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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 18:21

http://www.lesinrocks.com/2014/12/31/actualite/un-succes-de-syriza-en-grece-servirait-de-locomotive-la-gauche-radicale-en-europe-11543322/

« Un succès de Syriza en Grèce servirait de locomotive à la gauche radicale en Europe »

Mercredi 31 Décembre 2014

Le 25 janvier 2015, les grecs seront appelés à voter lors d’élections législatives anticipées. La coalition de la gauche radicale Syriza menée par Alexis Tsipras pourrait les remporter, décryptage avec le professeur de philosophie politique, membre du comité central de Syriza, Stathis Kouvelakis.

Mathieu Dejean. La coalition de la gauche radicale Syriza existe depuis 2004, mais on l’a connue en France lors de sa percée électorale aux législatives de 2012, où elle était arrivée deuxième suite à l’explosion du bipartisme traditionnel. Elle pourrait désormais remporter les élections législatives fin janvier 2015. Comment vous expliquez cette progression fulgurante ?

Stathis Kouvelakis. Trois facteurs entrent en ligne de compte. Le premier réside dans la violence de la crise économique et sociale en Grèce, et dans la tournure qu’elle a prise suite à la purge austéritaire qui lui a été infligée à partir de 2010 à travers les fameux mémoranda, accords signés par le gouvernement grec avec la troïka pour parvenir à terme à un autofinancement du pays. Le deuxième facteur réside dans le fait que la Grèce, et maintenant l’Espagne, sont les seuls pays où cette crise économique et sociale s’est transformée en crise politique. L’ancien système politique qui reposait sur un bipartisme très stable s’est effondré. Le troisième facteur, c’est la mobilisation populaire. Ce n’est pas un hasard si les deux pays en Europe où la gauche radicale connaît une envolée sont la Grèce et l’Espagne, c’est-à-dire les pays qui ont connu les plus fortes mobilisations populaires pendant les périodes récentes, en Espagne c’était le mouvement des indignés, en Grèce c’était un mouvement plus profond et plus prolongé. L’essentiel des forces qui se sont libérées des rapports de représentation traditionnels se sont tournées vers les forces de la gauche radicale, tandis qu’une partie de la société, qui est restée en dehors de cette dynamique, s’est tournée vers l’extrême droite radicale, c’est-à-dire le parti néo-nazi Aube Dorée.

Mathieu Dejean. Selon vous il existe donc un lien entre le mouvement social qui s’est manifesté à travers des occupations de places en Grèce et la progression dans les urnes de Syriza ?

Stathis Kouvelakis. Totalement, certains ont cru que ces mouvements étaient non seulement spontanés mais anti politiques, qu’ils se plaçaient en dehors et contre la politique, or s’ils étaient bien dans le rejet de la politique telle qu’elle existait, ils étaient aussi à la recherche d’autre chose. Aussi bien l’expérience de Podemos en Espagne que celle de Syriza en Grèce montre que s’il y a une offre adéquate du côté de la gauche radicale, la rencontre peut se faire. Je vous ai parlé du cadre général, mais il y a aussi des cadres plus subjectifs qui expliquent pourquoi c’est Syriza, et pas le parti communiste grec, qui était la principale force de la gauche radicale jusqu’en 2010, qui a été au centre de cette rencontre. La culture de Syriza est une culture unitaire, d’ouverture aux mouvements sociaux, elle est en phase avec les évolutions sociales et les expériences nouvelles qui surgissent, ce qui n’est pas le cas du parti communiste grec, qui est resté extérieur à cette dynamique. La véritable dynamique autour de Syriza s’est nouée dans un laps de temps très dense, au printemps 2012. C’est à ce moment que Syriza et Alexis Tsipras, avec une dimension personnelle très forte, ont porté le mot d’ordre d’un mouvement de gauche contre l’austérité. C’est à partir de ce moment-là que l’on a senti des vibrations de manière quasi-physique, et que les intentions de vote en faveur de Syriza ont fortement augmenté.

Mathieu Dejean. Le succès de Syriza tient donc aussi à la personnalité de son leader, Alexis Tsipras ?

Stathis Kouvelakis. Alexis Tsipras avait émergé avant 2012, à Athènes, en faisant un très bon score aux élections municipales. C’était une première percée importante. Son jeune âge, son visage avenant, et sa capacité d’écoute, chose exceptionnelle parmi les dirigeants politiques, en font quelqu’un qui est considéré comme proche et attentif, en rupture avec l’image du politicien traditionnel, et en même temps porteur de cette radicalité de type nouveau que Syriza essayait de construire en agglomérant différentes cultures, très hétérogènes, de la gauche radicale. Le visage d’Alexis Tsipras était le bon pour incarner cela. Ensuite, il a fait un effort pour apparaître crédible en tant qu’homme d’état. Ses déplacements à l’étranger, dans des lieux parfois très hostiles à Syriza, visaient à faire passer auprès de l’opinion publique l’image de quelqu’un en mesure de gouverner le pays alors qu’il représentait un parti qui était encore marginal il y a cinq ans seulement.

Mathieu Dejean. Entre 2012 et aujourd’hui, Syriza a-t-elle fait l’expérience de la gestion concrète de communes et de régions, à l’échelle locale ?

Stathis Kouvelakis. A partir des années 1990 et 2000, la gauche radicale s’est placée dans une position de refus de toute alliance avec le Pasok, c’est pourquoi Syriza et le parti communiste grec ne disposaient d’aucune région, et de très peu de municipalités jusqu’à récemment. Désormais, il existe un décalage important entre le bond abrupt réalisé par Syriza aux niveaux national et européen, et son implantation locale. Aux élections municipales et aux élections régionales, qui ont eu lieu le 25 mai 2012, le même jour que les élections européennes, le parti a fait moins que lors des scrutins nationaux et européens. Mais il a néanmoins obtenu un succès majeur, puisque deux régions ont basculé vers Syriza, dont la région Attique, dans laquelle vit un peu moins de la moitié de la population du pays, cette région représente près de trente pour cent des électeurs.

Mathieu Dejean. Si Syriza arrive en tête aux élections législatives, il lui faudra former une majorité au sein du parlement, cela sera-t-il possible, et comment ?

Stathis Kouvelakis. Je n’exclue pas du tout un véritable ras de marrée pour Syriza. Les sondages le placent à trente-cinq pour cent des intentions de vote, on n’est donc pas loin de la majorité absolue car, dans le système électoral grec, le parti qui arrive en tête bénéficie d’un bonus de cinquante sièges. Il est donc possible et probable que Syriza ait la majorité absolue. Il est vrai que Syriza n’a pas d’alliés évidents, le parti communiste grec a refusé toute alliance, le petit parti de centre gauche qui s’appelle Dimar, « gauche démocratique », et qui faisait partie de la coalition gouvernementale il y a un an, a été quasiment rayé de la carte, ses rangs sont presque vides, et certains de ses membres pourraient être sur les listes de Syriza aux prochaines élections. Cela fera donc effectivement partie des difficultés, mais il ne faut pas perdre de vue que cette question recèle un enjeu politique crucial, certains espèrent modérer les positions de Syriza en comptant sur les concessions qu’elle devra faire pour avoir des alliances. C’est un enjeu que l’électorat grec perçoit, et il pourrait tout aussi bien donner à Syriza une majorité claire pour qu’elle puisse réaliser son programme sans faire de concessions pour former une majorité.

Mathieu Dejean. Que pensez-vous de l’attitude de la Nouvelle Démocratie, la droite au pouvoir, qui joue beaucoup sur la peur des rouges et du chaos face à la perspective d’une victoire de Syriza ?

Stathis Kouvelakis. Il faut bien comprendre qu’après quatre ans de mémorandum non seulement la droite mais aussi le centre gauche dont il ne reste que des débris sont des formations extrêmement autoritaires, partisanes d’une politique de poigne de fer. Antonis Samaras, l’actuel chef du gouvernement et membre de la Nouvelle Démocratie vient de l’aile nationaliste du parti et son entourage est composé de personnes issues en grande partie de l’extrême droite. C’est une droite dure, qui joue sur les réflexes anticommunistes profonds qui existent dans une partie de la population grecque. La rhétorique du gouvernement est donc une rhétorique de la peur, ils n’ont aucun autre argument. Cela s’inscrit dans la vision autoritaire et musclée de leur politique. Si Syriza échoue la perspective qui se dessine pour le pays sera très réactionnaire et autoritaire.

Mathieu Dejean. Quelles sont les priorités de Syriza pour le pays ?

Stathis Kouvelakis. Il y a quatre chantiers principaux, que je ne classe pas par ordre hiérarchique. Le premier consiste en des mesures d’urgence pour faire face aux aspects les plus choquants du désastre de ces dernières années, rétablissement du courant électrique pour tous les foyers, repas pour tous les écoliers dans les cantines et rétablissement d’une couverture santé digne de ce nom, un tiers de la population est actuellement exclue du système de santé. Deuxième chose, il faut démanteler le noyau dur des mémoranda. Ce démantèlement signifiera le rétablissement du SMIG au niveau où il était avant 2010, des conventions collectives et de la législation sociale qui a été entièrement supprimée. Cela va ouvrir un champ d’action pour le monde du travail, et va se traduire par une amélioration immédiate. A cela il faut ajouter la suppression des taxes absurdes sur le foncier qui rackettent la population depuis quelques années. Tout cela n’est pas négociable. Le troisième chantier est celui de la dette, et là il y aura une négociation. Il n’y a aucune perspective de redressement du pays tant que le service de la dette créé cette machine infernale mise en place par les mémoranda, des coupes sanguinaires sont effectuées dans les dépenses sociales et publiques pour dégager des excédents budgétaires afin de pouvoir rembourser la dette et mettre fin au besoin de son financement. C’est impraticable, jamais les excédents budgétaires ne pourront couvrir le service de la dette, dont le poids a augmenté parce que le PIB s’est effondré, elle s’élève désormais à cent soixante-quinze pour cent du PIB. Il faut trouver une solution à cela. Syriza va demander une solution du type de ce qui a été demandé à l’Allemagne en 1953, c’est-à-dire une annulation de la plus grande partie de la dette, et le remboursement du reste à partir d’une clause de croissance. Que se passera-t-il si la négociation échoue du fait du refus des créanciers ? Aucune hypothèse ne saurait être écartée, sauf une, que Syriza cède sur son exigence d’annulation de la majeure partie de la dette. Le quatrième chantier consiste à redémarrer l’économie, qui est détruite, pour faire face à au chômage massif de vingt-six pour cent, cinquante pour cent parmi les jeunes, que connaît la Grèce. Seuls des investissements publics peuvent le faire pour l’essentiel. C’est très compliqué, mais il faudra une relance orientée vers des besoins sociaux et environnementaux, à l’opposé de ce qui se fait à l’heure actuelle.

Mathieu Dejean. Pour beaucoup de gens le vote qui aura lieu le 25 janvier aura une dimension continentale. Le Front De Gauche en France regarde cela avec beaucoup d’intérêt, de même que Podemos, qui pourrait remporter les élections législatives en Espagne en 2015. Pensez-vous qu’un changement de cap progressif de l’Europe pourrait avoir lieu si des formations de la gauche radicale européenne remportaient des victoires nationales ?

Stathis Kouvelakis. C’est le pari de Syriza. C’est un parti profondément internationaliste, qui développe des liens très étroits avec des forces politiques de la gauche radicale mais aussi avec des mouvements sociaux. Les mobilisations sociales et altermondialistes des années 2000 sont d’ailleurs à l’origine de sa formation. Mais il faut commencer quelque part et ensuite multiplier les fronts. Dans la durée, on ne peut tenir qu’à cette condition-là. D’ici là, il faudra tenir, les premières semaines et mois seront décisifs. Nous sommes conscients du fait qu’un succès de l’expérience de Syriza servira de locomotive pour la gauche radicale et les mouvements sociaux en Europe, c’est notre raison d’être.

Mathieu Dejean. Aube Dorée constitue-t-elle une menace pour les élections législatives ? Pourrait-elle faire un score important ?

Stathis Kouvelakis. Entre les élections précédentes et le meurtre du rappeur et militant antifasciste Pavlos Fyssas, assassiné par un membre d'Aube Dorée le 18 septembre 2013, le contexte a changé. Les sondages donnaient quinze pour cent, parfois même dix-sept pour cent à Aube Dorée à l’époque. Cela allait de pair avec sa propagande de rue, des attaques systématiques contre les immigrés, qui se sont étendues petit à petit à des militants politiques. Le meurtre de Pavlos Fyssas a été un tournant. A partir de là, la direction d’Aube Dorée a dû faire face à une répression dont son activisme local a pâti. La présence de rue du parti est plus discrète qu’avant. Il a été frappé d’une illégitimité publique très forte, mais il se replie sur un noyau électoral qui reste relativement stable et très substantiel. Il représente donc tout à fait une menace pour l’avenir, surtout si Syriza échoue. Mais la dynamique a été cassée à ce moment-là par la réaction d’auto défense de la société mais aussi de l’état face à cette offensive qu’ils avaient lancé à l’automne 2013. Aube Dorée demeure une donnée extrêmement importante de l’équation.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 17:34

http://www.ujfp.org/spip.php?article3760

Etre ou ne pas être Charlie, ce n’est pas la question

Dans le chaos provoqué par l’attentat monstrueux qui a coûté la vie à douze êtres humains, il n’est pas facile de se situer.

Entre ceux qui expriment uniquement douleur et colère justifiées, ceux qui « craignent les amalgames » et ceux qui appellent à l’union nationale et internationale contre l’islamisme radical sous la bannière du slogan « je suis Charlie ».

Bien sûr, le crime appelle douleur et colère, mais contre quoi exactement ?

Ce massacre ignoble est revendiqué par des individus qui se disent membres d’al Qaida. La nécessité absolue de combattre les mouvances obscurantistes de l’islamisme radical ne doit pas nous rendre amnésique. Ces courants qui s’imposent par la terreur affirment commettre leurs crimes au nom de l’islam.

Leur développement a été rendu possible par les interventions impérialistes, le démembrement des états et l’utilisation par l’occident de ce courant contre les forces progressistes. En France, la situation sociale insupportable que vit la population issue de l’immigration post coloniale, le racisme d’état, l’islamophobie, les discriminations, la stigmatisation ou les contrôles au faciès portent une responsabilité évidente dans l’essor de ce courant qui touche en réalité une frange marginale d’une jeunesse de toutes origines mais sans horizon.

Bien sûr le crime risque de provoquer des amalgames. Mais ces amalgames sont-ils nouveaux ? Charlie Hebdo, qui a longtemps représenté pour nous l’impertinence, l’insolence de mai 1968, Wolinski, Cabu, l’écologie et RESF, ne s’est-t-il pas justement distingué dans l’art graphique et politique de l’amalgame depuis des années ? Et que les choses soient claires, personne ici ne dit qu’il n’avait pas la liberté de le faire et il a eu toute liberté de le faire des années durant.

Avoir la moindre complaisance ou compréhension pour des assassins de dessinateurs ou pour la mise à mort de gens en raison de leurs idées est insensé.

Mais Charlie Hebdo a mené une bataille politique. Et occulter et faire oublier dans quel contexte il publiait ses caricatures faisait partie de sa bataille politique.

Peut-on imaginer des caricatures émanant de journaux progressistes critiquant la religion juive pendant les années 1930 au moment de la montée de l’antisémitisme et de la persécution des juifs ? Et nous ne parlons pas ici de caricatures antisémites de l’époque mais de caricatures critiquant la religion juive.

Comment la critique des religions pourrait-elle faire abstraction du rapport entre les dominants et les dominés ? Critiquer les religions cela se fait aussi dans un contexte, dans un moment politique qui n’est aucunement neutre à l’égard des musulmans.

Les actes de Charlie Hebdo, et les caricatures et les articles sont des actes, ont participé au développement de l’islamophobie en France. Développement du mépris et du racisme à l’encontre de tous les musulmans, des lois chargées de protéger « la laïcité à la française » contre eux, des mosquées attaquées, des agressions physiques contre des gens « d’apparence musulmane ». Leur désignation comme boucs émissaires de la crise économique et sociale, qu’ils subissent aussi et souvent en première ligne, à l’aide des « amalgames » est en marche depuis des années.

Des ghettos et des discriminations, il n’en est pas question aujourd’hui, l’« union nationale » peut se faire avec le sang de tous ces morts, contre les musulmans, des mosquées brûlent déjà, encore, le terrain a été préparé de longue date.

Le « suicide français » est en marche annonçait le mois dernier un autre Charlot.

« L’union nationale et l’union sacrée » que l’émotion autour du massacre qui vient d’être commis essaie de nous imposer, manipulent les sentiments d’horreur et de révolte légitimes au service d’autres significations bien plus complexes et douteuses. La liberté d’expression n’est pas menacée en France, même la plus raciste. Nous ne sommes pas dans le camp de ceux qui soutiennent le racisme d’état ou les interventions impérialistes. Nous n’acceptons pas le « choc des civilisations » et la logique de l’anti terrorisme. Nous refusons d’avance toutes les nouvelles lois « sécuritaires » et toutes les nouvelles formes de discrimination ou d’injonction à l’égard des musulmans que cette union nationale ne peut manquer de produire.

Alors aujourd’hui craindre l’amalgame nous semble plus qu’insuffisant. La France se dit un état de droit, les criminels doivent être arrêtés et jugés pour leurs crimes. Mais leur crime va bien au-delà, il vient en réalité de libérer la politique de l’amalgame et du bouc émissaire. En ce sens, les bourreaux comme les victimes de l’attentat étaient partie prenante de la guerre des civilisations. En ce sens, si les assassins nous font horreur, Charlie Hebdo n’était pas et n’est pas pour autant notre ami et « nous ne sommes pas Charlie ». Si notre solidarité et notre profonde compassion vont à tous les journalistes, salariés et policiers, victimes innocentes de cette tragédie, et à leurs familles, l’union qu’il faut construire aujourd’hui est celle d’une France qui accepte d’être enfin celle de tous ses citoyens, musulmans inclus. La bataille contre le terrorisme passera par la bataille pour l’égalité, la justice et la reconnaissance de la France d’aujourd’hui dans toute sa diversité, source d’immense richesse. Pour qu’au bout de cette nuit, le jour se lève, nous devons être aujourd’hui des musulmans.

Bureau national de l’UJFP, Vendredi 9 Janvier 2015

Nous apprenons à l’instant la prise d’otage d’un super marché casher de la Porte de Vincennes, à Paris, qui semble liée à une attaque de plus grande envergure.

Plus que jamais, notre travail à l’UJFP sera de construire du « commun » autour des valeurs universelles que nous venons d’énoncer. Comme juifs, nous serons toujours du côté du dominé, du « racisé », du discriminé, qu’il soit musulman, rom ou juif.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 17:18

http://www.ujfp.org/spip.php?article3762

Trois bourreaux du peuple palestinien à Paris, quelle honte

Communiqué du bureau national de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

Benjamin Nétanyahou, Avigdor Lieberman et Naftali Bennett représenteront Dimanche 11 Janvier 2015 l’état d’Israël à la grande manifestation européenne de riposte aux fusillades contre Charlie Hebdo et contre le magasin casher à Paris. Ces trois personnages sont des criminels de guerre qui relèvent de la Cour Pénale Internationale pour les meurtres de masse commis à Gaza et ailleurs.

Ce sont trois sinistres artisans de la volonté d’Israël d’écraser le peuple palestinien, Benjamin Nétanyahou, le dirigeant des massacres à Gaza, Avigdor Lieberman et Naftali Bennett, deux ministres colons, l’un prévoit l’expulsion de tous les palestiniens, y compris ceux qui vivent en Israël, et l’autre se vante d’avoir tué des palestiniens.

Ce qui est tout aussi grave, c’est la signification que leur présence confirme, concernant la nature de cette manifestation.

C’est pourquoi nous exhortons les diverses associations amies du peuple palestinien qui comptent se rendre à cette manifestation à reconsidérer leur décision.

La manifestation devait être soi-disant « d’unité nationale » contre le terrorisme et pour la liberté d’expression. Elle sera en réalité une représentation des « valeurs du monde civilisé occidental contre les menaces terroristes du monde arabo-musulman », une manifestation bien dans la tonalité du « choc des civilisations » qui d’après nos gouvernants, même quand ils se défendent de diffuser ce point de vue, régit le monde actuel.

En fin de compte tous ceux qui souhaitaient manifester demain leur solidarité avec les victimes de ces terribles attentats et pensaient sincèrement montrer une société française unie contre le crime, se sont fait confisquer leur manifestation par les organisateurs auto proclamés d’une grande messe de « l’axe du bien », le gouvernement, ses amis et tous ses concurrents de droite, hormis le Front National, dont l’idéologie n’a nul besoin d’invitation pour prospérer. Les grands alliés internationaux seront présents, ces mêmes représentants d’état dont les politiques contre les peuples ont permis l’apparition du terrorisme djihadiste, les courants islamophobes, les amis de l’état d’Israël et bien sûr les représentants de cet état.

Quant aux populations « dangereuses », post coloniales, jeunes, éventuellement porteuses de signes ostentatoires musulmans, elles subiront le dispositif de contrôle renforcé dans la période qui s’ouvre. Nous ne pouvons oublier qu’à tous ceux-là les manifestations de solidarité et la liberté d’expression ont été interdites, l’été dernier, pendant l’opération « bordure de protection » menée contre Gaza par les trois invités israéliens de demain.

Les représentants d’Israël ont commencé à faire de grands appels à la population juive française, déclarant qu’elle est victime d’un déferlement antisémite sans précédent, pour qu’elle émigre en Israël, pays « de grande liberté ». Les dirigeants israéliens mettent sciemment en danger les juifs français par la peur et l’incitation au départ.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 17:00

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/10/des-pionniers-du-djihadisme-francais_4553301_3224.html

Les frères Kouachi et Coulibaly, des pionniers du djihadisme français

Par Jacques Follorou, Simon Piel et Matthieu Suc

Samedi 10 Janvier 2015

Les hommes qui ont provoqué l’effroi de la France et du monde entier par leur violence sans limite et leur détermination ont une histoire. Elle s’inscrit au cœur de la capitale, Paris, dans un quartier niché sur les flancs d’une colline, les Buttes Chaumont, qu’ils ont si souvent parcouru en rêvant d’une autre vie que la leur. C’est là que vont se tisser les premiers liens d’une mouvance en quête de mentor et de reconnaissance. Un islam radical et sommaire sera leur ciment et leur référence. Ils se construiront contre cette société qui les a vus naître.

Avant de plonger le pays tout entier dans l’inquiétude et d’assassiner dix-sept personnes, ils n’auront fait que suivre aveuglément des mentors. Ils admireront des fous de guerres. Ils connaîtront la prison, qui sera un creuset de radicalisation et d’endoctrinement. Enfin, ils épouseront des causes lointaines dont ils ne comprendront guère les enjeux. Instables, sans projet, ils ont fondé la première école du djihad en France. Elle essaimera en Irak, en Tunisie, en Syrie, au Yémen et en France.

Personnage central de cette histoire française, Chérif Kouachi, qui a défié les forces de l’ordre pendant trois jours, s’est défini en 2005 devant la justice comme « un musulman ghetto ».

Alors âgé de vingt et un ans, « il a fait sa vie », comme il le répète devant les policiers qui le suspectent d’avoir participé à l’organisation d’une filière djihadiste vers l’Irak. Lui-même n’a pas pu s’y rendre. Il est arrêté le 26 janvier 2005, juste avant de prendre l’avion.

Farid Benyettou, le référent religieux

« Je ne me considère pas comme un bon musulman », dit Chérif Kouachi aux policiers, pas assez d’assiduité à la mosquée, quelques larcins ici ou là et du cannabis de temps en temps en écoutant du rap avec « les potes » du quartier. Il a travaillé, un temps, comme livreur chez Primo Pizza aux Lilas, en Seine Saint Denis. Issu d’une famille de cinq enfants, il a habité avec ses parents jusqu’en octobre 1994 avant d’être placé dans un foyer. Son frère aîné, Saïd Kouachi, et l’une de ses sœurs constituent ses seuls liens familiaux après le décès de ses parents.

Le premier tournant de sa vie intervient au cours de l’été 2003. Un autre jeune du quartier, Peter Cherif, lui fait découvrir la mosquée Addawa, dans le dix-neuvième arrondissement de Paris, également fréquenté par Farid Benyettou, un agent d’entretien d’un an leur aîné, qui devient vite leur référent religieux. Il donne ses propres cours de religion et se revendique du mouvement Takfir. Fondée à la fin des années 1970 en Egypte, la mouvance, ainsi que ses partisans de l’idéologie du Takfir Wal Hijra, développe les thèses de Sayyed Qotb, l’idéologue des frères musulmans, et prônent une rupture totale avec la société moderne.

En 1989, à la fin du conflit afghan, les vétérans algériens, de retour au pays, constituent des cellules combattantes et participent pour partie à la création des Groupes Islamiques Armés.

Farid Benyettou officie dans plusieurs foyers d’insertion de l’arrondissement, rue David d’Angers ou rue de l’Argonne. Pour impressionner ses jeunes disciples, près d’une cinquantaine, il se targue de liens présentés comme prestigieux dans ce petit milieu. Son beau-frère, Youcef Zemmouri, est très proche d’une figure du terrorisme islamiste, Boualem Bensaïd, l’un des organisateurs de la vague d’attentats meurtriers de 1995 en France qui fit huit morts et près de deux cents blessés.

L’envie de Chérif Kouachi de s’en prendre aux symboles juifs

Chérif Kouachi et son frère Saïd Kouachi, leur ami, Thamer Bouchnak, délaissent peu à peu la mosquée pour l’appartement de Farid Benyettou dont les diatribes haineuses visent avant tout les Etats-Unis et leur guerre en Irak. « C’est là », dira Chérif Kouachi aux policiers, « que j’ai eu l’idée de partir en Syrie pour rejoindre ensuite l’Irak ». Farid Benyettou se garde bien de prendre une arme et déclare aux policiers « qu’il n’a pas l’âme d’un combattant ». Chérif Kouachi racontera cette période au magistrat. « Farid Benyettou m’a parlé des soixante-dix vierges et d’une grande maison au paradis. Il s’agissait de mourir aux combats ou de se suicider ». Farid Benyettou vante les attentats suicides en Irak mais il les interdit en France. Il retient l’envie de Chérif Kouachi de s’en prendre aux symboles juifs.

Inexpérimentée, la bande des Buttes Chaumont franchit un palier en rencontrant un autre personnage, originaire, comme eux, du dix-neuvième arrondissement de Paris. Boubaker al Hakim, un proche de Farid Benyettou, est le premier de la filière irakienne dite des Buttes Chaumont à être parti se battre. Après des études coraniques à Damas en 2002, il se trouve en Irak, le 15 mars 2003, lors de la chute de Bagdad. Interpellé à Damas, il est expulsé en France avant de repartir en Syrie en 2004. Ses faits d’armes font le tour du dix-neuvième arrondissement. Son frère, Redouane al Hakim, a été tué en juillet 2004 à Falloujah dans un bombardement. La mythologie du martyr irrigue les apprentis djihadistes.

Pour partir en Irak, les apprentis djihadistes annoncent qu’ils partent étudier la religion ou effectuer des missions humanitaires. Mohamed al Ayouni, un ami d’enfance de Peter Charif, a perdu un œil et un bras lors d’un bombardement à Falloujah. Les familles ne cautionnent pas.

En mai 2005, le frère de Mohamed al Ayouni a prévenu la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) de sa présence en Irak. La mère de Peter Cherif a contacté les services diplomatiques français en Syrie fin 2004 et celle des frères al Hakim s’est rendue à la DST, le 28 octobre 2004, pour signaler le départ de ses fils.

Père spirituel

Chérif Kouachi rêve de rejoindre le groupe d’Abou Moussab al Zarkaoui, représentant d’Oussama Ben Laden en Irak. « C’est par fierté que j’ai décidé de partir », confiera-t-il. « Je me suis dit que si je me dégonflais j’allais passer pour un lâche ». Pour cela, il apprend le maniement des armes sur www.armes.com et bénéficie des conseils d’un ami de Farid Benyettou.

Son interpellation, le 26 janvier 2005, n’entrave en rien sa dérive. Au contraire, la prison va accentuer sa radicalisation. Quand il intègre la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, il se découvre un nouveau père spirituel, Djamel Beghal, et un nouveau frère, Amedy Coulibaly.

Djamel Beghal purge une peine de dix années de prison pour un projet d’attentat fomenté, en 2001, contre l’ambassade des États-Unis à Paris.

Ce terroriste jouit d’une réputation de fin théologien, auréolée par un séjour en Afghanistan de novembre 2000 à juillet 2001. Il y aurait suivi « une formation paramilitaire ». Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly tombent sous son emprise. Il est présenté par la police anti-terroriste française comme « le chef d’une cellule opérationnelle d’obédience takfir », ce qu’il conteste.

En résidence surveillée à Murat dans le Cantal, Djamel Beghal reçoit régulièrement ses disciples. Au téléphone, il les oriente, leur fait la leçon. Les propos qu’il tient à Amedy Coulibaly le 12 mars 2010 résonnent étrangement après le massacre au super marché casher de Vincennes, « les enfants de Palestine, ce sont les combattants de demain, mon ami. C’est eux qui sont en train de tenir tête aux juifs ».

Le contact avec cette figure charismatique les convainc qu’ils sont devenus des djihadistes professionnels aguerris. Mais pour Djamel Beghal, ce sont aussi des soldats obéissants pouvant faire évader un autre personnage de cet islamisme radical international, Smaïn Ait Ali Belkacem. Ce dernier a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’attentat, le 17 octobre 1995, à la station RER du Musée d’Orsay, à Paris.

Recrutement dans les maisons d’arrêt

Connu de l’administration pénitentiaire pour recruter dans les différentes maisons d’arrêt qu’il écume depuis vingt ans, il fait montre d’une vraie efficacité. En 2004, à la centrale de Saint-Maur, dans l’Indre, la fréquentation du culte musulman avait doublé dans son bâtiment. Il endoctrine, notamment, un pur braqueur, Teddy Valcy. Transféré à la centrale de Clairvaux, dans l’Aube, Smaïn Ait Ali Belkacem convertit cette fois un trafiquant de drogue condamné pour assassinat et un autre braqueur ayant fait feu sur un policier.

Chérif Kouachi n’est pas le seul de la filière des Buttes Chaumont à fréquenter ces mentors.

Contrairement à lui, Mohamed al Ayouni a réussi à rejoindre l’Irak où il a combattu à Falloujah pour le compte d’Abou Moussab al Zarkaoui. Blessé à trois reprises, il a conquis un statut de vétéran du djihad, ce qui impressionne le petit délinquant qui partage sa cellule, Salim Benghalem. Lorsque ce dernier est libéré, Thamer Bouchnak, l’ami de Chérif Kouachi, arrêté avec lui avant de partir pour la Syrie, prend Salim Benghalem sous son aile qui se radicalise à son tour. Il effectue, en 2009, le pèlerinage à la Mecque. De retour en France, il épouse religieusement une étudiante de vingt et un ans.

La filière des Buttes-Chaumont joue dans la cour des grands et sait mettre à profit du djihad les talents du grand banditisme. Lors d’une filature, au printemps 2010, dans une cité de Gagny, en Seine-Saint-Denis, les enquêteurs repèrent dans le sillage de Teddy Valcy dit « Scoubidou », « un individu habillé de manière salafiste ». L’enquête met à jour des préparatifs pour faire évader Smaïn Ait Ali Belkacem. Le cerveau de l’affaire est Djamel Beghal. Amedy Coulibaly joue le messager entre les deux. Avec des rôles moins établis, les anciens des Buttes Chaumont, Mohamed al Ayouni, Thamer Bouchnak et Chérif Kouachi, réapparaissent. Et le novice Salim Benghalem s’affiche à leurs côtés.

Plus qu’une éventuelle évasion, les forces de l’ordre redoutaient des attentats. Sur une écoute en date du 22 avril 2010, Djamel Beghal annonce à Smaïn Ait Ali Belkacem que « j’ai deux choses en tête, je pense à une des deux choses depuis très longtemps. Je la construis pierre par pierre, tu vois. Elle demande du temps, ce n’est pas de la rigolade, ce n’est pas pour s’amuser. C’est une chose pour l’honneur ». Ce à quoi l’artificier des attentats de 1995 rétorque, « inch’allah, si dieu me couronne de succès, le truc de mariage, moi je le règle bien, tu as compris ». Le terme de « mariage » était le nom de code utilisé par les terroristes pour désigner les attentats.

Lors du procès de cette tentative d’évasion, en décembre 2013, chaque jour, dans la salle d’audience du tribunal, à Paris, qui juge Djamel Beghal, Smaïn Ait Ali Belkacem, Mohamed al Ayouni, Thamer Bouchnak, Amedy Coulibaly, Teddy Valcy et deux complices, un homme s’assoit anonyme dans le public.

Ayant obtenu un non-lieu quatre mois plus tôt, Chérif Kouachi vient soutenir ses camarades.

Pendant ce temps, loin de là, en Syrie, Salim Benghalem gravit les échelons au sein de la hiérarchie de l’Etat Islamique et, en Tunisie, Boubaker al Hakim a rejoint les rangs d’un groupe djihadiste ayant fait allégeance à l’Etat Islamique.

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 19:31

http://www.saphirnews.com/La-Palestine-admise-a-la-Cour-penale-internationale_a20213.html

La Palestine admise à la Cour Pénale Internationale

Jeudi 8 Janvier 2015

Quelques jours après le rejet de la résolution palestinienne à l’ONU en vue d'un règlement du conflit, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a accepté, Mardi 6 Janvier 2015, la demande d’adhésion de la Palestine à la Cour Pénale Internationale (CPI). Envisagée depuis plusieurs mois par la Palestine, notamment après l'avoir saisie l'été dernier, elle en avait officiellement fait la demande Vendredi 2 Janvier 2015.

L’adhésion de la Palestine sera effective le premier avril 2015. C’est à partir de cette date que la CPI pourra enquêter sur les accusations de crimes commis par Israël dans les territoires palestiniens, pour les trois offensives lancées depuis 2008. La CPI a autorité pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les auteurs de génocide.

Les Etats-Unis et Israël ont estimé, Mercredi 7 Janvier 2015, que les palestiniens ne sont pas éligibles à la CPI parce qu’ils ne forment pas un état souverain. Avant même la demande d’adhésion de la Palestine à la CPI, le premier ministre Benyamin Netanyahou avait qualifié la démarche palestinienne de « demande hypocrite faite par l'Autorité Palestinienne, qui n'est pas un état, mais une entité liée à une organisation terroriste, le Hamas, auteur de crimes de guerre ».

Ce n’est pas l’avis de Ban Ki-Moon, qui a accepté l’adhésion. « Le secrétaire général s'est assuré de ce que les documents reçus étaient en ordre avant d'accepter qu'ils soient déposés », a indiqué Stéphane Dujarric, le porte-parole de l’ONU, qui a rendu public la décision du secrétaire général de l’ONU.

L’adhésion de la Palestine à la CPI intervient dans le cadre d’une série d’actions diplomatiques engagées par la Palestine au niveau international. Les palestiniens devraient prochainement soumettre un nouveau projet de résolution devant l’ONU.

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 19:19

http://www.socialistworker.co.uk/art/39705/Socialist+Workers+Party+statement+on+Paris+killings

Déclaration du comité central du Socialist Workers Party sur les assassinats à Paris

Jeudi 8 Janvier 2015


Les racistes et les gens de droite tentent d'utiliser les horribles meurtres de mercredi à Paris pour diviser les travailleurs, justifier une intervention impérialiste et attiser l'islamophobie.

Presque tout le monde reconnaîtra que les attaques sont erronées et totalement inacceptables.

Nous ne devons pas les laisser être exploitées pour générer le racisme, justifier plus de guerres ou donner un coup de pouce à l'extrême droite.

Les attaques sont venues au moment où les islamophobes, les racistes et les fascistes sont à l'offensive à travers l'Europe.

En France, le Front National cherche à conquérir le pouvoir sur la base du racisme et de l’islamophobie. En Allemagne, le mouvement Pegida prend les rues contre les musulmans et les immigrés.

Et en Grande-Bretagne, les politiciens, ceux de l’UKIP en particulier, cherchent à profiter du racisme.

Les médias présentent Charlie Hebdo simplement comme un « journal satirique ». Mais ce n’est pas l'équivalent français de Private Eye comme certains commentateurs l’ont suggéré. Il peut l’avoir été, mais il est devenu un spécialiste dans la présentation d’attaques provocatrices et racistes sur l’islam. Cela ne justifie pas les meurtres, mais c’est une question essentielle de fond.

N’oublions pas qu’année après année l'impérialisme a lancé des guerres, des assassinats, des attaques de drones et la torture à travers le Moyen-Orient et ailleurs. Ces outrages ont créé une haine profonde.

Nous ne devrions pas être dupes dans la défense d'une guerre contre les musulmans se faisant passer pour un combat pour la liberté d'expression.

Unissons-nous contre le racisme et l'islamophobie.

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 18:39

http://www.insurge.fr/15WEB/15TRACT/15_01_08_charlie_hebdo_massacre.html

Massacre à Charlie Hebdo

Un sous-produit barbare de la barbarie capitaliste

Jeudi 8 Janvier 2015

Il n'y a rien à rajouter à l'indignation, à la colère et au dégoût qui se sont exprimés face à l'assassinat dont ont été victimes les journalistes et salariés de Charlie Hebdo.

En réponse à cet assassinat de journalistes et salariés, à cette volonté de bâillonner la liberté d'expression, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus spontanément mercredi dans les rues.

La liberté d'expression, la liberté de la presse, sont des droits démocratiques fondamentaux qui doivent être défendus parce qu'ils sont, notamment, indispensables aux salariés et à la jeunesse pour combattre le capitalisme. Cette liberté est décisive pour pouvoir critiquer et dénoncer le militarisme, le colonialisme et le néo colonialisme, les méfaits des appareils d'État, la corruption, le nationalisme et le chauvinisme. Et cette liberté est indispensable pour organiser la mobilisation contre les exploiteurs et les soutiens du capitalisme.

La bourgeoisie, hypocrite sur la liberté d'expression

Aujourd'hui, des journaux bourgeois, des partis bourgeois, des églises diverses et des conservateurs de tous poils s'indignent de ce massacre organisé contre la liberté d'expression.

Mais les mêmes forces pro-capitalistes ont jusqu'à ce jour œuvré à réduire pas à pas cette même liberté d'expression qu'ils disent aujourd'hui vouloir défendre.

Faut-il rappeler que, à la différence des États-Unis, brûler le drapeau national en guise de protestation est considéré, en France, comme un délit ? Faut-il rappeler que les chefs du catholicisme tentent, à intervalle régulier, de réintroduire, sous un autre nom, le délit de blasphème ? Faut-il rappeler que d'autres, avec l'appui de Manuel Valls, tentent de faire condamner l'anti sionisme comme un anti sémitisme ?

Les appels à réaliser « l'union nationale » avec des dirigeants et partis bourgeois visent à masquer une réalité incontournable, certes, les droits et libertés démocratiques dites « bourgeoises », héritées de la révolution française, et d'une époque où la bourgeoises avait un avenir, doivent être défendus, mais ces libertés démocratiques sont aujourd'hui menacées par les gouvernements bourgeois et les forces qui défendent le capitalisme. Les immigrés sans papiers peuvent le mesurer chaque jour. Ceux qui, fuyant la Syrie ou d'autres dictatures, demandent l'asile politique en savent quelque chose. Et, aux États-Unis, les noirs confrontés à la police blanche le mesurent quotidiennement. Il y a fort à parier que, le moment d'émotion passé, bien des démocrates « d'un jour » reprennent leur combat contre le droit fondamental à la liberté d'expression.

La bourgeoisie responsable de cette barbarie

Si des forces ultra réactionnaires telles Daesh ou al Qaeda, en Syrie, au Yémen ou ailleurs, avec les individus qu'elles endoctrinent et embrigadent dans différents pays, tels ceux qui ont organisé le massacre à Charlie Hebdo, constituent une pointe avancée de la barbarie, ces « barbares » des temps modernes ne tombent pas du ciel, ces groupes sont eux aussi des farouches défenseurs du capitalisme, et se sont développés dans des régions du monde dominées par les puissances impérialistes, directement ou par régimes vassaux interposés.

Comment ne pas rappeler que l'Irak fut anéanti par deux guerres impérialistes, que la dictature syrienne d’Assad, père et fils, fut protégée par les États-Unis, la France et la Russie, et que la révolution démocratique syrienne fut laissée sans défenses face à ses bourreaux ?

Le peuple syrien insurgé se vit, trois ans durant, privé de tout réel armement tandis que le mouvement ouvrier international ne montrait quasi aucune solidarité avec ce peuple confronté à la barbarie du régime puis à celle de groupes ultra réactionnaires, dont Daech protégé initialement par Bachar al Assad, et d'autres financés par de riches mécènes des pays de la région ?

De même, comment ne pas comprendre que ces groupes, jouant sur la xénophobie et la misère dont sont victimes, en Europe, nombre d'enfants d'immigrés, puissent à leur tour embrigader quelques dizaines de paumés ? Et en usant pour cela de la religion comme d'une drogue ?

Mais cela permet aux organisations xénophobes et ultra réactionnaires de lancer de nouvelles attaques contre les immigrés en procédant par amalgames.

Non à l'union nationale

Mais le fait positif, c'est le caractère spontané des rassemblements qui, à Paris et dans d'innombrables villes de France, ont eu lieu dès le soir de ces crimes, ces dizaines de milliers de manifestants étaient là pour défendre la liberté d'expression et aussi, en particulier, ce que représentait Charlie Hebdo à leurs yeux, un instrument pour dénoncer les tares de la bourgeoise et de ses amis. Ce fut emblématique dans diverses villes, comme à Lyon lors du rassemblement devant l’hôtel de ville, quand les élus et notables tentèrent de lancer le chant de la Marseillaise, la foule se mit à scander « Charlie ».

Et le chant patriotique des défenseurs de l'union nationale fut totalement submergé par la clameur des manifestants, assassinés, les dessinateurs de Charlie étaient plus vivants que jamais.

Tous les médias, toutes les organisations politiques syndicales et religieuses affirment aujourd'hui que c'est la liberté d'expression, et notamment la liberté de la presse qui étaient visées. C'est exact. Mais l'on oublie que les meurtriers ont choisi de s'attaquer aux journalistes et salariés de Charlie Hebdo parce que, notamment, ce journal combattait le fanatisme religieux et, par le dessin et par la plume, tous les pouvoirs religieux, sans exception.

Ce combat contre l'obscurantisme religieux était inséparable du combat contre le racisme, contre le colonialisme, contre le chauvinisme et le patriotisme, contre le militarisme et l'utilisation de la police contre les pauvres, les jeunes, les immigrés, inséparable du combat contre l'oppression des minorités, contre tous les conservatismes et les réactions que nourrit le capitalisme.

Ce combat ne peut que se poursuivre.

Mais il ne peut pas être mené en réalisant « l’union nationale », ni avec un gouvernement qui poursuit l'offensive contre les travailleurs, qui renforce les mesures visant la population immigrée et qui élabore de nouvelles lois liberticides, ni avec François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.
Seule la mobilisation des travailleurs et de la jeunesse, avec leurs propres organisations, peut imposer la défense des libertés démocratiques. L'unité des organisations, syndicats et partis, du mouvement ouvrier doit, sur cette question aussi, se réaliser sur un terrain de classe, indépendamment de l’état bourgeois, du gouvernement et des partis de la bourgeoisie.

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 18:20

http://www.npa2009.org/communique/communique-dal-du-npa-et-du-pcof

Communiqué d’Alternative Libertaire, du NPA et du PCOF

Pour la liberté d’expression et contre l’union sacrée

Samedi 10 Janvier 2015

Le carnage perpétré au siège de Charlie Hebdo a suscité une vague d'indignation et de colère parfaitement légitime que nous partageons. Nous condamnons sans réserve ce massacre qui vise à semer la terreur et à réduire au silence des journalistes qui défendaient la liberté d’expression. Nos pensées vont tout d'abord aux proches des victimes et nous leur exprimons tout notre soutien.

Cette attaque est l’œuvre de fascistes religieux qui rêvent d’imposer leurs illusions mortifères à la société. Nous devons être très clairs en dénonçant sans réserve ce fanatisme. Nous combattons tous les fascismes, qu’ils prospèrent sur fond de nationalisme ou d’obscurantisme, et quels qu'en soient les guides ou les prophètes.

Ils veulent terroriser, provoquer délibérément l’horreur et la peur, créer une situation de tension extrême. En cela, ils sont parfaitement complices du Front National et de l'extrême droite.

Et comme nous le redoutions, nous constatons dès à présent que cette tuerie sert de prétexte pour alimenter les discours racistes et justifier des attaques contre des lieux de culte musulmans. Nous entendons déjà les scribouillards réactionnaires et les politiciens opportunistes reprendre en boucle la théorie fumeuse du « choc des civilisations » et profiter de cet événement pour renouveler leurs charges contre les immigrés, les étrangers et les musulmans.

Nous ne sommes pas moins choqués de la récupération politique en particulier par le gouvernement Hollande. L’appel à « l’unité nationale » n’est rien de moins qu’une vaste opération de confusion.

Elle vise à justifier les interventions militaires de la France en Irak, au Mali et en Centrafrique. Le but premier de ces interventions étaient de protéger les intérêts impérialistes des entreprises françaises dans ces régions et les dictateurs en place, pas de combattre le djihadisme, que la France n’a pas hésité à armer dans d’autres situations.

Elle vise à justifier une nouvelle offensive liberticide. Comme après le 11 septembre 2001, les gouvernements en place vont sous couvert d’anti terrorisme imposer de nouveaux dispositifs de fichages, qui ont montré depuis qu’ils étaient majoritairement utilisés contre les militants politiques et syndicaux.

Elle vise à justifier la politique anti sociale du gouvernement. En surfant sur le choc émotionnel qui nous touche toutes et tous, Manuel Valls et François Hollande entendent bien faire passer au second plan leur politique austéritaire, en particulier le projet de loi Macron, qui sera présenté à l’assemblée nationale fin janvier 2015 et prévoie son nouveau lot de remises en cause des moyens de défense des salariés, conseils des prud’hommes et inspection du travail, de facilitation des licenciements, de banalisation et de baisse de la rémunération du travail de nuit et du dimanche.

Plus généralement, parmi les forces politiques qui s’indignent aujourd’hui, bon nombre sont en grande partie responsables du climat délétère de par leur stigmatisation des travailleurs immigrés et de leurs enfants, en particulier lorsqu’ils sont supposés musulmans.

Cette récupération est d’autant plus indigne que les journalistes de Charlie Hebdo assassinés n’hésitaient pas à condamner les politiques de François Hollande, Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen. S’il avait fallu écouter le Parti Socialiste et l’UMP, le Front National aurait dû être invité à leur « marche républicaine » de dimanche. Qu’auraient pensé de tout cela les journalistes assassinés ?

Nous regrettons la transformation de la manifestation de dimanche prochain, initiée par les organisations anti racistes, en une « marche républicaine » dont Manuel Valls se voudrait l’organisateur et où Nicolas Sarkozy défilera.

Farouches opposants de « l’unité nationale » pour les raisons décrites plus haut, nous ne participerons pas à cette marche. Il est de toute première urgence que celles et ceux qui sont révoltés par cet attentat fasciste, qui refusent de défiler derrière Nicolas Sarkozy et Manuel Valls, qui veulent résister au racisme et combattre les discriminations et qui s'opposent aux politiques sécuritaires et liberticides, se regroupent et reprennent l'offensive.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 21:07

http://www.bastamag.net/Horreur-amitie-determination

Horreur, amitié, détermination

Mercredi 7 Janvier 2015

C’est l’horreur qui nous a saisis, ce matin, quand l’incroyable nouvelle est survenue, un attentat sanglant contre Charlie Hebdo, des hommes armés, douze morts, près de vingt blessés. L’horreur, qui nous abasourdit. Et nous laisse sans mots.

L’amitié, ensuite, pour ceux et celles que nous connaissons et que nous aimons, et pour ceux et celles que nous ne connaissons pas. La douleur pour les morts, la désolation pour les blessés, l’amitié et le désir de réconfort pour leurs proches, leurs amis, leurs enfants.

Comment vous dire qu’on est avec vous, avec notre tendresse et notre impuissance ? Mais nous sommes avec vous, de tout notre cœur.

Et puis la détermination, ce sont des journalistes qu’on a voulu tuer, c’est la presse qu’on a voulu abattre, c’est la liberté qu’on a voulu détruire. Eh bien, nous le disons, nous ne céderons pas.

Dans les temps difficiles d’aujourd’hui, et les jours sombres qui se profilent, il est vital que la liberté continue, s’exprime et s’affirme. Nous continuerons notre travail d’information et de témoignage, avec encore plus de détermination et d’énergie que jamais.

Ce texte est publié en commun par Actu Environnement, Arrêt sur images, Basta, Global Magazine, Huffington Post, Libéweb, Mediapart, Politis, Regards, Reporterre, Rue 89, Terra Eco et We Demain

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 20:45

Charlie Hebdo, double assaut, agresseurs abattus, des otages tués (Reuters)

Les deux suspects de la tuerie de Charlie Hebdo et un preneur d'otages qui leur était lié ont été tués Vendredi 9 Janvier 2015 lors de deux assauts des forces de l'ordre, avec un bilan provisoire de quatre otages morts, a-t-on appris de sources policières.

« Je salue la maîtrise, la compétence et le sang-froid des forces de l'ordre qui ont permis l'efficacité dans l'intervention », a dit le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, avant de se rendre sur le terrain.

Chérif et Saïd Kouachi, en fuite depuis l'attaque mercredi de l'hebdomadaire satirique dans laquelle douze personnes ont été tuées, s'étaient barricadés vendredi matin dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële, à quarante kilomètres au nord-est de Paris.

Ils ont été tués lorsqu'ils sont sortis les armes à la main du bâtiment après un premier assaut mené par le Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) et du Raid peu avant 17 heures, dit-on de source policière.

Une personne, cachée au premier étage du bâtiment où avaient trouvé refuge les suspects, est sortie saine et sauve de l'imprimerie, a-t-on appris auprès des gendarmes sur place.

L'assaut de la supérette casher, dans le vingtième arrondissement de Paris, est survenu une quinzaine de minutes plus tard, peu avant 17 heures 15, à l'initiative du Raid et de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI).

Au moins quatre otages ont été tués et cinq autres blessés, dont deux grièvement, sur une quinzaine de personnes retenues dans la supérette depuis 13 heures, selon une source policière.

FILIÈRE DJIHADISTE

Le preneur d'otages, Amedy Koulibaly, trente-deux ans, meurtrier présumé d'une policière municipale jeudi à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, a été tué dans l'assaut.

« On soupçonne qu'il a tué plusieurs otages avant l'assaut », a-t-on dit de même source, ce qui pourrait expliquer pourquoi les forces de l'ordre sont intervenues aussi rapidement.

Trois policiers ont été blessés lors de l'intervention, a-t-on précisé de source syndicale.

Les trois meurtriers présumés se connaissaient, a-t-on confirmé de source policière, et appartenaient à la même filière djihadiste dite des « Buttes Chaumont », un quartier de Paris.

Selon des témoins et une source policière, Amedy Coulibaly a déclaré qu'il exigeait que les forces de l'ordre cessent leur opération en Seine-et-Marne avant de relâcher les otages qu'il détenait.

Si le plus jeune des frères Kouachi, Chérif, avait été condamné en France pour avoir fait partie d'un réseau djihadiste, il avait été interpellé en 2005 alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Irak pour y combattre, les autorités françaises n'ont pas fait état du même parcours pour l'aîné, Saïd.

Mais des sources européennes et américaines proches de l'enquête ont déclaré jeudi à Reuters que Saïd Kouachi s'était rendu au Yémen en 2011 pour s'entraîner avec des militants islamistes liés à al Qaïda.

UN ENTRAÎNEMENT AU YÉMEN ?

Il serait resté plusieurs mois au Yémen pour s'entraîner avec les militants d’Al Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA).

Un haut responsable des services de renseignement yéménites a précisé vendredi que Saïd Kaouchi avait rencontré l'ancien prédicateur d’al Qaïda, Anouar al Aoulaki, lors de son séjour.

Mais il n'a pas confirmé qu'il avait suivi un entraînement militaire, évoquant des études religieuses. Anouar al Aoulaki a été tué en septembre 2011 dans une frappe de drone américain.

A Paris, les élèves de dizaines d'écoles, collèges et lycées ont été confinés dans le cadre du dispositif « alerte attentat ». La mairie du quatrième arrondissement avait demandé à titre préventif la fermeture de tous les commerces de la rue des Rosiers, coeur du quartier juif de la capitale et cible d'un attentat en 1982.

Lors d'une réunion avec des préfets, le premier ministre Manuel Valls a fait savoir qu'il serait « sans doute nécessaire de prendre de nouvelles mesures » pour répondre aux menaces.

L'attaque de Charlie Hebdo est la plus meurtrière commise en France depuis les vagues d'attentats islamistes à Paris en 1986, douze morts dans une dizaine d'attentats, et en 1995, huit morts et près de cent vingt blessés dans le RER B à la station Saint-Michel.

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