentine Autain, élue elle aussi en Seine-Saint-Denis. Jugeant que le communiqué de son parti, Ensemble, est déséquilibré, elle donne sa propre position, « je ne soutiens pas cette opposition de droite dure biberonnée à l’impérialisme américain, mais je ne soutiens pas non plus l’attitude de Nicolas Maduro engagé dans un processus de raidissement autoritaire ». Jean Luc Mélenchon, lui, répète souvent qu’il a « une règle de base dans la lutte, ne jamais reculer ou céder ». Application au cas vénézuélien, émettre aujourd’hui un doute public contre Nicolas Maduro, ce serait concéder à ses adversaires une part de terrain idéologique et cela favoriserait ensuite leur offensive pour tailler en pièce le programme entier du MFI.

« Jean Luc Mélenchon a fait près de vingt pour cent des voix au premier tour des élections présidentielles et il a un groupe actif de députés. Pour ses adversaires, le Venezuela est un bon moyen de lui accrocher quelques casseroles », observe à distance l’altermondialiste Christophe Aguiton, « mais il faut faire les deux à la fois, critiquer l’interventionnisme américain, mais dire aussi que ce que fait Nicolas Maduro n’est pas acceptable. Ce n’est pas la faute de la Central Intelligence Agency (CIA), mais ce n’est pas non plus la faute de la politique de Nicolas Maduro. La crise vénézuélienne est avant tout liée à l’effondrement des cours du pétrole ».

« La question du chavisme n’est jamais neutre lorsqu’elle est traitée dans les médias », fait remarquer pour sa part Christophe Ventura, chercheur, rédacteur en chef du site Mémoire des Luttes et ancien responsable des questions internationales du Parti de Gauche de Jean Luc Mélenchon. « La question du chavisme n’est jamais neutre lorsqu’elle est traitée dans les médias », fait remarquer pour sa part Christophe Ventura, chercheur, rédacteur en chef du site Mémoire des Luttes et ancien responsable des questions internationales du Parti de Gauche de Jean Luc Mélenchon, « c’est fait pour disqualifier ce que vous êtes et pour mettre en échec toute autre idée de progrès social et démocratique ».

Ce n’est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon est embêté en France par le Venezuela. Au mois d’avril 2017, dans la dernière ligne droite pour le premier tour des élections présidentielles, alors que les sondages le donnaient proche du second tour et que les premiers reportages sur Caracas étaient diffusés dans les journaux télévisés français, il avait dû se justifier sur sa proposition de faire adhérer la France à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), créée par le Venezuela et Cuba afin de favoriser les échanges avec la Guyane.

« En 1981, François Mitterrand avait les chars russes qui allaient débarquer à Paris. Nous, nous avons le modèle vénézuélien qui va ruiner la France », ironise Eric Coquerel.

Le leader du MFI ne fait pourtant pas du Venezuela un paradis. « Je n’ai jamais prétendu que c’était un modèle », écrivait déjà Jean Luc Mélenchon en 2007, dans « en quête de gauche », aux éditions Balland.

C’est pour lui et les siens une source d’inspiration. Hispanophone, sensibilisé à la lutte contre les dictatures latino-américaines dans sa jeunesse au contact d’exilés installés à Massy, dans le département de l’Essonne, Jean Luc Mélenchon a retrouvé un intérêt au continent sud-américain dans les années 1990. « Ce que nous voyons en Europe aujourd’hui s’est déjà joué là-bas », expliquait-il il y a dix ans.

« L’Amérique Latine a été le lieu d’émergence de la lutte contre les politiques que l’on disait d’ajustement structurel », rappelle-t-il dans un autre livre d’entretien, « le choix de l’insoumission », publié en 2016 aux éditions du Seuil, « la proximité des structures culturelles, juridiques et institutionnelles des sociétés sud-américaines avec l’Europe permet d’y lire beaucoup de notre futur face aux politiques d’ajustement structurel en cours en Europe ».

Il s’est d’abord intéressé au Brésil de Luis Ignacio da Silva avant la révolution bolivarienne d’Hugo Chávez, qu’il ne découvre qu’après le coup d’état manqué de 2002. Il fait son premier voyage d’étude à Caracas en 2006 en tant qu’observateur électoral. Sénateur socialiste à l’époque, il en revient avec du « concret pour régénérer le corpus idéologique et pratique » de son courant révolutionnaire. « Il y a la volonté de partager les richesses nationales, le pétrole, et d’asseoir son gouvernement et son régime sur le vote », souligne Eric Coquerel.

Jean Luc Mélenchon puise chez Hugo Chávez des « leçons essentielles sur le plan théorique », le clivage entre le peuple et l’oligarchie, l’assemblée constituante comme premier pilier de la révolution citoyenne et la proposition d’un référendum révocatoire. C’est grâce au Venezuela qu’émerge chez lui « l’idée qu’il y a cet acteur spécifique dans l’histoire de notre temps qu’on appelle le peuple ». La révolution bolivarienne, ajoute le leader des insoumis, « présente une lutte qui propose une ligne stratégique complète contre l’oligarchie ». Ligne fondamentale qui constitue aujourd’hui le cœur d’une doctrine politique détaillée dans un autre ouvrage qu’il porte en référence, « l’ère du peuple », aux éditions Fayard.

L’ancien socialiste a toutefois été un temps plus discret sur son attachement au Venezuela. En 2012, lorsqu’il fait référence à l’Amérique du Sud pendant sa première campagne présidentielle, il parle plus volontiers de l’Equateur de Rafael Correa, à qui il emprunte le concept de révolution citoyenne, de l’Argentine de Nestor et Cristina Kirchner ou encore de la Bolivie d’Evo Morales, plus soucieuse d’environnement que la société de consommation vénézuélienne dopée au pétrole. Les sympathies d’Hugo Chávez avec l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad ou le Libyen Mouammar Kadhafi lui font prendre ses distances. « Je leur ai dit mille fois qu’on ne fait pas de pacte avec les fascistes », confiait-il en 2011.

Mais après les élections présidentielles de 2012, Jean Luc Mélenchon reparle plus volontiers du président vénézuélien. En 2012, avant de passer son été à Cuba, il est à Caracas pour participer à un forum altermondialiste. Invité ensuite à suivre la campagne présidentielle avec l’équipe d’Hugo Chávez, il repousse son vol pour la Havane.

« Jamais je n’ai vu telle ferveur politique se concentrer de telle façon dans les corps et les visages. A mi-chemin, je m’aperçus que j’avais le visage en larmes », écrit-il alors sur son blog après avoir traversé, juché sur un bus, une foule de partisans du président, tous de rouge vêtus, dans la ville de Barquisimeto.

Le 6 mars 2013, au lendemain de la mort du président vénézuélien, en deuil, les yeux gonflés de tristesse, le député européen convoque la presse au siège du Parti de Gauche pour une déclaration solennelle.

« Ce qu’est Hugo Chávez ne meurt jamais », lance-t-il, « c’est l’idéal inépuisable de l’espérance humaniste et de la révolution ».

Le Venezuela, c’était un mai 1968 permanent, fait valoir le politologue Gaël Brustier. Actif au sein d’un petit groupe de militants de gauche parisiens de soutien à Hugo Chávez de 2002 à 2007, ce dernier avait accompagné Jean Luc Mélenchon à Caracas en 2006. « Ce pays offrait alors un débouché politique à l’alter mondialisme et permettait, pour toute une génération, d’exorciser le 11 septembre 1973 et le coup d’état d’Augusto Pinochet contre le président Salvador Allende », analyse-t-il, « c’est pour cela que, en France, il a parlé à beaucoup de gens de gauche ». D’où cette difficulté pour certains, aujourd’hui, de prendre quelques distances avec un pays qui reste une référence.

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 18:28

 

 

http://carnetericpeyre.blogspot.fr/2017/08/la-revanche-de-jeremy-corbyn.html

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/08/11/corbyn-la-renaissance-surprise-du-labour_5171230_3214.html

 

Jeremy Corbyn, la renaissance surprise du loser

 

Depuis les élections législatives britanniques du 8 juin 2017, le leader du parti travailliste britannique triomphe, prêt à remplacer la première ministre, Theresa May.

 

Par Philippe Bernard, correspondant permanent du Monde à Londres

 

Vendredi 11 Août 2017

 

Jeremy Corbyn est prêt, prêt à négocier le Brexit, prêt à former un gouvernement, bref, prêt à remplacer Theresa May à Downing Street.

Pour la gauche britannique, qui avait fait son deuil d’un retour au pouvoir dans un avenir prévisible, les élections législatives du 8 juin 2017 ont sonné comme une divine surprise et pris des airs de triomphe.

« Dans six mois, je serai premier ministre », a confié le leader du parti travailliste à Michael Eavis, le directeur du festival de Glastonbury, grand rendez-vous estival de la scène alternative.

Le 24 juin 2017, un discours du vieux dirigeant y a attiré plus de jeunes branchés que le groupe Radiohead, la veille. Son nom, scandé au rythme du tube américain Seven Nation Army des White Stripes, en est devenu l’hymne.

Sur les colliers, les tee-shirts, les posters et les sculptures de sable, Jeremy Corbyn, soixante huit ans, était partout. Dirigé par une Theresa May en sursis, le pays prend désormais très au sérieux la possibilité que l’ancien permanent syndical, longtemps présenté comme un loser, se voie confier les clés du number ten, le siège du gouvernement.

D’ailleurs, l’intéressé reprendra sa tournée des circonscriptions dès la moitié du mois d'août 2017, prévoyant et souhaitant de nouvelles élections que les travaillistes pourraient gagner, selon les sondages. Il n'y a pas un média qui ne s’interroge sur la corbynmania. Il n'y a pas un politologue qui ne disserte sur la renaissance surprise du parti travailliste.

L’obscur député de Finsbury Park, dans le nord de Londres, élu de l’aile gauche du parti depuis trente ans, revient de loin. Voilà tout juste un an, au lendemain de la victoire du Brexit au référendum, les trois quarts des députés de son propre parti avaient voté une motion de défiance à son encontre, l’accusant d’avoir traîné les pieds pour défendre la ligne proeuropéenne du parti. Mais les adhérents de base, qui l’avaient élu une première fois à la surprise générale au mois de septembre 2015, l’ont conforté.

Partisan d'un grand retour de l'état pour lutter contre les inégalités et contre l'establishment, sceptique sur l'Europe et sympathisant du Venezuela chaviste, Jeremy Corbyn évoque aujourd'hui une sorte de Jean-Luc Mélenchon britannique. A deux différences de taille près, il a été plébiscité à la tête du parti travailliste et il se trouve aujourd'hui en position d'accéder au pouvoir.

Car son programme, qui tourne résolument le dos au néolibéralisme du nouveau parti travailliste de Tony Blair, a drainé un nombre spectaculaire d'électeurs. Crédité de vingt huit pour cent seulement des voix au début de la campagne des élections législatives, au mois d'avril 2017, le parti travailliste de Jeremy Corbyn en a rassemblé quarante pour cent le 8 juin 2017.

C'est son meilleur résultat depuis Tony Blair et la plus forte remontée d'une élection à l'autre depuis Clement Attlee en 1945.

L'un des partis progressistes les plus en difficulté d'Europe est devenu en quelques semaines l'un des espoirs de la gauche. La cote de popularité de son dirigeant, catastrophique à l'été 2016, seize pour cent des voix contre cinquante deux pour cent des voix pour Theresa May, vient de dépasser celle de la première ministre, quarante quatre pour cent des voix pour Jeremy Corbyn contre trente quatre pour cent des voix pour Theresa May qui a perdu la majorité absolue au parlement.

« Avec Jeremy Corbyn, quelque chose de vraiment nouveau est possible, pour une fois. Il est humain et il est proche des gens ordinaires. Ce n'est pas seulement un homme politique, c'est l'un d'entre nous », résume Louise Emmins, trente sept ans, pour qui Jeremy Corbyn symbolise un double espoir, le maintien des allocations sociales pour son mari handicapé et la fin des études supérieures payantes pour leur fils. « Il est authentique, sage et constant. Il parle aux gens, il ne parle pas à la presse et il donne envie de s'engager en politique », dit Wisam Wahab, un étudiant de dix sept ans rencontré, lui aussi, lors d'un meeting.

Les réunions de Jeremy Corbyn mêlent toujours deux publics, des vieux électeurs du parti travailliste qui votaient en se bouchant le nez, ou ne votaient plus du tout, pendant les années de Tony Blair, de Gordon Brown et d’Ed Miliband, et des jeunes attirés par ce qu'ils perçoivent comme un programme résolument neuf, renationalisation des chemins de fer, fin de l'austérité, relance des services publics, construction de logements sociaux financées par une hausse de l'impôt sur les sociétés et interdiction des contrats de travail à zéro heure sans salaire garanti.

« For the many, not for the few », « pour le plus grand nombre, pas pour quelques-uns », ce slogan est la clé de voûte d'un programme centré sur les principaux problèmes sociaux, la précarité du travail, l'inaccessibilité des logements, le coût et l'inefficacité des transports et l'engorgement des hôpitaux et des écoles.

A l'instar de Jean-Luc Mélenchon, le leader du Mouvement de la France Insoumise (MFI), ou de Bernie Sanders, le rival d'Hillary Clinton lors des élections primaires du camp démocrate américain, le vieux militant a trouvé le ton pour séduire en même temps les jeunes et les classes éduquées sans trop s'aliéner les électeurs des milieux populaires.

Jeremy Corbyn « a réussi à rassembler les principales forces disponibles, le radicalisme anticapitaliste des jeunes, le culte bourgeois de l'authenticité et l'expression la plus crue des intérêts individuels », analyse John Gray, chroniqueur au New Statesman, un hebdomadaire de gauche. « Il représente le changement et, pour bon nombre d'électeurs, cela suffit, quelle que soit la nature du changement », rétorque avec dépit Rod Liddle dans le Spectator, publication symétrique à droite qui compare son populisme à celui de Donald Trump.

Les promesses de Jeremy Corbyn, jugées impossibles à financer et démagogiques par les conservateurs, ont fait mouche, de même que son ambiguïté à propos du Brexit. Sachant que trois députés du parti travailliste sur quatre sont élus dans des circonscriptions ayant voté pour la sortie de l'Union Européenne en dépit de la consigne du parti, Jeremy Corbyn évite le plus possible d'aborder cet énorme sujet qui divise ses partisans.

Stratégie gagnante, peu de travaillistes pour le Brexit ont voté pour les europhobes de l’United Kingdom Independant Party (UKIP) et peu des travaillistes pour le maintien dans l’Union Européenne ont fait défection en faveur des libéraux démocrates pro-européens.

Pour l'heure, le leader du parti travailliste, longtemps objet du souverain mépris de Theresa May, est en position de force. Les médias, où il se montre désormais très à l'aise, ont cessé de le snober. Dans le Financial Times, il évoque ses lectures de vacances, un essai sur Percy Shelley, poète romantique aux idées révolutionnaires, son amour pour le vélo et pour son chat.

Augmentation du salaire des fonctionnaires, dénonciation de la dérégulation après l'incendie de la Grenfell Tower à Londres le 14 juin 2017, qui a fait au moins soixante dix neuf morts, et remise en cause des droits d'inscription universitaires, l’ancien outsider dicte désormais l'agenda politique à des tories tétanisés. Theresa May lui doit probablement d'être maintenue pour l'instant au pouvoir. Son éviction pourrait déboucher sur de nouvelles élections et un échec cuisant au profit du parti de Jeremy Corbyn.

Mais l'ambivalence de ce dernier sur le Brexit masque de moins en moins les fractures béantes du parti travailliste sur le sujet. Comme Theresa May, le leader de la gauche défend bec et ongles le Brexit et la sortie du marché unique européen, tout en promettant de négocier avec les vingt sept pour obtenir le maintien du libre accès après la sortie de l'Union Européenne.

Les élus du parti travailliste qui dénoncent le caractère irréaliste et démagogique de cette position sont mis à l'écart ou tancés par ses soins.

Or, soixante six pour cent des adhérents du parti travailliste sont favorables au maintien dans le marché unique.

« Jeremy Corbyn a passé sa vie à répéter que l'Europe était une partie du problème et non de la solution. Il voit le Brexit comme une chance de mettre en oeuvre son programme socialiste radical de nationalisations, de retour des aides de l’état et de commerce administré », observe le journaliste Larry Elliott dans le Guardian.

Bien des jeunes, furieux contre le Brexit, se sont mobilisés pour le parti travailliste cette année. Ils sont attirés aussi par sa promesse d'un retour à la gratuité de l'enseignement supérieur. Jeremy Corbyn leur doit en partie son extraordinaire remontée électorale. Que se passera-t-il lorsque, l'épreuve de vérité des négociations de Bruxelles aidant, le quiproquo sera levé et qu'ils s'apercevront que leur idole, par idéologie, s'accommode tout à fait du Brexit ?

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 17:50

 

 

LE PEUPLE EST CONVOQUE PAR L HISTOIRE

 

Charles Jérémie écrivait récemment un long message relatif à l’actuelle situation politique française.

Vous trouverez ci-dessous la première partie de ce message.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site internet du Club Politique Bastille (CPB) à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article197

 

LE PEUPLE EST CONVOQUE PAR L HISTOIRE

 

Par Charles Jérémie

 

Vendredi 11 Août 2017

 

Le peuple est convoqué par l’histoire lorsqu’il est menacé dans son existence. Viens alors le temps des circonstances exceptionnelles, fascisme, occupation militaire, effondrement des banques, cessation des termes de l’échange et guerres.

Prolétaires, chômeurs, petits bourgeois, jeunes, agriculteurs, classes moyennes et professions libérales, tous doivent se rassembler pour tenter de survivre, pour le meilleur ou pour le pire. Ce sont les célèbres quatre vingt dix neuf pour cent, voir par exemple l’excellent éditorial de Serge Halimi dans le dernier numéro du Monde Diplomatique. La mort, qui menace, contraint le peuple au rassemblement.

Par contre, les classes exploitées qui, autour du prolétariat, forment l’ossature productive d’un pays peuvent se mobiliser politiquement contre le capital quand l’extraction maximum de la plus-value rend l’existence insupportable et quand les systèmes d’indemnisations du chômage, mis à mal ou supprimés, rendent la survie impossible. Dans les deux cas, la jeunesse est à l’avant-garde, ici, le peuple, là, les exploités, classe contre classe.

Précisons que, lorsque la lutte des classes s’élève à de tels sommets, la classe ouvrière et les salariés peuvent entraîner les petits bourgeois des villes et des campagnes. Les changements fondamentaux sont à ce prix.

Les gens qu’évoque Jean Luc Mélenchon ont eux une adresse sociale incertaine et ils ne possèdent pas la clef du combat émancipateur de la société. Jean Luc Mélenchon rassemble car, au-delà de la situation politique présente, depuis la fin pitoyable de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) au profit du capital, les opprimés n’ont plus de boussole. Ils cherchent, par tâtonnement, un nouvel imaginaire politique.

L’un des éléments de l’actuelle confusion politique, c’est l’incapacité des classes laborieuses et des militants, d’abord des militants, à ébaucher un nouveau dessein historique. Alors, et ce n’est pas nouveau, apparaissent des raccourcis et des hommes providentiels. La croyance remplace la théorie et la clarté.

Donc, le roman révolutionnaire est en panne de contenu et de lecteurs, le modèle de 1917 est évidemment forclos. Dans un pays qui a un passé démocratique particulièrement riche, qu’une révolution puisse être dirigée par des conseils et des comités et surtout que, la victoire acquise, les soviets à la française constituent la structure politique, économique et culturelle de la société n’a, tout simplement, pas de sens. La fameuse cuisinière léniniste imaginaire qui, outre la confection de bons plats, devait diriger l’état ouvrier, a été remplacée par le dictateur et par un état bureaucratique totalitaire et obèse. Non seulement cette vision idyllique du socialisme n’a jamais été mais, à chaque fois que des régimes autoritaires antidémocratiques ont vu le jour, la tragédie a mis fin à ces illusions.

Démocratie, écologie et révolution numérique constituent le trépied d’un possible projet émancipateur. Il faut travailler à l’élaborer. Ce n’est pas une mince affaire. C’est ce à quoi au Club Politique Bastille nous souhaitons nous engager avec infinie modestie.

Revenons à la situation française qui n’est évidemment pas pré révolutionnaire. Mon pessimisme ashkénaze sur les fameux rythmes et délais semble battu en brèche, tout va plus vite que je l’imaginais.

À peine Emmanuel Macron a-t-il annoncé qu’il allait appliquer son programme que montent dans le pays des inquiétudes et des protestations et que des premières fissures apparaissent.

Contrairement à ce qu’écrivent les journalistes, Pierre de Villiers n’a pas été viré, il a démissionné contre la volonté du président. Cette affaire va laisser des traces et donner des idées à d’autres. Résultat, le petit Bonaparte Emmanuel Macron n’ose plus faire preuve d’autorité.

La panne à la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) aurait dû provoquer le changement du Président Directeur Général (PDG) pour incompétence, sans oublier qu’il est resté en vacances au début de cette crise. Il n’en a rien été. Le pouvoir hésite et renacle. Même Jean Claude Mailly évoque avec moins d’enthousiasme la sensibilité sociale de la ministre du travail, par ailleurs menacée par la justice. Le brouillard électoral se dissipe et le pays est sur ses gardes, Aide Personnalisée au Logement (APL), augmentation de la Contribution Sociale Généralisée (CSG), code du travail, annonce de la réforme des retraites et baisse de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF).

Cette rafale contre la classe ouvrière déprime l’opinion publique mais elle peut mobiliser. Les élections sont terminées.

Les mots s’incarnent désormais dans des actes.

La démission du chef d’état major n’est donc pas une péripétie. Emmanuel Macron veut un appareil d’état obéissant pour faire face à des situations imprévisibles. Relevons au passage que le Mouvement de la France Insoumise (MFI), loin de critiquer la politique impérialiste militaire, a soutenu Pierre de Villiers, demain ils voteront les crédits militaires de notre belle armée française.

En fait, Emmanuel Macron est à contretemps politique. Il prône la révolution libérale alors que, dans l’un des principaux pays impérialistes, qui a donné naissance au libéralisme, la Grande Bretagne, les conservateurs ont été sèchement battus aux élections.

Pour se maintenir au gouvernement, la première ministre s’est alliée avec un parti ultra contre-révolutionnaire homophobe.

Le programme antilibéral de Jeremy Corbyn a été plébiscité et il l’a emporté contre le groupe parlementaire travailliste. C’est un événement majeur.

Tout indique qu’il peut bientôt gouverner. Si cette hypothèse se concrétise, elle aura des conséquences politiques considérables en Europe. Disposant pourtant d’une écrasante majorité, Emmanuel Macron veut accélérer, il craint le débat et il passe donc par les ordonnances.

L’un des traits majeurs de la mobilisation contre la première loi travail est que, en permanence, dès le début, les appareils ont été débordés.

Une fraction importante de la jeunesse a été à l’avant-garde et elle s’est radicalisée. Le mouvement des Nuits Debout et les cortèges de tête ont participé au processus. Nous ne pouvons donc exclure qu’Emmanuel Macron connaisse une réaction d’au moins égale ampleur, d’autant que le rejet des partis politiques épuisés, notamment du Parti Socialiste, se traduira également dans le mouvement syndical.

Les appareils sont fragiles et les digues sont fissurées. Les rythmes semblent donc plus dynamiques que je ne l’avais imaginé.

Ma certitude est que, tôt ou tard, il y aura des affrontements qui seront violents, très violents. Les réactions des jeunes manifestants, en tête de cortège, à Paris comme en province, en témoignent.

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 17:07

 

 

L EXTREME GAUCHE FRANCAISE ET LE VENEZUELA

 

Vincent Presumey écrivait récemment un long message relatif à l’actuelle situation politique vénézuélienne.

Vous trouverez ci-dessous la troisième et la dernière partie de son message relatif aux positions des principales organisations de l’extrême gauche française par rapport au Venezuela.

Le message de Vincent Presumey est disponible en totalité si vous consultez son blog Mediapart à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

https://blogs.mediapart.fr/vincent-presumey/blog/070817/propos-du-venezuela

 

Leçons françaises sur le Venezuela

 

Par Vincent Presumey

 

Lundi 7 Août 2017

 

Le gouvernement français a réagi très modérément aux récents événements vénézuéliens. Manifestement, les puissances impérialistes attendent de voir ce qui va se passer. Washington souhaite une transition mettant au pouvoir ses représentants directs, soit par une élimination de Nicolas Maduro, soit par une négociation, mais Washington craint les affrontements politiques et sociaux que la crise peut ouvrir. Nous ne sommes décidément pas au Chili en 1973 comme le répète la moutonnerie officielle de gauche ou, à présent, populiste, mais les prolétaires et les syndicalistes indépendants sont les cibles désignés tant des nervis de Nicolas Maduro que de ceux de la Mesa de la Unidad Democratica (MUD).

Le Parti Socialiste, quant à lui, appelle à un accord entre Nicolas Maduro et la MUD qu’une médiation internationale neutre pourrait imposer selon lui.

Le problème principal, à gauche et dans le mouvement ouvrier, est l’absence de mobilisation en défense du peuple vénézuélien et donc contre Nicolas Maduro. Se répète l’expérience accablante et tragique de l’Ukraine et surtout de la Syrie.

Le Parti Communiste Français (PCF) dans l’Humanité a pris des positions particulièrement caricaturales qui ne dénotent pas, d’ailleurs, ses intérêts propres en tant que parti, mais sans doute le lobbying efficace de la diplomatie parallèle.

Du côté du Mouvement de la France Insoumise (MFI), tout le monde a entendu le silence assourdissant de Jean Luc Mélenchon. Ce silence laisse parler un Adrien Quatennens ou un Alexis Corbière qui répètent les éléments de langage convenus, « complexité de la situation, soutien au processus bolivarien et refus de l’ingérence », et qui soutiennent donc le pouvoir en place à Caracas.

Mais Jean Luc Mélenchon se tait et ce n’est pas parce qu’il aurait des états d’âme démocratiques. Sa dernière expression publique sur le Venezuela remonte en effet à l’automne dernier, dans une vidéo d’entretiens avec Chantal Mouffe, idéologue du populisme. Il y expliquait qu’Hugo Chavez n’était pas allé jusqu’au bout de la construction du peuple. Hugo Chavez au Venezuela et Rafael Correa en Équateur ont bel et bien, selon lui, sorti les pauvres de la misère, mais ceux-ci, faute d’une révolution culturelle, une fois devenus des classes moyennes, ne pensent qu’à la consommation ostentatoire. Le prolétariat vénézuélien, réduit aux pillages pour prendre de quoi manger dans les centres commerciaux, serait content d’entendre cela.

Le fait que ni le MFI, ni, par ailleurs, Podemos, bien que les possibilités de débat interne y soient incomparablement plus larges, ne portent la moindre parcelle de renaissance de l’internationalisme, est particulièrement mis en exergue par le test vénézuélien. L’autre leçon politique majeure est que le populisme n’est pas la solution au problème des vieux partis de gauche. Il fait partie du problème et l’aggrave en combattant pour interdire sa solution qui serait des partis démocratiques s’orientant de ce fait vers la révolution, en affrontant à nouveau la question du pouvoir et celle de la véritable solidarité internationale. Du pire stalinisme d’autrefois au MFI, il n’y a aucune rupture. Le populisme n’est pas le renouveau, il est la conclusion.

Dans ce contexte général où, pour le reste, Lutte Ouvrière n’a fait qu’un communiqué dénonçant l’opposition et les États-Unis, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) a été silencieux ces derniers jours puis il a repris les déclarations de Marea Socialista, donc du chavisme critique de gauche, le Parti Ouvrier Indépendant (POI) a pour mot d’ordre exclusif « non à l’ingérence impérialiste » et le Parti Ouvrier Indépendant Démocratique (POID) ne se différencie pas de lui sur ce point, découvrant même dans l’Humanité une participation massive à la fausse constituante, la prise de position d’Ensemble tranche.

En soi le communiqué d’Ensemble n’est pas forcément renversant, mais il procède d’un certain bon sens qui n’était plus très habituel, « bafouer les libertés démocratiques est incompatible avec les valeurs de la gauche ».

Que n’avait pas fait Ensemble. Article dans l’Humanité et déchaînement dans la blogosphère et sur les réseaux sociaux, caniches de l’impérialisme, offensive interne et externe contre ce communiqué, voilà les néo-staliniens et les populistes réconciliés contre l’infâme démocratie.

L’ampleur de ces réactions, dont plusieurs soulignent que la cause du crime est un internationalisme qui doit céder une fois pour toute la place à la géopolitique, est complètement disproportionnée par rapport à la portée de ce communiqué en tant que tel et à l’influence de cette organisation. Elle doit nous alarmer. Ensemble est la première organisation à avoir explicitement discuté la question de la dissolution dans le MFI et à l’avoir repoussée.

Pouvoir produire un tel communiqué, quels que soient par ailleurs les critiques que l’on peut faire sur l’orientation, ou plutôt sur l’absence d’orientation, d’Ensemble, est à soi seul la justification de l’organisation politique indépendante sous forme pluraliste de courants. Contre Nicolas Maduro, contre la MUD, contre l’impérialisme, contre le capital, contre l’état, contre le populisme, contre Emmanuel Macron, c’est cela, et seulement cela, qui est porteur d’avenir.

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 16:42

 

 

Un mort après une manifestation de suprémacistes blancs aux Etats Unis (Reuters)

 

Une personne est morte et une trentaine d'autres ont été blessées Samedi 12 Août 2017 après des heurts entre des suprémacistes blancs et des militants antiracistes à Charlottesville, en Virginie, où l'état d'urgence a été décrété.

Une femme de trente deux ans a été tuée lorsqu'une voiture a foncé dans la foule des contre-manifestants. Le conducteur suspect, James Alex Fields Junior, un jeune homme de l'Ohio de vingt ans, a été arrêté et incarcéré pour meurtre.

Une enquête fédérale pour violation des droits civils a été ouverte par le Federal Bureau of Investigation (FBI) pour faire la lumière sur l'homicide, ont annoncé le procureur local et l'antenne de Richmond du FBI dans un communiqué.

Deux policiers ont par ailleurs péri dans un accident d'hélicoptère à une dizaine de kilomètres de la ville, après être intervenus pour aider à la dispersion des manifestants. On ignore pour le moment la cause de l'accident.

Des centaines de nationalistes protestaient à Charlottesville contre le projet de la municipalité de déboulonner d'un parc public une statue du général confédéré Robert Lee, considéré comme un défenseur de l'esclavagisme pendant la guerre de sécession.

Réagissant aux violences sur Twitter, le président Donald Trump a appelé à l’unité et il a estimé qu'il n'y a « pas de place pour ce genre de violence en Amérique ». Il a ajouté un peu plus tard que la « haine, la bigoterie et la violence, s'exprimaient de tous les côtés ».

Cette absence de condamnation explicite des militants suprémacistes et néonazis par le président américain a été vivement critiquée par les démocrates comme par certains responsables républicains.

Le sénateur Cory Gardner, qui dirige la campagne républicaine en vue des élections sénatoriales, a appelé Donald Trump à utiliser des termes plus exacts. « Nous devons appeler le mal par son nom », a-t-il dit sur Twitter, « il s'agissait de suprémacistes blancs et de terrorisme intérieur ».

Le sénateur de Floride Marco Rubio, ancien adversaire de Donald Trump pour l'investiture républicaine a renchéri, « il est très important pour le pays d'entendre Donald Trump décrire les événements de Charlottesville pour ce qu'ils sont, une attaque terroriste par des suprémacistes blancs ».

Soucieux d'éteindre la polémique, le porte-parole de la Maison Blanche a déclaré Dimanche 13 Août 2017 que Donald Trump avait inclus dans sa condamnation des violences « les suprémacistes blancs, le Ku Klux Klan, les néonazis et tous les groupes extrémistes ».

Les états du sud des Etats-Unis sont le théâtre d'un vif débat sur l'utilisation des symboles rappelant l'armée confédérée qui défendait le maintien de l'esclavage lors de la guerre civile américaine.

L'accession de Donald Trump à la Maison Blanche a incité les militants de l’alt right, la droite extrême qui l'a largement soutenu pendant la campagne électorale, à se faire entendre ouvertement.

Au mois de juillet 2017, une vingtaine de membres du Ku Klux Klan avaient été arrêtés à Charlottesville lors d'un rassemblement contre le retrait de la statue du général Robert Lee. Des nationalistes brandissant des torches avaient également protesté contre cette mesure au mois de mai 2017.

Après les heurts qui ont éclaté Samedi 12 Août 2017 dans le centre de la ville de Charlottesville, le gouverneur démocrate de Virginie, Terry Mac Auliffe, avait déclaré l'état d'urgence et ordonné la dispersion de la manifestation. Dans la soirée, le conseil municipal a voté l'instauration d'un couvre-feu par la police.

« J'ai un message pour les nationalistes blancs et les nazis qui sont venus à Charlottesville aujourd'hui. Notre message est clair et simple, rentrez chez vous », a-t-il dit lors d'une conférence de presse. « Vous n'êtes pas voulus dans cette grande communauté, honte à vous », a-t-il ajouté.

L'un des organisateurs de la manifestation du Samedi 12 Août 2017, Jason Kessler, un blogueur nationaliste blanc connu des organisations de défense des droits civiques, a cependant promis que l’alt right poursuivrait son action.

« Nous allons effectivement avoir de nouvelles manifestations à Charlottesville parce que nos droits constitutionnels sont bafoués », a-t-il déclaré.

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 18:07

 

 

http://www.elmundo.es/espana/2017/07/31/597f5fd022601d42798b45c5.html

 

Suspension de la réforme expresse du parlement catalan qui facilitait le référendum

 

Lundi 31 Juillet 2017

 

Le conseil d’état dit que la réforme de la déconnexion expresse viole le droit de participation politique

 

Le parlement catalan approuve la réforme pour la déconnexion expresse

 

Les plans du gouvernement catalan pour organiser un référendum sur l'indépendance de la Catalogne le premier octobre 2017 ont été suspendus par le Tribunal Constitutionnel. L’assemblée plénière du tribunal suprême a accepté à l'unanimité le recours introduit par le président du gouvernement Mariano Rajoy, présenté le Vendredi 28 Juillet 2017, pour empêcher l'approbation expresse de la loi qui permet la consultation souverainiste. 

Les onze membres qui composent l'assemblée plénière du Tribunal Constitutionnel ont décidé Lundi 31 Juillet 2017 la suspension du deuxième paragraphe du cent-trente-cinquième article du règlement du parlement de Catalogne, qui permettait l’adoption des lois en une seule journée. De cette manière, le tribunal suprême bloque la réforme promue par les partis indépendantistes, Junts pel Si et la Candidature d’Unité Populaire (CUP), pendant cinq mois, la date limite prévue par la constitution. Cette décision est la conséquence automatique du recours déposé par le président du gouvernement, Mariano Rajoy. 

La suspension de la réforme est rétroactive à la date du Vendredi 28 Juillet 2017, la date à laquelle le gouvernement a déposé son recours en inconstitutionnalité. Le parlement et le gouvernement catalan ont maintenant une période de quinze jours pour formuler les allégations qu'ils jugent appropriées. Toutefois, le tribunal suprême relève que la recevabilité de cette action ne doit pas être interprétée comme une anticipation de la résolution de celui-ci, que le Tribunal Constitutionnel décidera dans un proche avenir. En fait, il devrait le faire avant la fin du mois d’août 2017. 

Le tribunal suprême notifie de manière personnelle cette décision, à la demande du gouvernement de Mariano Rajoy dans son recours, à la présidente du parlement catalan, Carme Forcadell, ainsi qu’à tous les membres du bureau du parlement, plus précisément au premier vice-président Luís Guinó i Subirós, au deuxième vice-président Jose Maria Espejo-Saavedra, à la première secrétaire Anna Simó i Castelló, au deuxième secrétaire David Pérez Ibáñez, au troisième secrétaire Joan Josep Nuet i Pujals et à la quatrième secrétaire Ramona Barrufet i Santacana. Le secrétaire général du parlement de la Catalogne Xavier Muro i Bas et le premier conseiller de celui-ci Antoni Bayona ont également reçu des notifications personnelles. 

Le Tribunal Constitutionnel les met tous en garde, comme c’est écrit dans la notification de l’admission du recours, contre « le devoir de prévenir ou d’arrêter toute initiative qui consiste à ignorer ou contourner la suspension convenue ». De plus, il est aussi clair qu’ils ont tous le devoir de ne pas « mettre à l'ordre du jour d'un organe du parlement de la Catalogne et, d’une manière générale, de refuser tout accord impliquant le traitement d'un projet de loi en application du paragraphe du cent trente cinquième article contesté ». 

En ce sens, le tribunal suprême s’adresse aux personnes mentionnées et souligne que, si elles ne se conforment pas à ces prescriptions, elles devront prendre la responsabilité, y compris pénale, de la violation de cette exigence. Le gouvernement de Mariano Rajoy a également demandé la communication de la décision de suspension à tous les subordonnés des responsables du parlement catalan, des fonctionnaires ou du personnel des services administratifs. 

La décision du Tribunal Constitutionnel a été également transmise à la présidente du congrès des députés Ana Pastor et au président du sénat Pío García-Escudero et elle a été publiée par le Bulletin Officiel de l’Etat  (BOE) et par le journal officiel du gouvernement de Catalogne. Le tribunal suprême demande l'assistance judiciaire du Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) pour réaliser les notifications, les avertissements et les exigences convenues par l’assemblée plénière.  

Dans son recours, l'exécutif a dénoncé « la dérive absolument antidémocratique » du gouvernement catalan, ce qui empêche les partis minoritaires représentés au parlement catalan de pouvoir présenter des  amendements contre la réforme expresse imposée par le gouvernement catalan. Ce qui signifie « une atteinte aux droits fondamentaux » du parlement, selon l’avocat de l’état dans les arguments du recours. 

Après la décision du Tribunal Constitutionnel, le président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, a deux options, ou bien il ne respecte pas la décision du tribunal suprême et il organise le référendum, ou bien il convoque des élections régionales en Catalogne le premier octobre 2017. En relation avec une possible convocation électorale, Mariano Rajoy a dit lui-même Vendredi 28 Juillet 2017 lors de la conférence de presse qu’il a faite avant les vacances, qu'il aime que « les choses fonctionnent dans une situation de normalité ».   

Le 14 décembre 2016, l’assemblée plénière du Tribunal Constitutionnel a accepté de traiter une demande du gouvernement de Mariano Rajoy pour annuler une décision du parlement catalan qui approuvait l’organisation d’un référendum pour l'indépendance en 2017. Puis le gouvernement de Mariano Rajoy a dit que la résolution qui met en marche le processus catalan de déconnexion était inconstitutionnelle. 

Dans le recours présenté ensuite par le gouvernement, l’avocat de l’état a également averti que la tenue d'une référendum irait à l'encontre de la décision du tribunal suprême du 19 juillet 2016 qui a annulé la création de commissions parlementaires et qui a limité les travaux de la commission d’étude constitutionnelle du parlement catalan.  

Le 9 Novembre 2015, le parlement catalan a adopté une résolution déclarant le début du processus de création d’un état catalan indépendant en tant que république. Les députés ont proclamé que le parlement ne se soumettrait pas aux décisions du Tribunal Constitutionnel, demandant au gouvernement catalan de « se conformer exclusivement aux normes et aux mandats du parlement catalan ».

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 17:57

 

 

http://www.liberation.fr/france/2017/08/10/a-la-porte-de-la-chapelle-la-crise-humanitaire-est-loin-d-etre-resolue_1589116

 

A la porte de la Chapelle, la crise humanitaire est loin d’être résolue

 

Par Tanguy Garrel-Jaffrelot

 

Le 7 juillet 2017, près de deux mille huit cent migrants qui campaient porte de la Chapelle ont été évacués et mis à l'abri. Selon les associations, entre huit cent et mille personnes dorment de nouveau à la rue dans ce quartier.

Un mois après l’évacuation du campement de la porte de la Chapelle, des dizaines de tentes sont de nouveau visibles dans la pénombre des ponts de ce quartier parisien. Installés sur le terre-plein central et sur le chantier de la ligne de tramway, les réfugiés tentent de trouver le sommeil mais le bourdonnement permanent du périphérique les empêche de fermer l’œil. Une odeur d’urine imprègne l’air ambiant et des déchets jonchent le sol. La fumée, la pollution et la poussière rendent l’air difficilement respirable.

Bidonville en plein Paris, le camp de la porte de la Chapelle s’est constitué au fil du temps autour d’un centre d’hébergement ouvert au mois de novembre 2016 et censé accueillir les demandeurs d’asile arrivant pour la première fois dans la capitale. Il était prévu que les primo-arrivants restent pour un maximum de deux semaines avant d’être redirigés vers d’autres structures d’accueil, en théorie seulement. Dans la réalité, ils restent bien plus longtemps parce que l'état n’a pas créé ailleurs les places en nombre suffisant pour que cette rotation soit possible.

Avec seulement quatre cent places, le centre s’est vite avéré sous-dimensionné, quatre vingt dix entrées pour cinquante sorties ces derniers jours. A l’extérieur, plusieurs campements informels se sont formés où les réfugiés vivent dans des conditions d’hygiène déplorables. Le 7 juillet 2017, près de deux mille huit cent migrants, dont beaucoup de réfugiés venant du Soudan et d’Afghanistan, ont été évacués vers des gymnases de la région parisienne.

Un mois plus tard, la situation n’est toujours pas résolue. Avec une cinquantaine d’arrivées par jour, les associations présentes sur place estiment qu’entre huit et mille personnes dorment à la rue.

De plus en plus de couples avec de jeunes enfants vivent dans ces campements de fortune et les mineurs isolés sont loin d’être tous pris en charge. L’épidémie de gale est toujours présente et les réfugiés n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments pour se soigner.

« La situation va amener à une nouvelle évacuation. Ce ne sera que la trente cinquième dans la capitale en deux ans » affirme, dépité, Pierre Henry, le directeur général de France Terre d'Asile (FTA), l’association en charge des maraudes dans le quartier.

Chaque matin, le même spectacle de désespoir se répète. Plusieurs centaines de jeunes hommes font la queue pour obtenir un petit-déjeuner. La mine fatiguée et le visage amaigri, ils espèrent obtenir un café et quelques gâteaux secs. L’effervescence est visible car la nourriture est rare.

Cela fait maintenant deux semaines que Wedebat est arrivé en France et qu'il dort dans la rue. Agé de trente quatre ans, il a dû fuir l’Erythrée et quitter sa femme ainsi que ses deux enfants de cinq et de six ans, victime de persécutions politiques. Par chance, il est parvenu à trouver un matelas dans les poubelles du quartier. Une association lui a fourni une tente pour s’abriter de la pluie.

Avec un repas par jour, la faim est omniprésente mais le jeune homme conserve un large sourire. « La situation est mauvaise ici, mais en Erythrée c’était pire. Notre gouvernement est ultra-violent, ce n’est pas comme ici. Mon pays n’est pas sûr. Ici, au moins, nous sommes libres », explique le demandeur d’asile. Sans papiers, sans argent, sans tickets de métro, les demandeurs d’asile sont condamnés à errer dans ce bidonville situé à proximité d’un centre de désintoxication et d’une décharge.

Au mois de février 2017, prétextant des travaux, la mairie de Paris a installé des rochers sur les terre-pleins jouxtant le périphérique pour empêcher les campements, mais les réfugiés ont fait avec. Les associations n’en restent pas moins indignées. « Ces pierres n’ont fait que déplacer les migrants, mais il faut bien que ces gens dorment quelque part. C’est comme mettre des pics pour les pigeons pour faire fuir les nuisibles », estime Mafi Pulula, étudiante à Nanterre et bénévole au sein de l’association Solidarité Migrants Wilson (SMW).

Sur les barrières et sur les bouches d’aération du métro, les migrants tentent de faire sécher leurs affaires. Derrière quelques poubelles, un homme nu se lave tandis que d’autres se brossent les dents en slalomant entre les voitures. Après avoir bataillé pendant sept mois pour l’installation de toilettes et de points d’accès à l’eau potable, l’association Utopia Cinquante Six a finalement eu gain de cause. La mairie de Paris a accepté de mettre à disposition des sanitaires et des fontaines. Mais les cinq toilettes, les deux fontaines et la dizaine d’urinoirs restent largement insuffisants pour le millier de sans-abris vivant sur place. La ville de Paris se refuse également à installer des douches publiques, malgré la fermeture pendant plusieurs mois des bains publics de la Chapelle. « Un campement de rue est intolérable et insalubre mais l'état ne respecte pas sa partie du contrat. Sachez que la mise à l’abri ne fait pas partie des compétences de la ville en théorie. C’est une prérogative de l'état », se justifie-t-on à l'Hôtel de Ville de Paris.

Face à l’inaction de l'état, un réseau de solidarité citoyen s’est mis en place entre les habitants du quartier. Le comité SMW offre donc le petit-déjeuner aux réfugiés mais également aux quelques prostitués et aux Sans Domicile Fixe (SDF) qui viennent les voir. Les restaurants du cœur et le Secours Populaire Français (SPF) leur prêtent bien main-forte mais c’est insuffisant. Les bénévoles mettent de leur poche pour payer la confiture, le café et le sucre.

La mairie de Paris a accepté de mettre un local à disposition pour stocker les aliments. « Ils ont compris que s’ils ne nous soutenaient pas, des gens allaient mourir de faim », explique Anne-Marie Bredin, responsable logistique. Une question reste en suspens. Le centre de la porte de la Chapelle étant censé fermer ses portes au mois de mars 2018, qu’adviendra-t-il des réfugiés ?

Pendant la campagne présidentielle, le candidat Emmanuel Macron avait promis de réformer la procédure de demande d’asile afin de limiter les délais d’attente de quatorze à six mois.

A la fin du mois de juin 2017, le président a rappelé lors du conseil européen qu’il faut « accueillir des réfugiés, car c’est notre tradition et notre honneur », avant d’ajouter il y a deux semaines que « d'ici la fin de l’année, je ne veux plus personne dans les rues. Je veux partout des hébergements d’urgence ».

Le gouvernement d’Edouard Philippe a bien présenté un plan pour les migrants au début du mois de juillet 2017. Il prévoit la création de quatre mille places d’hébergement en 2018 et de trois mille cinq cent places en 2019 mais sans évoquer les prochains mois. Pierre Henry, le patron de FTA, s’inquiète de la confusion au sein de l’exécutif, « le plan pour les migrants est incomplet car il ne pense pas le premier accueil. Le gouvernement fait du sur place. Pourtant, cette question des migrations doit être traitée avec dignité. Ce ne devrait pas être impossible pour la sixième puissance du monde ».

En charge du centre d’accueil de quatre cent places, Emmaüs et la ville de Paris exigent depuis des mois « la reconstitution d’un parc d’hébergement à la hauteur des besoins » sans que la position du gouvernement évolue, tandis que le Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU) sociale dénonce un « plan qui manque d’ambition ».

Utopia Cinquante Six estime pour sa part que les pouvoirs publics « profitent des vacances pour effectuer un tri entre réfugiés politiques, migrants économiques et migrants climatiques. Maintenant, avec l’affaire de Cédric Hérou, nous serons bientôt tous en prison pour délit de solidarité. Il est désormais juridiquement condamnable d’aider son prochain », explique Yann Manzi, le fondateur de l’association.

Des solutions existent pour résoudre la crise. Au début du mois de juillet 2017, la maire de Paris, Anne Hidalgo, proposait de créer d’autres centres de premier accueil dans les grandes métropoles de France et sur le modèle de celui de la porte de la Chapelle. Ces camps permettraient d’éviter la création de nouveaux bidonvilles et de désengorger tant Paris que le nord du pays. « Il n’y a pas de crise des réfugiés mais une crise de l’accueil », explique la socialiste. Mais le gouvernement, au premier rang duquel le ministre de l'intérieur, Gérard Collomb, s’y oppose. Pour l'heure, aucun nouveau centre humanitaire n’est envisagé dans l'hexagone.

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 17:32

 

 

http://boris-victor.blogspot.fr/2017/08/de-bruxelles-madrid-la-gauche-radicale.html

 

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/08/11/de-bruxelles-a-madrid-la-gauche-radicale-prend-le-dessus-sur-les-sociaux-democrates_5171231_3210.html

 

De Bruxelles à Madrid, la gauche radicale prend le dessus sur les sociaux-démocrates

 

Dans plusieurs pays d’Europe, les sondages et parfois les élections révèlent une inversion du rapport de forces.

 

Par Jean-Pierre Stroobants, Philippe Ricard, Sandrine Morel et Raphaëlle Besse Desmoulières

 

Vendredi 11 Août 2017

 

Dans la bagarre entre les deux gauches, celle dite de gouvernement a longtemps tenu à distance sa rivale d’extrême gauche qu’elle regardait avec condescendance. Mais le rapport de forces semble désormais s’inverser, comme l’ont montré de récentes élections sur une partie du continent européen.

Pour Pascal Delwit, politologue à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et auteur d'un ouvrage relatif aux gauches radicales en Europe, la crise économique et financière est à l’origine de cette tendance. « C’est là où elle a frappé avec le plus de violence que ces partis sont nés ou ont repris de la vigueur », souligne-t-il, « dans le nord de l’Europe, la crise n’a pas eu le même impact et a plutôt bénéficié à la droite radicale ».

Dans ce contexte, le spectre de la pasokisation plane au-dessus de certains dirigeants socialistes, en référence à la quasi-disparition du PASOK d’Andréas Papandréou et de Georges Papandréou en Grèce, au profit de la formation de gauche radicale SYRIZA d’Alexis Tsipras.

Mais la gauche radicale est-elle une réelle alternative ? Ce n’est pas sûr. « La voie mouvementiste, née dans la foulée de l’altermondialisme et de la critique du néolibéralisme, est difficile à traduire en termes institutionnels étant donné la méfiance de beaucoup envers la politique et la difficulté d’entraîner les sympathisants de la culture radicale vers un comportement électoral déterminé », constate Paul Delwit.

 

Une France insoumise

 

En France, le leader du Mouvement de la France Insoumise (MFI) Jean-Luc Mélenchon s’est beaucoup servi de l’épouvantail grec, la volte-face d’Alexis Tsipras envers les exigences budgétaires de Bruxelles, et de la critique de l’austérité pour réaliser son rêve de supplanter le Parti Socialiste

Le premier tour des élections présidentielles françaises a accéléré l’inversion du rapport de forces. Le fondateur du MFI s’est octroyé le 23 avril 2017 la quatrième place du premier tour des élections présidentielles, avec vingt pour cent des suffrages, plus de treize points devant le candidat socialiste Benoît Hamon. L’essai est transformé aux élections législatives du mois de juin 2017. Au second tour, le mouvement de Jean Luc Mélenchon parvient à envoyer dix sept élus au Palais-Bourbon, lui-même décroche un siège à Marseille, ce qui leur permet de constituer un groupe parlementaire. Un mois plus tard, Jean Luc Mélenchon et ses troupes se sont imposés comme la principale opposition de gauche dans l’hémicycle face à des socialistes plus nombreux, mais divisés sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la politique du président de la république Emmanuel Macron.

Conscients que leur nombre réduit limite leurs marges de manœuvre, les élus du MFI comptent bien prolonger la bataille dans la rue. Un premier rendez-vous parisien a été fixé au Samedi 23 Septembre 2017, place de la Bastille à Paris contre le coup d’état social du gouvernement.

 

Belgique, la forteresse du Parti Socialiste résiste mal

 

Personne n’a vraiment voulu croire le premier sondage, mais un second sondage est venu confirmer le premier quatre mois plus tard.

Deux sondages, au mois de mars et au mois de juillet 2017, ont fait du Parti du Travail de Belgique (PTB), une formation d’inspiration communiste à l’audience jusqu’alors confidentielle, la première force politique de Wallonie, devançant l’omnipotent Parti Socialiste de l’ancien premier ministre Elio di Rupo, au coude-à-coude avec le Mouvement Réformateur du chef du gouvernement fédéral, Charles Michel.

Crédité, dans les deux cas, d’un score oscillant entre vingt et vingt cinq pour cent des voix, ce qui ne fut longtemps qu’un groupuscule aux racines maoïstes profite du climat politique délétère dans la partie francophone de la Belgique. Il n’avait réalisé que cinq pour cent des voix aux élections législatives de 2014, il mais semble être le principal bénéficiaire des scandales qui, en Wallonie et à Bruxelles, ont éclaboussé le Parti Socialiste. Selon les sondeurs, la gauche radicale capterait actuellement les voix de quarante pour cent de l’électorat socialiste traditionnel. Le Parti Socialiste passerait d’ailleurs de trente deux pour cent à vingt pour cent, voire seize pour cent des voix.

 

En Espagne, une gauche en deux parts égales

 

La guerre des gauches espagnoles est tout aussi intense. Le tout jeune parti Podemos a bien failli prendre le dessus sur le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) lors des élections législatives de 2015 et de 2016. Les deux forces se sont stabilisées autour de vingt pour cent des voix chacune.

Le coup est rude pour le PSOE, qui a perdu six millions d’électeurs depuis 2008, essentiellement au profit de la gauche radicale incarnée par Pablo Iglesias.

« La gauche s’est divisée en deux parts égales et il est encore trop tôt pour savoir qui remportera la victoire sur l’autre », estime le politologue Pablo Simon, « le PSOE a bien résisté grâce à son implantation locale, mais il est conscient que soixante dix pour cent des électeurs qui l’ont abandonné se sont décidés pour Podemos ».

La formation de Pablo Iglesias est particulièrement forte chez les jeunes et dans les régions du Pays Basque et de Catalogne. Cela a conduit le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, à embrasser un grand nombre de thèses de Podemos et à opérer un virage à gauche qui lui a valu une rébellion interne en 2016.

Réélu secrétaire général au mois de juin 2017, Pedro Sanchez se définit toujours comme social-démocrate, mais il a défend un PSOE plus contestataire, abandonnant pour le moment l’idée d’avoir une influence sur les décisions politiques du gouvernement conservateur du Parti Populaire, pourtant minoritaire au parlement. Son objectif premier est de se démarquer le plus possible de la droite, afin d’enterrer le slogan brandi par le mouvement des indignés pour dénoncer, au plus fort de la crise, le PPSOE.

« Il lui semble plus utile de négocier avec Podemos une politique d’opposition au gouvernement pour se marquer à gauche et essayer de tirer profit des contradictions internes de Podemos, dont de nombreux membres sont hostiles à tout rapprochement avec le PSOE », analyse Pablo Simon.

 

Au Portugal, la gauche plurielle

 

A ce jour, seule la gauche portugaise semble avoir réussi à résoudre la quadrature du cercle. En 2015, le Parti Socialiste Portugais (PSP) d’Antonio Costa est revenu au pouvoir après s’être associé à des formations contre la troïka, les bailleurs de fonds de l’Union Européenne, de la Banque Centrale Européenne (BCE) et du Fonds Monétaire International (FMI), à savoir le Parti Communiste Portugais (PCP) et le Bloco de Esquerda, qui le soutiennent sans siéger au gouvernement, en échange de certaines mesures comme le rétablissement des trente cinq heures dans le service public ou une légère augmentation du salaire minimum.

Dans les sondages, il oscille autour de quarante pour cent des voix, chiffre stable depuis de nombreux mois, tout comme ceux de ses partenaires de gouvernement, le Bloco de Esquerda avec dix pour cent des voix et le PCP avec six pour cent des voix. En échange, ses alliés au parlement ont renoncé pour l’heure à l’une de leurs revendications, la sortie de la zone euro.

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