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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 16:30

 

http://www.publico.es/politica/mocion-censura-unidos-recibe-apoyo.html

 

La motion de censure d’Unidos Podemos reçoit un soutien populaire à la Puerta del Sol

 

Des milliers de personnes se sont rassemblées Samedi 20 Mai 2017 à la Puerta del Sol à Madrid pour soutenir la manifestation convoquée par Unidos Podemos en faveur de la motion de censure contre le gouvernement de Mariano Rajoy. La manifestation a commencé à 18 heures.

Devant le siège du gouvernement de la communauté de Madrid, il y avait une tribune où les principaux dirigeants et les membres du groupe parlementaire d’Unidos Podemos, d’En Comu Podem et d’En Marea, ont pris la parole devant les manifestants pour défendre les raisons qui les ont amenés à déposer une motion de censure qui sera probablement perdante devant le congrès.

Avant 18 heures, les gens ont commencé à se regrouper devant la tribune au centre de la Puerta del Sol en criant « si se puede », toujours présent lors des événements de la formation violette.

« Nous ne nous voilons pas la face. La motion de censure est une obligation morale », dit un des manifestants à Publico. « Nous savons que la motion de censure sera perdante, mais une motion de censure de Felipe Gónzalez a également été perdante à un moment puis il a fini par gouverner », ajoute-t-il avec enthousiasme.

Le premier intervenant était le secrétaire à l’organisation de Podemos, Pablo Echenique, après le chanteur Víctor Lemes qui a accueilli les manifestants avec des chansons satiriques et des imitations de chansons populaires.

Après Pablo Echenique, il y avait d'autres dirigeants de Podemos comme Ramón Espinar, Xavier Domenech, Irene Montero et Pablo Iglesias, et des dirigeants d’Izquierda Unida, Alberto Garzón et Sol Sanchez. L'événement a pris une couleur populaire avec la participation de citoyens anonymes, des chauffeurs de taxi, des pompiers, des dockers, des médecins et des étudiants, qui ont symbolisé le soutien de la base à la motion de censure proposée par Unidos Podemos au congrès.

Il y avait dans la manifestation des drapeaux républicains et des banderoles contre le complot et la corruption du Parti Populaire et les manifestants ont utilisé ces banderoles pour se protéger du soleil de Madrid.

La manifestation a coïncidé avec la campagne des femmes contre la violence machiste de la Puerta del Sol qui ont voulu montrer leur rejet de l'appel en criant « ils ne nous représentent pas ».

Des manifestants débordaient dans les rues autour de la Puerta del Sol, comme la rue de la Montera ou la rue de Preciados.

Podemos avait mobilisé cinquante deux autobus dans presque toutes les communautés autonomes, ils sont venus d’Andalousie, de Catalogne, de la Communauté Valencienne, de Galice, de Castille-La Manche, de Castille-Leon, de La Rioja, du Pays Basque, de Cantabrie, des Asturies, de Murcie, de Ceuta, de Melilla et même des îles.

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 15:37

 

http://www.expressions-venissieux.fr/2017-05-18-france-insoumise-national-soumet-local

 

Le national soumet le local

 

Par Gilles Lulla

 

Une semaine après avoir décidé majoritairement de ne pas présenter de candidats dans la quatorzième circonscription du Rhône pour ne pas entamer les chances de la gauche de l’emporter, les militants du Mouvement de la France Insoumise (MFI) de Vénissieux, de Feyzin, de Saint-Fons, de Saint-Priest et de Solaize, étaient de nouveau réunis, Mercredi 17 Mai 2017, pour arrêter une décision qui se faisait attendre.

 

Ils n’en auront pas eu la possibilité. Le national a tranché. Il y aura bien un candidat insoumis, Benjamin Nivard. Il aura pour suppléante Léa Leverd. Leur candidature a été déposée Jeudi 18 Mai 2017 à la préfecture du Rhône.

 

Entre ces deux réunions, la confusion a régné. Sur le site internet du MFI, Benjamin Nivard, qui s’était positionné de longue date, est passé du statut de titulaire à celui de suppléant, puis de nouveau à celui de titulaire pour pallier le retrait de Monia Benaïssa, qui était devenue titulaire après avoir été pressentie pour être suppléante avant de finalement jeter l’éponge.

 

Cette valse-hésitation traduit la forte opposition qui existe entre l’échelon local, où le souci de ramener la quatorzième circonscription à gauche l’emporte, et le national, désireux de faire fructifier dans un maximum de circonscriptions le bon score réalisé par Jean-Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles.

 

Les militants contre la candidature s’estiment floués. « La candidate communiste et maire de Vénissieux, Michèle Picard, était la mieux placée pour représenter la gauche », soulignent-ils. Nous ne voulons pas prendre le risque d’un second tour qui opposerait le Front National à Yves Blein, l’ancien militant du Parti Socialiste converti au macronisme. Malgré tout, le bureau national du MFI a décidé d’imposer un candidat. Nous ne reconnaissons pas sa légitimité ».

 

Gérard Médioni, qui était jusqu’à présent coordonnateur du mouvement sur la circonscription, a par ailleurs annoncé qu’il se désengageait. La direction de campagne est désormais assurée par Claude Delorme.

 

La campagne des candidats du MFI sera courte, un peu plus de trois semaines avant le premier tour des élections législatives, et les troupes seront clairsemées. Les militants ont été invités lors de la réunion du Mercredi 17 Mai 2017 à se positionner individuellement, certains ont choisi de soutenir Michèle Picard, d’autres de s’abstenir et d’autres enfin, fidèles à la direction nationale mais minoritaires, de soutenir les candidats désignés.

 

Au-delà des élections législatives, nous pouvons nous interroger sur les traces que laissera une telle désunion dans un mouvement naissant.

 

« Nous avons essayé de régler le malaise au mieux pour essayer de faire vivre le MFI à l’avenir », assure Gérard Médioni.

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 17:02

 

https://www.tsa-algerie.com/fraude-aux-legislatives-abderrazak-makri-accuse-et-devoile-un-document-mettant-en-cause-le-fln/

 

Fraude aux élections législatives en Algérie

 

Abderrazak Makri accuse et dévoile un document mettant en cause le Front de Libération Nationale (FLN)

 

Par Fayçal Métaoui

 

Les élections législatives du Jeudi 4 Mai 2017 ont été marquées par la fraude et le bourrage des urnes en faveur du FLN et du Rassemblement National Démocratique (RND), a affirmé, Samedi 6 Mai 2017, Abderrazak Makri, président du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) dont la coalition a obtenu trente trois sièges à l’Assemblée Populaire Nationale (APN).

« Nous avons constaté une fraude large, pire de ce que nous avons vu en 1997. Nous avons des preuves, des images, des vidéos et des documents. Dans certaines régions, nous ne pouvons pas prouver le détournement des voix parce que les contrôleurs ont été chassés des bureaux et parfois nous n’avons pas pu avoir les procès verbaux. Les wilayas connues pour être un fief de notre parti ont été particulièrement ciblées comme Blida, el Oued et Msila. La violence a été utilisée contre nous sans intervention des autorités. À el Oued, un candidat du FLN a proféré des menaces de mort sans être inquiété », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse.

Un document montrant le décompte des voix dans plusieurs communes de la wilaya de Blida a été remis aux journalistes. « Vous constatez que, dans la commune de Blida, par exemple, le FLN a eu sept mille trente et une voix, selon le procès verbal de dépouillement. Le procès verbal de décompte dressé à l’APC donne trente sept mille cent soixante dix huit voix à ce parti. En tout, le FLN a eu cinquante trois mille quatre cent quarante six voix de plus. C’est un scandale. Cette situation a été constatée dans plusieurs autres régions du pays », a-t-il souligné.

Selon lui, des armes blanches, dont des sabres, ont été utilisées contre les contrôleurs du parti pour les empêcher de faire leur travail.

« Nous avons eu à faire aux pratiques de Baltaguia. Le ministre de l’Intérieur a, lui-même, annoncé un taux de vingt neuf pour cent de présence de scrutateurs des partis dans les bureaux de vote. Autrement dit, soixante dix pour cent des bureaux n’étaient pas contrôlés », a expliqué Abderrazak Makri, précisant que le MSP a les moyens d’avoir des contrôleurs dans tous les bureaux.

Selon lui, les encadreurs de l’opération électorale ont été changés à la dernière minute. « Ceux qui ont été ramenés avaient pour mission de frauder. Le but de prolonger le vote pendant une heure était de bourrer les urnes et de changer les procès verbaux. Les chefs de daïras ont joué un grand rôle en ouvrant la voie au FLN et au RND », a-t-il accusé.

« Dans les wilayas, nos militants sont en colère. Ils veulent aller vers l’escalade. Et, ils nous ont demandé de retirer nos députés élus de l’APN pour protester contre la fraude. C’est une demande qui sera étudiée par le Madjliss Echoura. Notre position en tant que direction est qu’il faut toujours participer et être présents dans les institutions », a-t-il expliqué.

 

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 16:47

 

https://rsf.org/fr/actualites/rsf-et-21-medias-et-organisations-demandent-la-liberation-immediate-de-mathias-depardon

 

Lettre au ministre turc de l'intérieur

 

Vendredi 19 Mai 2017

 

Les médias et organisations soussignés vous demandent de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour assurer la libération immédiate et inconditionnelle du photographe français Mathias Depardon, détenu depuis dix jours dans le sud-est de la Turquie.

 

Mathias Depardon a été arrêté Lundi 8 Mai 2017 à Hasankeyf, dans la province de Batman, au cours d’un reportage sur le Tigre et l’Euphrate pour le magazine National Geographic. Il a été transféré le lendemain vers un centre géré par la direction des affaires migratoires à Gaziantep, où il se trouve depuis lors. Il y a maintenant une semaine, Jeudi 11 Mai 2017, la direction a ordonné son expulsion. Pourtant, le journaliste est encore en détention à ce jour.

 

Cette situation est une expérience très difficile pour Mathias Depardon et sa famille. Il ne peut communiquer avec l’extérieur que par l’intermédiaire de son avocat. Le journaliste est laissé sans explications quant aux raisons du prolongement de sa détention. Cette absence d’informations nous inquiète de plus en plus et nous vous demandons respectueusement d’autoriser les diplomates français à venir lui rendre visite.

 

Âgé de trente sept ans, Mathias Depardon est basé en Turquie depuis cinq ans. Il est en train de faire renouveler sa carte de presse. Les médias soussignés ont tous travaillé avec lui durant ces dernières années et tous le décrivent comme un journaliste extrêmement professionnel et respectueux de la loi.

 

Comme l’a confirmé National Geographic, Mathias Depardon se trouvait à Hasankeyf dans le cadre de son travail journalistique. Nous comprenons les inquiétudes d’ordre sécuritaire légitimes dans cette zone et respectons le devoir des autorités de protéger les citoyens turcs. Mais rien ne nécessite la détention ou l’expulsion de Mathias Depardon. Nous considérons qu’il devrait pouvoir être autorisé à continuer son travail en Turquie.

 

Premiers signataires

 

Reporters Sans Frontières (RSF), Association des Journalistes Professionnels (AJP), Elle, l'Express, Fédération Européenne des Journalistes (FEJ), le Figaro, l'Humanité, Internazionale, Libération, Mediapart, le Monde, National Geographic, l'Observateur, le Parisien, Paris Match, Polka, der Spiegel, Society, Sunday Times Magazine, Télérama, Visa pour l'Image, Vendredi Samedi Dimanche (VSD)

 

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 16:31

 

Hassan Rohani réélu, sa politique de détente confortée (Reuters)

 

Le président iranien Hassan Rohani, qui briguait un second mandat, a été réélu dès le premier tour des élections présidentielles Vendredi 19 Mai 2017 avec cinquante sept pour cent des voix, confortant la politique de détente engagée durant son premier mandat.

« Sur les quelque quarante et un millions de suffrages exprimés Vendredi 19 Mai 2017, Hassan Rohani en a obtenu vingt trois millions cinq cent mille et a remporté l'élection », a annoncé Samedi 20 Mai 2017 le ministre de l’intérieur, Abdolreza Rahmanifazli, en direct à la télévision.

Son principal rival, le conservateur Ebrahim Raisi, protégé de l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de la révolution, a réuni quinze millions huit cent mille voix, soit un peu plus de trente huit pour cent.

Comme en 2013, mais au terme d'une campagne plus âpre, Hassan Rohani, âgé de soixante huit ans, s'épargne un second tour. Et si dans l'architecture institutionnelle de la république islamique les prérogatives du président sont limitées par le pouvoir du guide suprême, l'ampleur de son nouveau succès donne un mandat solide au camp des réformateurs.

La participation était l'une des inconnues de l'élection, le camp modéré redoutant que les difficultés économiques qui pesaient sur le bilan du président sortant, en matière de pouvoir d'achat et de chômage, ne détournent des urnes une partie des électeurs qui l'avaient porté au pouvoir il y a quatre ans.

Car nombre d’iraniens estiment que l'accord de 2015 qui a permis une levée des sanctions internationales en échange de concessions de Téhéran sur son programme nucléaire n'a pas permis de créer les emplois et la croissance attendus, ni d'attirer les investissements étrangers que promettait Hassan Rohani. Et l'économie a été un enjeu majeur de la campagne, Ebrahim Raisi cherchant à attirer à lui le vote des classes défavorisées en promettant de créer des millions d'emplois.

Finalement équivalente à celle du scrutin de 2013, autour de soixante dix pour cent, la participation électorale a favorisé la candidature d’Hassan Rohani.

« La large mobilisation des groupes radicaux et la perspective réelle de voir Ebrahim Raisi l'emporter ont effrayé de nombreux électeurs qui sont finalement allés voter », explique Nasser, un journaliste de cinquante deux ans.

La réélection d’Hassan Rohani devrait selon toutes vraisemblances garantir la pérennité de l'accord conclu au mois de juillet 2015 avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, sur le programme nucléaire iranien.

Le dénouement de cette longue crise, grande réalisation du premier mandat d’Hassan Rohani, a permis de sortir l'Iran de son isolement diplomatique et de lever la plupart des sanctions internationales qui frappaient le pays. La reconduction d’Hassan Rohani pourrait accélérer le retour de Téhéran dans le concert des nations.

C'est aussi un revers pour les gardiens de la révolution, corps d'élite des forces de sécurité qui contrôlent de vastes secteurs dans l'économie iranienne et qui avaient apporté leur soutien à Ebrahim Raisi.

Pour autant, le président réélu va devoir composer avec les mêmes limites qui ont réduit sa capacité à transformer l'Iran. Le guide suprême peut opposer son veto à toutes les politiques et dispose du contrôle ultime sur les forces de sécurité.

« L'histoire des deux dernières décennies d'élections présidentielles se résume à quelques jours d'euphorie suivis de longues années de désillusion », rappelle Karim Sadjadpour, chercheur associé au Carnegie Endowment et spécialiste de l'Iran. « En Iran, la démocratie n'est autorisée à fleurir que quelques journées tous les quatre ans, tandis que l'autocratie est elle à feuillage persistant », ajoute-t-il.

Le corps des gardiens de la révolution islamique pourrait aussi être tenté de faire capoter tout nouveau rapprochement avec l’occident par des interventions de leurs troupes d'élite au Moyen-Orient, estime Meir Javedanfar, chercheur israélien né en Iran au centre interdisciplinaire de Herzliya.

« Depuis la révolution de 1979, chaque fois que les tenants de la ligne dure ont perdu une bataille politique, ils ont essayé de marquer des points. Je redoute une politique plus hostile des gardiens de la révolution dans le golfe persique et une politique plus hostile vis-à-vis des Etats-Unis et de l'Arabie Saoudite », dit-il.

Hassan Rohani devra aussi mener une relation délicate avec les Etats-Unis, où la nouvelle administration entretient le doute sur l'accord de 2015, que Donald Trump considère comme « l'un des plus mauvais accords jamais signés » sans pour autant revenir sur la suspension des sanctions.

Religieux modéré, considéré comme un pragmatique plutôt qu’un réformateur enflammé, Hassan Rohani a cependant accentué, voire radicalisé son discours durant la campagne, brisant au passage plusieurs tabous en s'en prenant aux élites conservatrices du pays, de la justice aux gardiens de la révolution, et en dénonçant le bilan de la théocratie en matière de droits de l'homme.

Lors d'un meeting de campagne, Hassan Rohani a ainsi évoqué les ultra conservateurs comme « ceux qui coupaient les langues et cousaient les bouches ». Au cours du dernier débat télévisé qui s'est tenu une semaine avant le scrutin et qui a été marqué par la violence inédite des échanges entre les candidats, il a enjoint à Ebrahim Raisi « de ne pas se servir de la religion pour atteindre le pouvoir ».

L'objectif était de mobiliser l'électorat jeune et réformateur contre Ebrahim Raisi, un religieux ultra conservateur de cinquante six ans mentionné comme possible successeur d'Ali Khamenei, qui aura soixante dix huit ans au mois de juillet 2017, et qui fut l'un des quatre juges islamiques qui avaient ordonné l'exécution de plusieurs milliers de prisonniers politiques en 1988.

« Hassan Rohani a fait monter les enchères ces dix derniers jours en recourant à ce discours. A l'évidence, il sera difficile de céder sur ces sujets », dit Abbas Milani, directeur du programme des études iraniennes à l'université Stanford en Californie.

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 16:06

 

http://es.reuters.com/article/topNews/idESKCN18F15Z-OESTP?sp=true

 

Podemos dépose une motion de censure contre Mariano Rajoy (Reuters)

 

Unidos Podemos a déposé Vendredi 19 Mai 2017 une motion de censure contre le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, en raison des scandales récents de corruption, une initiative qui a peu de perspectives tangibles de succès, car elle n'a pas le soutien nécessaire d'autres groupes.

La motion, qui présente comme candidat alternatif le leader de la formation violette, Pablo Iglesias, a été déposée au parlement trois semaines après l'annonce qu'il chercherait des alliances pour chasser du pouvoir le Parti Populaire, qui gouverne maintenant en minorité.

« Il y a une alternative sérieuse, solide et possible, au Parti Populaire, une alternative qui respecte les droits de l'homme et la démocratie et qui ne tolère plus les pratiques autoritaires, du pillage des fonds publics et de la corruption, une alternative sérieuse et forte qui vise à dire que, ici et maintenant, nous pouvons renverser le gouvernement du Parti Populaire », a déclaré la porte-parole parlementaire de Podemos, Irene Montero, après avoir déposé la proposition.

Podemos et ses alliés, qui ont soixante et onze sièges au parlement, doivent unir leurs forces dans un parlement fragmenté pour obtenir une majorité absolue de cent soixante seize sièges pour renverser le pouvoir du Parti Populaire, qui ces derniers mois a vu émerger de nouveaux cas de corruption parmi ses anciens dirigeants et qui a dû se défendre des accusations d'ingérence dans le système judiciaire.

Le dépôt de la motion, dont le débat au congrès pourrait avoir lieu la semaine prochaine, arrive deux jours avant les élections primaires du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), sur lequel Podemos doit nécessairement compter s’il veut réussir son initiative.

Les deux candidats les plus susceptibles de gagner les élections primaires du PSOE, Susana Díaz et Pedro Sánchez, ont refusé de se joindre à la proposition de la formation violette, mais ils n’excluent pas de déposer leur propre motion de censure au cours de la législature.

« Les motions de censure sont constructives et nécessaires s’il y a une majorité alternative, mais il n’y en a pas », a dit Susana Diaz, la candidate qui a le plus de chance de gagner les élections primaires du PSOE, Dimanche 21 Mai 2017.

« Ce que fait Pablo Iglesias, c’est d’abord de vouloir intervenir dans les élections primaires du PSOE et ensuite d’être candidat lui-même », a-t-elle ajouté.

Pedro Sanchez, qui est le principal rival de Susana Diaz pour le secrétariat général du PSOE et qui est considéré comme plus proche de Podemos, a déclaré qu'une initiative de ce genre devait être dirigée par le PSOE, qui est actuellement le leader de l’opposition à Mariano Rajoy au congrès.

« Nous n’excluons pas de déposer une motion de censure, mais nous excluons de déposer une motion de censure perdante », a déclaré Pedro Sanchez, qui l'an dernier a tenté en vain de gouverner avec Podemos, Vendredi 19 Mai 2017 dans une interview à la Radio Nacional de Espana (RNE).

Pour renforcer la « clameur sociale de rejet » du Parti Populaire, Podemos a appelé à une manifestation citoyenne de soutien Samedi 20 Mai 2017 à Madrid.

Bien qu’elle n’ait aucune chance de succès, l'initiative augmente la pression contre Mariano Rajoy, qui devra apparaître dans tous les cas devant le parlement pour discuter du financement illégal présumé du Parti Populaire, elle obligera les autres partis à prendre position et elle présentera Podemos comme la seule opposition active au Parti Populaire.

Le gouvernement a déclaré Vendredi 19 Mai 2017 qu’il n'y avait aucune raison objective de présenter une motion de censure qualifiée de propagande, mais il écoutera les propositions de Pablo Iglesias pour l'Espagne.

« Jusqu'à présent, nous n’avons vu que les propositions négatives. Maintenant, nous allons voir les propositions positives et il devra convaincre les députés de voter en sa faveur », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Íñigo Méndez de Vigo, dans une conférence de presse après le conseil de ministres.

Ciudadanos, le parti qui a fait de la régénération démocratique sa devise et qui soutient Mariano Rajoy, a rejeté également les « feux d'artifice » de Podemos et a plaidé pour insister sur des mesures visant à consolider la démocratie des institutions.

« Ni le gouvernement, ni Mariano Rajoy ne sont nécessaires pour renouveler l'illusion du pays, mais il faut reconnaître qu’ils ont gagné les élections à deux reprises et maintenant, même s’il n’y a pas d’alternative, il faut travailler dur pour imposer des changements à un gouvernement minoritaire », a dit à Barcelone le leader du parti orange, Albert Rivera.

 

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 19:54

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/05/19/espagne-les-ambitions-de-la-socialiste-susana-diaz_5130340_3214.html


 

Les ambitions de Susana Diaz

 

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

 

Vendredi 19 Mai 2017

 

Déterminée et tenace, selon ses proches, impitoyable et calculatrice, selon ses adversaires, Susana Diaz a médité longtemps quel serait le meilleur moment pour franchir le Rubicon et briguer le poste de secrétaire générale du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE).

Depuis trois ans, la présidente de l’Andalousie hésitait. A quarante deux ans, elle, qui se voit à terme présidente du gouvernement espagnol, ne voulait pas se brûler les ailes à vouloir aller trop vite.

Surtout, elle rechignait à concourir à des élections primaires, attendant qu’on lui déroule le tapis rouge, puisqu’elle est, et c’est sa principale qualité, une gagnante. Un mot qui revient sans cesse dans la bouche de celle qui préside depuis 2013 la région la plus peuplée d’Espagne, avec huit millions quatre cent mille habitants, et la principale fédération du PSOE, avec un tiers du total des membres.

Ses plans ont été bousculés par l’opiniâtreté de l’ancien secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez. Dimanche 21 Mai 2017, elle lui disputera, lors d’une élection primaire interne réservée aux militants qui s’annonce très serrée, la direction du PSOE.

C’est en fait le second round du combat que se sont livrés les deux chefs du PSOE au mois d’octobre 2016. Susana Diaz a remporté la première manche, organisant la démission de la moitié du comité de direction du PSOE pour forcer la chute de Pedro Sanchez. Elle ne tolérait pas que le candidat du PSOE tente de sceller, dans le dos du comité de direction du PSOE, une alliance avec le parti de la gauche radicale Podemos et les indépendantistes catalans pour devenir président du gouvernement malgré leurs exigences et ses mauvais résultats électoraux, quatre vingt cinq députés sur les trois cent cinquante députés du parlement espagnol.

Au terme d’une réunion tendue, Pedro Sanchez avait été contraint à démissionner. Fracturé, le PSOE décide de s’abstenir lors du vote d’investiture du conservateur Mariano Rajoy pour éviter la tenue de nouvelles élections législatives, les troisièmes en un an. De cet épisode est restée de Susana Diaz l’image d’une femme d’appareil, qui tire les ficelles depuis son fief andalou.

Susana Diaz n’a que dix sept ans quand elle prend sa carte au PSOE, le parti qui gouverne l’Andalousie depuis le retour de la démocratie, en 1979. Aînée de quatre sœurs, née d’un père plombier et d’une mère au foyer, cette catholique pratiquante, membre d’une confrérie locale, a grandi dans un quartier populaire de Séville, la Triana, là où elle vit encore avec son mari, un employé administratif au chômage, et son fils de deux ans.

Etudiante en droit, elle met dix ans à obtenir sa maîtrise, elle devient en 1997 secrétaire d’organisation des jeunesses socialistes. Elle y apprend les rouages du parti. A vingt quatre ans, elle est conseillère municipale à Séville. A trente ans, elle est députée au parlement. En 2008, elle retourne dans sa région comme députée régionale et elle devient secrétaire d’organisation du PSOE andalou, puis sénatrice.

Le président régional, Antonio Griñan, l’a prise sous son aile, fasciné par cette jeune femme issue du peuple qui possède un sens politique aiguisé. En 2013, lorsqu’Antonio Griñan, éclaboussé par une affaire de détournement de fonds dépendant du ministère de l’emploi andalou, abandonne la présidence de la région, il lui cède sa place. Quelques semaines plus tard, la nouvelle présidente régionale, qui n’a jamais travaillé en dehors de la politique, devient ­secrétaire général du PSOE andalou avec quatre vingt dix neuf pour cent des voix des militants. Une victoire qui en fait une référence incontournable à l’échelle nationale.

« Elle est ambitieuse, battante, proche des gens, sympathique et naturelle », résume Luis Arroyo, consultant en communication qui a travaillé avec Susana Diaz quand elle s’est présentée aux élections andalouses de 2015, « c’est l’archétype de l’andalouse, gaie et positive, ce qui est à la fois une force et une faiblesse car elle est perçue comme trop folklorique et conservatrice dans une partie du pays. Elle a aussi du mal à se défaire de son image d’apparatchik familière des manœuvres politiques ».

En 2014, Susana Diaz hésite à se présenter à l’élection primaire destinée à nommer le nouveau secrétaire général du PSOE. Elle décide finalement de passer son tour, pour conforter son pouvoir en Andalousie. Mais elle veut s’assurer d’avoir à Madrid un secrétaire général dévoué. Pour contrer l’ascension de l’ambitieux député basque Eduardo Madina, sur lequel elle n’a aucun ascendant, elle apporte son soutien à un député méconnu, économiste au physique de jeune premier, Pedro Sanchez.

Son poulain, bénéficiant de l’appui de la fédération andalouse et du parrainage de nombreux cadres socialistes, l’emporte. Mais celui-ci ne veut pas être manipulé. Il n’apprécie pas l’autonomie des dirigeants régionaux et reproche à Susana Diaz de ne pas le prévenir quand elle décide de convoquer des élections régionales anticipées, en 2015. Sa décision, cependant, est un coup de maître. Elle prend à contre-pied Podemos, qui n’a pas encore de candidat local, et elle remporte aisément la victoire, bien que sans majorité absolue, alors que le PSOE s’effondre partout ailleurs. Après quatre vingt jours de négociation, marqués par de fortes tensions avec Podemos, elle obtient le soutien de la formation centriste libérale Ciudadanos, ce qui lui donne l’image, dont elle ne parvient pas à se défaire, d’être à la droite du PSOE.

Dépourvue en réalité de grandes convictions, son programme se résume en une phrase, elle veut un PSOE « sans complexe, utile et gagnant ».

« Cette fois, il n’est pas question d’utiliser la même méthode que lors des précédentes élections primaires », avoue le président de la région de Valence, Ximo Puig, qui soutient sa candidature, tout comme les principaux cadres du parti, ainsi que les anciens présidents du gouvernement Felipe Gonzalez et José Luis Rodriguez Zapatero, « nous ne pouvons pas inventer un leader. Il faut avoir l’ambition et la vocation, tout comme la force, la persistance, la constance et la capacité de travail. Susana Diaz les a ».

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 19:37

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/05/19/espagne-les-ambitions-de-la-socialiste-susana-diaz_5130340_3214.html

 

Podemos organise une manifestation en faveur de sa motion de censure contre Mariano Rajoy

 

Podemos est bien décidé à peser sur les élections primaires du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Le parti de Pablo Iglesias a annoncé à la fin du mois d’avril 2017 son souhait de déposer une motion de censure contre Mariano Rajoy du fait de nouvelles affaires de corruption qui secouent le Parti Populaire. Une décision qui fait écho à une possible victoire de Pedro Sanchez, qui fut le plus farouche opposant à l’abstention du PSOE en faveur de Mariano Rajoy et qui se dit prêt à demander immédiatement la démission du chef du gouvernement s’il sort vainqueur des élections primaires du PSOE. La direction intérimaire du PSOE a critiqué la démarche de Pablo Iglesias en rappelant que, il y a un an, il avait refusé de voter l’investiture de Pedro Sanchez et qu’il prétendait « revenir en sauveur sur les lieux du crime ». Pour augmenter la pression, Podemos a convoqué une grande manifestation en faveur de la motion de censure Samedi 20 Mai 2017 à Madrid, la veille des élections primaires du PSOE.

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 19:16

 

https://rsf.org/fr/actualites/rsf-et-21-medias-et-organisations-demandent-la-liberation-immediate-de-mathias-depardon

 

Reporters Sans Frontières (RSF) et vingt et un médias et organisations demandent la libération immédiate de Mathias Depardon

 

RSF, deux autres organisations de défense de la liberté de la presse et dix neuf rédactions avec lesquelles collaborait Mathias Depardon demandent à Ankara la libération immédiate du photographe français incarcéré depuis onze jours en Turquie.

 

Voilà onze jours que le photographe français Mathias Depardon est arbitrairement détenu en Turquie. RSF, deux autres organisations de défense de la liberté de la presse et dix neuf médias écrivent Jeudi 18 Mai 2017 au ministre de l'intérieur turc Süleyman Soylu pour lui demander la libération immédiate du journaliste âgé de trente sept ans.

 

Basé en Turquie depuis cinq ans, Mathias Depardon a été arrêté Lundi 8 Mai 2017 au cours d’un reportage dans le sud-est du pays pour le magazine National Geographic. Malgré un ordre d’expulsion prononcé Jeudi 11 Mai 2017, il se trouve toujours en détention à Gaziantep, non loin de la frontière syrienne.

 

« Les autorités n’avaient aucune raison d’arrêter Mathias Depardon. Le prolongement de sa détention, alors qu’il devait être expulsé il y a une semaine, est d’autant plus incompréhensible et inacceptable », souligne Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, « nous demandons instamment aux autorités turques de mettre sans délai un terme à ce calvaire ».

 

Cette arrestation n’est pas isolée. Plusieurs dizaines de journalistes étrangers ont été expulsés de Turquie depuis la reprise des affrontements entre l’armée turque et le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est du pays, au mois de juillet 2015. Au mois de novembre 2016, le journaliste du site des Jours, Olivier Bertrand, avait été arrêté au cours d’un reportage dans la province de Gaziantep et expulsé vers la France. Au mois d’avril 2017, c’était au tour de son confrère italien, Gabriele del Grande, de se faire interpeller dans la province d’Antioche, non loin de la frontière syrienne. Il avait été expulsé après trois semaines de détention.

 

La Turquie occupe la cent-cinquante-cinquième place sur cent quatre vingt pays au classement de la liberté de la presse pour l’année 2017 établi par RSF.

 

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 18:52

 

http://blogs.publico.es/tomar-partido/2017/05/19/una-mocion-de-censura-en-clave-destituyente/

 

Une motion de censure pour la destitution

 

Par Miguel Urban

 

Vendredi 19 Mai 2017

 

Ces dernières semaines, les événements entourant la corruption du Parti Populaire ont engendré une situation politique extraordinaire qui rappelle trop la crise de l’opération Mani Pulite qui a pris fin avec le déclin du régime bipartite italien qui a émergé de la guerre. On pourrait dire que c'est un scandale public dont l'intensité et l'impact sont supérieurs par rapport aux épisodes précédents. La normalité politique est rompue de façon spectaculaire, cela devient chaque jour plus évident, non seulement par les révélations sur la mafia de la communauté de Madrid et de son actuelle présidente Cristina Cifuentes, mais par l'utilisation flagrante de la justice et d’une partie de l'appareil d’état par le gouvernement pour tenter de dissimuler des cas de corruption. C’est une preuve supplémentaire que la corruption a été et reste une forme de gouvernement dans notre pays.

Il y a quelques années lors d'une manifestation étudiante, une personne a écrit sur les marches du congrès des députés « à bas le régime ».

C’est une inscription qui symbolise un slogan qui a été progressivement étendu au cours des mouvements sociaux qui ont émergé avec le mouvement du 15 mai 2011 et qui montre le rejet croissant de toutes les institutions et de la culture politique construite à partir du pacte constitutionnel de 1978. C’est à la fois la cause et l'effet de la dévastation économique du pays, nous assistons à un véritable processus de délégitimation et de décomposition des piliers centraux du régime espagnol de 1978, la monarchie, le système judiciaire, le cadre territorial et, en fin de compte, le système des partis et le bipartisme.

Les institutions zombies sont actuellement incapables de répondre aux besoins et aux exigences sociales. Des institutions qui, dans tous les cas, survivent encore comme un simple réflexe de survie.

Bien que vous puissiez avoir des nuances sur la mesure ou le caractère tardif de la crise du régime dans lequel nous nous trouvons, personne n’est insensible aux changements profonds qui ont déjà eu lieu dans le système politique espagnol, dont Podemos et les confluences sont la preuve palpable. Un moment exceptionnel, qui ne fait apparemment que commencer, auquel ne peut pas faire face la normalité parlementaire et sociale. Il exige une réponse qui soit à la hauteur du défi politique auquel nous sommes confrontés, qui est non seulement la crise du parti au pouvoir, mais qui est aussi l'aggravation de la crise elle-même du système de parti né de la transition.

La motion de censure est la réponse. Parce que, même si elle n’obtient pas le soutien parlementaire nécessaire pour prospérer, dans la situation politique et le cycle à long terme ouvert par le mouvement du 15 mai 2011, elle constitue un événement perturbateur de la normalité politique et, en même temps, elle apporte une perspective importante dans le sens de l’ouverture d’une forme de destitution du régime de 1978.

Pourquoi la motion de censure est-elle si bouleversante, selon tous les porte-paroles du régime, si elle n'a aucune chance de succès ? On pourrait dire, en ce sens, que c’est parce que ce qui est en jeu est plus qu'un simple changement de cycle politique ou même de gouvernement.

La crise des grands partis de la transition, comme cause et conséquence de la crise générale qui menace l'ensemble du régime politique, a touché jusqu'à présent en particulier le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). C’est un pilier fondamental du bipartisme et de la construction de l'ensemble de l'architecture institutionnelle et des fondations économiques du modèle espagnol. Mais ces derniers temps, la grande nouvelle a été l'érosion du Parti Populaire qui, en dépit du fait qu’il reste au gouvernement, souffre des dommages politiques de l'effondrement du complot de corruption truqué de son financement illégal. Et ses conséquences pour le système politique sont dévastatrices dans la mesure où elles remettent en cause les possibilités de survie du système de bipartisme.

La crise des partis est la crise de leurs appareils et de leur manque de projet social et démocratique. Il y a donc une désaffection politique des citoyens, ce que montre le niveau élevé de mobilisation sociale que le pays a connu depuis des années. C’est une manière de faire de la politique. C’est une demande d’une plus grande intervention populaire et d’une redéfinition des pratiques militantes encouragées par une nouvelle exigence démocratique et culturelle en relation avec les transformations sociales.

Le potentiel de la motion de censure devrait être de rendre la parole aux citoyens, de dépasser et de rompre les étroites limites parlementaires.

La manifestation du Samedi 20 Mai 2017 ne doit pas être une fin en soi, mais le début d'un processus de convergence qui va au-delà de la dynamique des partis. Si le mouvement du 15 mai 2011 a ouvert le cycle politique qui a permis l'émergence et le développement de Podemos, le retour à la mobilisation sociale devient une condition sine qua non pour sortir de l'impasse institutionnelle actuelle et faire pencher la balance vers le chemin du changement politique et non pas vers le rétablissement du régime. Restauration ou régénération, comme dit Perry Anderson, le système lui-même prépare des « anticorps de simulacres populistes, comme Albert Rivera en Espagne ou Emmanuel Macron en France, contre les impasses et les corruptions présentes et il promet une politique plus propre et plus dynamique à l'avenir, au-delà des partis décadents ».

La mobilisation peut non seulement se tenir dans des « moments dramatiques », mais elle doit territorialiser la politique, ce qui ne veut pas dire autre chose que de s'impliquer dans la construction collective et de tisser le mouvement dans tous les domaines de la vie sociale, en collaboration avec d'autres acteurs pour générer des institutions de classe autonomes. Des initiatives telles que le Syndicat des Locataires de création récente, la réactivation des marées blanches ou vertes, la lutte pour un modèle de cité différente avec des espaces auto-organisés comme ingouvernables et/ou les conflits les plus probables dans les ports, sont des éléments qui vont dans la bonne direction.

Une motion de censure pour la destitution du système de la corruption est à son tour une occasion d'entrevoir un horizon constituant. Ce n’est pas seulement pour arrêter l’hémorragie de la perte des droits, mais c’est un moment historico-politique pour garantir de nouveaux droits et pour inventer de nouvelles formes de démocratie par la promotion de nouvelles expressions politiques.

Contre ceux d’en haut qui voient la crise socio politique comme une époque de décadence, ceux d’en bas devraient voir la scène, toute aussi dramatique, comme une occasion irremplaçable pour la recréation démocratique, la redéfinition de la logique de la représentation et la subversion de toutes les règles du système social qui nous ont conduit à la catastrophe actuelle. Il n’y a pas de temps à perdre, l'urgence sociale et écologique appelle des pas en avant nécessaires.

 

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